1.Terre qui veille.
Terre qui veille. -1.Elle ne serait que quelques grains de poussière,
que la tièdeur de la sueur qui ruisselle dépose en tâches vagues,sous
la foulée qui rajeunit d'une pleine saison,en un jour
qu'elle vit. -2.Et que serait alors ce goût au fond de la gorge,amer
comme un peu de tristesse, cette tristesse qui t'a parcouru,avant le
premier horizon atteint. -3.Il ne serait qu'un de ces
sourires, qui lorsqu'ils mûrissent,autour de la flamme le soir venu,
demeurent gravés,gravés au soleil qui monte,en un air,dans l'air qui
apaise les vents. -4.Avant le premier horizon,il y'avait
cette pâleur aux alentours,du matin ou' la récolte est restée à
attendre, les voix juvéniles qui ramassent les bouquets arrangés,au
chant du futur. -5.Et puis chaque soir,les feuilles étiolées à
travers les visages sont tombées,et à la place de chacune
d'elles,comme d'une branche apparaîssent naître des bourgeons denses
pour la première fois. -6.Avant le premier horizon,chaque pied qui
avance s'agite d'un peu de douleur, qui cesse,lorsqu'une larme
dégringole et le recouvre de chaleur. -7.De cette chaleur qui ranime
les fibres asséchées dans les joues,dans le regard ou' le
printemps n'a jamais tardé à apparaître, tel un astre qui en partant
ne se prépare qu'à réapparaître. -8.Avant le premier horizon,la bouche
disait aux pierres,le temps qu'il a fallu pour
les ramasser,et lorsqu'elle s'asséchait, une larme dégringole,et se
loge chaude au coin des lèvres. -9.Chaude au coin des lèvres,à
l'écorce lacérée,que la sève s'empresse de recouvrir d'un manteau
léger,à la transparence de la rosée,prête à accueillir les premières
lueurs. -10.Les premières lueurs,pour arranger les fruits
éparpillés,aux fruits de la première récolte,éparpillés par une main
aveuglée,qui ne savait pas la beauté du goût qu'ils portaient.
-11.Qui ne savaient pas les bouches qu'ils nourriraient,qui ne
savaient pas les sourires qu'ils donneraient sur les visages qui
venaient de se lever. -12.Le goût ensorcelant qu'ils portaient
ressemble aux voix juvéniles qui s'assemblent tôt et partent gaies
vers l'école d'à côté. -13.Il ressemble au chant qui se dépose comme
les premières lueurs,à la surface de l'oued,de celles qui
reviendront chargées de cette eau,que tu boiras à ton retour. -14.A
ton retour tu la frôleras de tes doigts, comme pour la reconnaître,et
tu
t'imprègneras de gouttes qui couleront jusqu'à tes pieds,et là ou'
elles ruissellent, se place sans attendre la force de demain. -15.La
force de demain est en toi,elle n'est pas cachée,elle est dans
tes pieds qui savent marcher,elle est dans tes lèvres gorgées de
joie,elle est dans tes mains un peu durcies. -16.La force de demain
est dans tes mains durcies,elle est dans tes mains
qui durciront,dans tes mains qui n'ont pas durci,dans tes mains qui
ne durciront pas,elle est dans tes mains. -17.La force de demain est
une fibre que tu portes en toi,comme une étoile qui se fraye
un chemin,dans un léger brouillard,qui disparaît quand elle le
parcourt. -18.Quand elle le parcourt,sa lumière, éclairant loin aux
alentours,donne à chaque brin de blancheur son ébauche d'étoile
qu'il mettra dans chaque lieu ou' il passe. -19.Dans chaque lieu,à
la nuit tombée, Une étoile apparaît comme une Campagne qui écoutera le
rêve qui Vient d'être fait. -20.Ala nuit tombée il se lève et
Parle aux étoiles,il parle à leur Eclat dans tes yeux,qui se répand
Dans ma mémoire,qui frémit Comme d'un regard nouveau.-21.Un regard
nouveau sur ton visage,ou' Lentement naissent les premières
lueurs, Qui à mesure qu'elles rayonnent,tissent Tout autour,une
sphère ensoleillée qui Demeurera jusqu'à l'aube.-22.Tout autour
d'elle,des couleurs Scintillent,et à mesure que je regarde, Dans mon
regard qui s'éloigne,apparaît Une seule couleur,faite de ces
couleurs Que j'aime. -23.Des couleurs de chaque saison,que Porte en
elle chaque saison,comme Un printemps que je retrouve battre Tel un
cœur dans la moisson. -24.Comme un printemps,au cœur de La
moisson,qui voit les feuilles tomber, Qui se met sur les branches et
qui Remplace,lorsqu'elle se détache,chaque Feuille tombée.-25.Tel un
printemps au cœur de l'averse, Comme un arc en ciel,haut sur les
Montagnes,comme un toit au vent Qui n'emporte plus les gouttes,qui
Crépitent en chœur,en un chant sur La terre. -26.En chœur,en un
chant Sous les toits d’où' se dégage une douce Chaleur qui donnent
aux bourgeons des Yeux pour voir,un rayon percer les Nuages,comme un
début au jour de Fête le plus long. -27.Au jour de fête dans
les voix,dans la Voix qui connaît les matins,qui connaît Les
crépuscules et qui la nuit se réveille, Aux rêves comme une mélodie
future. Un chœur de voix. -28.Ah cette mélodie,une mélodie future ou'
demain est plus que gravé dans ton sourire,qui orne maintenant le
plus petit des moments,chaque instant à vivre. -29.Un choeur de voix
futures,ou' demain est l'essence même de ton sourire,qui fuse
comme un rayon que les foulées libèrent. -30.Au jour de fête le plus
long,la fête commencera bien avant l'aube, pour accompagner celui qui
se lève tôt, et durera toute une vie,et durera des vies
entières à se succéder. -31.Des vies entières ou' les images qui
restent du conte et des rêves vivent non pas seulement ces
instants,ou' ils sont narrés,mais ces instants et toute une journée,en
un
jour. -32.Les images qui restent du conte et des rêves, traversent
la nuit des étendues, presque illuminées dans le silence,et lignes de
présence. -33.Elles se chargent de leurs noms,de leurs
légendes,de leurs années,de leurs nombreuses années ou' chacune a
tracé des lignes de présence. -34.Dans chacune,il y'a l'ombre de la
main,il y'a sa caresse,à ce qu'elle a pu donner,il y'a la sueur
qu'elle étale et amasse sur le front bruni, au soleil qui embaume
les fruits,de senteurs printanières. Jours ensoleillés. -35.Dans
chaque année,il y'a des rides arrangées comme un souvenir que tu
regarderas durant des instants,des instants en entiers que parcourt
parfois un soupir. -36.Un soupir puis un sourire,puis un sourire au
souvenir,comme une ride qui baigne dans un sourire qu'elle a
engendré. -37.Un sourire au souvenir,et une pensée pour demain,car à
l'horizon,il naît et approche,tel ces jours ensoleillés. -38.Une
pensée pour demain,et une autre pour demain,à ces jours
ensoleillés qui approchent comme un printemps qu'annoncent gaiement
les premiers papillons. -39.Dans chaque année,il y'a des jours
ensoleillés qui voguent au gré des tempêtes, qui voguent dans les
tempêtes pour répandre leur écho,en lumière,sur la terre qui se
lève. -40.Sur le chant qui se lève,qui se lève,et que l'écho
transporte très loin, loin vers les surfaces inconnues,qui
questionnent
le rêve quand il naît. -41.Il y'a des jours ensoleillés,qui sont le
rêve raconté,lorsqu'il naît,sur la terre,en lumière. -42.Il y'a des
jours ensoleillés qui font le matin pour toute l'année,et au
crépuscule,ils apparaissent miroiter à la surface des feuilles.-
43..Miroiter dans les grains couleur de ta voix,qui résonne,qui
résonne encore,comme un jour ensoleillé. -44.Au crépuscule il fuse des
lieux,ou' les chuchotements ont vécu,toutes les pleines lunes dans
les yeux. -45..Il y'a des jours ensoleillés dans la poignée qui prend
son élan,s'ouvre et se répand,comme des bras pour germer au
matin.- 46.Au matin,ou' au rayon qui se lève sur la vallée,ou' un
reste de brouillard enveloppe encore les feuilles,je me réveille.
Pleine lune dans tes yeux. -47..Je me réveille au rayon qui se
lève,aux jours ensoleillés dans la poignée,qui s'ouvre comme un
matin d'automne, qui parle d'un printemps jamais vu. 48.Je me réveille
à la pleine lune dans tes yeux,aux chuchotements,aux lieux au
crépuscule,qui vivent dans des lieux au crépuscule,ou' les
chuchotements se font les yeux fermés,et le visage à la brise. 49.Je
me réveille aux années qui s'inscrivent à la surface des
feuilles,à la lumière sur la terre,au rêve raconté,au rêve lorsqu'il
naît. .- 50.Je me réveille à l'écho du chant qui se lève,au chant qui
se lève,à ta bouche tremblante,aux bourgeons qui
naîtront,sur ta voix comme un bourgeon.- 51.Aux jours ensoleillés,je
me réveille avec dans la main,ta main,chaude.- 52.Et dans les
yeux,l'étendue sillonnée, qui à mesure qu'elle demeure dans tes
yeux,se colore à chaque instant, un peu plus. -53.Dans tes
yeux,l'étendue sillonnée se couvre de gouttes éparses,en larmes d'un
instant aux couleurs d'une aube.- 54.Car il y'a eu des journées,ou'
autour de toi,le silence a scruté d'ou' peut venir la voix.- 55.Et
dans ta voix,je perçois comme une chose qui a pesé de tout son
poids,et sur tes lèvres,je la vois tel un frisson les parcourir.
- 56.Et dans tes doigts je la vois les parcourir,et en les
parcourant,je les vois se presser sans que tu les regardes. Longue
veillée.- 57.Et sur ton front,je la vois briller au feu et sur ta
peau,elle s'étale à la pleine lune pour une longue veillée. -58.Pour
une longue veillée,à la pleine lune,ou' ton chant s'étale,en étoiles,
en lumières,sur les montagnes qui nous entourent. -59.Sur ta
peau,sur ton front,dans tes doigts,sur tes lèvres,le silence
s'éteint,bercé par le chant qui fuse du fond de ta voix. -60.Et dans
le fond de ta voix,je retrouve mon cri,laissé aux bords des routes,
et sur les toits,comme un grain qui a germé. A tes sourires futures.
-61.Je retrouverai mon cri,comme un cri d'amour,que je laisserai dans
ta voix,que je laisserai à ta voix,pour qu'elle le chante.
-62.Elle le chantera en mon absence,à tes silences,qui ne se
prolongeront pas, au-delà de l'aube. 63.Ele le chantera à tes sourires
futures, qu'il y'aura après une larme, qu'ils assècheront comme
une douce brise qui étreindra ton visage. 64.Je laisserai mon
cri,comme un hymne à l'amour qu'il y'aura dans ta voix,qu'il y'aura
dans tes mains,dans l'attente du retour. Au retour. 65.Il remplira
tes mains de sa fraîcheur, il remplira tes lèvres de sa chaleur, et
au retour,je le retrouverai plus grand. 66.Au retour je le
retrouverai,je le trouverai,comme une peau couvrir les mains,comme
mille mots,dans un mot sur les lèvres,comme des sourires qui
habitent à jamais chaque visage. 67.Je le retrouverai printemps,
printemps dans toutes les saisons, je le retrouverai printemps dans
toute l'étendue sillonnée. 68.Dans les voix qu'elle porte dès le
matin,dans ses fruits aux couleurs de ses fleurs,dans ses racines.
Dans ses fleurs. 69.Je le retrouverai dans ses fleurs,en pétales
ouverts au soleil,ouverts à tes yeux,ouverts à tes mains qui veulent
les caresser. 70.Dans ses fleurs en nectar qui se répand comme une
tendre sensation,sur les langues,au jour qui se lèvera. Le
jour qui se lèvera. 71.Le jour qui se lèvera est dans tous les rêves
que je fais,depuis cet instant ou' ta main a un peu tremblé,à ma main
qui a un peu tremblé. 72.Le jour qui se lèvera est comme
un printemps qui arrive,dans ces voix juvéniles qui sillonnent
gaiement l'étendue que j'aime à n'en pas finir. 73.Je le retrouverai
en pétales ouverts au soleil qui se répandent,en écho attendu
au-delà des montagnes depuis cet instant ou' une mince couche de
boue s'est déposée sur tes doigts. 74.Depuis cet instant ou' ta tête
s'est redressée,aux horizons que quelqu'un comptait,aux cendres
que les endroits enlacés découvrent au matin,comme une pensée à leur
chaleur. La douce flamme. 75.Depuis l'instant,ou' tu as ramassé
parfois de très loin des poignées de brindilles pour alimenter
les flammes qui impriment au visage,l'air de la terre qui veille.
76.Depuis l'instant ou' tu as ranimé la douce flamme,la tendre
lumière,que celui qui parle,que celui qui l'écoute aiment regarder.
77.La douce flamme,la douce flamme imprime au visage,le visage de la
terre qui veille,accompagnée de quelqu'un qui puise de ses yeux,chaque
jour un peu de la mémoire,qu'il jette à la volée. 78.La
douce flamme,la tendre lumière imprime au visage comme le coeur de
la terre qui veille,comme son âme,et à sa vue,à sa vue je te vois
t'éveiller. Au-delà de l'horizon. 79.Je te vois t'éveiller,à
l'âme de la terre qui veille,accompagnée de quelqu'un qui puise de
son coeur, un air qui se répand,comme un matin,jusqu'au-delà des
horizons que tu connais maintenant. 80.Je te vois t'éveiller,et
lorsque je me mets en face,la douce flamme a déjà imprimé,en lumière
tendre, à ton visage,le visage,le coeur et l'âme de la terre qui
veille au-delà de l'horizon. 81.Au-delà de l'horizon,loin de la
terre qui veille,lorsque je me mets en face de toi,je revois comme
sur deux mains,la terre qui veille porter la foulée. Etoile qui
brille. 83.Loin de la terre qui veille,le cri n'a porté que la
douceur,comme une étoile qui brille sur ta langue. 84.Une étoile que
tu apprendras,en redressant la tête à regarder,car elle est cette
étoile qui a toujours brillé sur les toits de la terre qui
veille. 85.Tu apprendras en redressant la tête,à regarder toutes ces
étoiles qui habitent le ciel,toits sur la terre lointaine qui veille.
Le retour de demain. 86.Tu apprendras même à leur
parler,lorsque les nuits sont les plus froides,et dans la lumière
qui te parviendra,il y'aura le chant interminable de quelqu'un de ceux
qui veillent. 87.La lumière qui te parviendra sera un chant
interminable qui accompagnera tes foulées pour les rajeunir,pour les
agrandir,pour le retour de demain. 88.Le retour de demain,est comme le
sourire de demain,qui a rayonné une fois sur ton
visage,alors que tu avais les yeux fermés. Des jours de printemps.
89.C'était peut-être un rêve,c'était peut- être un chant que le rêve
entonnait, comme un cri qui ne porte en lui que la douceur.
90.La lumière parviendra jusqu'à toi,et elle t'enveloppera toute en
entière de la douceur que porte,comme des jours de printemps, son
regard. 91.Des jours de printemps,des jours de ce printemps qui
revient à chaque saison,ou' dès le matin,le chant est prêt pour
durer jusqu'au crépuscule. 92.Jusqu'au crépuscule,le chant entame sa
marche pour cueillir une poignée de fleurs,que la main arrangera
amoureusement sur ta chevelure. Comme un hymne. 93.Aux fleurs
cueillies comme des légendes, qu'offre l'étendue,à la mémoire comme
des pétales qu'elle portera aux légendes que portent les pétales,
comme des lumières,enfouies au coeur de la terre qui veille,que le
chant qui va au-delà des jours puise dans sa marche poème. 94.Aux
légendes que portent les voix,qui résonnent sur toute
l'étendue,comme un hymne,que je reconnais même dans la nuit. 95.Je
le reconnais à sa gaieté,qui l'enveloppe de toute part,d'un léger
manteau de lumière que déposent les étoiles,en étoiles,comme des
fleurs à ta chevelure. Pas colorés. 96.Je le reconnais à la chaleur
des sentiers, ou' s'étalent des pas colorés,comme un printemps qui
demeurent,au plus loin des jours ensoleillés. 97.Comme un
printemps qui demeure aux premières pluies,et qui accueille dans ses
bras,toutes les feuilles qui tombent pour ensuite les déposer. 98.Je
le reconnais à la chaleur des rues,ou' le sourire comme un
soleil,monte chaque matin. D'un manteau de lumière. 99.Et chaque
matin le sourire enveloppe la rue,d'un manteau de lumière comme des
fleurs qui se déposent,en une poignée de fleurs,cueillies pour
ta main. 100.Le sourire monte comme un soleil, au-delà de
l'horizon,et parvient en un hymne que tu connais maintenant. 101.Un
hymne que tu connais,même dans la nuit maintenant,et lorsqu'il
parvient,je me redresse pour te regarder dans les yeux. Dans ta
mémoire. 102.Et dans tes yeux,je vois alors,les pas colorés les pas
couleur de la terre s'imprimer sur les sentiers,et un sourire
monter comme un soleil à l'horizon,pour envelopper d'un manteau de
lumière, toute la rue. 103.Je le reconnais aux légendes qu'il porte
dans sa voix,en berceuse récitée parfois à haute voix,comme
des ailes aux éclats de voix,qui parviennent de loin. De ces reflets
de lumière. 104.Et dans ses bras,il apporte à tes bras des endroits
qu'il enfouira dans ta mémoire,qui les reconnaîtra. 105.Dans
ses bras,il apporte à l'étreinte de tous ces endroits qui t'ont vu
naître, naître et partir,sans savoir encore les prononcer. 106.Sans
savoir encore leur parler,de ces reflets de lumière,que ton
âge a portés,comme tous ces jours,comme des jours qu'il a agrandi.
107.Sans savoir encore les prononcer,ta main s'est approchée et les a
caressés,et à ce moment tu ne le sais pas,mais tu les a
acceptés. 108.Sans savoir encore leur parler,tu t'es approchée,et tu
les a caressés,et lorsque tu les a caressés,leur présence qui t'a vu
naître et partir s'est imprimée. 109.Leur présence s'est
imprimée,dans le conte raconté,comme une mémoire,comme une âme au
conte,comme un corps au conte raconté. 110.Leur présence s'est
imprimée dans chaque outil touché,dans le rêve qui demeure au
matin,dans le chant qui l'habite dès le matin, comme un manteau de
lumière. 111.Dans ses bras,il apporte de cette joie que tu connais
déjà dans les champs, lorsque tu apprenais à ramasser,en les
serrant les tiges coupées. 112.Je le reconnais à ce qu'il porte dans
les bras,et ce qu'il porte dans ses bras,est le crépuscule dans
l'orangeraie,et les oiseaux qui se désaltèrent pour quelques
instants. 113.Pour quelques instants,il les remettra à tes bras,et
tu leur parleras des fruits qui n'ont pas tous été ramassés,car
beaucoup sont partis. 114.Il les remettra à tes bras,pour une
étreinte ou' toute l'absence que porte la pensée, s'efface pour
quelques instants. 115.Il les remettra à tes bras,et attendra jusqu'au
moment,ou' tout en toi les reconnaîtra. 116.Jusqu'au moment
,ou' lorsqu'il partira,pour d'autres bras,tu les remettras à
d'autres bras,pour une étreinte qui efface l'absence. 117.Une étreinte
qui efface les distances, et devant toi,apparaît alors le premier
champ,en fête. 118.Et devant toi,apparaît le premier toit, et devant
toi apparaît dans chaque arbre, un chant en choeur qui n'a pas cessé.
119.Un chant récolté,au moment ou' chaque lieu portait une
présence,comme une âme dans ce qui l'habite. 120.Un chant récolté
dans la présence,dans le coeur de la présence qui bat au rythme des
départs le matin,qui bat au rythme des retours au crépuscule,et
des jours ensoleillés. 121.Qui bat au rythme de ces instants,de
silence merveilleux d'un espoir qu'au matin,qu'au crépuscule,que du
matin jusqu'au crépuscule,naîtront les jours ensoleillés futurs.
122.Que du matin jusqu'au crépuscule,que des instants de ce
merveilleux espoir,tu fais naître,de ces instants,de ces jours, des
jours,des jours,et des jours ensoleillés futurs. 123.Dans ces
instants de retour,il y'a comme un chemin qui se fraye un
sourire,porté en un regard sur chaque lieu,qui porte en lui,comme un
coeur une présence. 124.Il est la terre qui m'a manqué, qu'on m'a
prise un jour d'été.- 125.Le vent sèche aussi notre peau, nos
visages.- 126.Le vent va jusqu'au loin, le vent emporte le sable
jusqu'au loin.- 127.Il n'y avait rien à manger dans ces contrées
séchées
par le vent. -128.La guerre a commencé une nuit de novembre, une
nuit de pluie et de vent.- 129.Novembre pour nous est la liberté
perdue depuis des années.- 130.L'eau il la ramenait de loin d'une
rivière. -131.Beaucoup sont partis car il n'y avait rien à manger.
-132.L'eau aussi a manqué il faut parfois la ramener de loin de très
loin.- 133.Chaque jour on s'engouffre par un trou on ne ressort
que le soir les mains et le visage sales. -134.Ce verger grand père
l'a planté il l'arrosait chaque matin. -135.Après il y'aura des villes
et des écoles.- 136.Après on sera libre cette terre sera un
grand pays.- 137.Lorsque la guerre a commencé on n'avait rien à
manger on errait sur les routes les pieds nus. -138.On ne devait pas
parler on ne devait pas regarder on devait marcher les yeux au
sol. -139.La mine est profonde il fait chaud et de l'eau s'égoutte
de la roche.- 140.La nuit on nous secouait pour nous faire marcher
dans la pluie. -141.La guerre a duré huit années d'errance et de
solitude.- 142.La guerre dure et la famine et le choléra emportent.
On nous éveillait. -143.La guerre n'a rien épargné les mechtas les
maisons et la récolte.- 144.Beaucoup sont partis quelques
haillons et les enfants à la main.- 145.La nuit on nous éveillait
des coups de botte à la porte. -146.On ne sait pas ou' ils ont été
amenés c'est dans des endroits loin pour être interrogés. -147.Le
village qu'on a quitté porte encore dans ses rues désertes nos voix.
-148.Ses portes sont fermées, ses seuils sont pleins de poussière, car
personne ne passe. -149.Car depuis longtemps déjà personne
ne passe, tous sont partis en groupe au-delà de l'horizon.
-150.Personne ne les enlève, on les effleure seulement en passant, du
regard. -151.Dans le jardin qu'on a quitté poussent aussi des arbres.
-152.De grands arbres que personne ne coupe, de grands arbres mis en
terre par grand père. -153.Mille mots cachés, là à l'écart pour toi.
-154.Mille mots dans ma mémoire cachés pour toi. -155.Je te
dirai le chemin qu'on a fait ensemble. -156.Je te dirai mille mots
cachés depuis longtemps pour toi. -157.Dans le jardin qu'on a quitté
poussent des fleurs de toutes les couleurs. -158.Sous la pluie,
sous le vent, je te dirai mille mots. Des saisons… -159.Ses fruits
lorsqu'ils seront mûrs, je te les ferai goûter. -160.Ses fruits sont
jeunes et gorgés de soleil. -161.On est si peu et la récolte
dure des saisons, des saisons à amasser et trier. -162.Des saisons à
cueillir sous le soleil, car beaucoup sont partis. Les maisons aussi…
-163.La guerre a emporté hommes et forêts, les maisons aussi
sont tombées. -164.La nuit,ils sont venus, ils nous ont fait sortir
pour nous laisser dehors jusqu'au matin. 165.On nous a fait monter
dans les camions, c'était encore la pénombre, on ne savait pas
ou' on allait. 166.On était côte à côte gelés et serrés, personne ne
parlait, tous se questionnaient. 167.On avait faim et froid, seuls
quelques haillons recouvraient nos corps. 168.Ces fruits je
te les ferai goûter lorsque tu reviendras, ils sont gorgés d'eau et
ont la saveur de notre printemps. 169.Ils veillent les yeux pour le
sommeil des enfants. 170.Ils veillent en cercle un chant pour
les enfants. Un peu de cendre. . . 171.Le temps qu'il fait, je ne le
sais pas,je marche sans savoir ou' aller, je suis comme une barque
dans la mer. 172.J'attends depuis longtemps ton retour,je ne
sais pas quand est ce que tu reviendras. Dans tes lettres tu me
l'avais dit, tu me l'avais longuement dit. 173.Un peu de cendre
recouvre les feuilles,je ne sais pas d'ou' vient cette cendre,je sais
qu'elle recouvre les pores des feuilles,qu'elle recouvre les
feuilles,qu'elle embellit les feuilles, qu'elle donne aux feuilles un
air de printemps. Ces fleurs qu'il y'a. 174.Je ne sais pas s'il me
restera un peu d'enthousiasme pour vivre au soleil de la liberté.
175.Ils sont beaux les arbres ou' une grappe d'enfants s'abrite à
l'ombre du soleil d'été. 176.Demain nous irons sur les
chemins,cueillir ces fleurs que tu aimes. 177.Ces fleurs qu'il y'a
dans nos prés jusqu'au loin,ces fleurs que tu as déjà vu une fois. Il
allait. 178.Dans le bateau, il repensa au pays, à la
campagne, belle quand même, à ses pâturages. 179.Il allait pour
nourrir sa famille, là il n'y avait rien pour eux. 180.Dans le bateau
il ne dormit pas, de toute la nuit, l'avenir l'angoissait, il
ne parla presque même pas, il resta à rêver. 181.Loin,c'est
différent il y'a tout, là on est privé, là il y'a la misère.
182.Ailleurs pour eux était la vie, les lumières, les femmes.
183.Hamid
n'avait jamais connu une, il ne connaissait que la voisine, il ne
connaissait que sa cousine. 184.Il rêvait de faire beaucoup pour sa
famille, aller loin pour eux, aller ailleurs même. 185.Il avait
un tas d'amis, des amis de son enfance qui ont connu la même
jeunesse, toujours ensemble à errer dans les pâturages, toujours
ensemble à rêver d'ailleurs. 186.Ailleurs pour eux était le paradis,
ailleurs pour eux était la liberté. 187.Le voyage fut long, il dura
une semaine peut-être, un peu moins peut-être, il ne le savait pas.
188.Dans le bled, il était berger, il avait quelques vaches
qu'il aimait, chaque jour il allait aux pâturages. 189.Il n'avait
jamais connu de femmes, il n'avait jamais été trop riche. 190..Il est
une clarté qui rechauffe dans la pénombre,il est cette clarté
que la pénombre même pesante ne peut effacer. 191.. Tes mains ne
répètent pas seulement depuis longtemps,tes mains font grandir de
petites merveilles,semblables à un beau branchage, fleuri au
soleil printanier qui sera demain, dans ton regard. 192.. Beaucoup
meurent depuis longtemps,car depuis très longtemps,il n'y a pas eu de
nuages,gorgés de leur suc gans le ciel. 193..Beaucoup ne
regardent plus le ciel,ils regardent la terre,ils marchent sur la
terre,et leur chant vient des fibres de la terre,car depuis longtemps,
elle s'assèche,l'eau qu'elle a gardée dans ses mains
généreuses est aspirée à petites gorgées répétées,
répétées,répétées. 194. .Ils étaient plus petits,plus petits que ceux
qui sont partis,mais ils ont résisté,car ils n'ont pas oublié le chant
des
premières pluies,celui des longues récoltes et le chant du
village,au retour des pirogues sur le fleuve phosphorescent d'étoiles
lointaines. 195..Beaucoup ont résisté,car ils n'ont pas oublié, le
chant des enfants qui inventent des contes gais, le soir à la
lumière feutrée d'une lampe à pétrole. 196. .Ceux qui sont partis,sont
partis en procession un regard pour les enfants,et sur les
chemins leur mémoire a chanté en silence,un chant qui l'habite et
qui a grandi,depuis qu'elle connaît les lieux. 197..Depuis qu'elle
connaît les légendes qui veillent,son chant n'a pas cessé de
s'étaler pour l'agrandir, et parfois,la nuit,elle revoit plus beaux
tous les lieux qu'elle a sillonnés,comme elle les voulait pour demain.
198..La beauté de leur chant vient des fibres irriguées,
de halètements et de sueur de la terre,lorsque dans le ciel,quelques
nuages secs décorent comme un paysage qu'ils ne regardent plus. 199.
.Tout ce que tu ne sais pas écrire,tu me l'as appris,tu me
l'apprends et maintenant il n'y a pas une chose que j'ignore.
200..Maintenant je le vois sur les chemins,sur les arbres,sur les
murs,sur les toits,je le vois devant,loin devant. 201..Dans le chant
clair de sources que les siècles innombrables n'ont pas taries.
2.La fascination réciproque.
01.Je ne sais pas si l’étoile Que l’on voit la même au Loin éclaire
encore ta voix De son gai reflet lointain, Qui a fait briller ton
regard, Plus que d’habitude une fois, La nuit ou’ tu as su
raconter Amusée le conte en entier Pour la première fois. 02.Loin
aussi,il y’a des arbres Qui ont porté des fleurs cette Saison belles
les mêmes que Celles qu’il y’a là-bas,il y’a Leur ombre le
matin et celle Qui m’accueille pour un Instant sur le chemin. 03.Les
pierres qui jonchent jusqu’au loin le chemin n’ont Pas fait mal.Les
horizons gris Ont pris des couleurs de Chaque jour,presque à
chaque Pas et lorsque j’ai regardé Devant,lorsque j’ai regardé, Ce
qu’il y’a eu ressemble A une pensée pour toi. 04.Demain,tu verras je
pourrai Prendre ta main,enlacer ton Bras pour une randonnée,
Dans les champs que tu n’as vu Qu’une seule fois,pourtant Que tu as
aimés si bien. 05.Le chemin ne t’en fais pas Est plus beau à chaque
pas,mais je ne sais pas,si près de toi il Y’aura encore de
l’éxil dans Ma voix. 06.Tes yeux ont brillé une Fois debout avant de
rentrer, Les yeux au loin,vers les Horizons,vers leur fraîche Ombre du
matin,et les Couleurs qu’ils prennent Depuis quelques
jours Déjà. 07.Les pierres jonchent le Chemin,sur tout son long,
Jusqu’au loin,mais il y’a Aussi la terre,la terre douce A mes pas,la
terre matinale Recouverte de rosée qui connait La caresse de
mes mains. 08.Les routes que tu décrivais Etaient longues,aussi
longues Que les contes,chauds et Ensoleillés qui ont peuplé Les
nuits,loin très loin dans des Contrées ou’ pour la Première fois à
l’arrivée Le printemps s’était déjà Levé. 09.Demain,tu verras la
douceur De mon regard te rechauffera, Lorsque après une longue
Absence,enfin tu reviendras Et dans les soirées douces Qu’il y’aura
sous l’arbre,ou’ Tu aimes t’assoire,de temps A autre je te
raconterai gai, Les rêves faits depuis Longtemps pour toi. 10.Au
retour,lorsque tu Seras près de moi,lorsque Je te raconterai,une
partie
De mon chemin,je ne Sais pas si en parlant,il y’aura L’éxil vécu
dans ma voix. 11.Au retour ne t’en fais pas, Chaque nuit avant de te
prendre,je te raconterai,une partie de mon Long chemin et les
rêves faits, Prêts depuis longtemps pour toi. 12.Demain je viendrai
une Douce étreinte pour toi,une Fleur peut-être à la main, Demain je
viendrai peut-être Des rêves prêts pour toi,mais Je ne sais
pas,si près de toi L’éxil sera encore là. 13.Demain,tu verras toute
mon Etreinte sera là,devant tendre, Entière pour toi,tendre comme Le
jour ou’ longuement tu te Questionneras,là,la nuit,la Longue
nuit ou’ il a fait le Plus froid. 14.Je vois tes foulées les
Emprunter,les emprunter Sûre,à la rencontre de ces Contrées lointaines
et Souriantes gaies au soleil Printanier,sur les champs Sur les
vergers que tu as Toujours ignorés. 15.Ce matin,tu t’es levée tôt,
Ce matin je t’ai vue Contempler les lueurs à L’horizon et le ciel bleu
Encore,depuis notre arrivée, Une feuille à la main,tendre
et Couverte d’un peu de rosée. 16.Les routes que tu Décrivais
étaient longues,aussi Longues que les contes de Jeunesse,des soirs
entiers, Eclairés d’une lampe,à la Lumière humble et douce, Assis en
groupe les yeux Au loin devant grand-mère. 17.Ce matin,tu t’es levée
Tôt,ce matin je t’ai vue Contempler les lueurs à L’horizon et le ciel
bleu Encore,depuis notre arrivée,une feuille à la
main,tendre et Couverte d’un peu de rosée. 18.Le matin au réveil,il
y’a Des herbes douces à contempler Avant que le soleil ne soit Haut
dans le ciel,ce jour ou’ Partout dans les champs Des
bourgeons s’ouvrent Pour entamer leur chant. 19.Les nuits étaient
douces A ce moment et chacun des Mots gais prononcés me Rechauffe en
entier,un Regard long et silencieux Pour les braises chaudes
Assoupies sous un léger Duvet de cendre qu’aucune Brise n’a soufflé.
20.A ce moment,je me Souviens,chacun des mots Gais que tu prononces
Parfois amusée,un regard Long et silencieux pour Les
braises chaudes,assoupies Sous un léger duvet de Cendre me rechauffe
En entier. 21.Lorsque la lune est Pleine et haute dans le
Ciel,beaucoup se rendent D’un coin à un autre,à Côté en face,à
quelques Pas,lents pour une Longue veillée. 22.Les nuits étaient
douces, Autour du feu,ou’ beaucoup Parlent des jours ensoleillés Qu’il
y’aura à l’horizon sur Les champs et dans les Vergers que tu
connaîtras. 23.La nuit Je parle au pays, Je parle A ses racines.
24.Ce jour les bancs Sont restés vides,et les Salles
silencieuses,aucun Mot sur le tableau,aucun Mot dans les cahiers.
25.La cour
est apparue Soudain immense,immense Pour ces petits groupes, Ou’
personne ne parle,et Lorsque le soleil s’est Levé,beaucoup l’ont déjà
Quittée pour ne plus la Revoir. 26.Je repense A la terre
promise, Au pays Qu’il y’aura demain. 27.Chaque village traversé
Livre ses secrets,du pain,du Sel et de l’eau qui font de Chaque
toit,une voix amie Qui vit à l’air du Printemps. 28.Ce qui dort au
fond de La bâtisse se réveille en Sursaut,lorsque des appels
Parviennent de gens,assis A même le sol,avec devant Les mots sculptés
sur la Couche durcie. 29.Des semences S’entassent dans chaque
Sillon,que la charrue Trace avec amour. 30.Un oiseau s’élance Dans
les airs,les ailes Larges et légères comme Une brise remplissant de
Douceur les tendres Soirées d’été. 31.Des mots vivants
Regorgeant de ta Promesse que demain Pour toi éxiste. 32.Des mots
cheminent A travers des sentiers Escarpés et s’engouffrent Dans le
fossé qui mène A la grande vallée. 33.Un bras se tend vers La
fraîcheur de l’eau et Regagne de jeunes Plants qu’on vient de Mettre
en terre. 34.Parfois il monte plus Haut que le grand arbre Et se
transforme en point Blanc,de ce blanc pur Qui donne à
l’immensité Bleue un air de fête. 35.La faim éxiste sur tous Les
toits,je les ai vu en Parler autour du feu, Le soir,en hiver,le regard
Fuyant les enfants. 36On ne sait pas ou’,je les Ai vues une
fois,elles Poussent sous les sources A l’abri des arbres. 37.Elle
pousse tôt,aux Premières pluies,blanche Au soleil,blanche au Vent qui
l’arque un peu. 38.Je t’ai revue une seule Fois,marcher dans
la plaine, Une fleur à la main,personne A tes côtés,je t’ai revue
Seule,marcher d’un pas Décidé les yeux au loin, Comme si le printemps
était Devant,je t’ai revue baignée De lumière,et sur le
visage et Sur tout le visage ton sourire, Celui que j’ai toujours
Cherché,pour m’accompagner. 39.Je t’ai revue seule,une Fleur à la
main,marcher D’un pas décidé,tu ne le savais Pas,mais autour,à
côté,à ton Passage,il y’avait de tendres Oiseaux qui chantaient.
40.Il est là depuis les Premiers nuages,inhabituelle, Elle est comme
Un manteau aux Montagnes. 41.Brillante Au soleil Lorsqu’il
apparaît. 42.Tu regardais devant Et tu marchais,tu Montais une
grande Colline.Autour le paysage Etait tranquille, Plein d’arbres
devant Et le chemin. 43.Ce chemin chaque jour Je le traverse,ce
Chemin je t’apprendrai A le connaître,ce Chemin connaît mes pas, Il
connaît toute Mon enfance. 44.Cette fleur,je ne Connais pas son nom,
On ne me l’a jamais dit, Je ne sais pas si elle en a Un,je
sais qu’elle pousse Dans les champs. 45.Ailleurs,je la dessinais Sur
les feuilles, Je la dessinais Toutes les nuits. 46.Depuis longtemps
Déjà,la neige recouvre Les sommets,elle s’étale Jusqu’au bas
Des montagnes. 47.Elle s’étale blanche, Brillante au soleil
Lorsqu’il apparaît. 48.La nuit elle veille sur Son sommeil elle
regarde Longuement le ciel et les Etoiles.La nuit elle prie Dieu les
yeux
au ciel Pour que son mari revienne. 49.Le soir avec quelques
Compagnons il prend Son embarcation et s’en Va en mer. 50.Têtu il faut
que les enfants Mangent se dit-il il prend la Mer ni le vent,ni
la pluie ne Lui font changer d’avis. 51.Il faut que les enfants
Mangent se dit-il ils n’ont Pas d’autres personnes sur Son visage
rongé par le vent Et le sel il y’a comme une Flamme qui brille et
s’il Ne revient pas. 52.Parfois la tempête les Surprend en
mer,parfois Elle les empêche de revenir. Parfois ils ne prennent rien
Ils reviennent les filets vides. 53.Ce métier Hamid l’a Hérité de
son père tout Jeune déjà il allait en Mer tôt il avait appris à
Manier le filet. 54.La poussière se colle A la lumière,se colle à La
sueur,se colle à notre Peau. 55.Un présent aux feuilles
Ecrites,à la bouche qui Récite,aux gouttes asséchées Sur le
visage,au front brillant Au soleil,à l’habit que tu Changeras au
retour,au Sac que tu déposeras à côté. 56.Un présent lorsque L’enfant
viendra,le soir Parler des papillons colorés Qui voltigent et du mot
non Retenu,un présent le dessin Qu’il montre,un présent Son campagnon.
57.Le sahel s’étale aride, Pas un arbre, Pas une goutte
De pluie. 58.Létreinte,la caresse,le Regard,le présent dans la
Ligne,dans l’image,dans Le conte au matin,ancrés Au fond de ce qui
pousse, Baignant dans chaque Goutte regénératrice, Comme
d’interminables Battements,dans une Terre en fête. 59.Demain, Il
y’aura de l’herbe, Il y’aura de l’eau Pour les troupeaux. 60.Dans ta
voix,tu seras Comme une brise naissante Ou’ chaque petite vague
Volée à l’oued est un Cadeau pour celle qui Parlera peut-être demain
De son bien-aimé. 61.Il sera un chant à ton Age doré qui fait de
chacun De tes pas qui résonne Encore une présence en Face de
notre terre qui Assiste chaque jour Silencieuse,à la danse Des
ombres. 62.Le chant est dans ces Rêves,dans ton rire encore Ce matin
ou’ peut-être,tu Leur parleras des yeux de Ton bien-aimé qui se
sont Posés sur toi une fois Furtivement,avant de T’enfermer très
longtemps, Derrière une porte. 63.Il a parlé de toi comme de Cette
histoire racontée les yeux Fermés et lorsqu’il s’est tu, Tu as su
que ton doigt est un Peu mordu,car tout en toi a Tremblé
silencieusement De joie. 64.Des fleurs dans nos bras Des fleurs dans
nos yeux Des fleurs dans notre cœur Qui bat au rythme de tes Matins
silencieux ou’ Baigne encore le parfum Doux de quelque rêve
Inachevé. 65.Ah ces rêves inachevés Ils font de quelques Matins des
matins maussades Et même si l’on se rendort On ne les revit plus.
66.Ils restent penchés sur La terre penchés sur le dos Penchés sur
les autres Jusqu’au jour ou’ tu tends L’oreille pour que je te Les
raconte. 67.Une oreille attentive Aux rêves inachevés qui
Naissent enfants les nuits Ou’ il fait le plus sombre Comme les
jours pluvieux. 68.Demain tout sera là tes Airs hautains affichés
Gauchement devant nous A l’indifférence à notre Indifférence devant
une Chose étrange qui habite. 69.Il me rappélera des jours De
printemps,ou’ des oiseaux Frêles et gais se posent près D’un
ruisseau,se désaltèrent Au soleil doux,pour ensuite Entamer
tranquille,leur Tendre chant,il sera sur tes Lèvres pour m’égayer le
Jour ou’ pendant de longs Instants,ma main se posera Sur mon front,en
silence Les yeux fermés. 70.Demain,lorsque je serai
Loin,il sera dans le chant des Oiseaux qui resteront là,il Sera sur
les ailes de ceux qui Partiront pour quelques mois, Il naîtra chaque
printemps, Sur les branches,parmi les Fleurs dans les champs
gais Que tu verras en passant Sur les chemins. 71.Demain il sera
comme Une présence dans les terrains Vagues aux abords des Villes ou’
l’on a campé une Nuit,une saison avant de Reprendre le
chemin.Il sera Sur les chemins sinueux, Dans les sous-bois près de
Petits plants que personne N’arrachera. Marche poème 72.Comment ne pas
s’aimer Dans le camp,dans les ruines, Sur le sable ou au
bord de L’eau quand chaque cœur Le soir,un peu à l’écart d’un Feu
solitaire vit dans le Retour. 73.L’éxil ne t’en fais pas, On se le
partagera et chacun A sa part qu’il garde en Souvenir de
l’errance. 74.En souvenir des cris Douloureux que personne N’entends
plus,dans une rue Mise à mort,en souvenir Des caves qu’inonde la
Tristesse des sirènes et de La veine recherche d’un Objet cher
perdu,dans les Décombres qui prolifèrent, Comme les jours à
Attendre. 75.Ah ce beau pays qu’il Y’aura sur la terre notre,il sera
plein de routes et de vergers, Plein de villes et de montagnes. Il
sera grand,comme les rêves Que j’ai fait devant toi,une Berceuse à
ton enfance,et Demain je me promenerai,je Courrai dans l’herbe haute,
Tu verras je sais encore te Pincer et m’enfuire,et tu me
Poursuivras avec ton rire, Jusqu’à l’autre bout du Village pour me
toucher De ta main. 76.Ce beau pays,son nom M’obsède,de temps à Autre
je me retrouve la Nuit,étalé les yeux au Ciel,à le prononcer
à Voix haute,comme s’il Vivait en face de moi, En moi,toujours à me
Rappeler sa présence. 77.Sa présence,une lumière Dans les ténèbres qui
Guide les contes de grand Mère,chantés à mon Oreille
assoiffée d’écouter Les siècles revivre devant Nous leur pénible
avancée. 78.Une blessure immense Sur le corps,plus que le Corps de la
naissance au Grand âge,vivante comme Une étoile qui revient à
Chaque crépuscule.Je la Reconnais plus que les Autres,elle scintille
de ses Eclats qui vont jusqu’à Ce beau pays qu’il y’aura Demain sur la
terre ou’ Nous sommes nés. 79.Comment ne pas t’aimer Dans
le camp,ou’ les chemins, Les pierres,les toiles,les Toits vivent la
marche Poème,ou’ les cordes ne Ressemblent pas à celles Qui lient les
mains Là-bas. 80.J’ai mal de te voir Savoir dès ta
naissance, Que l’exil peut éxister A chaque moment pour Toi. 81.J’ai
mal de te voir Partir,rien dans les mains, Rien sur le dos,rien à
Traîner sur la terre qui Monte en quelques Poussières,en guise
d’adieu, Un adieu à la colline Bien-aimée,domptée Comme un animal
Difficile,un adieu à ces Poutres noircies,à ces Sentiers que je
connais Si bien,à ce ciel,à ces Oiseaux que je n’effraie Pas.
82.J’ai mal de te voir Partir ailleurs,comme Celui qui perd le
chemin, Partir vite sans cueillir Une gerbe de fleurs,à Mettre
quelques part,ou’ Je dois promettre de Revenir. 83.Ah ce beau pays ou’
Chaque chose porte en elle Une légende,je sais qu’un Jour je peux le
prendre et Le regarder le temps que je Veux,et ce jour ne finira
Pas,il sera long,très long, Plus long que toutes nos
Années,assises à se Raconter la marche poème. 84.Et ce jour ne
finira pas, Il ne s’éteindra pas,comme Ces feux noyés à la hâte à
L’approche de représailles Annoncées telle une fin,la Fin de ce
moment ou’ je Donne à chacun de tes Doigts un nom. 85.Tous t’ont
émerveillée, Le lendemain sans un mot, A la même heure,tu es Revenue
la main offerte. J’ai compris qu’il fallait la Prendre et
redonner à chaque Doigt son nom d’hier. 86.Il y’a le village que tu
Ignores,tu aurais pu naître Dans une de ses maisons Claires que
séparent des rues Larges ou’ les promeneurs se Retrouvent un peu
après le Coucher du soleil,pour voir Comme chaque jour l’horizon A
deux,voir l’horizon La rue large pleine. 87.Toi tu es née le jour Du
départ,tu n’as pas vu Sur les visages la peur de Voir le toit
s’affaisser Devant les moteurs qui S’approchent pour nous Dire de
cette voix comme Un grincement de partir Car ici,parmi vous se cache
Quelqu’un 88.Tu n’as pas vu comment On regarde la lampe,le
Brasier,la porte et le puits Dans la cour,tu n’as pas vu Comment on
embrasse Chaque objet qui restera Là,seul,jusqu’au retour. 89.Toi tu
es née le jour du Départ pour le village le Plus proche ou’
des moteurs S’approchent pour leur Dire,de loin,de cette voix Comme
un grincement de Partir,car là-bas parmi Eux se cache quelqu’un. 90.Il
n’y a que le chemin Qui ressemble aux rues Dans le
village,les mêmes Pierres,les mêmes pas qui Font s’arrêter et
debout, Les yeux au loin placer les Maisons en face.Lorsque Toutes
sont là,je les Regarde une dernière fois Avant de rejoindre les
Autres un paquet sur L’épaule,plein de ces Merveilles que je ne
quitte Pas. 91.Ici se cache quelqu’un Et chaque chemin ressemble A ces
rues larges ou’ les Promeneurs se retrouvent, Pour voir
l’horizon faire le Crépuscule.Ou’ alors partir ? Lorsque je sais que
le village Ou’ l’on arrive est celui Abandonné le jour du
Départ,lorsque toi tu es née. 92.Il y’a aussi les chants Parmi
nous,ils donnent au Pied la force de marcher Et font à eux seuls les
Longues veillées ou’ pour La première fois de la Journée,on se regarde
Longuement sans un mot. 93.Il n’y a que ces chants Dans
notre halte qui Accompagnent le crépitement De brindilles ramassées
sans Tâtonner sur le sol ou’ Beaucoup dorment bercés Par la chaleur
que porte Ta voix comme un écho Qui vient de la montagne
Habitée de contes infinis. 94.Je découvre en elle un Olivier,et à
côté au bord D’une rangée de pierres Alignées un palmier se dresse Sur
un lit d’oued asséché. 95.Les deux n’éxistent plus, Mais à
leur place grandissent Deux vergers :l’oliveraie pleine De rameaux
couleur d’herbe Qui font de l’été ici,une saison Bénie et la palmeraie
comme Sous le poids de grappes ciel Embrasé,son image
s’enfonce Dans l’eau que viennent puiser Chaque matin quelques
jeunes Filles,le rêve dans le rire Encore. 96.Ce rêve interminable sur
Tes lèvres à croire que chaque Rayon qui s’y dépose s’ajoute A
l’autre comme sur ce fruit Que j’aime goûter après L’avoir
légèrement effleuré Une fois mûr. 97.Et un peu plus tard Lorsque dans
chaque recoin De la brise viendra se mettre Le chant en douces
lumières, Il apparaîtra comme des Fleurs,comme d’innombrables Fleurs
sur tes joues Enflammées. 98.Ce rêve interminable à Croire que toutes
les mains Amassent en un seul tas ces Fruits qui
rempliront les joues Des enfants le soir comme ces Minces filets
d’eau qui se Donnent en entier à l’oued, Et ces bourgeons que nous
Verrons un matin donner Ses couleurs à toute L’étendue. 99.Demain
nous irons Voir tes pas, Nous irons Sillonner les chemins. 100.Nous
irons voir Les arbres Auxquels tu t’adossais Les jours de soleil.
101.Nous irons voir Leurs nids Et leur doux branchage A la
brise. 102.La liberté Leur a été confisquée, Il y’a des décennies.
103.Lorsqu’il s’est tu,ils Se sont tous observés et En plus de ceux
qui l’ont Ramené,plusieurs se sont Approchés et de chaque Côté
l’ont prise entre leurs Bras doucement. 104.Arrivés devant sa
Demeure,il les invita à S’assoire pour une longue Durée,alors que les
autres Sont rentrés déjà,silencieux En un groupe lent. 105.Ce
verger,grand père L’a planté avant Que tu ne viennes. 106.D’autres
debout,les Bras croisés sur la poitrine Grattent légèrement de Leurs
orteils,la surface De la terre durcie et font Un amas de
grains qu’ils Tassent par touches répétées, Sur tous les côtés.
107.Il l’arrosait Le matin et le soir L’eau il la ramenait De loin.
108.Il la ramenait D’une rivière, D’une grande rivière Lointaine.
109.De temps à autre Quelqu’un bouge,discrètement Sans toucher
personne,pour Se mettre à l’aise,sur l’autre Côté,en s’essuyant les
mains Après. 110.Un jet de salive à L’écart par-ci,quelqu’un
Tousse par là,un soupir Etouffé,un autre profond, Une mouche chassée
va de Visage en visage sans être Regardée. 111.On avait des haillons
Sur le corps, De vieux haillons Sur le corps. 112.L’un
pressait ses doigts, Ne les voyant même pas, L’autre baissant la
tête,les Mains sans tremblements, Caressant les cheveux. 113.Il y’a
des mois,la même Chose s’est passée et le soir Tous les
habitants ont en parlé. Le matin,il fallait ramener le Plus vieux
qui habite derrière Ces maisons,seul depuis Longtemps déjà,entre les
bras. 114.La famine pèse Sur nos yeux, Sur nos voix.
115.Beaucoup ont parlé Avec des gestes saccadés, Beaucoup écoutaient
des Regards furtifs pour un Côté,lui les écoutait. Lorsque les
regards,lorsque, Lorsque les gestes se sont Apaisés,lui écoutait
encore Puis il a parlé. 116.Nos mains,on ne sait Presque même pas
les Soulever,on reste là Dans cette chaleur A errer. 117.As-tu vu
leurs yeux Briller de peur, Lorsque les bottes Fracassent En
pleine nuit Les portes. 118.Puis il a parlé avec Ces gestes et ces
regards Qu’ils avaient dans les cours, Devant les portes,dans les
Lieux,au bas des sentiers Ou’ tous aimaient se Rencontrer.
119.Tous écoutaient les Mains jointes,et sur le Front,et sur le
visage une Ride apparue avant la Tombée de la nuit s’est creusée,
Creusée,dans l’attente du jour Qui se lève. 120.On ne savait pas
quand Est-ce que elle a commencé, C’était une nuit d’hiver,une Nuit
de pluie. 121.Quelques uns étaient assis, Avec dans la main,un bout de
bois Sec qui dessine une ligne sur le Sol,plus profonde à
chaque fois Qu’elle passe,et lorsqu’une Racine apparaît,elle est
caressée, Elle est caressée et recouverte Tendrement. 122.Novembre
Pour nous Est la liberté Promise. 123.L’eau a emporté maisons Et
récoltes,il ne reste Que vase et boue Dans les buissons.
124.Beaucoup sont restés Quelques instants étalés,puis Ils se sont
relevés avec de Légères égratignures sans Parler,les habits tachés de
Poussière qu’ils emportent Assez souvent chez eux. 125.Ils ne se
sont pas parlés, L’un était profondément desolé, Ne sachant quoi
dire,l’autre bien Etonné,de se retrouver Soudainement allongé,alors
Qu’il mesurait le chemin qui Restait à faire,au chant d’un Oiseau
quelquepart,qui se Rapproche, en airs qui se Succèdent. 126.Novembre a
été Pour nous La délivrance de la servitude Et du joug
colonial. 127.Si vous vous êtes arrêtés Pour toucher vos pieds
Endoloris,pour vous Rafraîchir un peu,pour Ingurgiter
quelquechose,pour une Gorgée,pour vous essuyer la Peau et penser à la
longueur à
Faire encore. 128.Quelqu’un venant,en Courant de derrière pouvait
Surgir,sans vous voir,vous Emporter et vous renverser,il Pouvait
tomber sur le visage. 129.Demain tout sera là, La trace de mes pas
Sur la terre Dans les contrées Que tu aimeras. 130.Des contrées Que
tu ne connais pas, Une terre Ou’ des fleurs poussent Depuis plusieurs
jours Déjà. 131.Les soirs des premières Chaleurs de Mai,ou’
sur une Natte large étalée dans le Houch, Des enfants apprennent à
Raconter,les contes qui ont Emerveillé un rire de temps à Autre sur le
visage. 132.Les soirs d’été ou’ après Un soupir que suit un
large Sourire,tu me parles des Récoltes longues et pleines de Chants
qui durent parfois Jusqu’à la tombée de la nuit. 133.Les mots se
succèdent,en Flot tendre infini,à ta main sur Ton front,les
yeux fixes et Brillants,au sol,durant de longs Instants. 134.Les
soirs tièdes ou’ sur Une marche à même le sol,nous Assistons au
sourire humble de La pleine lune,dans un ciel étoilé Qui caresse le
paysage dans le Doux silence de la nuit. 135.Les mots d’amour que je
Sais te dire,même lorsque ton Front se ride,lorsque tu fixes Mon
regard pour un instant. 136.Les mots simples pour te Décrire
demain beau,la voix Gorgée de cet espoir qui Rechauffe tes mains,les
bras Croisés sur la poitrine pour La presser. 137.La chaleur de mon
regard Adossé à un arbre,les yeux Devant,une longue pensée
pour Le beau rêve de la veille. 138.La chaleur de quelques Mots
inscrits à ta paume d’une Main amusée pour qu’après Le départ,au loin
tu te Rappelles. 139.Les moments ou’ en Parlant tu t’arrêtes un
instant Pour chercher rieuse Quelques mots et continuer Gaie parfois
pendant Longtemps. 140.Demain tout sera là, La chaleur de mon
étreinte,les yeux fermés,bercée par une Lampe aux reflets tendres
Partout autour. 141.Demain,lorsque tu passeras Sur le chemin
qu’effleurent les Rameaux,à la brise comme Une caresse,tu percevras le
Doux bruit feutré des fruits Qu’accueille la terre. 142.La
récolte est longue,et De temps à autre,le soir tu Sors pour
contempler un Instant le doux sommeil de La petite montagne.
143.Demain les fruits entassés Se mettront en cercle pour Scintiller
longuement de cet Eclat des joues enflammées A la douceur de la
flamme. 144.Et dans ta randonnée,tu Prendras à chaque fois une Poignée
que tu étaleras de Tes doigts brillants pour voir, Si un peu
de buée imbibe Leur peau. 145.Lorsque quelques rides
Apparaissent,lorsque des Rides se forment dans ton Regard,elles
s’habillent Entières de lignes de Lumière. 146.Les fruits sont plus
mûrs, Ils
attendent l’étreinte de la Paume,une longue étreinte Qui fait
briller les mains D’un doux éclat étalé. 147.On m’a pris dans la rue,
On a cherché dans mes poches, On a cherché dans toutes mes
Poches,on n’a trouvé aucun Papier. 148.On m’a fait monter Crosse au
dos, M’assoire serré Près de compagnons. 149.On avait la même couleur,
On avait les mêmes habits, On avait le même regard, Celui
qu’on avait sur lui. 150.Cette saison, Il a beaucoup plu, Des nuages
noirs Ont parcouru le ciel Toute la journée. 151.De grosses gouttes
Sont tombées,drues sur Les rameaux en fleur, Sur mon visage,
A l’abri, Loin des troupeaux. 152.Demain être libre De t’approcher,
De te regarder De serrer tes mains Pour assister à l’orgie De rayons
colorés Qui dessinent à l’horizon Proche Un monde né du
silence. 153.Il soulevait de grosses Vagues,il faisait tanguer Le
bateau,il nous menait Loin, Loin De notre pays. 154.Lorsque nous
arrivâmes, Il y’avait un peu De soleil, Un soleil encore froid,
C’était le printemps. 155.Le Sahel s’étale Jusqu’au loin, Aride
Brûlé de soleil. 156.Les autres aussi Rêvaient, Ils ne parlaient pas,
Ils ne savaient pas, Ce qu’ils trouveraient Là-bas. 157.Dehors
il y’avait Le bruit des vagues, Dehors les vagues Se formaient,
Blanches au loin. 158.Dehors Il y’a le vent, Il faisait froid, On ne
voyait personne, Dehors Le vent soufflait. 159.Qui fait briller
le visage, De cette lumière profonde que Trace la récolte qui
dure,qui Fait briller les pieds,qui fait Briller toute la paume.
160.Lorsque tu prendras Un tas pour le regarder, Tu verras les reflets
du Suc naître comme Quelques reflets dans Ton regard. 161.Demain
près du ruisseau, Au bord de l’eau,dans la Cuvette aux bords polis,
Aménagée amoureusement Lorsque tes mains s’assemblent Pour
effleurer l’eau Le suc naîtra. 162.Un suc au goût Ensorcelant,un suc
pur Dans tes mains assemblées Qui rempliront tout le jour, La jarre
jusqu’à son Goulot. Journal 163.Le tuteur se rendra compte
De ton existence,il ira Même vers toi,il te Parlera d’un langage
vague, De bribes de choses que Tu connais déjà. 164.La ville est
facinante, Pleine ce lumières,de Couleurs,d’immeubles,
D’escaliers,de gens Pressés que l’on finit Par aimer. 165.Un jour le
soleil Envahira de lumière ton Lointain grenier,et il le Débarassera
des ordures Déposées,là en passant Chaque jour depuis des
Années,sans que tu Le saches. 166.La mère ne mendie plus ,elle ne
tend plus sa main ,car le père est là. 167.Je te vois lumière,
Immensité de blondeur, Bel épis de blé rieur Qui me hâpe. 168.Je te
vois,le sourire Plein de ce rêve que j’ai Fait une fois,une seule
Fois,blessure logée au Plus profond de mon Espoir. 169.Ce matin tu
leur parlera Peut-être de cette joie dans ta Voix comme un lever
du jour Qui surprend la rosée couler Sur les grandes feuilles
Etalées en une caresse faite A ton sourire qui dure depuis Cette
fois,ou’ dans ton Rêve tu t’es demandée Comment je serai au retour.
170.Au retour,il y’aura Un chant dans mes bras Et un autre dans ta
voix,il sera aussi grand que ce beau pays Qui a grandi en moi,en.une
Nuit comme en mille siècles. 171.Le même chant sur Chacune de
nos voix,pour Nous accompagner dans notre Demeure délaissée pour un
Futur retour. 172.Le chant allonge ton Age tel un corps qui se Dilate
de bien-être et se Loge dans le retour.Je le Veux comme des
perles Au soleil sur ta peau,ou Des pensées qui font les Rêveries
quotidiennes. 173.Nous devons nous évader Dit Si Messaoud à ses
compagnons De cellule,qui l’écoutaient rêveurs. Nous devons
rejoindre les compagnons au Djebel,ils ont sûrement Besoin de
nous.Il paraît que les Dechras des environs ont été Bombardées par
l’aviation,toutes Les maisons ont été rasées et les Populations
ont prit ce qui restait Et sont parties.Il y’a eu beaucoup De
victimes,et parmi elles des Enfants.On ne les a même pas
Enterrées,elles sont restées sous Les décombres.Et nous à rester là
Entre
quatre murs,à manger Cette soupe infecte. 174.Le romancier s’isole
entre Des murs à la recherche D’histoires,d’images et de
Personnages.Il lui arrive de remplir Le papier et de recommencer,
Jusqu’à
la naissance d’une Histoire.Ses personnages sortent Toujours du
commun.Ils sont Le fruit de son imagination. Parfois,ils sont
irréels,et ne Ressemblent en rien à ce qui Existe.Parfois l’histoire
met des Jours pour naître.Plein de Papier et un tas de mégots Par terre.
3.La voix des légendes.
La voix des légendes. 04.. Ce matin il ne pleut pas le brouillard
étale sa blancheur à tout le paysage et partout ou je regarde partout
il ne fait pas froid 05.. Le brouillard
s'étale parfois fascinant fascinant en couche dense mais lorsque je
regarde lorsque je regarde bien lorsque je regarde longuement le
paysage apparaît dans toute sa grandeur plus beau Encore 06.. Je
vois même le soleil monter, je le vois monter,et tracer à l'horizon,
comme chaque matin une ligne de lumière, je vois les pousses frémir et
accueillir d'un sourire le nouveau jour, j'entends au
loin des chants d'oiseaux et les pas remplir les chemins. 07.. L'eau
qui s'écoule tranquille,c'est dans ton regard qu'elle miroite en fête
de lumière. 08.. Le matin,les chemins ne vivent que des
pas ,la lumière, les fleurs alignées,les branchages assoupis
s'étirent à l'approche des pas, et sur leur face, le premier sourire
n'apparaît qu'à la chaleur du regard..09..L'écorce des arbres,c'est
ta caresse en passant qui la fait naître. 10..Le paysage qui
somnole,c'est dans tes mains qu'il y'a des jours pour l'embellir.
11...Les chemins à parcourir,c'est les pas qui approchent le matin qui
les réveillent,la nuit,toute la nuit c'est les légendes couleur de
nuages qui veillent,mais le matin,le matin,c'est ton souffle,ton
souffle qui ravive la lumière qui somnole depuis
hier...12..Partout ou je regarde,il ne fait pas froid,c'est
étrange..13..C'est l'hiver et il ne fait pas froid, le ciel est plein
de nuages,ils ne sont ni bas,ni gros,ils sont gris,lorsque je
contemple longuement leur course effrenée,balayés par des vents
forts,à leur place apparaît plus belle encore toute une étendue bleue.
Le chant des rameaux 14.. C'est l'hiver,il pleut à
torrents,mais il ne fait pas froid,c'est étrange.Les ruisseaux qui
accueillent toute l'eau,tes mains les ont tracés il y'a très
longtemps,après les premières moissons,sans se dépêcher,pour que dans
l'oued les miroitements gais au soleil et les petites . 15.. Pour
que dans le puit,lorsque tu te penches pour remplir les fins et longs
canaux,à sa surface se dessine ta silhouette entourée de
lumière. 16.. C'est l'hiver,le vent souffle,mais il ne fait pas
froid,étrange.Maintenant derrière une ligne d'arbres qui se tordent
sans casse, il y'a un verger,un immense verger qui grandit pour
donner des fruits de toutes les saisons. 17..vagues à la brise
demeurent au-delà de la chaude saison 18..c"est l'hiver,le ciel est
gros, de grosses gouttes tombent,un vent fort souffle,mais il ne
fait pas froid,étrange. 19..L'eau qui s'écoule dans les ruisseaux,au
début est boueuse,elle est jaune,pleine de poussières déposées à
longueur de journées par des vents qui dessèchent parfois la
gorge,mais qu'il est tendre le bruit qu'elle fait sur les
cailloux,car c'est le chant d'un ruisseau qui renaît gaiement à la
vie,après une longue dormance. 20.. Il y'a eu des moments ou les
sources
se sont taries,en passant lorsque tu les regardes,ton front se
plissait,au printemps elles s'égouttent déjà péniblement,plus tard,il
n'est resté de la verdure qui les entoure que des touffes sèches
sans vie. 21..Le chant d'un ruisseau qui renait est un chant qui
rassure,il est là lorsque les vents hurlent,là lorsque les vents
s'apaisent.Plus tard lorsque les gorges se desséchent parfois,une
ligne de verdure tendre au toucher reste tracée, sur le sol sec et
poussièreux. 22.. Une ligne de verdure qui demeure jusqu'aux premières
pluies,qui étale ses racines dans la poussière sur le sol
sec,qui s'étale comme un tapis aux pieds nus,qui se répand pour
accueillir les feuilles qui tombent. 23.. L'eau qui s'écoule en un
chant qui demeure lorsque les vents s'apaisent rassure,car à sa
vue les gorges qui se sont desséchées une fois se désaltèrent,avec
autour de la verdure,ou de temps à autre apparaissent des fleurs. 24..
