1.Terre qui veille.

Terre qui veille. -1.Elle ne serait que quelques grains de poussière,

que la tièdeur de la sueur qui ruisselle dépose en tâches vagues,sous

la foulée qui rajeunit d'une pleine saison,en un jour

qu'elle vit. -2.Et que serait alors ce goût au fond de la gorge,amer

comme un peu de tristesse, cette tristesse qui t'a parcouru,avant le

premier horizon atteint. -3.Il ne serait qu'un de ces

sourires, qui lorsqu'ils mûrissent,autour de la flamme le soir venu,

demeurent gravés,gravés au soleil qui monte,en un air,dans l'air qui

apaise les vents. -4.Avant le premier horizon,il y'avait

cette pâleur aux alentours,du matin ou' la récolte est restée à

attendre, les voix juvéniles qui ramassent les bouquets arrangés,au

chant du futur. -5.Et puis chaque soir,les feuilles étiolées à

travers les visages sont tombées,et à la place de chacune

d'elles,comme d'une branche apparaîssent naître des bourgeons denses

pour la première fois. -6.Avant le premier horizon,chaque pied qui

avance s'agite d'un peu de douleur, qui cesse,lorsqu'une larme

dégringole et le recouvre de chaleur. -7.De cette chaleur qui ranime

les fibres asséchées dans les joues,dans le regard ou' le

printemps n'a jamais tardé à apparaître, tel un astre qui en partant

ne se prépare qu'à réapparaître. -8.Avant le premier horizon,la bouche

disait aux pierres,le temps qu'il a fallu pour

les ramasser,et lorsqu'elle s'asséchait, une larme dégringole,et se

loge chaude au coin des lèvres. -9.Chaude au coin des lèvres,à

l'écorce lacérée,que la sève s'empresse de recouvrir d'un manteau

léger,à la transparence de la rosée,prête à accueillir les premières

lueurs. -10.Les premières lueurs,pour arranger les fruits

éparpillés,aux fruits de la première récolte,éparpillés par une main

aveuglée,qui ne savait pas la beauté du goût qu'ils portaient.

-11.Qui ne savaient pas les bouches qu'ils nourriraient,qui ne

savaient pas les sourires qu'ils donneraient sur les visages qui

venaient de se lever. -12.Le goût ensorcelant qu'ils portaient

ressemble aux voix juvéniles qui s'assemblent tôt et partent gaies

vers l'école d'à côté. -13.Il ressemble au chant qui se dépose comme

les premières lueurs,à la surface de l'oued,de celles qui

reviendront chargées de cette eau,que tu boiras à ton retour. -14.A

ton retour tu la frôleras de tes doigts, comme pour la reconnaître,et

tu

t'imprègneras de gouttes qui couleront jusqu'à tes pieds,et là ou'