C'est l'hiver,les nuits sont longues,autour du feu,les
contes qui font les veillées sont si beaux,sont si pleins de cette
chaleur qui repousse le sommeil pour les allonger. 25..Ils sont si
pleins comme d"un rêve,mais d'un rêve plus grand,celui qui
parle des aieux,de leur jeunesse,de leurs chevauchées, de leur
marche,de leur joie le jour du marché,lorsqu'ils se rencontrent après
une 26..Celui qui parle de leur histoire,de leurs gestes,de
leurs beaux gestes,qui n"ont fait que grandir depuis l'enfance.
27..Les contes naissent parfois dans la mémoire le jour du marché,ils
naissent sur les chemins dans cette rencontre,de cette
rencontre après les longues absences,pour se répandre et remplir de
gaieté de chaleur les veillées des longues nuits d'hiver. 28.. C'est
l'hiver,les nuits sont longues,autour du feu,avant que la
douceur du sommeil ne commence à envelopper les paupières,il y'a
toujours une pensée pour demain. 29..Une pensée pour les chemins, pour
les champs, pour les bois,pour les lieux,pour les toits de
diss d'ou s'échappe un peu de fumée, ou sont nés les contes. 30..
Les contes naissent le soir dans la marche et grandissent sur les
chemins. 31.. Lorsqu'ils se répandent,ce n'est pas seulement, pour
habiter les veillées,quand dehors les vents rugissent,c'est aussi
pour qu'à ton réveil, lorsque tu regardes autour,tu découvres que dans
le matin quelquechose a changé. longue absence,après la
vente de la récolte. 32.. Qu'en toi,quelquechose a grandi,que ta
mémoire a grandi. 33..C'est vrai,ce n'est pas immense,mais à chaque
fois tu découvres que le matin a changé, que le matin a grandi,
qu'ils sont beaux ces matins. 34.. Qu'ils sont beaux ces matins,ou'
après les longues nuits gorgées contes ensoleillés,tu découvres
lorsque tu regardes autour,que ta mémoire a grandi. 35.. Sur la
terre noire bien gorgée d'eau par endroits,une nuée d'oiseaux blancs
se déplace légère d'un pas plein de vie,sans se presser, sans regards
furtifs autour,sans crainte de la pluie. 36..Autour les
rameaux se reposent,la cueillette est presque finie,maintenant ils
se reposent pour un instant. 37.. Dans leurs yeux,il y'a tout le
paysage,il y'a aussi les nuages,la course des nuages,qu'il est
beau leur regard,qu'il est beau ce regard qui porte la terre
noire,qui se gorge d'un peu d'eau par endroits pour accueillir une
nuée d'oiseaux blancs qui se déplacent sans se presser. 38..Les
rameaux se reposent pour un instant, dans les vents qui soufflent,il
n'y a pas leur chant.Leur chant,lorsqu'il se répand,il se répand dans
les vents pour qu'ils s'apaisent, pour qu'ils deviennent
dans leur marche,en marchant cette brise qui souffle gaie sur le
visage avant le coucher du soleil,en été. 39..Le chant des rameaux est
un chant qui ne cesse pas,il est un chant qui se répand, dans
les vents qui soufflent,à n'importe quelle saison,il est dans toutes
les langues,il est ce qu'il y'a de plus beau dans les saisons. 40.. Il
est dans toutes les langues,comme ce qu'il y'a de plus
beau dans les saisons,et dans ta voix,lorsque je l'entends,il est
les jours qui se lèveront pleins de promesses et de ces voeux que tu
fais,en marchant silencieuse,les yeux devant. 41.. Devant le
jour se lève,le chant des rameaux logé dans toute la voix,se répand
lentement sur la langue,comme ce qu'il y'a de plus beau dans les
saisons. 42..Les nuits d'hiver sont longues,et autour du feu les
joues s'enflamment d'émerveillement, devant les légendes qui
irriguent la mémoire de cette sève qui fait grandir. 43..Les légendes
naissent avant de partir,sur les chemins,dans les camps sans
clôture;avant l'étreinte des mains,avant l'étreinte des regards,à la
douceur de la flamme que ravive un chant d'amour lointain parfois.
44.. Les légendes naissent dans les clôtures,et lorsqu'elles
sortent c'est pour partir,mais avant de partir dans les espaces
immenses,elles répandent comme un doux souvenir qui transcende l'oubli
qui hante les mémoires. 45.. L'oubli dans la mémoire se
dissipe sur les chemins,dans les camps,dans les espaces réservés
lorsque le soir,tu fixes avant de partir le regard de longs instants
la douce flamme, pour écouter le chant d'amour,lointain parfois
qui se fraye un chemin,dans l'étendue glacée pour se rapprocher.
46.. Qu'il est beau ce chant d'amour qui se fraye un chemin dans
l'étendue glacée,pour se mettre le soir,autour du feu,à tes côtés
lorsque beaucoup se sont endormis,parfois les poings presque
serrés,car demain très tôt,dès le réveil,il faut encore marcher.
47..Demain,il faut se lever tôt,car il faut marcher encore, marcher
jusqu'au retour et là,tu pourras effleurer de près les légendes.
48.. Tu pourras les étreindre,les embrasser,et gaver ta mémoire du
tendre souvenir qui fait briller parfois,plus que d'habitude tes
yeux de l'éclat des étoiles,là chaque nuit dans le ciel. 49.. Le
chant des rameaux est un chant d'amour, ce n'est pas un cri de
guerre,c'est un cri d'amour,ce n'est pas un cri seulement, c'est un
flot de chaleur dans la voix qui transcende l'oubli qui hante les
mémoires au sommeil. 50.. Parfois lorsque les vents hurlent. de l'aube
jusqu'au soir,le soir il y'a comme une boule amère dans ma
bouche,une boule amère que je mâche,que j'avale, pour que sur ma
langue,il ne reste que ce chant,lointain parfois qui se rapproche.
51..Que ce chant sur la langue,à la douceur de la flamme pour
alimenter les étreintes des regards. 52..Qu'il est beau ce chant gai
sur la langue, lointain parfois qui se rapproche,qui se fraye un
chemin,dans l'étendue glacée qui se rapproche pour alimenter de
son flot de chaleur,l'étreinte des corps. 53.. Les nuits sont
longues,les rameaux se reposent pour un instant et l'orangeraie est en
fleur, toute en fleur,des fleurs blanches,blanches à la
pluie,blanches au soleil qui apparaît, habituées à te voir
passer,les regarder longuement,égayer le branchage sans les arracher.
54..C'est vrai,les fleurs d'orangers tu ne les arraches
jamais,avant,avant que les premières n'apparaissent,les toutes
premières,tu passais plus souvent entre les arbres,sur de longues
distances pour les voir respirer. 55.. Parfois,elles ont même habité
tes pensées, pendant de longues journées,maintenant que tu es
loin,que les nuits sont longues, que les rameaux se reposent pour un
instant, 56.. tu sais que les orangers sont en fleurs,des fleurs
blanches,des fleurs blanches dans le branchage,des fleurs blanches
que tu n'arraches jamais. 57..Parfois tu te vois les caresser,les
humer,les regarder avec des yeux humides et chauds. 58.. Parfois
devant la flamme,lorsque tu entends le chant lointain se
rapprocher,se frayer un chemin dans les étendues glacées,tu te vois
marcher les pas légers,les pas sûrs sous le. ciel gris,même quand il
y'a
de la pluie, entre les arbres sur de longues distances dans toute
l'orangeraie. 59.. C'est vrai,il y'a des fleurs que les mains
n'arrachent jamais,ce sont les fleurs des vergers, ce sont les fleurs
de l'oliveraie,de la palmeraie, de l'orangeraie,ce sont des fleurs
blanches que les mains laissent mûrir pendant de longues saisons.
60..Beaucoup ne sont pas partis,ils sont restés mais avant le
départ,ils ont parlé.Ils ont longuement parlé des vergers,de la
terre,de l'oued,des maisons aux portes laissées ouvertes, que les
vents font claquer les nuits de tempête. 61.. Ils ont parlé:au
retour ne vous en faites pas, les vergers auront grandi. 62..Ne vous
en faites pas,au retour entre les arbres, à l'ombre des feuillages
ensoleillés,vous pourrez courir,les mains tendrement liées Le
chant des rameaux(suite) 63..Maintenant dans les lieux,il y'a des
seuils ou' des poussières se sont déposées,ou' personne ne s'adosse le
soir,pour goûter à la fraîcheur des nuits d'été. 64..Devant
ces seuils,lorsque des gens passent,ils perçoivent sans cesse des
voix gaies,juvéniles se répandre,jusque dans leur conscience,jusque
dans les chemins empruntés au départ,pour chanter le retour.
65..Pour qu'au retour,tu chantes chaque soir la légende de la douce
flamme,née dans le camp sans clôtures. 66.. C'est l'hiver,il pleut
mais il ne fais pas froid,le sol est jonché des dernières
feuilles d'automne,même là ou' les arbres n'ont pas poussé.Hier
soir,le vent a soufflé,mais il ne t'a pas réveillé,car tu dormais
tranquille, les mains presque fermées. 67.. Cette nuit,tu n'as pas
rêvé,le matin tu as cherché,mais il n'y avait aucun rêve,aucun rêve
dans ta mémoire,car hier tu as beaucoup travaillé,une pensée de temps
à autre pour ceux qui sont partis,depuis longtemps déjà.
68.. Ils sont partis depuis longtemps,mais avant de partir,ils ont
longuement parlé.Sur le chemin ils ont parlé:au retour vous pourrez
vous asseoire à l'ombre des feuillages ensoleillés,vous
pourrez marcher, les mains tendrement liées,entre les arbres dans
toute l'orangeraie. 69..Avant de partir,ils ont parlé,et ces mots sont
restés vivants dans ma mémoire,qu'ils sont doux ces mots qui
restent vivants,longtemps,très longtemps après le départ. 70..
Parfois un long soupir s'élève,parfois à la douceur de la flamme,je
les vois venir,revenir et habiter les lieux. 71.. Parfois, je les
vois venir et tout remplir de leur voix,de leur regard,de leurs
gestes au matin,de leurs gestes quotidiens qui affectionnent les
lieux. 72..Qu'il est long le soupir,qui s'élève de temps à
autre,après le départ,demain la journée sera longue,il y'aura les
champs et le marché,il y'aura les seuils à dépoussiérer. 73.. La nuit
est longue,mais je sais qu'au réveil dans ma mémoire,il n'y
aura aucun rêve,s'il y'a un rêve,il sera de ces beaux rêves qui
restent longtemps,après l'aube,à égayer le regard,il sera de ces rêves
qui assistent longtemps aux premiers rayons du soleil. 74..
Demain la journée sera longue,il y'a les champs par endroits,inondés
d'eau à parcourir,il y'a le sillon à tracer,il y'a des branchages
encore à aérer,pour que lorsque apparaissent des rayons,même
s'ils sont froids,ils baignent de lumière les premières racines.
75.. L'eau ruisselle sur les flancs des toiles,en coulée
transparente,et forme des ruisseaux pour raviver la terre.Elle n'est
pas
sale,elle n'est pas boueuse,elle est jaunâtre,elle s'écoule en fins
filets longs qui s'assemblent au loin. 76..Lorsque tu sors recouvert
pour ramener du bois, il y'a toujours une pensée pour les
toits rouges, qui apparaissent les premiers,au moment ou' tu
rentres. 77..Le feu doux reste allumé toute la journée,quand les
enfants partent à l'école,tu commences à tisser de tes mains agiles,tu
moules des présents pour toute la planète,des présents qui se
répandent,au-delà des océans des présents qui ont comme une âme,née
loin dans la chaleur des toiles alignées. 78..Des présents pour
toute la planète,couleur des vergers au crépuscule d'été,couleur de
l'aube sur les eaux calmes à reflets d'or de l'oued,ou' les jeunes
filles viennent des petites jarres sur la tête, pour les
remplir la voix gaie,pleine de doux mots pour le bien-aimé. 79.. Ne
vous en faites pas,les étoiles dans le ciel qui recouvrent les nuages
brillent encore dans vos yeux, au retour sur le seuil
lorsque vous vous adosserez, sur la natte au mur repeint,de la même
couleur pour goûtter à la fraîcheur des soirs d'été, elles rempliront
avec leur gaieté habituelle tout votre regard. 80..
Maintenant il pleut,les nuits sont longues,et le vent souffle entre
les toiles,devant la douceur de la flamme l'espoir enfoui depuis des
millénaires renaît au grand jour. 81..Devant la douceur de
la flamme deux ombres se ramassent lentement,lentement en une ombre
dans un chuchotement à peine perceptible,dans le silence qu'habite la
chaleur le vent qui souffle ne s'entend pas. 82..Il ne
s'entend pas,lorsqu'il effleure les toiles,ce qui s'entend et habite
le silence de sa chaleur, c'est le chant des rameaux,loin qui se
rapproche, en se frayant un chemin dans les étendues glacées.
83.. Lorsque lentement les ombres se reforment,dans les yeux,le
regard est embrasé et les mains se serrent pour se lier
tendrement,toujours. 84..L'eau n'a pas emporté les dernières feuilles
d'automne,elles sont restées collées à la terre,sous les
arbres,comme pour la protéger,pour qu'aucun grain ne s'en aille,loin
des caresses répétées de chaque jour. 85..Au retour,de part et d'autre
du chemin,il y'aura des épis de blé blonds,à attendre la moisson,à
t'attendre pour la moisson de tes mains,de tes yeux qu'accompagne un
chant pesant d'exil. 86..Un chant gai,né dans les toiles
alignées,ou' la Nuit le vent qui souffle dehors ne s'entend pas, un
chant gai,chanté,avec dans les yeux brillants,une flamme qui a
grandi,chanté durant de longs instants,parfois les yeux fermés.
84..C'est vrai,l'exil a un goût amer,mais dans les pensées les rues
et la campagne n'ont jamais cessé d'être larges et fleuries,tu n'as
jamais cessé de les dessiner,pendant de longs
instants plus larges encore,plus belles. 85..Tu n'as jamais cessé de
décrire les paysages,et les lieux aux enfants,leurs noms,leurs âmes et
leurs légendes aux enfants,pour qu'au
retour,ils reconnaissent le premier chemin et les toits qui
apparaissent de loin. 86..Le retour est pour demain,c'est vrai l'exil
a un goût amer,mais ne t'en fais pas, nous le vivrons
ensemble.Le retour est pour demain,car ta pensée entière sait
embellir maintenant ce pays que tu ne connais pas encore 87.Elle se
répand dans sa mémoire,dans ses veines, dans son regard
ensoleillé,dans les pas parcourus, dans toute la main.La nuit peut
encore durer, mais au retour tu reconnaîtras tous les lieux. 88.Tu les
reconnaîtras dès le premier pas qu'accueille le sol,et
lorsque tu te reposes pour un instant,tu ne t'étales pas,tu
sillonnes les champs en fleur,le temps de cet air qui revient sur la
langue dans les rêves,au réveil dans le jour. 89.Qui donne à la
langue,une joie de vivre infinie que la boue,loin des villages
blancs n'a pas éclaboussés,que les vents qui soufflent dehors, sur les
routes toutes les nuits n'ont pas effacée. 90.Les vents
soufflent sur les routes d'à côté,toutes les nuits.Parfois,ils sont
si forts qu'ils collent les débris aux barrières,à leurs faces,dans
les fissures béantes des murs lézardés,sur les décombres des
murs tombés,en un fracas que personne n'avait entendu,parfois ils
demeurent longtemps avant de disparaître. 91.Les vents qui soufflent
passent au-delà des barrières, au-delà de toutes les
barrières,pour aller au loin, devant,devant pour déblayer et élargir
le chemin. 92.Sur ce chemin,il n'y aura personne pour te traîner,il
y'aura tes pieds pour marcher les yeux devant. 93.C'est
vrai,la marche sera longue,une longue marche,envoûtante qui te
paraîtra pénible parfois, lorsque tes paupières pèsent lourd,mais tu
verras,il y'a au-delà du premier horizon de la beauté qui s'étale
jusqu'à l'infini,jusqu'à l'infini entends-tu,jusqu'à l'infini.
94.Les vents soufflent sur les routes d'à côté,et vont au-delà des
barrières ou' des débris s'accrochent. 95.Lorsque le soleil n'est
pas apparu dans le ciel,les nuages qui courent ont porté sur leur
dos ses rayons. 96.La nuit,les légendes sont nommées,elles ne sont pas
nommées dans un chuchotement à peine perceptible,elles sont
nommées doucement,d'une voix amère parfois,restée chaude durant
toute la tempête. 97.L'éxil ne t'en fais pas,nous le porterons dans
notre regard ensemble. 98.Un jour il y'aura ses empreintes sur
mon front,mais dans ton visage,dans tout ton visage l'espoir aura
grandi. 99.Un espoir,aussi grand que les champs de blé restés vivants
dans ma mémoire,comme des rayons de soleil qu'une brise
légère adoucit. 100.Les nuits sont longues et le sommeil n'enveloppe
les paupières que tard. 101.Lorsque les yeux s'ouvrent dans le
noir,l'orangeraie dans toute sa grandeur apparaît au loin,et se
rapproche jusqu'à habiter toute la mémoire. 102.Lorsqu'ils se
referment,des rayons de soleil éclairent ses feuilles et ses fleurs
pendant de longues heures, parfois,de longues heures,des heures
entières, jusqu'aux premiers pas que l'on entend partir. 103.Cela
remonte à longtemps que l'oued est asséché,qu'il n'y a pas d'eau,que
les galets s'étendent sur toute sa longueur,maintenant il n'y
a que quelques flaques par endroits et des traces de pas sur un peu
de sable. 104.Beaucoup se sont déplacés,ils ont dit dans un sanglot
qu'ils reviendront,lorsqu'ils verront tomber les premières
pluies,ils sont partis sur les routes, les plus petits sur le dos,et
les autres derrière. 105.Les oliviers et les champs de blé n'ont pas
besoin de trop d'eau pour pousser,c'est vrai,sur la terre
asséchée par le soleil,les plants ne sont pas denses,mais il y'aura
quand même du pain et de l'huile sous le toit. 106.Il y'aura des mains
qui chercheront le coin d'ou' l'eau jaillira,pour abreuver
la gorge,pour abreuver la peau hâlée et brillante par des journées
entières sur les sillons tracés avec peine. 107.Il y'aura des sourires
sur la terre que le soleil calcine sur la terre ou' sur de
grandes distances, il n'y a pas de verdure. 108.Il y'aura des
sourires,et il y'aura la nuit des rires,des rires d'enfants pour
rendre moins pesant le silence. 109.Le silence de ces étendues,ou' il
n'y a plus aucun bouisson,ou' sous les arbres il n'y a plus d'ombre
pour ceux qui viennent de loin,se reposer quelques instants et
continuer leur marche. 110.Dans l'oued les galets s'étalent sur de
longues distances,il y'a un peu de sable,il y'a quelques traces de
pas durcis,des pas de pattes d'oiseaux,près d'un peu d'eau,et loin,
très loin,un chant comme un nuage grossit et s'étale à tout le
ciel. Le chant des rameaux(suite) 111. Un chant qui vient de loin,un
chant qui vient des forêts luxuriantes,des oasis,des fleuves
majestueux que sillonnent des pirogues frêles et gaies,chargées
d'hommes qui ne reviennent parfois que tard le soir.
112.Parfois,lorsqu'elles reviennent,pleines la fête a déjà commencé
dans le village:autour d'un grand feu de bois qui monte haut dans le
ciel,il
y'a un large cercle de voix et dans tous les yeux de petites flammes
éclairent dans toute sa grandeur une danse magique. 113.Une danse
magique ou' dans les yeux qui se ferment,dans les corps debout
en transe l'esprit se déverse,en mots infinis,pour honorer les
légendes qui peuplent le ciel. 114.L'esprit se déverse,sur la langue
en un flot que la danse libère,pour parler aux légendes des
enfants aux membres atrophiés,aux ventres ballonnés qui meurent de
temps à autre, à quelques lieux de là. 115.L'esprit se déverse pour
parler aux légendes de ceux qui partent,en procession,un
enfant dans un bras,dans l'autre un ballot,d'objets chers qui
rappellent les lieux et qui trouveront bien des bouts de bois,pour
allumer un grand feu,à la belle étoile. 116.Une danse magique,à la
belle étoile,ou' les yeux se referment,ou' dans les yeux à
demi-ouverts, la pensée se déverse en un flot infini,semblable au plus
beau paysage,pour s'emparer de toute la langue et
parler,parler,parler. 117.Parler longuement des champs de blé,de ce
beau paysage,parler des toiles,des arbres millénaires aux feuilles
alignées en un rameau. 118.Parler en un flot infini,en un flot
d'ou' naîtra le plus beau chant,un chant qui effleure tendrement les
feuilles tressées,les étendues de blondeur qui s'étale en un large
nuage dans le ciel,lorsque le soleil au loin, calcine la
terre. 119.Un chant qui transcende les déserts,qui transcende les
océans,qui transcende les barrières ou' des débris emportés par les
vents se collent dans des lieux abandonnés. 120.Qu'il est beau
cet enfant,debout à côté d'un troupeau des amulettes accrochées à
ses habits,un peu sales,qu'il est profond son sourire,qu'il est
profond son regard,lorsqu'il vous regarde, lorsqu'il vous parle de
demain,qu'il est beau avec ses habits sales. 121.Demain dit-il,avec
mes mains frêles,avec nos mains frêles,nous construirons des puits et
un grand canal,à ses rebords,jusqu'au loin, il y'aura de
grands jardins,avec de petits plants et des arbres sur cette bonne
terre qu'hier encore le soleil calcinait. 122.C'est vrai dit-il,demain
nos mains frêles feront revivre les champs et les
plantations,et lorsque tu viendras,il y'aura des fruits pour toi.
123.Qu'il est beau cet enfant,qu'il est profond son sourire toujours
là,lorsque vous partez cette promesse est dans votre regard,et
dès qu'il y'a un peu de silence,elle revient dans toute sa
grandeur,pour se répandre devant. 124.C'est la saison des pluies,et
aucune goutte n'est tombée,adossés à des arbres qui ne donnent plus
d'ombre,des hommes parlent,lorsqu'ils parlent,ils ne parlent pas de
la faim,ils parlent de ceux qui sont partis,de ceux qui ne reviendront
peut-être pas,ils parlent du fleuve, miroitant de petites
flammes,la nuit,qui coule majestueux et lent jusqu'au delta. 125.Ils
parlent des huttes accrochées aux collines,et de l'eau jaune des cours
jadis fertiles,ou' les troupeaux s'abreuvent,montée sur
le dos, dans les mains durcies pour irriguer les plantations.
126.Sur le visage,au regard lointain,il y'a quelques rides,et au coin
des lèvres,au coin des lèvres pincées brille comme un soleil une
gaieté éternelle. 127.C'est la saison des pluies,et aucune goutte
n'est tombée,debout près d'un troupeau, un enfant au regard profond
scrute l'horizon, un bâton à la main,un bâton fait de ses
mains,un bâton qui ne frappe pas,un bâton plein de dessins. 128.Son
visage est un peu sale,mais qu'il est beau son sourire,lorsqu'il vous
parle des puits, lorsqu'il vous parle des fruits qu'il
y'aura, lorsqu'il vous parle de demain,lorsque vous partez,devant
vous n'apparaît aucun mirage. 129.A' côté des hommes parlent,adossés à
des arbres, qui donnent plus d'ombre,lorsqu'ils ferment les
yeux dans un peu de silence,c'est pour faire vivre les ruisseaux qui
font les rivières,pour faire revivre les rivières,pour faire revivre
les champs et les vergers,pour qu'au retour,vous pourrez
courir gais sur de longues distances,entre les arbres,les mains
liées tendrement. 130.Ils ne savent pas lire,ils ne savent pas
écrire,ils n'ont jamais été à l'école,pourtant sur la soie,sur les
nattes,sur l'argile,ils ont fait les plus beaux dessins,que tu
apprendras,que tu transmettras à ceux qui viendront. 131.Ils sont
femmes et hommes,ils ne savent pas lire et écrire,ils n'ont pas été
à l'école,et durant de nombreux jours,un peu fatigués,au retour des
champs et des plantations,ils ont fait naître les plus beaux chants,en
silence,en marchant. 132.Des chants pour peupler le froid
de la saison qui s'étire,des chants pour accueillir la belle saison,
ou' toute la campagne refleurit,des chants pour la saison des
fêtes,des chants pour accompagner les moissons,sous le soleil
d'été. 133.Ils n'ont pas été à l'école,ils sont des femmes et des
hommes qui ne savent ni lire ni écrire, parfois ils nous rassemblaient
autour d'eux,en un demi-cercle semblable à une aube,habillée
d'un léger brouillard,d'un peu de brume,à l'horizon pour faire
revivre dans nos petites consciences,les légendes des siècles passées.
134.Ma peau est noire,sur mon visage que les vents assèchent
des rayons se rassemblent,se rassemblent en ondée de chaleur et
forment un soleil.Lorsque je regarde au loin,je sais que dans mon
regard,la petite flamme qui éclaire douce et humble ne s'éteindra
pas. 135.Les bras croisés,adossé à un grand arbre,je regarde le ciel
bleu,profond et limpide, s'enflammer au crépuscule,en une immense
fresque de lumière. 136.Lorsque j'ai fermé les yeux,pour
quelques instants, j'ai perçu sur les ergs dorés infinis,la légende
des hommes du désert qui remonte les siècles. 137.Chaque erg est un
pas de la caravane, chargée de sel qui connaît si bien le
chemin,en scrutant les étoiles,dans le ciel,pour aller transmettre
aux oasis les chants du désert. 138.Qu'il est beau cet enfant,le
visage un peu sale,des amulettes accrochées à ses habits,il a un
petit corps frêle et des membres atrophiés,car il a toujours
travaillé plus que son âge.Lorsqu'il me parle de demain,toute la
campagne refleurit, et dans la ville les boulevards s'élargissent.
139.Aujourd'hui il dormira tôt,le coeur plein de joie,car cette nuit
il a fait frais,demain il se lèvera à l'aube,avant que le soleil
n'apparaisse à l'horizon,et regardera le ciel pour voir s'il
y'a quelques nuages qui s'étalent dans l'immensité bleue,comme un
chant,qui s'élève au loin lorsque la terre a soif. 140.Qu'il est grand
le sourire mûri au soleil de cet enfant,au visage un peu
sale,lorsqu'il regarde au matin l'horizon,pour voir si quelques
nuages s'étalent dans le ciel. 141.Depuis longtemps,il n'y a pas eu
d'eau sur cette terre et les hommes sont partis,en processions
avant de chercher,ou' peuvent jaillir les puits pour irriguer les
champs et les vergers. 142.Maintenant le vent souffle,de temps à autre
sur le sable doré,et les ergs qu'il déplace sont un chemin
aux caravanes chargées de sel,qui vont transmettre aux oasis les
chants du désert. 143.Tout ton intérieur est dans tes gestes,il est
dans tes gestes saccadés et gracieux qui répètent et
grandissent. 144.Quelle beauté dans ces gestes,quelle grandeur dans
ces petites choses,dans ces choses qu'ils font chaque jour. 145.Tout
ton intérieur est dans tes gestes,il est une clarté dans tes
yeux,dans tes yeux qui regardent faire,qui regardent tes mains faire
la journée entière.
4.Au jour naissant.
01.Dans la mine, Il fait chaud, On respire à peine Et il fait sombre
02.Regard à tes leçons arrangées,sur la table dépoussiérée,ou’ à la
faible lumière,tu revois les épaules penchées quelques
lignes avant de t’endormir. 03.Lorsque tu rentres un présent
t’attend,là ou’ tu vas en premier,tu le prends et tu le Regardes,et
l’on te dira que c’est cette chose dont tu as parlé il y’a
longtemps. 04.Dans les yeux, Il y’avait Le souvenir. 05.Joies aux
premières paroles balbutiées,en un mot,à chaque fois nouveau,comme un
flot qui vient grandir le cours d’eau,d’une source qui
renaît,yeux ouverts au récit,ou’ les personnages sillonnent les
continents,pleins de trésors,dans de vieilles embarcations,aux voiles
gonflées au vent. 06.Le sahel croule Sous la chaleur, Pas de
troupeau, Aucune goutte d’eau. 07.Tôt le matin, Je t’ai vu partir,
Je ne sais pas ou’. 08.Un regard pour remplir toute chose,autour,que
tu toucheras,que tu regarderas,à laquelle tu t’adosseras au
moment ou’ tu as fini ce qui demain sera entamé. 09.Douceur à ton
retour de dehors,ou’ tu as effleuré la route d’un pas léger chaque
jour,quelques papillons devant qui voltigent jusqu’au soir.
10.Demain dit-il Nous construirons des puits et un grand canal.
11.Et un regard douceur à ton retour,douceurs à tes premières
paroles,à une histoire apprise,aux phrases que tu répètes,au coin ou’
tu déposes ce que tu rapportes,au geste qui les arrange,à tes mains
que tu laves ruisselantes d’une eau claire. 12.Nous planterons
beaucoup d’arbres et nous les arroserons du matin jusqu’au soir.
Bourgeons sur les chemins 13.Une caresse aux cheveux,au départ,au
retour de l’école,à emporter en cours de chemin,comme des lieux ou’
viendront se placer les noms des mers,des continents,des
oueds,des montagnes,des arbres,des villes,au visage comme une brise
un jour de chaleur,à l’épaule,en tapes tendres,à chaque mot écrit
difficilement,comme un corps qui grandira couleur des saisons.
14.Je te raconterai l’histoire de ces contrées,de longues histoires
pleines de légendes. 15.A mon cou ,je porte des amulettes,je sais
qu’un jour il y’aura là à côté un verger et de l’eau. 16.Goûter
à l’arome de l’étreinte,au moment,ou’ tu savait te donner,comme une
pousse qui s’offre au moment ou’ tu pouvais t’oublier,dans les pétales
des saisons,dans les grains qui s’y sont déposés,en
gouttelettes éparses dans la sève qui les fera renaître un printemps
à venir. 17.Demain Nous irons Voir tes pas. 18.Le vent emporte Tout au
loin, Il sèche ma peau Et mes mains. 19.Les instants de
demain qui coulent aux abords du chemin,dans chaque coin du chemin
fleuri,ou’ après toute la journée,le soir,l’on s’attardera un peu,pour
regarder devant et continuer. 20.Le vent est chaud, Toute
la journée il souffle Il souffle et emporte Tout. 21.La guerre a
pris Huit année, Huit année de solitude Et d’errance 22.La brume a
quitté les mots qui restaient debout hésitants,devant ce qui
s’étale à perte de vue.Devant toi,en eux,il y’a une lettre,comme un
cœur pour chaque moment qui s’imprime gracieusement en instants de
demain.Devant toi,en eux,il y’a une pensée comme une source
perchée à l’ombre qui coule aux abords du chemin fleuri. 23.Mes
vaches ont été emportées comme beaucoup d’autres,une année ou’ il n’y
a pas eu de pluie. 24.On ne savait pas Si un jour On
reviendrait. 25.Présence campagne des moments,ou’ chaque bruit est
un chant de lumière,à la parcelle qui se détend,à la parcelle aux yeux
ouverts qui n’écorche plus les oreilles.Chaque bruit vient
du jour levé,pour raconter au matin la brume partie,au loin des
visages en sourire. 26.On ne savait pas Combien Cela durerait 27.Pour
le pays Nous avons pris Les armes 28.Présence dans la nuit,qui
veille à ton souffle régulier,à tes rêves commencés qui auront une
fin,au rêve qui viendra,au rêve qui reviendra,grand comme toutes les
images,que tu admires jusqu’à l’oubli,au jour levé dans ta
voix. 29.Pour le pays, Nous avons pris Le maquis. Au jour naissant
30.Lorsque tu as allumé la bougie,après avoir un peu Tâtonné,dans le
noir,j’ai vu Tes yeux cernés et sur tes Lèvres plus de mots
nouveaux,ou’ Ton âge apparaît soudain pour la première fois.
31.Après l’avoir soufflé,et lorsque tu m’as regardée, Elle était
encore plus Brillante dans tes pupilles, Elle éclairait tes années.Et
Chaque moment qu’il y’a Dans tes mains jointes Ressemble à une eau,
A boire,car purifiée au Jour naissant. 32.Après,on sera libre, Cette
terre sera Un grand pays. 33.Après il y’aura Des villes Et
des écoles. 34.Au jour naissant,des Pupilles brillantes des Années
ou’ la cendre Du bout de bois Consumé n’a pas été Effleurée. 35.Au
jour naissant,un souffle les yeux fermés,fait s’envoler l’ombre
projetée sur un mur dégarni et dans l’intérieur pâli, apparaissent
vivants quelques carrés ou’ des couleurs ont été déposées un jour de
solitude. 36.Chaque jour,on s’engouffre par un trou,on ne
ressort que le soir,les mains et le visage sales. 37.Un souffle les
yeux ouverts,sur quelques regards vidés comme un long soupir devant
l’oubli d’un cadeau désiré,à la naissance des premières
pensées. 38.Des regards lointains,qu’aucune parole n’a pu Atteindre
pour approcher,comme si le chant qui accompagne toute éclosion ne
rappelle rien de ce qui a fait l’hymne aux étreintes
futures,comme si demain,il n’y aurait qu’un jouet,à regarder,après
une journée,ou’ dans le champ nôtre, Tout s’est réveillé,à la vue de
la rosée,à l’aube naissante. 39.On ne devait pas parler,on ne
devait pas regarder,on devait marcher les yeux au sol. 40.Au toucher
de la rosée,devant le jour levé,la main crispée s’empare de l’outil et
trace une ligne profonde,ou’ il y’aura,à chaque fois que
tu passes de quoi remplir ce qui autour de toi gît comme une outre
sèche,accrochée de longue date,à une branche qui vit des siècles.
41.La mine est profonde,il fait chaud et de l’eau s’égoutte de
la roche. 42.La guerre dure Et la famine Et le choléra Emportent.
43.A la branche tendre Au toucher,à laquelle Beaucoup se sont
Adossés,pour un peu De repos,lorsque Dehors seuls quelques Grillons
s’attardent à Narrer ce qui sous Leurs yeux a vibré Dans toute
l’étendue. 44.Lorsque la guerre A commencé,on N’avait rien à manger On
errait sur les routes Les pieds nus. 45.La guerre a duré Huit
année d’errance Et de solitude. 46.A la branche ramifiée, Comme des
chemins Ouverts,à la clairière Lointaine quittée pour Un voyage,et ne
revoir Qu’après longtemps,car Loin des lieux,ou’ le soir
Venu,des lumières Eclairent les gaies Veillées dans chaque Foyer.
47.Loin des voies Qu’empruntent le matin Multiple sourires qui se
Perdent dans le Silence,des arbres âgés, Nés sans fissures,autour
De cette plage Admirée à chaque fois. 48.La nuit on nous Réveillait
Des coups de botte A la porte. 49.Le matin une main S’accroche au
dos,tient Un bras,serre une épaule Dans un sourire gorgé Des
années à venir, Comme des surprises Réservées au jour ou’ Une voix
questionnera Le cœur en attente, Ruisselant d’attente, Comme un front
en sueur, Baigné de gouttes,bénies Au soleil présent dans
Chaque peine. 50.La nuit On nous secouait Pour nous faire Marcher
Dans la pluie. 51.Beaucoup sont partis Quelques haillons Et les
enfants A la main. 52.Chaque peine qui Marque chaque jour Est une
pierre que l’on Voit apparaître pour La première fois,dans Un cours
d’eau qui Vient des chaînes de Montagnes allongées Comme une certitude
Au fond des regards. 53.Chaque peine dans un Regard aux
alentours Paisibles ou’ le Frémissement perçu, Dans ce qui pousse
Est un écho porté comme Un air,au-delà de L’horizon. 54.Ton image est
à l’horizon, Au milieu de l’arc en ciel, Né en face de rayons
que Quelques nuages dispersés Laissent après un peu de Pluie.
55.Lorsque la main s’ouvre, Pour quelques instants de Répit,le corps
se recourbe Avec lenteur et découvre Des mottes,des feuilles,des
sacs pleins,auréolés de Senteurs assemblées pour nourrir le
souffle,pour Colorer les gouttes qui Seront accrochées aux
Epines,danse aux épines Qui n’écorchent plus, Danse aux mottes
redressées Pour
accueillir cette saison Les oiseaux venus de Loin. 56.La guerre N’a
rien épargné, Les mechtas Les maisons Et la récolte. 57.On ne sait pas
Ou’ils ont été amené, C’est dans des endroits, Loin pour
être interrogés. 58.La main prend le Récipient et goûte à la
Fraîcheur que porte l’Idouna, Les mains empoignent la Cruche et
abreuvent la Gorge aux fibres assoiffées, Assoiffées comme la motte,
Ou’
la goutte qui se répand Chasse une nuée de Moineaux des grains au
Bec. 59.Beaucoup ont été Pris la nuit, Ils étaient avec leur Femme et
leurs enfants. 60.La récolte a été Détruite Et les enfants
atteints Par la maladie. 61.Des nuages sont passés, Sans que les
têtes se Redressent,il n’y a que leur Forme qui avance lente,qui
Avance au gré du vent, Pour faire un peu d’ombre, Pour un seul
moment. 62.Beaucoup ont été pris La nuit et amenés dans des
Camions,certains ne sont Pas revenus. 63.Je repense A ses vergers A
ses villes. 64.Des gens sont passés, Chargés de sacs auréolés, Comme
cette saison ou’ dans La mémoire réapparaît l’âge De la récolte qui
dure,qui Dure un jour, Toute une saison,qui dure jusqu’au soir ,pour
voir ceux Qui sont passés,s’arrêter De gaieté et parler du
Vœu exaucé. 65.La guerre a fait rage, Des mechtas détruites, Des
familles parties On ne sait pas ou’. 66.L’eau, Il la ramenait De loin
D’une rivière. 67.Des vœux préparés à L’étoile qui passera,
dans Le ciel cet été,comme les élans tapis dans la pénombre De
l’attente. 68.Des mots non Prononcés,baignés encore Dans la bouche
fermée Qui les a donnés chaque Jour à l’enfance attentive Qui les
porte comme Un fardeau pesant. 69.Beaucoup sont partis, Car il n’y
avait Rien à manger. 70.L’eau aussi a manqué, Il faut parfois la
ramener De loin, De très loin. 71.Un fardeau pesant Qu’il faut
déposer,s’arrêter Et ouvrir pour aérer,pour Voir si un coin ranci
N’a rien altéré. 72.Des mots qui se mettent Debout,menaçants lorsque
Tu veux les prononcer et La nuit,ils crient aux rêves Qui les
donnent à tes lèvres, Ils viennent précipités, Comme une présence
affolée Pour en faire des contes Inachevés. 73.Il n’y avait Rien à
manger, Dans ces contrées Séchées par le vent. 74.Des contes que
tu ne Raconteras pas,à celui Qui restera silencieux,à chercher dans
la tête Baissée,ce qui ce matin Est inassouvi. 75.Des gestes érodés
Lorsqu’ils ont un peu Proliferé,à la brise Errante qui
ramasse Dans chaque pas L’emprunte laissée A ton toucher. 76.La
guerre a commencé Une nuit de novembre, Une nuit de pluie Et de vent.
77.Des gestes saccadés Qui jaillissent,comme une Eau qui a
monté,qui a Monté et soulevé la Trappe qui la contenait. 78.Des
gestes qui Demeurent,en milieu de Chemin,car devant un Tronc en
tombant a Repoussé ce qui passait. 79.Novembre pour nous Est la
liberté Perdue Depuis des années. 80.Une paume polie, A ta bouche
diseuse Qui se soulève et se remet Pour voir si à L’int érieur tout
est A point. 81.Quelques caresses à La chevelure,quelques Tapes
à l’épaule,d’avoir Compris que demain Devant ta porte,tu auras Déjà
grandi. 82.Il est la terre Qui m’a manqué, Qu’on m’a prise Un jour
d’été. Marche poème 3 83.Et l’on viendra se Mettre à tes
côtés,pour Te dire d’achever le Conte de chaque nuit,que Tu n’as pas
raconté Le matin. 84.Le matin pour ressembler A l’aimée partie,avec
dans Les mains un objet réservé, Qu’elle ne verra qu’après
Pour se consoler. 85.Il est la terre qui M’a manqué.Le vent Sèche
aussi notre peau, Nos visages. 86.Un paquet que tu Ouvrira seule,car
tu auras Déjà grandi,car Maintenant les rêves ne Seront pas
des contes Inachevés. 87.Car les matins seront Racontés et chaque
geste Erodé,saccadé,demeuré A l’écart du tronc tombé Saura repousser
la Paume qui aime se plaquer, Et chacune des choses Regardées
sera comme Un oiseau envolé. 88.Ma peau est noire, Elle est noire de
soleil, A mon cou je porte Des amulettes. 89.Seules quelques voix
Parlent de chose pour Toi,que tu ignores.Ce N’est qu’après
longtemps Après que tu les Entendras. 90.Elles seront alors,celles
Que tu n’as pas racontées, Celles qui sont un conte, A la présence
Dans la nuit. 91.Ma peau est noire, Elle est noire de soleil, A
ma main Je porte un bâton. 92.Tu les entendras Après,lorsque tout
autour Le silence repose sur Le feu assoupi,allumé Le jour ou’ une
Marque de froid Apparut. 93.Tu les entendras, Longtemps
après,dans Les feuilles qui frémissent Au jour levé dans ta Voix,à
la lumière des Rayons sur les petites Marques de froid. 94.Tu t’es
deshabillée Presque entièrement Devant moi,une main Entre les
cuisses,une autre Sur les seins. 95.Quand tu t’assois Sous
l’olivier,tu sais Regarder le jardin et Les mechtas éparpillées Sur la
verte montagne, Comme des semences Sur un sol préparé Au printemps.
96.Prend ce que le Lopin de terre,ce que Mes mains arrivent à
Donner,car tout devient D’une chaude hospitalité Qui fait du soleil
Matinal un prélude A l’éclosion. 97.De tendres élans, Aussi denses
que ce que Porte en lui le cœur De toute chose Qui mûrit. 98.Le
soir, nous Resterons sous le grand Arbre,témoins du Glissement de
L’ombre sur Les champs. 99.Dans la pénombre, Tu t’es approchée de
Moi,tu m’as regardé Dormir,tu as regardé Le rayon de lumière Entrer
par la fenêtre, Une main entre les Cuisses,une autre sur Les seins.
100.La nuit,on parle Sous les tentes Du retour. 101.La
nuit,on parle Longuement aux Enfants Du retour. 102.On a dormi Les
poings presque Fermés, Je ne sais pas Si on a rêvé. 103.On les laisse
Au silence Qui plane Sur le village. 104.Cette maison, Il a
fallu au début Beaucoup Pour la construire. 105.On dormait encore
Sous le vent, Dehors A la belle étoile. 106.Je ne sais plus Si les
fleurs Qu’on cueille En passant Poussent encore Au printemps.
107.Personne Ne les enlève, On les effleure Seulement en passant Du
regard. 108.Personne Ne les enlève, On les laisse au vent, A la
tempête. 109Je ne sais pas Si j’ai fait un rêve, Je ne sais pas
Si cette nuit tu étais Entière à moi. 110.Je ne sais pas Si j’ai
fait un rêve, Cette nuit j’ai aimé Ta bouche et tes sains. 111.Je ne
sais pas Si les mauvaises herbes Poussent encore Dans le
jardin. 112.Au loin une nuée D’oiseaux blancs suivait Un bateau,et
sur la route Des passants s’éloignent La voix gaie. 113.La voix gaie,
De cette gaité qui vous Laisse parfois rêver, D’elle,dans
toutes Les voix. 114.Plusieurs années Passées,et après t’avoir
Longtemps regardée, Je t’ai reconnue à ce que Porte ton regard,ton
sourire, Ta voix,que chaque Printemps a déposé Avant de partir.
115.Avant de partir, Le printemps a déposé Son nom,ses couleurs, Ses
senteurs Sur ton regard. 116.Sur ton sourire, Il a comme passé Sa
main,pleine De cette chaleur Qu’il porte en lui, Comme un
sourire. 117.Et sur ta voix, Il s’est déposé,et à force De le dire,à
force De le répèter,il ne fera Que revenir Pour s’y loger. 118.Pour
s’y loger Un peu plus,jusqu’au Moment ou’ il se mettra,
Chant devant toi, Chant à ta voix. 119.Sur ton regard Il s’est
étalé,comme Cet éclat de lumière Qui demeure jusqu’à L’aube naissante.
120.Sur ton sourire, Il s’est déposé Jusqu’au moment ou’ Ses
bourgeons sont Apparus rieurs Pour les réveiller. 121.Sur ton
regard, Je l’ai vu s’emparer De la lumière et la Répandre comme Un
jour nouveau. 122.Un de ces jours, Couleur des beaux Rêves que l’on
raconte Tôt le matin, Sans rien oublier. 123.De ces rêves couleur
d’un soleil qui se Couche,couleur d’une Fleur que je choisis, Que je
cueille,que je T’offre,la main Un peu tremblante. 124.Lorsque
tu la prends, Les pétales s’agitent Un peu,et dans leur danse D’un
instant,je revois La plaine,que sillonne Une légère brise,et sur Ses
chemins,les pas des gens Qui reviennent de loin. 125.Des gens
qui reviennent De loin,avec sur le visage La certitude grande, En
une marque Qui ne s’efface jamais. 126.Elle ne s’efface jamais, Car
elle est dans le souffle, Dans cet éclat Dans les yeux, Dans
les rides, Elle est partout dans chacun, Comme un hymne A la vie.
127.Un hymne né Avec chacun Et mûri au soleil, Mûri à la tempête, Mûri
au jour, A la nuit, Lorsque parfois Beaucoup ne dorment pas.
128.Beaucoup ne dorment Pas,et pendant des heures, Ils restent les
yeux fixés, A ces sourires Sur les visages D’enfants endormis, Qui
demeurent comme Un hymne à la vie. 129.La certitude alimente
Jusqu’à la plus lointaine Des fibres, Et sur leurs visages, Ces
sourires mûris Par l’âge. 130.La certitude Est dans ces sourires,
Mûris par l’âge, Qui à force de s’étaler Devant vous, Vous
enveloppent D’une légère sensation Qui enlace doucement, Jusqu’à la
plus lointaine Des fibres. 131.Jusqu’à la plus lointaine Des fibres,la
certitude bat Comme un cœur, Et autour ces sourires, En
une infinité de couleurs Dans toute la plaine, Dans toutes les
montagnes Et au-delà des montagnes. 132.Beaucoup Ne dorment pas,
Beaucoup ne dorment Que très tard, Pour accueillir les paroles, Les
plaintes,les chants Transmis par ceux Qui habitent au bas Des routes
qui longent Les grandes villes. 133.Qui rapiècent les toiles Qui
connaissent les tempêtes D’une main durcie qui Connaît la
chaleur du visage Qu’elle caresse. 134.Beaucoup ne dorment Que très
tard,et en eux,la Certitude bat comme un Cœur,de cette certitude que
Mûrissent les tempêtes et La chaleur d’un visage Caressé,par
une main qui Raconte tout le jour. 135.Tout le jour raconté en
Quelques instants,et dans Chaque instant que dure le Regard,aucune
marque de Douleur n’apparaît. 136.Ce qui apparaît,ne laisse Pas de
place à la douleur,il L’efface,il l’efface jusqu’à Ses racines les
plus Profondes. 137.Et à leur place,il dépose Quelques grains,prêts à
Germer déjà. 138.Et à leur place,il se Propage,en ce chant
que Transmet la terre,de loin, Au-delà de l’horizon. 139.A leur
place il demeure Pour que lorsque tu Reviennes,là ou’ se pose ton
Regard,il ne trouve que de L’amour,mûri par ce que Porte le
souvenir. 140.Aucune marque de Douleur n’apparaît,ce qu’il Y’a est
plus grand que la Douleur,il efface chaque jour La douleur,il est
l’espoir,il Est le bonheur,il est l’espoir Qui enlace le
bonheur. 141.L’espoir qui enlace le Bonheur,pour une danse au Son de
ce chant,au son de Voix qui se répand en un Jour qui efface la
douleur. 142.L’espoir enlace le Bonheur,pour une danse à
Deux,pour des instants d’une Nuit,ou’ les regards se Reconnaissent.
143.Ou’ les regards, Lorsqu’ils illuminent Deviennent une seule lueur,
Sur ce qui autour illumine. 144.Ou’ les regards
S’approchent,sans crainte Aucune et se reconnaissent, Pour des
instants ou’ la Vision s’étale à tout L’univers. 145.A tout
l’univers,le chant S’étale au son de nos voix, Qui se répandent pour
te
Reconnaître tout entière. 146.Toi entière,vous entiers, Nous entiers
dans tout L’univers ou’ le chant S’étale. 147.Au son de nos voix qui
Se répandent,un chant S’étale et enlace tout L’univers,pour
une danse Pour mille instants,pour le Bonheur qu’enlace l’espoir.
148.Pour une danse à deux, Et après la danse une Etreinte de mille
instants,et Puis un regard,un long Regard,aux quelques gouttes
Sur le front. 149.Pour une danse du Retour,ou’ en fermant les
Yeux,je revois les braises Calciner le froid et L’obscurité entre ceux
Qui parlent. 150.Pour une danse qui dure Toute l’absence,qui
dure la Longue marche,qui dure les Pas qui s’impriment à tout Le
jour,qui dure mille Instants,qui dure toute la Nuit. 151.Et partout
ou’ ils se déposent, Ils altèrent un peu la beauté de Chaque
chose,ils s’éparpillent, Ils s’éparpillent et toute chose Effleurée
est écorchée,d’une Légère égratignure pour Quelques instants.
152.Partout ou’ ils se déposent, Ils demeurent le temps d’un Regard
furtif,le temps d’une Main qui passe sur le front. 153.Le bruit de
porte que l’on Referme reste longtemps,à Résonner dans les oreilles,
En écho lugubre que tu portes les Yeux ouverts,que tu portes
Même dans le sommeil. 154.Et puis leurs pas qui S’éloignent dans le
noir, Lents en silence sans Paroles,et puis le silence, Un grand
silence qui Demeure pour s’emparer Lentement de tout le noir.
155.Pour s’accrocher aux Murs,pour s’accrocher à toi, Pour
t’accrocher à la Froideur du mur. 156.Et puis il s’empare de tes
Pensées,il s’accroche de ses Griffes à tes pensées,et de Chacune,il
fait
comme un Amas de débris,que sa main Lâche aux vents qui soufflent.
157.Dans le souvenir chéri, Dans la voix qui porte en elle Une
infinité de joies,dans le regard Têtu,dans la beauté que portent
Ses éclats. 158.Dans le regard,dans la Voix,dans le souvenir,dans Le
sourire que je voudrai voir, Inonder de sa douceur l’univers. 159.Tout
l’univers inondé de sa Douceur,et dans l’univers les
Etoiles,le soleil,la lune,la Terre.Et dans la terre les
Montagnes,les collines,les plaines, La mer,les oueds et dans leur
Eau,frais comme un reflet du Matin un chœur de voix. 160.Un chœur de
voix
que Portent les jeunes filles,comme Mille couleurs sur la langue,
Pour honorer l’aube naissante. 161.Cette aube naissante est Comme un
cœur qui m’alimente, Dans cette pénombre,ou’ l’écho De la
porte qui se referme Inonde ma mémoire. 162.Dans ma mémoire,l’écho
Inonde les marches le bas des Marches noir,le couloir étroit, Et le
parterre froid qui rapproche A chaque fois du mur. 163.Et dans
le silence dans le Noir,elle s’écoule altérée sur les Voix qui
parviennent de très loin, En flots assourdissants pleins de Débris
amassés durant une Infinité de saisons. 164.Un chœur de voix que
Portent les jeunes filles,comme Milles couleurs sur la langue, Pour
honorer l’aube naissante. 165.Cette aube naissante est Comme un chœur
qui m’alimente, Dans cette pénombre,ou’ l’écho De la porte
qui se referme inonde Ma mémoire. 166.Elle s’écoule pressée,comme
Pour vite s’assécher,sur toute Présence ou’ elle laisse une Marque
d’un instant,qu’elle S’empresse d’effacer. 167.Elle s’empare du
souvenir, Elle le tord,elle le lacère et le Lance,à la force des
vents qui Soufflent depuis des saisons déjà. 168.Les vents n’ont pas
cessé De souffler cette saison,ils Soufflent depuis la saison
passée, Depuis les saisons passées,et Chacune de leurs marques
Disparaît maintenant à la Lumière du jour. 169.A la lumière du
jour,chacune Des marques est effacée,et à sa Place il reste un lieu
que
la main Peut toucher sans crainte. 170.Sans crainte aucune d’être
Brûlée,d’être écorchée,sans crainte D’être salie,sans crainte d’être
Refoulée. 171.Les vents n’ont pas cessé de souffler,et dans ma
mémoire,ils ont déposé tous les débris que le chemin portait en
lui,à tous ses endroits. 172.Les débris jonchaient le Chemin,et à
certains endroits, Celui qui passe jette un regard Furtif,et s’en
va pressé sans Un regard derrière. 173.Dans le silence,ma mémoire Se
tord de douleur et sur sa Langue apparaissent à la place Du chant
quelques gémissements Et des débris de paroles qui s’élancent
affolés pour se Cogner au mur. 174.Et chaque mot s’empare d’un Peu
de silence,et ne le jette,et ne le Dépose que très loin,là ou’ chaque
Mur qui s’affaisse ne se relève Jamais. 175.Là ou’ la terre
engloutit les Murs,pour qu’au-delà d’une Mémoire qui perd sa voix,
Apparaisse la plaine,comme une Grande voix au plus haut de sa Beauté.
176.Une plaine ou’ tu sillonneras A ta guise les chemins,que
ton Passage quotidien trace dés l’aube, Des chemins ou’ il n’y a que
les Empreintes des pas. 177.Et dans ses nuits,à la place Du rêve des
images aux formes Bizarres apparaissent s’effacent Et
réapparaissent ,et demeurent Longtemps,parfois très longtemps Avant
de disparaître. 178.Ma mémoire est une voix qui Se perd dans son
éparpillement,en minuscules bouts de papiers, Comme des étoiles
dans le ciel. 179. Ma mémoire perd sa voix,et Dans le silence
qu’elle répand,des Mots s’écoulent silencieux,jusqu’à Ta voix,au-delà
des murs d’une Hauteur que j’ignore pour L’instant.
180.Des chemins ou’ les Empreintes des pas vous mènent A des
endroits,ou’ les gouttes de Sueur ne sèchent que
tard le Soir. 181.Lorsque la plaine dort de ce Tendre sommeil,que
rien n’altère Et que berce à la belle étoile une Infinité de faibles
lumières. 182.Une infinité de lumières qui Ne font pas mal aux
yeux,une Infinité de lumières que je peux Regarder pendant longtemps
Sans me lasser. 183.Car chacune porte en elle un Jour aux profondeurs
illimitées, Qui prend naissance d’un point D’une ère
lointaine. 184.Car chacune vous offre se Rayons,comme des rayons de
Soleil qui balaient le noir d’un Trait,là ou’ ils se posent. 183.Et là
ou’ ils se posent,ils Déposent un peu de leur chaleur, De
cette chaleur qui sait repousser Le froid qui erre entre les murs.
184.Lorsque la plaine dort de ce Tendre sommeil,dors d’un tendre
Sommeil,car les gouttes de sueur Qui ne sèchent que tard dans le
Soir veillent. 185.Car une infinité de faibles Lumières éclaireront
ton chemin, Eclaireront vos chemins, Eclaireront le chemin qui mène
Plus loin que l’horizon. 186.Plus loin que l’horizon azuré,
Vers les horizons azurés,vers une Infinité d’horizons azurés,ou’
Chacun se reconnaît,comme une Goutte d’une limpidité inégalable.
187.Une goutte d’eau sur une Feuille inondée de lumière que je Fixe
longtemps au matin. 188.Une goutte d’eau comme Une larme qui
ruisselle chaude sur Un sourire qui tarde à venir. 189.Une goutte
d’eau Qu’accueillera un doigt,assoiffé De ton sourire,une goutte d’eau
Qu’accueillera une paume entière 190.Le sourire tarde à venir sur La
feuille inondée de lumière et Sur ses rebords,je perçois comme La
présence d’une légère brise Comme une larme qui ruisselle,
Chaude et qu’accueille une paume Entière,comme une larme
Qu’accueille un doigt,pour L’étaler sur la chaleur que porte Le
visage. 191.Car chacune s’offre à la Grandeur de l’univers et dans ses
Pensées,des pensées l’éclairent un Peu plus chaque jour. 192.Lorsque
la plaine dort de ce Tendre sommeil,dors d’un tendre Sommeil,car les
gouttes de sueur Qui ne sèchent que tard dans le Soir
veillent. 193.Car une infinité de faibles Lumières éclaireront ton
chemin, Eclaireront vos chemins, Eclaireront le chemin qui mène Plus
loin que l’horizon. 194.Plus loin que l’horizon azuré, Vers
les horizons azurés,vers une Infinité d’horizons azurés ou’ Chacun
se reconnaît comme une Goutte d’une limpidité inégalable. 195.Une
goutte d’eau,sur une Feuille inondée de lumière que Je fixe
longtemps au matin. 196.Une goutte d’eau,comme Une larme qui
ruisselle chaude sur Un sourire qui tarde à venir.
5.Sourire sur le visage.
01.Il est rentré des tapes Heureuses sur l’échine du Troupeau,un coup
de queue Sur le flanc,rien ne lasse,ni Ses pieds nus dans le chemin
Boueux,ni ses poils au visage De quelques jours,ni sa
marche Un peu précipitée,ni le sac Déversé lorsque tous assis en
Rond,seront là un peu courbés Et les cheveux défaits. Aujourd’hui que
le printemps Est là,le champ ne veut plus Perdre ses fleurs.
02.C’est vrai,le souvenir se Débarasse de l’horreur qui
L’habite,comme une Malédiction héritée.Chaque Moment,inscrit en
toi,résonne Au passage de la main qui Dépoussière le parterre, L’habit
et le
livre à lire. 03.Chaque image épouse l’autre, Sur de grandes
distances,restées A faire. 04.Tu étais Cette nuit, Toute à moi Entre
mes bras. 05.Je ne sais pas Si j’ai fait un rêve, Je ne sais pas Si
cette nuit Tu étais entière A moi. 06.Et l’empreinte de la semelle,
Au lieu de calciner comme un Fer des initiales sur un dos,la Folle
course dans les bois minés, Quelques aboiements derrière qui
Se rapprochent,guidés par les Halètements que se disputent Les
buissons,élève à la surface Le rêve,le même,né au coin du Feu
hier,lorsque à la place de ce Que tu vois,vivait un marais Lugubre,ou’
ce qui entre Disparaît à jamais. 07.Je ne sais pas Si j’ai fait un
rêve, Cette nuit J’ai aimé Ta bouche et tes seins. 08.Lorsque une main
serre Une autre main,le chemin Apparaît soudain plein de
pas Qui le tassent comme une Paume brillante,sur la pâte Légère et
collante,là prête à Attendre, une forme,un nom, Une part de ce qui
brille au Fond,dans tes yeux tel une Caresse portée avec
tendresse Sur les cheveux et les fronts Lisses. 09.Je ne sais pas Si
les mauvaises herbes Poussent encore Dans le jardin. 10.Je ne sais
plus Si les fleurs Qu’on cueille En passant Poussent encore
Au printemps. 12.Comme une conscience Blanche encore,inaltérée, un
Sourire juvénile sur les Pétales et le gai plumage d’un Oiseau sur un
nid,prêt à se Donner aux airs pour la Première fois. 13.Seul
rien ne se voit,même Pas la parade effrenée de la Feuille,à
l’annonce de la Brise qui peuple le soir les Randonnées et les
Chuchotements d’ombres Silencieuses. 14.Personne Ne les enlève, On les
effleure Seulement en passant Du regard. 15.Même pas l’eau miroiter
Sous le soleil,comme la plus Belle des pierres qu’un dos Ne peut
contenir,ou la nudité Imprimée aux abords faits de Pluie et d’un
suc limpide Comme un regard qui ruisselle, Sans à coups ni détours
depuis Longtemps de la montagne Paisible. 16.Personne ne les enlève,
On les laisse au vent, A la tempête. On les laisse au silence
Qui plane Sur le village. 17.Cette maison, Il a fallu au début
Beaucoup Pour la construire. 18.Pleine comme la lave Qui remonte
majestueuse Dans la terre,à la Recherche d’un cratère, Pour ajouter à
la place De la pente,une marque Sombre que tout ce qui Appartient à
la nature S’efforce d’envahir, Pour que demain,la Rosée accueille le
Matin. 19.On dormait Sous le vent, Dehors A la belle étoile.
20.La nuit, On parle Sous les tentes Du retour. 21.Une face qui
rougit d’une Merveille qu’emprisonne un Peu plus chaque moment,vécu
Dans le silence,lâchée d’une Cachette ou’ s’entassent
Immobiles,l’une sur l’autre Mille autres choses qui Font la mémoire.
22.Une bouffée d’air pour Balayer ce que le rayon Seul sait porter au
loin, Quand une haute lucarne S’efface,généreuse,le Temps
de lui donner Un peu de son existence. 23.La nuit On parle
longuement Aux enfants Du retour. 24.Parée comme une saison Qui
revient d’un long Voyage,à chaque fois le Même jour,pour donner une
Tape
la main ouverte sur Un lit de cendre songeur. 25.Une sensation,comme
Une dune polie,qui se Relève au vent de la nuit, Tout bas,en toi,en
nous, Fait de chacun,de ceux Qui passent,en face,sur La
route des êtres capables D’aimer,à n’en pas finir. 26.On a dormi Les
poings Presque fermés, Je ne sais pas Si on a rêvé. 27.La nuit est
tombée Comme une grande aile, Descendue plus bas que Les
griffes,pour remonter Ensuite,en un éclair,ou’ la Grâce telle une
coulée de Métal recouvre chaque Muscle qui se tend. 28.Pour toi,seule
la Marche compte,un jour Elle peut te donner de Cette joie
immense qui Accueille haletante devant Les portes ouvertes Ceux qui
depuis hier Font la moisson. 29.Je ne sais pas, S’il avait plu, Tu
étais Dans la pénombre, Toute à moi Dans mes bras. 30.Ville
libre comme La paix,que je vois flotter Sur les immeubles,ou’ les
Blessures remplissent Les décombres éparpillés Dans les rues
agitées,ville Au son féerique,de toi Naîtra la lueur du jour
Inachevé,promesse qui hante Les vents antarctiques, Les vents
pacifiques,espoir Dans le chant des oiseaux Blancs,qui te rapprochent
De chaque lieu ou’ existe Quelqu’un. 31.J’avais regardé
Longuement Dans la pénombre Ton sommeil. Sur ton visage, Il y’avait
mes caresses Et un rêves. 32.Je ne sais pas S’il avait plu, Dans la
pénombre Tu étais toute chaude A moi. 33.La nuit est tombée,
Comme une averse en Trombe,une gifle à la face, Suivie d’un
sursaut,une Chair que l’on pince,tel Du linge tordu qui perd Son
eau,elle a duré un Instant,le temps de fermer Les yeux et de faire Un
rêve oublié. 34.Cette nuit J’avais aimé tes seins, J’avais aimé ton
corps Jusqu’au matin. 35.Sur tes lèvres, Il y’avait mes caresses, Dans
ta main pliée, Il y’avait un présent. 36.Sur les dos plus
rien Ne pèse,tout ressemble A une conscience qui Brille
d’innombrables feux, La saison froide t’a Epargné,à croire que la
Tempête choisit le chemin, Que personne n’emprunte Et se déverse telle
une
Nuée de tonnerre,un amas De brume,entre une Infinités de mains qui
la Moulent,pour en faire des Formes rondes,droites, Etonnantes,que
l’on voit Défiler gaiement au gré D’une matinée ensoleillée.
37.Je ne sais pas S’il avait plu, Dans la pénombre Tout ton corps
chaud Etait à moi. 38.Chaque bouche donne Vie à un chant,que le Regard
colore et que Les sourires élèvent,plus Haut que l’arbre qui
fait L’ombre en été. 39.Chaque voix fait Frémir le feuillage,un peu
Pâle,en dormance et Chacune des foulées rappelle A la flaque
asséchée,à la Racine cachée,au sillon A tracer que demain,il Y’aura
peut-être les Premières pluies de L’année,de grosses gouttes Qui
soutirent une bonne Odeur à la terre. 40.Sur tes lèvres, Il y’avait
mes caresses, Sur tes lèvres Il y’avait Toutes mes caresses.
41.Ton nom connaît Les siècles et les mers, Ou’ un radeau va
Lentement de vague En vague sans s’arrêter Un instant pour souffler.
42.Ton nom est une orgie De couleurs,premiers pas D’un enfant,un
appel à L’aube,les petits poings Fermés sur un présent. 43.Sur tes
lèvres, Il y’avait mes mots, Il y’avait mes caresses. 44.Ton nom est
un toit D’où’ fusent l’une après L’autre des voix qui disent
Les rencontres un jour de Marché sur un long banc En bois. 45.C’est
cette ride qui Grandit et râcle la peau en Face de yeux enfiévrés,par
Le gémissement d’un passage Qui perd ses feuilles jeunes
Encore. 46.Dans la pénombre, Tu t’es approché de moi ; Tes lèvres
ont effleuré Mes seins, Ta tête était Entre mes bras. 47.Il fait
frémir comme Une brise,sur un amas de Plumes,mises à s’égoutter,
Pour mieux battre les airs Et s’envoler. 48.Ton nom,un sourire Qui
court en moi,un Rameau dans une main Et une pensée tendre Dans
l’autre. 49.La nuit, Dans la pénombre J’avais aimé tes seins
J’avais aimé ton corps Jusqu’au matin. 50.La nuit, Je ne sais pas
S’il avait plu, Je t’avais entière Dans mes bras. 51.Des mots d’amour
Bercent les corps meurtris, Par des rêves de gloire
Qu’enfante le sommeil, Un sommeil ou’ des Histoires naissent adultes
Déjà,prêtes à balayer,les Airs maladifs qui parcourent Tant de faces.
52.Peu arrivent à voir Le jour,comme ces insectes D’un
moment,ces monts Que je connais si bien,ou’ Des sentiers tracés
avant nous Par les années,demeurent Encore debout,le reste Tombe,tel
un fruit trop Mûr que la branche ne peut Plus retenir. 53.Je ne
sais pas S’il avait plu, Je ne sais pas, S’il y’avait du vent
Dehors. 54.On vit les siècles comme Un conte long,très long, Dépassant
l’horizon,porté Par chacun vers toi, Lorsque tu viendras. 55.Ton
teint ressemble de Plus en plus à un plant Qu’on irrigue par un
sillon Tracé,une seule fois,un Sillon que rien n’altère,même Pas un
grand pas grossier Qui vient se mettre de Travers,comme sur une
Poitrine qu’anime un Souffle. 56.Je t’ai écoutée parler, Les yeux
fermés Du pays Qu’il y’aura. 57.Tes mains sont dures Et savent
arracher les Herbes sangsues que l’on Jette au loin,un peu plus
Bas,pour qu’elles meurent Seules. 58.On ne les a pas serrées, On ne
les a pas regardées,on Les a imaginées asséchées, Comme un tronc
foudroyé,au Hasard d’une nuit d’hiver, Par leur quête
d’adoucir,pour Offrir ce que le soleil mûrit Pour eux. 59.Je ne
savais pas S’il avait plu, Je ne savais pas S’il y’avait du vent.
J’étais blotti Là à toi. 60.Je sais que la source Est profonde et
que sa Profondeur ressemble à la Pureté d’une eau qui sait Diluer et
guérir,chaque Mal,qu’elle efface comme Un doigt,sur un mot Déjà
oublié. 61.Chaque instant qui Passe ressemble à la Promesse
faite devant toi, A voix basse,presque en Un murmure,les deux Mains
présentes sur les Epaules. 62.J’avais aimé Ton corps, J’avais aimé tes
seins Presque jusqu’au matin. 63.Il ravive celui qui gît,
Adossé à la barrière, Epuisé de se débattre Comme un oiseau sans
Ailes,et donne au sol,là Ou’ se pose le pied,là ou’ Ce qui vit en
toi,s’assemble En un élan pour faire de ton Geste une image têtue.
64.J’étais blotti, Loin du froid, Là près de toi. Douce certitude
65.Je revois tes yeux Emeraude,fixer le sol Puis se refermer,comme Une
main qui presse de Bonheur. 66.Je revois ta main ouverte,
Vide comme quelquefois le Regard,étalée sur la table, Paume au ciel.
67.Ton corps me rappelait Le pays ou’ je suis né. Ton corps Dans la
pénombre Me rappelait Ces lieux que je connais. 68.3Loin de
ces lieux Que je connais, Je sais à peine Prononcer ton nom. 69.Je
revois les doigts, Comme un corps qui se Lève,arranger ta chevelure,
En un geste lent plein d’une Douce certitude. 70.En toi,la
certitude regorge De douceur,comme ce fruit Amer,ruisselant de son
suc, Miel aux rayons du jour. 71.Loin de ces lieux Que je connais, Je
sais à peine Te regarder. 72.Une présence qui rassure, Tes
nuits aux poings fermés, Le rêve ruisselant des yeux Pleins
d’obscurité et le Recouvrant chaudement,une Brise légère comme une
Goutte de fraîcheur qui se Disperse sur tes joues Enflammées. 73.La
nuit ton corps Etait en entier à moi. Ton corps était En entier à
moi, Presque jusqu’au matin. 74.Les oliviers,je les ai Laissés en
fleur,j’ai vu Même quelques abeilles Les butiner,les orangers
Aussi je les ai vus en Fleur. 75.Douce certitude Qui fait de tes
pas, Une fresque élevée A mon admiration. 76.Douce certitude dans Tes
pas,douce certitude dans Ton regard,ou’ toute la mer Se
ramasse,en une vague sans Ecume,projettant une barque Malmenée au
milieu de la Baie endormie. 77.As-tu vu Ces visages d’enfants Dehors
La nuit. 78.Les lampes blanches,dans Le village s’allument
tôt, Lorsqu’encore de joyeuses voix Juvéniles embellissent le
Silence,de leur éclat doré, Pour éclairer jusqu’au matin La sensation
que laisse planer Comme un souvenir,chaque Jour vécu à tes côtés.
79.As-tu vu Leurs larmes Lorsqu’on a pris Leurs parents. 80.As-tu vu
Leurs yeux Brillants de famine. 81.A tes côtés comme une Présence,le
soir ou’ le Silence de la nuit ricane à Ton angoisse,logée
au plus Profond de ta poitrine,quand Les hurlements dehors
Accompagnent la danse Funèbre. 82.A tes côtés comme une aile Qui
s’étale sur toute la contrée, A l’annonce de la plus grande Des
tornades,qui a fait de la Terre une fois,un marécage aux Formes
bizarres,ou’ rôde la Peur de la lumière. 83.Beaucoup Nous ont
accompagné, Le corps frêle Couvert de haillons. 84.A tes côtés comme
une Herbe suave,suave.Suave Et qui pousse à l’ombre du Grand
arbre,que connaît Seule la mémoire enfouie, Suave et pressée,en
gouttes Denses sur une plaie ouverte. 85.A tes côtés comme une Mémoire
enfouie depuis des Millénaires,dans chaque Fibre qui fait des jours
à Venir une perle accrochée A un rayon de soleil. 86.La nuit,on prie
Pour eux, Pour qu’ils Reviennent. 87.Dans chaque fibre,il
y’a Un oued aux eaux miroitantes, Et à ses rebords s’élève un
Feuillage ou’ les oiseaux Construisent chaque année Des nids de paille
au Même endroit. 88.Au même endroit,du Matin au soir,le bec
dépose Une brindille ramassée au Champ récolté,et l’arrange Sur
l’autre pour demeurer. 89.On prie longuement Pour eux Les yeux fermés
A la faible lumière. 90.Dans chaque fibre dans L’écorce un peu
sèche,il y’a Des sillons qui vieillissent, Et à chaque saison,ils se
Remplissent d’offrandes Pour celui qui viendra les Ramasser. 91.Dans
chaque fibre dans La peau,bat un cœur au Rythme d’une
longue Chevauchée,sur des dunes Qui s’étalent en amas Presque
infinis jusqu’à L’horizon. 92.Al’intérieur de la mine, On étouffe de
chaleur Et la poussière Colle à notre peau. 93.Dans chaque fibre
bat Un cœur au rythme du Bendir qui vogue dans les Siècles
tenaces,comme une Ile qui grandit dans la mer, Douce certitude. De la
grande route à la Colline 94.Tu reviens un peu abattu, Des traces de
sueur presque Sombres sur les lignes du Front,la veste accrochée à
des Doigts tuméfiés. 95.La récolte est difficile, Parfois on la fait
Les enfants accrochés Au dos. 96.La chemise aussi a collé A
la peau,et à chaque fois,des Grains de poussière se sont
Amassés,lorsque tu as Essayé de les éparpiller, Comme des insectes
chassés, Tu n’as fait que les étaler Un peu plus,que les tasser Un peu
plus,des insectes Qui reviennent,c’est vrai Un peu moins nombreux,
Quelques instants plus tard. 97.Parfois, Elle dure, On doit quitter le
foyer Pour longtemps. 98.Son bâton à la main, Il scrute
l’horizon Pour voir S’il y’a quelques nuages. 99.Qu’il est long le
chemin, De la grande route à la colline, Et lorsque j’arrive,je ne
vois Qu’une porte fermée et deux Arbres dans la cour,l’un en
Face de l’autre,comme à se Regarder. 100.Parfois,lorsque je me mets
Un peu à l’écart,il me semble Qu’ils parlent,les feuilles Comme sous
un vent fort,mais Aucune fleur n’est jamais tombée, Aucun
fruit n’est jamais tombé, Les fruits je les cueille
Amoureusement,pour qu’en Toi ne reste aucune cicatrice, Je les range
dans une corbeille Fleurie et je te les offre. 101.Je scrute chaque
matin
L’horizon Pour voir S’il y’a quelques nuages Dans le ciel. 102.Elle
est de ces portes Vieilles et dures,pleine de Points profonds,comme
Des cratères dans une Montagne,pleine de lignes Aux formes
multiples,des Dessins gais sur la face. 103.Lorsque je la pousse,
Elle se fend en deux,en Silence,comme pour me Entrer,prendre le seau
Quelquepart,au milieu D’innombrables objets, Entassés à leur
place,et Me diriger vers la source A côté. 104.Demain dit-il, Nous
planterons Un grand verger. 105.J’aime ce peu dans les Choses,ce peu
dans les mains, Ce peu dans les yeux,ce peu Dans les
cœurs,car je sais Qu’il peut un jour grandir Et faire du chemin,de
la Grande route à la colline,une Allée aux abords fleuris. 106.A ses
pieds, Il y’aura De l’herbe Et de l’eau. 107.Ce verger Fera
de l’ombre En été, Il sera là Pour notre repos. 108.Dans la
source,l’eau Est claire,l’eau est d’une Clarté que je n’ai vu qu’une
Fois,une seule fois,je ne Sais plus ou’,quelques Instants,restés
gravés en Moi,comme chaque jour Qui passe. 109.Deux mains assemblées
Se déposent lentement, Comme des becs d’oiseaux Qui voudraient ne plus
jamais Quitter ce lieu,et impriment A la tête,au visage,à
la bouche, Au bras,aux pieds la Fraîcheur de la source,à ce Moment
le chemin Poussiéreux reprend ses Couleurs. 110.La récolte dure Et on
est si peu, Parfrois nous avons Les enfants Accrochés au
dos. 111.Les couleurs de chaque Chose sont en moi,elles Sont en toi
quelquepart,il Suffit que chaque jour l’on Goutte à cette eau,pour Que
les chemins poussiéreux Reprennent leur couleur.. 112.Il
suffit que l’on vienne, Qu’un oiseau s’envole,que ce Branchage
frémisse légèrement Pour que le champ perce L’espace,en une Route très
longue,qu’on Longera ensemble. 113.Parfois, Il faut s’assoire A
l’ombre Pour un peu de repos. 114.Lorsque j’arrive,la porte Est déjà
ouverte,et devant elle, En face deux arbres attendent Le seau plein
qu’une main Leur tendra. 115.Chaque jour,chaque Racine
devient un peu Plus longue,et la fleur Un peu pâle,mais la
Terre,elle,se raffermit Comme si elle s’empare D’un souffle de vie.
116.Je ne sais pas Si demain, Tu seras là A mes côtés. 117.Ce que
prend la fleur Du pommier,ce que perd La fleur du poirier,je le Vois
sur une autre fleur, Qu’a donné cette terre ou’ Leurs racines
s’enfoncent. 118.Demain le fruit sera Plus tendre,il sentira notre
Soleil,il aura mille saveurs, Et toi tu reviens,la veste Accrochée à
des doigts Ecorchés par la vigueur Des épis qu’a enfantés le Champ,et
la chemise un Peu collée à la peau. Sourire sur le visage
119.Aujourd’hui le conte Ne fait plus peur,chaque Légende ressemble
à un Grenier ou’ aucun grain De poussière ne demeure. 120.Le conte est
une voix Lointaine que chacun porte En lui,comme une
lumière Etonnante de chaleur,comme La berceuse que chaque Mère a
chantée,à toute L’enfance,pour que dans Le sommeil un sourire Reste
perle sur le visage. 121.Que je remplis De mes mains, Que je
remplis Chaque saison De mes mains. Etoiles dans le ciel 122.Pour
toi les pensées, Lorsque la première étoile Apparaît grande dans le
Ciel,et que la lavande se Répand pour adoucir les Nuits,ou’ le
rêve raconte Chaque rencontre. 123.Pour toi la main qui Se tend,à ta
main ouverte, Gaie de henné,comme ces Fleurs d’olivier sur tes
Cheveux. 124.Si peu Pour la cueillette Qu’on ne verra jamais, Car
elle part Dans un bateau. 125.La nuit, Il fait sombre, Adossé à un
arbre Je repense au pays, A ses racines. 126.Pour toi les yeux ouverts
Dans la pénombre,ou’ des Images se succèdent de la Plus
petite,à celle qui te Charme en silence,comme Un filet d’une eau
paisible Qui coule indéfiniment. 127.Le chant à ta naissance
Bienvenue,la joie devant Tes premiers balbutiements, Le regard pour
tes
petits Pas,pour tes mains tendres Comme des pousses,et ton Corps qui
s’élance habitent Les lignes. 128.La récolte Dure une saison, Parfois
plus Et on est si peu. 129.Tête baissée à la feuille, Ta
bouche s’ouvre un peu, Quand la main qui presse le Crayon dessine
lentement Un arbre,et sur ses branches, Des fruits mûrs que tu aimes
Couverts d’un feuillage léger Rieur à la brise. 130.Les lignes
enfant,c’est Cette joie dans ta voix qui Remplit chaque maison,
Chaque rue,chaque jardin, Qui les fait naître. 131.La nuit, Les
étoiles Peuplent le ciel. 132.Ce matin de mai,ou’ Dans le ciel un
gros nuage S’empresse d’amasser les Autres et disparaître derrière
L’horizon,ils sont venus Tous,très tôt avec dans les Yeux un regard
obstiné Qui réveille,comme une Eau fraîche d’une nuit Sans
sommeil. 133.La nuit, La brise souffle Dans le feuillage. 134.Je
repense A la terre Qu’on a prise. 135.Ils sont venus avec dans Les
yeux,une flamme qui Brille plus que d’habitude,à Croire qu’à
force de scruter Dans chaque direction,un Chemin est apparu,un
chemin Qui vient de loin,emprunté Chaque jour pourtant,une Image
cachée,pâlie d’humidité Qui retrouve ses couleurs aux Reflets du
jour. 136.Je repense Aux miens, Partis Sans rien prendre. La voix
des légendes 137.Tout ce que tu ne sais Pas écrire,tu me l’as appris,
Tu me l’apprends,et Maintenant,il n’y a pas Une chose que
j’ignore. 138.Maintenant,je le vois Sur les chemins,sur les
Arbres,sur les murs,sur les Toits,je le vois devant, Loin devant.
139.Dans le chant clair,de Sources,que les siècles, Innombrables n’ont
pas Taries. 140.Longtemps,très Longtemps,tu as vu le Branchage
tendre se refléter, En un nid chaud,pour les Oiseaux qui viendront,
Lorsque tu as vu le bleu Du ciel remplir en entier Le fond,tu t’es
désaltérée. 141.Lorsque tu as entendu Le bruissement doux du Filet
transparent qui Scintille au soleil,comme Une feuille à la brise
Légère du soir,tu as goutté Trois longues gorgées. 142.Puis tu as
levé la tête, Et lorsque tu as vu les Premières fleurs apparaître
Sur tous les arbres alignés, Tu as su que la récolte est Pour bientôt.
143.Les sources ne sont pas Taries cette année,en été, il
Y’aura une enveloppe d’herbe, Couleur de pousses de petits Plants à
la terre qui veillera Jusqu’aux premières pluies. 144.Et dans la
chaleur de Midi,après le partage du Repas et un regard loin,à
Toute l’étendue,tu T’adosseras pour quelques Instants les yeux
fermés A l’ombre de l’olivier. 145.Parfois tu fais un rêve Et dès que
tes paupières Se relèvent,comme un matin Qui s’étire,il
disparaît dans L’immense clarté odeur de Moissons. 146.Une odeur de
moissons Qui baigne l’atmosphère,qui Enveloppe le visage d’une
Profondeur dans les yeux, Dans les traits,dans le Sourire,dans le
regard,qui se Contemple,qui se contemple Sans rien dire. 147.Qui se
contemple avec de Temps à autre un mot,un seul Mot jamais le même,car
à Chaque fois,il s’enveloppe D’une profondeur qui n’a
D’égal que la douce chaleur Que portent les jours. 148.Qui se
contemple,qui Se contemple puis arrache Au silence,un flot Majestueux
de mots,goût de Nectar sur la langue,mûrit Au soleil printanier.
149. La terre n’est pas Craquelée,elle ne porte pas Les halètements
de soif,elle Porte des rides,elle porte les Réveils matinaux,comme des
Sourires pour les enfants. 150.Le crépuscule porte à
L’horizon,des nuages aux Contours rougeoyants,la Brise souffle vers
la mer, Demain les gouttes de pluie Qui tomberont n’arracheront Pas
les feuilles et les bourgeons. 151.La nuit ne porte pas de
Coassements lointains,ni L’effleurement des vents sur Les murs,elle
porte le Langage des oiseaux,elle Porte la couleur du sable Désaltéré
et le doux silence Des moissons. 152.Et dans ce silence,
Adossé au mur sur une Natte,baigné de sève Lunaire qui laisse
éveillé Le paysage,tu cherches le Chant qui accompagne de L’aube
jusqu’au soir. 153.Tu cherches le chant, Dans cet air comme un
Sourire,sur les épis élancés, Pour s’emparer des rayons De lumière.
154. Dans les tiges qui Enlacent pour un instant Le vent,dans la
présence Des grillons,dans le dos De la main qui passe sur Le
front humide et brûlant. 155.Dans le doux silence Des moissons,ou’
le songe Aux couleurs qui fascinent Le regard dure longtemps,
Jusqu’aux premiers Frémissements. 156.Tu cherches le chant Dans le
souvenir du frisson Froid qui lacère l’échine, Un brusque coup de
vent, Qui ride pour un instant L’eau qui s’écoule Tranquille. 157.Là à
quelques pas,il Y’a un arbre qui manque, Comme une lueur
dans le Paysage. 158.Plus loin encore un Branchage attend un Regard
au passage,il Devient un arbuste qu’un Coup de vent en passant Dénude
presque en entier. 159.Demain un arbre sera Planté,comme
une nouvelle Lueur dans le paysage, Demain le feuillage sera Taillé
pour éclairer le Paysage,qu’ils sont beaux Les premiers frémissements
Maintenant. 160.Dans la fraîcheur Matinale,les feuilles ne
Sont pas couvertes d’une Couche blanche,elles ont Veillé toute la
nuit,elles N’attendront pas toute Une saison,elles n’attendront Pas
des saisons entières Pour se remettre. 161.Sur leurs pores,il
Y’a des gouttelettes,mais Elles ne ressemblent pas A celles qui
naissent sur Le front,celles qui naissent Sur le front,lorsqu’elles
Dégoulinent jusqu’au coin Des lèvres ont un goût salé. 162.Elles
ont le goût du Soleil de midi et des Halètements des dos Courbés qui
se relèvent Parfois difficilement. 163.Elles ont le goût des Mains
durcies et des Tendres pensées au retour Du marché,des
présents Aux gais couleurs dans les Bras pour les enfants. 164.Des
présents choisis sur Les étals,choisis longuement Sur les étals,des
présents Arôme des contes,nourris à La sève des racines de la
Montagne. 165.Les étals tu les nourris De tes mains,durcies au
Soleil de midi,et le jour du Marché,tu sais qu’il y’aura Au retour de
tendres pensées Pour ceux qui attendent un Conte gai sur la
langue. 166.Là à cet endroit ou’ la Sève lunaire se ramasse,en Fête
auréolée de l’immensité De la belle étoile,comme un Grand cercle de
lumière,il Y’aura les épis cueillis et Qu’assemble un épi.
167.La récolte sera longue Et la main qui empoigne les Tiges sera
une note dans le Chant puisé dans la sève Lunaire et dans la clarté
Dans les yeux,que dépose Le soleil de midi. 168.La récolte sera
longue Et tous les grains seront Ramassés,il y’aura un geste Pour
assembler les épis et Un autre pour entasser devant Les quelques
grains qui se Sont éparpillés. 169.S’il y’a un grain qui Reste
après les premières Pluies,lorsque le soleil s’étale A toute la
terre,les pousses Qu’il libère rieuses dès le Premier instant
ramollissent De leur effleurement,les mottes Durcies par les vents qui
Ont soufflé. 170. La récolte durera des Journées entières et dans
les Bouquets d’épis assemblés, Contemplés tendrement Entre les
mains,il n’y aura Pas de ces trop longues Herbes frêles qu’un coup
de Vent tord jusqu’à casser Parfois. 171.Ces herbes frêles
Attendront la venue des Troupeaux,d’autres seront Comme quelques
poussières Déposées que des gouttes de Pluie effaceront. 172.Lorsque
le
grand Cercle de lumière rayonnera Dans la plaine,à la brise Tiède
qui se lève,et Effleure les feuilles à son Passage,les grains seront
Lancés vers le ciel. 173.Et s’entasseront en un Roulement qui
rassure, Pour se reposer quelques Instants dans les grandes
Jarres,faites de terre noire Chaude et de brindilles d’or. 174.Plus
tard des poignées Répétées s’écouleront Lentement comme dans une
Gorge sèche,pour ranimer Les meules faites de la Pierre travaillée.
175.La récolte durera Longtemps,et de temps à Autre le soir,lorsque la
Faible lumière éclaire les Visages,un bras enlace les
Epaules,une main serre L’autre,pour contempler Tout le regard.
176.Pour parler parfois Longuement,sur la Langue des gouttes de ce Bon
miel,faibles lumières Gorgées de sève lunaire de Ce qui reste à
faire. 177.Ce qui reste à faire Sera l’œuvre de nos bras Qui
déposeront à chaque Instant du jour une ébauche Qui sait parler aux
lieux Pour demain. 178.L’œuvre de nos bras ne Détourne pas les
yeux,elle Regarde dans les yeux,elle Ne ferme pas les yeux à
L’immense clarté,elle Regarde devant,car devant Se lève le plus beau
jour. 179.Elle ne se détourne pas Des fresques gravées,des Ruines
debout encore,des Chants,des danses,des Paroles qui ont transcendé
Les siècles. 180.Elle se reconnaît dans Les palpitations de leur
Mémoire,elle sera comme Des arbres,comme un Sous-bois dans le
paysage. 181.L’œuvre de tes bras, Lorsqu’elle naîtra, Lorsqu’elle
s’étalera, Lorsqu’elle s’élèvera,tu verras Qu’elle porte un peu de
toi. 182.Et dans le paysage,dans Tout le paysage lorsque tu
Passeras,dans ce que tu Regardes autour,un éclat te Rassurera.
183.Un éclat au teint des Matins pluvieux,ou’ dans les Visages,cinglés
par les gouttes De pluie,le sourire n’a pas Disparu. 184.Un
éclat de brouillard au Matin,enflammé du soleil qui Monte à
l’horizon,un éclat de Neige embrasée sur les Hauteurs au crépuscule.
185.Un éclat chaud des matins D’été,ou’ en t’en allant,un peu De
sommeil à l’orée des yeux, Aucune ombre ne s’étale Derrière. 186.La
récolte sera longue, Les fruits tendres au Toucher,les rameaux les
déposent en un léger bruit feutré sur la terre. 187.Les fruits
frais,les doigts Les ramassent gaiement et les Etalent comme cette
couche De henné,à toute la paume. 188.Parfois,lorsque tu les
Regardes,il y’a un soupir qui S’élève devant leur couleur Noire,ou’
scintillent les Contours translucides du Brouillard aux premiers
Rayons du soleil. 189.Le soir ils seront entassés Pour un doux
sommeil,sur Le sol chaud encore,en Petite montagne,à l’abri Des
pluies..
6.Des jours à venir.
01.De ces promesses qui font Naître ta voix en moi,ma voix Dans celui
qui viendra,sa voix Sur les garçons qu’un jour la Terre entière
découvrira. 02.Sa voix naîtra de toi de moi Sa voix naîtra de
notre voix sa Voix sera plus belle et Lorsque la terre se lèvera le
Soleil sur ses horizons elle la Verra nommer les pousses. 03.Elle
verra les pousses Nommer les pousses du Verger sourire qui
rajeunit Aux premières lueurs sa Voix sera aussi belle que Notre
voix lorsque les Premières lueurs finissent De dissiper tout le
Sommeil. 04.Pour qu’ils sachent te Rechauffer de ces promesses Que
je vois comme un Soleil monter à l’écoute des Premiers pas lorsque
devant Le sommeil se dissipe encore. 05.De ces promesses qui Donnent
au souvenir les Couleurs qu’il ne possédait Pas les couleurs
qui N’existaient pas les Couleurs que cherche la Mémoire dans le
silence Qui berce la nuit pour Un instant. 06.Dans le jour qu’elle
Embellit pour que lorsqu’il Recouvre l’horizon pour Que lorsque
je regarde L’horizon je vois de ces Promesses fécondes qui Font
naître demain plus Beau. 07.De ces promesses que Je sens s’emparer de
ce qui En moi attend pour le Mettre dans mes bras pour Qu’il
libère mes bras pour Qu’ils sachent t’étreindre. 08.Pour se
reconnaître dans Les rides qu’elle efface chaque Jour et à leur place
mettre Comme en une certitude sa Tendre empreinte d’un Instant.
09Une empreinte de Toujours qui donnera une Poignée de fleurs en un
Jour une empreinte qui Donnera une infinité de Poignées que je
regarderai Que je prendrai que je Sentirai. 10.Pour que la plaine
Se reconnaisse dans cette Teinte amère logée dans La ride précoce
dans la Ride qui s’efface dans la Ride qu’elle efface dans Le jour qui
recouvre L’horizon. 11.Pour qu’elle se reconnaisse Dans les
rides précoces que Les nuits ou’ elle ne dort pas Tracent en lignes
en beaux Souvenirs pour demain. 12.Pour qu’elle se Reconnaisse dans
les rides Qui s’effacent lorsqu’elle Découvre aux yeux qui
S’ouvrent un sens qui Fait de cette journée Entière une promesse
Pour demain. 13.Lorsqu’elle découvre Un sens dans le pouce que Le
regard caresse pour un Instant pour le remplir de Toute une vie.
14.Il y’a une réponse dans Les bourgeons qui s’étirent Dans ton
regard dans les Couleurs que tu déposes sur Les pétales devant un peu
de Sueur qui ne s’efface pas Sur la terre. 15.Qui ne s’efface
pas sur La terre qui germe dans la Terre qui se lève au premier
Rayon de soleil pour éblouir Dans toute sa grandeur toute La plaine.
16.Pour que toute la plaine Se regarde pour qu’elle se
Reconnaisse dans les jours Qu’elle met entre ses bras Chaque matin.
17.Sur le chemin large Il n’y a pas de flaque d’eau Qui stagne il n’y
a pas D’épines pour faire mal Aux pieds nus il n’y a pas De
pieds nus il y’a une Réponse dans le sourire. 18.Il y’a une réponse
dans Le sourire juvénile sur la Route dans toute sa largeur Sur les
champs qui se sont Levés tôt pour voir les Bourgeons
s’étirer. 19.Il y’a une réponse dans L’épi de blé que tu Contemples
que tu caresses Longuement qui adoucit la Paume lorsque les grains
S’éparpillent pour donner Un nom à chaque contrée.
20.Maintenant que J’accompagne la mémoire Pour une longue marche
Chaque soir maintenant que Sur les pétales et dans le Pollen il y’a
beaucoup de Lumière je sais que ton Rêve est infini en moi.
21.Aussi infini que ce Tendre regard qui fixe Pendant de longs
instants Jusqu’à son fond toute la Flamme et se questionner Et se
questionner jusqu’à S’oublier. 22.A l’aube tu récitais une Prière
puis tu partais après Avoir tiré doucement la Porte derrière toi
dehors sur Les visages il y’a quelques Uns de tes traits que cette
Nuit a tracés. 23.Et sur le chemin sur La route sur les champs
Sur les murs sur les toits Sur les arbres sur les Bourgeons sur les
pétales Tu découvres que tout Appartient à cette terre. 24.Le bois tu
le ramassais Parfois de loin pour de Longues veillées et
Lorsque tu alimentes le Feu de bouts tu accompagnes La mémoire pour
une Longue marche à la Découverte de la plaine De ses pousses de ses
Vergers. 25.Sur le mur l’ombre que Projette la flamme n’est
pas Noire elle ressemble au Jour qui se lève qui projette Son ombre
au jour qui se Lève en une âme née partout Ou’ une longue nuit a
Déposé sa froideur. 26.Maintenant qu’il Rayonne dans tous les
Yeux qu’il demeure au-delà Du matin maintenant que la Soif n’existe
pas que la joie Est dans toute ma voix Je sais que c’est de toi Qu’est
né mon chant. 27.La joie est dans toute Ma voix en mots
pour Décrire le rêve en jour Dans la tempête déposé Dans ma main
ouverte et Chaude alors que je Dormais encore. 28.Tu as parlé parfois
la Gorge serrée tu as parlé Le front plissé mais chaque Mot
que tu prononçais est Une promesse pour demain La promesse que la
joie Règnerait. 29.Et dans tes quelques Silences d’un instant que
J’admirais lorsque tu Revenais je voyais une Chose une pensée qui
Grandirait un rêve qui Grandissait qui s’élevait Un immense sourire
le Plus grand sourire qui Naissait. 30.Tu savais que les nuits Ou’ tu
as parlé autour du Feu à la belle étoile à la Lumière douce
que la Profondeur du regard Amplifiait tu as fais naître De cet
espoir que chaque Moment grandit en Promesse qui irrigue la Mémoire
future. 31.Tu savais que dans le Silence qu’il y’a eu Pendant un
instant la Promesse naissait et Lorsque tu as entamé Un chant
ensemble il a Eté chanté. 32.Maintenant lorsque je Ferme les yeux
lorsque je Pars au matin lorsque je Marche je sais que là Existe la
beauté du Lendemain. 33.Ce rêve tu l’as élevé il Est grand il
nourrit la Mémoire entière de cette Promesse enfouie que tu As portée
dans toute la Longueur de la marche. 34.Elle était là déjà
Lorsque baissé ou debout Le geste sûr tu ne regardais Plus
furtivement aux Alentours et là ou’ ton Regard s’est étalé il ne S’est
détourné que Lorsqu’elle s’est déposée. 35.La promesse enfouie
était Déjà là plus grande encore Plus grande chaque jour et Lorsque
tu fermais les yeux Lorsque tu partais lorsque Tu marchais lorsque tu
Partais au matin tu n’avais Plus peur du lendemain. 36.Il
est né il y’a longtemps Il y’a des siècles il y’a une Infinité de
siècles très Longtemps et dans chaque Moment il est présent et Dans sa
présence apparaissent Comme un jour qui se lève Toutes les
moissons qu’il Y’aura demain. 37.Maintenant que les vents Froids
cessent maintenant Qu’ils ne font plus Frissonner j’enlace j’enlace
Fort j’enlace très fort J’enlace tendrement car Maintenant je ne
sais Faire que cela. 38.Il est né la nuit ou’ les Brindilles ont
manqué Pour rechauffer dans son Immensité l’atmosphère Que les vents
froids Faisaient frissonner et qu’à Cet instant il fallait
enlacer T’enlacer enlacer fort T’enlacer fort très fort Pour que la
flamme Ne s’éteigne pas. 39.Il est né le matin ou’ Le regard pour toi
a Duré et que ton sourire a Crée un agréable instant
D’oubli un instant Agréable ou’ tout dans L’être a lancé une pensée
Loin dans le fond fécond Pour que sur le visage Il ne s’efface pas.
40.Ce rêve que tu fais Naître il est en toi il est en Nous il
ne date pas d’un Jour ou d’une nuit il est Là au matin lorsque tu
Ouvres les yeux il est dans Ton regard et lorsque tu Regardes il
efface un peu De la fraîcheur de la veille. 41.Il est né le jour
ou’ en Marchant les pas sont Devenus soudain plus Lourds plus lourds
que D’habitude qu’en ces Moments ou’ ils Accompagnent la joie pour Une
randonnée dans la Plaine ensoleillée. 42.A chaque fois
que tu les Contemples elles paraîtront Plus belles aussi belles que
Le quotidien que tu vivifies D’une pensée d’un geste D’un peu de sueur
d’un Instant d’instants qui se Gravent. 43.Qui se gravent
en une vie En vies à venir qui Fertiliseront les siècles de Leur
pensée de leurs gestes De leur sueur des images Des lumières des
présents Dans tes mains que tu Embellis pour qu’ils Sillonnent les
ères en Moissons de demain. 44.Ils portent les chants des Longues
moissons et la bonne Odeur de la terre aux premières Pluies,ils
portent la joyeuse nuée D’oiseaux qui ne partiront pas Au loin
cette saison et Lorsque je te les raconterai,je Sais que tu les
aimeras,que tu Les apprendras,que demain Tu me les répèteras rieuse
Pour ne pas les oublier. 45.Je saurai te raconter Maintenant les
quelques Rêves que j’ai fait les yeux Fermés,en attendant le matin,
En attendant les lueurs,ces Douces lueurs qui donnent Au regard sa
chaleur d’antan. 46.L’exil est dans mes mains, Il est dans ma
voix,il a Accompagné mes pas sur Toute la longueur du Chemin et là
ou’ je regarde, Je le vois se déposer, Maintenant comme une Enveloppe
devant moi. 47.Il est dans la terre que J’ai aimée dans le
chant de Ses oiseaux,dans ses racines, Dans le chant de ses Moissons
qui se répandent Tôt,comme les premières Lueurs qui éclairent
L’horizon. 48.Dans tous les grains Qui lèvent tel de ton regard
Dans toute sa grandeur à Son retour apparaît déjà Immense le sourire
en un Hymne à la paix en joies Que tu alimentes de ta Chaleur. 49.De
ta chaleur naît L’immensité dans le Sourire qui apparaît
déjà En un hymne en un Hymne à la paix en un Chant qui sera dans ma
Voix dans toute ma voix Comme une infinité de Voix cet amour qui ne
S’épuise pas. 50.Cet amour qui ne finit Pas qui ne finit
jamais que Nourrissent les siècles de Leur sourire que tu fais
Naître radieux en déposant Un peu de chaleur à chaque Fois comme un
rayon dans Le jour demain. 51.Dans les jours de Demain que l’aube
Nouvelle verra annoncer La voix gorgée de joie Les moissons futures
que Tu contempleras pendant Des jours entiers sans te Lasser et à
chaque fois Elles paraîtront plus belles. 52.En un jour,ils
sont Venus de lieux que Beaucoup ne connaissent Pas encore pour
affluer Vers le cœur du carrefour Qui se continue très loin Sur
n’importe quel Chemin. 53.En un jour,j’ai vu Autant s’accompagner,et
Autour d’eux les baignant D’une profondeur que L’on cherche
longtemps A expliquer,l’avance Rajeunit à chaque fois La foulée. 54.En
un jour j’ai connu Ce qu’une existence a Ignoré ce qu’elle ne peut
Ignorer,j’ai vu ce qui dans L’être peut demeurer Malgré les
tempêtes. 55.Il sera présent dans les Yeux qui scrutent les
Montagnes,dans les yeux Eteints,dans les pieds Enflés,dans les mains
qui
Aident à se mettre debout, Dans le regard derrière Qui s’éloigne.
56.Il sera présent jusqu’au Crépuscule dans les feux Allumés,dans les
braises Qui tardent,il sera présent Dans la pénombre à
veiller, Et chaque matin,il se lèvera Grand à tous les horizons.
57.En un jour des horizons Aussi féeriques les uns que Les autres sont
parcourus Avec à chaque halte,un Regard pour eux,comme Une
promesse de retour. 58.En deux jours plusieurs Autres séparent du
Lointain départ,et déjà des Rêves se tissent nombreux A chaque endroit
ou’ une Blessure peut se déposer. 59.Au crépuscule des feux
S’allument aux premières Etoiles dans le ciel,le même Que l’on
regardait en Rentrant là-bas avec ses Etoiles que parfois deux
Plusieurs admirent Adossés aux orangers. 60.Ces routes désertes
Maintenant ont porté il y’a Quelques jours un flot que Chaque
carrefour grandit, Comme si le départ est Plus loin que plusieurs
Horizons. 61.Plusieurs horizons Parcourus et chaque visage Vous
empêche de le Questionner lorsque vous Le regardez par un sourire En
silence,car les horizons Qui suivent vous diront Qui il est. 62.Et
veiller comme sur ce Qui ne te quitte jamais ou Ce qui occupe
tes pensées Des instants du soir et de Ceux qui suivent au matin
Pour agrandir à chaque fois Un peu plus,avec ce qui en Toi peut être
donné,pour Que demain celui qui Viendra s’approchera sans
Crainte,pour la veiller et Lui imprimer ce qu’il y’a En lui de
grandeur qu’elle A fait naître. 63.Il te dira leur retour Sur les
routes désertes Pour voir les vergers Abandonnés ou’ Poussent de
longues Herbes non coupées Car personne n’était Là. 64.Ces jours
seront Eblouissants,mais ce ne Sera pas un éblouissement Qui te fera
détourner les Yeux,ce sera une chose Que tout en toi approchera
Sans peur pour aimer. 65.Pour toucher,car faite Minutieusement à la
Mesure de tes doigts pour Nettoyer à chaque fois Comme aux premières
Pluies sur des parois ou’ Quelques poussières se Sont
déposées en été. 66.Cette lourdeur qui t’a Empêché parfois de te
Mettre debout,tu l’as Ressentie plusieurs fois, Car elle revient de
temps A autre depuis longtemps, Et à mesure qu’elle pèse, En toi
naissent des forces Qui se préparaient à Ouvrir les yeux,le matin
Ou’ les premiers échos De la nouvelle saison Commencent à parvenir.
67.A mesure qu’elle pèse Il y’a comme quelquechose Qui
frémit,qui se regarde Un peu,qui regarde autour Qui regarde en
haut,et puis Se dirige vers un endroit Fait pour lui. 68.Un endroit
qui émerveille Chaque chose qu’il Comporte,et là il regarde
Autour,ce qui dans toute Pousse,puisé comme d’une Voix qui chante
les moments A venir fait des mains un Support ou’ viendront Chaque
jour s’ajouter ces Fruits couleur des rêves Les plus tendres.
69.Des rêves tendres Engendrés par la sueur Qui ruisselle,par le dos
Courbé qui fait parfois Mal,par la tête penchée Des heures,des heures
Durant les sens en Eveil pour te voir Sourire. 70.Plus que
cela pour te Voir sourire aux jours A venir,pour te voir Sourire les
jours à venir. 71.Il y’a un chant qui revient, C’est celui des oiseaux
qui Ont été jusqu’au loin,qui Reviennent gais,qui
connaissent Encore le chemin. 72.Un chant qui revient le Soir,au
retour car depuis le Matin,les branches vertes Maintenant vivent
l’étreinte De demain. 73.Un conte m’est revenu, C’est un conte des
siècles Que tu ne connais pas. Aujourd’hui,je me suis levé Tôt et le
soir au retour, Lorsque les étoiles Commencent à éclairer la Terre,je
te le raconte. 74.Je t’apprendrai le nom D’innombrables
lieux déserts De nos voix,des lieux ou’ la Verdure accueille pour
des Journées,ou’ l’herbe pousse Toute l’année,loin des sources Dans le
sous-bois humide. 75.Sur le chemin ton Souvenir me revient
encore A chaque pas,un souvenir ou’ Ton regard enflammé,même S’il
est loin maintenant,il Me rappelle encore les mots Prononcés à la
hâte, Quelques mots seulement Que tu voulais me dire Peut-être un
autre jour. 76.Lorsque les feuilles S’éclairent jusqu’au loin, Je te
vois alors songeuse Pour demain. 77.Beaucoup de sources Sont
taries,des sources ou’ J’ai bu en revenant des Longues
promenades,dans Le bois au printemps,des Sources limpides qui
Accueillent chaque jour La juvénile gaieté des Oiseaux. 78.Au retour
ne t’en fais Pas,je t’emmènerai sur le Chemin pour voir les Oiseaux
revenir des lieux Au loin ou’ la terre parle Au ciel bas des fleurs
A la main. 79.Lorsque les feuilles S’éclairent,il y’a ton Image qui
revient. 80.La nuit,je fais quelques Pas les yeux presque
Rêveurs vers le scintillement Des étoiles qui peuplent Encore le
ciel d’automne. 81.Et chaque lieu ou’ tu Passes portera quelquepart,
Une part de toi,comme un Peu de ton souffle à la Fumée qui
effleure le Paysage en passant. 82.Maintenant chaque détail Qui vit
au fond du paysage Est aussi clair qu’un jour De printemps,et à force
de Le fixer,la montagne apparaît Comme se rapprocher
Lentement. 83.La profondeur du Regard est une mémoire Dans le chant
de demain Et le chant de demain une Mémoire aux joies futures Qui
accompagnent les Moissons de l’aube Jusqu’à leur terme pour
Cette saison. Des jours à venir. 84.Demain tout sera là, Comme hier
tout là,rien N’aura changé en nous,il N’y aura pas de remords, Il n’y
aura pas de haine,il Y’aura des instants,tous Les instants
d’un jour Qui se vivent amplement, Car tous auront grandi. 85.Je
veux me reconnaître Dans ton regard triste et Profond,comme une eau
Paisible que l’on voit Bouger à peine sur le Visage,ou’ seules
des Pattes alignées disent une Présence. 86.Je veux qu’en toi tout
Renaisse de nouveau,une Autre fois et que chaque Fibre qui somnole
s’étire Longuement comme après Ce beau rêve qui revient Le
matin et se gorge Comme une joue d’un Sourire. 87.Le jour qui se
déplie Répand toutes ses lueurs Au plus profond de Chaque
conscience,en Promesses à l’horizon Qui se dégage sur tes Lèvres en
mots
gorgés D’amour. 88.En mots enflammés, En mots chuchotés, Parfois les
yeux fermés Devant l’éclat d’un Regard,ou’ toute la vie Se dessine.
89.Les mots chuchotés Appartiennent au jour et A la nuit,ils
ne surprennent Pas la nuit,car elle connaît Déjà les goûts,le goût
qu’ils Portent en eux. 90.Elle connaît leur saveur, Elle connaît
jusqu’ou’ le Silence les porte,accrochés A ses ailes immenses qui
Effleurent les visages Comme une brise douce. 91.Le silence les
porte,là Ou’ la chaleur torride tord Le jour jusqu’à lui soutirer
Quelques perles qui S’effacent sur la terre. 92.Les mots chuchotés,
Le silence connaît leur saveur lorsqu’ils l’effleurent longuement,
il connaît leur saveur lorsqu’ils cessent pour laisser le regard
remplir de son éclat un regard. 93.Lorsque le sommeil s’est
Dissipé lorsque le soleil Est sur les horizons Lorsqu’il rayonne
dans sa Voix en un air ou’ il se Reconnaîtra en un air ou’ La terre
entière se Reconnaîtra. 94.En un air ou’ je me Reconnaîtrai en
un air qui Remplira mon souvenir De couleurs qu’il a Cherchées des
nuits Entières de couleurs qu’il N’a pas possédées de ces Couleurs qui
n’existaient Pas. 95.De couleurs que tu Découvriras la nuit
ou’ le Silence d’un instant Berce le rêve ou’ Foisonnent les
moissons De demain dès l’aube. 96.Ton sourire qui rayonne Parfois
accompagné de belles Histoires que libère soudain Ton silence si grand
qu’il Allonge mes nuits. 97.Demain tout sera là Le sourire des mots
Errants dans la pénombre Lorsqu’ils se mettront au Soleil un jour
d’avril. 98.Le sourire sur ton Humble visage lorsque Après
quelques mots qui Reviennent beaux encore Ta main a un peu Tremblé
comme des Feuilles à la brise d’été Que nous avons aimée. 99.Le
sourire autour partout Autour qui n’a jamais cessé De rayonner
comme pour De temps à autre te Rappeler. 100.Le regard qui s’attarde
Un peu devant la clarté de Tes yeux pour irriguer le Visage d’une
tendre Ondée de chaleur. 101.Le regard en silence Dans un
doux silence Qui fixe devant comme Pour mieux voir les pas Sur le
chemin. 102.La chaleur de quelques Mots inscrits à ta paume D’une main
amusée pour Qu’après le départ au Loin tu te rappelles.
103.Les mots d’amour Que je sais te dire même Lorsque ton front se
Ride lorsque tu fixes Mon regard pour un Instant. 104.Les mots simples
Pour te décrire demain Beau la voix gorgée de Cet espoir
qui rechauffe Tes mains les bras croisés Sur la poitrine pour la
Presser. 105.Les mots se succèdent En flot tendre infini à ta Main sur
ton front les Yeux fixes et brillants Au sol durant de longs
Instants. 106Les soirs tièdes ou’ Sur une marche à même Le sol nous
assistons au Sourire humble de la Pleine lune dans un ciel Etoilé qui
caresse le Paysage dans le doux Silence de la nuit. 107.Les
mots ou’ en Parlant tu t’arrêtes un Instant pour chercher Rieuse
quelques mots et Continuer gaie parfois Pendant longtemps. 108.Demain
tout sera là La chaleur de mon étreinte Les yeux fermés bercée
Par une lampe aux reflets Tendres partout autour. 109.La chaleur de
mon Regard adossé à un arbre Les yeux devant une Longue pensée pour le
Beau rêve de la veille. 110.Le regard loin brillant D’un
jour nouveau vers ce Printemps qui se lève Partout gai et coloré
devant. 111.Les moments de silence De ce silence profond Assise sur un
banc en bois Les yeux aux paumes par Un beau matin d’été.
112.Les moments ou’ tu Parlais debout la main au Mur parfois pendant
Longtemps d’une voix Gorgée de la joie d’un Instant. 113.Les soirs des
premières Chaleurs de mai ou’ sur Une natte large étalée
dans Le houch des enfants Apprennent à raconter les Contes qui ont
émerveillé Un rire de temps à autre Sur le visage. 114.Les soirs d’été
ou’ Après un soupir que suit Un large sourire tu me Parles
des récoltes longues Et pleines de chants qui Durent parfois jusqu’à
La tombée de la nuit. 115.Demain tout sera là La trace de mes pas sur
La terre dans les contrées De mes rêves que tu Aimeras.
116.Des contrées que tu Ne connais pas une terre Ou’ des fleurs
poussent Depuis plusieurs jours Déjà. 117.La profondeur du Regard dans
le chant de Demain sera un songe Que libère le souvenir Dans
les yeux fermés Qui récitent une berceuse, Une paume au petit Corps
en caresses répétées. 118.Ele portera des pétales Enlacés,en cercles à
chaque Fois plus larges,plus larges Que l’horizon,larges à
L’infini,et au milieu des Pétales aux mêmes Couleurs que vit
l’étendue Aux quatre saisons. 119.L’étendue vit parfois Ses quatre
saisons en un Jour jusqu’au crépuscule Qui demeure toute la nuit,
Auréolé de ces pétales,ou’ Les étoiles déposent en Petits tas leur
lumière. 120.En petits tas,comme Des grains de pollen,elle Se dépose
légère jusqu’au Moment,ou’ comme des Mains assemblées restent
Colorées pour éclairer Jusqu’à l’aube. 121.Elle portera adossé Dans
un coin de sa Mémoire des éclats de joie Dans les voix aux baignades
Juvéniles,après tant de Cueillettes quotidiennes,qui
S’inscrivent en teintes Merveilleuses face aux Lieux ou’ tu passes
pour Un instant. 122.Dans la profondeur du Regard,il y’a l’oranger qui
Observe les herbes pousser A ses pieds et le puits qui
Eclaire les oiseaux d’un Chant de demain,pour que Demain leur chant
soit Infini. 123.La beauté du chant De demain,un chant puis Un autre
et entre les deux Un autre,pour que ce qui Manque à la
présence Vive,avec dans le cœur Et autour la voix de Celui qui
reviendra Bientôt. 124.De petits bouquets Qui embaument les rêves,
Plus que cela une certitude D’une clarté jamais vue, Comme les
racines de Cette terre quittée,ancrées Au plus profond de Chacun.
125.Ancrées en lumière Que rien ne peut Eteindre,à la tombée de La
nuit,elle est plus qu’un Clair de lune,dans un ciel Sans
nuages,elle est un Clair de lune qui baigne Dans la profondeur d’un
Regard qui tarde. Marche poème 3 126.Le poème élèvera les Mères vers
le plus haut De leur espoir,il ne salira Pas leurs mains
écorchées, Ni leurs humbles paroles, Il sera un hommage à Leur vie
de labeur. 127.Derrière une porte ou Dehors des lèvres récitent Des
mots imperceptibles Qui tarraudent ta Conscience comme une
Conscience fouettée. 128.Comment te parler Lorsque chaque jour les
Grilles sont astiquées Autour de ma pensée,en Un mur qui s’élève comme
Pour atteindre les nuages Gorgés et frêles qui Peuplent le
ciel. 129.Comment te dire de Tendres pensées lorsque Toutes mes
fibres sont Griffées pour se vider De ce flot que tu Aimais dans un
regard. 130.De tendres pensées Deviennent parfois
Méconnaissables.Ce N’est qu’après Longtemps après Lorsqu’elles
reprennent Leur éclat du jour Qu’elles reconnaîtront La main
innocente. 131.Car sur la main tendre Et innocente ont été Déposées
des
injures qui La recouvrent entière Maintenant. Famine au Sahel 132.A
ses côtés il y’aura Plein d’herbe Il y’aura de l’eau Pour arroser les
arbres. 133.Ses amulettes Accrochées à son cou Il regarde
longtemps Le paysage Son bâton à la main Plein de dessins. 134.Cela
fait longtemps Qu’il n’y a pas plus d’eau Que le sable recouvre
L’étendue soufflé Par le vent. 135.La mine a emporté Beaucoup
cette année Certains sont restés Bloqués Par les éboulis. 136.Le
soir Il y’a leur souvenir Il y’a leurs mots Il y’a leur départ Le
matin. 137.Les baraques Sont vieilles Et couvertes de poussière A
l’intérieur il n’y a Qu’une faible lumière Qui éclaire Les visages.
138.Le soir on parlera De la mine Le visage Encore presque Couvert de
poussière Que chaque jour L’on ramène. 139.Hamid est parti
en bateau, Dans un vieux bateau, Il avait peu d’argent Dans les
poches, Il vivait d’espoir. 140.Il partait Au loin, Là il avait espéré
Mais il n’avait Rien trouvé. 141.Il était jeune, Il voulait
chercher La vie ailleurs, Là il n’y avait Rien. 142.La nuit chez
lui, Il n’avait pas dormi, La nuit chez lui, Il est resté A rêver.
143.Il a revu Tout le monde, Il a revu son enfance, Le voyage
l’angoissait Mais il faut partir Quand même. 144.Partir loin, Là ou’
il y’a La vie, Partir loin Au-delà de la mer. 145.Le soir On ne sait
pas encore S’ils reviendront Le soir on les attend Jusque
tard Les yeux vers le ciel. 146.La mine a emporté Beaucoup cette
année Parfois c’est la roche Qui a cédé. 147.Combien de temps
Attendrai-je encore, Chaque soir Le même rêve Revient. 148.La nuit
C’est l’espoir De te voir Un jour revenir Comme pour La première
fois. 149.On parlera De ces enfants Qui ne reverront plus Peut-être
leur père Du trou Dans lequel On s’engouffre. 150.On parle du
bruit Qu’il y’aura De la poussière Qui montera De ceux Qui ne
reviendront Peut-être pas. 151.Le soir On prie pour eux On prie
longtemps Pour eux A la faible lumière Dans les cabanes. 152.Parfois
le
vent souffle, Il ramène plein de sable Et plaque le troupeau Parfois
il souffle toute La journée on ne sait Pas d’où’ il vient. 153.Il
traverse Peut-être Des contrées lointaines Personne ne le
sait. 154.Il souffle Dans mon visage Il souffle dans les arbres
comme s’il veut me parler. 155.Parfois Le feu reste allumé parfois
quelques uns veillent jusque tard. 156.Ils ramènent le bois de
loin, Ils le ramènent A plusieurs Sur le dos. 157.Toute la journée
on le met en tas De petits tas Polis par le vent. 158.Je ne sais pas
Ce qu’il y’a dans dans ton regard Je ne sais pas Ce que tu
penses Je sais seulement Que tu es à moi. Le verger de grand père.
159.L’automne a déposé Sur les feuilles Ses poussières L’automne a
déposé Sur la terre Ses poussières. 160.Des poussières Jaunes
Qui vont Jusqu’aux pâturages. 161.Le ciel gris Enveloppe Comme ma
mémoire. 162.En automne Les chemins sont couverts De poussière Au
passage Des troupeaux. 163.Tes pas s’impriment Chaque jour Tes
pas Je les connais Ils vont Jusqu’au loin. 164.Les pas Sur les
chemins Vont jusqu’aux Pâturages. 165.Le soir Je te vois revenir
Harassée Et couverte De poussière. 166.Ces arbres Font de l’ombre En
été, Ces arbres T’accueillent Pour une halte. 167.Ces arbres
Connaissent grand père, Il les a plantés Et arrosés. 168.Il en a fait
Un verger Ou’ maintenant Tu te promènes. 169.Dehors Il faisait
froid, Le vent soufflait Glacial Sur les faces. 170.Cet automne, Je
ne sais pas Si tu seras là, Je ne sais pas, Si tes pas Effleureront
les feuilles. 171.Ces arbres Tu les connais, Leurs oiseaux Tu
les connais. 172.Je te montrerai Un chemin, Celui que j’emprunte
Chaque matin. 173.Ce verger Grand père l’a planté, Il y’a longtemps,
Il avait deux seaux Pour l’arroser. 174.Il l’arrosait Le matin
et le soir, L’eau il la ramenait De la grande rivière. 175.Des
saisons Sous la pluie, A mettre En tas. 176.Demain Lorsque tu
viendras, Je ne sais pas Si tu me reconnaîtras. 177.Demain, Je te
ferai
visiter Les champs en fleur Et les chemins Que j’emprunte. 178.Je ne
sais pas Si tu reconnaîtras Le verger Et ma voix. 179.La plantation
Est grande, Et on est si peu, Si peu Pour la récolte Qui
dure des saisons. 180.La récolte dure Parfois des saisons, Des
saisons Sous le soleil. 181.La guerre A commencé Une nuit d’hiver, Une
nuit de froid. 182.J’avais perdu Ma maison, Ma terre Et mon
troupeau. 183.J’avais perdu Ma liberté, J’avais perdu Mon pays Que
mes aieux M’ont laissé. 184.On était Couvert de haillons Seulement Que
le vent emportait. 185.La plantation est grande, Parfois on
met Beaucoup de temps Pour aller Jusqu’au bout. 186.Parfois On met
des heures Pour aller Jusqu’au bout. 187.La guerre est destruction,
Rien n’est resté, Même pas Les forêts. 188.Tout A été brûlé,
Les récoltes Et les maisons. 189.On est resté A errer Sur les
chemins, A errer Presque nus. 190.Cette nuit Ou’ il a plu, Beaucoup
plu, Jusqu’au matin. 191.Novembre pour nous Est la liberté, Il est
pour nous La délivrance. 192.La délivrance Du joug colonial, De
cette nuit Qui a duré on ne sait Pas beaucoup combien. 193.Ces arbres,
Grand père les a plantés, Alors que j’étais petit. Il les
arrosait D’une rivière, D’une grande rivière Qui passait à côté.
195.La guerre A tout détruit Forêts Et villages. 196.La récolte aussi,
Ainsi que les maisons, Elle a duré Le temps d’un âge. 197.On
ne sait pas Quand est ce que Elle a commencé, Cela fait des années
Peut-être. 198.On ne sait pas Au début, Il y’a eu novembre, Cette nuit
d’hiver. 199.Ces sentiers Qui mènent Aux jardins étagés,
Ou’ l’on plante Des choses Pour toi. 200.Ces arbres, En automne Le
vent souffle Dans leur branchage. 201.En été, Elles font Beaucoup
d’ombre Pour ceux Qui passent. 202.J’avais perdu Ma liberté Et
mes terres, Celles que m’ont laissé Mes aieux. 203.J’avais perdu Mon
troupeau, Tout mon troupeau Dans les hautes plaines. 204.Lorsque tu
seras là, Je te ferai visiter Ces sentiers Que tu ne connais
pas. Fin. Titre : Des jours à venir. Genre : poésie. Sommaire : .
Des jours à venir. Famine au sahel. Le verger de grand père
7.L'hymne à l'amour
L'hymne à l'amour. 01.Chaque jour il me faut une feuille pour te fêter
et te parler de demain que la gaieté dans la voix sait si bien rendre
vivant. 02.Pour te raconter comment le sourire peut
s'étendre jusqu'aux coins les plus reculés jusqu'à l'infini. 03.Pour
te raconter comment de ton sourire naît demain plus grand qu'un rêve.
Pour te raconter. 04.Plus grand que les rêves que tu
cherches le matin dans ta mémoire. 05.Pour te raconter comment de
cet espoir têtu que tu portes en toi naît demain sur les cîmes
resplendissantes de lumière. 06.Pour te raconter une fleur à la main
la fête qu'il y'aura dans tous les lieux même dans ceux que tu ne
connais pas encore. 07.Dans ceux que tu ne connais pas encore tu
entends même dans ceux que tu ne connais pas encore même dans ceux
que tu ne connaîtras pas et qui peuplent tes pensées d'images
couleur du sourire qui sait rendre si vivant demain. 08.Et qui savent
raconter comment de l'espoir têtu de cet espoir si simple naît
sur les cîmes resplendissantes de lumière demain grand plus grand
qu'un rêve que la mémoire perd avant le matin. 09.Te parler de demain
est si beau que la gaieté s'empare de ma voix pour l'auréoler
de sa chaleur. 10.Te parler de demain la gaieté dans la voix est si
beau que je ne m'en lasserai jamais. 11.Car demain est ce jour qui se
déplie il est ce jour que tu déplies et là ou' il y'a une
ombre tu mets une lueur qui demeure la vie entière. 12.Qui ne
disparaît jamais qui grandit et en s'agrandissant met un peu de ce
qu'elle porte en elle là ou' il y'a une ombre qui a persisté. 13.Qui
s'est déposée là ou' aucun pas n'a été entendu depuis très
longtemps. 14.Lorsque l'ombre a inondé la plaine la lumière qui baigne
les pétales s'est vite logée dans le coeur des bourgeons qui
ouvriront les yeux à chaque saison. 15.Qui ouvriront les yeux pour
voir un rayon se déposer lentement un rayon déposer lentement ses
couleurs et les veiller jusqu'au crépuscule. 16.Pour voir des
rayons déposer leurs couleurs en arcs en ciel en un immense arc en
ciel sur toute la plaine. 17.Lorsque l'ombre a inondé la plaine une
fois et que les yeux des bourgeons se sont ouverts partout
des rayons se sont déposés en un immense arc en ciel. 18.Immense et
là ou' le regard se porte dans sa chaleur toutes ses couleurs se
déposent en un hymne à la vie. 19.En un hymne à la joie que le
geste que la voix porte en paroles de chaque jour. 20.Un hymne à la
joie que demain embellit déjà de sa présence logée au fond des
pupilles comme un coeur au regard. 21.Un hymne qui annonce la
grandeur que portent les siècles en une marche qui ne finit jamais
de tracer au passage une âme au grain. 22.Au passage au grain une âme
pour qu'à la levée un arôme de vie embaume jusqu'à ses
profondeurs toute l'atmosphère. 23.Un hymne que portent les siècles
en une flamme qui a sillonné des ères jusqu'aux âges ignorés sans
s'éteindre. 24.En une flamme dans tous les âges portée sans
s'éteindre comme un hymne à la vie jusqu'aux confins de l'univers.
25.Un hymne qui remplit les siècles dans toute leur atmosphère de
chants en choeur qui déposent leur chaleur en rayons de lumière.
26.En rayons dans la lumière lorsque les yeux s'ouvrent pour
accueillir le jour qui naît et le mettre à l'horizon. 27.Le jour qui
naît à l'horizon en rayons de lumière apporte de la profondeur des
âges la splendeur du renouveau en souffle infini aux siècles. 28.Qui
entonne déjà le chant de demain comme une certitude qui embaume tout
sur son passage d'une marque qui ne s'efface pas. 29.Qui ne
s'efface pas comme un soleil dans le ciel au jour de printemps le
plus beau lorsque l'atmosphère entière se pare d'un sourire. 30.Comme
une infinité d'étoiles qui remplit de sa douceur la nuit
d'été ou' la pleine lune dépose sur les feuilles les lueurs de
l'aube. 31.Comme le bleu de la mer qui se perd à l'horizon en une
ligne qui se continue tout le long du rivage. 32.Comme des rayons
dans l'olivier qui s'élèvent qui sillonnent la terre jusqu'à ses
profondeurs inconnues. 33.Comme un soleil qui rayonne dans le ciel
comme une nuit douce à la belle étoile comme le bleu de la mer
étalé sur l'horizon comme des rameaux d'olivier qui s'élèvent de la
terre pour porter dans leur sève la lumière. 34.Cette année les
rameaux se sont gorgés de fruits comme d'un sourire au passage
devant un palmier. 35.Et dans la brise qui les enveloppe de sa douce
étreinte un chuchotement naît tel le premier chant d'un hymne à
l'amour. 36.Un premier chant qui donnera un autre comme une
certitude qui remplit les paumes de demain d'une poignée de grains
lancée à toute la surface. 37.Les paumes de demain caresseront toute
la surface et de cette caresse naîtront des épis qui
parleront au soleil. 38.Ils parleront longuement au soleil avec sur
la langue sa lumière avec sur les lèvres sa lumière avec dans les yeux
sa lumière. 39.Ils lui diront l'hymne à la vie que trace
la petite flamme comme un sillon dans les ères. 40.Ils lui diront
longuement l'hymne à la joie présent dans le visage présent dans toute
sa grandeur comme la peau au visage. 41.Ils lui chanteront
l'hymne à l'amour qui les a engendrés lorsque les mains se sont
assemblées en une étreinte du futur. 42.En une étreinte alimentée par
un coeur qui bat au rythme des pensées de demain. 43.Ils
chanteront au soleil comment la lueur est née comment la lueur s'est
répandue comment la lueur s'est répandue et s'est déposée lorsque deux
mains se sont assemblées. 44.Lorsqu'elles se sont
assemblées dans le regard dans ce regard une promesse en une ondée
de chaleur s'est étalée à tout le visage. 45.A tout le visage et
pendant un moment il y'a eu comme un instant d'oubli une sorte
d'oubli une ondée de chaleur qui loge lueur dans chaque fibre.
46.Lueur dans chaque fibre lueur dans une fibre lueur qui grandit
lueur qui apprend à parler au soleil. 47.Qui parle au soleil qui
parle longuement au soleil qui chante au soleil le plus bel hymne le
plus bel hymne peut-être l'hymne à l'amour. 48.Un chant qui donnera
d'autres comme une promesse faite au départ de chaque matin
lorsque la fraîcheur de la veille ruisselle parfois en une petite
larme. 49.Lorsque parfois elle occupe tout le regard d'un éclat
bizarre de cet éclat étrange de cet éclat profond qui éveille comme
une fibre en dormance. 50.Lorsqu'elle recouvre les rides les mains
durcies les mains tendres comme une caresse comme une longue caresse
sur un sourire juvénile. 51.Comme une promesse qui éveille
après un long sommeil un très long sommeil ou' au fond une chose ne
s'est jamais éteinte. 52.Une chose qui n'a pas disparu sous le poids
des années une chose que rien n'a altérée une chose restée
vivante comme une saison qui revient plus belle. 53.Comme une saison
qui se lève qui avance habillée du jour dans toute sa grandeur.
54.Comme une promesse que rien n'a altérée que les gestes du
matin que les gestes du soir en joies du jour remplissent de vie un
peu plus à chaque fois. 55.Que le départ au matin lorsque la fraîcheur
de la veille s'efface à chaque pas dépose en une certitude
à tout l'horizon. 56.Que les gestes du matin que les gestes du soir
en une infinité de joies remplissent de vie cette couleur du jour pour
demain. 57.Pour demain dès l'aube pour les matins qu'il
y'aura pour les matins qui reviendront avec comme à chaque fois un
souffle au souffle. 58.Avec plus de lumière dans le regard avec plus
de lumière accrochée au passage avec plus de lumière pour les
regards qui éveillent le matin pour le mettre au dessus de
l'horizon. 59.Là ou' en passant le soleil étale sa lumière comme un
arc en ciel qui entoure tendrement chaque grain de la terre.
60.Qui loge dans chaque grain de la terre pour qu'à la levée il le
répande pour qu'il entoure tendrement chaque grain de la terre. 61.Qui
loge dans la voix du sourire en une voix pour le sourire
qui en s'élargissant rayonne dans tous les visages. 62.Qui loge dans
les gestes du matin dans les gestes du soir en joies d'ou' naîtra le
futur qui s'étalera en lumière du jour à tout l'horizon.