elles ruissellent, se place sans attendre la force de demain. -15.La

force de demain est en toi,elle n'est pas cachée,elle est dans

tes pieds qui savent marcher,elle est dans tes lèvres gorgées de

joie,elle est dans tes mains un peu durcies. -16.La force de demain

est dans tes mains durcies,elle est dans tes mains

qui durciront,dans tes mains qui n'ont pas durci,dans tes mains qui

ne durciront pas,elle est dans tes mains. -17.La force de demain est

une fibre que tu portes en toi,comme une étoile qui se fraye

un chemin,dans un léger brouillard,qui disparaît quand elle le

parcourt. -18.Quand elle le parcourt,sa lumière, éclairant loin aux

alentours,donne à chaque brin de blancheur son ébauche d'étoile

qu'il mettra dans chaque lieu ou' il passe. -19.Dans chaque lieu,à

la nuit tombée, Une étoile apparaît comme une Campagne qui écoutera le

rêve qui Vient d'être fait. -20.Ala nuit tombée il se lève et

Parle aux étoiles,il parle à leur Eclat dans tes yeux,qui se répand

Dans ma mémoire,qui frémit Comme d'un regard nouveau.-21.Un regard

nouveau sur ton visage,ou' Lentement naissent les premières

lueurs, Qui à mesure qu'elles rayonnent,tissent Tout autour,une

sphère ensoleillée qui Demeurera jusqu'à l'aube.-22.Tout autour

d'elle,des couleurs Scintillent,et à mesure que je regarde, Dans mon

regard qui s'éloigne,apparaît Une seule couleur,faite de ces

couleurs Que j'aime. -23.Des couleurs de chaque saison,que Porte en

elle chaque saison,comme Un printemps que je retrouve battre Tel un

cœur dans la moisson. -24.Comme un printemps,au cœur de La

moisson,qui voit les feuilles tomber, Qui se met sur les branches et

qui Remplace,lorsqu'elle se détache,chaque Feuille tombée.-25.Tel un

printemps au cœur de l'averse, Comme un arc en ciel,haut sur les

Montagnes,comme un toit au vent Qui n'emporte plus les gouttes,qui

Crépitent en chœur,en un chant sur La terre. -26.En chœur,en un

chant Sous les toits d’où' se dégage une douce Chaleur qui donnent

aux bourgeons des Yeux pour voir,un rayon percer les Nuages,comme un

début au jour de Fête le plus long. -27.Au jour de fête dans

les voix,dans la Voix qui connaît les matins,qui connaît Les

crépuscules et qui la nuit se réveille, Aux rêves comme une mélodie

future. Un chœur de voix. -28.Ah cette mélodie,une mélodie future ou'

demain est plus que gravé dans ton sourire,qui orne maintenant le

plus petit des moments,chaque instant à vivre. -29.Un choeur de voix

futures,ou' demain est l'essence même de ton sourire,qui fuse

comme un rayon que les foulées libèrent. -30.Au jour de fête le plus

long,la fête commencera bien avant l'aube, pour accompagner celui qui

se lève tôt, et durera toute une vie,et durera des vies

entières à se succéder. -31.Des vies entières ou' les images qui

restent du conte et des rêves vivent non pas seulement ces

instants,ou' ils sont narrés,mais ces instants et toute une journée,en

un

jour. -32.Les images qui restent du conte et des rêves, traversent

la nuit des étendues, presque illuminées dans le silence,et lignes de

présence. -33.Elles se chargent de leurs noms,de leurs

légendes,de leurs années,de leurs nombreuses années ou' chacune a

tracé des lignes de présence. -34.Dans chacune,il y'a l'ombre de la

main,il y'a sa caresse,à ce qu'elle a pu donner,il y'a la sueur

qu'elle étale et amasse sur le front bruni, au soleil qui embaume

les fruits,de senteurs printanières. Jours ensoleillés. -35.Dans

chaque année,il y'a des rides arrangées comme un souvenir que tu

regarderas durant des instants,des instants en entiers que parcourt

parfois un soupir. -36.Un soupir puis un sourire,puis un sourire au

souvenir,comme une ride qui baigne dans un sourire qu'elle a

engendré. -37.Un sourire au souvenir,et une pensée pour demain,car à

l'horizon,il naît et approche,tel ces jours ensoleillés. -38.Une

pensée pour demain,et une autre pour demain,à ces jours

ensoleillés qui approchent comme un printemps qu'annoncent gaiement

les premiers papillons. -39.Dans chaque année,il y'a des jours

ensoleillés qui voguent au gré des tempêtes, qui voguent dans les

tempêtes pour répandre leur écho,en lumière,sur la terre qui se

lève. -40.Sur le chant qui se lève,qui se lève,et que l'écho

transporte très loin, loin vers les surfaces inconnues,qui

questionnent

le rêve quand il naît. -41.Il y'a des jours ensoleillés,qui sont le

rêve raconté,lorsqu'il naît,sur la terre,en lumière. -42.Il y'a des

jours ensoleillés qui font le matin pour toute l'année,et au

crépuscule,ils apparaissent miroiter à la surface des feuilles.-

43..Miroiter dans les grains couleur de ta voix,qui résonne,qui

résonne encore,comme un jour ensoleillé. -44.Au crépuscule il fuse des

lieux,ou' les chuchotements ont vécu,toutes les pleines lunes dans

les yeux. -45..Il y'a des jours ensoleillés dans la poignée qui prend

son élan,s'ouvre et se répand,comme des bras pour germer au

matin.- 46.Au matin,ou' au rayon qui se lève sur la vallée,ou' un

reste de brouillard enveloppe encore les feuilles,je me réveille.