63.Comme un arc en ciel sur les pousses qui s'éveillent de leur
dormance pour contenir les rayons de tout le soleil. 64.Comme un arc
en ciel en éclats tendres qui recouvrent de leur caresse jusqu'à
ses recoins toute la dormance. 65.Jusqu'à ses recoins ou' des éclats
tendres enlacent d'une étreinte arôme du futur dans sa grandeur toute
la caresse. 66.Dans toute sa grandeur de caresse en un
rayon que le matin annonce en promesses du futur. 67.En promesses
nées de la beauté du rayon qui porte en lui une infinité d'images.
68.Des images qui donnent sa beauté au soupir des images qui
rayonnent de certitude de cette certitude que demain sera beau.
69.De cette certitude qui nourrit de couleurs les images que les
siècles verront s'embellir verront grandir pour leur donner un air
de fête. 70.De cette certitude dans la poitrine qui fait naître à
chaque instant un chant qui durera des siècles. 71.De cette certitude
dans des gouttes de sueur qui irrigue de sa chaleur pour que
dans leur présence qu'elles tracent en souvenir jaillisse un champ
de bourgeons. 72.De cette certitude couleur gaie de tous les pétales
qui offrent leur lumière à la main qui cueille une poignée et
la mettre dans l'autre. 73.Dans l'autre pour qu'elle l'accueille et
orne au printemps d'une fleur la chevelure sur tous ses contours.
74.Dans l'autre pour qu'elle l'arrange en auréole de lumière
hymne à la paix. 75.Dans l'autre pour qu'elle dépose sur les pétales
pour qu'elle dépose sur leurs couleurs quelques mots à chaque fois
nouveaux pour qu'elle parle aux pétales d'un langage ou' les
hymnes se succèdent. 76.Pour qu'elle parle à toutes leurs couleurs
du jour ou' elles se déposent dans toute leur splendeur en lumière sur
les feuilles et raviver de sa douceur ce que la dormance
berce. 77.Pour que demain lorsque les pétales parlent sur leur
langue se succèderont tous les hymnes en un jour immense fait de jours
ou' chaque matin voit le sourire grandir.
78. 79.Pour que demain leurs couleurs
donneront son véritable teint au jour à la nuit à la fraîcheur du
matin au matin au sourire au geste quotidien. 80.Pour que demain
lorsque leurs couleurs parlent dans la chaleur de la voix se lève
à chaque fois en promesses futures un jour nouveau. 81.Des promesses
que les départs quotidiens au matin sur le beau chemin plein de gaieté
dans la voix élèvent pour que le rêve que mûrit la marche
de sa caresse vivifiante naisse à chaque fois plus grand. 82.Ce rêve
le jour par sa présence la nuit par sa présence tout le jour par sa
présence a fait qu'il sillonne les ères pour nourrir la
mémoire de l'arôme envoûtant du futur. 83. 83.Ce rêve ne date pas
d'un jour il ne date pas d'une nuit il est là chaque matin dans le
sourire dans le regard sur les feuilles en paroles pour demain.
84.En paroles de demain qui déposent leur lumière en un hymne à la
vie jusqu'au fond des pupilles là ou' le jour n'existait pas. 85.En
paroles de demain ou' la lumière se dépose en aube qui
rayonnera en sensation si douce qu'elle donnera au geste dans toute
sa grandeur comme un rayon de la plus belle saison. 86.En paroles de
demain ou' la lumière dépose toute la beauté des saisons de
toutes les saisons en un hymne à la joie dans les grains qui lèvent.
87.Dans tous les grains qui lèvent tel de ton regard dans toute sa
grandeur à son retour apparaît déjà immense le sourire en un
hymne à la paix en joies que tu alimentes de ta chaleur. 88.De ta
chaleur naît l'immensité dans le sourire qui apparaît déjà en un hymne
en un hymne à la paix en un chant qui sera dans une voix
dans toute une voix comme dans une infinité de voix cet amour qui ne
s'épuise pas. 89.L'eau a tout emporté, même les petites pousses, il
n'est resté que vase jusqu'au loin. 90.La vase couvrait le
sol, jaune et visqueuse. 91.Ce soir, le vent a soufflé, il venait
d'un lieu que je ne connais pas. 92.Il venait de loin, de derrière les
montagnes. 93.La brume s'est collée aux collines presque
toute la journée, presque toute la journée, il a fait froid.
94.Froid à mes mains, froid à mes pieds qui savent marcher. 95.Au
loin,il pleuvait, le vent soufflait le vent soufflait dans les
branchages, il emportait les feuilles jusqu'au loin. 96.Les chemins
étaient pleins de boue et d'eau, pleins de mes pas. 97.Il était plein
des pas de chaque jour qui vont jusqu'au loin vers les
pâturages. 98.La famine a tout emporté, il n'est resté personne au
village, brûlé de soleil. 99.Troupeaux et hommes sont partis vers
d'autres horizons, point de source ici, point d'eau pour se
désaltérer. 100.Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu de pluie,
qu'il n'y a pas eu de nuage dans le ciel. 101.Maintenant, lorsque je
regarde au loin, je vois le ciel se dégager, je vois les nuages
courir et le vent souffler. 102.Je vois dans la plaine, l'eau
emporter la terre et ses petites pousses. 103.Je vois dans la plaine
l'eau emporter les arbres et leurs feuilles. 104.Cet hiver, il a
fait froid, il a neigé sur les sommets, il a neigé sur les sommets
au pied du ciel. 105.Il a neigé, loin devant moi, la neige couvrait
tout, même les branchages. 106.Il n'y avait pas d'oiseau, ni
de cri d'enfants, tous sont rentrés pour se chauffer autour d'un
feu. 107.Il a toujours les yeux vers l'horizon, vers le ciel pour voir
s'il y'a quelques nuages. 108.Dans ma mémoire, il y'a ton
sourire et chaque chose que tu aimais. 109.Il y'a tes promenades au
crépuscule, au bord de l'eau, il y'a tes pas dans le sable et le vol
d'oiseau dans le ciel. 110.Tes lettres, je les retrouvais
plus froides, à croire que tu avais oublié mes étreintes. 111.La
nuit, Je repense à toi, Je repense à tes mots, Pourrais-je alors
t'oublier. 112.Demain dit-il, Nous planterons Des vergers Qui feront
de l'ombre En été. 113.Il avait plu Toute la matinée, Le vent était
si fort Qu'il était parfois Impossible de marcher. 114.Le sol Etait
boueux, Tu ne savais presque Pas marcher. 115.Chaque jour, Tu
ramènes le troupeau, Loin aux pâturages, Il ne revient Que le soir,
Lent. 116..Cet hiver, Il a fait froid, Parfois il fallait Ramener le
bois De loin, On sortait en courant Et on marchait.
117..Sous la pluie, On amassait des bouts Qu'on mettait en tas.
118..L'oued en crue Emportait tout, Même la récolte, Ses eaux jaunes
Coulaient parfois Avec bruit Jusqu'à l'embouchure. 119..Ou' si
peut-être Qu'on leur a donné Un nom, Je l'ai jamais demandé
D'ailleurs. 120..Elles poussent Loin dans les champs Et se réveillent
la nuit, Elles poussent une fois, Une seule fois Au printemps
seulement. 121..Cette fleur, Je l'ai vu blanche Jusqu'au loin,
Blanche Dans mes rêves, Je ne sais pas Si elle a un nom, Je ne connais
Que son toucher. 122..Je l'ai vu Sous les arbres, Un tapis aux
arbres, Je l'ai vu Sous leur ombre, Cette fleur Est dans les près,
Elle pousse A chaque printemps. 123...Elle pousse tôt, Aux premières
pluies, Blanche au soleil, Blanche au vent Qui l'arque un
peu. 124..Cette fleur, Je ne connais pas Son nom, On ne me l'a
jamais dit, Je ne sais pas Si elle en a un, Je sais qu'elle pousse
Dans les champs. 125..Un jour Ou' il pleuvait A torrents, Un jour
ou' le ciel Etait couvert. 126..Tu étais partie Sans rien dans les
mains, Il y'avait dans ta tête Quelques idées Que tu râbachais. 127..A
croire Que tu avais oublié, Elles sont pleines De mots Pour
toi, Des mots que je choisis, Chaque jour Pour toi. 128..As-tu
oublié Nos nuits A la belle étoile, As-tu oublié nos nuits Sous la
pluie. 129..Des fois le vent soufflait Et tu ne le savais pas, Des
fois il pleuvait, Il pleuvait beaucoup Et tu ne le savais pas.
130..Tu marchais Les yeux devant, Loin devant, Il n'y avait en toi
Qu'un souvenir, Un vague souvenir Que tu as hésité De me dire.
131..Je t'ai priée De te regarder, Mais tu ne l'as jamais fait, Je
t'ai priée de penser A mes mots, Mais tu ne l'as jamais fait.
132..As-tu oublié Mes étreintes, La nuit A la belle étoile, As-tu
oublié Mes étreintes Sous la pluie. 133..Le soir, Je viendrai te
prendre Chez toi, Et te parler Du pays. 134..Au loin, Les nuages
montent Poussés par le vent, Des nuages bas et gros, Des nuages que
le vent Souffle Jusqu'au loin. 135..Pendant des journées, Le soleil
n'est pas apparu, Partout,il y'avait Des flaques d'eau, Partout il
y'avait Le froid. 136..Parfois On ne pouvait Même pas marcher,
On restait Chez soi cloîtrés Devant un feu. 137..Le vent poussait
Les vagues Vers le rivage, Elles faisaient quelques mètres Et venaient
finir Sur le rivage. 138..A chaque fois, Elles emportaient
Un peu de sable, J'ai vu cela depuis des années, Je me mets debout
Sur le rocher Et j'admire le paysage. 139..Le vent souffle Sur les pas
imprimés, Parfois, c'est l'eau Qui les emporte, Parfois le
vent Les efface et laisse Quelques dunes. 140..Cet hiver, Il a fait
froid, Il a fait partout froid, Parfois on ne savait pas marcher, On
restait cloîtrés, Chez nous Devant un feu. 141..Le feu
ravivait nos doigts Et donnait du sang A nos visages, De la fumée
Monte de la cheminée Toute la journée. 142..Sur les montagnes, Il
y'avait même de la neige, Cet hiver il a neigé même Sur les
chemins. 143..Elle est là Depuis les premiers nuages, Inhabituelle,
Elle est comme un manteau Aux montagnes, Brillante au soleil Lorsqu'il
apparaît. 144..L'oued regorge d'eau, Ses eaux jaunes
Occupent même la plaine, Elle recouvre les chemins Et empêche même
De marcher. 145..Des fleurs blanches Sont dans toute la plaine, Ce
printemps. Des fleurs blanches Que je connais, Des fleurs
blanches Que j'ai vu, Je ne sais pas ou', Peut-être dans l'oranger.
146..Ailleurs, Je la dessinais Sur tes feuilles, Je la dessinais
Toutes les nuits. 147..Depuis longtemps déjà, La neige recouvre
Les sommets, Elle s'étale jusqu'au bas Des montagnes. 148..Elle
s'étale Blanche Brillante au soleil Lorsqu'il apparaît. 149..Le feu,
On l'allumait très tôt, Le bois on le ramenait De dehors, On
sortait sous la pluie, Puis on s'engouffrait Dans la forêt, On ne
revenait qu'après, Les bras chargés D'un tas. 150..On restait Comme
ça, Pendant des mois, Jusqu'aux premiers rayons De soleil.
151..Lorsque le soleil apparaît, Nous sortons en grappe Vers la
plaine. 152..On remplit ses oreilles Et ses chemins, On remplit ses
près Et ses arbres. 153..Les chemins Connaissent tes pas, Ils les
voit chaque jour Aller loin. Chaque jour, Tu pars tôt, Tu ne reviens
Que le soir Un peu fatigué. 154..Il a plu Toute la journée, Les mares
d'eau Se sont formées Sur le sol, Elles ont couvert Tout
le chemin. 155..A côté, Il y'a des fleurs bleues, Des fleurs jaunes
Qui s'étalent au bas des arbres, Qui s'étalent à leur pied Comme un
manteau A leurs racines, Qui recouvrent leurs racines.
156..La plaine cet hiver Est recouverte d'eau, Une eau jaune Même
sur les chemins Qui empêche de marcher. 157..Je ne sais pas Si tu as
reçu mes lettres, Elles sont longues, Je les ai écrites La
nuit, Elles sont notre souvenir Commun. 158..Je ne sais pas Si tu te
rappelles, Les nuits dehors Dans le froid, A la belle étoile. 159..Je
ne sais pas Si tu te rappelles Notre coin, Personne ne le
savait, C'était notre secret. 160..Personne ne savait Ou' on allait,
Je t'appelais Et on sortait, Je t'enlaçais Et on partait, On restait
des heures Dans le froid. 161..On restait des heures, A la
belle étoile, Parfois jusque tard, Ensuite on revenait Se coucher.
162..Je ne sais pas Combien de mots Il y'a eu, Mille mots peut-être,
Je ne sais pas Combien de regards Il y'a eu. 163..Je ne sais
pas combien De souvenirs il y'a , Mis là, A l'écart, De longues
lettres Que je t'ai écrites La nuit Presque à l'obscurité. 164..Je ne
sais pas Si tu les lues, Tu ne le savais Peut-être pas, Tu
étais partie Sans le dire, Tu étais partie Au loin. 165..Un jour, on
me l'a dit alors qu'il faisait froid, tu étais partie, tu n'avais rien
dans les mains. 166..Je t'ai vu monter, je ne savais pas
ou' tu allais, tu avais les yeux devant vers le ciel. 167..Ce
printemps, il y'aura des fleurs que tu aimes dans les près, il y'aura
des fleurs pour toi dans les près. 168..Ce printemps son ciel sera
bleu, ce printemps tu pourras marcher sur les chemins jusqu'au loin.
169..Le temps qu'il fait, je ne le sais pas, tu étais partie sans le
dire, tu étais partie un jour de pluie. 170..Je te
regardais de loin, je te regardais marcher, le ciel était couvert de
nuages et un vent fort soufflait. 171..Tu regardais devant et tu
marchais, tu montais une grande colline, autour le paysage
était tranquille, plein d'arbres devant et le chemin. 172..Ce chemin
chaque jour je le traverse, ce chemin, je t'apprendrai à le connaître,
ce chemin connaît mes pas, il connaît toute mon enfance.
173..Il n'y avait pas ou' mettre les pieds jusqu'au loin. 174..Dans
les près, j'ai vu la pluie tomber, j'ai vu ses eaux tout emporter, il
n'est resté que vase jaune sur le sol. 175..Le chemin est
couvert des pas qui mènent aux pâturages, chaque jour, je l'emprunte
tôt le matin. 176..Chaque jour, je le prends comme beaucoup d'autres,
le visage au vent, le froid dans les mains. 177..En hiver,
le feu reste allumé toute la journée. De loin, on voit la fumée
monter des toits. 178..La neige s'est étalée sur les montagnes, toute
la saison, beaucoup d'arbres ont été emportés, la tempête a
duré des journées. 179..J'ai vu l'eau miroiter au soleil, j'ai vu
les flaques sur le sol. 180..Je t'ai vu longtemps marcher. As-tu
oublié nos nuits à la belle étoile et nos rêves d'enfance.
181..As-tu oublié ces nuits, ou' je te parlais du pays qu'il y'aura.
182..Ce pays, son nom m'obsède, chaque nuit, je me retrouve à le
prononcer, à voix haute, comme s'il était en face de moi.
8.Souvenirs.
Souvenirs. 01..froid glacial. Froid dans mes mains durcies froid sur
mes Joues rougies vent qui souffle dans mes cheveux Froid qui vient
des hautes montagnes. 02..printemps. Cette année le
printemps a changé de Manteau dans les près jusqu'au loin il Y'avait
des fleurs blanches jaunes Des fleurs bleues que j'ai cueillies.
03..Liberté. La liberté est ce mot écrit d'une encre Blanche
sur un mur écrit maladroitement Parfois sur un vieux mur. 04..Vent
de liberté. Vent qui souffle sur mon pays vent qui Souffle sur la
terre ou' je suis né qui me Réveille de ma somnolence qui a duré
des Années. 05..Ou' aller lorsqu'on sait que là ou' on arrive Mille
barrières se dressent imposantes devant nous. 06..Guerre On a connu la
faim on a connu le froid On a vu l'horreur jusqu'à la lie
on a vu La guerre dans les yeux des enfants on a vu la Guerre dans
les pleurs des mamans. 07..Un poème tes mains douces Chaudes Serrées
Contre mes joues. 08..Vent qui souffle Vent sur les toits
rouges, Vents sur les seuils Couverts de poussière Vent dans les
rues Désertes Maintenant. 09..Présence. Présence A mes côté Etre Rêve
enfoui Au plus profond De ma conscience. 10..Paysages du sud.
Sable ocre Rampant jusqu'au loin Et chaleur torride, Il n'y a qu'une
brise Qui rafraîchit De temps à autre L'atmosphère. 11..La guerre a
fait rage Que de souffrances Et de destructions Beaucoup ont
perdu La maison Beaucoup Ont pris le chemin Pour un autre lieu.
12..La guerre a fait rage Des années de destruction Et de famine Des
années Ou' on nous emmenait La nuit Des années Ou' l'on se
couchait Dehors Dans le froid Ou à la belle étoile. 13..Ville martyr
Aux rues couvertes De pierres Ville martyr Aux nuits agitées Ou' le
ciel S'embrase Jusqu'au matin. 14..Rues jonchées De débris,
Rues couvertes De pierres Ou' personne Ne passe Rues désertes Ou'
les moteurs Se sont tus Rues désertes. 15..Voyage. Voyage Comme un
oiseau blanc Battant des ailes Loin dans les cieux Voyage sans
retour Au-delà de l'horizon. 16..Ville sous les décombres. Décombres
Fumant encore Ville détruite, Pierres Jonchant le sol Enfant cherchant
En vain Quelque objet Cher. 17..Jardin enchanté Que je
connais Gros seins que j'ai caressés, Je me remémore A chaque fois
Comme au premier jour. 18..Neige sur les sommets, Pureté des hauteurs
Ciel bleu rempli de lumière et soleil qui monte haut pour
rechauffer la terre. 19..Qu'as-tu A ne pas savoir Qu'ici ou ailleurs
Il y'a du soleil Sur les montagnes. 20..Cours d'eau. Le cours d'eau
Qui traverse ma ville A ses racines Dans la montagne Il
longe rocaille Et forêt Jusqu'à la grande plaine. 21..Pureté des
hauteurs Vide limpidité Eau qui miroite Au soleil tranquille Eau jaune
Qui vient des montagnes Peuplées de légendes Pour habiter
Toute la plaine. 22..Eau qui vient Des montagnes Qui vient peut-être
D'une autre terre Eau jaune Qui vient des montagnes Pour habiter Toute
la plaine. 23..Ces jour-ci La nature a mis Son plus beau
manteau Partout ou' l'on regarde La nature s'étale Verte parfois
blanche. 24..Souvenirs d'enfance Regard sur la campagne Au printemps
Regard sur ses oiseaux Qui volent haut Dans le ciel Inondé de
lumière. 25..Souvenirs des jours Ou' je t'ai connue Pour la première
fois Souvenirs des jours Ou' je t'ai vue nue Entière Dans mes bras.
26..Souvenirs d'enfance, Images enfouies Dans la mémoire
Regard sur la campagne Au printemps Souvenirs enfouis Comme des
objets chers Jaunis par le temps. 27..Les mots me manquent pour te
dire de rester Malgré la tempête,et puis il y'aura le toit Pour
empêcher les mots de se perdre dans L'atmosphère. 28..Te laisser
partir seule crois-tu pouvoir trouver Le chemin,tes yeux pétillants de
fraîcheur ignorent Les embûches qui se dressent à chaque pas.
29..C'est vrai,tu ne voulais que vivre chaque instant, Chaque jour
comme pour vite partir,c'est vrai ta Voix,ton image,tout cela est en
moi,comme Une vague qui naît et disparaît tel l'éclair,il
n'est Resté que le ciel avec ses nuages. 30..Ce silence dans le
couloir,à croire que tous sont Morts,morts de froid comme des oiseaux
qu'une Bourrasque plaque au sol. 31..Tu savais aussi
parler,rien ne gênait même pas Ces petites bêtises qui s'ajoutaient
à tes idées et puis Tu savais attendrir.Je me souviens de tes
larmes,de Tes sanglots d'adolescente,elles coulaient de tes yeux
rougis De toute une année de gaieté,chaudes,immenses sur Tes
joues,et puis ils sont venus te chercher,des Hommes et des femmes
pleins de couffins d’où' s'échappent Quelques gateaux,les bras
brillants d'or et les souliers Astiqués. 32..Un homme ronfla toute
la soirée,il était Le dernier à s'éloigner des coufins et quand Il se
réveilla,il devait partir. 33..Ils sont partis sans
klaxons,sans rires, Seulement une grimace que la nuit cache et De
temps à autre un soupir. 34..Le lendemain adolescente tu n'as rien
dis, Les autres jours aussi,même pas un mot Pour moi,tu es
restée à revoir la Soirée et leurs manières de te regarder et Puis
les bracelets les colliers et les belles Bagues,très jaunes,très
propres scintillantes A te faire mal. 35..Et puis ils sont venus
te chercher des hommes et Des femmes pleins de coufins d’où'
s'échappent Quelques gateaux les bras brillants d'or et les Souliers
astiqués,,ils étaient alignés du portail Jusque chez toi,un sourire
forcé sur toutes les Lèvres.Ce soir,on étalera les coufins pour se
taire Ensuite,bizzare,ils étaient mille,mille à se Taire entre ces
murs ou' on sue. 36..Ils ne se regardent même pas,ils attendent
tard Le soir même ils sont partis courbés de tristesse Qu'on les
fasse attendre une femme pressée et Fatiguée de parler oublia ses
bijoux. 37..Consumer cette horreur la haine Accumulée comme des
années sur un Dos un peu voûté. 38..J'apprendrai aux enfants à se
Nourrir de racines et de petits fruits Mûrs,je leur apprendrai à se
Nourrir de mots tendres et d'étreintes. 39..Les mots me
manquent pour te dire de Rester malgré la tempête et puis,il Y'aura
le toit pour empêcher les mots De se perdre dans l'atmosphère. 40..Ils
partent tôt le matin le cœur Pressé quand les enfants
dorment encore, Ils partent au chant du coq,obsédés Par des images
cachées en souvenir,dans Un léger portefeuille délavé. 41..Ils partent
effrayés par l'homme De là-bas,meurtris par cette injuste
Destinée,ignorant leur sort celui de la Mère et des enfants,ils
partent Vieux et moins vieux enflammés de Courage dans un bateau
complice un Regard derrière. 42..La mère ne mendie plus elle ne tend
plus Sa main car le père est là. 43..Je te vois lumière immensité de
blondeur bel Epi de blé rieur qui me hâpe. 44..Je te vois le sourire
plein de ce rêve que j'ai Fait une fois une seule fois
blessure logée au Plus profond de mon espoir. 45..Le tuteur se
rendra compte de ton éxistence Il ira même vers toi,il te parlera d'un
Langage vague,de bribes de chose que tu Connais déjà. 46..La
ville est fascinante pleine de lumières de Couleurs d'immeubles
d'escaliers de gens pressés Que l'on finit par aimer. 47..Un jour le
soleil envahira de lumière ton Lointain grenier et il le
débarassera des ordures Déposées là en passant chaque jour depuis
des Années sans que tu le saches. 48..Dans la cité interdite,une flûte
répand son chant, Tard dans ce silence qui la fait taire.Un
silence lourd De leur sommeil,plein de cauchemars qu'ils font Chaque
jour. 49..Dans mes longues nuits,pleines de choses bizarres,je te Vois
quand je ferme les yeux,avec des pupilles pleines De vie
soleil dans un ciel bleu. 50..Le verger commence à mûrir,les
affaires à acheter Au gosse,la femme pour voir le médecin.Un jour,
Chaque jour une ride marque le front. 51..Demain tout le village sera
entassé dans le hangar,les Enfants et les femmes à
l'intérieur,angoissant de Chaleur et plein des pleurs d'enfants
malades.Les hommes Ressembleront à des bagnards regroupés sur la
colline d'en Face
d’où' l'on prendra une poignée chaque heure Et beaucoup ne
reviendront pas. 52..Il y'avait la flûte le jour et lui la nuit,petit
Et plein de toutes les promesses.Il faisait sa ronde sans rien
Recevoir,et quand la flûte et le rire se sont tus le jour, Il est
parti. 53..Dans la cité interdite,il n'y a qu'un qui chante un Air
gai,devant trois personnes tristes,sur la froideur de L'escalier
en marbre qu'ils ne ressentent plus. 54..L'amour qui reste en moi
peut remplir une Infinité de lettres.Aujourd'hui,je t'envoie,une,vide.
Demain si tu es là,je raconterai ma joie au pied du Bananier
quand les premières lueurs de la lune Envahissent le ciel. 55..Je
reviens les bras pleins de choses pour ta voix,de Très loin. 56..Le
matin quand tu te lèves,tu veux voir la beauté Que porte
l'aube,une ville presque vide,une mer en Sommeil et une terre
regorgeante de cette rosée qui Fait frémir.L'homme un peu reposé part
au Travail. 57..Le chantier est immense,des gardiens,des
planches, Des clous,de la boue et un bruit qui fait monter Les
murs.Il y'a aussi les étals à remplir,le Lait à livrer,il y'a mille
travaux à faire, L'eau manque pour les vaches. 58..Aujourd'hui
l'horizon ne porte pas le brouillard Qui aveugle les yeux et irrite
la gorge,il est Presque limpide,tel une journée de printemps ou' Les
vents dorment s'un sommeil qui rassure. 59..Quand un souffle
qui porte en lui la vie frappe En plein visage,il imprime une marque
Indélébile,un être qui prolifère pour ne rien Epargner. 60..La guerre
n'est qu'horreur,elle passionne et Détruit ce que
d'innombrables mains ont édifié Pendant de longues années. 61..Il ne
sera pas noir comme la grande nuit,ou' Les voix et les visages
s'effacent devant d'innombrables Aboiements,son chant ressemblera
à l'émerveillement Du regard devant la naissance du printemps.
62..Des mots cheminent à travers des sentiers escarpés Et
s'engouffrent dans le fossé qui mène à la Grande vallée. 63..De la
sueur
sous le soleil à tailler,de la Poussière pleine la gorge et ce vieux
chapeau qui Donne un peu d'ombre,un pantalon De longtemps Et un pull
presque en morceau. 64..Même la mort ne peut effacer ce
sourire Etalé comme une promesse qui étonne. 65..Liberté ce mot qui
t'écorche,qui te Traîne et t'offense. 66..Je reviens avec mes vers
plus chauds,tendres Couleurs de l'arc-en-ciel.Ils exhaltent
L'ironie de mon voisin,affichée chaque Matin devant ma demeure qui
l'a abritée Quand il avait faim et froid. 67..Il n'y a de temps à
autre qu'une haleine Chaude que dégage du bas de cette porte un
Paquet de haillons émoulé et froid. 68..Leurs racines remontent à
quelques endroits Plus loin et se font broussailles. 69..Chaque
jour,je passerai sur ton chemin Préféré,une canne à la main pour
imiter Ta vieillesse. 70..Ta main sûre ne sait pas frapper,elle ne
Connaît que caresses et l'humidité de la terre, Elle sait aussi
planter des grains de ce point à L'autre bout,même si l'eau ne
suffit pas,de Ce vieux puits encore debout,même si le champ Devient
le logis et finir avant les grandes pluies Qui ont baucoup dévasté
l'année passée. 71..Il nettoie l'odeur de sommeil qui inonde
la Maison,pleine aussi d'humidité qui fait Etonner à chaque réveil.
72..Le jour se lève plein de lumière qui agresse Les yeux et de chants
et de bruits dehors de Gens qui marchent,les yeux fixés
sur un Point devant,une chose vivante,fascinante, Souffle qui ranime
le sourire,flamme Lointaine dans une mer de ténèbres. 73..Parceque tun
parles du champ et de l'enfant, Parceque tu parles des
arbres et des trottoirs, Parceque tu parles du sel et du
pain,parceque Tu parles des oignons et des journaux,je te Résèrve à
moi,je te résèrve la montagne ou' Tu galoperas à ta guise sur la
rocaille que Fend le silence,je te résèrve un toit et un Feu qui
hantera ton sommeil,comme Une barrière mal faite,s'ouvrant pour
Laisser entrer. 74..Qu'as-tu à êtrte triste,tu portes en toi Les
germes de demain,mets en terre et Reviens plus tard,elles auront
mûri comme Ces fruits que tu aimes tant. 75..Eau jaune toujours en
vague,ou' pullulent Les poissons que la vase nourrit.Le jour se
Lève,ouvres tes yeux vers le ciel presque Bleu qui ne porte aucune
tempête,des eaux Que le vent,que le vent violent pousse pour Gifler
les récoltes. 76..Le jour se lève,plein de la dernière pensée
De la veille,une chose qui avance et s'étale, Elle embaume l'air de
cette grande ville aux Murs presque noirs de fumées d'usines,ou' on
Fabrique pour toi un futur. 77..Laisses moi dire ma joie de
voir finir le Cauchemar d'hier,laisse mes yeux voir Comment naît la
nouvelle saison,laisses moi Plaindre cet homme triste,debout depuis
Longtemps à attendre. 78..Moi,brûler la maison et la
récolte,moi Casser la porte et la cruche,moi t'insulter Et te hair
dans le noir.Non,sublime Chaleur,porte de zen,je n'aime que Lumière
irradiant cette barrière qui s'élève Chaque jour pour enlaidir
le paysage. 79..Je veux écrire ma douleur,la presser,la Froisser et
la rendre méconnaissable. 80..Mes yeux sur ma femme folle de vivre,mes
Instants de silence dans cette chambre muette, Mes larmes
qui refusent de couler et cette Poubelle gavée de saletés.Ces photos
errantes Qu'on colle sur un mur nu,ces corps Insignifiants,ces eaux
immobiles et ces hommes Fatigués,symboles de mes pensées.
86..Un poème,plus que tes ailes,c'est les toits Et ces montagnes qui
accueillent pour une Pause. 81..Et puis revient la nuit,la nuit comme
les Vagues,chaque jour rongent un peu plus le Rivage.
82..Le soleil est là,il rechauffe la voix et le Regard jadis
brillants. 83..Ce goût amer logé dans la langue,et qui Vient de temps
à autre rappeler la rigueur de L'hiver passé. 84..Et puis le
printemps ou' le ciel regorge de Nuages,bas,en fuite,fouettés par
des vents Glacés qui agressent les faces des passants,les Mains
enfermées dans les poches,pressés de Rentrer si tôt. 85..Un poème
ne fait pas oublier,il irrigue La mémoire comme le sang fait vibrer
Ton corps. 86..S'arrêter pour voir le gâchis et ne trouver Que des
feuilles,des lignes,quelques poèmes et Parfois des mots mal
écrits ou illisibles. 87..L'ignorance t'habite comme une tumeur,elle
Illumine l'image et la parole d’où' peu de Clarté se dégage. 88..La
maison ou' l'on tricote est vide comme La scène ou' l'on
joue,belle,couverte d'un Tapis de mousse,que cette eau qui stagne
Abreuve.Les instruments vieillissent et ne donnent Que des sons qui
s'effacent vite. 89..En face,la terre étouffe sous la grandeur
Des mauvaises herbes. 90..J'ai compris pourquoi l'autre soir,tu
étais Triste à faire pleurer. 91..Ton nom est un toit d’où' fusent
l'une après L'autre des voix qui disent l'arbre nu et presque
Eteint. 92..C'est cette ride qui grandit et râcle la peau Par le
gémissement d'un paysage qui perd ses Feuilles,jeunes encore. 93..Les
mers ou' un radeau va lentement de vague En vague sans
s'arrêter un instant pour Souffler. 94..Ton nom fait frémir comme
des plumes mises à S'égoutter,pour mieux battre les ailes et
s'envoler. 95..Appelle moi par mon nom,ma tête se relèvera Pour te
regarder dans les yeux chaudement. 96..Autour,tout devient large car
du scintillement Qui apparaît froid dans la pénombre,tu Extirpes un
éclat que tu fais naître au jour. 97..Comment te parler
alors,lorsque chaque matin Les grilles sont astiquées jusqu'à
devenir brillantes, Pour me faire oublier le bel éclat du jour.
98..Comment te parler,lorsque leur éclat rouillé Tord ma conscience
d'une douleur que ma Chair ne ressent plus,lorsque tôt,très tôt mes
Doigts pressent les tempes durant de longs Instants. 99..Avant que la
pénombre ne s'installe,des pensées Ont grandi,demain encore
elles iront vers les Halètements et la sueur insultés. 100..Autour
de ma pensée des mains ont élevé un Mur qui piétine ma conscience
jusqu'à ses profondeurs les plus intimes. 101..Depuis quand le
mur élevé ressemble-t-il,à ce Qui protège une cour d'école.
102..Depuis quand le crachat sur un visage se Réduit-il à un jet de
salive d'un animal. 103..Le poème élèvera les mères vers le plus haut
de Leur espoir,il ne salira pas leurs mains écorchées, Ni leurs
humbles paroles, Il sera un hommage à Leur vie de labeur.
104..Derrière une porte ou dehors des lèvres récitent Des mots
imperceptibles qui tarraudent ta conscience Comme une conscience
fouettée. 105..Comment te parler lorsque chaque jour les grilles sont
Astiquées autour de ma pensée,en un mur qui S'élève comme pour
atteindre les nuages gorgés et frêles Qui ,peuplent le ciel.
106..Comment te dire de tendres pensées lorsque toutes mes Fibres sont
griffées pour se vider de ce flot que tu Aimais dans un regard.
107..De tendres pensées deviennent parfois méconnaissables. Ce n'est
qu'après longtemps après lorsqu'elles reprennent Leur éclat du jour
qu'elles reconnaîtront la main Innocente. 108..Car sur la
main tendre et innocente ont été Déposées des injures qui la
recouvrent entière maintenant. 109..Demain, lorsque la sueur lavera
tes paumes aux Lignes régulières,tu naîtras enfin pour moi.
110..Dans la pénombre qui entoure ma vie,je Sais que le jour tant
rêvé naîtra. 111..Je ne sais plus ce que tu attends pour t'emparer De
la main tendre et la serrer comme autrefois, Au temps ou'
dans toutes mes pensées tu avais la Grande part. 112..Des lettres
tombent pesantes et tracent des lignes,mais A chaque fois,comme si
elles se renouvellent mes Mains deviennent plus lourdes.
113..Ton silence habite mes nuits,ton silence embellit Mes nuits,ton
silence allonge mes nuits. 114..La nuit des rêves,la nuit des
berceuses,la nuit Qui consume le peu de haine qui s'amasse dans
Les cœurs. 115..Et puis peut-on les obliger à contenir ce qui fait
Battre leur cœur,à chaque fois qu'ils lèvent les Yeux,en face,sur
d'autres yeux pour se reconnaître. 116..Grouilles-toi dit-il à
grand-mère,rien dans le Ventre et terrassé par une fièvre de trois
jours. Toi la belle,debout je m'en fous que tu sois Enceinte de
plusieurs mois.Celui-là cette masse De chair fait semblant d'être
aveugle,alors Qu'il connaît parfaitement le chemin rocailleux.
Embarquez-le,je veux rien savoir. 117..Non pas peinte et repeinte mais
libre de ces Dépôts qui finissent toujours par sentir un
Intérieur étouffé et immobile comme une ride Sur un front. 118..Tu
as oublié tes pieds,tes yeux,ta bouche.Une chose Reste là,présence
enfouie,à arracher,à déchirer en Morceau,à polir,à faire fondre
dans un fossé Solitaire,comme une haie qui ne sert plus à rien. Elle
est logée dans ta poitrine,prête à jaillir si Un mot tombe par oubli
des mains vides,si L'écho se retourne pour longer avec
l'eau la Rivière,des coassements qui habitent la nuit,le Silence.
119..La faim existe sur tous les toits.Je les ai vu en Parler autour
du feu,le soir en hiver le regard Fuyant les enfants. 120..Je
t'ai revue une seule fois,marcher dans la plaine, Une fleur à la
main,personne à tes côtés,je t'ai Revue seule,marcher d'un pas
décidé,les yeux au Loin,comme si le printemps était devant.Je t'ai
Revue baignée de lumière et sur le visage,et sur tout Le visage ton
sourire,celui que j'ai toujours cherché Pour m'accompagner.Je t'ai
revue seule,une fleur A la main,marcher d'un pas décidé,tu ne
le Savais pas,mais autour à côté,à ton passage,il Y'avait de tendres
oiseaux qui chantaient. 121..Toutes les légendes qui peuplent les
lieux depuis des Millénaires se réduisent à une présence,sans
chaleur dans Ma mémoire. 122..Un jour,tu viendras me dire sur le
visage un Large sourire qu'hier,devant toute la soirée ton Front n'a
pas cessé d'être brûlant et jusqu'à L'aube dans ton délire,les
yeux fermés,tu as Prononcé des mots que seul toi comprenait.
123..L'écho qui dévale reste plusieurs jours au Fond de chaque
pierre.Lorsque sept pierres Dévalent la pente,aucune goutte de
sueur,rien
ne Demeure pour le dos.Toi sur l'autre côté,à Dévaler la pente et au
devant de toi,s'étale Une rivière de lumière,couleur de galets polis
Par des sabots comme au seuil d'un abreuvoir. 124..Au
devant de toi s'étale une rivière de Lumière,profonde ou' se
désaltèrent à grand Bruit comme un troupeau quelques personnes
pressées De passer ces collines Que découvrent les hauteurs. 125..Sur
les
hauteurs,il y'a de grosses pierres ou' Tu t'adosses,une pierre ronde
sur chaque hauteur Qui dévale la pente lorsque chaque goutte de sueur
Aura seché.Le bruit en écho emprunte le Raccourci et s'en
va sous le feuillage dru jusqu'aux Autres. 126..Depuis,ils n'ont
plus chuchoté,ils se sont Contentés de se questionner et de sourire
une Main sur la bouche,aux mains agitées Et au front plissé de
quelques jours. 127..Plus tard lorsque les gestes sont devenus Plus
tendres,ils ont raconté comment leurs Rêves s'étalent dans la lueur
qui Baigne dehors le soir. 128..Il y'a un mois,chacun est
parti de son Côté le dire les mains agitées et le front Plissé
derrière une porte fermée. 129..Et à l'écart en un chuchotement,
Lorsque les moins âgés ont questionné personne ne Leur a
répondu,chacun s'est contenté de Hocher les épaules en pensant au
jour Ou' il sera compris. 130..Oui jamais égalée car les mots
prononcés S'écoulent doucement et prennent cette forme Qui revient à
la nouvelle saison comme Des pétales qui naissent et s'élargissent
Rieurs autour du nectar au goût tant Aimé. 131..Un goût aimé dans
chacun d'eux qui Rappelle les mains qui s'assemblent en passant
Pour se remplir de cette eau joyeuse qui Coule,qui coule avec à ses
bords des traces De pattes d'oiseaux qui se désaltèrent sans se
Presser et entonnent leur chant en Chœur pour ensuite s'envoler.
132..Avec en son sein le nid regagné ou' Des petits diront ces
moments ou' en battant Des ailes,ils arrivent à se mettre debout,et
Ces couleurs du jour qui se reflètent comme Un chœur à ce rêve.
133..Ce rêve ne ressemble pas au conte de chaque Nuit raconté par
grand-mère après avoir Enuméré les présents que nous rapportait Grand
père,il le porte en lui comme Un cœur qui bat pour ces images
qui se Succèdent plus ensoleillées à chaque fois. 134..A chaque fois
les personnages et les Paysages se rapprochent,se rapprochent Jusqu'au
moment ou' une tendre pensée Que chacun dira émerveillé à
l'autre Avant de s'endormir accueille le conte Qui suivra.
135..Lorsque je verrai tes lèvres s'assécher un Peu je continuerai ce
rêve ou' en plus des Cîmes azurées à l'horizon,il y'aura les Elans
restés blottis comme de futurs Bourgeons prêts à éclore. 136..Après
la saison de dormance,il Y'aura tous ces élans comme de Tendres
pousses qui prennent des Couleurs à la nouvelle saison,à La
saison que tu raconteras quand mes Lèvres s'assècheront un peu.
137..Il y'aura dans ta voix la nouvelle Saison que tu raconteras et
dans chaque Chose ou' elle se posera,chaque fibre Qu'elle
effleurera s'étirera un peu, Ecarquillera comme au matin,ou' le
Premier rayon. 138..L'écho des you-you. La plaine,les collines,la
montagne,la Rue était peuplée comme le ciel D'innombrables nuages
d'un gris clair Logés au fond des yeux. 139..La marche des nuages
sur les têtes qui Cherchent un peu de soleil est le Chant de décembre
qui s'accroche aux Flancs des vents,en you-you qui
Transcendent les horizons. 140..Il y'a dans son langage l'éclat de
Ce gris-clair dans le regard,le soleil Est dans tout l'univers,ses
rayons Auréolent chacun d'une enveloppe De lumière.Gouttez en
un peu,gouttez Mais ne touchez pas à cette terre. 141..Cette terre
porte des traces de sueur des rides Du front,des traces de lueurs
nouvelles un Matin,des traces chaudes de nuits qui S'étalent et
des traces de pas frais qui Ont sillonné toutes les contrées pour
Demeurer jusqu'à aujourd'hui. Les chants de l'aube. 142..Demain après
t'avoir regardée longuement Dans les yeux pour deviner ton
rêve que tu Me raconteras,je te prendrai par la Main,et nous irons
sur le sable doux Nous mettre en face de l'étendue bleue Ou' de
petites vagues se forment et viennent Rafraîchir nos pieds sur le
rivage. 143..Et là,lorsque tu t'apprêteras à me parler Du jour ou'
je suis venu un peu tard,je La serrerai,je la serrerai,et quand tu
Fermeras les yeux pour un instant, J'arrangerai d'une touche
tes cheveux A la brise qui nous fait parvenir,le Chant de quelques
enfants devant leur Mère attendrie. 144..Ensuite viendra ce rêve
récité d'une Voix gaie que j'écouterai attentivement et Chose
bizzare l'eau scintillante au soleil Apparaît à mesure qu'il grandit
d'une Clarté jamais égalée. 145..C'est pour quand ton retour,c'est
pour Quand mon bonheur,quand finira ma peur Des noms affichés
à la une dans les journaux Du matin. 146..Quand finira mon attente
dans ces endroits,ou' Une orgie de rats,d'odeurs et de soupirs errent
Comme des âmes en délire,entre les fissures d'un Vieux mur
que sa nudité embellit,que chaque Saison ronge encore. 147..Quand
finira mon attente qui dure dans ces Lieux ou' des lettres,des mots et
des cœurs sont Gravés en guise de souvenirs. 148..Gravés à
l'aide d'un pinceau usé,d'un bout De plâtre stérile ou d'un morceau
de charbon Qui ne rechauffe plus,par des mains douces et Tremblantes
d'enfants et d'adolescents,sur tout ce Qui rappelle un
tableau d'école. 149..Je suis né comprends-tu,je t'ai découvert une
Nuit ou' une monstruosité de désir qui naît et Qui meurt rongeait mon
expression. 150..J'ai découvert le ciel bleu,si bleu si
profond, J'ai découvert un sentier qui mène à la cîme, Je t'ai vu
marcher devant et moi écarquillant Les yeux,étonné de savoir si bien
monter,je Suivais derrière irrigué par la pureté des hauteurs.
151..Mon amour pour toi est dense,il nourrit ma Vision de belles
choses,de petites et très tendres Choses.Il rend notre vie,plus qu'une
fleur, Plus qu'une infinité de bourgeons,un soleil A l'aube
découvrant les splendeurs de la rosée. 152..De la rosée sur une
mémoire qui vient de S'éveiller,plus profonde que le lointain horizon,
Présence,témoin d'un univers en transe qui se Débarasse de sa
virginité. 153..Sur une colline en fête,deux arbres étalent Sans
pudeur leur branchage en hauteur,troncs Ondulés,étalage en
fusion.Leurs racines pénètrent Tendrement la moîteur de la terre et
arrivent Jusqu'au bout du monde. 154..Ce regard était une
promesse,une promesse sur Ton visage,un peu ridé de ton silence,une
Promesse que demain tu seras là,que demain Sera beau. 155..Les mots
que
tu soulignes ressemblent à ce beau Bout de bois,ramassé sur un
chemin L'automne passé et jeté dans le champ du Vieux qu'un tracteur
retourne. 156..Une pierre dévale la pente de la colline,beaucoup
Resteront là,debout à compter,à attendre que la Première
disparaisse. 157..Quelquefois,on se surprenait un pétale entre Nos
mains à évoquer les mots que donne sa couleur, Et avant de nous
quitter,chacun prend du Même plant une fleur qu'il ira mettre en
face D'un portrait. 158..Les tourments quotidiens…une erreur,la
Chambre humide en banlieue parisienne… Une erreur,une balle
perdue…une erreur, L'émigré une erreur. 159..La liberté dont je
parle n'est pas ce mot léger Que l'on trouve collé aux lèvres d'un
égaré,pris De fièvre un soir d'été. 160..La liberté dont je parle
est celle qu'on t'a prise Pour te mettre dans la cellule à attendre
ton Tour. 161..Le poème est en moi,sur la table,dans la Poche.Je ne
suis pas né pour porter la lourdeur Du silence. 162..Tuas
peur de ton enfance,de ton adolescence, Tu as peur de voir tes
pêchés étalés à l'aube sur La place du village,tu as peur du mensonge
qu'on T'invente comme ce monstre qu'on fait,tu as Peur de tout
cela,tu as peur de mourir dans Leur cœur,tu ne naîtras pas.
163..L'ignorance t'habite comme une tumeur,point Noir devant tes
yeux,elle illumine l'image et La parole d’où' peu de clarté se dégage.
164..On a rempli de sable ta voix et on a tassé,on A bien exposé ta
tête et on a lâché,on a Empoisonné le ruisseau et on a attendu,tu n'es
pas Mort. 165..Le poème froissé reste point vivant dans la
Mémoire. 166..S'arrêter pour voir le gâchis et ne trouver Que des
feuilles,des lignes,quelques poèmes et parfois Des mots mal écrits ou
illisibles. 167..Un poème ne fait pas,il irrigue la mémoire,
Comme le sang fait vibrer ton corps. 168..Je marche seul,je mange
seul,j'entends vos Lamentations seul,je parle seul. 169..Tes yeux
ressemblent à un soleil que je n'ai pas Revu depuis ma chûte.
170..Un vers,une idée,l'écrire,la dire quelle Différence.
171..Chaque jour,j'écrirai un vers,rayon de Soleil sur toi bourgeon.
172..Dans les pétales des saisons,dans les grains qui S'y sont
déposés,en gouttelettes éparses,dans la Sève qui les fera renaître
au printemps à venir. 173..Dehors un groupe d'enfants répand sa voix
Gaie à tout le chemin et donne au matin Son éclat des jours
ensoleillés. 174..Le printemps je te le dis est devant il est Comme
le soleil qui se lève chaque jour à L'aube,pour éclairer les horizons.
175..Il est dans tes yeux ouverts A la lumière, Dans tes
nuits Pleines parfois d'une douce insomnie. 176..Le printemps est
devant, Il est dans tes mains, Dans tes pas Sur le long chemin Que
chaque jour Voit se tracer. 177..Il est toute la plaine fleurie.
Parfois,lorsque le silence Enveloppe les contrées Et que la nuit
devient étoilée, Il donne au rêve Ses couleurs du jour,les meilleures,
De ce jour ou' tout paraît Si beau jusqu'au lointain.
178..Dans mes longues nuits pleines de ton innocence,je Te vois le
sourire plein de ce rêve que j'ai fait Une fois,une seule fois.Je te
vois revenir la Chevelure gaie,agressée par une tendre brise,
Grande,aussi grande que l'horizon qui me Vole à ma peur. 179..De
temps en temps je relis tes lettres,et à chaque Fois je les retrouve
plus froides,froides devant ma Passion et devant mes rêves.Ces
cadeaux que je Veux pour toi,je m'empresse alors de les ranger,et De
vivre tes premiers mots et tes yeux en fièvre, Virés sur cette orgie
de fleurs,amusés par la Gaieté de jeunes papillons qui ne
voient que moi. 180..Ce matin,tu es venue,tu n'as trouvé Personne
pour te dire bonjour,tu es venue Les yeux pleins de sommeil et le
visage un peu Pâle,car hier tu n'as pas dormi,tu N'as fait que
penser. 181..Ce matin,tu es venue,tu n'as trouvé Personne pour te
regarder dans les yeux,et Voir cette petite cicatrice que tu ne cesses
de Caresser.Tu as trouver sa chaise vide,tu as Regardé
autour de toi et tu t'es assise pour Attendre. 182..La terre connaît
leur saveur,car ils ont Sillonné jusqu'aux recoins ou' des fleurs
poussent Sans jamais entendre le bruit d'un pas. 183..Le jour
et la nuit connaissent leur saveur, Car au moment ou' les vents
froids cinglent Les visages,ils s'étalent en lueurs sur les Lèvres et
se logent dans la main,en une Douce chaleur. 184..Je ne sais
pas S'il avait plu, Tu étais dans la pénombre, Toute à moi Dans mes
bras. 185..J'avais regardé Longuement Dans la pénombre Ton sommeil.
186..Sur ton visage, Il y'avait Mes caresses Et un rêve.
187..Je ne sais pas S'il avait plu, Dans la pénombre Tu étais Toute
chaude A moi. 188..Cette nuit J'avais aimé Tes seins, J'avais aimé Ton
corps Jusqu'au matin. 189..Sur tes lèvres, Il y'avait mes
caresses, Dans ta main pliée, Il y'avait un présent. 190..Je ne sais
pas S'il avait plu, Dans la pénombre Tout ton corps Chaud Etait à moi.
191..Sur tes lèvres, Il y'avait mes caresses, Sur tes
lèvres Il y'avait Toutes mes caresses. 192..Sur tes lèvres, Il
y'avait mes mots, Il y'avait mes caresses. 193..La nuit dans la
pénombre J'avais aimé Tes seins, J'avais aimé Ton corps Jusqu'au
matin. 194..La nuit, Je ne sais pas S'il avait plu, Je t'avais
entière Dans mes bras. 195..Je t'avais Toute entière, Chaude Dans mes
bras. 196..L'histoire que je t'ai racontée t'avait plue c'était
Le soir alors que tout le monde dormait. 197..L'autre jour tu es
revenue à la même heure Nous nous sommes assis au même endroit pour Se
parler. 198..Tu m'as parlé d'une terre lointaine que tu
Ignorais tu m'as parlé d'un pays que tu Ignores loin au-delà de
l'horizon. 199..Hamid est parti en bateau, Dans un vieux bateau, Il
avait peu d'argent Dans les poches, Il vivait d'espoir. 200..Il
partait Au loin, Là il avait espéré Mais il n'avait Rien trouvé.
201..Il était jeune, Il voulait chercher La vie ailleurs, Là il n'y
avait rien. 201..La nuit chez lui, Il n'avait pas dormi, La nuit
chez lui Il est resté A rêver. 202..Il a revu Tout le monde, Il a
revu Son enfance, Le voyage l'angoissait Mais il faut partir Quand
même. 203..Partir loin, Là ou' il y'a la vie, Partir loin
Au-delà des mers. 204..Ce silence dans le couloir à croire que Tous
sont morts,morts de froid comme Des oiseaux qu'une bourrasque plaque
au Sol. 205..Tu savais aussi parler rien ne gênait, Même pas
ces petites bêtises qui s'ajoutaient A tes idées et puis tu savais
attendrir, Je me souviens de tes larmes,de tes sanglots
D'adolescente,elles Coulaient de tes yeux Rougis,de toute une année de
gaieté, Chaudes immenses sur tes joues. 206..Te laisser partir
seule,crois-tu Pouvoir trouver le chemin,tes yeux Pétillants de
fraîcheur ignorent les Embûches qui se dressent à chaque pas.
207..C'est vrai tu ne voulais que vivre chaque Instant,chaque jour
comme pour vite Partir,c'est vrai ta voix ton image Tout cela est en
moi comme une vague Qui naît et qui disparaît,tel L'éclair,il
n'est resté que le ciel Avec ses nuages.
9.Marche poème.
13.Comme un chant né des récoltes et qui demeure gai dans les voix
jusqu’au soir, en rentrant ensemble. 14.L’hymne à l’amour peuple la
plaine de bourgeons plus beaux ce printemps.
15.Sur les chemins jaunes,sur les chemins noirs, sur les chemins aux
pas couleur des nuages, j’ai longuement parlé,ta main chaudement
serrée. 16.Lumière,à force de t’aimer,tu donnes la vie aux
yeux pour qu’ils voient dans le village plein de voix qui fêtent le
printemps ,cette femme,une poignée à la main,distribuer des fleurs à
chaque passant. 17.Ta présence accompagne mes pas vers les
maisons perchées ou’ chaque matin avant de se répandre sur les
chemins ,des enfants partent au loin gais et chargés de seaux qu’ils
rempliront un peu plus bas. 18.Ta présence m’accompagne comme
un hymne à l’amour qui allège mes pas. 19.Il se répand dans les
chemins escarpés, que tu ne connais pas,qui viennent de la
terre,sinueux et pleins de légendes. 20.Il peuple les collines à un
endroit à l’ombre des montagnes ou’ elles s’enlacent en vagues qui
se répètent jusqu’au loin. 21.Et dans les arbres,sur les flancs en
pente légère,je le vois monter en pousses rieuses, plus
tendres ce printemps. 22.J’ai pris alors tes mains pour une
étreinte,une longue et tendre étreinte qui dure encore le temps de
l’absence si longue. 23.Ta présence qui m’accompagne sur les chemins
de terre aux abords aux pousses plus tendres,aux bourgeons plus
beaux,ce printemps allège mes pas 24.Sur les chemins tu t’es attardée
devant le chant de la récolte,comme si tu voulais lui
parler puis tu as fais quelques pas,silencieuse les yeux loin
devant. 25.Au retour tu as parlé du printemps, longuement parlé du
printemps comme si toutes ses couleurs étaient logées déjà au fond
de tes yeux. 26.Il raconte l’image comme une apparition qui s’est
formée en face de nous la nuit une fois dans le camp. Beaucoup de ses
couleurs,beaucoup de ses visages ressemblent à ceux
croisés sur le chemin,mais il y’a des champs en plus,à la place de
ces lieux ou’ lorsque l’obscurité inonde quelques animaux se
rassemblent en cercle Fermé devant un festin. 27.Comment ne pas
s’aimer lorsqu’en moi,tu es ce fruit ensorcelant égoutté
indéfiniment dans une gorge un peu sèche d’avoir longtemps chanté
l’hymne au retour qu’on reprendra en choeur dans les étendues que tu
ne
connais pas encore. 28.Reposes martyr dans la pensée qui a ton âge
entre de jeunes arbres pleins déjà de nids que personne ne touche.
29.Dans la pensée qui pousse tendre qui aime t’effleurer
de son regard à chaque fois qu’elle passe devant la colline fleurie.
30.Dans le silence des yeux fixes ou’ l’écho de tes pas qui
s’éloignent dans la pénombre résonne en paroles denses que vient
suivre ce long silence. 37.Et à la place du camp aux tentes alignées
tu refléchissais à l’école à construire,tu l’as même dessinée sur le
sol et de temps à autre tu ajoutais une classe sans
rien e fissurés envahis d’herbes que personne n’a coupé, que
personne n’a plus revus depuis le temps ou’ beaucoup sont partis,en
groupes éparses au- delà de l’horizon pour s’élargir à chaque
carrefour ou des lieux se sont vidés de leurs veillées,de leurs
contes du soir,des chants d’enfants sur chaque seuil éclairé.
39.Au-delà du carrefour lointain ou’ se rencontrent des gens qui
viennent de contrées ou’ les orangeraies s’étalent sur de grandes
étendues agrandies à chaque fois un peu plus lorsque un puits est
creusé. 40.Au-delà des maisons délaissées sans être regardées, la
nuit ou’ des coups ébranlent la porte,car dedans il y’a quelqu’un à
voir,il y’a un homme,il y’a une femme à voir,il y’a quelques mots sur
un papier plié,il y’a quelqu’un qui sortira les mains sur la
tête,car le jour il est passé sans avoir peur à côté des barrières
dressées. 41.Au-delà des barrières dressées autour des orangeraies ou’
beaucoup s’aimaient et chuchotaient à l’oreille,aux
yeux brillants,aux étoiles quelques mots qui seront demain débités
hésitants lorsque tous seront réunis. 42.Au-delà des puits ou’ nous
venions nous abreuver,ou’ nous laissions un peu pour les
oiseaux qui se poseront, au-delà de leur chant qui résonne encore
sur l’eau ou’ nous nous sommes vus quelquefois,au- delà du seau qui se
déverse dans les sillons et que l’on remplit de fruits le
soir en rentrant. 43.Au-delà des chemins que les pas quotidiens ont
tracés dans les clairières légendaires à travers oueds et maquis aux
racines qui vont loin jusqu’au coeur de la montagne
chérie. 44.Au-delà de ceux qui les ont empruntés,de ceux qui les
descendent pour aller en flots,chargés de quelques biens vers les
carrefours que tous connaissent comme le premier. 45.Chargés de
biens parfois très légers,un livre,une vieille lampe,une photo de
famille,une fleur des herbes dessechées,un habit non encore mis,un
objet offert un jour les yeux fermés,placé un peu à l’écart de
l’oreiller sur la table ou’ tu aimes travailler,des formes
minutieusement façonnées avec l’argile ramassée avant que le soleil ne
soit haut dans le ciel,près de la source,ou’en passant tu viens te
rafraîchir à l’ombre des roseaux. 46.Chargés de biens parfois
pesants,trouvés à la naissance brillants que l’on regarde longtemps en
silence à la lumière du feu que tu alimentes jusqu’aux
premiers songes. 47.Chargés de pensées,de soleil haut dans le
ciel,de la source qui coule à l’ombre des roseaux,de songes à la
lumière du feu.Chargés de chants qui naissent,à chanter au milieu du
camp, au-delà de l’horizon,lorsque tous seront réunis, dans les yeux
un éclat profond,comme un écho aux étoiles,infini. 48.Un éclat aux
fenêtres,après le coucher du soleil, aux portes ouvertes
à la fraîcheur nocturne dans chaque tente qui revit la lente
descente sur les sentiers,que l’on regarde un peu plus qu’avant, pour
ne pas oublier.. 49.Dans le camp qui revoit les yeux devant,chaque
bien quitté pour un retour présent,dans ton visage un peu bruni
d’avoir ausculté longtemps les horizons. 50.Dans tes joues
enflammées,lorsque tu sens la plus petite des choses vivre en
toi,comme
une promesse aux joies futures. 51.Dans tes quelques silences
profonds,ou’ parfois tout communie à chaque instant pour veiller sur
les lieux. 52.Parfois,ton silence est profond et ton regard
fixe devant revoit l’oued ou’ tu as lavé,ou’ tu t’es lavée,ou’ tu as
bu quelques gorgées,et puis regardé autour l’eau effleurer les
racines,les pierres,les murs repeints,les tuiles ou’ tu perçois
encore le doux bruit de la pluie,durer jusqu’à ton premier rêve.
53.Le bout de terre,la terre ou’ tu as appris à toucher les mottes,à
semer,à passer pour voir chaque jour si le grain a germé,à
récolter, vivre comme avant. 54.Parfois,tu les entends se
parler,parfois tu les vois regarder les étables se vider pour une
journée aux pâturages,tu les vois écouter les chants des animaux que
tu
as aimés là-bas,dans le pays que tu voulais grand,que tu voulais un
printemps,ou’ s’achève la dormance de la saison passée. 55.Un pays que
tu voulais comme chaque saison,au plus haut de sa
splendeur,comme une seule saison pleine des jours de moisson,ou’ dès
l’aube les portes s’ouvrent à des voix gaies qui descendent jusqu’au
bas de l’étendue pour un jour de chant. 56.Un jour,un chant
aux tiges dressées,longues pour porter les épis mûris au soleil et
la brise qui vient du large,avant le crépuscule des jours ou’ aucune
vague ne déferle sur le rivage,ou’ tu aimes t’assoire pour
contempler des heures durant des bateaux revenir à l’horizon d’un
long séjour en pleine mer devant le vol gracieux d’innombrables
oiseaux blancs. 57.Pleine de couleur qui ont germé sur les
arbres,pleine de mains qui mûrissent les fruits que tu verras plus
tard que tu toucheras demain,que tu prendras demain,lorsque tu
reviendras rieur et un peu courbé,les mains un peu tâchées,rieur au
seuil devant celui qui attend qu’on lui narre un moment de la
journée en conte du jour ou’ l’aube apparaît lointaine,lointaine et
couverte de rosée,de ses reflets aux couleurs qui se lèvent.
58.Pleine des nuages,des premières pluies,des feuilles qui
tombent,des rafales de vent qui accompagnent les écoliers le premier
jour. 59.Pleines de crues qui laissent éveillés ceux qui ont
entendu s’approcher les eaux passées à côté dans l’obscurité,le jour
ou’ pendant des heures la tempête cingla les visages glacés,veillant à
la plainte profonde,aux maisons en sommeil. 60.Pleine de
soirées ou’ le feu ne s’éteint jamais,ou’ les absences d’été
apparaissent pleines de rencontres qui ont élargi l’horizon aux
chemins nouveaux, ou’ tu erres longtemps parfois avant de les
reconnaître. 61.Et lorsque les façades finissent de s’éroder lorsque
parfois les grosses gouttes les ont rangées par endroits,tu vois la
sève monter,lente et baigner les pousses endormies qui
naîtront au premier rayon de soleil sur le pays que tu voulais
printemps en toute saison. 62.Sa mère le cherche à travers toutes les
rues de la ville,à travers toutes les villes ou’ un
fils,une fille peuvent se perdre,à travers les nuits tissées autour
de leurs noms,à travers les larmes qui ont coulé sur des places qui la
connaissent 63.La dernière fois qu’elle l’a vu,il était
plus pensif que d’habitude,et sur son visage décidé, il y’avait un
sourire qui ne voulait pas s’effacer comme une longue réponse aux
questions qu’elle se pose depuis longtemps en silence. 64.Une
réponse aux sons qui meurent au fond des gorges lorsqu’elle ne peut
pas s’arrêter pour parler de la fumée qui inonde les rues lorsqu’elle
ne peut reconnaître, lorsqu’elle doit s’immobiliser quand
quelqu’un qu’elle ignore passera. 65.Parfois de ton silence
profond,les yeux fermés s’ouvrent sur cet éclat obstiné d’un espoir
enfoui dans les paroles de celui qui est tombé jeune,lorsqu’il
est allé voir si quelqu’un retourne la terre,de celui qui n’est pas
revenu depuis quelques années déjà. 66.Une réponse aux craintes de la
nuit lorsque les portes sont défoncées à côté,lorsque le
bruit se rapproche chaque jour plus fort,plus long pour durer
parfois jusqu’aux premières heures de l’aube. 67.Une réponse au bruit
qui s’éloigne lorsque derrière la porte défoncée,il n’y a
personne pour parler des rues désertes au coucher du soleil et des
quartiers éloignées ou’ chacun chante le sourire qui ne veut pas
s’effacer dans ces visages obstinés. -26- 68.La dernière fois
qu’elle l’a vu la mère a cru percevoir comme beaucoup de gaieté dans
la voix de sa fille qui lui parle souvent de ce moment ou’ ils
viendront la chercher car dans la rue,elle s’est arrêtée pour
parler avec celui qu’elle connaissait, du chant parvenu le soir des
quartiers éloignés. 69.Car en marchant,elle a fixé les murs décorés,
des mots écrits à la hâte,au lieu de se mettre debout un
regard doux dans une face figée pour celui qui passe et qu’elle ne
connaît pas encore.. 70.Sa mère a questionné les passants,elle a
prononcé un nom,elle a prononcé des noms,et beaucoup l’ont
écoutée jusqu’au dernier mot,puis ils ont répondu longuement. 71.Ces
noms rappellent leurs noms,ils rappellent les nuits passées et les
maisons ou’ tout reste fermé, ces noms rappellent
demain qui germe,qui germe dans leur voix,dans les rues souriantes
qui mènent aux quartiers éloignés. 72.Ces noms portent des pensées
pour ceux qui sont partis à un moment du jour,en parlant des
injures que personne n’entendra les matins ou’ le sommeil baignait
encore des aires élargies remplies, embellies pour ceux qui viendront.
73.Larges comme le monde qui revient souvent dans les rêves
plein des horizons qui émerveillent. 74.Larges pour contenir les
mots prononcés en cachette, et l’écho des voix qui élève comme des
profondeurs ce qui fait la joie de chacun. 75.Sa mère a
frappé à des portes et personne n’a répondu lorsqu’elles se sont
ouvertes après un léger toucher à l’intérieur des rayons,de la lumière
du jour qui filtrent de toute part,empêchent toute poussière
de se déposer. 76.Aportée de la main sur une méida à quelques pas du
seuil,il y’a des feuilles et des objets ou’ rien n’est écrit,à celle
qui viendra chercher cette personne jeune qu’elle n’a pas
revu, depuis le matin,ou’ elle est sortie l’éclat des grands jours
au fond des yeux. -77.Ceux qui habitent cette maison sont partis,sans
rien prendre,car depuis quelques temps,le soir lorsque
les grands parents entament le récit,les enfants leur parlent de la
place jadis occupée par le frère qui aime rêver après le conte pour
les plus jeunes du printemps qui dure longtemps, le temps
des autres saisons. 78.Par la soeur qui aime décrire un mot qu’elles
ont un jour toutes effacé de leur cahier encore conservé près de
petits amas éparses dans le grenier. 79.Par le père qui s’en va
aux premières lueurs empaqueter,empiler,mettre dehors ce que
d’autres à côté façonnent minutieusement en gestes répétés, les mêmes
depuis des années. 80.Qui s’en va au champ sillonner les
parcelles aux mottes fendues,terminées hier,tard le soir lorsque
chaque grain a eu sa goutte lorsque partout dans l’étendue une odeur
monte de la terre comme aux premières pluies de l’automne.
81.Qui remplit une main que l’autre fait ruisseler sur ta
chevelure,sur tes joues enflammées en larmes retenues sur tes lèvres
sèches qui sauront maintenant me parler. 82.Par celle qui viendra
quelques gouttes encore sur le front essuyé s’asseoire à côté de
l’enfant qui dort et attendre effleurant les mèches défaites
l’allaitement du retour quand les yeux s’ouvrent dans ce sourire qui
grandit. 83.Par celle qui est partie à pied à la recherche de
quelqu’un,à l’autre village dans quelques logis qu’il aimait visiter
lorsque la route n’était pas coupée. 84.Ne t’en fais pas,un
jour lorsque tu ouvriras la porte,au réveil le matin,tu le verras
revenir,avec dans les yeux. 85.Lorsque tu auras franchi le seuil
dehors sur le chemin,ses bras s’ouvriront à tes sanglots pour
faire des bruits qui t’ont effrayée,chaque nuit un murmure né de tes
pas pour bercer. 86.Il te dira cette nuit,ou’ des individus sont
rentrés à grand bruit effrayant ceux qui se reposent de la
longue journée de travail passée à donner à toutes ces choses une
vie sur les continents. 87.A mettre sur les sens comme dans ces
soirées,ou’ pendant quelques instants,après avoir tout revu en
silence chacun s’empare gaiement de l’enfant pour l’embrasser.
88.Ils sont rentrés le visage dans la pénombre et ont apeuré même ces
enfants,il te dira tout ce temps passé aux côtés de gens jeunes
et plus grands qui rentrent en sueur,avec dans la main peu pour
remplir la paume. -89.Peu pour entasser ces gouttes de chaque jour qui
collent comme du linge à laver luisant de cet espoir que
demain,il y’aura un présent pour chacun. 90.Il y’aura un présent
dans les deux mains comme un sourire dans ce visage endeuillé
jadis,lorsque la nuit déjà des corps inanimés ont commencé à s’étaler
jusqu’au lendemain. 91.Jusqu’au lendemain et des jours durant les
larmes ont coulé,des jours durant tu n’as pas dormi dans ce silence
monté des décombres,un présent dans tes mains comme ton sourire
que tu découvres renaissant malgré leur lourdeur. 92.Elle verra des
fleurs sur la colline,des fleurs sur le grand rocher,des fleurs au
pied du chêne comme un habit à ses racines,elle verra sur
son passage un regard étrange comme une enveloppe discrète sur
chaque regard,une flamme qui connaît la suie, une flamme qui connaît
l’habit de deuil et le conte,une flamme qui ne brûle pas,étrange.
93.Des fleurs au pied du chêne comme un chemin doux à tes pieds
nus,étrange,des pieds nus, des pieds durcis,des pieds durs sous mes
doigts étrange, des fleurs sous le feuillage du chêne,autour du
chêne comme un grand cercle,un fête d’été colorée à la grande lune
ou’ chaque individu qui passe est l’invité du jour, des fleurs loin du
chêne,des fleurs autour du chêne d’en face,des fleurs à ses
pieds comme un habit à ses racines. -35- 94.Chaque matin
j’empruntais le chemin j’allais jusqu’au loin entre arbres et collines
le bâton à la main. 95.Plus tard dit-il, nous planterons beaucoup
d’arbres, et nous construirons un grand canal. 96.Que de temps, il
n’a pas plu, que de temps, il n’y a pas eu d’herbe. -36- 97.Beaucoup
sont partis, d’autres sont tombés malades, demain,il y’aura
peut-être du riz qui sait. 98.Le troupeau partait tôt le matin, il
empruntait les sentiers qui vont jusqu’au loin. 99.Le ciel était bleu
un soleil chaud, le parcourait. -37- 100.Cela fait fait si
longtemps qu’il n’avait pas plu, on ne sait pas depuis quand, sur
les chemins point de flaques ou de boue pour les pieds. 101.Qui
serrent fort pour me rappeler les endroits, ou’ nous allions,
lorsque personne n’est là. 102.Un poème, tes cheveux à la brise, les
jours ou’ il ne fait pas froid. -38- 103.De la brume recouvrait les
montagnes, elle recouvrait jusqu’à leur bas, toute la
vallée. 104.Ce matin,il a plu des torrents d’eau se sont formés et
râclaient le sol. 105.Ce matin,il a plu des torrents d’eau se sont
formés et râclaient le sol. -39- 106.Vieux souvenirs, objets
oubliés sur une table couverte maintenant de poussière. 107.Murs
rongés par le vent, herbe que personne n’a depuis longtemps coupée.
108.Solitude des hommes, pas sur le sable que les vagues
effacent. -40- 109.Paroles qui reviennent qui habitent la mémoire ,
le temps que tu reviennes. 110.Mots écrits sur un mur, illisibles
maintenant. 111.Je me souviens encore de tes chants, je les
entends parfois dehors. -41- 112.Je me souviens encore de ta voix,
que j’entends parfois, dans le silence. 113.De vieux souvenirs hantent
encore ma mémoire, ce sont ceux du départ précipité vers un
autre village. 114.Les vieux murs sont encore dans ma mémoire ainsi
que les rues désertes. -42- 115.Les portes maintenant sont fermées,
personne ne s’assoit sur les seuils. 116.Personne ne regarde
le soir, le soleil se coucher à l’horizon. 117.Cet hiver de la brume
recouvre les montagnes, mais il ne fait pas froid, c’est étrange. -43-
118.Le vent souffle presque froid, mais il ne pleut pas,
c’est étrange. 119.Le vent souffle presque froid je le sens chaque
matin sur mon visage. 120.Dans le camp sans clôture, la nuit on pense
beaucoup au pays. -44- 121.Dans les toiles, on s’aime à la
faible lumière jusque tard. Un peu de solitude 122.Le pays ressemble
aux lumières qu’il y’a la nuit dans le ciel. 123.Il ressemble au
silence qui s’étale sur les toiles, lorsque tout le monde
rentre. -45- 124.Le soir, à la faible lumière, je te narre
l’histoire de ce pays que tu n’as vu que petite.. 125.Je te raconte
ses hommes, ses rues étroites et ses longues rivières. 126.Ce pays son
nom m’obsède, parfois je me retrouve le soir à le prononcer. -46-
127.Je me retrouve à le décrire, comme si je ne l’ai jamais vu. 128.Je
me souviens encore de ses printemps, de ses fleurs qui
poussent dans les près. 129.Je me souviens de ses récoltes, de ses
longues récoltes qui durent parfois des journées. -47- Il y’avait
plein de bruit dans nos oreilles, on ne s’entendait pas
lorsqu’on parlait.(130) 131.Je me souviens de l’histoire que tu m’as
raconté dehors dans le froid alors que tout le monde dormait. 140.Le
pays était loin, je le voyais dans tes mains qui serrent
fort. -48- 141.Dans la mine il faisait chaud, on descendait le
matin, on ne revenait que le soir. 142.On revenait les habits et le
visage couverts de poussière. 143.A l’intérieur on suffoquait, on
devait ronger la paroi du matin jusqu’au soir. -49- 144.Il y’a eu
des moments ou’ il n’a pas plu, on est resté la tête au ciel à
attendre les nuages. 145.On attendait la faim dans le ventre, les
yeux vers les sources, il n’y avait que chaleur du matin au soir qui
rendait encore plus malade. 146.Il y’aura de l’eau et de l’herbe pour
les troupeau. -50- 147.La vie renaîtra à nouveau, il n’y
aura plus ceux qui sont partis. 148.Les silos seront pleins et le
sourire sur le visage de nos femmes. 149.Ce pays son nom est encore
dans ma mémoire, comme si je l’ai connu pour la première fois.
-51- 150.Je me souviens du jour ou’ je t’ai prise dans mes bras,
pour la première fois. 151.Je me souviens encore de ton corps, le soir
dans mes bras. 152.Ton corps est resté dans ma mémoire, des
nuits entières. -52- 153.Ton corps que j’ai aimé toute une nuit,
jusqu’aux premiers rayons du soleil. 154.As-tu vu leur silence, assis
dans leur coin à attendre l’arrivée des avions. 155.As-tu vu
comment ils regardent le lait, comment ils regardent le bol de riz.
-53- 156.As-tu vu leurs membres atrophiés et leur ventre ballonné.
157.Demain dit-il nous planterons beaucoup d’arbres et nous
construirons un grand canal. 158.Je me souviens de ces nuits ou’
j’ai effleuré tes lèvres, de mes lèvres comme pour te dire mille
pensées. -54- 159.Demain dit-il nous arroserons leurs racines
jusqu’à leur profondeur. 160.Demain,je ne sais pas s’il fera froid,
il y’aura peut-être une veillée et un feu de bois. 161.Tes prières
sont encore dans ma mémoire, tes longues prières, je les
revois le soir. -55- 162.Tes prières sont loin dans ma mémoire, tes
prières qui durent parfois des journées entières. 163.La plantation
est grande, et on est si peu, si peu pour la récolte au
soleil qui dure parfois une saison. 164Loin du pays, je veille près
de toi chaque soir. -56- 165.Ce pays, cela fait des années que je ne
l’ai pas revu, je ne sais plus depuis quand je suis là.
166.Je ne sais plus son nom, il est maintenant un souvenir vague
dans ma tête. 167.Chaque jour, je te cherche en vain dans ma mémoire.
-57- 168.Je te cherche dans les paysages, je te cherche sur
les chemins ou’ chaque jour j’allais jusqu’au loin. 169.Le ciel gris
habite ma mémoire comme ton souvenir. 170.Parfois, je me mets à
chercher ou’ tu es, je ne trouve aucune réponse. -58- 171.Le
ciel gris habite mes nuits, il habite mon regard. 172.Il ressemble à
ma solitude depuis que tu n’es plus là. 173.Il ressemble à cette
solitude dans ma mémoire que je vois sur le chemin, que je vois
sur les arbres. -59- 174.Le ciel est gris depuis je ne sais combien
de temps depuis peut-être ton départ.. Marche poème 2 175.Autour du
feu,ces soirs ou’ j’occupe la place qui reste vide à tes
côtés,je perçois dans ton souffle battre le coeur de ces lieux,que
tu n’as vu que petite. 176.Je t’entends sans un regard autour,retenir
un souffle et un autre,que tu débiteras ensuite lorsque au
souvenir,conservé dans chaque jour,s’ajoute ce que tu ignores dans
ces voix douces dans la nuit. -60- 177.Dans ces voix qui adoucissent
la nuit,il y’a tant d’années que tu vois avancer, bien avant
ce jour ou’ tu as su raconter un conte jamais entendu,devant
quelques uns éblouis. 178.Et tard,lorsque la dernière s’éteint, pour
que demain la première la continue, je te donne ma main,et en
l’ouvrant pour voir les doigts durcis,tu découvriras des images de
toi que tu ne connais pas -61- 179.Tu te verras partir au champ,dès le
matin, un outil trop lourd à la main,tu les observeras
faire avec,et à chaque fois qu’il est déposé,tu t’en empareras pour
caresser quelques mottes. 180.Tu verras après la sortie aux
pâturages,le seau que tiennent tes mains,se déverser en jets que tu
répètes,sur le sol que beaucoup nettoient,dans l’étable que tu
visites assez souvent maintenant. -62- 181.Et au moment ou’ elle
s’apprête à serrer la tienne,tu percevras ta silhouette pousser au
son des chaînes qui meurent, qui tombent en lambeaux,à tes pieds qui
savent marcher. 182.Les chaînes se repoussent,se tordent à cet endroit
rouillé puis chûtent par terre,en lambeaux défaits que
ronge la solitude. -63- 183.Et les mains s’exclament,en joie
retrouvée sur le visage,je les ai vues comme gorgées d’un
sourire,lorsque un pas,deux pas,lorsque des pas libérés éparpillent
les
morceaux,pour une longue danse. 184.Une danse à deux,une danse à
plusieurs, gorgés de ce sourire,dans ces visages,ou’ la douleur qui
reste ne se voit pas de loin. -64- 185.La douleur qui reste est
celle qu’il y’a dans mes doigts,qui serrent forts parfois,contenue
dans ma peau, dans mes halètements,dans ces rides si profondes.
186.Profondes comme de longues racines, ou’ loge le refus de
partir,devant les bottes nocturnes,sur les portes ou’ je me
reconnais,tels ces endroits qui demeurent à m’attendre. -65- 187.Ces
endroits,tu apprendras à les connaître,dans ma main qui s’ouvrira
chaque soir avant de nous lever pour quelques heures dans les
toiles, bercés par un air qui n’a pas cessé,comme depuis des siècles.
188.Un air qui berce les vents forts et qui accompagne les
visages,qui se rapprochent en une seule ombre, sur le sol,sur le
mur,au milieu de la toile en face d’une faible lumière. -66- 189.L’air
apaise cette faible lumière,il la ravive d’une dense chaleur
qu’il porte, en conscience enfouie,comme deux ailes, comme des ailes
blanches au soleil qui veillent. 190.Cet air alimente la paisible
lumière de ces mots,que l’on sait si bien prononcer là-bas,de
ces peines de tant de peines, lorsque le blé en poussant a déposé de
côté les pierres ou’ jadis les grains se fissuraient. -67- 191.Il
l’alimente des rêves faits,au moment ou’ dans chaque
maison,tout le monde est assemblé pour que dans ce qu’elle
projette,il ne se dessine qu’une seule ombre. 192.Sur le sol,il y’a
tes pas et chaque jour qui passe leur ajoute le jour,le matin,le soir,
les jours ou’ ta présence ne les a pas effleurés de son arôme
ensorcelant. -68- 193.Sur le mur il y’a quelques initiales pour ceux
qui viendront peut-être,et il y’a des coeurs alignés au bas de
couleurs qui lorsqu’elles sont regardées se mettent à flotter.
194.Sur la toile sur chaque côté,la faible lumière projette une image
colorée et autour,et au fond se répandent les fruits en étoiles
orangées du verger que je te ferai visiter, demain dès l’arrivée.
-69- 195.Dès l’arrivée,ne t’en fais pas,nous irons voir tes pas ou’
chaque jour,chaque matin, chaque soir,ou’ pendant tous les
jours qu’a duré ton absence une fleur a poussé la tige fière comme
un pétale d’avril. 196.Un pétale d’avril qui recouvre de sa douceur la
terre entière,ou’ portent les yeux,les vallées en fête,les
monts,les collines,ces vallées,ne t’en fais pas,nous irons les
sillonner une après une de l’aube au crépuscule. -70- 197.Nous irons
les sillonner et boire de leur eau,et emporter de leur eau,comme
des gouttelettes sur notre peau,dans notre peau que le soleil du
beau pays connaît si bien. 198.Une après une,nous réapprendrons à
prononcer tel un chant leurs noms, devant elles,devant elles,il
fusera plein semblable à l’étreinte du retour. -71- 199.Il ira
s’enquérir de toutes les veines restées blotties comme les
légendes,dans les arbres,dans les maisons,dans les sentiers,dans les
routes,
à battre dans la mémoire. 200.Il ira parler aux légendes,des
légendes nées au son de l’air qui berce la nuit,qui apaise les vents
glacés qui font mal aux petits corps. -72- 201.Il ira parler aux
arbres,aux maisons, aux sentiers et aux routes de leur sève, de
leurs tuiles,de leurs pierres,et devant chaque seuil,il commencera une
route. 202.Une route longue,aussi longue que le conte qui
enlace le rêve,que le rêve qui sillonne le souvenir,qui sillonne les
endroits que je narre,comme chaque matin,l’horizon. 203.Et à mesure
que je narre,je dépose dans tes pupilles,au fond de tes
yeux,dans tes mains, sur tes cheveux,dans ton regard le sourire qui
a longtemps manqué à ton visage. 204.Il y’a eu des journées,ou’ tu
n’as pas parlé à celui,à ceux qui marchent à côté de toi et
eux,ils étaient silencieux, car chacun cherchait dans quelques
pensées ces lieux,ou’ adossé,des grains dans les paumes,il regarde un
oiseau voltiger. 205.Il se pose non loin de vous et écoute
les bruits des moteurs s’approcher le premier,puis sur une branche
épaisse, il entonne quelques notes et sur le dos apparaît un frisson.
206.Un frisson inexplicable qui parcourt l’échine,étonnant
comme la paume qui se referme sur les grains qui seront mis à
l’écart avant leur arrivée 207.Et à notre arrivée,dès l’arrivée,nous
irons à l’endroit qui les veille,et dans chaque paume qui se
referme,qui serrera, nous déposerons quelques grains qui germeront
en notre présence. 208.Nous resterons en cet endroit que tu connais
déjà,car un jour,tu m’as parlé de la récolte qui attend,la
bouche qui l’embrasse,la paume qui la caresse comme une terre qui
porte ton souffle en guise de présence. 209.En guise de présence,tu
resteras en cet endroit,pour qu’il te reconnaisse, pour
qu’il reconnaisse dans ta voix le goût de ton absence et dans tes
mains,et sur ton visage la marque des grandes distances. 210.Sur ton
visage,le chant qui parvient chaque soir érode la marque qui
se dépose,de moins en moins colorée,à mesure que s’étalent les
distances. -77- 211.Et à mesure qu’elles s’étalent,chaque nom que
prend ta main au passage se rapproche et se colle à la langue pour
donner sa douce saveur au mot que chaque instant prononce. 212.La
marque des pieds qui s’écorchent, qui gémissent parfois aux pierres
qui jonchent le sol disparaît,à mesure que le jour parcourt sa
distance,au son des instants qui se vivent même dehors amplement.
213.Dans tes mains chargées lourdement, il y’a quelques
figures,quelques ustensils qu’elles ont portés,qu’elles retirent
doucement,qu’elles regardent longuement en marchant,puis enveloppent
et remettent presque amoureusement. 214.Et que serait alors,cette
marque des grandes distances sur ton visage, à côté des
figures qui gouttent quotidiennement à quelques uns de tes gestes.
37.Et à la place du camp aux tentes alignées tu refléchissais à
l’école à construire,tu l’as même dessinée sur le sol et de
temps à autre tu ajoutais une classe sans rien effacer. 38.Tu
reflechissais aux maisons sans toits,aux murs fissurés envahis
d’herbes que personne n’a coupé, que personne n’a plus revus depuis le
temps ou’ beaucoup sont partis,en groupes éparses au- delà de
l’horizon pour s’élargir à chaque carrefour ou des lieux se sont vidés
de leurs veillées,de leurs contes du soir,des chants d’enfants
sur chaque seuil éclairé. 30.Dans le silence des yeux fixes ou’
l’écho de tes pas qui s’éloignent dans la pénombre résonne en paroles
denses que vient suivre ce long silence. 31.Repose dans ma
douleur apaisée qui donne à mon sourire son teint des jours,ou’ au
réveil je ne sais qu’aimer. 32.Dans le souvenir vivant de ce moment
ou’ tu nous a tous embrassés et puis regardés,longuement en
silence avant de sortir laissant la porte ouverte derrière toi.
33.Depuis,elle est restée ouverte,et le soir lorsque tous se mettent
autour du feu,chacun entend comme ta voix,très proche entonnant
le chant commencé ici. 34.Chacun l’entend les yeux aux brindilles
qui se consument jusqu’à ce que les plus petits s’endorment la main
qui les a recouverts les pressant encore. 05..Il n’y a personne
à mordre,pas de silence entre nous à rompre,il n’y a rien à enfermer
et la foule rescussite comme l’étreinte. 06.La tempête a été forte,le
chien est mort en aboyant de détresse,le mur s’est
affaissé, laissant la rue arriver à la porte,et sur l’agave sont
apparues des pousses que l’on voit grandir sans cesse pressés de
fleurir. 07.Je ne te parle pas de ces poussières qui collent depuis
longtemps à ma peau,à mes habits,car j’ai peur qu’un jour en
marchant l’on t’accoste d’un air menaçant pour te parler de quelqu’un
que tu connais à la mine lointaine. 08.A ce moment,pendant
quelques instants, la tendre étreinte des regards a duré en silence
le temps de ces mots qui restent beaux et chauds dans la mémoire.
09.Maintenant que tu as bu du ruisseau clair, à même le sol,qui
va jusqu’au loin,dans la terre,je sais que chaque jour,tu es plus
près de moi. 10.Loin,là ou’ un rayon de soleil qui filtre se pose
quelqu’un est assis,devant lui une table ou’ quelques papiers
traînent,à siroter en silence. 03.La nuit,je t’ai vu dormir,après
m’avoir aimé,tu m’avais fortement serré,comme pour la première fois.
Marche poème 1..Depuis quelques jours,tu ressembles à un
enfant qui sait pour la première fois écrire son nom,une flamme
brille dans les yeux,à croire qu’une aube naît en toi. 02.Tu sais
marcher,les mains légères et le regard devant,parmi nous.
35.Reposes dans ces longues soirées,ou’ tu ne cessais de parler de
ce pays ou’ les blessures savent se cicatriser lorsque sur les routes
les décombres auront été déblayés. 36.Les routes que tu
décrivais étaient longues ,elles relient chaque pouce de terre aux
champs cultivés et chaque champ cultivé au village qui grandit, au
village grandi et à leurs rebords poussent des arbres devant
des maisons aux couleurs du jour..
10.La beauté de leur chant.
-01.. Il est une clarté qui rechauffe dans la pénombre,il est cette
clarté que la pénombre même pesante ne peut effacer.-02.. Tes mains ne
répètent pas seulement depuis longtemps,tes mains
font grandir de petites merveilles,semblables à un beau branchage,
fleuri au soleil printanier qui sera demain, dans ton regard.-03..
Beaucoup meurent depuis longtemps,car depuis très longtemps,il n'y a
pas eu de nuages,gorgés de leur suc dans le ciel.-04.. Ils étaient
plus petits. Beaucoup ne regardent plus le ciel,ils regardent la
terre,ils marchent sur la terre,et leur chant vient des fibres de la
terre,car depuis longtemps, elle s'assèche,l'eau qu'elle a gardée
dans ses mains généreuses est aspirée à petites gorgées répétées,
répétées,répétées.-05. .Ils étaient plus petits,plus petits que ceux
qui sont partis,mais ils ont résisté,car ils n'ont pas oublié le
chant des premières pluies,celui des longues récoltes et le chant du
village,au retour des pirogues sur le fleuve phosphorescent
d'étoiles lointaines.-06.. Beaucoup ont résisté. Beaucoup ont
résisté,car ils n'ont pas oublié, le chant des enfants qui inventent
des contes gais, le soir à la lumière feutrée d'une lampe à pétrole.
-07. .Ceux qui sont partis,sont partis en procession un regard pour
les enfants,et sur les chemins leur mémoire a chanté en silence,un
chant qui l'habite et qui a grandi,depuis qu'elle connaît les
lieux.-08. .Depuis qu'elle connaît les légendes qui veillent,son
chant n'a pas cessé de s'étaler pour l'agrandir, et parfois,la
nuit,elle revoit plus beaux tous les lieux qu'elle a sillonnés,comme
elle
les voulait pour demain.-09.. La beauté de leur chant. .La beauté de
leur chant vient des fibres irriguées, de halètements et de sueur de
la terre,lorsque dans le ciel,quelques nuages secs décorent
comme un paysage qu'ils ne regardent plus.-10. .Tout ce que tu ne
sais pas écrire,tu me l'as appris,tu me l'apprends et maintenant il
n'y a pas une chose que j'ignore. -11..Maintenant je le vois sur les
chemins,sur les arbres,sur les murs,sur les toits,je le vois
devant,loin devant. -185..Dans le chant clair de sources Que les
siècles innombrables N'ont pas taries. -12..Longtemps,très longtemps,
Lorsque tu as vu le branchage Tendre se refléter,en un nid Chaud
pour les oiseaux qui Viendront,lorsque tu as vu le Bleu du ciel
remplir en entier Le fond,tu t'es désaltérée. -13..Et dans ces
signes,je vois Quelques gouttes de sueur, Ruisseler,au cœur des
rides, Qui se relèvent d'un long Sommeil.- 14..D'un long sommeil,ou'
je Me lève pour te découvrir, Entière comme une lumière, Que je
regarde longtemps, Sans me lasser. -15..Dans ces signes,il y'a un
peu de Ta fatigue,de tes halètements,de Tes silences à donner des
formes, Comme une source intarissable,une Mémoire ou' je veux
m'abreuver.- 16..Elles se répandront sur les rameaux des Saisons,en
bourgeons étoilés qui brilleront, Comme la nuit des étoiles dans le
ciel.- 17..En bourgeons étoilés,sur les rameaux des Saisons qui
illumineront,comme un Sourire sur le visage. -18..En des fleurs dans
les pensées,en des Pensées qui naissent et s'éparpillent,en Grains de
pollen sur les contrées.-19..Sur les rameaux des
saisons,sont inscrites Les traces du vent,en signes colorés,ou' Je
me reconnais tout en entier.- 20..Et dans ces signes je vois la terre
apparaître, Sous son plus beau jour,comme si elle Renaît de
nouveau,mais aujourd'hui Pour toujours. -21..Pour toujours,car
d'elle monte le chant Qui accompagne,à la rencontre de chaque Lieu.
-22..Et toutes ces questions sur la langue Gaie des enfants,je te le
dis,elles sont Une réponse à aujourd'hui,elles sont Une réponse à
demain,puisque lorsque Tu reviens,tu les trouves dans ton
Etreinte,comme une certitude. -23..Une fois, tu as vu la pleine lune,
S'étaler à tous les horizons,et à L'endroit ou' l'eau est puisée.
-24..En un chœur,comme la rosée que Découvre chaque matin,son image en
Eclats demeure,jusqu'au moment, ou' Le chœur en passant
effleure le Chemin. -25..En un chœur comme la rosée,sur les feuilles
chaque matin,en un Chœur comme des fleurs,sur les Langues qui se
répandront.- 26..Comme une certitude,tes yeux brillant à la
Lumière,et toutes ces questions,qui rayonnent Sur ton visage,en
bourgeons futurs. -27..Et toutes ces questions,en petites rides,nées
le Jour,la nuit,nées en marchant le Regard devant,loin devant
vers l'horizon Azuré.- 28..Et toutes ces questions,je te le dis
aujourd'hui Est une réponse,demain est une réponse, Et demain une
autre réponse,puisque le Matin,tu pars tôt,et parfois tu ne Reviens
qu'au crépuscule,avec sur le front Les traces d'un peu de sueur.-
29..Et lorsque tu reviens au crépuscule,tu les Serres contre toi,et
dans ton étreinte,il Y'a cette certitude,comme un sourire têtu
Sur un visage.- 30..C'est un grand jour,que ce jour Ensoleillé
futur,qui loge en toi,en Un merveilleux espoir,comme une Poignée
auréolée de lumière.- 31..A ce qui en toi s'éveille chaque Jour au
matin,comme des yeux, Comme des mains,comme un Sourire aux jours à
venir. -32..A ce qui en toi éveille l'outil au Matin,en gestes
paisibles,comme Une caresse,aux jours ensoleillés Futurs.- 33..Comme
une certitude qu'aux jours à Venir,tu t'éveilleras au matin,avec Sur
la langue le chant qui apaise les Vents froids,qui soufflent sur les
toiles.- 34..Comme une certitude,ton image dans Ma
mémoire,s'embellit en un jour, Comme en une multitude de jours à
venir, Etoiles peuplant le ciel à la nuit venue.- 35..Pleins des
chants qui naissent le soir, Pour les jours ensoleillés qui se
lèveront Tôt demain,pour tendre la main,à Tout ce qu'il y'a en toi.
-36..A ce qui en toi attend,comme un grand Jour pour naître,et se
mettre en couleurs Sur les couleurs que porte la plaine. -37..Se
mettre en couleurs,parmi les couleurs que Porte la plaine,et loger
dans l'écho qui Va au-delà du printemps,pour loger Dans chaque
saison.- 38..Une odeur de rouille calcinée et de fer
Centenaire,embaume ce printemps l'atmosphère. Du fer
tordu,cassé,fondu par ma soif Millénaire de liberté,qui bouillonne
dans Mes entrailles,qui refuse de s'éteindre, Alimentée par ma
souffrance,mon
image Déformée,râturée,froissée,gorgée de mes Halètements et de
leurs pensées,étalée sur Ma langue,sur mon rire,sur mes plaintes, Sur
mes matins agités. Alimentée par ma Conscience lézardée,qui
refuse de casser,de S'éparpiller,de s'envoler,de disparaître Comme
de vulgaires morceaux de papier emportés Par les vents de n'importe
quelle saison. -39..Ce poème sera ton entêtement à faire
Pousser des fleurs,de n'importer quelle Couleur là ou' la terre
paraît ridée et Pâle. -40..Il ne sera pas ton image,il ne sera Qu'un
discours.Il ressemblera à tes élans, A ta chaleur,offerte à ceux
qui n'ont Fait que se plaindre dans l'empire de la Laideur,il sera
plein de tes mots,de tes Caresses.- 41..Il sera un hommage à ton
ignorance,un Présent,un sens à ton sourire,à tes larmes, A tes
rêves,à ton attente.- 42..La flamme qui anime son souffle erre,
Traquée par le cri qui l'a précipité dans Le gouffre de l'angoisse,au
son des Rebondissements des matraques sur les dos Voûtés par la
lourdeur des jours toujours Pareils,pareils à la laideur,pareils à
La terreur,pareils à la douleur.- 43..Il faisait chaud,tu m'avais
Longuement embrassé sur les lèvres,tu Voulais me dire
quelque chose,je ne Savais pas. -44..C'était peut-être un rêve que
tu Voulais me raconter,c'était peut-être Un conte que tu voulais me
raconter. -45..C'était peut-être le lointain pays Que tu te
rappelais,c'était peut- Etre ses maisons aux tuiles rouges que Tu
aimais.-46..Je t'ai vu entrer dans la pénombre Presque nue,de la
fenêtre entrait Un rayon de lumière qui éclaire Tes yeux.- 47..Je
t'ai vu Me caresser, Je t'ai vu M'embrasser Ensuite t'endormir.-
48..Tu m'avais entouré De tes bras, De la fenêtre Filtrait un rayon De
soleil.- 49.. Demain, Je te dirai Mille pensées, Cachées là A
côté pour toi. -50.Dans le jardin Qu'on a quitté Poussent des fleurs
Que tu connais. -51..Je te dirai Mille mots, Je te dirai Mille contes
Cachés pour toi. -52..Lorsqu'il fera noir, Je viendrai
t'attendre A la même heure, Dans notre coin.- 53..Demain , Je te
dirai Mille pensées Cachées là pour toi.- 54.Je te dirai Le chemin
qu'on a fait, Je te dirai Le pays qu'on a quitté.- 55..Lorsqu'il
fera noir, Je viendrai t'attendre Sous la pluie dans notre coin.
-56..Dehors, Il est difficile de marcher, Il fait froid Et la boue
Recouvre les pieds Presque en entiers. -57..Lorsqu'il fera noir, Je
viendrai t'attendre Dans notre coin. -58..J'ai mille mots A te dire,
Je sais Que tu les aimeras.- 59..Dans le camp, Il y'avait Plein de
froid Et de boue.-60..Il était difficile De se déplacer, L'eau
On la ramenait de loin.- 61..La nuit, Le conte accompagne Les
veillées Jusque tard. -62..On allait Plus loin Que l'horizon, Dans une
autre terre Inconnue.- 63..Léila ne savait pas Ou' on allait, Elle
était jeune, Comment pouvait-elle Le savoir.- 64..C'était un jour de
pluie, On était tous Dès le matin Partis.- 65..C'était un jour de
pluie, Elle avait mis tout Sur son dos Et elle a rejoint Les
autres.- 66..Elle ne savait pas Ou' elle allait, Elle était jeune,
Comment pouvait-elle Le savoir. -67..On allait loin, On allait Dans un
autre pays Là ou' il y'a un refuge Pour eux.- 68..Le pays
Qu'on a quitté Habite mes pensées Presque toute la journée.- 69..Son
nom m'obsède, Chaque nuit Je me retrouve Les yeux presque fermés A le
prononcer.- 70..Son nom est resté Dans ma mémoire, Son nom
Tu le connais.- 71..Un poème, Une image enfouie, Loin dans la
conscience, Un souvenir Vite oublié. -72..La nuit, J'ai beaucoup pensé
A toi.- 73..Je n'ai presque Pas dormi Jusqu'au matin, Ton souvenir
était là, Vivant.- 74..Il était là Comme les premiers temps, Là
comme le premier jour. -75..Ton souvenir m'habitait, Il ne cessait pas
De me harceler, Je ne pouvais pas Fermer l'œil. -76..Ton absence
avait duré, Je ne savais pas Quand est ce que Tu reviendras.
-77..J'étais là A attendre la nuit Sous les étoiles.- 78..La route Qui
mènera Au beau pays Sera longue. -79..Elle sera très longue, A ses
bords Il y'aura plein d'arbres Qui feront de l'ombre En été. -80..La
nuit, Nous irons parler Aux étoiles, Nous monterons haut Dans la
montagne Pour parler Aux étoiles. -81..L'éxil on se le partage,
Il y'aura toujours Dans nos cœurs Son souvenir.-82..Nous le vivrons
Dans le camp Plein la nuit De chants d'enfants.- 83..La nuit Dans le
camp, Je viendrai Te parler Du beau pays Qu'il y'aura.- 84..Je
viendrai te parler De ses arbres Et de ses oiseaux, Je viendrai te
parler De son long printemps.- 85..La nuit, Je le vois Dans ton
sommeil, Je le vois Dans tes ronflements, Dans tes rêves.- 86..Ce
pays Son nom m'obsède, Parfois je me retrouve Les yeux fermés A le
nommer. -87..Parfois Je me retrouve A le regarder, Comme s'il était
Devant moi. -88..Ce pays Son nom m'obsède, Parfois je me
retrouve Les yeux fermés A le nommer.-89..Parfois Je me retrouve A
le regarder, Comme s'il était Devant moi. -90..Ce pays Son nom
m'obsède, La nuit je me retrouve A le prononcer, A le chercher Comme
un précieux souvenir, Oublié.- 91..Je t'ai connue Dans le camp, Lors
de ces veillées Autour d'un feu.- 92..Le soir, Lorsque tous assemblés
Ferment les yeux Pour un instant.- 93..Lorsque quelques uns A
l'écart Dans la pénombre, Se disent Des mots d'amour.- 94..Quelques
uns presque collés Se disent en silence Des promesses Pour le futur.
-95..Je t'ai connue Dans le camp Les premiers jours.
- 96..Lorsque la boue Couvrait les pieds, Lorsqu'il n'y avait Pas
encore un toit. -97..Lorsque Pour avoir Un pain, Il faut aller Loin.-
98..La nuit, Tu m'avais parlé D'un village Que tu connais.
-99..Ses rues poussiéreuses Portent des arbres Alignés Qui font de
l'ombre En été. -100..Ce village Porte un nom Que tu aimes prononcer,
Qui te berce La nuit. -101..Ses chants Tu les connais, Ses
fruits Tu les connais.- 102..Ses fleurs Tu les connais, Dès
l'approche Du printemps. -103..La nuit, A la faible lumière Je t'ai
parlé Longuement du village Ou' je suis né. -104..Je t'ai parlé
Longuement de leurs joies, De leurs peines, De leur terre Qu'ils ont
quitté. -105..Ses fruits, Tu les connais A leur saveur. -106..Des
fleurs blanches, Des fleurs jaunes, Des fleurs bleues, Des
fleurs tendres Au toucher.- 107..La nuit A la faible lumière, Je
t'ai parlé Sous la pluie Du village, Ou' je suis né. -108..Il avait Un
nom Tout simple Que tu n'as pas Encore retenu. -109..Ce pays Un
jour, Je le verrai, Je verrai ses arbres Et ses écoles.-110.Je
verrai Ses rues Presque étroites Et ses villages Aux tuiles rouges.
-111..Léila ne savait pas Quand est ce que Elle a quitté Son
village. Famine au sahel.- 112..Mokhtar partit en bateau, Il avait
la couleur noire. Ce jour là,il était bien habillé, Il ne savait pas
ou' il allait, Il ne connaissait même pas Le nom de la ville
ou' il allait. -113..Il partait Fuir la maladie Et la famine, Il
partait faire vivre Ses gosses.- 114..Il en avait beaucoup, Il leur
promit de leur Envoyer dès qu'il arriverait, Il leur promit plus
tard De les amener avec lui.- 115..Mokhtar est parti Vivre en
ville,il n'a jamais Cessé de penser à ceux Qui sont restés, A la
famine la nuit, -185..Il revoit les enfants Malades et les adultes
Décharnés Au regard brillant.- 186..La ville, Le charma, Il s'y
installa Durant des années.-116..Safy elle est restée. Elle était
jeune Adolescente encore, Comme Camar, Elle n'a jamais été A
l'école, Comme lui, Elle n'a jamais connu Le bonheur.- 117..La
maladie l'a épargné, Comme beaucoup De son âge, Comme beaucoup De son
âge, Elle veut être aimée. -118..Mokhtar partit en ville. Il
trouva la ville Loin de l'angoisse Et du soleil, Il promit à tout le
monde De revenir, Il savait qu'il n'y aurait plus De pluie.- 119..Dans
cette chaleur La vie est dure. Camar n'a plus ses chèvres
Depuis longtemps, Les arbres ne poussent plus, L'herbe ne pousse
plus, Ou' les nourrirait-il.- 120..L'école,il ne la connaît pas,
Personne n'a pensé Construire une, Il n'y avait pas d'eau Pour
construire les murs Et personne pour donner Des cours.Il est resté
Ignorant comme beaucoup De sa génération. -121..Dans son lit, Mokhtar
ne dort plus, Ainsi que sa femme. Le sort des enfants Le
préoccupe,pour eux Il décide de partir,loin, Très loin là ou' existe
la vie.- 122..Sa femme aussi Ne dort pas,ses enfants Sont malades,elle
a déjà Perdu quelques uns,ils étaient Jeunes encore et
presque Personne pour les soigner. -123..Jusqu'au loin, Il n'y a que
famine Et maladie,aucune herbe Ne pousse,il n'y a qu'un sol Dur ou'
les pieds s'écorchent. -124..Le village brûle Sous le soleil,
Tous sont dans leurs huttes Affalés.- 125..Ce soir,il y'a Quand même
un repas, La terre a quand même Donné quelques grain Pour chacun.
-126..Affamé, J'erre du matin Au soir, A la recherche De grains.
- 127..La maladie, La chaleur Et ces avions Qui ne viennent pas.
-128..Avant c'était comme ça, Beaucoup partent Et ne reviennent
jamais, Ils partent en groupe. -129..Hommes, Femmes et enfants Dans le
dos, Ils partent A pied Tôt le matin. -130..Point d'espoir Pour eux,
Rien à l'horizon Pas même Une goutte d'eau. -131..Les plus vieux Se
réunissent Sous un arbre Chaque soir. -132..Ils parleront de
l'avenir De la tribu et des enfants Devant eux Une tasse de thé
Qu'ils siroteront. -133..Certains sont très âgés, Le visage ridé Et
séché par le soleil Ils connaissent les prairies Et les printemps
Qu'il y'a eu. -134..Demain Il y'aura Plein de riz Qui viendra du
ciel Plein de lait. -135..Ahmed a vu Partir beaucoup de sa tribu Les
moins jeunes sont restés Car ils ne savent pas marcher. -136..Ils
sont restés A errer inertes malades Les yeux brillants Et le ventre
ballonné. 137..Ahmed rêvait petit Et plein d'amulettes Attachées au
cou. 138..Il sait Que le lait a manqué Qu'il ne pleurera pas
Cette année. 139..Demain dit-il Il y'aura plein d'herbe Pour nos
troupeaux. 140..Il y'aura Un grand canal Qui viendra de loin Plein de
notre eau. 141..Ahmed a vu Beaucoup partir De sa tribu Ils
étaient plus jeunes Que ceux Qui sont restés. 142..Demain dit-il Il
y'aura un grand jardin Plein d'herbe Et d'eau. 143..Demain dit-il Il
pleuvra Il y'aura de l'eau Dans les mares Et des sources
Pour les troupeaux. 144..Devant les vieux Ils ont un jour décidé De
partir Cela fait longtemps Qu'il n'y a pas eu De pluie. 145..Cela fait
longtemps Que le ciel n'est plus Recouvert de nuages Qu'il
n'y a pas Une seule goutte de pluie Dans cette aridité. 146..Ses
amulettes accrochées A son cou Il regarde le paysage. Demain dit-il
Nous construirons Un grand canal. 147..Ils dormiront à côté Le
visage baigné De lumière Que le feu fait Dans la nuit. 148..La
maladie Les a presque Tous emportés Enfants et plus âgés Tous sont
partis On ne sait pas ou'. 149..Ils ont prit le chemin Le matin à
l'aube Avant que le soleil Ne se lève. 150..Ils prendront l'autocar
Qui les mènera loin, Vers la ville Ils sont à plusieurs On ne sait pas
S'ils reviendront. 151..Il souffle Entre les arbres Et
apporte A chaque fois Un peu de sable. 152..La nuit On allume un feu
A la belle étoile La nuit on parle De ceux qui sont partis. 153..De
ceux qui sont malades De ceux qui ne reviendront Peut-être
pas Partis loin. 154..Personne ne sait Ou' ils sont Le matin Ils ont
pris le chemin Qui mène vers la ville. 155..Le matin Ils prendront
l'autocar Pour la ville Les enfants sur le dos. 156..La nuit
on allume Un feu de bois Pour veiller A la belle étoile Les enfants
à côtés. 157..Les enfants Ecouteront le conte Jusque tard Parfois il
nous parlent Du soleil. 158..Parfois Ils nous parleront De
l'abreuvoir Du verger qu'il y'aura Arrosé Par le grand canal.
159..Le vieux Ali Se fait toujours accompagner De sa petite fille Il
ne voyait pas Il avait les cheveux blancs Et une canne A la main.
160..Il descend du bus Et prend sa place Sur le trottoir Toute la
journée Il a sa main tendue A ceux qui passent. 161..Tout le monde Le
connaît dans le quartier Cela fait des années Qu'il a prit
place. 162..Les vagues au loin Etaient blanches, Poussées par le
vent Vers le rivage. 163..Dans le ciel bleu, Volent haut nombreux Des
oiseaux blancs. 164..Parfois hamid Vient jusqu'au rivage Pour
voir S'il n'y a aucune vague Il reste des heures A scruter la mer
Même s'il la connaît. 165..Tu étais partie Sans rien dans les mains,
Il y'avait dans ta tête Quelques idées Que tu râbachais.
166..A croire Que tu avais oublié, Elles sont pleines De mots pour
toi, Des mots que je choisis Chaque jour Pour toi. 167..Ce nom je ne
sais pas Ou' je l'ai vu, Ecrit peut-être sur un mur Loin dans
le pays. Ecrit par une main d'enfant, Ecrit d'une craie blanche,
Ecrit sur un mur Que le temps a vieilli. 168..Ce printemps, Il y'aura
des fleurs, Que tu aimes Dans les près, Il y'aura des fleurs
Pour toi Dans les près. 169..Ce printemps, Son ciel sera bleu, Ce
printemps tu pourras Marcher sur les chemins Jusqu'au loin. 170..Le
temps qu'il fait, Je ne le sais pas, Tu étais partie sans le
dire, Tu étais partie Un jour de pluie, Un jour ou' il pleuvait A
torrents,un jour ou' Le ciel était couvert. 171..Les sources se sont
taries, Il n'y avait Même pas Quelques gouttes Pour les
oiseaux. 172..Il n'y avait pas Une poignée Pour ceux qui passent La
gorge sèche D'avoir beaucoup Marché. 173..Autour des vieilles maisons
Aux portes fermées Il y'aura des fleurs Qui pousseront.
174..Des fleurs Que personne Ne coupera Car tous Sont partis.
175..Ce printemps Tu cueilleras Quelques bouquets Que tu mettras Sur
la table D'à côté. 176..Tu laisseras les fleurs Pousser là, A côté
des vieilles maisons Pour ceux Qui sont partis. 177..Ce printemps Le
ciel sera bleu Des oiseaux Au plumage blanc Voleront haut Dans le
ciel. 178..Les sources Se sont taries, Il n'y avait même pas
Quelques gouttes Pour les oiseaux. 179..Ce métier hamid L'a appris
Alors qu'il était encore jeune Il allait avec son père Sur une petite
embarcation. 180..Parfois, Le vent est fort, Parfois on ne
revient pas. Le vent fort Pousse l'embarcation Jusqu'au loin.
181..Les vagues au loin Etaient blanches, Blanches au soleil, Blanches
au vent Qui les pousse Vers le rivage. 182..Tous trois Lancent
le filet Et attendent dans le froid. La nuit ils la passent A la
belle étoile Rien ne s'entend Il n'y a que le bruit Des vagues.
183..Pendant des heures Ils restent là A attendre Il n'y a que le
bruit Des vagues Qui revient A chaque fois. 184..Au loin, Rien ne se
voit. Lorsqu'il y'a Beaucoup de vent On attend à l'intérieur Lorsque
le filet Est enfin plein On le retire. Presque chaque jour
On fait les mêmes gestes Puis on revient.
11.L'absence si longue.
L'absence si longue. 01..Le grésillement de la flûte s'entend de loin,
Devant les flammes dansent,une de ces danses Effrénée et gracieuse,qui
fait briller le Visage gorgé de soleil 02..La nuit la
cordillère ne dort pas,elle implore Le jour de se lever,à la sève
lunaire,et Chante un air qui fait frémir la plaine.Un Air que je
verrai demain en passant sur le Trottoir,rayonner dans ton
regard,lorsque tu Ne pourras pas t'arrêter pour me parler. 03..Qu'il
est beau son geste,lorsqu'il hôte Lentement son chapeau de
paille,alors que Tous dorment depuis longtemps déjà,il ne Le fait
qu'une fois,une seule fois,après Avoir contemplé les étoiles.
04..C'était peut-être Un rêve que tu voulais Me raconter, C'était
peut-être Un conte que tu voulais Me raconter. 05..La blancheur des
quatre murs s'offre au Soleil timide,de ce matin d'hiver,et Entonne
un chant qu'aucune oreille ne Répugne,du haut de sa cachette.Elle est
Un souffle qui ravive la combustion du Bout de bois,ramassé
hier. 06..Il faisait chaud, Tu m'avais longuement Embrassé sur les
lèvres, Tu voulais me dire quelquechose, Je ne savais pas. 07..C'était
peut-être Le lointain pays Que tu te rappelais, C'était
peut-être Ses maisons aux tuiles rouges Que tu aimais. 08..L'agave
s'élance au milieu de la cour, Et étonne par sa forme,le chien qui
frôle La muraille,quand du grand jour,ne reste Que la flamme
tendre d'une bougie qu'on Allume cérémonieusement. 09..C'était
peut-être Les fleurs des champs Que tu cueillais, De temps à autre En
passant. 10..Il était Dans tes yeux Qui m'ont longuement
Regardé. 11..L'être est une ombre qui avance dans un Espace
étroit,dans un endroit qu'il évite De regarder longtemps.L'empreinte
des pas Disparaît dans un léger bruit feutré,de Feuillage qui se
débat.Quand la porte se Referme,elle ajoute un peu de silence à la
Faiblesse de la lumière. 12..Le lointain pays Etait dans tes bras,
Lorsque tu m'avais serré, Il était dans tes lèvres,
Chaudes,lorsque tu m'as embrassé. 13..Le lointain pays Etait dans
tes bras, Lorsque tu m'avais serré, Longuement Pour la première fois.
14..Le reste d'un écran de fumée,odeur d'encens Enveloppe
tendrement chaque personne,et donne Au visage la couleur du feu
tranquille,qu'une Main caresse amoureusement. 15..La parole dorée de
l'arôme du respect redresse Les regards,pour les mettre l'un en
face de L'autre,à se reconnaître,dans cette soirée qui Semble sortir
du rêve,à découvrir que la ville A son âge: chaque jour une maison
ronge Un peu de la solitude de l'espace,et le Remplit de vie.
16..La nuit, Je t'ai vu dormir Un sourire sur le visage, C'était
peut-être Un rêve. 17..Des boîtes vides jonchent les coins nus,et
Changent de place quand le regard se pose Sur elles. 18..Des
choses usées,vidées des couleurs courbent les Etagères et apaisent
la douleur,née bien Avant la première écorchure par le fer. 19..Tel un
cœur qui bat d'innombrables brindilles Eprises de la flamme
grésillent joyeusement. 20..Laissant derrière nous la maison,la
marche Nous déverse dans la grande rue,bruyante, Colorée et pleine de
beaucoup à donner. 21..C'était peut-être Le pays Que tu te
rappelais. Tendres gestes. 22..Longtemps,très longtemps,il n'y avait
Qu'un chemin ou' un seul peut être Ecorché,par un branchage non taillé
Et des buissons qui ont proliféré. 23..Si vous êtes
debout pour un moment de repos, Pour un moment
d'émerveillement,devant Un chant qui vient d'un endroit que vous
Cherchez sur la pointe des pieds le cou allongé. 24..La guerre a duré
Huit années,
Des années de souffrance Et d'errance. 25..Cela fait des années que
nous attendons les sacs De riz,cela fait des mois que nous attendons
Le lait pour les enfants. 26..La fête est pour demain,demain
nous irons D'un pas léger,les deux à la rencontre de ce Qui a peuplé
les veillées d'hier. 27..Demain sera un jour des promesses faites,une
Main dans l'autre,sous un clair de lune Qui se dépose
doucement,dans chaque recoin Sur chaque chose. 28..Demain dit-il, Il
y'aura quelques puits Et des arbres. 29..Demain,lorsque je
viendrai,c'est pour prendre Ta main pendant de longs instants,pour
une Promenade ensoleillée,ou' je te dirai mille pensées, Cachées au
fond de ma mémoire,pour toi. 30..Son troupeau, Cela fait si longtemps
Qu'il l'a perdu. 31..Il erre Maintenant Les yeux au ciel,
Le bâton A la main. 32..Adossé à un tronc d'arbre,une brindille
entre les Lèvres,les bras croisés sur la poitrine,il contemple Le
paysage sans brume,clair. 33..Le paysage du jour sans nuage,qui
gorge la Pensée de temps à autre d'un visage aimé. 34..Chaque matin,
Il scrute l'horizon Pour voir S'il y'a quelques nuages. 35..Le paysage
du jour qui rappelle des paroles,des paroles Qui
s'emparent de toute leur force,qui s'emparent Des rayons du
soleil,pour les accrocher,pour les Etaler,pour les planter,là ou'
l'ombre rêveuse Assoupit. 36..Chaque matin, Il se met Sous le grand
arbre, Pour voir s'il y'a Quelques nuages Dans le ciel. 37..Ton
corps Que j'ai pris Entre mes bras Toute une nuit. 38..La boue sur le
chemin est collante,mais elle N'empêche pas de
marcher.Emmitouflé dans Un habit chaud,il se dirige d'un pas Presque
léger vers le lieu de travail dans le Regard le vœu d'un enfant.
39..Il est né hier Dans mon esprit, Tes caresses aussi Je ne
les ai pas Oubliées. 40..Demain, Je ne sais pas Si tu te rappeleras
Mon nom. 41..Parfois,il se dirige d'un pas presque pressé,une Pensée
pour un visage,une pensée caresse à ce Visage,car,avant041que
le soleil ne soit haut Dans le ciel recouvert de nuages,il commence
La journée. 42..Demain, Je te rappelerais Lorsque tu reviendras Mon
nom. 43..La nuit, Les vieux parlent Les yeux rivés au ciel,
Aux légendes. 44..Dans le chemin à parcourir,il y'aura ce qui
Rayonne maintenant en toi,il y'aura des Rêves,d'innombrables
rêves,cachés,comme pour Un jour surprendre gaiement. 45..Des rêves
blottis
dans la mémoire,qui n'attendent Depuis longtemps que l'envie
d'étreindre pour S'ouvrir au jour. 46..Ils leur parlent De l'endroit
Ou' l'eau Peut être. 47..Lorsque la vague présence qui pèse au
fond de la Gorge qui pèse sur les paupières,s'effacera,tu Les diras
les yeux rieurs. 48..Dehors un groupe d'enfants répand sa voix gaie A
tout le chemin,et donne au matin son Eclat des jours
ensoleillés. 49..Ils leur parlent Lorsque le silence Se fait
partout, Lorsque tous dorment. 50..Au loin des hommes aux gestes
paisibles retournent La terre,ils sont sortis bien avant ton Réveil et
resteront là,très longtemps,jusqu'au Soir peut-être. Grain qui
s'éveille. 51..Il n'y a qu'une parcelle d'irriguée,l'eau n'a Pas
suffit et autour,tout autour les petits Plants sont rabougris. 52..La
dernière fois, Tu portais au visage Des couleurs Que j'aime. 53..La
pluie est tombée pendant des mois entiers, Pendant plus d'une
saison.Cette année,l'eau Coulera dans les oueds jusqu'aux premières
Feuilles qui tombent. 54..Cette année,il y'aura de l'eau dans les
oueds Au moment de la moisson,et après ton repas Pris à même le sol,à
l'ombre de l'olivier Tu pourras aller te désaltérer. 55..Des
couleurs Que chaque printemps, Je vois Dans les champs. 56..Il a plu
pendant des mois entiers,et maintenant Des pousses d'un vert tendre
sont apparues, Comme des rayons juvéniles sur tes mains.
57..Lorsque le dernier sillon est né,tu t'es arrêté Un peu pour les
voir,debout,en face.Et dans Leur longueur,il y'avait comme ces
interminables Matins ou' tu arrivais d'un pas sûr,pour Eveiller
chaque grain somnolent de la terre,avant Que la lumière ne se
répande. 58..Le printemps Est déjà là Avec ses couleurs Et ses
senteurs. 59..Et chaque grain qui s'éveille se répand pour Peupler
l'ombre de lumière qui fait le jour. 60..Le dernier sillon est né
après les premières pluies, Lorsque les oiseaux regagnaient encore les
branches, Le bec plein et dans sa longueur,il y'a la
Profondeur du regard,gorgé de pensées pour ceux Qui partiront,rieurs
sur les chemins dans le Silence doux du matin. 61..Des papillons
voltigent Sous le soleil, Sans se presser D'une fleur à une
autre. 62..Il y'a les rides que chaque âge voit plus profondes Sur
le visage hâlé,regorgeant de soleil,et des Traces de vent et de gel
sur la peau,recouvertes De quelques poussières qu'humectent
légèrement des Gestes lents,qui puisent d'une jarre limpide avant De
rentrer le soir. 63..Au retour Je ne sais pas Si tu reconnaîtras A ses
mots Ma voix. 64..Ma voix te veillera Chaque soir, Elle
te chantera Jusqu'au retour. 65..Il y'a la récolte qui dure des
mois,ou' des Arbres,ou' des arbustes s'alignent sur l'immense
Cuvette,s'alignent sur la frêle colline,au Soleil de midi,et qui
durcit
les mains douces Et qui brunit le visage gai un peu ridé,de Femmes
portant parfois,des enfants attachés D'une étoffe légère et colorée
sur le dos. 66..Demain, Je ne sais pas Si tu me reconnaîtras,
Il ne reste qu'un souvenir, Un vague souvenir Lointain. 67..La
guerre A pris huit années, Huit longues années. 68..Lorsque
devant,toute l'étendue s'est mise à S'étirer,comme après un long
sommeil,un Long et beau sommeil,tu as regardé autour. Autour des
arbres chauffent leurs branches au Soleil dans le ciel,des nuages
blanchâtres et Jouflus défilent,légers vers l'horizon.Et à tes
Pieds,à tes pieds jusqu'au loin,et dispersées, Les fines herbes
sèches reprennent des couleurs. 69..On ne savait pas Quand est ce que
Elle allait Se terminer. 70..La récolte A été détruite, A été
complètement détruite, Alors qu'on n'avait Pas encore mangé. 71..Les
herbes frêles,lorsqu'elles reprennent des Couleurs et prolifèrent
rabougrissent les plants Aux feuilles tendres,mis longuement
en terre, En lignes qui demeurent longtemps jusqu'aux Premières
pluies. 72..Il n'y a que tes pas qui arrivent réguliers Chaque
matin,pour leur donner toute Leur beauté. 73..Je ne sais pas Quel nom
il portera, Il ressemblera A mes rêves. 74..Chaque grain somnolent
de la terre que tu Eveilles connaît tes mains,connaît ton regard Comme
il connaît le goût des rayons de soleil Fleurira.
87..Chaque jour, les élans qui viennent de toi ont Leur chemin dans
les rêves,loin dans les grands Rêves qui donnent à la nuit cet arôme
d'un Jour gai qui se lève. 88..Des mots doux Préparés Et mis
à côté Pour toi. 89..Dans la mine, Il fait chaud, Dans la sueur
qu'il y'a Sur mon corps Colle la poussière. 90..Lorsqu'ils
s'élèvent,ils ressemblent à un chant, Pleins au loin,dans le doux
silence,dans ce Beau silence qui berce tes rides,qui berce tes
Lèvres d'un hommage aux mains durcies. 91..Demain, Je ne sais pas Si
tu reconnaîtras Mes pas Loin Dans le chemin. 92..Des mots
x feuilles assoupies,
Briller au jour gris,longtemps avant de Tomber. 93..Un jour tes yeux
rivés au loin,et gorgés d'un Sourire verront sur les branches des
gouttes d'eau, Perles transparentes,accrochées aux feuilles assoupies,
Briller au jour gris,longtemps avant de Tomber.
94..Le sahel s'étale Sur de grandes distances, Pas une touffe d'herbe,
Pas une goutte d'eau. 95..Demain,le matin peut être gris,maussade
Même,mais il
fera jour. 96..Toute la nuit,le vent a soufflé,mais dans La douce
pénombre qui s'est tôt installée,il N'y a eu que des hurlements pour
égayer le Feuillage,et une caresse sur un visage. 97..Les
puits sont secs Depuis des mois, Car depuis des mois Il n'a pas plu.
98..Ou' est la beauté des lieux,la beauté dans Les lieux,dans tous les
lieux,lorsque les Légendes millénaires,qui ,les ont
remplis de Vie s'effacent. 99..Parfois,lorsque je relève la tête
pour Regarder devant,des couleurs qui s'assemblent, Dans le
paysage,une pensée naît pour toi. 100..Les vieux veillent La nuit, Ils
veillent Autour d'un feu, Une berçeuse Pour les enfants. 101..Demain
Te parler d'amour, Te parler longuement De cette absence. 102..Devant
sans vaciller,la douce flamme Eclaire humblement,et dans
le doux Silence nocturne qu'elle remplit,des Pensées tendres,saveur
de tes paroles Naissent pour toi. 103..Ton absence a duré Je ne sais
combien, Je suis resté là A attendre Que tu reviennes.
104..Je t'ai cherché Dans beaucoup d'endroits, J'ai questionné
Beaucoup de passants, Mais personne Ne m'a répondu. 105..Il fait
beau,et sur les branches Sont apparus des bourgeons aux Pousses
tendres,mais je ne sais si La journée ensoleillée étale un seul De
son sourire à ton visage. 106..Je ne sais plus Depuis quand Date ton
départ, Je ne sais plus Quand est ce que Tu es partie, Cela
fait des années Peut-être, Je ne m'en souviens plus. 107..Parfois
j'oublie même tes mots,parfois J'oublie même ton visage,il ne reste
que Quelques souvenirs vagues qui te rappellent. 108..Les
petites maisons bordées d'arbres,les Arbres alignés,les trottoirs
balayés Portent l'empreinte des mains,qui se Ferment dans les
poches,debout dans La cité qui veille,les yeux au loin Vers ces
quartiers interdits,ou' derrière Des murs,des fronts se rident
depuis Des années. 109..Ce verger Grand père l'a planté Alors que tu
étais Petite. 110..Il avait chaque jour Deux seaux à la main Et
chaque matin, Il l'arrosait. 111..Dans l'immense cité,les arbres se
parent Pour le printemps,et dans le silence Des trottoirs mal
éclairés,je perçois Des visages humbles et familiers qui
Transcendent les quartiers interdits, Pour rechauffer chaque foyer.
112..Il apportait l'eau De loin Et l'arrosait. 113..Sur tous les
arbres,il y'a des Feuilles tendres et des bourgeons en Fleurs,à
croire que la nature Entière se pare pour la fête.Mais Je ne sais,si
des nuages qui courent Encore,il y'a quelques gouttes,de Leur eau pour
tes mains. 114..Chaque matin, Il s'en allait Avec ses
seaux Au loin,ramener de l'eau. 115..Il apportait l'eau De loin,
D'une rivière claire Et l'arrosait. 116..Demain Je ne sais pas Si tu
te rappeleras Mon nom. 117..Il y'a eu des moments,ou' sur les
Visages,il y'avait une flamme qui Allait s'éteindre,s'éteindre comme
des Braises,des braises chaudes,un jour de Froid ou' des arbres
dégarnis ruisselants Frissonnent. 118..Je ne sais pas Si tu te
rappeleras Ma voix. 119..Ton absence A duré des années, Elle est
longue, Elle a duré De longues années. 120..Et lorsque assis suir une
pierre,au bord du Chemin,devant,le rêve a pris forme,un
Sourire,plume blanche sur la peau a pincé De sa beauté le coin de
tes lèvres. 121..Dans ton regard,j'ai vu alors une lumière Au
loin,renaître,une lumière renaître, Et dans ses éclats la douce
chaleur de L'étreinte d'une large poignée de mains Qui se pressent.
122..Ce verger Son ombre T'accueillera Lorsque tu reviendras. 123..Des
rafales de vent balaient le chemin,ou' Quelques promeneurs
se sont attardés,en un Tourbillon qui hâpe de feuilles sèches et De
poussière le visage.Et dans le ciel,sans Battre des ailes,une nuée de
corbeaux se laisse Voguer au gré des airs pour annoncer de
Son chant la pluie qui tombera. 124..Il a été planté Alors que tu
étais petite, Chaque matin Grand père l'arrosait. 125..Il avait deux
seaux, L'eau il la ramenait De loin, D'une rivière. 126..La
pluie qui tombera sur les mottes,qui Naissent,au passage,sur de
longues Distances et s'étirent presque joyeusement, Loin dans la
vallée,comme pour Saluer ce jour même maussade qui les A vu naître.
127..Tes lettres, Je les lis chaque jour, Ecrites d'une encre Que je
connais Maintenant. 128..Mon amour pour toi Date de longtemps, Il ne
date pas D'un jour. 129..Ne t'en fais pas,demain,il fera
Beau et nous irons ensemble parcourir Le long chemin,pour voir les
bourgeons Et les feuilles tendres,en fête sur les Arbres. 130..Ton
absence a duré Des cannées, Elle est longue, Elle a duré De
longues années. 131..Ce verger Son ombre T'accueillera Lorsque tu
reviendras. 132..Chaque jour,il me faut des Feuilles pour te fêter et
les Instants que je narre sont ce Qu'il y'a de plus beau dans
Ton souvenir. 133..Il a été planté Alors que tu étais petite, Chaque
matin Grand père l'arrosait. 134..Je n'ai rien oublié, Ni tes lettres,
Ni tes mots, Certains Je les ai même soulignés. La fête
du printemps. 135..Sur toute la colline,il n'y a Que des fleurs et
j'ai mis Longtemps à t'assembler un Bouquet,car je voulais les
Meilleures pour toi. 136..Il est là Depuis la première Rencontre,
Il est là Comme avant. 137..Certains Je les ai appris, Chaque jour,
Je les reprends Lorsque tous dorment. 138..Les meilleures fleurs pour
toi, Car lorsque tu auras fermé les yeux, Un sourire amusé
au coin des lèvres, Debout devant moi,je mettrai Quelques unes pour
orner ta Chevelure,ensuite mes paumes Ouvertes à tes joues,je
t'embrasserai Tendrement sur le front.Et Lorsque tu les ouvriras,tu
verras que Nous avons fait déjà quelques pas Ensemble.