Pleine lune dans tes yeux. -47..Je me réveille au rayon qui se

lève,aux jours ensoleillés dans la poignée,qui s'ouvre comme un

matin d'automne, qui parle d'un printemps jamais vu. 48.Je me réveille

à la pleine lune dans tes yeux,aux chuchotements,aux lieux au

crépuscule,qui vivent dans des lieux au crépuscule,ou' les

chuchotements se font les yeux fermés,et le visage à la brise. 49.Je

me réveille aux années qui s'inscrivent à la surface des

feuilles,à la lumière sur la terre,au rêve raconté,au rêve lorsqu'il

naît. .- 50.Je me réveille à l'écho du chant qui se lève,au chant qui

se lève,à ta bouche tremblante,aux bourgeons qui

naîtront,sur ta voix comme un bourgeon.- 51.Aux jours ensoleillés,je

me réveille avec dans la main,ta main,chaude.- 52.Et dans les

yeux,l'étendue sillonnée, qui à mesure qu'elle demeure dans tes

yeux,se colore à chaque instant, un peu plus. -53.Dans tes

yeux,l'étendue sillonnée se couvre de gouttes éparses,en larmes d'un

instant aux couleurs d'une aube.- 54.Car il y'a eu des journées,ou'

autour de toi,le silence a scruté d'ou' peut venir la voix.- 55.Et

dans ta voix,je perçois comme une chose qui a pesé de tout son

poids,et sur tes lèvres,je la vois tel un frisson les parcourir.

- 56.Et dans tes doigts je la vois les parcourir,et en les

parcourant,je les vois se presser sans que tu les regardes. Longue

veillée.- 57.Et sur ton front,je la vois briller au feu et sur ta

peau,elle s'étale à la pleine lune pour une longue veillée. -58.Pour

une longue veillée,à la pleine lune,ou' ton chant s'étale,en étoiles,

en lumières,sur les montagnes qui nous entourent. -59.Sur ta

peau,sur ton front,dans tes doigts,sur tes lèvres,le silence

s'éteint,bercé par le chant qui fuse du fond de ta voix. -60.Et dans

le fond de ta voix,je retrouve mon cri,laissé aux bords des routes,

et sur les toits,comme un grain qui a germé. A tes sourires futures.

-61.Je retrouverai mon cri,comme un cri d'amour,que je laisserai dans

ta voix,que je laisserai à ta voix,pour qu'elle le chante.

-62.Elle le chantera en mon absence,à tes silences,qui ne se

prolongeront pas, au-delà de l'aube. 63.Ele le chantera à tes sourires

futures, qu'il y'aura après une larme, qu'ils assècheront comme

une douce brise qui étreindra ton visage. 64.Je laisserai mon

cri,comme un hymne à l'amour qu'il y'aura dans ta voix,qu'il y'aura

dans tes mains,dans l'attente du retour. Au retour. 65.Il remplira

tes mains de sa fraîcheur, il remplira tes lèvres de sa chaleur, et

au retour,je le retrouverai plus grand. 66.Au retour je le

retrouverai,je le trouverai,comme une peau couvrir les mains,comme

mille mots,dans un mot sur les lèvres,comme des sourires qui

habitent à jamais chaque visage. 67.Je le retrouverai printemps,

printemps dans toutes les saisons, je le retrouverai printemps dans

toute l'étendue sillonnée. 68.Dans les voix qu'elle porte dès le

matin,dans ses fruits aux couleurs de ses fleurs,dans ses racines.

Dans ses fleurs. 69.Je le retrouverai dans ses fleurs,en pétales

ouverts au soleil,ouverts à tes yeux,ouverts à tes mains qui veulent

les caresser. 70.Dans ses fleurs en nectar qui se répand comme une

tendre sensation,sur les langues,au jour qui se lèvera. Le

jour qui se lèvera. 71.Le jour qui se lèvera est dans tous les rêves

que je fais,depuis cet instant ou' ta main a un peu tremblé,à ma main

qui a un peu tremblé. 72.Le jour qui se lèvera est comme

un printemps qui arrive,dans ces voix juvéniles qui sillonnent

gaiement l'étendue que j'aime à n'en pas finir. 73.Je le retrouverai

en pétales ouverts au soleil qui se répandent,en écho attendu

au-delà des montagnes depuis cet instant ou' une mince couche de

boue s'est déposée sur tes doigts. 74.Depuis cet instant ou' ta tête

s'est redressée,aux horizons que quelqu'un comptait,aux cendres

que les endroits enlacés découvrent au matin,comme une pensée à leur

chaleur. La douce flamme. 75.Depuis l'instant,ou' tu as ramassé

parfois de très loin des poignées de brindilles pour alimenter

les flammes qui impriment au visage,l'air de la terre qui veille.

76.Depuis l'instant ou' tu as ranimé la douce flamme,la tendre

lumière,que celui qui parle,que celui qui l'écoute aiment regarder.