139..Aurais-tu oublié Que je pense à toi, Que chaque jour Je pense à
toi. 140..Ton souvenir Est resté vivant Dans ma mémoire, Un souvenir
Le
seul. 141..Et de loin,nous parviennent Comme ces rayons d'un doux
Soleil,répandus à tout le Paysage,les chants qui Accueillent le
printemps Aujourd'hui. 142..Dehors Il fait froid, Il n'a pas cessé
De pleuvoir Toute la journée. 143..Le ciel était couvert, De gros
nuages Et le vent soufflait Dans le feuillage. 144..Toi qui marche sur
le sable,qui est Dans le camps réservé,qui attend Aux bord
du fleuve,les yeux à Tous les horizons,depuis des mois. Toi qui ne
verra peut-être pas L'éclosion des bourgeons et les tendres Pousses
rieuses,au soleil qui revient, Il y'aura aujourd'hui,une
pensée,en Silence,les yeux au loin,pour toi. 145..Les arbres en fête
ce printemps,tu aimes les Regarder,ils font un peu d'ombre pour te
Rafraîchir en été,et lorsque leurs fruits sont Mûrs,tu veux
bien les goûter. 146..Parfois,je cueille une petite poignée, Une
bonne petite poignée que l'on Mettra sur une table devant,pour Une
longue veillée,ou' de temps à Autre quelqu'un chantera les yeux
Brillants ceux qui sont partis. 147..Je les ai plantés sur les
trottoirs et Partout autour des petites maisons bien Avant ton
arrivée. 148..Je les ai plantés dans les champs,j'ai planté Les mêmes
dans la cité,et au printemps J'assiste émerveillé à la fête dans
leur Branchage renouvelé. 149..Ces fleurs sur les chemins,tu les
caresses Tendrement du regard,chaque jour en Passant,parfois tu
cueilles une petite Poignée,pour celle qui attendra sur le Seuil le
soir,un enfant sage dans Les bras. 150..Ces fleurs, je les regarde
presque Furtivement au passage,elles Poussent comme ici,dans
la cité,et Connaissent la chaleur de mon regard,sur Leurs pétales
colorés. 151..Les oiseaux gais qui s'envolent sans crainte,à Mon
passage ont fait leurs nids,sur les arbres, Sur leurs
branches,autour des petites maisons. 152..Ils ont fait leurs nids
sur les branches Dans la cité,et lorsque je les regarde, Sans crainte
s'envoler,lorsque je te regarde Les contempler,je remarque
que tu es Emerveillée. 153..Parfois en marchant,je les vois se
déposer Sur la paume,je vois ma main caresser Leur plumage coloré pour
qu'ils Transmettent,au loin la caresse encore Chaude à la
bien-aimée. 154..L'eau monte dans la mine,par endroits il Est
difficile de respirer et chaque jour,je ronge La paroi de mes mains,et
lorsque je parle un Regard menaçant se pose sur moi.
155..Loin,il y'a la mine et les baraques,il Y'a les champs et les
baraques,presque Alignées et recouvertes en toute saison D'une légère
couche de poussière. 156..Il y'a des fleurs,semblables à
celles Que tu cueilles pour celle qui attendra, Sur le seuil un
enfant dans les bras. 157..Lorsque je marche,je ne dois pas regarder
le Grillage,et les quelques mots,collés les mêmes Sur de longues
distances. 158..Il y'a des arbres semblables à ceux qui Poussent
devant les petites maisons sur le Trottoir. 159..Il y'a des nids
doux,construits depuis Longtemps sur leur branchage. 160..Toi tu
les regardes,et lorsque tu les vois,j'ai Remarqué à chaque fois que
ton front se Ride. 161..Mais à ces fleurs,à ces arbres,à ces Nids,il
manque ta présence. 162..Il y'a des pétales colorés,il y'a
Des bourgeons sur les arbres,il y'a des Oiseaux qui volent haut dans
le ciel, Mais il leur manque ta présence. 163..Ma couleur ressemble à
ces baies mûres, Cueillies l'autre jour et offertes
tendrement en Bonne poignée dans ta main. 164..Il y'a des
bourgeons,il y'a des Pousses,tendres sur les arbres,il y'a Le chant
des oiseaux qui t'émerveille En silence,mais il me manque ta présence.
165..Loin,il y'a les champs,il y'a la Mine et les baraques,et à
mesure que le Temps passe,je te sens chaque jour, Un peu plus près de
moi. 166..La paroi souterraine,je la ronge de mes Doigts,une
petite lumière accrochée à mon Front pour que les éclats de la
pierre t'émerveillent,à la lumière du jour et lorsque je Parle de
diamants,ton regard menaçant se pose Sur moi. 167..loin,il n'y a
pas de pancartes,il y'a Une clôture et des baraques. 168..Il y'a des
bourgeons,il y'a des Pousses,il y'a de beaux chants d'oiseaux Qui
émerveillent en silence,mais il leur Manque ta présence.
169..Car ta peau est sur ce papier,que tu Présenteras de temps à
autre,à chaque coin de Rue parfois,car ma peau est sur mes mains,sur
Mon visage,dans mes yeux,dans mon regard Toujours chaud qui a
soif d'aimer. 170..La poussière est sur quelques livres,la Poussière
a collé au bois,elle est sur La lampe et lorsque je me lave,je la Vois
ruisseler en fin filet ocre sur ma Peau. 171..Le soir,la
lumière n'est pas forte,et Chaque jour pour quelques instants des
Hommes contemplent les étoiles assemblées Dans le ciel. 172..Le
soir,avant que la veillée ne commence,je Sors dehors et m'adosse
aux réverbères,au mur en Bois,recouvert de cette poussière,que je
connais Si bien. 173..Lorsque la nuit s'éclaire,j'assiste de Derrière
la vitre,les yeux au loin,pendant Des instants,de longs
instants parfois,au Doux assoupissement du paysage. 174..J'assiste
les yeux au loin,à la levée des Etoiles.Lorsque toutes sont dans le
ciel,je Sens ma main presser tendrement ton épaule. 175..Je
contemple à beaucoup de moments de la Veillée,je contemple au jour
qui se lève,les Fleurs,les arbres et les oiseaux que tu aimes Caresser
de ton regard. 176..Je te revois regarder,regarder loin
Devant,le chemin,ses pas,ses ronces, Ses baies noires mûries au
soleil,comme Si tu voulais me parler. 177..Tes mots sont restés beaux
dans ma mémoire, Comme ce jour ou' tu as accepté de boire De
mes mains assemblées. 178..Avant que la veillée ne commence,à la
faible Lumière,je contemple longuement les étoiles Assemblées dans le
ciel,que tu aimes voir dans La cité. 179..Je te vois les joues
gorgées d'un sourire, A l'ombre,une brindille entre les lèvres,
Cueillie fraîche aux pieds de l'olivier. 180..Je te revois offrir tes
paumes,au vol D'oiseaux,comme si tu voulais Tendrement leur
parler. 181..Ensuite, étalé pour quelques heures,d'un Doux
sommeil,je te revois marcher,marcher A mes côtés sur le chemin,et
imiter de Temps à autre,amusée les pas tracés. 182..Ces mots sont
restés
beaux et chauds Dans ma mémoire,comme ce jour ou' Ta main a offert
une bonne poignée, De ces baies noires mûries au soleil,les
Meilleures. 183..Comme ce jour ensoleillé,ou' après la Cueillette,tu
as offert un petit bouquet, J'ai pris alors une marguerite,et j'ai
Orné d'un geste lent ta chevelure. 184..L'hymne à l'amour peuple les
rues solitaires, Peuple leur silence après une journée
légendaire, Ou' chaque pouce a été jonché de débris et De papiers de
toutes couleurs. 185..Le chant qui se répand sur les chemins
Escarpés,sur la montagne est un Hymne à l'amour qui vient de la
Terre. 186..Il est sur le visage humble et dans la Chaleur du regard
qui fixe devant,de Temps à autre,loin devant comme pour Voir clair.
187..Le chant qui se répand vient de l'escarpement Des
chemins,dans la montagne.Lorsqu'il Parvient le soir,dans les maisons
en tôle Eclairées d'une vieille lampe à ,pétrole,il Redresse mon
regard pour te rechauffer jusque tard. 188..Il est un hymne à
l'amour,sur Les visages humbles qui parlent de Gais lendemains à
leurs enfants,lorsque Dehors,dans les rues personne ne Circule.
189..Le chant qui se répand,vient de la chaleur Du regard,des mains
qui se serrent tendrement, Qui se serrent plus fort,dans les maisons
en Tôle,à la lumière de la lampe à pétrole. 190..Je t'ai parlée de
ceux qui marcheront,les Mains vides tombantes sans un regard
autour. 191..Dans les rues mal éclairées,les portes et Les fenêtres
sont restées fermées,jusqu'aux Premières lueurs à l'horizon.
192..Pendant ces nuits,je me souviens,je t'ai Longuement parlée
autour d'un feu Doux qui éclaire tranquille ton visage. 193..Je t'ai
parlé de ceux qui iront travailler,les Yeux au loin,le front
ridé,comme si Depuis toujours,il n'a porté qu'un fardeau. 194..Dans
les rues éclairées,les portes et les Fenêtres sont restées
fermées,personne N'a circulé jusqu'aux premières lueurs, Apparues à
l'horizon. 195..Avant une tendre étreinte,lorsque les yeux Ont
brillé,tu t'es rappelée les bourgeons Qui poussent partout,ce
printemps,qui Poussent jusqu'au loin,pour être cueillis. 196..Le chant
vient des pas qui disparaissent Soudain sur les chemins,il vient
de tes pas, Aux contours doux et frais que je connais si Bien.
197..Et pendant des heures ces nuits,tu as Parlé des lendemains gais
pour les enfants, Et des pousses qu'il y'a partout Ce printemps.
198..Tu as longuement parlé,dans les maisons En tôle,qu'éclaire la
vieille lampe à Pétrole,qui se lève belle,gorgée de rosée.
199..Tendrement enlacée par instants,sur le Chemin,ou' de temps à
autre
quelqu'un passait, Les yeux devant et les pas effleurant la terre
Vivants. 200..Le chant vient des pas qui disparaissent Soudain sur les
chemins,il vient de tes Pas,aux contours doux et frais que
je Connais si bien. 201..Je me souviens,nous nous sommes arrêtés
Pour un instant,devant les pas qui ont Soudain disparu,comme si nous
voulions Leur parler. 202..Ensuite,nous avons continué le
chemin,devant, Loin devant,avec une fois,je me souviens Un tendre
chuchotement à ton oreille. 203..Il descend les chemins à ta
rencontre,et A ta rencontre,il s'empare tendrement De la chaleur de
tes mains. 204..Il descend les chemins,dans la voix,à Tes côtés,le
pas léger et gai,de temps à Autre l'épaule chaudement enlacée. 205..De
temps à autre,tu t'attardes Devant un olivier,tu
t'attardes,comme si Tu voulais parler à ses rameaux,denses et clairs
Cette année,que seule une brise légère caresse pour Qu'ils te saluent.
206..Tu les as vus gais voltiger et se mettre Sur une
branche à côté,comme pour Te laisser passer. 207..Tu les longtemps
regardés,tu les as Regardés émerveillée,pour qu'un jour, Même si tu es
loin tu sauras les Chanter. 208..Les chanter et te laisser
bercer par leur Chant,le même dans toutes les contrées. 209..Je te
revois cueillir d'un geste tendre des Marguerites,une bonne poignée de
marguerites Que tu mettras peut-être dans un verre,à Demi
plein d'eau,devant toi,sur la Petite table ou' tu travailles au
retour. 210..Devant le ruisseau qui coule clair,tu t'es Attardée pour
voir quelques oiseaux,que tu N'effraies pas se désaltérer.
211..Tu as regardé,les eaux de l'oued devant Toi miroiter au
soleil,dans le ciel avant de Se coucher. 212..Tuas assemblé tes
mains,tu les as Remplies puis tu as goutté,rieuse une Gorgée.Et la
tête
redressée,les yeux Fermés,tu as étalé le reste sur ton Visage.
213..Lorsque tu as ouvert les yeux,les gouttes Sur tes doigts,tu les a
lancées,amusée A mon visage. 214..Au retour tu avais soif,soif
de boire De la source du ruisseau qui coule long et Clair jusqu'au
loin sur la terre. 215..Quelle fraîcheur dans ces gouttes,qui viennent
De tes mains,d'un geste tendre,car elles Eveillent comme
des fibres sur les joues qui Ne sont pas enflammées depuis longtemps
Sur le visage. 216..Les baies étaient noires,mûres sur les ronces,
J'ai cueilli alors sans compter les meilleures, Une bonne
poignée pour te les offrir. 217..Lorsque je me suis retourné,j'ai vu
Dans tes mains,une bonne poignée des Meilleures,offertes. 218..Et à
mesure que le temps passe,je Vois ma main caresser le
plumage Coloré d'un oiseau qui se dépose,sans Crainte sur la
paume,pour qu'il Traverse des contrées et transmettre la Caresse
encore chaude à la bien-aimée. 219..Tu as étendu ta main,paume au
Sol,tu as ajouté quatre doigts paume Au ciel,puis tu t'es penchée,tu
t'es Un peu regardé te refléter,puis tu as bu. Lorsque tu as
terminé,ton air gai, Amusé était plus beau encore. 220..Longtemps
après,un peu fatigué,tu t'es Adossé à un chêne,paumes derrière le
Dos,à son écorce de liège. 221..A mesure que le temps passe,ce lieu si
Lointain qui m'a été réservé me rapproche Chaque jour un peu
plus de toi. 222..Dans la mine,l'eau monte,l'eau S'égoutte en
gouttes régulières des parois Dans toute la galerie,et par endroits,
Il est difficile de respirer. 223..Le chant se répand,à la pensée
du Beau petit pays,qui s'est levé tôt ce Matin,pour faire sa
toilette du Printemps. 224..Au retour ne t'en fais pas,il Y'aura une
longue marche sur les Chemins ou' les pas s'alignent depuis
Longtemps déjà. 225..Au retour,il y'aura tes quelques silences Doux
et profonds,au retour tu T'attarderas devant l'olivier,devant Ses
rameaux persistants comme si tu Veux leur parler. 226..Et dans
chaque mot prononcé qui Dure encore maintenant,il y'a une Tendre
promesse de retour. 227..Une de ces promesses qui ressemble à ta
Présence,à mes côtés qui ressemble à Ces mots,à tous ces mots
restés beaux Dans ma mémoire. 228..Et dans quelques mots prononcés
les yeux De temps à autre à ton profil,j'ai Remarqué qu'il y'a à
chaque fois l'éclosion De bribes d'un bel hymne à l'amour.
12.Les rizières infinies.
01.Dans les paysages, Il y’a comme quelques Unes de tes histoires.De
Ces belles histoires Racontées pendant Quelques jours,les yeux
Enflammés avant ton
Départ.; 02.Elles ressemblent à Des contes d’enfants,mais Il y’a en
plus l’image de Ta tendresse,l’image D’une étreinte,née il y’a
Longtemps,comme une Promesse pour le futur.03.Les chants me manquent.
Les chants qui bercent la Nuit,qui accompagnent Les rêves de
retour,ceux Qui donnent au village Un air de fête de temps à Autre.
04.Dans le paysage,sur Les routes,les longues Routes
sillonnées,dans Le sourire sur des Visages,il y’a ce qui me Manque de
ma terre.
05.Ce poème sera ton Entêtement à faire Pousser des fleurs,de
N’importe quelle Couleur là ou’ la terre Paraît ridée et pâle. 06.Cet
hiver il
a beaucoup Plu.Les nuits ont parfois Eté froides et les cours D’eau
se sont remplis.Le Vent a soufflé et a tordu Quelques fois les arbres.
Quelques branches ont été Même cassées et des Flaques d’eau ont
couvert Le sol pendant longtemps.
07.Parfois sur les chemins On ne pouvait pas Marcher.On se déplaçait
Difficilement au risque De tomber.Les soirées Elles étaient chaudes,
Pleines de contes et de Lumière.Chaque nuit,
C’était un qui disait Son conte,ensuite on Dormait tranquille,les
Poings presque
fermés.
08.Demain être libre De t’approcher,de te Regarder de serrer tes
Mains pour assister à L’orgie de rayons Colorés qui dessinent A
l’horizon proche Un monde né du
Silence.;09.Etre libre de rester A tes côtés,pour te Raconter mille
sourires Restés au fond des Yeux. 10.Elles se sont Epanouies,elles se
sont
Fânées,personne ne Les a jamais regardées. 11.Ils sont rentrés avec
Fracas,ils ont
pris des Victuailles,ils ont violé des femmes et sont partis en
chantant. 12.Les portes sont Restées ouvertes toute La nuit,car les
soldats Ont ordonné de ne Pas bouger. 13.Dehors,c’est le
Silence,personne ne Circule,tous sont Rentrés pour parler du Chant
venu aujourd’hui Du vieux quartier. 14.La nuit,la fôret Parle au
étoiles des Légendes nées dans Mon pays. 15.Ils sont venus En bateau,de
loin,ils Ont pris plein de bois Et mis des barrières. 16.Sur cette
terre Brûlée de soleil sont Nées les légendes De mon pays. 17.Cette
nuit la cité Pleure ses enfants Tombés dans les rues D’à côté. 18.Ils
connaissent les Sentiers qui mènent aux Maisons
perchées.Ils Connaissent les maisons Perchées,ou’ à la nuit Tombée
on s’assemble Pour une longue Veillée.Ces chants me Reviennent,les
nuits Froides dans le Silence,ils me Rappellent des contes De
tendre enfance.Ces Chants je les veux dans Ta voix pour qu’au
Retour,lorsque je te Regarde dans les yeux, Ils me rappellent ta
Longue absence. 19.La casbah est un Maquis, mon frère.Un Jour lorsque
tu seras De passage en ville, N’hésites pas de T’attendrir un
instant Sur ces vieilles Maisons,presque en Ruine parfois. 20.Nos
ancêtres n’avaient Pas faim mon enfant, Rassures-toi.C’est dans Les
moments d’intense Bonheur,qu’ils nous ont Laissé leurs paroles les
Plus belles,celles que tu As maintenant dans la Voix. 21.Je suis libre
mais je Ne te connais pas.Que De temps est passé,depuis
L’instant ou’ tu m’as Pris,comme un Bourgeon dans tes bras.
22.Certains sont très Agés le visage ridé Et seché par le soleil Ils
connaissent les Prairies et les sources Qu’il y’avait. 23.La nuit
C’est le silence Avant de fermer Les yeux dehors Je regarde les
étoiles. 24.Je regarde Leur lumière Je regarde longuement Leur lumière
Dans le ciel Sans nuages. 25.Ils se sont baignés Dans les
sources Et ont bu De leur eau. 26.Ma peau est noire Elle est gorgée
de soleil A ma main Je porte un bâton Plein de dessins. 27.Je porte au
cou Des amulettes Et dans les yeux Ce rêve qui revient
Chaque nuit. 28.Parole Dans la bouche Des aieux Loin dans le ciel
Qui berce mon sommeil. 29.Pour que l’histoire Se rappelle,voila pour
Toi une fleur et un Livre,du pain et une Terre. 30.Il n’y a
même pas Quelques vers dans Cette solitude,entre les Barrières qu’il
faut Franchir,pour ramener Un pain. 31.La nuit était belle Pourtant il
fallait partir Jusqu’au loin,dans le Silence avant
l’aube, Pour rejoindre les Campagnons. 32.Dans le rêve j’ai vu Des
campagnons revenir, Des gosses,des femmes Dans les bras,les yeux
Pleins de larmes.J’ai vu Mon pays grandir comme Il ne l’a jamais
été. 33.Ecrire des sentiments Pour la mémoire devient Pénible,pour
te souvenir Qu’un jour tu as aimé, Pour ne pas vite oublier, Pour que
le pain que tu As promis,nourrisse les Bouches rieuses que
tu As pincées de tendresse. Pour que tu te rappelles Que des voix
juvéniles, Que des rêves dans les Regards d’enfants,ont Fait naître un
futur. 34.A quand mon soleil, Le matin à l’horizon, Comme un
sourire pour Eclairer ton visage.Je ne Sais plus le temps qu’il
Fait,je ne me rappelle Plus ton nom,il ne reste Que ton souvenir pour
Te reconnaître parmi Mille. 35.Que veux-tu, même aux Premières
heures de la liberté,il fallait encore te convaincre que ce n’est ni
toi,ni moi,qui ont dressé ces barrières.Il y’a eu la nuit coloniale et
ton ignorance,et ma faim d’un jour.Il y’a la récolte tue
avant de faire naître un soleil,qui t’ont appris que les hommes
peuvent se ressembler. 36.Plus tard nous serons Comme les colons,nous
Aurons un transistor et de L’électricité.L’hiver ne sera Pas
long.Il y’aura la route, Et ta sœur aura même un Métier.A
l’indépendance, Nous serons heureux,après L’averse,nous n’auront pas A
tout recommencer. 37.Un paysage,des étoiles Qui brillent en été dans
le Ciel,du soleil plein la terre Et des arbres pleins de Fleurs en
avril. 38.Un paysage des chants D’oiseaux sur les chemins, Et des
vaches tranquilles, Loin,tranquilles dans le Pâturage. 39.Dans
le camp sans Clôtures,les enfants jouent Aux mêmes jeux qu’il y’a
Dans le pays délaissé.Il Font les mêmes gestes et Ont le même
sourire.Ils Chantent jusque tard les Mêmes chants,à la Lumière,devant
les portes Ouvertes,ceux de l’exil. 40.Etre libre de rester A tes
côtés pour te Raconter mille sourires Restés au fond des Yeux.
41.Elles se sont épanouies Et se sont fânées, Personne ne les a
Jamais regardées. 42.Te souviens-tu des Moments ou’ il a Fallu
marcher côte à Côte,sans se parler Les yeux au loin Vides ou baissés.
43.Et au matin en chœur, L’hymne au retour, L’hymne né avant le
Retour,avant l’aube Naissant à la chaleur Du brasier. 44.La chaleur
du brasier, Tu l’alimentes de tes Tendres poignées de Brindilles,que
tu Apportes parfois de très Loin,et à certains Moments,tes
mains Etaient presque gelées Mais tu ne le disais pas. 45.Tu ne le
disais pas, Et tu t’asseyais à ce Moment,je te vois Pleine,pleine de
cette Flamme qui se Ramasse,qui se Ramasse pour calciner
L’obscurité entre ceux Qui parlent. 46.Un jour,on viendra Dans le
noir,on te fera Marcher dans le noir, Tu descendras un Escalier dans
le noir, Et dans ta marche,tu Te cogneras à un mur, Humide ou’
quelques Dessins,quelques Lettres brillent. 47.Tu te cogneras à un
Mur noir,et une flambée De douleur se répandra, Se répandra lentement
Et puis s’évaporera. Lorsque tu te retourneras, Tu ne
découvriras qu’un Cliquetis dans le noir. 48.Un vague cliquetis, Un
bruit de porte que L’on referme,un bruit Qui reste longtemps, Comme un
écho Lugubre,accroché aux Murs,dans le noir à Résonner.
49.Dans le camp sans Clôtures,les enfants jouent Aux mêmes jeux
qu’il Y’a dans le pays Délaissé.Ils font les Mêmes gestes et ont le
Même sourire.Ils chantent Jusque tard les mêmes Chants,à la
lumière, Devant les portes ouvertes, Ceux de l’exil. 50.Lorsque nous
Retournerons au pays, Nous irons voir les Ancêtres des fleurs à La
main,nous irons Boire de leurs sources Et nous monterons
Jusqu’en haut de la Montagne. 51.La maladie et le Froid ont presque
tout Décimé,et le pain a Manqué aux enfants. 52.Lorsqu’ils étaient
Venus,c’était dans Plusieurs bateaux, Lorsqu’ils avaient
Débarqué,on ne savait Pas que c’était pour Longtemps. 53.Le chant
qui revient Pour accueillir le Printemps est un chant Gai que des voix
Presque juvéniles Entonnent jusqu’au Crépuscule. Bonne
Espérance. 54.Lorsqu’elle monte Dans le ciel,sur l’horizon Apparaît
une ligne d’or Qui s’élargit,qui S’élargit et s’étale,en Une douce
sève lunaire A tout le paysage. 55.La lune est froide, Le sol
est froid,la Pénombre est froide, La nuit,le jour lorsque Je ferme
les yeux, Lorsque je les ouvre, Je découvre à chaque Fois que le monde
est Plus grand dans ma Pensée. 56.Devant la lucarne, Debout
les mains dans Les poches comme un Arbre qui s’assèche je Ne vois
qu’un bout de Ciel bleu et quelques Nuages qui passent. 57.Le paysage
je te le Dis est très large,il n’est Pas seulement un bout De
ciel bleu ou quelques Visages qui passent. 58.Dans tes yeux, Lorsque
tu ne peux pas T’arrêter pour me Parler sur le trottoir, Le chant
d’amour des Forêts impénétrables Rayonne. 59.Il est ce chant
que J’ai vu,sur les lèvres De ceux qu’on enlève A leur terre. 60.De
ceux qu’on brutalise Lorsqu’ils se taisent,la Nuit ou’ la botte
fracasse La porte,et que les enfants Se réveillent en sursaut.
61.La nuit,lorsque le Ciel est peuplé d’étoiles, La lune projette
sur le mur Froid une lucarne de Rayures. 62.Plus loin que les rêves De
jeunesse que les Images gardées pour Rappeler le chemin
Parcouru. 63.Des mois ou’ soudain Se revoit chacun des Tendres
instants ou’ après La plantation l’on se Regarde avec passion.
64.Plusieurs longs mois Passés dans le silence Que laisse ton départ
Près de quelques objets Oubliés que les années Vieillissent un peu.
65.Plusieurs mois depuis Ton départ et à chaque Fois tu écris d’un
autre Lieu plus loin encore. 66.Ma cité a la couleur Des mines
elle est grise Et couverte de poussière Que ramènent les Hommes sur
leur corps Mais elle n’a jamais Possédé un diamant. 67.Ma cité tu
l’ignores Tu ignores ses enfants Et ses écoles tu ignores Ses
fêtes de chaque Jour ou’ ma main qui Te fait peur invite à la Danse
ou’ ma bouche Que tu crains chante Jusqu’à l’aube le bout De ma terre
épargné. 68.A cause de ma couleur Tous les cheveux de
Grand-mère ont blanchi Au soleil de ma terre Laissée comme une
Réserve ou’ dans chaque Rêve il y’a une grande Route qui mène à Bonne
espérance. 69.Des saisons que la Mousson n’apeure plus Que le
regard dur N’existe plus que l’on Plante les pieds dans L’eau claire
le dos un Peu plus courbé. 70.Des saisons que Seule une brise légère
Caresse le sable doré Des saisons que les Pas auxquels il
est Habitué ne l’ont pas Foulé au coucher Du soleil. 71.Ma couleur
est Collée à ce papier et à Cause d’elle une flèche Indique mon chemin
Ma chaise et les heures De fermeture que je Ne connais pas.
72.Quelques pétales Recroquevillés pesants De poussière qu’aucune
Main ne se penche Pour effleurer la main Tient un papier qui Sera à
chaque angle Présenté. 73.J’emprunte un Chemin que tu regardes
Quand je ne suis pas là Tu regardes les débris Qui jonchent mon
Passage pressé et tu T’en vas un grillage Au fond des pupilles. 74.Une
route large Ou’ il n’y a pas de Pancartes accrochées Au grand
grillage Une route ou’ il y’a Un nom pour deux Ecrit d’une encre qui
Nous ressemble. 75.Je les vois comme Bonne espérance que Je n’ai pas
vu et qui Monte en moi pour Savourer la pleine Lune dans ma
cité je Les vois parfois Sortir et aller à la Rencontre des miens.
76.Je les vois marcher Le long des rues Eclairées et s’assoire En des
endroits que je Regarde furtivement Le jour en passant Ma
couleur dans ma Main moîte serrée. 77.Cette année la mousson N’a pas
détruit la récolte, Et les cabanes qui s’élèvent Sur le sable doré,les
Cabanes sur pilotis Regardent les vagues Déferler,comme
L’himalaya translucide au Soleil regarde la grande Muraille. 78.
78.Cette année ,il n’y aura Pas de morts sur les Frontières
escarpées,il Y’aura une rizière Infinie,ou’ l’eau claire N’écorche pas
mes pieds Nus et un peu décharnés. 79.La mousson n’apeure Plus les
îles semées,ou’ Grouillent ceux qui Parfois sont coupés du
Continent,une route Avance et se tend Comme une main pour Rassurer.
80.Parfois les portes Restent ouvertes Lorsque le vent emporte
Quelques pancartes et Caresse les pétales Recroquevillés parfois La
peur meurt dans la Cité chacun découvre Un amas de poussière Ou’ à
côté des petits Pas imprimés brunissent Des débris dans une Vieille
flaque d’eau ou’ Quand je me penche Je ne me vois pas. 81.La légende
de mon Pays ressemble au Soleil caché dans Chacun qui naît
et à Chaque fois que le Vent souffle du Bout du monde elle Réveille
toute la Savane. 82.Sur le chemin Il n’y a plus de pousses Il y’a
quelques traces D’abeilles et quelques Pétales recroquevillés
Devant la flèche tracée Pour moi tracée au Seuil de ma cité
Surpeuplée tracée sur Les arbres que j’ai Plantés bien avant Ton
arrivée. 83.Quelquefois on se Surprenait un pétale Entre nos mains à
Evoquer les mots que Donne sa couleur et Avant de nous quitter
Chacun prend du Même plant une Fleur qu’il ira mettre En face d’un
portrait. 84.Ma couleur n’a pas Changé le chemin N’était pas si
étroit Il était même fleuri On aimait s’arrêter un Peu et même si on
ne Se regardait pas Longuement on se Souriait. 85.On se regardait On
savait qu’un jour On s’attarderait à Admirer un bourgeon
Une pousse une Abeille butiner. 86.Dehors la ville Vit dans le
silence Personne ne flâne Personne ne s’adosse Aux réverbères tous
Sont rentrés pour Raconter d’où’ vient La peur du chant De la terre
laissée et Le grillage qui vit au Fond des pupilles. 87.Parfois
lorsque tu Rentres chez toi tu Racontes les débris du Chemin ou’ ton
nom N’existe pas tu Racontes le bruit dans La mine tu racontes
Les veillées dans la Cité et cette poussière Que tu connais si bien.
88.Dehors la ville vit Dans la nuit dehors C’est le silence ils
Rentrent chez eux Recouvrent l’enfant Endormi et enlacent Leur
femme pour Regarder les murs A deux. 89.Parfois lorsque tu Rentres
chez toi tu ne Parles à personne tu T’assois en face de ta Femme tu
recouvres L’enfant endormi et Tu observes les murs. 90.Pour me
rassurer Aux bords du grand Fleuve,qui coule Majestueux que la Fleur
sauvage que je Lui lance poussera En face. 91.Cette année,il n’y Aura
pas de morts sur Le sable doré,il y’aura Le lisse arbre
frêle, Penché sur la cabane, Et adossé pour un peu De joie,une femme
Décortique des grains, Au rythme de sa Première chanson. 92.A celui
qui ne Sait pas écrire pour Leur dire la profondeur Du
chantier qui peut Un jour s’ébouler pour L’emporter. 93.A celui qui
ne sait Pas lire les lettres qui Décorent les murs et Qui parfois
hésite avant D’entrer hésite à parler Hésite à demander le
Présent qui leur sera Envoyé avant le retour. 94.Plus loin que ma
Réserve quelques portes Restent ouvertes je Perçois alors des rêves
Souriant aux réverbères Qui agrémentent la Nuit. 95.Ma couleur
ne change Pas elle vit très loin plus Loin que ce que mes yeux
Voient au cœur de chaque Mémoire dans chaque Goutte de mon sang Dans
la sève qui abreuve Jusqu’à sa crête la Forêt de mes aieux. 96.Ma
couleur dans Ma peau ma couleur Sur mes habits dans Mes poches ou’
je Mets parfois un Paquet pour ceux Qui attendent au Seuil de la
périphérie. 97. Je les vois songer A ceux qui parlent aux Etoiles
à ceux qui Lisent un livre caché Lorsque la pleine Lune les dessine
sur Ma terre épargnée à Ceux qui attendent Adossés dans la Tiédeur
nocturne la Chanson qui redresse Les crinières. 98.Des saisons
que l’on S’assoit aux bords du Grand fleuve pour voir Si la fleur a
poussé de L’autre côté et attendre Sur les quais encombrés Les bateaux
qui Reviennent chargés des Lieux que tu connais
Maintenant. 99.A cause de ma couleur J’emprunte un chemin Ou’ mon
nom pend au Grillage qui nous Sépare. 100.Ma cité est loin Des maisons
apeurées Elle côtoie les mines Et connaît le fracas Des
éboulements qui Emportent à chaque Fois quelques uns. 101.Cette
fleur je ne Connais pas son nom, On ne me l’a jamais Dit,je ne sais
pas si Elle en a un,je sais Qu’elle pousse dans Les champs.
102.Ailleurs,je la Dessinais sur les Feuilles, Je la dessinais
Toutes les nuits. 103.Depuis longtemps Déjà,la neige recouvre Les
sommets,elle S’étale jusqu’au bas Des montagnes. 104.Elle s’étale
Blanche, Brillante au soleil Lorsqu’il apparaît. 105.Elle est là
Depuis les premiers Nuages,inhabituelle, Elle est comme Un manteau Aux
montagnes. 106.Brillante Au soleil Lorsqu’il apparaît. 107.Tu
regardais devant Et tu marchais, Tu montais Une grande colline.
Autour le paysage Etait tranquille, Plein d’arbres Devant Et le
chemin. 108.Ce chemin Chaque jour Je le traverse. 109.Ce chemin Je
t’apprendrai A le connaître. 110.Il connaît Toute mon enfance, Ce
chemin Connaît mes pas. 111.La faim existe Sur tous les toits, Je les
ai vu En parler Autour du feu, Le soir, En hiver, Le regard
Fuyant les enfants. 112.On ne sait pas ou’, Je les ai vues Une fois,
Elles poussent Sous les sources A l’abri des arbres. 113.Elle pousse
tôt, Aux premières pluies, Blanche au soleil, Blanche au
vent Qui l’arque un peu. 114.C’était peut-être Ses rues étroites Et
ses jardins. 115.La nuit, Je t’ai vu dormir, Après m’avoir Aimé.
116.Tu m’avais Fortement serré, Comme pour la première Fois.
117.Tu t’es deshabillée Presque entièrement Devant moi, Une main
Entre les cuisses, Une autre Sur les seins. 118.Tu as regardé Le rayon
de lumière Entrer par la fenêtre, Une mains Entre les
cuisses, Une autre Sur les seins. 119.Dans la pénombre, Tu t’es
approchée De moi, Tes lèvres ont effleuré Mes seins, Ta tête était
Entre mes bras. 120.Tu étais Cette nuit, Tout à moi Entre mes
bras. 121.Au jardin, Ou’ jadis L’on se rencontrait. 122.Des mots
d’amour Cachés, Là à l’écart Depuis longtemps Pour toi. 123.Dans le
jardin Qu’on a quitté Poussent des fleurs En toute saison.
124.Je te dirai Les nuits Qu’on a passé Dehors ensemble. 125.Je te
dirai Mille mots cachés, Là à l’écart Depuis longtemps Pour toi.
126.Des mots d’amour Du village Qu’on a quitté. Famine au sahel.
127.Beaucoup la Regardent dans cette Aridité,beaucoup L’admirent,son
père Pense la donner,dès Qu’elle grandirait au Fils du chef du
village. 128.Le soir, On danse A la lumière D’un grand feu.
129.Le soir, On médite A l’écart Au lendemain. 130.Beaucoup ne
Parlent presque Jamais, Beaucoup attendent Le regard Presque honteux.
131.Après,il les a Perdu,mortes,un Jour il les a trouvé Gisant
par terre,son Bâton il ne l’a pas Quitté. 132.Maintenant Safy A
grandi,c’est devenu Une adolescente,elle a Echappé à la maladie.
133.Maintenant comme Beaucoup de son âge, Elle veut être aimée.
134.Il est parti avec Dans les yeux Le souvenir De cette terre
Inculte. 135.De cette terre Brûlée de soleil Ou’ rien ne pousse.
136.Il trouva ou’ crécher, Il trouva de l’embauche Et leur envoya
Leur première lettre. 137.Camar avait ses Vaches,il les amenait
Jusqu’au loin,là ou’ Un peu d’herbe Poussait Là ou’ quelques flaques
D’eau se formaient. 138.Il était noir, Le visage gorgé De
soleil,il avait Dans les yeux le Souvenir de ceux Qu’ils a laissé Là
à attendre. 139.Là à prier Pour que la pluie Tombe. 140.Pour que
l’avion Vienne chargé De sacs,chargé de riz Pour les enfants.
141.Le lait A manqué Aux enfants. Le lait et le riz, Rien à manger,
Ils sont restés A attendre Les yeux au ciel. 142.Dehors Il fait froid,
Il n’a pas cessé De pleuvoir Toute la journée. 143.Le ciel
Etait couvert, De gros nuages Et le vent soufflait Dans le
feuillage. 144.Sur le chemin Des flaques Se sont formés, L’eau a
rempli La terre jadis Chère sèche. 145.Les feuilles Jonchent le sol,
Les
feuilles Que tes pas Caresseront. 146.Les feuilles Qui connaissent
Tes pas,les feuilles Les mêmes Qui nous ont Accueilli L’année passée.
147.La nuit Les vieux parlent Au ciel Angoissés par le sort
Des enfants. 148.La nuit, Ils prient longtemps Les yeux au ciel.
149.Parfois, Ils restent silencieux Dans la pénombre. 150.Le ciel Est
plein d’étoiles, Ils les connaissent Une après une, Chaque
jour, Ils lisent Dans leur lumière. 151.Ils parlent Aux légendes,
Ils parlent longuement Aux légendes. 152.La nuit est peuplée D’étoiles
Qui connaissent Les sources, Qui connaissent Ou’ peut être
Le bien- aimé. 153.La nuit, On leur parle, On parle A leur lumière
De l’absence Du bien-aimé. 154.La nuit, On parle longuement A leur
lumière De l’absence Du bien-aimé. 155.Mokhtar est parti, On ne
sait pas ou’, Sans se faire voir, Il avait promis Un tas de cadeaux.
156.Au loin, Aucune lumière N’apparaît, Au loin, C’est le silence.
157.Un silence pesant Dans cette aridité, Un silence Entre les
vieux, Lorsque parfois Les enfants Ne dorment pas. 158.Dans leurs
dires, Il y’a la famine, Le jour Dans leur rire Il y’a la famine.
159.Parfois, Ils se mettent en cercle Et parlent aux étoiles.
160.Parfois Ils se mettent En cercle Et parlent Au ciel. 161.Porté
en un regard, Sur le chemin,sur la route Bordés d’arbres,sur le
Chemin,sur les pierres, Sur les murs,sur les Toits,sur le visage
ou’ Il y’a un sourire,sur un Visage ou’ est frayé un Chemin,pour un
Sourire sur un visage. 162.Un chant récolté Sur un chemin,sur un
Visage,sur un chant Qui n’a pas cessé, Tout le temps qu’a Duré
l’absence si Longue. 163.Un chant récolté Dans ton regard,en un
Instant,en un jour,et Qui dure au-delà de L’absence si longue, Comme
des jours Ensoleillés futurs. 164.Et devant toi Apparaît alors
ce Chant,fleurs à tes Mains,que quelqu’un Accrochera à tes Cheveux.
165.Puis de tous les Lieux,de tous les Endroits que tu Connais
maintenant, Il fusera pour T’accueillir,et T’enlacera pour
Quelques instants. 166.Il t’enlacera de cette Etreinte,de cette
chaleur, Car pendant longtemps, Les nuits ont été froides, Car pendant
longtemps Le vent a soufflé,et il N’y avait que cette Voix
dans la nuit pour L’apaiser. 167.Le vent a longtemps Soufflé sur les
toiles, Il était froid,et pour se Rechauffer,chacun Regardait
longuement, La faible lumière parfois Jusqu’au matin. 168.La
faible lumière Dans tes yeux est cette Lumière qui baigne Dans la
toile,au son De cette voix qui S’élève au crépuscule. 169.Parfois tu
la Regardes longuement, En silence,de ce Silence merveilleux
D’un espoir qui recouvre Un peu plus chaque Jour ces petites rides
Apparues,les nuits Ou’ tu n’as fais que Te questionner. 170.Parfois,tu
la Regardes très Longtemps en silence, Et là ou’ naît la
Flamme,tu vois naître Des pétales,des pétales Entourés d’un grand
Cercle de lumière. 171.Parfois,là ou’ naît La flamme,tu vois naître,
Comme une voix Juvénile qui rayonne Au soleil,comme ces Voix
juvéniles qui Rayonnent dans le Beau pays qu’il y’aura. 172.Une fois
tu as vu Les horizons se dégager, Et sur les montagnes,et Au-delà des
montagnes, Et plus loin encore,les Fleurs que porte
l’étendue, Ont inondé tout sur la Terre. 173.Tout sur la terre A
porté leurs couleurs, A porté leurs senteurs, Comme une lumière,
Auréole à ta chevelure. 174.Une fois,tu as vu Le beau pays que tu
Ne connais pas,jusqu’à Ses moindres recoins Se construire,et sur les
Routes beaucoup Passaient au matin. 175.Et beaucoup passaient Avec
dans la main, Empaqueté minutieusement Au matin,le repas de
Midi,que tous se Partageront,à l’ombre D’un arbre,adossés à Un mur,à
même le sol. 176.Tout sur la terre A porté l’empreinte De l’étendue de
la Plaine,et son tapis Fleuri,a recouvert D’une auréole
de Lumière,toute la Montagne,au-delà de La montagne,et plus Loin
encore. 177.Une fois alors qu’un Vent froid soufflait sur Les
toiles,tu t’es vue Sillonner jusqu’à ses Moindres recoins le Beau pays
que tu ne Connais pas. 178.Et là ou’ tu arrives, A chaque endroit,
Chaque personne que tu Questionnes effleure de Sa main chaude,en une
Tendre caresse ta Mémoire. 179.Une tendre caresse A ta
mémoire,en un Frémissement de chaque Fibre en toi,en un Frisson,fait
naître sur Ta langue,dépose sur Ta langue le chant qui Apaise la nuit
venue, Les vents froids qui Soufflent sur les toiles.
180.Une fois,tu as vu Un enfant tendre les Mains,alors tu as Cherché
en toi,tu as Cherché en toi et sur Chaque doigt,tu as Déposé une
fleur,de ces Fleurs cueillies dans La plaine au matin. 181.Tu
as cherché En toi,puis sur chacun De tes doigts,tu as Déposé un de
tes doigts, Alors de derrière L’horizon est monté Le jour ensoleillé
Futur le plus grand. 182.C’est un grand Jour,ou’ une infinité
De jours,aux couleurs Que donne la plaine,en Poignées
rieuses,brillent Comme cette infinité D’étoiles,qui peuplent La
nuit,le ciel. 183.Le jour ensoleillé Futur le plus grand est Un grand
jour,ou’
Lorsque le jour se lève, Il découvre les chemins Pleins déjà des
pas,qui Les portent chaque matin. 184.Il découvre les Chemins,il
découvre Les routes éveillés déjà, Eveillés depuis Longtemps
déjà,pleins Des chants qu’ils Portent chaque matin. Un peu de
solitude. 185.De grosses vagues Que le vent Soufflait, Blanches Qui se
forment Au loin. 186.Hamid monta Dans le bateau,grand Avec
quelques Compagnons,ils se Saluèrent et firent Le voyage ensemble.
187.Dehors, On entendait la mer, Dehors on entendait Les vagues.
188.Le lendemain, Il embrassa tout le Monde et sortit,sa Valise à
la main,seul Dans la rue déserte. 189.Le voyage l’angoissait, La mer
l’angoissait,mais Il le fera quand même. 190.La mer était Agitée,ce
jour de Grosses vagues se Formaient,blanches Au loin. 191.La
nuit, avant de Partir il pensa à sa Famille,comment Seront-ils en
son absence Tout seul. 192.Comment Vivraient-ils En son absence Tout
seul. 193.Le voyage l’angoissait, En plus il était jeune,
Là-bas trouvera-t-il Quelquechose. 194.La mer l’angoissait, Ce pays
ou’ il allait L’angoissait que Trouverait-il là-bas. 195.Il ne
connaissait Pas leur langue,il Ne connaissait pas Leurs coutumes.
196.Il avait peur D’aller loin ,plus Loin que la mer Dans un bateau.
197.Te souviens-tu Des moments,ou’ il a Fallu marcher côte à Côte,sans
se parler Les yeux au loin vides Ou baissés. 198.Un
paysage,des Etoiles qui brillent En été dans le ciel. 199.Un paysage
des Chants d’oiseaux sur Les chemins. 200.Le romancier est un Etre
toujours isolé,dans Son silence,avec plein de Feuilles sur la
table,à la Recherche de mots,de Phrases qu’il efface après. Son
cendrier est toujours Plein.Parfois,il allume Sa cigarette et ne la
Retouche que lorsqu’il Remarque qu’elle est Eteinte.Parfois,il se
lève, Marche dans la chambre Les mains derrière le dos, Puis il
s’assoit et s’empare De ses feuilles.Parfois Il ne relève la tête que
Lorsqu’il a rempli toute Une feuille. 201.La nuit,la forêt
Parle aux étoiles Des légendes nées Sur cette terre. 202.Ils sont
venus en Bateau,ils ont pris Plein de bois et Construit leurs maisons.
203.Sur cette terre Brûlée de soleil,sont Nées les légendes
De cette terre. 204.Le romancier est un Etre isolé.Sur sa table,
Dans sa chambre des Feuilles blanches traînent, Parfois pleines
d’écritures, Parfois froissées et pleines De ratures.Il est là
Pendant des heures,à la Recherche d’une Histoire,la plume à la
Main,souvent dans la Pénombre.Son cendrier Est toujours plein de
Mégots.Il est là,à la Recherche de l’idée,du Mot qui lui fera remplir
la page.
13.Chant d'exil.
Chant d'exil 01.Le sourire tarde à venir sur la feuille inondée de
lumière,et sur ses rebords,je perçois comme la présence d'une légère
brise,comme une larme qui ruisselle chaude et qu'accueille
une paume entière, comme une larme qu'accueille un doigt pour
l'étaler sur la chaleur que porte le visage. 02.Le sourire tarde à
venir sur la feuille inondée de lumière,il erre sur les sentiers
oubliés ou' l'obscurité donne aux buissons des formes bizarres.
03.Il erre sur les sentiers oubliés ou' à la fin de chaque saison,des
fruits aux couleurs du jour jonchent le sol qu'aucun pas n’a
foulé. 04.Il tarde à venir et sur la feuille miroitent les couleurs
du jour sous une brise,que je perçois comme dans un rêve. 05.Comme
dans un rêve,ou' les couleurs du jour inondent chaque feuille
de lumière,ou' chaque couleur du jour est un sourire aux racines,
infinies. 06.Le sourire tarde à venir et dans cette longue
attente,dans le noir,je ne le vois pas venir. 07.Il tarde,et en
scrutant
les horizons,je ne le vois nulle part. 08.Peut-être qu'il est là en
face dans toutes ces choses qu'enveloppe le noir. 09.Peut-être qu'il
est là ,à côté de ma Main qui tâtonne,peut-être qu’il est Là
dans ma main qui tâtonne. 10.Il est peut-être dans ma mémoire,dans
ma mémoire qui ruisselle comme une eau d'une fontaine,au goût
ensorcelant,un goût le même depuis des millénaires. 11.Il ruisselle
peut-être de ma mémoire et s'éparpille en flots,loin sur des terres
que j'ignore. 12.Le sourire tarde à venir,et à mesure que j'en
parle,je vois le noir l'envelopper un peu plus à chaque fois.
13.Et à chaque fois le jour du retour s'efface un peu plus de ma
mémoire. 14.Le sourire tarde à venir sur la feuille inondée de lumière
et dans cette longue attente le silence glisse en un long
fardeau sur les paupières. 15.Le silence glisse sur les paupières et
de cette lumière qui subsiste se forment quelques images colorées,ou'
des moments s'impriment,en une histoire qui se raconte.
16.Des images que le temps n'altère pas et lorsqu'elles reviennent
en procession d'autres moments se sont gravés,d'autres
couleurs,d'autres pensées qui peupleront chaque soir d'un conte
infini.
17.Et lorsque le silence glisse sur les paupières, c'est pour qu'au
matin la vie aux couleurs du nouveau jour se répande. 18.C'est pour
que de cette lumière qui subsiste naissent des rêves qui
verront le jour,des jours qui grandiront pour ceux qui viendront,des
jours que ceux qui viendront embelliront,des jours arôme des saisons.
19.Le silence glisse sur les paupières et des images que
le temps ne peut altérer,remplissent de vie les nouveaux jours,qui
viendront embellir chaque jour. . 20.Sur la feuille inondée de
lumière,des images défilent tel un chant ou' je me reconnais,dans
chaque note que porte la voix et s'impriment en lignes,en lettres,
en traits,en points que chaque main sait tracer gaiement. 21.Sur la
feuille inondée de lumière,un choeur de voix se répand en un
chant,en une infinité de chants,ou' chacun puisera de l'autre cette
joie de vivre qui le fera naître. 22.Un choeur de voix envoûtant,que
parfois je découvre résonner en moi,dans la poitrine,au fond
de la gorge,sur la langue,sur les lèvres,devant en une lumière,en
une infinité de lumières qui éclairent le chemin. 23.Qui éclairent la
route,et la rendent large et la rendent plus large qu'une
infinité de routes assemblées,qui invitent à une marche à deux,à une
marche ensemble,à des joies à deux,à des joies ensemble,à des joies
infinies que rien ne peut altérer. 24.Ces joies rien ne peut
plus les altérer,le souffle qui les alimente est un souffle qui ne
sait pas éteindre les flammes,les petites flammes qui se dressent
rieuses à l'obscurité, il est dans leur couleur. 25.Il est dans
leurs couleurs qui se répandent jusqu'au loin,en une seule
couleur,que les vents les plus forts,que les vents les froids ne
savent pas effacer. 26.Sur la feuille inondée de lumière,un choeur de
voix envoûtant éclaire les chemins assemblés en une route infinie,et
dans sa grandeur au doux reflet,il découvre une immensité de joies,un
univers de joies que rien ne peut plus effacer désormais.
27.Parfois lorsqu'un froid glacial me ride de quelques frissons,il
apparaît silencieux en moi,en une ondée de chaleur qui monte comme
pour déposer dans chaque fibre de la sève. 28.De cette sève
nourrissante qui balaie les frissons, pour des saisons entières,qui
balaie le froid glacial,et à sa place dépose comme de cette chaleur
que porte ton regard. 29.Parfois ce choeur de voix s'approche
dans le silence du soir et remplit de sa voix,toute cette
existence,qui s'étale jusqu'à l'horizon, pour s'étaler à tous les
horizons. 30.Je ferme alors les yeux et je pense au lendemain, je
pense à
tous ces lendemains qu'il porte en lui, en une certitude qui fait
rêver de longs instants 31.Une douce certitude qui fait rêver à de
grands instants,à de grands moments qui feront du sourire sur
les visages une lumière que rien ne peut éteindre. 32.Une douce
certitude que j'agrandirai un peu plus chaque jour,que j'étreindrai
tendrement, que j'étreindrai de toute la force que portent en eux
mes bras. 32.Une douce certitude que j'agrandirai un peu plus chaque
jour,que j'étreindrai tendrement, que j'étreindrai de toute la force
que portent en eux mes bras. 33.Que j'étreindrai jusqu'à
n'en plus finir, chaque jour,que j'agrandirai,que je veillerai des
nuits,que je veillerai des jours,que je veillerai toute une vie.
34.Une douce certitude,la plus grande des certitudes qui rayonne
comme un choeur de voix,lorsque les yeux sont fermés. 35.Lorsque au
soir,le jour se déroule en images,ou' je vois ruisseler des
gouttes,ou' je revois des regards,ou' je revois des mains au travail.
36.Je revois des lumières que rien ne peut éteindre et un sourire
qui leur parle des lendemains,qui portent en eux la plus grande des
certitudes. 37.Je revois des étreintes auréoler le choeur de
voix de toute la force qu'elles portent en elles,pour donner au
futur,un teint qui ne porte que la joie. 38.Un teint du jour,le teint
de la nuit,le teint des étoiles qui peuplent le ciel,le teint
du jour ou' lorsque mes yeux s'ouvrent,ils voient toute la vie
s'étaler à perte de vue. 39.A perte de vue,jusqu'aux coins les plus
reculés, la vie apparaît,comme un jour que je vis. 40.Comme des
jours que je vivrai,comme des jours vécus,avec pour toi les pensées
les plus tendres. 41.Les plus grandes pensées pour tes rêves qui
verront le jour,que je veillerai toute une vie,que j'étreindrai
tendrement de toute la force que portent en eux mes bras. 42.Que je
veillerai des nuits,que je veillerai les yeux ouverts,que je veillerai
les yeux fermés,que je veillerai au son du choeur de
voix,qui monte en une ondée de chaleur,qui éclaire sur les chemins
assemblés ma voie. 43.Je revois des lumières et un sourire sur les
visages qui m'appelle qui m'invite à des joies ensemble. 44.Je
revois un rêve qui dure de longs instants, parfois des soirs entiers
que mûrit cette existence qui s'étale à tous les horizons. 45.Une
existence à tous les horizons,à perte de vue débarassée du
sommeil que porte les yeux,les mains,les visages longtemps après le
sommeil. 46.Après ce très long sommeil qui a duré un jour,un mois,un
siècle,des jours,des siècles,des siècles entiers ou' la
conscience pour vivre devait s'enfoncer à chaque moment un peu plus.
47.Elle devait s'enfoncer à chaque instant un peu plus,pour qu'au jour
qui se lève,elle s'élève en rayons qui reflètent toutes
les lumières, en reflets qui mûrissent les chants. 48.Qui mûrissent
le poing fermé sur l'outil, et la main qui serre une autre main,pour
que demain de cette étreinte d'aujourd'hui naissent des épis
que tu regarderas gais à la caresse de la brise tendre. 49.La
caresse de la tendre brise sera dans ton regard cette flamme qui ne
s'éteindra pas de toute la nuit,pour que toute la nuit tu vives
entourée de ces belles couleurs dans l'attente du jour qui se lève.
50.Pour que dans la nuit,tu découvres les chants qui ne cessent
pas,les voix qui accompagnent ta voix, les voix qui s'assemblent
à tes rêves,pour qu'aux premières lueurs le rêve naisse dans la
voix,le chant infini. 51.Le chant infini est le chant de l'existence
qui s'étale à tous les horizons,il est ce chant que portent les
langues au matin de la moisson. 52.Il accompagne la moisson et dure
jusqu'aux premières gouttes,pour boire à même la goutte, pour voir la
terre comme s'éveiller à la fraîcheur qui revient. 53.Il
accompagne la fraîcheur qui revient et dans sa marche à ses côtés,il
lui narre la soif des grains que le soleil a caressé pendant de très
longs instants. 54.Il accompagne les moissons et leur
narre les soifs qui ont peuplé les esprits,les nuits ou' tout le
jour se déplie,devant les yeux ouverts dans la pénombre. 55.Devant les
mains ouvertes ou' loge l'effort en quelques rides en
points,en douceur,devant les mains qui se referment jusqu'au matin.
56.Il leur narre la soif de peupler le jour qui se déplie,de vivre le
jour qui se déplie, de fixer des yeux pendant des
heures,les lueurs du jour qui se déplie. 57.Je me souviens,je
travaillais et je repartais, et lorsque je repartais,parfois,je
n'avais rien dans les mains,rien en poche pour ceux qui attendent.
58.Je me souviens que je travaillais sous un regard menaçant qui ne
pouvait fixer mes yeux jusqu'à leur profondeur,jusqu'à ma conscience
enfouie comme une douce lumière. 59.Je me souviens pourtant
que je travaillais et lorsque je repartais le soir,je n'avais rien
dans les mains pour les autres. 60.Pour eux,il y'avait toute la
lumière, enfouie dans ma conscience. 61.J'ai travaillé pendant
plus d'un siècle ,plus de deux siècles,pendant plusieurs siècles,et
le jour pour l'admirer,il fallait ouvrir les yeux dans la pénombre
pour le voir s'étaler timidement. 63.Pour eux,il y'avait ma
conscience,pour moi,il y'avait un éclat dans les yeux,que je voyais
plus grand à chaque fois,plus rechauffant partout ou' je passais.
64.Il s'étalait timidement comme si mes mains ne portaient
aucune trace,comme si la rouille ne couvrait pas mes poignés,comme
si la pénombre devait durer plus d'un siècle, un siècle,des mois,des
siècles. 65.Partout ou' je passais,je vois sur les poignés la
rouille de plus d'un siècle qui ressemblait à celle que portaient
mes poignés. 66.Partout ou' je passais,je voyais toute la lumière
enfouie comme un jour qui ne se déplie qu'à la pénombre dans la
conscience. 67.Dans la conscience qui n'a pas disparu depuis plus
d'un siècle,dans la conscience qui n'a pas disparu . 68.Dans la
conscience qui s'est libérée,lorsque le jour s'est déplié,à la
lumière du soleil,j'ai vu des gens passer avec sur la langue
beaucoup de gaieté. 69.De cette simple gaieté,de la plus grande,si
grande,si simple et si tendre,comme une petite lumière qui se répand
aux alentours. 70.Qui se répand jusqu’au loin,parfois jusqu’au
loin,tel un jour qui se déplie,pour être vécu dans toutes ses lueurs.
71.De ces lueurs fixées en passant,et que l'eau qui a ruisselé
sur les toits a embelli un peu plus 72.Le jour qui se déplie est une
lumière qui se répand aux alentours,les plus reculés ou' apparaît si
grand et si simple un vécu. 73.Un vécu comme une petite
lumière,une tendre lumière qui se loge au plus profond de la
conscience en un coeur qui bat. 74.Au plus profond de chaque
conscience un coeur bat comme une tendre lumière,vécu de tous,vécu de
toutes,vécu.Vécu ou' demain se lève promesse à l'horizon. 75.Une
promesse à l'horizon comme un sourire sur ton visage bourgeon,comme un
sourire aux pétales inondés de couleurs,comme des mots gorgés
d'amour,étalés sur tes lèvres. Chant d’exil 76.Demain ne t'en fais
pas la douceur de mes mots reviendra,lorsque tous les pétales
s'ouvrent au soleil d'avril et des randonnées sur les chemins aux
abords fleuris de champs,il restera des instants les plus beaux dans
ta mémoire. 77.Demain,tu verras la douceur de mon regard te
rechauffera,lorsque après cette longue absence, enfin tu reviendras
et dans les soirées douces qu'il y'aura sous l'arbre,ou' tu aimais
t'assoire,de temps à autre.Je te raconterai gai, les rêves faits
depuis longtemps pour toi. 78.Demain,ne t'en fais pas la chaleur
de mon étreinte sera là,prête à t'entourer même lorsqu'il ne fait
pas froid et après quelques chuchotements doux,les yeux fermés,il
y'aura les instants d'oubli tendres qui ont manqué. 79.Les routes
que tu décrivais étaient longues ,aussi longues que les
contes,chauds et ensoleillés qui ont peuplé les nuits,loin très loin
dans des contrées ou' pour la première fois à l'arrivée,le printemps
s'était déjà levé. 80.Les nuits n'étaient pas froides,autour du feu,
un enfant endormi dans les bras,elles étaient douces, aussi douces que
les mots que tu prononces de temps à autre,les joues
enflammées à mes côtés. 81.Autour lorsque la lune est pleine et
haute dans le ciel,beaucoup se rendent d'un coin à un autre,à côté en
face,à quelques pas,lents pour une longue veillée. 82.Les
nuits étaient douces,autour du feu,ou' beaucoup parlent des jours
ensoleillés qu'il y'aura à l'horizon sur les champs et dans les
vergers que tu connaîtras. 83.Les nuits étaient douces à tes
côtés,parfois je me souviens,on restait les derniers près du feu qui
a consumé toutes les brindilles,lorsque tous sont partis,lents après
un salut pour se coucher. 84.A ce moment je me souviens,
chacun des mots gais, que tu prononçais parfois amusée,un regard
long et silencieux pour les braises chaudes,assoupies sous un léger
duvet de cendre me rechauffe en entier. 85.Les mots gais que tu
prononces rechauffent mes bras,pour une tendre étreinte,future au
retour retrouvé et dans les pas que je fais à tes côtés,j'apprends à
serrer tes mains, avant de fermer les yeux,pour une nuit aux
rêves humbles et colorés. 86.Les nuits étaient douces à ce moment et
chacun des mots gais prononcés me rechauffe en entier,un regard long
et silencieux pour les braises chaudes assoupies sous un
léger duvet de cendre qu'aucune brise n'a soufflé. 87.A ce
moment,dans les pas que je fais,j'apprends à marcher à tes côtés,avant
de fixer tes yeux pour un bel instant et te dire ces quelques mots
que je sais si bien prononcer. 88.Le matin au réveil,il y'a des
lueurs à l'horizon, douces à contempler avant que le soleil ne se
lève,haut dans le ciel,ce jour ou' partout dans les champs des
bourgeons s'ouvrent pour entamer leur chant. 89.Il y'a une lueur
douce,sur les feuilles couvertes de rosée, chaude au soleil,avant de
sécher,une lueur dans tes yeux brillants,une lueur que je n'ai
pas vu ruisseler, ta main serrée,en partant tôt pour quelques jours.
90.Ce matin,tu t'es levée tôt,ce matin je t'ai vu contempler les
lueurs à l'horizon et le ciel bleu encore,depuis notre
arrivée,une feuille à la main, tendre et couverte d'un peu de rosée.
91.Ce matin tu étais dehors encore,lorsque j'avais fait quelques
pas,lorsque j'étais loin,tu es rentrée, lorsque le soleil était
haut dans le ciel,lorsque les champs jusqu'au loin se sont
étirés,après une douce nuit,pensive les yeux devant. 92.Les routes que
tu décrivais étaient,aussi longues que les contes de jeunesse,des
soirs entiers,éclairés d'une lampe,à la lumière humble et
douce,assis en groupes les yeux au loin devant grand mère. 93.Le soir
assis,les mains assemblées sur les jambes,étalées et croisées dans le
silence de ces nuits,ou' la lune souriante monte lente vers les
étoiles semées,je vois tes foulées grandir pour les emprunter. 94Je
vois tes foulées les emprunter,les emprunter sûre à la rencontre
de ces contrées lointaines et souriantes gaies au soleil
printanier,sur les champs sur les vergers que tu a toujours ignorés.
95.Je te vois assise à mes côtés,je te vois silencieuse les yeux
fermés,je te vois parfois me regarder et dans ton silence,dans ton
regard,dans tes mains enlacées, j'ai vu à chaque fois que la promesse
a germé. 96.Demain,tu verras toute mon étreinte sera là,là
devant tendre,entière pour toi,tendre et chaude le jour ou'
longuement tu te questionneras,là,la nuit,la longue nuit ou' il a fait
le plus froid. 97.Demain,au retour assise tranquille les yeux au
loin, je viendrai lentement me mettre sans bruit près de toi,à tes
côtés pour une longue veillée et lorsque tu te pencheras,lorsque tu me
verras,un rêve naîtra peut-être pour toi. 98.Demain je
viendrai une douce étreinte pour toi,une fleur peut-être à la
main,demain je viendrai peut-être des rêves prêts pour toi,mais je ne
sais pas,si près de toi l'exil sera encore là. 99.Demain près cde
toi,je ne sais pas si l'exil sera encore là,lorsque la nuit ou' il a
fait le plus froid,lorsque chaque nuit je prendrai tes mains pour te
raconter souriant une partie de mon long chemin. 100.Au
retour,lorsque tu seras près de moi,lorsque je te raconterai,une
partie de mon chemin,je ne sais pas si en parlant,il y'aura l'exil
vécu dans ma voix. 101.Au retour ne t'en fais pas,chaque nuit
,avant de te prendre dans mes bras,je te raconterai,une partie de
mon long chemin et les rêves faits, prêts depuis longtemps pour toi.
102.Je te raconterai les horizons ensoleillés qui ont bordé
sur toute sa longueur le large chemin et les bourgeons,les frêles et
tendres bourgeons qui se sont ouverts en quelques mois. 103.Au
retour,tu verras je saurai prendre ta main, pour quelques pas,des
pas sur le long chemin,que tu découvriras plus beau à chaque fois.