77.La douce flamme,la douce flamme imprime au visage,le visage de la

terre qui veille,accompagnée de quelqu'un qui puise de ses yeux,chaque

jour un peu de la mémoire,qu'il jette à la volée. 78.La

douce flamme,la tendre lumière imprime au visage comme le coeur de

la terre qui veille,comme son âme,et à sa vue,à sa vue je te vois

t'éveiller. Au-delà de l'horizon. 79.Je te vois t'éveiller,à

l'âme de la terre qui veille,accompagnée de quelqu'un qui puise de

son coeur, un air qui se répand,comme un matin,jusqu'au-delà des

horizons que tu connais maintenant. 80.Je te vois t'éveiller,et

lorsque je me mets en face,la douce flamme a déjà imprimé,en lumière

tendre, à ton visage,le visage,le coeur et l'âme de la terre qui

veille au-delà de l'horizon. 81.Au-delà de l'horizon,loin de la

terre qui veille,lorsque je me mets en face de toi,je revois comme

sur deux mains,la terre qui veille porter la foulée. Etoile qui

brille. 83.Loin de la terre qui veille,le cri n'a porté que la

douceur,comme une étoile qui brille sur ta langue. 84.Une étoile que

tu apprendras,en redressant la tête à regarder,car elle est cette

étoile qui a toujours brillé sur les toits de la terre qui

veille. 85.Tu apprendras en redressant la tête,à regarder toutes ces

étoiles qui habitent le ciel,toits sur la terre lointaine qui veille.

Le retour de demain. 86.Tu apprendras même à leur

parler,lorsque les nuits sont les plus froides,et dans la lumière

qui te parviendra,il y'aura le chant interminable de quelqu'un de ceux

qui veillent. 87.La lumière qui te parviendra sera un chant

interminable qui accompagnera tes foulées pour les rajeunir,pour les

agrandir,pour le retour de demain. 88.Le retour de demain,est comme le

sourire de demain,qui a rayonné une fois sur ton

visage,alors que tu avais les yeux fermés. Des jours de printemps.

89.C'était peut-être un rêve,c'était peut- être un chant que le rêve

entonnait, comme un cri qui ne porte en lui que la douceur.

90.La lumière parviendra jusqu'à toi,et elle t'enveloppera toute en

entière de la douceur que porte,comme des jours de printemps, son

regard. 91.Des jours de printemps,des jours de ce printemps qui

revient à chaque saison,ou' dès le matin,le chant est prêt pour

durer jusqu'au crépuscule. 92.Jusqu'au crépuscule,le chant entame sa

marche pour cueillir une poignée de fleurs,que la main arrangera

amoureusement sur ta chevelure. Comme un hymne. 93.Aux fleurs

cueillies comme des légendes, qu'offre l'étendue,à la mémoire comme

des pétales qu'elle portera aux légendes que portent les pétales,

comme des lumières,enfouies au coeur de la terre qui veille,que le

chant qui va au-delà des jours puise dans sa marche poème. 94.Aux

légendes que portent les voix,qui résonnent sur toute

l'étendue,comme un hymne,que je reconnais même dans la nuit. 95.Je

le reconnais à sa gaieté,qui l'enveloppe de toute part,d'un léger

manteau de lumière que déposent les étoiles,en étoiles,comme des

fleurs à ta chevelure. Pas colorés. 96.Je le reconnais à la chaleur

des sentiers, ou' s'étalent des pas colorés,comme un printemps qui

demeurent,au plus loin des jours ensoleillés. 97.Comme un

printemps qui demeure aux premières pluies,et qui accueille dans ses

bras,toutes les feuilles qui tombent pour ensuite les déposer. 98.Je

le reconnais à la chaleur des rues,ou' le sourire comme un

soleil,monte chaque matin. D'un manteau de lumière. 99.Et chaque

matin le sourire enveloppe la rue,d'un manteau de lumière comme des

fleurs qui se déposent,en une poignée de fleurs,cueillies pour

ta main. 100.Le sourire monte comme un soleil, au-delà de

l'horizon,et parvient en un hymne que tu connais maintenant. 101.Un

hymne que tu connais,même dans la nuit maintenant,et lorsqu'il

parvient,je me redresse pour te regarder dans les yeux. Dans ta

mémoire. 102.Et dans tes yeux,je vois alors,les pas colorés les pas

couleur de la terre s'imprimer sur les sentiers,et un sourire

monter comme un soleil à l'horizon,pour envelopper d'un manteau de

lumière, toute la rue. 103.Je le reconnais aux légendes qu'il porte

dans sa voix,en berceuse récitée parfois à haute voix,comme

des ailes aux éclats de voix,qui parviennent de loin. De ces reflets

de lumière. 104.Et dans ses bras,il apporte à tes bras des endroits

qu'il enfouira dans ta mémoire,qui les reconnaîtra. 105.Dans

ses bras,il apporte à l'étreinte de tous ces endroits qui t'ont vu

naître, naître et partir,sans savoir encore les prononcer. 106.Sans

savoir encore leur parler,de ces reflets de lumière,que ton

âge a portés,comme tous ces jours,comme des jours qu'il a agrandi.

107.Sans savoir encore les prononcer,ta main s'est approchée et les a

caressés,et à ce moment tu ne le sais pas,mais tu les a

acceptés. 108.Sans savoir encore leur parler,tu t'es approchée,et tu

les a caressés,et lorsque tu les a caressés,leur présence qui t'a vu

naître et partir s'est imprimée. 109.Leur présence s'est

imprimée,dans le conte raconté,comme une mémoire,comme une âme au

conte,comme un corps au conte raconté. 110.Leur présence s'est

imprimée dans chaque outil touché,dans le rêve qui demeure au

matin,dans le chant qui l'habite dès le matin, comme un manteau de

lumière. 111.Dans ses bras,il apporte de cette joie que tu connais

déjà dans les champs, lorsque tu apprenais à ramasser,en les

serrant les tiges coupées. 112.Je le reconnais à ce qu'il porte dans

les bras,et ce qu'il porte dans ses bras,est le crépuscule dans

l'orangeraie,et les oiseaux qui se désaltèrent pour quelques

instants. 113.Pour quelques instants,il les remettra à tes bras,et

tu leur parleras des fruits qui n'ont pas tous été ramassés,car

beaucoup sont partis. 114.Il les remettra à tes bras,pour une

étreinte ou' toute l'absence que porte la pensée, s'efface pour

quelques instants. 115.Il les remettra à tes bras,et attendra jusqu'au

moment,ou' tout en toi les reconnaîtra. 116.Jusqu'au moment

,ou' lorsqu'il partira,pour d'autres bras,tu les remettras à

d'autres bras,pour une étreinte qui efface l'absence. 117.Une étreinte

qui efface les distances, et devant toi,apparaît alors le premier

champ,en fête. 118.Et devant toi,apparaît le premier toit, et devant

toi apparaît dans chaque arbre, un chant en choeur qui n'a pas cessé.

119.Un chant récolté,au moment ou' chaque lieu portait une

présence,comme une âme dans ce qui l'habite. 120.Un chant récolté

dans la présence,dans le coeur de la présence qui bat au rythme des

départs le matin,qui bat au rythme des retours au crépuscule,et

des jours ensoleillés. 121.Qui bat au rythme de ces instants,de

silence merveilleux d'un espoir qu'au matin,qu'au crépuscule,que du

matin jusqu'au crépuscule,naîtront les jours ensoleillés futurs.

122.Que du matin jusqu'au crépuscule,que des instants de ce

merveilleux espoir,tu fais naître,de ces instants,de ces jours, des

jours,des jours,et des jours ensoleillés futurs. 123.Dans ces

instants de retour,il y'a comme un chemin qui se fraye un

sourire,porté en un regard sur chaque lieu,qui porte en lui,comme un

coeur une présence. 124.Il est la terre qui m'a manqué, qu'on m'a

prise un jour d'été.- 125.Le vent sèche aussi notre peau, nos

visages.- 126.Le vent va jusqu'au loin, le vent emporte le sable

jusqu'au loin.- 127.Il n'y avait rien à manger dans ces contrées

séchées

par le vent. -128.La guerre a commencé une nuit de novembre, une

nuit de pluie et de vent.- 129.Novembre pour nous est la liberté

perdue depuis des années.- 130.L'eau il la ramenait de loin d'une

rivière. -131.Beaucoup sont partis car il n'y avait rien à manger.

-132.L'eau aussi a manqué il faut parfois la ramener de loin de très

loin.- 133.Chaque jour on s'engouffre par un trou on ne ressort

que le soir les mains et le visage sales. -134.Ce verger grand père

l'a planté il l'arrosait chaque matin. -135.Après il y'aura des villes

et des écoles.- 136.Après on sera libre cette terre sera un

grand pays.- 137.Lorsque la guerre a commencé on n'avait rien à

manger on errait sur les routes les pieds nus. -138.On ne devait pas

parler on ne devait pas regarder on devait marcher les yeux au

sol. -139.La mine est profonde il fait chaud et de l'eau s'égoutte

de la roche.- 140.La nuit on nous secouait pour nous faire marcher

dans la pluie. -141.La guerre a duré huit années d'errance et de

solitude.- 142.La guerre dure et la famine et le choléra emportent.