104.Le chemin ne t'en fais pas est plus beau à chaque pas,mais je ne
sais pas,si près de toi il y'aura encore de l'exil dans ma
voix. 105.L'éxil est dans mes bras,chaque nuit il prépare un rêve
qu'il met de côté pour toi,comme une douce étreinte qu'il y'aura au
retour qui naîtra. 106.Les pierres qui jonchent jusqu'au loin
le chemin n'ont pas fait mal.Les horizons gris ont pris des couleurs
chaque jour,presque à chaque pas et lorsque j'ai regardé
devant,lorsque j'ai regardé ce qu'il y'a eu ressemble à une pensée
pour
toi. 42-107.Autour,les champs se sont levés des pousses et des
Bourgeons à la main,jusqu’à l’horizon qui accompagne,jusqu’au loin
rieur à chaque fois,et dans Leur sourire,caresses sur les
feuilles légères,de la brise Qui revient,j’ai vu grandir la
promesse,la belle Promesse faite un jour tout bas. 108.Les pierres
jonchent le chemin,sur tout son long, Jusqu’au loin,mais il y’a aussi
la terre,la terre Douce à mes pas,la terre matinale recouverte de
rosée Qui connaît la caresse de mes mains. 109.Il y’a la terre douce
ou’ les champs se lèvent tôt, Des pousses et des bourgeons
frêles à la main,et dans Mon souvenir tendre,beau encore pour
toi,lorsque Je regarde au loin,il y’a le soleil qui s’est mis Partout
à l’horizon déjà. 110.Tes yeux ont brillé une fois debout avant
de Rentrer,les yeux au loin,vers les horizons,vers leur Fraîche
ombre du matin,et les couleurs qu’ils Prennent depuis quelques jours
déjà. 111.Avant de t’assoire,tu as regardé longuement le Ciel et
pendant de longs instants,tu n’as pas Vu ses étoiles qui
apparaissent parfois tôt,après le Coucher du soleil,tu as vu des
cigognes qui Reviennent. 112.Loin,il ne fait pas froid,mais il y’a
encore
Des nuages dans le ciel,des nuages qui ressemblent A ceux qu’il y’a
là-bas et des chants d’oiseaux, Beaux les mêmes qui émerveillent
113.Loin,lorsque le jour se lève,je suis depuis Longtemps sur le
chemin,à la rencontre de chaudes Contrées que demain tu verras,tu
aimeras,que tu Connaîtras un printemps dans les mains. 114.Loin,il y’a
des moments ou’ je m’assois presque Rêveur,une pensée pour
toi et lorsque je regarde La longueur du chemin,lorsque je regarde
la Campagne,entière revivre au printemps qui Revient,je me lève
tranquille pour allonger un Peu plus mes pas. 115.Demain,je sais tu
seras là,tu seras là quelques rides Sur le visage et de l’espoir
pleines les mains et dans les Longues veillées qu’il y’aura,tu verras
quelques uns de Mes pas,mais je ne sais pas si tu les
reconnaîtras. 116.Demain,tu verras peut-être mes pas,quelques uns de
mes Pas,de mes longs pas qui sont allés jusqu’au loin,dans Des
contrées chaudes,ou’ parfois pendant longtemps,il a Fait si
froid. 117.Demain peut-être tu les verras assises sur une colline,
Tout le long du chemin,humbles les yeux au loin,vers ces Prairies aux
feuilles tendres qui se lèvent tôt le matin,et Lorsque en
marchant le sourire te reviendra,ne t’en Fais pas,tu les
reconnaîtras à la bonne première Poignée de main. 118.Demain,je ne
sais pas si tu seras là,à mes côtés sur Le chemin,je ne sais pas si tu
reconnaîtras mes pas,à La rencontre de ces contrées,ensoleillées
cette saison,ou’ Parfois il a fallu aller loin,très loin,à la
recherche De quelques bouts de bois pour une veillée en Attendant
demain 119.Loin,il y'a des contrées chaudes ou' parfois pendant
longtemps il a fait froid,si froid qu'il a fallu aller loin,à la
recherche de brindilles pour une veillée qu'éclaire un petit feu de
bois,pour que le rêve qui revient tendre à chaque fois ne s'oublie
pas au matin. 120.C'est vrai ,ces contrées tu ne les connais pas,elles
renaissent au printemps seulement,car les mêmes pierres
jonchent depuis longtemps leur chemin.Et lorsqu'elles
renaissent,elles se mettent sur les collines tendres et rêveuses les
yeux au loin. 121.Les routes que tu décrivais étaient longues,plus
longues
que le chemin qui disparaît au loin,pour se continuer au-delà de
l'horizon,gai chaque jour cette saison,accompagné de champs
enlacés,qui se lèvent ces matins tôt pour éveiller les premiers
bourgeons. 122.Les écoles que tu dessinais d'un bout de bois ramassé
à côté,personne ne les effaçait,tu les voulais aux façades blanches et
aux murs colorés d'images et de lignes juvéniles,que les
petites mains savent si bien tracer. 123.Les fleurs que tu traçais
amusé d'une plume légère,sur les paumes des enfants ressemblent à
celles qui poussent au printemps,belles dans tous les champs
qu'au retour tu as promis de leur montrer. 124.Et les contes que tu
débitais le soir lent savaient nous rechauffer,dans ces nuits
faiblement éclairées malgré la marche de toute une journée.Avant de
s'endormir les yeux brillant d'une petite flamme retrouvée,et dans
le sommeil chacun voit le pays, beau ou' il est né que le matin,il
racontera émerveillé. 125.Le soir venu,à la belle Etoile
maintenant,je ne Ferme pas les yeux pour te Rêver,je regarde au loin
Pendant longtemps,et lorsque tout le souvenir s’est Assemblé,tendre
dans mes mains qui l’ont accueilli, Je le caresse jusque
tard parfois pour que demain Aux premières lueurs à l’horizon,je
n’oublie pas. 126.Au retour tu le verras,beau comme ta voix dans Mes
mains,tu le verras accompagner mes pas sur Toute la longueur du
chemin,tu le verras te Ressembler dans ma voix lorsque pour de
longues Veillées,tu seras enfin,là près de moi,à mes côtés. 127.Au
retour je ne sais pas,si tu seras là,je ne Sais pas s’il te
ressemblera,dans ces quelques instants De silence,pour une étoile
dans le ciel,que l’on Voit la même au loin. 128.Je ne sais pas,si
toujours tendre tu le reconnaîtras Dans mes mains qui auront
aussi cueilli,de ces Fleurs douces,dans les champs souriants qui se
Lèvent tôt le matin cette saison. 129.Je ne sais pas si tu sauras
l’accompagner,tout Le long du chemin qui mène au-delà de
l’horizon Depuis longtemps déjà,gaie comme autrefois un Bourgeon ou
une pousse tendre à la main. 130.Au retour,je ne sais pas,si tu leur
ressembleras Tendre et beau encore dans ma voix qui a Parlé
une fois des longues veillées qu’il y’aura,près De cet arbre que tu
aimes,lorsque la belle étoile Sera là. 131.Au retour,il y’aura sa
beauté et l’exil dans Ma voix,mais je ne sais pas,si en le
voyant enlacer Une fleur cueillie ce printemps,dans mes mains tu le
Reconnaîtras,je ne sais pas,si doux encore dans ma Voix tu
ressembleras,si pour un seul instant ton Front se ridera. 132.L’éxil
sera là pour accompagner mes pas tout au Long du chemin,il aura la
couleur des fleurs qui Poussent ce printemps en un bouquet dans mes
mains, Mais je ne sais pas,si dans ma voix qui a parlé Pour te
rechauffer les nuits ou’ il ,a fait le plus Froid,tu le
reconnaîtras. 133.Je ne sais pas si l’étoile que l’on voit la même au
Loin éclaire encore ta voix de son gai reflet lointain, Qui a fait
briller ton regard,plus que d’habitude Une fois,la nuit ou’ tu as su
raconter amusée le Conte en entier pour la première fois. 134.Loin,il
y’a le chemin long encore,que tu voulais Emprunter
silencieuse une fois.Il y’a les horizons Qui s’ensoleillent
lentement chaque matin,il y’a Des arbres qui s’étalent comme les
vergers qu’il y’a Là-bas pour nous accueillir sous leur ombre,en Eté
demain à l’arrivée. 135.Loin aussi,il y’a des arbres qui ont porté
des Fleurs cette saison belles les mêmes que celles qu’il Y’a
là-bas,il y’a leur ombre le matin et celle Qui m’accueille pour un
instant sur le chemin. 136.Il y’a des rêves qui reviennent la
nuit,doux dans Mes yeux le matin,lorsque quelques uns de tes mots
Prononcés une seule fois,un jour devant moi, Enlacent la pensée que
je garde pour la veillée pour Toi. 137.Demain je serai loin pour
quelques jours ou pour Quelques mois,mais je sais que tes mots,ces
mots Prononcés un jour tout bas,beaux encore,je ne les Oublierai
pas,ils accompagneront mes pas,ils seront A côté de moi sur le
chemin et devant,ils seront Dans les champs,des fleurs que tu as tant
aimé Avoir dans les mains. 138.Loin je le sais,il ne fera pas
froid,je me Lèverai tôt chaque matin,pour contempler avant De m’en
aller les premières lueurs,chaudes comme Un sourire à l’horizon.
139.Et au retour,il y’aura plus qu’un présent pour toi, Il y’aura
toute mon étreinte dans tes mains et Quelques mots,quelques mots
seulement que je prononcerai Tout bas,avant de te prendre dans le doux
silence Qui suivra pour quelques instants dans mes bras.
140.Tu verras,je saurai encore parler de demain,je Saurai parler de
ces joies,de ces douces joies du printemps Qu’il y’aura,lorsque dans
la campagne en fête Jusqu’au loin la première pousse
tendre,le premier Bourgeon rieur naîtra. 141.Je saurai te parler de
demain et des nuits ou’ il a Fait le plus froid,des nuits ou’ les
vents ont hurlé Jusqu’au matin,des matins ou’ au lever du
jour, L’horizon était couvert de nuages presque clair et Bas. 142.Ne
t’en fais pas,je saurai te raconter les contes nés Sur le chemin,ces
contes tu ne les connais encore pas, Ces contes portent la
lumière du jour et les marques de Froid,ils portent les pousses et
les bourgeons apparus dans Les champs pour la première fois. Beau
petit pays 143.Le chant naît à ta pensée beau petit Pays aux
sillons fertiles que tes mains Allongent devant mes yeux,aux plages
Au sable doré que de frêles barques Quittent pour affronter les vagues
pendant Plus d’une saison. 144.Mes yeux s’ouvrent à tes
chants de la Récolte,à tes chants des longues récoltes Beau petit
pays. 145.Il connaît les pouces de terre perchée,ou’ L’eau monte d’un
ruisseau,ou’ l’eau Monte d’un puits,à dos d’hommes à la peau
hâlée. 146.Sur les chemins de terre effleurés chaque Matin,il y’a
maintenant ta présence Qui accompagne mes pas. 147.Il y’a ta présence
qui accompagne mes Pas sur les terres perchées,sur les
Jardins le long de la montagne ,ou’ Des mains durcies irriguent les
pouces de Plants juvéniles. 148.Il connaît les villages perchés,qui
l’ont vu Naître et les branches ondulées,aux pousses
Juvéniles des arbres millénaires. 149.A tes chants de la récolte qui
élèvent des Voix d’enfants aux visages souriants. 150.A tes chemins de
terre,à tes chemins que Mes pas savent effleurer si bien.
151.A tes légendes que je connais si bien,à Tes légendes qui
veillent sur les seuils Lointains qui veillent douces sur les chemins
Les jours ou’ il fait le plus froid. 152.Décrire les visages
d’enfants assis à regarder Le ciel,ou’ des nuages
s’amoncellent,décrire Le chant qui accompagne la moisson et Les
gouttes de sueur qui ruissellent des fronts, Décrire pour que tu
saches que cela
existe. 153.Il connaît les forêts,les grandes forêts aux Arbres
élancés ou’ parfois on défriche pour Ne pas partir. 154.Il connaît les
plages,les frêles et belles plages Qui s’étirent sur de
longues distances Ou’ pendant des saisons entières,il n’y a Que de
légères barques pour affronter les vagues. 155.Il y’aura les chants
des oiseaux qui se Mettront sur les branches,à côtés des
ruisseaux, Il y’aura ton regard,ce long et tendre Regard comme si tu
veux leur parler. Paysages d’hiver 156.Ma voix Se perd parfois Dans le
noir De la nuit 157.Nuit noir, Nuit qui me rappelle Mon
enfance Pleine de guerre et d’errance. 158.Parfois tes images
S’effacent Dès que je me Les rappelle. 159.Images cachées, Images
ressassées, Souvenirs que j’ai gardé De toi. 160.Douce certitude dans
ma voix A tes premiers pas, A ta voix qui sait si bien Me chanter.
161.Doucecertitude Dans ma voix A tes premiers pas Que je vois devant
moi. - 162.Depuis Que tu n’es plus là Il enveloppe Toute ma
mémoire. 163.Parfois je ne cesse De penser à toi, Parfois je ne
cesse pas De me remémorer tes mots. 164.En automne Je vois dans le
ciel Monter les nuages Je les vois comme Poussés par le vent. -
165.Je les vois Comme transmettre des messages En automne je vois le
chemin Se couvrir de poussière Au passage des troupeaux. 166.Troupeaux
s’abreuvant Dans la rivière, Eau qui miroite bleue Et
claire au soleil. 167.Paysages de campagne Dans mon regard fatigué
Au passage des troupeaux. 168.Campagne de l’enfance, Arbres hauts
couverts de feuilles Qui ont vieilli. 169.Sable sous mes pieds
Ou’ ma main A écrit des mots Que les vagues emporteront. 170.Il
était d’un gris clair, Je me suis assis Sur la colline Et j’ai
contemplé le paysage. 171.Je ne sais Même pas S’il a fait Froid.
172.Cet hiver Il a peut-être Fait froid, Je ne le sais pas 173.Il
manquait ta présence, Ta présence A mes côtés. 174.Ils sont là chaque
jour Dans ma mémoire Lorsque le vent les emporte. 175.Chaque
jour le vent Transporte les quelques poussières Qu’il y’a sur le
chemin, Celles qui me rappellent ta présence. 176.Celles Qui me
rappellent Ton départ Le matin. 177.Le ciel était gris, Il faisait
sombre Et le vent soufflait. 178.Sur le chemin,il y’a Tes pas
imprimés dans le sable Qui vont chaque matin Au loin vers les
pâturages. 179.Sur le chemin, Il y’a tes pas imprimés Et notre regard,
Il
y’a un gros cœur Que tu as dessiné. 180.Il y’a quelques mots Que tu
n’as jamais cessé De me répéter,ils sont là Chaque jour dans ma
mémoire Lorsque l’eau les efface. 181.L’autre fois ton silence A
habité mes nuits C’est comme si tu allais partir, Partir loin Pour
ne jamais revenir. 182.Nuits sans sommeil, Nuits pleines de rêves
lugubres, Nuits noires qui enfantent Des souvenirs. 183.Le
chemin Va jusqu’au loin, Couvert de tes pas Jusqu’aux pâturages.
184.Il était presque toujours mal habillé C’est normal se dit-il avec
la cherté De la vie,on ne peut rien s’acheter. 185.La petite
Nawal aussi, Elle est presque toujours mal habillée Et la figure
presque sale,à Croire qu’elle ne se lave même pas. 186.Elle reste avec
lui Jusqu’au soir Puis le raccompagne.. 187.Le vieux Ali
habite une vieille maison Dans la banlieue Couverte de poussière Et
à proximité du bruit. 188.Lorsqu’il n’a pas ramassé Beaucoup d’argent
il mendie La nourriture il rentre parfois Chez quelque
épicier et sort Les mains pleines. Autres poèmes 189.Chez lui c’est
pauvre il n’y a Presque pas de meubles.Le vieux Ali Avait beaucoup
d’enfants des garçons Et des filles mais tous sont jeunes
Quelques uns vont même à L’école mais aucun ne travaille. 190.Chaque
jour,on le voit Devant sa maison à rapiécer Son filet un vieux filet
Qu’il n’a pas changé. 191.Assis à même la terre L’aiguille
à la main Il passe des heures seul Un café à côté parfois accompagné
De ses enfants. 192.Khadidja son épouse l’aimait Beaucoup ses enfants
elle s’en occupait Son repas elle le lui prépare Avant
qu’il ne parte. 193.Les vagues au loin étaient blanches, Blanches au
soleil, Blanches au vent qui les pousse Vers le rivage. 194.Les vagues
déferlaient Froides sur le rivage,au loin Des oiseaux
blancs suivaient des embarcations. Le rivage est habitué à toi
Chaque jour il y’a marqué Sur son sable tes pas. 195.Hamid habitait Un
village de pêcheur Un petit village fait d’une rue Aux maisons
blanches Et coquettes.
14.Grain qui s'éveille
Grain qui s'éveille. 01..Lorsque je l'ai serrée,j'ai vu comme Une
ligne,une longue ligne,une Très longue ligne se tracer sur le
chemin.Une ligne dans tout le Chemin,une ligne et dans toute Sa
largeur de la gaieté grande sur La langue. 02..Dans le jardin Qu'on a
quitté Poussent Des fleurs Que tu connais. 03..Des fleurs blanches,
Des fleurs jaunes, Des fleurs bleues Que tu as déjà cueillies. 04..La
matinée était belle,elle était de celles Ou' dans tout le paysage,la
lumière S'étale partout jusqu'aux premières racines. Ce jour là,je me
souviens,je t'ai regardée Longuement dans les yeux puis j'ai pris Ta
main. 05..Sous le vent, Sous la pluie, Je te dirai Mille mots Pour
toi. 06..Des mots cachés Là pour toi, Qu'on dit Seulement La nuit.
07..C'est l'automne et aucune feuille N'est tombée,étrange.Autour un
Chant se grave tel un souvenir Que chaque jour embellit. 08..Il se
grave sur les feuilles,sur les Lignes,sur les contours,sur les Bords
de ma mémoire ou' je Cherche ton image. 09..Des mots Qu'on dit
seulement la nuit, Lorsque l'on se rappelle Le village Ou' nous sommes
nés. 10..Chaque soir,je te fête à la faible Lumière,lorsque l'arome du
jour, Couleur s'empare de ma plume. 11..Aujourd'hui,je n'ai pas vu les
feuilles Tomber.C'est l'automne et aucune Feuille n'est tombée.Partout
il y'avait Comme une saison qui s'est levée tôt Pour faciner les yeux
qui s'ouvrent. 12..Des mots Que je te dirai Dehors, Dans notre coin
Sous le vent Et la pluie. 13..Le vent A soufflé Toute la nuit Sur le
camp, Mais il ne nous A pâs réveillés. 14..Et pendant quelques
instants,je revis Dans ta présence,en jours qui Défilent,pleins de ce
tendre éclat Qui demeure des années. 15..Aujopurd'hui il n'a pas
plu.Le soleil A brillé sur la terre toute la journée Et les nuages
n'étaient pas bas.La Lumière les a habillé tous de sa Couleur comme
d'une fusion de toutes Les couleurs. 16..On a dormi Les poings Presque
fermés, On a dormi Presque gais. 17..Il est tes joies,il est dans ta
vie Entière,ta vie le connaît,regardes Autour,regardes en toi,il est
dans Cette immensité de lumière. 18..Je cherche ton sourire,ta
voix,ton Regard parfois pendant très longtemps, Et lorsque je les
retrouve,je ferme les Yeux pour quelques instants. 19..On a dormi
Bercés par le vent, Qui nous Rappelle Le village Qu'on a quitté.
20..Ils ne s'envolent pas,ils chantent Lorsque des enfants passent à
côté,avec Dans la voix toutes les couleurs du jour Assemblées.
21..Aujourd'hui il n'a pas plu,et la Plaine s'est réveillée tôt le
matin Pour une toilette de ces jours ou' tout Paraît si grand.
22..Dans la plaine une brise légère effleure Les mottes ou' des
oiseaux s'y déposent, Pour les recouvrir de toutes les couleurs Que
porte leur chant. 23..De tendres oiseaux qui ne s'envolent Pas,lorsque
des enfants aux voix gaies Passent à côté. 24..La rosée était Sur les
feuilles, Ce matin, Elle était en gouttelettes Translucides Sur les
feuilles. 25..Dans l'oued Coulait Une eau tranquille, Jusqu'à
L'embouchure. 26..Que la voix donne en ce sourire,qui Précède quelques
moments d'oubli.Un Moment qui me projette dans un Univers ou' je
disparais dans la Lumière. 27..Une vie sans l'oublier,et lorsque je
T'ai regardée longuement,c'est Pour que le jour,ou' le souvenir est
Présent,ton regard me le rappelle. 28..Cette nuit, Il avait plu, Il
avait beaucoup plu Sur les collines. 29..De ces jours,ou' dans les
yeux,sur les Lèvres,il y'a un chant que je Peux répèter toute une vie
sans me Lasser. 30..Toute une vie sans l'oublier,et à Chaque fois,lui
ajouter un peu de Cette gaieté que la voix sait toujours Si bien
créer. 31..Ce matin, Il y'avait de la brume Qui s'étalait Jusqu'au
loin Sur les collines. 32.. Aujourd'hui les orangers sont en fleur, Et
je t'ai vu apparaître dans tous leurs Pétales en une image qui n'a
duré Qu'un instant. 33..Qui a duré le temps d'un pas,moins D'un regard
furtif,pour laisser à la Mémoire le soin de la peindre. 34..Elle était
En couches blanches Qui s'étalait Sur les collines. 35..Sur les
rameaux,les fruits sont mûrs, Quelques uns sont déjà tombés et
Attendent adossés à la terre,au pied De l'olivier. 36..Lorsque tes
mains qui savant si bien Faire les amasseront,ils te parleront De la
chaleur,que porte en elle la Terre entière. 37..Ton image a duré le
temps d'un Pas dans la longue marche que Peint la mémoire. 38..La
mémoire peint d'une plume Offerte par le chemin qui sait tailler Les
buissons. 39..Dans l'oued coule Une eau tranquille Qui miroite au
soleil, Qui va lente Jusqu'au loin Vers l'embouchure. 40..La plume
peint d'une couleur que tu Aimeras,car dans ses contours rieurs, Il
y'a l'œuvre de tes doigts. 41..L'œuvre de tes bras est une marque
nouvelle, Dans le jour qui viendra,car elle t'apprendra A nommer tout
dans ce qui naîtra. 42..L'eau n'a pas Emporté cette année Les maisons,
Le vent n'a pas Arqué les arbres. 43..Cette marque tu sais la
nommer,je sais La nommer,car tu lui as donné,le nom Le plus simple.
44..Un nom le plus simple,le plus beau,aussi Beau que l'œuvre de tes
bras,qu'ils font Naître,de l'aube au crépuscule. 45..Les chemins Sont
restés pleins Des pas Qui les remplissent Chaque matin. 46..L'œuvre de
tes bras ne se lit pas,elle est Cette marque,cette lueur qui embellit
le Jour qui viendra. 47..Elle est dans toutes les lignes,elle nourrit
la Mémoire de cette substance couleur du jour Ensoleillé. 48..Dans
l'oued Coule une eau tranquille, A sa surface Je mettrai quelques
fleurs. 49..Elle est dans toutes les lignes,à la recherche D'une
mémoire pour assister tranquille,à L'éclosion des siècles 50..Elle est
sur les chemins,à leurs bords,parfois A attendre,à parler à celui qui
,passe Pour grandir 51..Des fleurs blanches que je cueillerai dans Les
près que tu connais déjà. 52..Ce qu'elle lui dit se résume à Quelques
mots,qui grésilleront longtemps, Lorsque le regard fixe,vide le
lointain. 53..Elle est sur les chemins,à la recherche Des lignes,pour
se loger dans le regard, Elle se reconnaît à ses dessins,couleur de
Lumière ramassée de la terre. 54..Je les cueillerai de mes mains et je
te les Enverrai ce matin. 55..L'eau s'écoule tranquille,à sa surface,
Je jetterai des fleurs. 56..Elle se reconnaît à ses couleurs,aussi
gaies Que les sources,qui accompagnent la joie Des doigts,pour une
ligne sans fin,qui Découvre un cercle qui s'élargit au Regard. 57..Le
cercle s'élargit au regard.Le cercle Est une ligne sans fin qui
s'élargit au Regard,pour contenir toiute la limpidité Que porte en
elle la source. 58..Elle se reconnaît à ses mots,à ses rythmes Qui
bercent la nuit,le jour,ou' le Vent tord les branches sans les casser.
59..Ou' le vent fait voler les feuilles,mûries Au soleil,pour qu'elles
recouvrent un Peu plus loin la terre,pour qu'aucun Grain ne soit
emporté. 60..Des fleurs blanches Que je cueillerai Demain Pour toi.
61..La rosée Etait en gouttelettes denses; Sur les feuilles Ce matin.
62..pour embellir les veillées,pour que ton Regard ne se perde
pas,pour que toutes Les lignes tracées rappelent l'œuvre des Bras.
63..La marque nouvelle,tu sais la nommer Car dans ses traits
alignés;il y'a les Plus belles images,cherchées le front Plissé,les
yeux au loin parfois les yeux Fermés. 64..Hier, Je n'ai pas dormi, Ton
souvenir Me revenait, C'était ta présence A mes côtés. 65Car dans les
images qu'elle reproduit,il Y'a mles rêves les plus enfouis.Ces rêves
qui Reviennent au-delà d'un matin,qui Accompagnent ta marche,comme un
Cœur à tes pas. 66..car sur son visage,il y'a le csourire que Tu n'as
pas vu rayonner sur ton visage. Il y'a ton sourire,celui que tu as
Oublié,tu étais si jeune. 67..La rosée était En gouttelettes
translucides, Sur les feuilles Ce matin. 68..Dans ses formes,il y'a
toute la tendresse Que récolte le regard,dans la chaleur que Contient
en une âme chaque paysage. 69..L'œuvre des bras est immense,elle est
faite De petits moments,comme des mains qui Enlacent,pour former une
rangée infinie,ou' Une lumière éclaire sans cesse. 70..Elle est faite
d'instants ou' une lumière Eclaire comme une main qui repousse, Au
loin,un poids là pour l'encombrer. 71..Elle est faite de cette lumière
qui éclaire le Geste,jusqu'à la dernière touche qui fait Soupirer
d'émerveillement. 72..Un poème, Des mots que tu disais Rieuse devant
moi. 73..Hier,tu étais entrée,tu n'avais presque pas D'habit sur le
corps,il faisait presque Sombre,tu m'as regardée dormir,puis tu T'es
couchée à mes côtés. 74..Elle est si simple et rayonne chaque jour
Pour s'élever,pour s'étaler au grain Oublié,pour que tu la retrouves
au Matin. 75..Dans ses traits,dans ce qui brille,dans ce Qui est là
vivant,tu te reconnaîtras,à ce Moment tu souriras. 76..Il n'y avait
presque pas D'habit sur ton corps, Je t'ai prise dans mes bras, Puis
on s'est couché. 77..A ce moment même tu souriras,et tu Le
répèteras.Tous les matins sont clairs Même si les nuages sont bas et
gros. 78..Même si les nuages effleurent la terre,même S'ils effleurent
ses cîmes enneigées,tu le Répèteras.Les matins sont clairs,car ils
Brillent d'une lumière ou' tu te Reconnais. 79..Ton corps me rappelait
Un vieux souvenir, Je ne sais pas lequel, Un souvenir qui berce Chaque
jour ma mémoire. 80..Elle est si simple,elle ressemble à un Sourire
d'émerveillement,qui rayonne Longuement sur tout le visage.
81..L'œuvre des bras est si simple,elle brille D'une lumière qui ne
fait pas mal Aux yeux.Elle émerveille car d'elle Emane le jour qui se
lève. 82..Je ne sais plus Si les pierres ont changé D'endroit,je ne
sais pas Si les arbres ont grandi Dans le jardin. 83..Car d'elle émane
ce jour que tu Veux plus beau,que tu veux remplir De ce qui n'existe
pas encore. 84..Parfois tu parcours le rêve sur de Longues
distances,pour voir les pousses Que la lueur a enveloppé entièrement.
La douce certitude 85..Je ne sais pas Si les ronces Bordent encore Le
chemin. 86..Et au retour tu t'attardes un peu, Devant celles ou'
rayonne déjà,dans Toute sa gaieté un éclat futur. 87..Parfois tu
t'attardes un peu,la Distance est longue,et au retour sur Le
visage,une certitude illumine au Passage. 88..Car tu vois Les pousses
que demain Enveloppera entièrement De sa lueur. 89..Car tu vois déjà
les pousses ou' rayonne Gaiement un plein éclat futur,comme Une
certitude qui illumine tout le Paysage. 90..Les oiseaux qui viennent
S'abreuver du puits, Leur chant est encore Dans ma voix. 91..Je ne
sais pas Si les ronces bordent encore Le long chemin Qui mène Aux
pâturages. 92..Une certitude que tu sèmes,sur les branches En
bourgeons en fête,qui s'emparent de la Lumière,pour la refléter
entière jusque dans Tes yeux. 93..Une certitude que tu sèmes dans les
lointaines Prairies,pour qu'en un seul jour,la Dormance de toute une
saison s'oublie. 94..Je ne sais pas Si les arbres Dans le jardin Ont
eu leur eau Chaque matin. 95..Une certitude que tu sèmes dans le pas
Qui accompagne les couleurs du jour,dans La rue,pour que sur le visage
dans le Sourire la douce lumière chaque matin Grandit. 96..Une douce
certitude que tu sèmes dans tout Le paysage,car d'elle émane la beauté
Que peut porter en lui,le jour qui se Lève. 97..Les oiseaux qui
viennent S'abreuver du puits, leur chant est encore dans toute ma
voix. 98..La douce certitude est née les nuits ou' les Lourdes gouttes
de sueur défilent accompagnées Du geste qui se refait comme un élan au
Plus haut de sa pureté. 99..Elle est née de ce sourire que tu
connais,que Tu as vu grandir pendant des années,qui T'accompagne comme
un peu de ta chaleur, Que tu retrouves là,pour te rassurer. 100..Je ne
sais pas Si les arbres Dans le jardin Ont eu leurs fleurs, Ont eu
leurs leurs fruits, Pour toi. 101..Elle est née au moment ou' tu
marchais, Les yeux loin devant pleins d'images qui Germaient,pour
remplir ton silence de Sa gaieté. 102..Elle est née,elle est là
partout sans être Récitée,et dans sa présence,il y'a une Lumière qui
éclaire,ces moments ou' tu Attendais. Une lumière 103..Les oiseaux Qui
viennent s'abreuver Dans le puit, Leur chant est loin Dans ma voix.
104..Une lumière comme une promesse dans Le rêve têtu qui sillonne les
nuits,les Yeux ouverts pour aller au-delà des Horizons que le matin
trace. 105..Une lumière dans le rêve têtu qui Ramasse les lumières
éparses en coupe ou' Les rayons s'enlacent pour une danse de
Demain,ou' la joie chantera le plus bel Air. 106..Ce nom, Je le
cherche Chaque matin, Celui du pays lointain. 107..Le plus bel air cet
air,couleur de gouttes De miel dans un cercle de pétales qui Scintille
de petits rayons de soleil dans toute La voix. 108..Un air gai qui ne
connaît pas la Tristesse,qu'annonce toute la tendresse Ramassée jouir
après jour,et mise là ou' Le regard ne peut l'ignorer. 109..La récolte
Durera sous le soleil Toute une saison. 110..Un air gai dans la
fraîcheur nocturne Qui rechauffe pour donner au visage Ces traits aux
contours purs qui apparaissent Les grands jours pour ne plus
s'effacer. 111..Un air gai dans le silence pour l'adoucir, Pour qu'il
ne demeure pas au-delà d'un Instant,ou' tout dans l'image qui se forme
S'habille de chaudes couleurs. 112..je t'ai vu entrer, Tu étais
presque nue Dans la pénombre, Tu t'es avancée Vers moi, La main
tendue. 113..Un air qui ne connaît pas la tristesse des Matins
maussades,ou' les yeux fixent le sol Avant de découvrir que devant
l'espace est Infini. 114..Que devant,dans la lumière qui se dépose
Lentement,il y'a dans la vie qui se lève, Comme un éclat doré qui
accueille l'aube Nouvelle. 115..Tu m'as regardé dormir,tu m'as presque
Serré contre toi,puis tu t'es mise à Mes côtés. 116..Devant,sur les
routes,sur les chemins,sur la Terre,sur les toits la vie se lève,comme
Ces premières paroles regorgeant d'un suc éblouissant. 117..Comme de
premières paroles,prononcées à L'ombre d'un olivier,en chuchotements
Que le crépuscule irradie de ses couleurs Etalées à l'horizon.
118..Déposée sur tout l'horizon,pour lui donner Ce teint ou' tout
paraît si beau,si grand, Ou' tout invite à s'aimer. 119..Des paroles
de chaque jour,des paroles des grands Jours,ou' tout paraît si plein
de cette douce Chaleur que porte en elle la lumière. Des chemins…
120..J'ai caressé Tout ton corps, Ensuite j'ai caressé Tes seins
flasques Dans mes mains. 121..Des paroles auréolées d'une ligne gaie
de Lumière qui tracent des chemins,ou' les Pieds ne s'écorchent pas
dans les nuits les Plus sombres. 122..Des chemins boueux en
hiver,poussiéreux en Eté au passage des troupeaux,des chemins Semés de
légendes,qui dorment d'un sommeil D'ange,le sourire peuplant le
silence Jusqu'aux premières lueurs. 123..Des chemins aux pas
jaunes,ou' dans les Flaques limpides,le branchage des arbres S'enfonce
comme des racines. 124..Des chemins aux pas noirs,ou' dans L'eau qui
tombe du ciel,odeur de Nuages quelques pétales et des chants D'oiseaux
se dessinent sur le ciel. 125..Des chemins odeur de nuages,aux pas
Innombrables et sales,ou' tard dans le Soir tiède les légendes se
lèvent pour veiller Sur les lieux. 126..Des chemins ou' les légendes
se lèvent pour Nommer les lieux et parler au non qui Ornait les
bouches.C'était le seul soleil à Se lever. 127..Pour épeler les pas
odeur de nuages,qui Recouvrent les grains d'une mince caresse,
Enveloppe de terre,regardée pendant si Longtemps qu'elle habite les
yeux. 128..Enveloppe de terre,enveloppe de terre presque Noire,terre
habillée du jour ou' tout Le paysage est en fête,regardée pendant Si
longtemps qu'elle habite les yeux. 129..Paysage en fête,enveloppe à la
terre, Pétales blancs,feuilles blanches,regardées Pendant si longtemps
qu'elles habitent Les yeux. 130..Des chemins odeur de nuages,les
légendes Se lèvent tard dans le soir tiède,pour Parler des couleurs
qui ramassent le Regard et le répandre en grains à toute la Plaine.
131..Dans tes yeux,il y'a la couleur de la Terre gorgée d'eau,sous un
ciel sombre, Ou' des oiseaux noirs bercent le vent. 132..Dans tes yeux
il y'a la terre,ou' le ciel Limpide se reflète,pour enfoncer ses
racines Sans écume. 133..Il y'a dans tes yeux une terre arrosée de
Gouttelettes de soleil,ou' mûrissent les pousses Qui verront le
printemps. 134..Dans tes yeux la terre se lève habillée d'un Printemps
aux premiers rayons qui reviennent, Avec dans les mains encore
froides,un oiseau Au plumage étonnant de blancheur. 135..Avec dans les
mains la profondeur d'un Bleu clair que les rayons qui reviennent
N'ont pas encore rechauffé. 136..De cette profondeur qui donne aux
rayons, Leur transparence des jours ou' la Parole est si simple.
137..Des jours ou' le rire est si simple, Qu'il regorge d'un goût que
Connaissent tous les âges. 138..Des chemins aux pas jaunes,les
légendes Se lèvent dans la tièdeur du crépuscule Pour parler des
rayons qui reviennent. Comme une première parole. 139..Des rayons qui
reviennent,comme de Tendres feuilles nouvelles penchées aux
Bourgeons,adossés aux bourgeons Pour rechauffer les seuils. 140..Pour
t'accueillir le matin,comme Une première parole qui invite à la
Parole,qui regorge d'une transparence, Que connaissent tous les âges.
141..Qui invite à une première parole,qui Regorge d'une transparence
qui apparaît Dans toutes les paroles que fait naître le Jour. 142..Qui
apparaît aussi profonde que l'éclat De tes yeux,après cet instant ou'
lorsque la Larme a fini de couler,tu fixes un point Devant. 143..Tu le
fixes pendant un instant,puis Tu te lèves.Demain lorsque le soleil se
Lèvera,il te verra loin déjà à marcher, D'un pas décidé. 144..D'un pas
décidé sur qui rien ne peut Peser,car dans la vie qui se lève,devant
Il y'a comme un cœur aux nuits ou' Le sommeil n'est revenu que très
tard. 145..D'un pas décidé,plein de l'éclat vivant Dans chaque
fibre,qui ouvre les yeux pour Se remplir des rayons qui reviennent.
146..Les rayons qui reviennent de loin ne sont Pas froids,ils ne
s'emparent pas du grain, Ils l'enveloppent jusqu'à demain d'une Tendre
étreinte. 147..Pour que lorsqu'il se lève,lorsqu'il Regarde,il se
reconnaisse dans la chaleur De toute cette transparence autour.
148..De cette profondeur dans la transparence qui N'étonne pas,qui est
là comme un Visage à tout le paysage. lignes de demain 149..Un visage
aux feuilles,à leurs couleurs,un Visage aux racines,à leur teint comme
un Fruit mûrit au soleil. 150..Un visage aux murs,un visage aux toits,
Un visage aux chemins,un visage aux pas Jaunes,aux pas noirs,aux pas
aux couleurs Bizarres couleur de nuages. 151..Un visage aux légendes
qui se lèvent au chant Du crépuscule tiède,pour veiller sur les lieux,
Jusqu'aux premières lueurs,comme une terre Pour l'horizon. 152..Un
visage à l'horizon,au jour,un visage à La lumière,un visage dans la
profondeur de La transparence des rayons qui reviennent d'une Nuit aux
rêves colorés. 153..Les légendes ont parlé,la nuit lorsque les Rêves
finissent de se colorer le jour Apparaît. 154..Et le jour ou' les
matins sont gris,il y'a Une étreinte tendre qui enveloppe les grains
Adossés aux racines du grand olivier. 155..De cette profondeur dans la
transparence qui N'étonne pas,qui est là la même devant, Dedans.
156..La même devant,la même dedans,comme Un espace infini,qui ne
s'arrête pas au Premier horizon. 157..De cette transparence dans la
profondeur Des rêves qui occupe de ses senteurs comme Une tendre
pensée lointaine,au matin. 158..De cette transparence partout
devant,ou' L'élan des pas décidés,a tracé un Chemin couleur des lignes
de demain. 159..Un chemin aux pas jaunes,ou' les chevilles Ne se
foulent pas,ou' jamais un pied ne S'est écorché,un chemin qui effleure
les Pas,pour les porter loin au-delà du Premier horizon. 160..Les
légendes ont parlé,les lignes naissent de toi Et grandissent de tes
mains.Un jour en Regardant tu verras qu'elles ont donné à tes Yeux le
plus bel éclat. 161..De cet instant triste qu'il n'y a pas A
l'horizon,pour peupler l'espace Infini. 162..Les légendes ont
parlé,les matins gris ne sont Pas maussades,même s'ils portent des
Nuages bas et gros.Dans leur voix il n'y a Que la joie pour parler des
instants tristes. 161..Le plus bel éclat,celui qui accompagne Les
dires dans les veillées,pour leur Donner une âme qui fait entrevoir
les Lendemains. 162..Des lendemains ou' les matins ne sont pas
Maussades,des lendemains ou' les matins Peuvent être gris,des
lendemains qui Parleront d'une voix gaie de cet Instant triste.
163..Il y'a eu des instants tristes,ou' les mains Chaudes ont baigné
dans le silence,et Lorsqu'elles se sont assemblées de leurs
Chuchotements est né un soupir. 164..Il y'a eu ces instants,ou' les
yeux se sont Fermés pour un long voyage dans les Contrées les plus
éloignées,et lorsqu'ils se sont Ouverts le soleil était déjà haut dans
le Ciel. 165..Il y'a eu des instants presque tristes ou' Dans le
silence qui rechauffe de sa Tendresse un soupir,les yeux regardaient
Loin devant,comme pour entrevoir le Matin. 166..Il y'a eu des instants
ou' les yeux se sont Fermés pour un long voyage dans des Contrées très
éloignées ou' tout a la forme Du rêve. 167..Et lorsque les yeux se
sont ouverts,le Soleil était haut dans le ciel..Sur Les feuilles,les
gouttes de rosée déposées la Veille se sont effacées. 168..Les
légendes ont parlé,cette tendresse qui Rechauffe dans le soupir,ce
sont ces fleurs Qui habitent les bords des chemins,petits Soleils dans
la pluie et les vents. 169..Ce sont ces fleurs qui accompagnent les
Chemins,dans leur escarpement,dans leurs Sinuosités,petits sourires
dans l'écoulement Des eaux tranquilles. 170..Ce sont ces fleurs
qu'arquent les vents nocturnes Et qui se relèvent au matin,comme pour
vous Regarder dans les yeux et vous dire les longues Veillées sur la
terre. 171..Ce sont ces petits soleils aux abords des Chemins,que ne
cabrent pas les lourdes Gouttes qui tombent du ciel. 172..Elles
tombent et ruissellent,en un filet Clair sans murmure sur tout le
pourtour, Jusqu'aux premières racines pour déposer Quelques
poussières,des poussières âgées de plus D'une saison. 173..Des
poussières sur les feuilles,que connaissent Les chemins,qui parlent
aux chemins le Visage presque sale. 174..Les légendes ont parlé les
pas aux couleurs Bizzares sales,couleur de nuages sont un Feu
d'artifice dans le ciel,dans une légendes ont parlé les pas aux
couleurs Bizzares sales,couleur de nuages sont un Feu d'artifice dans
le ciel,dans une nuit Etoilée. 175..Et lorsque dans le doux silence
qui berce Les paupières,il embrase la tiède pénombre, D'un chant
enfoui dans les étoiles,le rêve Libère le rire logé au fond des yeux.
176..Le rire vit au fond des yeux,il; est le chant Qui sommeille dans
les étoiles,depuis des Millénaires,comme des racines pour les Lignes
de demain. 177..Le chant enfoui dans les étoiles,tu l'as Cherché
durant de longues années,dans le Doux silence de la tiède pénombre,les
yeux Levés vers cette fête de lumière qui baigne Tout l'univers.
178..Tu l'as cherché pendant longtemps,car Tu savais,lorsque le doux
silence lève son Voile l'aube apparaît. 179..Le chant dans toutes les
étoiles est en toi, Il est en nous,il dort d'un tendre Sommeil que
bercent les années. 180..Il est en nous enfoui,comme dans des
Etoiles,yeux aux légendes lorsqu'il étale Sa faible lumière aux
chemins. 181..Il est en nous,il est là,il sommeille Comme un jour qui
se lèvera à l'aube. 182..Il est là depuis des millénaires et le jour
Qui se lève est une lueur,une de ses Lueurs infinies,qu'il met à
l'horizon, Avant que tes yeux ne s'ouvrent. Titre: Grain qui s'éveille
Genre: poésie Nom d'auteur: jefferson jessica et boulegriet m. Email:
[email protected] nuit Etoilée. 175..Et lorsque dans le
doux silence qui berce Les paupières,il embrase la tiède pénombre,
D'un chant enfoui dans les étoiles,le rêve Libère le rire logé au fond
des yeux. 176..Le rire vit au fond des yeux,il; est le chant Qui
sommeille dans les étoiles,depuis des Millénaires,comme des racines
pour les Lignes de demain. 177..Le chant enfoui dans les étoiles,tu
l'as Cherché durant de longues années,dans le Doux silence de la tiède
pénombre,les yeux Levés vers cette fête de lumière qui baigne Tout
l'univers. 178..Tu l'as cherché pendant longtemps,car Tu
savais,lorsque le doux silence lève son Voile l'aube apparaît. 179..Le
chant dans toutes les étoiles est en toi, Il est en nous,il dort d'un
tendre Sommeil que bercent les années. 180..Il est en nous
enfoui,comme dans des Etoiles,yeux aux légendes lorsqu'il étale Sa
faible lumière aux chemins. 181..Il est en nous,il est là,il sommeille
Comme un jour qui se lèvera à l'aube. 182..Il est là depuis des
millénaires et le jour Qui se lève est une lueur,une de ses Lueurs
infinies,qu'il met à l'horizon, Avant que tes yeux ne s'ouvrent.
Titre: Grain qui s'éveille Genre: poésie Nom d'auteur: boulegriet m.
15.Crépuscule d'été
Crépuscule d'été 01..Tout ce que tu ne sais pas écrire,tu me l'as
Appris,tu me l'apprends et maintenant,il N'y a pas une chose que
j'ignore. 02..L'absence est si longue et beaucoup reviennent, D'un pas
sûr,sur le visage quelques traces de Fatigue et l'ardeur des
retrouvailles futures. 03..Ils reviennent le pas sûr,vers la
demeure,avec Dans les mains,et marchant à côté,marchant Derrière des
enfants frêles,aux yeux ouverts Que rien autour
n'étonne. 04..Maintenant,je les vois sur les chemins,sur Les
arbres,sur les murs,sur les toits,je le Vois devant,loin devant.
05..Quelques uns s'avancent un bras dans l'autre, De leurs petits
pas,sur le visage et dans la Voix,la grande joie de reconnaître ce
chemin Pour la première fois. 06..A l'écart,beaucoup
attendent,debout,assis Sur les pierres qui restent des décombres,dans
Les yeux,le même éclat de l'absence si longue. 07..Dans le chant clair
de sources,que les siècles Innombrables n'ont pas taris. 08..Assis sur
les pierres,parfois des regards se croisent Et lorsqu'ils
s'attardent,les sourcils se froncent, En quelques rides qui
s'enfoncent dans un sourire Qui effleure les lèvres. 09..A même le
sol,sur un papier dépoussiéré,un Peu usé,trouvé à côté,à
errer,quelqu'un, Les paumes aux joues frédonne un chant qui a Fait
briller les yeux dans le silence. 10..Lorsque tu as entendu le
bruissement doux du Filet transparent qui scintille au soleil,comme
Une feuille à la brise légère du soir,tu as Goutté trois longues
gorgées. 11..Un chant que beaucoup connaissent,car des nuits
Durant,étalé,les mains ouvertes,entrecroisées sous La nuque,il a
accompagné les yeux ouverts,au Loin qui se sont fermés tard pour
quelques heures D'un doux sommeil. 12..Longtemps,très
longtemps,lorsque tu as vu le Branchage tendre se refléter,en un nid
chaud Pour les oiseaux qui viendront,lorsque tu as vu le Bleu du ciel
remplir en entier le fond,tu t'es Désaltérée. 13..Le soir,ils seront
entassés pour un doux Sommeil,sur le sol chaud encore,en petite
Montagne,à l'abri des pluies. 14..Lorsque beaucoup reviennent de
loin,les Têtes se redressent et quelques uns se lèvent, Ils ouvrent
les bras pour une tendre Etreinte et partent sur une courte distance,
Un long salut pour ceux qui restent. 15..A l'abri des vents,à l'abri
de la poussière, Sur le sol chaud encore portant le jour Dans ses
racines,Ils dormiront d'un doux Sommeil jusqu'au matin.
16..Maintenant,entre les arbres une brise légère Souffle,d'un chant
qui gorge les branches Inondées de lumière,d'un sourire qui durera Des
saisons. 17..Quelle beauté,dans la tendresse de cette Etreinte,dans la
chaleur de ces regards Qui durent,pleins de l'absence si Longue en
silence. 18..Lorsque le soir,personne ne passe plus sur Le chemin,ceux
qui attendent cherchent Dans leur mémoire le lieu ou' beaucoup Encore
peuvent être. 19..La marche défile paisible et pleine de pensées
Ensoleillées,et dans ses yeux devant,décidés,je Revois le visage de
celles qui n'ont pas dit Leur fatigue,sur de longues distances,un
Enfant endormi sur le dos. 20..Les horizons défilent beaux et chacun
regardé Me parle rien dans les mains,à me donner, En
silence,longuement et dans chaque parole, Dans chaque parole,apparaît
plus près le retour. 21..Car les horizons ne veulent pas se vider,car
les Horizons se sont habitués à ceux qui ont Marché sur les chemins et
donné un nom,au Carrefour ou' ils se sont rencontrés pour la Première
fois. 22..Et sur chaque pouce de terre,recouverte de Feuilles,partout
entre les courtes herbes,il y'a Comme la voix des enfants qui
résonne,fière D'avoir les mains assemblées,pleines. 23..La marche
défile lente et plus éclairée, Ensuite le carrefour avant le premier
horizon, Et celui ou' je t'ai rencontrée,accompagné De tendres
paroles,restées gravées sur les visages, Sur le chemin,sur les
pierres,sur les Sourires à ce moment regardés. 24..Pleines de fruits
murs,noirs,tendres au Toucher,brillants des éclats d'une étendue De
neige au soleil. 25..Je vois tes yeux briller,tes joues Enflammées et
tes lèvres un peu sèches D'avoir beaucoup marché. 26..Le soir,je te
revois assise les mains Assemblées,un peu pensive,mais rassurée Comme
si les horizons t'ont parlée,en Silence du jour dans chaque parole,
Qui rend le retour si près. 27..Je revois ces enfants qui parlent de
Temps à autre,de leur air gai que Chaque foulée fait grandir,et
lorsque Je te regarde,je vois de petites gouttes De sueur,se former
sur ton front. 28..Je te revois assise,les yeux vers ces flammes,
Etoiles dans la nuit et après un soupir, Tu prononces,quelques
mots,restés beaux Dans ma mémoire. 29..Lorsque tu te tais,le regard
humble et Plus chaud encore,je remarque que ta Pensée est déjà loin.
30..Cette nuit,le ciel ne porte pas de nuages, Et dehors la fraîcheur
enveloppe les visages. Lorsque la sève lunaire a recouvert le passage,
La douce pénombre s'est dissipé. 31..Demain,lorsque tu passeras sur le
chemin, Qu'effleurent les rameaux,à la brise comme une Caresse,tu
percevras le doux bruit feutré des Fruits qu'accueille la terre.
32..Ils rentrent,les yeux devant,et le pas Léger,après un regard
ensoleillé,après un Sourire en silence,après une chaude poignée De
mains,car demain,ils seront là,dès L'aube,ensemble à attendre.
33..Demain les fruits entassés se mettront en cercle, Pour scintiller
longuement de cet éclat des Joues enflammées,à la douceur de la
flamme. 34..cette nuit le vent a soufflé,il n'était pas Fort,et des
feuilles se sont accrochées à ses Ailes,comme pour accueillir la
lumière qui Monte à l'horizon,demain il ne fera pas froid. 35..Loin
dans les contrées,dans les pâturages, Dans les rues qu'au retour tu
verras, Se remplir de ces jours doux ensoleillés, Aimés en silence.
36..Lorsque le soir,personne ne passe sur le Chemin,ceux qui attendent
rentrent après Avoir cherché dans leur mémoire,le Lieu ou' beaucoup
peuvent être encore. 37..Et dans ta randonnée,tu prendras à chaque
Fois une poignée,que tu étaleras de tes doigts Brillants,pour voir si
un peu de buée Imbibe leur peau. 38..Demain dès l'aube,ils seront
peut-être Plus nombreux,car parmi eux,il Y'aura quelques uns,de ceux
qui sont Déjà revenus,revenus sans trouver une Personne pour les
accueillir,les bras Ouverts,devant le seuil dépoussiéré. 39..Lorsque
quelques rides apparaissent,lorsque des Rides se forment,dans ton
regard,elles S'habillent entières de lignes de lumière. 40..Les fruits
sont plus mûrs,ils attendent L'étreinte de la paume,une longue
étreinte Qui fait briller les mains d'un doux éclat Etalé. 41..Le soir
devant un feu doux,les mains Assemblées,je revois la marche paisible
Et les horizons s'ensoleiller. 42..Je revois les étoiles regardées,je
revois les Etoiles assemblées,que tu aimais contempler Et les matins
ou' il fallait encore Marcher,partir presque gais,avant que La
fraîcheur de la veille ne se dissipe. 43..Qui fait briller le visage
de cette lumière profonde, Que trace la récolte qui dure,qui fait
briller Les pieds,qui fait briller toute la paume. 44..Les horizons
défilent ensoleillés,et lorsque Je les regarde longuement,c'est pour
Leur donner des couleurs qu'au retour, En les effleurant,je les verrai
porter. 45..Les carrefours défilent vivants maintenant, Car à chacune
des rencontres,pour la Première fois,nous leur avons donné Un nom,un
nom pour naître,pour Qu'au retour,tu les reconnaisses,tu Les vois
toujours vivants. 46..Lorsque tu prendras un tas,pour le regarder Tu
verras les reflets du suc naître,comme Quelques reflets dans ton
regard. 47..Les horizons défilent paisibles,et lorsque Je les
revois,sur leurs branches leurs Nids,sur leurs pousses,leurs fleurs,
Sur leurs clairières,leur verdure S'accrochent d'un geste tendre et
lent Quelques uns de tes mots,restés beaux Dans ma mémoire,pour qu'au
retour Tu n'oublies pas les pierres qui jonchent, Et les pas des pieds
nus sur les chemins. 48..Demain près du ruisseau,au bord de l'eau,dans
La cuvette aux bords polis,aménagée amoureusement, Lorsque tes mains
s'assemblent,pour effleurer l'eau, Le suc naîtra. 49..Cette fleur dans
tous les champs,après plusieurs Horizons,tu voulais la regarder de
plus près,et La mettre ensuite à côté de quelques photos,dans Le livre
qui ne te quitte jamais. 50..Cette fleur tu la voulais,mais ce n'est
qu'après L'avoir vue dans tous les champs que tu en As parlé. 51..Je
te revois marcher et regarder les champs en Fleurs,comme si tu voulais
leur parler. 52..Ce n'est qu'après plusieurs horizons que tu as
Parlé,de cette fleur qui pousse rare,dans tous Les champs qui
accompagnent les chemins. 53..De temps à autre,aux bords des champs,
Loin des chemins,je revois sous un arbre Solitaire,une élévation de
terre,entourée De verdure et recouverte de quelques fleurs
Eparpillées,ou' quelqu'un se repose,dans Un endroit ou' personne ne
vient. 54..Maintenant ,après plusieurs horizons,tu l'as Voulais dans
tes mains,la sentir et Tendrement la caresser,ensuite la mettre Dans
ce livre que tu as tant aimé. 55..Maintenant,je me souviens de
l'enfant Qui a dévalé la pente légère,gai pour Te la ramener. 56..Un
suc au goût ensorcelant,un suc pur Dans tes mains assemblées,qui
rempliront tout Le jour,la jarre jusqu'à son goulot. 57..Il l'a
tendrement cueillie,pour ne pas L'abîmer et te l'a offerte,juste après
Avoir entendu,qu'elle poussait rare,qu'elle Poussait dans tous les
champs. 58..Le soir,je te vois longuement la regarder,se Reposer
paisible,puis fixer devant en silence, Les flammes étoiles dans la
nuit. 59..La porte s'est refermée avec fracas et lorsque La porte
s'est refermée les yeux se sont Soudainement ouverts,et lorsque les
yeux se sont Ouverts la première larme a coulé. 60..Suivie d'autres
qui se sont déversées,contenues, Contenues,contenues puis se sont
déversées,en un Flot qui a emporté ce qui gisait depuis longtemps
Enfermé. 61..Lorsque tu parles,tu prononces le jour dans Les dires,en
silence des horizons ensoleillés, Puis tu nommes dans un sourire amusé
tous Les lieux que tu te rappèleras au retour. 62.Le lendemain,ils
étaient beaucoup plus à Attendre,beaucoup plus qu'hier à Attendre,car
parmi eux,il y'a quelques uns De ceux qui sont déjà revenus.. 63..Car
depuis longtemps des débris gisaient,comme Dans un grenier oublié,car
depuis longtemps Des débris gisaient au vent qui les emportait,au Vent
qui les émiettait. 64..Ils ont trouvé les seuils propres et devant,
Personne pour les cueillir,lorsqu'ils Ont passé la porte,ils ont vu un
large Rayon de soleil filtrer de la fenêtre, Pour éclairer chaudement
tout l'intérieur. 65..Au vent qui les arrachait,au vent qui les
Déplaçait,au vent qui les émiettait car Depuis longtemps des débris
gisaient aux abords Du chemin fleuri. 66..Ils n'ont trouvé aucun mot
écrit,déposé Sur la méida,sur la table,tout était A sa place,il
y'avait même la place, Laissée vide,des petits objets chers,pris à la
Hâte,un peu avant le départ. 67..Je te revois, assise,pensive les
mains Assemblées,regarder les feux,étoiles dans La nuit comme pour les
chanter. 68..Je te revois regarder longuement les étoiles Dans le
ciel,comme pour leur parler. 69..Et à mesure que le temps passe,je te
Revois dans la marche,dans les carrefours ou' Beaucoup se sont
reconnus pour la première Fois,pour leur donner un nom dans les
Horizons,dans le jour,dans leurs dires en Silence ensoleillés qui
défilent paisiblement. 70..Le lendemain,ils se sont avancés pour
Attendre,personne n'était à l'écart,comme Hier,car beaucoup reviennent
encore sur Les chemins. 71..Car ceux qui sont revenus parlent
maintenant, Avec un sourire et un peu de fatigue encore Sur le
visage,de ceux qui accompagnent les Chemins,les pensées ensoleillées
paisibles. 72..La nuit est douce,elle est de ces nuits qui Remplissent
tes mains fermées,de beaux rêves que Tu raconteras lorsque l'aube se
lèvera à tous les Horizons pour s'étaler aux quatre coins de chaque
horizon. 73..Je te revois assise,les yeux devant en Silence me
regarder comme si tu savais Que l'absence allait durer de longues
Saisons. 74..Je te revois pour quelques instants,faire des Pas dans
les champs,à la recherche d'épis Que tes mains décortiquent,en
marchant Amusée. 75..Beaucoup sont partis loin,lorsque les Décombres
ont commencé par joncher les Trottoirs. 76..Ils sont partis loin,dans
des contrées qu'ils Apprendront à connaître peut-être,pour Un peu de
temps. 77..Les nuages courent encore,ils ne sont pas Menaçants,ils
courent encore et de leur Course effrénée est apparu le soleil.
78..Longtemps après,quelques uns marcheront sur Les routes;les yeux
vers les plaines autour,pour Se rappeler les champs. 79..Ils
s'arrêteront pensifs,devant le branchage Des arbres pour un
instant,pour écouter Le doux chant des oiseaux de la terre Quittée.
80..C'est vrai,il a fait un peu mal aux yeux lorsqu'il s'est emparé
timidement de la fraîcheur piquante au visage,qui s'est ramassé,mais
il est apparu. 81..Beaucoup reviendront avec dans les mains, Des
rameaux cueillis en cours de chemin. 82..Ils reviendront une pensée
dans les mains,pour Ceux qui sont restés peut-être,pour ceux qui Sont
restés,pour ceux qui ont longuement Parlé,des champs de blé et des
orangeraies Au départ. 83..Il est apparu,car hier au crépuscule le
ciel Etait flamboyant,et la chaleur qu'il a portée a Demeuré le temps
de la pénombre qui a enveloppé les Paupières pour quelques instants.
84..Aux pieds du verre flamboyant gisent des débris, C'est une pensée
qui vient ,qui naît,qui remplit Le regard qui va loin,au-delà des
océans, Dans des contrées que tu ignores. 85..Ils reviendront une
pensée dans les mains Pour ceux qui ont parlé,des longues Promenades
entre les arbres,les mains Tendrement liées,pour le seuil,pour Les
toits,pour l'intérieur qui a Beaucoup manqué. 86..J'ai vu dans tes
yeux deux rameaux entourer La mémoire entière d'une auréole de lumière
qui Rayonne maintenant dans ma pensée,pour éclairer La route,la longue
route qui mène au beau pays. 87..Au beau pays que j'ai hâte
d'étreindre,d'une Etreinte farouche,millénaire,logée dans mes bras,
Dans ma poitrine,dans toute ma langue,comme Des rayons de soleil qui
effleurent tendrement un Paysage de printemps. 88..Par endroits,il y'a
encore des débris,des décombres Qui jonchent les trottoirs,et dans les
mains de Quelques uns,de ceux qui reviendront,il y'aura Des rameaux
,cueillis encours de chemin. 89..A mesure qu'ils reviennent,sur le
chemin, Je ma rappelle ta tête levée à regarder les Etoiles que l'on
voit de tous les lieux assemblés. 90..Des lettres tombent pesantes et
tracent des lignes, Mais à chaque fois,comme si elles se renouvelent,
Mes mains deviennent plus lourdes. 91..Le soir lorsque je les
regarde,lorsque je Les revois,pensif et la tête levée,je Sens ta
présence,là,près de moi,pour Quelques instants,à mes côtés. 92..Le
fleuve coule vaste au loin et limpide. J'ai bu de son eau,toute ma
peau a Bu de son eau,de claires et tendres gorgées, Les mains
assemblées et pleines et l'absence Dure encore. 93..Des lettres
s'étalent,et dans les lignes qu'elles Tracent naît une pensée dans ta
voix. 94..J'ai lancé à sa surface vivante et Tranquille des fleurs,de
belles fleurs Blanches,cueillies ce matin dans le bois Le plus proche
et j'ai attendu,les yeux Au loin. 95..Des lettres tombent,pesantes,se
disposent et se Gravent en images qui demeurent au-delà de l'empreinte
des années. 96..lorsqu'elles ont atteint l'horizon,je t'ai sentie sur
les marches,à mes côtés,la peau resplendissante de cette eau bénie.
97..Les mains s'assemblent,se remplissent et S'étalent sur la
chevelure,sur le visage, Le soir au départ,on emmènera un Récipient
plein,joie pour les enfants. 98..Ce jour-là,tes yeux s'ouvriront pour
voir mon Sourire accueillent et dans chaque mot,le même Que je
prononcerai,il y'aura un nom à ta mémoire. 99..Quelqu'un les pieds
croisés,sur un tapis de Verdure,après une journée dans la rizière,dans
Le champ infini regarde au loin. 100..A l'horizon,il y'a
d'innombrables réponses,les Mêmes qu'il y'a dans les champs qui ne
Sont pas hantés. 101..Autour,tout autour rien ne te rappelle,il n'y a
Que des arbres qui perdent leurs feuilles en plein Automne. 102..Rien
ne me rappelle les matins,car lorsque tu te Réveilles pour partir,mes
yeux déjà ouverts depuis Longtemps commencent à s'envelopper d'un
Brouillard. 103..Des chants ,ou' de douces légendes veillent la
Nuit,des champs pleins de pousses rieuses et D'eau qui connaissent la
présence de mes Pas réguliers. 104..A l'horizon,il y'a des
réponses,comme Celles qu'il y'a dans les champs gorgés d'eau Infinis.
105..Et lorsqu'il les a enlacés de toute sa douceur, J'oublie tout un
rêve,un beau rêve qui revient Presque chaque jour,depuis plusieurs
mois déjà. 106..Dans les champs qui connaissent mes pieds, Qui
inondent mes pieds,presque jusqu'aux Mollets,parfois toute la journée.
107..La tempête n'apeure plus maintenant,car Tôt lorsque le soleil
baignait encore le Ciel,les hommes ont tracés des sillons, Un long
sillon qui parcourt la terre, Jusqu'à la grande rivière. 108..Avant
que la pénombre ne s'installe des pensées Ont grandi,demain
encore,elles iront vers les Halètements et la sueur que je connais.
109..Dans les champs,il y'a une réponse Qui se met dès l'aube,chaque
jour A l'horizon.Elle est dans les pas tracés, Réguliers à travers
l'eau claire dans La terre tendre. 110..Mais que sera la pénombre
lorsque demain,en Te levant tu verras dehors des lignes se tracer
Encore. 111..Quelques jours sont passés depuis des mois et Les
prairies ne deviennent que plus belles. 112..Le soir en rentrant
adossé à un Mur,les yeux au loin,une brindille A la main,je prie
encore pour que la Tempête n'emporte rien. 113..Pour que les pousses
grandissent,pour que La récolte dure une saison,dure toute Une
saison,dure le temps du chant Le plus long. 114..Demain,lorsque la
sueur lavera tes paumes,aux Lignes régulières,tu naîtras enfin pour
moi. 115..Pour que les enfants ne parcourent pas De grandes
distances,frêles en haillons,à La recherche d'un bout de pain dans Les
rues. 116..Parfois,je passe toute la journée dans Les champs
larges,car chaque jour,il Y'a une réponse qui se met à l'horizon.
117..Maintenant,il y'a un souvenir qui s'arrache Péniblement à la
flasque torpeur d'un Vague brouillard qui ne se dissipe que lentement.
118..Je passe toute la journée ,dans les champs Infinis,pour qu'à ton
retour,tu ne Partes plus,car à mesure que le temps Passe l'absence
devient si longue. 119..Les champs sont larges,larges jusqu'à
L'horizon,et à mesure que je les Parcours,les pieds nus,je vois le
sourire Grandir sur le visage des enfants,un bol de riz chaud à la
main. 120..Ce sont des fruits que tu ne mangeras Peut-être pas,ils
sont sur des arbres, Dans leur écorce,sur des arbustes qui S'étalent
jusqu'au loin. 121..Sur les collines enlacées jusqu'au loin,il y'a Des
arbres,il y'a des arbustes,aux fruits Que tu ne connais pas. 122..Ils
ne ressemblent pas,aux fruits colorés que Donne la terre à tes mains
assemblées. 123..Un vague brouillard qui se dissipe lentement pour
Laisser la plaine s'éclairer entière,et donner Au souvenir toute sa
beauté de quelques jours. 124..Ces fruits,tu ne les verras peut-être
pas, Car ils partent au loin dans des caisses En bateau,sur le fleuve
ou' jadis tu T'es baigné. 125..Sur ce fleuve,ou' tu t'es baigné
rieur,à Côté de femmes gaies,occupées à laver du Linge. 126..Dans la
pénombre,je sais que le jour tant Rêvé naîtra,et dans ses doux
scintillements qui Foisonnent,je reconnaîtrai à sa tendresse d'un
Regard,un éclat de tes yeux. 127..Sur ce fleuve limpide,ou' jadis
avant de Rentrer,le troupeau venait s'abreuver. 128..Maintenant,sur
les collines enlacées,il y'a Une route qui s'allonge pour mener
Jusqu'aux villages les plus éloignés. 129..Lorsque le ciel est plein
de nuages,les lumières Semées loin dans les montagnes éclairent comme
des étoiles Qui s'effacent ensuite,l'une après l'autre Presque à
chaque instant de la nuit. 130..Il y'a une route qui avance sur la
Montagne élevée,comme un salut,un Tendre salut aux maisons perchées.
131..Il y'a une route qui s'allonge,il y'a Une route qui avance dans
la montagne Elevée et un jour quelqu'un l'empruntera Pour venir te
parler des beaux rêves,faits Pour toi. 132..Sur la natte couleur de
tes pensées que tu Confectionnes maintenant,tes mains sauront Dessiner
plein d'étoiles,comme celles qu'il Y'a dans un ciel d'une belle nuit
d'été. 133..Le bateau qui passe, en silence sur le Fleuve large et
limpide jusqu'au loin a Emerveillé les enfants,car ils ne savaient pas
qu'il est plein de caisses qui vident chaque jour mes mains. 134..Trop
haut,trop haut je le vois aspirer L'énergie et faire de l'ombre à
quelques endroits. Parfois,il faut attendre longtemps pour avoir un
Peu de soleil.J'ai vu des bourgeons fermer les Yeux de bien-être
pendant un instant.J'ai Vu des bourgeons mettre un habit,ouvrir grand
les Yeux pour attendre un peu. 135..Un habit qui n'a pas de couleur.Il
n'est pas Noir,il n'est pas blanc,il n'est pas sourire Du soleil qui
s'étale dès l'aube pour effleurer Les chemins d'une caresse
légère.J'ai vu les Bourgeons le mettre et lorsqu'ils ont ouvert les
yeux Pour attendre un peu,leur front s'est ridé. Ils ne savent pas
qu'il est plein de fruits Qu'ils ne connaissent pas,qui vident mes
Mains,qu'ils ne goutteront peut-être pas. 136..Leur front s'est ridé
et dans leurs rides, Parfois je vois des lignes de pétales marcher
dans Les chemins.Dans leurs rides,je vois le grand Chêne construit en
une nuit.Je vois dans leurs rides De petits soleils orner tout leur
front. 137..Leur front s'est ridé dans l'ombre de ces endroits Ou'
pour goutter à un peu de soleil,il faut Parfois attendre
longtemps.Attendre parfois toute Une vie,au-delà d'une vie,pour
goutter à La caresse du soleil.Trop haut ,je le vois aspirer L'énergie
et faire de l'ombre dans ces endroits qui Aiment le soleil. 138..Plus
tard,bien plus tard,ils n'ont Pas vu le bateau immense passer,ils Ont
regardé les collines plantées d'arbres et D'arbustes alignés. Ils ont
regardé boire,et ses fruits doux Colorés. 139..Il semblait trop haut,à
cette pensée une Teinte d'ironie pinça le coin de mes lèvres, Car ce
que j'ai vu plus tard m'a fasciné:à Mesure que je marchais,ce qui
semblait trop haut Se réduisait à un point au loin qui disparaît.
140..Ils ont revu l'eau bénie et les endroits clairs, Ou' jadis,ils se
baignaient à côté de femmes Qui lavaient. 141..Non loin de là,elles
venaient remplir des jarres, Lorsqu'encore le sourire porte le rêve du
Matin et un peu plus bas,les troupeaux Venaient s'abreuver,le soir
avant de Rentrer. 142..Le chant ensemble est beau,ses racines portent
A leur bout la couleur d'un crépuscule D'été comme de petits
soleils,pour qu'au soir Ils se déposent sur toute la silhouette en
ligne Dorée. 143..Le fleuve coule vaste jusqu'au loin,et à Sa surface
vivant et tranquille,j'ai Jeté des fleurs blanches,cueillies ce matin
Du bois le plus proche. 144..Maintenant j'attends,dans les
rizières,dans Les champs infinis,ou' parfois je passe Toute la
journée. 145..Une ligne dorée sur les cheveux,sur les épaules, Sur les
bras,sur les jambes,sur tout le profil, Sur le regard,pour qu'il trace
dans la nuit Un chemin de lumière que tu prendras sans Jamais te
perdre. 146..Les champs sont larges,les collines s'enlacent Et les
montagnes sont hautes.Parfois,je les vois Se vider pour quelques
jours,le temps d'un Départ,pour peupler les rues et se remplir
Ensuite,à nouveau. 147..Je les vois se vider,le temps de quelques
Jours,pour peupler les rues à la recherche De couleurs qui ont
toujours manqué,sur Les visages des enfants. 148..Le chant ensemble ne
s'épuise pas,dans ses Racines vivent de petits soleils qui donnent aux
Gouttes qui ruissellent du front,sur les joues et Jusqu'au bord des
lèvres,la saveur de la terre,à Ses jours les plus beaux. 149..Je vois
mas mains se vider et le soir je Prie,pour qu'à ton retour,je sache
Etreindre encore. 150..Pour te parler au retour,du bol de riz Chaud
qu'il y'a chaque jour entre les Mains des enfants maintenant. 151..Les
jeunes filles se sont tues,elles attendent de Voir briller le visage
des vieux pour entamer Leur chant,seules quelques voix gaies
parviennent De l'oued ou' les gosses se rafraîchissent. 152..Je vois
les collines se vider et partir de Temps à autre,un bateau chargé de
Caisses d'un port sur le fleuve large, ou' jadis les troupeaux
venaient s'abreuver. 153..Des couleurs que je n'ai pas vu sur la Terre
depuis longtemps,des couleurs qui Faisaient son printemps,des couleurs
que Je n'ai pas vu sur les rizières,sur leurs Pousses,dans leur eau
claire,car mes Pieds étaient un peu écorchés. 154..Quelques gouttes de
sueur se forment sur les fronts Et coulent lentement sur les joues
enflammées. 155..Pour te parler longuement les yeux au loin Et le
sourire retrouvé des couleurs qu'il Y'a sur les visages des enfants
maintenant. 156..Pour te parler du chant des rizières ,maintenant, Du
printemps qui vient des champs larges,lorsque Chacun est parti pour un
jour,vers les rues Surpeuplées. 157..Ils sont revenus,pour revoir les
jardins ou' Des herbes folles envahissent les troncs fragiles Des
arbres fruitiers. 158..Le fleuve coule large,vivant et tranquille, A
sa surface,sur cette eau qui va Jusqu'au loin,j'ai jeté des fleurs et
je les ai Suivies pendant longtemps,pensif,du Regard. 159..Tout à
l'heure,je retournerai vers les Champs infinis,vers leurs pousses
printanières Qui connaissent la présence de mes pas. 160..Derrière
cette chaîne de montagnes,dans une Forêt ou' les arbres s'élancent
dans le ciel, on construit des salles,une cour et une cantine pour
qu'à midi,tu manges un bout de viande. 161..En rentrant le
soir,quelques uns rempliront Des récipients pour le bain des
enfants,qu'ils Prendront avec joie. 162..Tout à l'heure,je retournerai
vers les rizières, Vers leur eau claire qui connaît la chaleur De mes
mains. 163..La nuit,il a beaucoup plu,les rues sont Propres et presque
désertes. 164..Je les parcourerai jusqu'au soir et dans La
pénombre,adossé aux planches qu'effleure Le long arbre,lisse et
frêle,aux feuilles Légères,je regarderai la lune monter parmi Les
étoiles. 165..Ta main sûre ne connaît que caresse et L'humidité de la
terre,elle sait aussi planter Des graines de ce point à l'autre
bout,même si L'eau ne suffit pas,et finir avant les grandes Pluies qui
ont beaucoup dévasté l'année passée. 166..Le jour se lève sur la place
du village, Coquette encore,tout à l'heure quelqu'un viendra. Il
s'assoira sur une chaise et attendra le car,il Ne reviendra que le
soir un peu fatigué. 167..Je verrai son visage humble,lorsqu'elle est
Pleine,éclairer le paysage parmi les Etoiles. 168..Je verrai son
visage humble et son sourire Eternel,aller vers les
étoiles,lorsqu'elle est Pleine,pour éclairer la nuit le paysage.
169..Le jour se lève sur le fleuve discret,brillant Et pur pour ta
soif,il coule grandiose,sans Hâte entre chênes et oliviers jusqu'à
l'embouchure. 170..Le soir,adossé aux planches de la Cabane
qu'effleurent les longues feuilles Légères d'un arbre lisse et
frêle,je découvre les yeux au loin,la beauté qu'il y'a dans le chant
des rizières. 171..Le jour se lève,odeur de champs fertiles au
Printemps,fleurs ,nectar et papillons,fleurs, nectar et
papillons,fleurs,nectar et papillons Sur d'infinies étendues.
172..Maisons alignées et bancs devant les portes,le Village fait face
à la mer et le port accueille Des oiseaux blancs que rien n'apeure.
173..Je vois plus beaux les pieds nus dans son Eau claire,je vois
rieuses les pousses Printanières,je vois plus douce,pour mes
Mains,pour mes pieds son eau claire,et A mesure que la journée dure,je
vois plus Proche ton retour. Crépuscule d'été. 174..La rue est propre
et pleine d'une brise qui Sent les algues.Un pêcheur les pieds
allongés Sur un vieux filet manie une grosse aiguilles. Vol blanc dans
un ciel bleu,grace,pureté. 175..Le berger caresse la flûte et remplit
tout De son souffle,lorsque le dernier mouton Baisse la tête,il
s'adosse à l'arbre et ferme Les yeux. 176..Le chant des rizières est
né des journées entières Dans les champs infinis,il est né des prières
Faites en silence pour qu'ils reviennent. 177..Il est né des mains,des
pieds dans l'eau Douce et claire,il est né des pousses Printanières.
178..En hiver chaque vague,chaque jour ronge Un peu plus le rivage.
179..Il est né des légendes qui veillent sur les Etendues,la journée
et la nuit entière, Il est dans la route,dans la longue route qui Se
fraye dans la montagne. 180..Quelquesfois,quelquesfois seulement une
étoile Surgit et miroite dans le ciel le temps D'un soupir. 181..Un
jour reviendra la beauté dans les choses Et l'amour pour toi bourgeon.
182..Le chant des rizières est un chant d'amour Qui demeurera au-delà
du retour,il est Ce chant né pour qu'un jour tu Reviennes. 183..Pour
qu'un jour tu reviennes voir le Sourire,voir ce sourire qui ne veut
plus S'effacer dans les rizières,voir le chemin, La route qui se
fraye,longue dans la Montagne. 184..Un poème,plus que tes ailes,c'est
les toits Et ces montagnes qui accueillent. 185..Lorsqu'il se met
gai,tendre sur les collines, La tête se redresse,fière pour ignorer la
Menace du regard. 186..Le chant des rizières est un chant d'amour Qui
connaît les pieds pendant une journée, Dans l'eau parfois froide,mais
claire,il Est un chant que connaît la main,chaude Sur les pousses
tendres printanières. 187..Un poème,c'est tes mains,c'est ta bouche,
C'est ton cœur pour aimer les choses. 188..Et lorsqu'il est sur le
sable,sur ses pas,en Face de l'île de la mer,il ressemble à Une brise
douce et légère,qui caresse de Temps à autre la chaude étreinte des
Regards. 189..Qu'as-tu à ne pas savoir dessiner ce village De
pêcheurs,chanter sous la lumière,boire De la source à même le
sol.Qu'as-tu à Ne pas savoir qu'ici ou là-bas,la tendresse Dans les
hommes est la même. 190..Partout ou' je passe une image amie,une Voix
chaude éclaire humble mon chemin. 191..J'ai compris pourquoi l'autre
soir tu étais Triste,alors que le printemps est toujours là, Avec sa
voix qui monte jusqu'au ciel et Explose comme des feux d'artifice,la
nuit. 192..Il n'y a que la tristesse pour meubler les Mauvais
jours.Sur une chaise,dans le noir, Les yeux au sol,il y'a la lumière
qui Balaie la froideur que peut porter chaque chose. 193..Le
poème,c'est ce pinceau,c'est ces couleurs Qui engendrent la toile,une
place publique, Un paysage de campagne,un ciel sans nuages Ou' le
soleil est passé. 194..Le soir la gaieté précède le conte,autour d'un
Feu qui fait briller les yeux et donne aux Joues leur couleur,le conte
est infini,on le Retrouve même dans tous les rêves. 195..De temps à
autre tu regardes les pas réguliers De chaque jour,tracés au passage.
196..Je te revois les pas surs,sur les chemins couleur De la
terre,d’où' montent quelques poussières au Passage des troupeaux.
197..Je t'ai priée de voir la ville,les bans Et les passants,de voir
les pas et ces bateaux Gais qui arrivent.Je t'ai priée de te regarder,
De te reconnaître,tu t'es enfouies dehors,car Tu ne peux attendre que
mes bras se détendent,tu Ne peux attendre ce pain que chacun pourra
T'offrir. 198..Pourtant au début à l'aube peut-être,tu Savais rire,des
éclats d'un rire joyeux,dans La cour ou' une rangée d'arbres renait à
L'hiver. 199..Le matin quand tu te lèves,tu veux voir La beauté que
porte l'aube. 200..Quelques unes de tes paroles,restées chaudes,douces
Dans ma mémoire sont un hymne à l'amour Qui m'accompagne,pour te
revoir,les yeux Ouverts,tard le soir. Fin Titre: Crépuscule d'été.
Genre:poésie
16.Paysages d'hiver
Paysages d'hiver. 01..On avait la même couleur,on avait Les mêmes
habits,on avait le même Regard,celui qu'on avait sur lui. 02..Cette
saison il a beaucoup plu,des Nuages noirs ont parcouru le ciel toute
La journée. 03..De grosses gouttes sont tombées,drues sur Les rameaux
en fleur,sur mon visage, A l'abri loin du troupeau. 04..Cette nuit,la
cité pleure ses enfants Tombés dans les rues d'à côté. 05..On m'a pris
dans la rue,on a cherché Dans mes poches,on a cherché dans toutes Mes
poches,on n'a trouvé aucun papier. 06..On m'a fait monter,crosse au
dos, M'assoire serré près de campagnons. 07..Un peu de cendre recouvre
les feuilles,je ne Sais pas d’où' vient cette cendre,je sais qu'elle
Recouvre les pores des feuilles,qu'elle recouvre les Feuilles,qu'elle
embellit les feuilles,qu'elle donne Aux feuilles un air de printemps.
08..Je ne sais pas s'il me restera un peu D'enthousiasme pour vivre au
soleil de la Liberté. 09..Ils sont beaux les arbres ou' une grappe
d'enfants S'abrite à l'ombre du soleil d'été. 10..Demain nous irons
sur les chemins,cueillir ces Fleurs que tu aimes. 11..Ces fleurs qu'il
y'a dans nos près jusqu'au Loin,ces fleurs que tu as déjà vu une fois.
12..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,je Marche sans savoir ou'
aller,je suis comme une Barque dans la mer. 13..J'attends depuis
longtemps ton retour,je ne sais Pas quand est ce que tu
reviendras.Dans tes lettres Tu me l'avais dit,tu me l'avais longuement
Dit. 14..L'eau a tout emporté,même les petites Pousses,il n'est resté
que vase jusqu'au Loin. 15..La vase couvrait le sol,jaune et
Visqueuse. 16..Ce soir,le vent a soufflé,il venait D'un lieu que je ne
connais pas. 17..Il venait de loin,de derrière les Montagnes. 18..La
brume s'est collée aux collines Presque toute la journée,presque toute
La journée,il a fait froid. 19..Froid à mes mains,froid à mes pieds
Qui savent marcher. 20..Au loin,il pleuvait,le vent soufflait Le vent
soufflait dans les branchages,il Emportait les feuilles jusqu'au loin.
21..Les chemins étaient pleins de boue et D'eau,pleins de mes pas.
22..Il était plein des pas de chaque jour Qui vont jusqu'au loin vers
les pâturages. 23..La famine a tout emporté,il n'est Resté personne au
village,brûlé de Soleil. 24..Troupeaux et hommes sont partis vers
D'autres horizons,point de source ici, Point d'eau pour se désalterer.
25..Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu De pluie,qu'il n'y a pas eu
de nuage Dans le ciel. 26..Maintenant;lorsque je regarde au Loin,je
vois le ciel se dégager,je Vois les nuages courir et le vent souffler.
27..Je vois dans la plaine, l'eau emporter La terre et ses petites
pousses. 28..Je vois dans la plaine l'eau emporter Les arbres et leurs
feuilles. 29..Cet hiver,il a fait froid,il a neigé Sur les sommets,il
a neigé sur les Sommets au pied du ciel. 30..Il a neigé,loin devant
i,la neige Couvrait tout,même les branchages. 31..Il n'y avait pas
d'oiseau,ni de cri D'enfants,tous sont rentrés pour se Chauffer autour
d'un feu. 32..Il a toujours les yeux vers l'horizon, Vers le ciel pour
voir s'il y'a Quelques nuages. 33..Dans ma mémoire,il y'a ton sourire
Et chaque chose que tu aimais. 34..Il y'a tes promenades au
crépuscule,au Bord de l'eau,il y'a tes pas dans le Sable et le vol
d'oiseau dans le ciel. 35..Tes lettres,je les retrouvais plus froides,
A croire que tu avais oublié mes étreintes. 36..La nuit je repense à
toi,je repense à Tes mots,pourrais-je alors t'oublier. 37..Demain
dit-il,nous planterons des Vergers qui feront de l'ombre en été.
38..Il avait plu toute la matinée,le vent Etait si fort qu'il était
parfois Impossible de marcher. 39..Le sol était boueux,tu ne savais
presque Pas marcher. 40..Chaque jour,tu ramènes le troupeau, Loin aux
pâturages,il ne revient que Le soir,lent. 41..Cet hiver,il a fait
froid,parfois il Fallait ramener le bois de loin,on Sortait en courant
et on marchait. 42..Sous la pluie,on amassait des bouts Qu'on mettait
en tas. 43..L'oued en crue emportait tout,même La récolte,ses eaux
jaunes coulaient parfois, Avec bruit jusqu'à l'embouchure. 44..Ou' si
peut-être qu'on leur a donné Un nom,je l'ai jamais demandé D'ailleurs.
45..Elles poussent loin dans les champs et se Réveillent la nuit,elles
poussent une fois,une Seule fois au printemps seulement. 46..Cette
fleur ,je l'ai vu blanche jusqu'au loin,blanche dans mes rêves,je ne
sais Pas si elle a un nom,je ne connais que son toucher. 47..Je l'ai
vu sous les arbres,un tapis aux Arbres,je l'ai vu sous leur
ombre,cette Fleur est dans les près,elle pousse à chaque Printemps.
48..Elle pousse tôt,aux premières pluies,blanche Au soleil,blanche au
vent qui l'arque Un peu. 49..Cette fleur,je ne connais pas son nom, Je
ne sais pas si elle en a un, Je sais qu'elle pousse dans les Champs.
50..Un jour ou' il pleuvait à torrents,un Jour ou' le ciel était
couvert. Tu étais partie sans rien dans les mains. 51..A croire que tu
avais oublié,elles sont Pleines de mots pour toi,des mots que je
Choisis,chaque jour pour toi. 52..As-tu oublié nos nuits à la belle
étoile, As-tu oublié nos nuits sous la pluie. 53..Des fois le vent
soufflait et tu ne le savais Pas,des fois il pleuvait,il pleuvait
Beaucoup et tu ne lke savais pas. 54..Tu marchais les yeux devant,loin
devant, Il n'y avait en toi qu'un souvenir,un Vague souvenir que tu as
hésité de me Dire. 55..Je t'ai priée de te regarder,mais tu ne l'as
Jamais fait,je t'ai priée de penser à Mes mots,mais tu ne l'as jamais
fait. 56..As-tu oublié mes étreintes,la nuit à la Belle étoile,as-tu
oublié mes étreintes sous La pluie. 57..Le soir,je viendrai te prendre
chez toi,et Te parler du pays. 58..Au loin,les nuages montent poussés
par le Vent,des nuages bas et gros,des nuages que Le vent souffle
jusqu'au loin. 59..Pendant des journées,le soleil n'est pas apparu,
Partout,il y'avait des flaques d'eau,partout Il y'avait le froid.
60..Parfois on ne pouvait même pas marcher,on Restait chez soi
cloîtrés devant un feu. 61..Le vent poussait les vagues vers le
rivage,elles Faisaient quelques mètres et venaient finir Sur le
rivage. 62..A chaque fois,elles emportaient un peu de Sable,j'ai vu
cela depuis des années,je Me mets debout sur le rocher et j'admire Le
paysage. 63..Le vent souffle sur les pas imprimés,parfois, C'est l'eau
qui les emporte,parfois le vent Les efface et laisse quelques dunes.
64..Cet hiver,il a fait froid,il a fait Partout froid,parfois on ne
savait pas Marcher,on restait cloîtrés,chez nous Devant un feu. 65..Le
feu ravivait nos doigts et donnait Du sang à nos visages,de la fumée
Monte de la cheminée toute la journée. 66..Sur les montagnes,il
y'avait même de la neige,cet hiver il a neigé même sur les chemins.
67..Elle est là depuis les premiers nuages,inhabituelle, Elle est
comme un manteau aux montagnes, Brillante au soleil lorsqu'il
apparaît. 68..L'oued regorge d'eau,ses eaux jaunes occupent Même la
plaine,elle recouvre les chemins et Empêche de marcher. 69..Des fleurs
blanches sont dans toute la plaine, Ce printemps.Des fleurs blanches
que je Connais,des fleurs blanches que j'ai vu,je Ne sais pas
ou',peut-être dans l'oranger. 70..Ailleurs,je la dessinais sur tes
feuilles,je La dessinais toutes les nuits. 71..Depuis longtemps
déjà,la neige recouvre les Sommets,elle s'étale jusqu'au bas des
Montagnes. 72..Elle s'étale blanche,brillante au soleil Lorsqu'il
apparaît. 73..Le feu,on l'allumait très tôt,le bois on Le ramenait de
dehors,on sortait sous la Pluie,puis on s'engouffrait dans la forêt,
On ne revenait qu'après,les bras chargés d'un Tas. 74..On restait
comme ça,pendant des mois, Jusqu'aux premiers rayons de soleil.
75..Lorsque le soleil apparaît,nous sortons en Grappe vers la plaine.
76..On remplit ses oreilles et ses chemins,on Remplit ses prés et ses
arbres. 77..Les chemins connaissent tes pas,ils les voit Chaque jour
aller loin.Chaque jour,tu Pars tôt,tu ne reviens que le soir un peu
Fatigué. 78..Il a plu toute la journée,des mares d'eau Se sont formées
sur le sol,elles ont couvert Tout le chemin. 79..A côté,il y'a des
fleurs bleues,des Fleurs jaunes qui s'étalent au bas des Arbres,qui
s'étalent à leur pied comme Un manteau à leurs racines,qui Recouvrent
leurs racines. 80..La plaine cet hiver est recouverte d'eau, Une eau
jaune même sur les chemins qui Empêche de marcher. 81..Je ne sais pas
si tu as reçu mes lettres,elles Sont longues,je les ai écrites la
nuit,elles Sont notre souvenir commun. 82..Je ne sais pas si tu te
rappelles,les nuits Dehors dans le froid,à la belle étoile. 83..Je ne
sais pas si tu te rappelles,notre Coin personne ne le savait,c'était
notre secret. 84..Personne ne savait ou' on allait,je T'appelais et on
sortait,je t'enlaçais et On partait,on restait des heures dans le
Froid. 85..On restait des heures ,à la belle étoile, Parfois jusque
tard,ensuite on revenait Se coucher. 86..Je ne sais pas combien de
mots il y'a eu, Mille mots peut-être,je ne sais pas combien De regards
il y'a eu. 87..Je ne sais pas combien de souvenirs,il y'a, Mis là,à
l'écart,de longues lettres que je T'ai écrite la nuit presque à
l'obscurité. 88..Je ne sais pas si tu les as lues,tu ne le Savais
peut-être pas,tu étais partie Sans le dire,tu étais partie au loin.
89..Un jour,on me l'a dit alors qu'il Faisait froid,tu étais partie,tu
n'avais Rien dans les mains. 90..Je t'ai vu monter,je ne savais pas
ou' Tu allais,tu avais les yeux devant vers Le ciel. 91..Ce
printemps,il y'aura des fleurs que tu Aimes dans les près,il y'aura
des fleurs Pour toi dans les près. 92..Ce printemps son ciel sera
bleu,ce Printemps tu pourras marcher sur les Chemins jusqu'au loin.
93..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,tu Etais partie sans le
dire,tu étais partie Un jour de pluie. 94..Je te regardais de loin,je
te regardais Marcher,le ciel était couvert de nuages Et un vent fort
soufflait. 95..La haine Comme une tumeur Ne cesse de me pénétrer, De
s'enraciner, De m'enlaidir, D'envahir de ses tentacules dévastatrices
Mes alvéoles, Mes larmes, Mon voisin, Mon frère. 96..l ne reste que
toi,mon dieu Et l'éxode, L'éxode avec dans le coeur Des battements
alimentés par ma souffrance Qui refusent de s'eteindre, Un espoir
caché, Qu'ailleurs,loin de la dechra Loin de moi Existent quand même
Un toit et du pain. 97..Je cherche dans ma mémoire L'image, Le geste
Ou le mot Qui a troublé Aveuglé Et tordu même ma conscience Jusqu'à la
casser peut-être, Je ne découvre qu'un arrière goût amer Qui m'étreint
la poitrine Qui me serre la gorge Déposé à longueur d'années Comme des
grains de poussière Dans un grenier oublié. 98..Un éclair transperça
la nuit Faite de mille nuits Entassées, Pressées Comme pour ne laisser
aucun rayon s'infiltrer Il illumina les arbres nus Ruisselants Dressés
comme des fantômes Sans vie. 99..Tu regardais devant et tu marchais,tu
Montais une grande colline,autour le Paysage était tranquille,plein
d'arbres Devant et le chemin. 100..Ce chemin chaque jour je le
traverse ce Chemin,je l'apprendrai à le connaître,ce Chemin connaît
mes pas,il connaît toute Mon enfance. 101..Il n'y avait pas ou' mettre
les pieds Jusqu'au loin. 102..Dans les près,j'ai vu la pluie
tomber,j'ai Vu ses eaux tout emporter,il n'est resté que Vase jaune
sur le sol. 103..Le chemin est couvert des pas qui mènent Aux
pâturages,chaque jour,je l'emprunte Tôt le matin. 104..Chaque jour,je
le prends comme beaucoup D'autres,le visage au vent,le froid Dans les
mains. 105..En hiver,le feu reste allumé toute la Journée.De loin,on
voit la fumée Monter des toits. 106..La neige s'est étalée sur les
montagnes,toute La saison,beaucoup d'arbres ont été Emportés,la
tempête a duré des journées. 107..J'ai vu l'eau miroiter au soleil,
J'ai vu les flaques sur le sol. 108..Je t'ai vu longtemps marcher.As_
Tu oublié nos nuits à la belle Etoile et nos rêves d'enfance.
109..As-tu oublié ces nuits,ou' je te Parlais du pays qu'il y'aura.
110..Ce pays son nom m'obsède,chaque Nuit,je me retrouve à le
prononcer, A voix haute,comme s'il était en Face de moi. 111..La
nuit,il a fait beaucoup froid, La nuit,je t'avais dans mes bras.
112..La nuit,il avait plu,de grosses Gouttes que j'ai vu perler sur
ton Visage. 113..De grosses gouttes tombaient sur la terre, De grosses
gouttes pour arroser les champs Que l'on connaît. 114..La campagne est
belle ce printemps,ses Près sont tous fleuris,ses forêts sont Pleines
de pousses. 115..Sur la montagne,il y'a la neige qui S'étale blanche
au soleil,qui s'étale Depuis quelques jours déjà blanche au Soleil.
116..La nuit le vent a soufflé,il était Glacial,glacial à mon visage.
117..Ce pays,je ne sais pas quel nom il Portera,ce pays,je ne sais pas
quel Nom tu lui donneras. 118..Tu lui donneras peut-être ton nom, En
guise de souvenir,tu lui donneras Peut-être ton nom pour ne pas
L'oublier. 119..Demain,je te ferai visiter les champs D'un vieux que
j'ai vu travailler. 120..Demain,nous irons sur les chemins, Cueillir
ces fleurs que tu aimes. 121..Ces fleurs qu'il y'a dans nos près
Jusqu'au loin,ces fleurs que tu as Déjà vu une fois. 122..On ne sait
pas ou',je les ai vues une Fois,elles poussent sous les sources à
L'abri des arbres. 123..Elles sont blanches et belles à regarder, Je
ne connais pas leur nom. 124..Comment elles s'appellent,je ne le sais
pas, Elles n'ont pas de nom peut-être. 125..Parfois,on ne savait pas
ou' mettre Les pieds,parfois on devait rebrousser Chemin. 126..J'avais
pensé à ce que tu m'as dis L'autre nuit,alors qu'on était Ensemble.
127..Le ciel était bas,le vent soufflait Devant lui les nuages qui
disparaissent Derrière l'horizon,je les ai longuement Regardé de la
fenêtre.Je les ai regardé Puis je suis rentré. 128..De ma fenêtre,j'ai
vu le vent tordre Les arbres,je l'ai vu emporter les feuilles Jusqu'au
loin. 129..Le ciel était gris,il faisait presque Sombre et le vent
soufflait. 130..Je voyais les passants,je voyais l'eau couvrir La
rue,presque personne ne circulait,le Vent soufflait froid. 131..Dans
cette solitude,j'ai pensé à toi,je Savais que tu étais loin,tu étais
même Très loin. 132..Je ne savais pas,si je te trouverai,j'avais Pensé
à ce que tu m'as dis,l'autre fois. 133..Je t'ai appris à marcher,je
t'ai appris A parler et qu'est ce que tu me réponds, Maintenant.
134..Je t'ai même appris à me serrer les mains, A te voir marcher la
nuit. 135..Je t'ai vu marcher dehors,dans la Tempête,les yeux
devant,je t'avais Appelé et tu ne le savais pas. 136..Je ne sais pas
si tu m'avais entendu,tu Marchais les yeux devant dans la tempête.
137..Je ne sais pas si tu le sais,j'ai cueilli Des fleurs pour
toi.Chaque jour,je te Les offre et qu'est ce que tu me réponds.
138..Chaque jour ,je les choisis minutieusement Pour toi.Je choisis
les meilleures et je les Met à côté,les meilleures pour toi. 139..Ces
fleurs,je les ai cueillies ce matin dans Les champs pour toi.
140..Elles sont blanches,bleues,jaunes,elles Ressemblent aux couleurs
que tu aimes. 141..Elles ressemblent aux couleurs qu'il y'a Sur ton
visage.Ces fleurs,je te les mets A la main,elles viennent de champs
Que tu ne connais pas. 142..Ils sont loin,derrière ces montagnes,des
Champs pleins de fleurs au printemps. 143..Dans le camp,le vent a
soufflé toute la Nuit,il ramène papiers et poussières et les Pousse
jusqu'au loin. 144..Dans le camp, la nuit c'est le silence,personne Ne
circule,il n'y a que quelques voix qu'on Entend dans la pénombre.
145..Le sol était boueux,car il a plu toute La nuit,il y'avait des pas
dessinés que L'eau a recouvert. 146..Toute la nuit,tu as pensé au pays
qu'il Y'aura,à la lumière de la flamme. 147..Dehors,il faisait
froid,froid plus que D'habitude,le vent a même soufflé. 148..Je ne
sais pas s'ils sont pour moi,tes Rêves,je les connais,je les vois dans
tes yeux. 149..Je les vois me ressembler,sur le rivage viennent Finir
chaque jour les vagues. 150..Des vagues hautes,parfois plus que moi
qui Viennent ronger un peu plus le rivage. 151..Tes rêves,je ne les
connais pas,tu ne me les A jamais dit,je ne sais pas pourquoi Tu les
caches,je sais que tu as honte de Me le dire. 152..Elles emportent
beaucoup de sable et effacent Tes pas que tu laisses en passant au
crépuscule. 153..Au crépuscule,je me mets sur le rocher et J'observe
les vagues.J'observe le coucher du Soleil,j'observe le ciel bleu.
154..Au coucher du soleil,j'imprime mes pas Sur le sable,je les
imprime aux côtés de Tes pas. 155..Le sable est doux sous nos pas,je
te prenais Par la taille et on marchait.C'était Au crépuscule,alors
qu'il n'y avait Presque personne. 156..Il y'avait quelques personnes
devant,que L'on regardait de loin,elles étaient assises Ou à jouer.
157..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,je Suis comme une nuit
froide sans Etoile. 158..Je suis comme un enfant qui sait à peine
Marcher,qui sait à peine tâtonner,qui Ne sait pas encore parler.Je
suis comme Quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il fait. 159..Je ne sais
plus le temps qu'il fait,les Années ont passé,depuis que tu étais
Partie,ce temps je l'ai passé tout seul. 160..Tout seul à rêver.La
nuit je rêvais,le Jour je rêvais,il n'y avait que toi dans Ma mémoire.
161..Il n'y avait que tes mots dans ma mémoire, Pendant tout ce temps
j'essayais de me Rappeler des images de toi,des mots de toi.
162..J'essayais de me rappeler ta présence,ta Présence à mes côtés.
163..J'essayais de revoir ton sourire,tes paroles, J'essayais de
revoir tes rêves. 164..Tes rêves sont encore dans ma mémoire, Chaque
nuit,je les revois,les yeux ouverts Dans la pénombre. 165..Sur le
sable,il y'a tes pas que l'eau N'a pas encore effacé,il y'avait les
Endroits ou' au crépuscule l'on s'asseyait. 166..Il y'avait les
endroits ou' l'on s'asseyait, Pour voir le soleil se coucher. 167..Au
loin,on voyait des gens marcher, Marcher l'un à côté de l'autre,on
Voyait des gens assis,à regarder les vagues Venir. 168..On voyait les
vagues venir vers le rivage, L'une après l'autre,blanches. 169..On
voyait les vagues venir vers le rivage, L'une après l'autre,blanches
et emporter Un peu de sable. 170..Au loin,on voyait les vagues venir
et Tout emporter.Leur écume blanche Arrivait jusqu'à mes pieds.
171..Ces fleurs que je t'offre poussent dans les Vergers,elles
poussent dans les champs que Tu connais. 172..Elles poussent entre les
arbres et les ruisseaux, Ces fleurs,je les cueille chaque année et Je
les mets de côté pour toi. 173..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,
Je suis comme quelqu'un perdu dans La tempête. 174..Comme quelqu'un
qui cherche son chemin, Je ne sais plus s'il neige ou s'il pleut.
175..Je regarde le ciel les yeux vides,parfois je Regarde loin,comme
celui qui ne voit pas. 176..Depuis le temps que j'attends tes lettres
Et elles ne viennent pas,je ne sais plus Pourquoi. 177..La pluie n'a
rien laissé,elle a tout Dévasté.L'oued en crue n'a laissé Que vase
dans les champs.De la vase Jaune qui recouvre les buissons. 178..Le
vent a soufflé toute la nuit,je ne Sais pas d’où' il vient. 179..Il
vient peut-être de ce pays que j'ai Quitté je ne sais pas,cela fait
une Saison qu'il souffle. 180..Parfois,il souffle toute la
nuit,parfois Il souffle froid jusqu'au matin. 181..Lorsqu'il
souffle,il emporte papiers et Poussières jusqu'au loin. 182..Il tord
les arbres et emporte leurs Feuilles.Le vent soufflait froid,il
Soufflait jusqu'au loin. 183..Tous sont à l'intérieur,autour d'un Feu
pour parler du pays qu'il y'aura. 184..J'ai rêvé de ce pays
longtemps,je lui ai Même donné un nom,ce nom je ne sais Pas ou' je
l'ai entendu. 185..J'attends depuis longtemps ton retour, Je ne sais
pas quand est ce que tu Reviendras. 186..Dans tes lettres tu me
l'avais dit,tu Me l'avais longuement dit. 187..Ce nom,je ne sais pas
ou' je l'ai vu, Ecrit peut-être sur un mur,loin Dans le pays.
188..Ecrit par une main d'enfant,écrit D'une craie blanche,écrit sur
un Mur que le temps a vieilli. 189..Le temps qu'il fait,je ne le sais
pas, Je marche sans savoir ou' aller. 190..Une voix comme un tonnerre
Une flamme comme un éclair Illuminent le ciel D'un rayon de soleil
Semblable aux étincelles Jaillies des profondeurs D'un volcan déchaîné
C'était ce jour, Ou',sur tous les visages Se lisait le refus Comme une
sorte de message Ce jour là,c'était l'aube. 191..La place du village
Est peuplée de visages Rongés jusqu'à la dernière fibre Brillants d'un
embryon d'espoir Les yeux s'accrochent A ces maisons solitaires Que
les paras réduiront en cendre Après sept heures Du loin, De derrière
la montagne Jaillissent Semblables aux you-you de décembre Des
détonations Qui A travers leur écho Nous transmettent Des mots imbibés
d'amour Et un chant de liberté. 192..…Mettre les casques coloniaux
Dans une cage de zoo Que tu visiteras Toutes les fois Qu'un épais
brouillard Agresse ta foi Et tes prières du soir… 193..La guerre est
finie! Entends-tu mon enfant La guerre est finie! Finis les bains
glacés Et les chocs électriques Dans les caves qui puent l'agonie
Finis les camps Fini le couvre-feu Fini le laisser-passer Finie
l'injure, Fini le crachat Lancé à bout portant Comme un jet de foudre
A la face de la liberté. 194..Du lointain horizon jaillit un nuage Une
teinte grise enveloppa le ciel Et une bande infinie de criquets
s'abattit sur la terre Tout fut précipité dans un tourbillon ravageur
Dans une tempête de canons en folie. Dans un enchevêtrement
inextricable de sabres aveuglés Dans un monde en effervescence plein
d'agonie Dans un oued de sang et de cadavres caillés Vidés de toute
humanité. Fin. Genre:poésie Titre: paysages d'hiver Auteur:boulegriet
m. Email: [email protected]
رسائل الى فتاة..17
رسائل الى فتاة _-لا ادرى هل النسيان ام الحنان انثظرتك سنين طويلة و ما
الجواب اليوم يوم لفاء كانت قي ايدي زهور اتت من الحقول زهور هدا
الربيغ اتت من الحفول راتك ماشية بعيدا بعبدا كالوطن البارحة كان يوم
لقاء لقاء بعد الفراق _دهبت من الوطن و انت صغيرة غدرت جباله غدرت حقوله
غدرت ربيعه دهبت من الوطن مند سنين لم ترى كيف عاش الوطن بعيدا رايته
في احلامي بعيدا لا ادري متى رايته لا ادري كيف لون اشجاره كل رسائلك
قراتها هل تعرفبن هدا لا ادري _نسيت اسمه نسيت وروده نسيت حقوله
المستعمر اخد الارض و الوطن ما بقا لي الا الدهاب الدهاب بعيدا وحدي
كنت بعيدة سنبن طويلة كل رسائلك وصلتني الحرب دامت اعوام كاملة ومازلت
احبك الحرب انتهت ومازلت احبك _الحرب دامت سنين طول حيتنا طول ليالينا
_لا ادري ادا قراتي هته الرسائل لا ادري ادا وصلتكي هته الرسائل.
المستعمر اخد الارض والوطن واصبحت لم اراكي بعيدة اشجارك حقولك طروقك
تعرف المستعمر رسائل طويلة كتبتها قي الليل قبل ان انام احلامك لياليك
يديك تعرف المستعمر الحرب في ارضنا الحرب في وطننا الحرب فراق لنا كيف
انام وانت بعيدة كيف انام وانت وراء تلك الجبال _هته الابيات ابيات حب لك
لتقرئها قبل ان تنام _رسائلك الطويلة اقراها مند زمن طويل اقراها كل ليلة
بعيدة كالوطن وراء تلك الجبال سالتك مرة واحدة لم تجيبني سالتك مرة
ثانية لم تجيبني ففهمت جوابك _هدا الفصل الربيع كجمالك لون الزهور يشبه
شفتيك و السماء الزرقاء والحقول فراش لاحلامنا _لا ادري ادا اراك يوم من
الا يا م لا ادري ادا يوم من الا يام تكوني هنا _الربف يحبني اشجاره
ووروده ولمعان مياهه _عمر يحبك وانا كدالك يسال دائما عليك وانا كدالك و
في الليل يحلم بك وانا كدالك. _سالتك مرة واحدة لم تجبني سالتك مرة ثانية
لم تجبني ففهمت جوابك _هدا الفصل الربيع كجمالك لون الزهور يشبه شفتيك و
السماء الزرقاء و الحقول فراش لاحلامنا _لا ادري ادا اراك يوم من الا يا
م لا ادري ادا يوم من الا يام تكوني هنا. _سالتك مرة واحدة لم تجبني
سالتك مرة ثانية لم تجبني ففهمت جوابك _اسمك حب وشفتيك حب وكلامك ايضا
_رسائلك الطويلة لن تصلني مند وقت طويل لا اعرف لمادا هل النسيان ام
الحنان في الربيع اراك في الحقول بعيدة مع الورود. سالتك مرتين لم
تجبني كلمتك مرتين لم تجبني نضرت عينيك مرتين لم تراني. _يوم الاثنين كان
عيد العشرين من عمرك ظننت انك اكثر من هدا وبكثير _في داكرتي شيئان حرارة
شفتيك وجمال جسمك _احب هدا الوطن لانه وطنك افخر به لانه وطنك اضحي من
اجله لانه وطنك _الهجرة طويلة والليالي طويلة انتضرك مند شهور كل ليلة
تلك الليالي وجسمك كاملا بين يدي اتتدكرين اتتدكرين تلك الليلة التي لم
تنام فيها حتى الصباح _سالتني مرة واحدة اجبتكي تكلمتي معي مرة واحدة
كلمتك تضرتي عيني مرة واحدة رايتك _وعلى صفحة بيضاء الوان احلامه ودموع
لون احلامه ودموع الوان كاحلامه _انت التي احببتها انت التي احببت جسمها
حتى الصباح انت التي اعطت لي جسمها كله _رسائلك لم تصلني انتضرت فصلا
كاملا ورسالة واحدة لم تصلني _هدا الربيع الزهور تشبه شفتيك العصافير
تشبه شفتيك والاشجار تشبه شفتيك _كانكي نائمة لمست جسمك وقت طويل و لم
تستيقضي يوم الخميس يوم عطلة يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق. غدر
الريف هو و اولاده ناسيا جاره واحبائه. _تاريخ بلادي رسوم ايديك واحلامك
على كرارسي تاريخ بلادي دموع وبطولات وحروب. واحلامه صوت في انشودة
الكبار صوت لانشودة الكبار انشودة للكبار كضحكة على وجهه اكثر جمال كل
صباح. _رايتك جالسة تحت شجرة رايتك تنتضري رايت احلامك رايتك خائبة
تاريخ بلادي مكتوب بحبر على اوراق بيضاء في كرارسي غدر فلاح هو و
امراته الريف من المستعمر الى المدينة _هدا الكتاب كتابك فيه مرسوم ايديك
واحلامك رايتك صامتة يديك على خديك كانك لم تنامي طول الليل. نوفمبر
هدية لك نوفمبر حريتك نوفمبر ليلة شتاء ليلة رياح لون احلامك. _تاريخ
بلادي مكتوب بحبر اسود على وجهي تاريخ بلادي جمالي تاريخ بلادي مكتوب في
كرارسي. _هدا الكتاب مرسوم فيه جسمك مرسوم فيه احلامك مرسوم فيه لياليك.
_و على صفحة شمس ومدرسة رسمت و على صفحة نور كنور في النوافد استقبل مند
الصباح. هدا الكتاب كتابك فيه مرسوم ايديك واحلامك. رايتك صامتة يديك
على خديك كانك لم تنامي طول الليل. _نوفمبر هدية لك نوفمبر حريتك نوفمبر
ليلة شتاء ليلة رياح لون احلامك. _شفتيك في احلامي كل ليلة جسمك في
احلامي كل ليلة وعندما اكلمك لم تجبني. _هدا الربيع الورود تشبه بسمتك
غناء العصافير يشبه بسمتك الاشجار تشبه بسمتك. _المستعمر اخد الارض مدة
قرن وانا لم اراك مدة قرن ولم اكلمك مدة قرن. _غادر فلاح هو واولاده
الريف غادر جاره غادر بلاده من المستعمر الى المدينة. _يوم الخميس يوم
لقائنا يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق الدي دام سنين طويلة. _المستعمر
اخد الارض واخد الحب كنت احب اجلس بجانبك في الحقول كنت احب حرارة شفتيك.
_ تاريخ بلادي بعيد في احلامي تاريخ بلادي دموع و بطولات تاريخ بلادي
دموع. رايتك جالسة رايتك تنتضري رايت في اعينك لياليكي بجانبي. رسائل
كتبتها الى فتاة رسائل طويلة كتبتها لها قبل ان انام. _البارحة بوم
الخميس البارحة يوم لقائنا انتضرتك وقت طويل انتضرتك ثم دهبت. _الارض
اصبحت في احلامي الارض اصبحت بعيدة كالوطن. _اكتب اسمك على حائط واكتب
شفتيك و اكتب كدالك الليالي مع جمال جسمك. _المستعمر اخد الارض والوطن ما
بقي لنا الا الفراق ولسنوات. _هدا الربيع الورود تشبهك العصافير تشبهك
لون السماء يشبهك _يوم نوفمبر كان شتاء و رياح على ارضنا كان يوم
ازديادك. المستعمر اخد الارض والوطن مابقي لي الا الهجرة وبعيدا سالتك
مرة واحدة لم تجبني سالتكي مرة ثانية لم تجبني تلك الليلة لم انام.
كتبتها لها في الليل رسائل طويلة رسائل لها لتقرئها. تلك الليلة لم
انام بقيت في الظلام عيني الى السماء. _هدا الربيع الجمال في الورود
الجمال في غناء العصافير و في الاشجار. _رايت الحرب في عينيك الزرقاء
كالبحر و امواجه في يديك التي تعرفني في جسمك الدي احلم به حتى الان.
_اليوم يوم لقائنا اليوم يوم لقائنا بعد الفراق انتضرت مدة طويلة انتضرت
ساعات مند الصباح. _الحرب دامت اعوام والحلم كدالك كانك بجانبي وكل ليلة.
رايتك تحت شجرة جالسة رايتك تحت شجرة تنتضري. لا ماء ولا خبز كنت في
السجن جالسا في الظلام مع اصدقاء لي افكر فيك. _كتبت اسمك على حائط كتبت
احلامك على حائط لكي لا انساها. _كنت ماشيا كنت انتضرها كنت مند الصباح
انتضرها. رايت الحب في عينيك رايته في يديك رايت الحب في جسمك. رسمت
جسمك على لوحة بالوان احبها رسمت شفتيك بالوان احبها رسمت ليالينا بالوان
احبها. رايته على شفتي امي رايتهفي كلامها عندما كنت صغير. يوم الخميس
يوم عطلة يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق. _رايتك نائمة بجانبي رايت
احلامك رايت جسمك في الظلام. _رايته عائش وراء تلك الجبال كيف اسمه لا
ادري. ليس لنا وطن وليس لنا ارض جاء المستعمر واخدهما. الوطن بعيد
والحب بعيد. اليوم يوم لقاء انتضرتك حتى المساء انتضرتك ثم دهبت. سهرت
معنا النجوم ليلة كاملة عندما اخرجنا المستعمر من بيوتنا _طول الحرب جلست
بجانبك والان تتركني. _و المسافة كضحكة على وجهه اكثر جمال على وجهه كل
صباح. لسانك حلم شفتيك حلم وجسمك حلم الريف يعرفك اشجاره وعصافيره
ووروده _وعلى صفحة بيضاء رسمت يد طفل سنبلة كصباح في عينيه طلع من وراء
الجبال القريبة. _تاريخ بلادي على شفتيك تاريخ بلادي في جسمك تاريخ بلادي
في اعينك احببت امراة احببتها ليالا كثيرة حتى الفجر تاريخ بلادي حرب
دامت سنين طويلة _الوطن بعيد رايته في احلامي بعيدا وراء تلك الجبال
رايته عائش بعيدا رايت منازله رايت طرقه بعيدا _قصيدة كبيرة كتبتها لك
قصيدة حب طويلة كتبتها في ليلة كاملة وانت نائمة الوطن بعيد انه في
احلامك انه بعيدا انه في ايديك كطفل ازداد اليوم _الوطن بعيد هل هو وراء
هته الجبال هل هو موجود لا ادري _كتبتها على ورقة بيضاء كتبتها طويلة
الجوع و المرض طول شبابنا الجوع والمرض طول حياتنا رايت الجوع والمرض
في عينيك كالمستعمر رايت الجوع و المرض على شفتيك كالمستعمر _كتبتها بحبر
اسود كتبتها على طاولة _الوطن بعيد ربما هو هنا لا ادري رايته في احلامي
كبير رايته بعيدا وراء تلك الجبال رايته بعيدا عائش _الوطن بعيد رايته
وراء تلك الجبال يشبه ورود بساتين قرائنا يشبه السماء وغناء العصافير
مند شهور احلم لاكتب لك رسالة الوطن بعيد تركناه ولن نرجع اليه تركناه
مند سنين تركناه بعيد رايته في احلامي وراء تلك الجبال عائش رايته كبير
رسائل طويلة رسائل بسيطة سهلة الفهم كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة
بالسحوب وكان البرد قارس _الوطن بعيد بعيد كالربيع وحقوله وعصافيره
_الوطن بعيد بعيد كالربيع و حقوله و عصافيره بعيد وراء تلك الجبال بعيد
لا تعرفينه كنت صغيرة لا تعرفي منازله لا واحد في الطريق لا واحد امام
المنازل كان المطر ماشيا معنا _سالتك عن الوطن لم تجبني لا تعرفين الوطن
وراء تلك الجبال بعيد سالتك عن اسمه لم تجبني لا تعرفين اسمه في احلامي
كان المطر فوق رؤوسنا كان امامنا بعيدا امامنا هطل المطر كل النهار
والسماء كانت مغطاة بالسحوب كل النهار _رايتك ماشية بعيدا رايتك كما في
احلامي ماشية بعيدا _هدا الفصل الربيع الوان على وجهك الوان على شفتيك
عرفتهم ليلة واحدة عرفتهم لحظة واحدة بقوا في داكرتي _بقوا في داكرتي
سنين طويلة بقوا في داكرتي _عرفتهم ليلة واحدة وبقوا في داكرتي سنين
طويلة _جسمك كدالك جسمك كدالك بقىا في داكرتي عرفته ليلة واحدة وبقىا
سنين في داكرتي _هدا الفصل الربيع وضع الوان على وجهك الوان كثيرة على
وجهك وضع الوان على شفتيك الوان كثيرة رايت حقوله مملوءة بالورود رايت
حقوله مملوءة بالعصافير _الوطن بعيد سنين لم اراه سنين لم اراء وجهه
رايته كلام بين شفتيك رايته بعيدا لا ادري ادا اراه يوم من الايام لا
ادري ان انام في حقوله لا ادري ادا اعرف غناء عصافيره _اسمه لا ادري كيف
اسمه دهبت و انا صغير سمعته في كلامي امي ولكن لا ادري كنت صغير رايته
بين شفتيها وراء تلك الجبال عائش رايته في كلامها رايت اسمه _اسمه ورود
اسمه دائما في احلامي اسمه الوان على شفتيك _الوانه اعرفها عصافيره
اعرفها حقوله اعرفها _اسمه لا ادري دهبت وانا صغيرا رايته فقط على شفتي
امي رايته في دموعها _الوانه اراها دائما في الحقول اعرفها جيدا اعرفها
كما اعرفك رايتك ماشية داهبة لا اعرف الى اين تسائلت مدة طويلة لا واحد
معك لا واحد بجانبك ماشية وحدك _لا ادري ادا رايتني كنت انتضرك كنت مند
الصباح انتضرك وهل تعلمين لا ادري رايتك ماشية وحدك تسائلت كتبت لك
رسائل كثيرة لم ابعث أي واحدة منها _الوطن بعيد رايته في احلامي عائش
وراء تلك الجبال رايته يكبر وينضج وراء تلك الجبال رايته حلم سماء وراء
تلك الجبال رايته ربيع رايته عصافير وراء تلك الجبال رايته ورود رايته
الوان على شفتيك _اسمه في كلامي اسمه في دكرتي ولكن لا ادري ادا تعرفه
_رايتك ماشية رايتك بعيدا اردت ان اكلمك اردت ان اسئلك و لكن كنت بعيدة
لا ادري متى لقيتك المرة الاخيرة لا ادري اين لقيتك المرة الاخيرة
رايتك ماشية غزالة جارية رايتك بين الزهور في الحقول _رايتك تحت
الاشجار تحت العصافير الوطن بعيد اسمه في داكرتي بعيد في داكرتي لا
ادري اسمه يشبه كلامك اراه كل يوم في كلامك مختفي في احلامك رايته ليلة
واحدة على شفتيك رايته عسل على شفتيك الوطن وراء تلك الجبال لا ادري
كيف اسمه لا اعرف وجهه عندما دهبت كنت صغير البرد كان قارس لا واحد في
الطريق لا واحد امام المنازل _المطر كان ماشبا معنا السماء فوق رؤوسنا
كانت مغطاة بالسحوب كنت انتضر انتضر رسائلك الطويلة انتضر كلامك انتضر
حروفك كنت دائما انتضر انتضر سنين سنين طويلة لا واحد بجانبي البارحة
كان يوم الخميس البارحة كان يوم لقائنا بعد سنين من الفراق _سنين فراق
بعيدا من الوطن وراء تلك الجبال _احلم دائما بجسمك اراه بين يديا كل ليلة
بين يديا اراه فراش ليديا اراه كل ليلة فراش ليديا كان المطر يهطل كنت
ماشيا وحدي لا احد بجانبي _السماء كانت مغطاة بالسحب البرد كان قارس كنت
ماشيا لا احد بجانبي _الفراق دام سنين لا ادري كم سنين طويلة لا ادري كم
ثلاثة ام اربعة لا ادري سنين فراق بعيدا من الوطن وراء تلك الجبال احلم
دائما بجسمك اراه بين يديا كل ليلة بين يديا _اراه فراش ليديا اراه كل
الليالي فراش ليديا _انتضرت وحدي لا واحد بجانبي انتضرت سنين طويلة
الريف كان بلا حضورك فارغ طروقه و حقوله اتعرفين هدا لا ادري كنت بعيدة
بعيدة عن الوطن وراء تلك الجبال كنت بعيدة هل تعرفين هدا لا ادري _انتضرت
وحدي لا واحد بجانبي انتضرت تحت المطر سنين طويلة _انتضرت بعيدا عن منزلي
في الطريق بعيدا في الطريق لا واحد بجانبي _الربيع وضع الوان على وجهك
وضع كل الوانه على وجهك _وضع على شفتيك زهور الربيع وضع على شفتيك زهور
بقي جسمك في داكرتي بقي الا هو في داكرتي بقي جسمك في داكرتي بقي الا
هو في داكرتي بقي جسمك في كلامي بقي الا هو في كلامي اتتدكرين تلك
الليالي وانا بجانبك طول الليل بجانبك _جاء المستعمر واخد الارض و الوطن
ما بقي لنا الا الدهاب وبعيدا _جاء المستعمر واخد الارض اخد الارض و
الوطن اخد الزهور واخد الاشجار ما بقي لنا الا الدهاب و بعيدا اخد
الاشجار و الحقول ما بقي لنا الا الدهاب و بعيدا _بعيدا عليك بعيدا عن
الريف بعيدا عن الوطن _جسمك عرفته ليالا طويلة ليالا كاملة حتى الصباح
بقي في داكرتي بقي الا هو في داكرتي جسمك في احلامي الا هو في احلامي
الان جسمك في احلامي الا هو كل ليلة في احلامي الحرب دامت سنين ما بقي
من القرية كلنا دهبنا و بعيدا _دهبنا الى بلاد اخر ما بقي من الاسرة كلنا
دهبنا و بعيدا الربيع وضع هته السنة الوان على وجهك ..وضع غناء عصافيره
على شفتيك وضع هته السنة الوان على جسمك لمستها كاملة ليلة طويلة
..لمستها في الظلام حتى الصباح ..كانت السماء مغطاة بالسحوب كنت ماشيا
تحت المطر لا ادري ادا كان المطر يهطل كنت وحدي لا احد بجانبي _..السماء
كانت مغطاة بالسحوب مند الصباح كانت الرياح تهب في الاشجار كنت ماشيا لا
واحد بجانبي _..البحر وضع الوانه في عيونك البحر و امواجه البحر وضع
الوانه في عيونك ..رسائل طويلة كتبتها لك بحبر اسود .كتبتها لك ليالا
طويلة كتبتها لك في الظلام _.البارحة كان يوم لقاء لقائنا بعد الفراق
.البارحة كان يوم عطلة كان لقائنا بعد الفراق ..فتيات بلادي كالورود في
الحقول _..عرفتهم عندما كنت صغيرا اعرفت ابتساماتهم عندما كنت صغير
..فتيات بلادي كالورود تضهر في الحقول عند الربيع ..البلاد بعيد اراه
في احلامي كل ليلة اراه وراء تلك الجبال _..اراء قراءه وطروقه اراء حقوله
حتى البعيد ..تلك الليلة كان الظلام اخدنا المستعمر من نومنا ..كان
المطر يهطل وكانت السماء مغطاة بالسحب _..اخدنا في الليل من نومنا امراتي
تركتها وحدها لا تعرف الى اين انا داهب _..اخدنا في الليل خرجنا من
بيوتنا تحت المطر كانت ليلة مظلمة و البرد قارس _..مند الصباح كانت
الرياح تهب في الاشجار ..الريف كان فارغا بلا حضورك كان فارغا ..دهبنا
الى بلاد اخر دهبنا الى بلاد لا اعرفه لا اعرف اشخاصه _..لا اعرف طرقه لا
اعرف ما مكتوب في حيوطه _..دهبنا الى بلاد اخر اجهله لم اعرفه حتى الان
..اجهل لغته واجهل اشخاصه بلاد بعيد ..الفراق دام سنين سنين طويلة لا
ادري كم ..دهبنا الى بلاد اخر بعيد لا اعرف اسمه ..سقط المطر طول
النهار سقط على الاشجار سقط على اوراقها _..الحرية اصبحت كلام فارغ في
فمي اصبحت احلم بها اصبحت احلم بوطن _..هدا الكتاب هدية لك هدا الكتاب
فيه صور وكلام لك _..هدا الكتاب فيه مكتوبزمكدططننم بحبر اسود تاريخ
بلادي ..اليوم يوم لقاء انتضرتك مدة طويلة انتضرتك تحت المطر ..البارحة
كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة بالسحب كنت انا ماشيا _.كنت ماشيا وحدي
لا ادري اين داهبا _.كنت ماشيا لا واحد بجانبي كان الريح يهب في الاشجار
.البارحة انتضرت انتضرت حتى المساء ثم دهبت .هدا الكتاب فيه مكتوب على
اوراق بيضاء تاريخ بلادي _.البارحة كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة
بالسحب كلها مغطاة بالسحب _.البارحة كان المطر يهطل البارحة كنت ماشيا
تحت المطر السماء كانت مغطاة بالسحبا _.البارحة كان المطر يهطل كنت ماشيا
لا واحد بجانبي .كم ليلة احببت جسمك كم ليلة احببت جسمك حتى الصباح .كم
ليلة احببته في الظلام حتى الصباح _.البارحة كنت ماشيا وحدي لا واحد
بجانبي كان المطر يهطل كانت الرياح تهب في الاشجار _.كانت الرياح تهب في
الاشجار كانت تهب مند الصباح في الاشجار _.كم ليلة احببته في الظلام حتى
الصباح _.بقي الا هو في داكرتي بقي الا هو في احلامي بقي كل ليلة الا هو
في احلامي _.كانت الرياح تهب كانت تهب مند الصباح كان المطر يهطل كنت
ماشيا وحدي لا واحد بجانبي _.الحرب دامت سنين سنين طويلة سنين طويلة لم
اراك .لا ادري اين دهبت سنين طويلة لم اراك .لا ادري اين دهبت لا ادري
الى أي قرية دهبت .الحرب دامت سنين سنين عطش و مرض .سنين فراق لا احد
بجانبي مند دهابك .كل ليلة انام بجانبك كل ليلة اكتب لك رسالة .رسالة
طويلة اكتبها لك في الظلام لتقرئها عند رجوعك _.رسالة طويلة فيها كلام لك
فيها كلام حب لك .رسالة طويلة فيها كلام لك لتقرئها عند رجوعك .الحرب
دامت سنين سنين طويلة لا ادري متى دهبت لا ادري اين دهبت نسيت _.تاريخ
بلادي بطولات تاريخ بلادب بعيد لا ادري متى بدا _.احببت امراة احببت
كلامها احببت اسمها _.جاء المستعمر و اخد الريف و اخد كل الريف اخد القرى
.اصبحت احلم بالحرية اصبحت احلم بالارض جاء المستعمر و اخد ارضنا .بقيت
عينيا مفتوحتان في الظلام انتضر رجوعك _.بقيت انتضر لا ادري سنة ام سنتين
لا ادري .رسالة اكتبها لك في الظلام كلام لك في الظلام .تاريخ بلادي
مكتوب بحبر اسود في كرارسي _.الربيع هته السنة وضع الوانه الجميلة على
وجهك .وضع سمائه في اعينك ووضع وروده على شفتيك .بقي جسمك في كلامي هو
فقط في كلامي .ليلة واحدة بقت سنين طويلة في داكرتي .ليلة واحدة بقيت
مكتوبة على اوراق .الريف يعرفني طرقه و حقوله واشجاره .كنت كما بجانبي
من الصباح الى المساء في احلامي _.الحرب اصبحت كلام فارغ في فمي اصبحت
احلم بها اصبحت احلم بوطن _.هته الارض لا ادري لمن ربما هي وطننا لا ادري
_.كنت ماشيا لا واحد بجانبي كانت السماء مغطاة بالسحب كانت كاملة مغطاة
بالسحب كنت ماشيا كنت انتضرك كنت انتضر رجوعك _.عند الاستقلال رايت راية
ترفرف في يديك سمعت الزغاريد في الطريق _.الحرب دامت سنين سنين طويلة
سنين بعيد عنك _.كنت دائما في احلامي من الصباح الى المساء في احلامي
.عند الاستقلال رايتك ماشية في الطريق بجانب اصدقاء .اصدقاء لك كانو
بعيدا في وطن اخر .وطن لا يعرفونه وطن جديد وطن لا يعرفون اسمه .عند
الاستقلال رايت راية في يديك والحب في فمك رايت راية ترفرف في يديك و
الحب في فمك .تدكرت كلامك تدكرت رسائلك لم انام طول الليل .عند
الاستقلال رايت بسمة على وجهك بسمة لم اراها قبل _.عند الاستقلال رايتك
تغني رايتك مع اصدقاء تغني _.رايتك تتكلم على بلاد كبتر رايتك تتكلم على
وطن .كل ليلة احلم بجسمك في الظلام حتى الصباح .كم ليلة احببت شفتيك
كان يدي في جسمك كان في كل جسمك _.الوطن بعيد لا ادري متى اراه متى اراء
منازله _.الوطن بعيد غدرته مند ثلاثة سنوات او اربعة لا ادري لاادري متى
اراء منازله .الوطن بعيد غدرته مند سنوات لا ادري متى ارجع اليه .حقوله
بقت معي اشجاره بقت معي عصافيره بقت معي _.ازهاره اراها كل يوم في الحقول
سماءه هو كدالك اراه كل يوم _.كان المطر يهطل كانت الرياح تهب في الاشجار
كنت ماشيا لا واحد بجانبي _.قريتي بقت فارغة لا طفل في طروقها دهبوا هما
كدالك الى بلاد اخر _.الحرب دامت سنين سنين طويلة دامت طول حبنا و الان
نسيتني .نسيت اسمك و نسيت لون شعرك نسيت اسمك و نسيت كلامك .عند
الاستقلال رايتك ماشية مع اصدقاء احلام كثيرة في كلامك _.الحرب دامت سنين
طويلة ما بقي....... هاجرو الى بلاد اخر _.بلاد يختلف عن هدا البلاد بلاد
لا اعرف اسمه .قريتي بقت فارغة لا احد فيها لا احد في طروقها .منازلها
بقت فارغة لا احد فيها كلهم دهبوا الى بلاد اخر _.الريف مند صغري يعرفني
طروقه و حقوله .الريف هده السنة لبست الوان جديدة .الريف هدا الربيع
لبس الوان جديدة الوان تحبها _.الريف يعرفني زهوره تعرفني عصافيره تعرفني
.بقي جسمك في كلامي كالوطن بقي في احلامي كالوطن .بقي جسمك في احلامي
كالوطن بقي في داكرتي طول الليل النهاية. النوع شعر العنوان رسائل الى
فتاة الكاتب بولقريط م.
Nom: boulegriet
Prénom: mohammed
Adresse: place des martyrs el-milia w.jijel 18300 algérie.
Genre:poésie
Titre:terre qui veille.
Email:[email protected]