On nous éveillait. -143.La guerre n'a rien épargné les mechtas les

maisons et la récolte.- 144.Beaucoup sont partis quelques

haillons et les enfants à la main.- 145.La nuit on nous éveillait

des coups de botte à la porte. -146.On ne sait pas ou' ils ont été

amenés c'est dans des endroits loin pour être interrogés. -147.Le

village qu'on a quitté porte encore dans ses rues désertes nos voix.

-148.Ses portes sont fermées, ses seuils sont pleins de poussière, car

personne ne passe. -149.Car depuis longtemps déjà personne

ne passe, tous sont partis en groupe au-delà de l'horizon.

-150.Personne ne les enlève, on les effleure seulement en passant, du

regard. -151.Dans le jardin qu'on a quitté poussent aussi des arbres.

-152.De grands arbres que personne ne coupe, de grands arbres mis en

terre par grand père. -153.Mille mots cachés, là à l'écart pour toi.

-154.Mille mots dans ma mémoire cachés pour toi. -155.Je te

dirai le chemin qu'on a fait ensemble. -156.Je te dirai mille mots

cachés depuis longtemps pour toi. -157.Dans le jardin qu'on a quitté

poussent des fleurs de toutes les couleurs. -158.Sous la pluie,

sous le vent, je te dirai mille mots. Des saisons… -159.Ses fruits

lorsqu'ils seront mûrs, je te les ferai goûter. -160.Ses fruits sont

jeunes et gorgés de soleil. -161.On est si peu et la récolte

dure des saisons, des saisons à amasser et trier. -162.Des saisons à

cueillir sous le soleil, car beaucoup sont partis. Les maisons aussi…

-163.La guerre a emporté hommes et forêts, les maisons aussi

sont tombées. -164.La nuit,ils sont venus, ils nous ont fait sortir

pour nous laisser dehors jusqu'au matin. 165.On nous a fait monter

dans les camions, c'était encore la pénombre, on ne savait pas

ou' on allait. 166.On était côte à côte gelés et serrés, personne ne

parlait, tous se questionnaient. 167.On avait faim et froid, seuls

quelques haillons recouvraient nos corps. 168.Ces fruits je

te les ferai goûter lorsque tu reviendras, ils sont gorgés d'eau et

ont la saveur de notre printemps. 169.Ils veillent les yeux pour le

sommeil des enfants. 170.Ils veillent en cercle un chant pour

les enfants. Un peu de cendre. . . 171.Le temps qu'il fait, je ne le

sais pas,je marche sans savoir ou' aller, je suis comme une barque

dans la mer. 172.J'attends depuis longtemps ton retour,je ne

sais pas quand est ce que tu reviendras. Dans tes lettres tu me

l'avais dit, tu me l'avais longuement dit. 173.Un peu de cendre

recouvre les feuilles,je ne sais pas d'ou' vient cette cendre,je sais

qu'elle recouvre les pores des feuilles,qu'elle recouvre les

feuilles,qu'elle embellit les feuilles, qu'elle donne aux feuilles un

air de printemps. Ces fleurs qu'il y'a. 174.Je ne sais pas s'il me

restera un peu d'enthousiasme pour vivre au soleil de la liberté.

175.Ils sont beaux les arbres ou' une grappe d'enfants s'abrite à

l'ombre du soleil d'été. 176.Demain nous irons sur les

chemins,cueillir ces fleurs que tu aimes. 177.Ces fleurs qu'il y'a

dans nos prés jusqu'au loin,ces fleurs que tu as déjà vu une fois. Il

allait. 178.Dans le bateau, il repensa au pays, à la

campagne, belle quand même, à ses pâturages. 179.Il allait pour

nourrir sa famille, là il n'y avait rien pour eux. 180.Dans le bateau

il ne dormit pas, de toute la nuit, l'avenir l'angoissait, il

ne parla presque même pas, il resta à rêver. 181.Loin,c'est

différent il y'a tout, là on est privé, là il y'a la misère.

182.Ailleurs pour eux était la vie, les lumières, les femmes.

183.Hamid

n'avait jamais connu une, il ne connaissait que la voisine, il ne

connaissait que sa cousine. 184.Il rêvait de faire beaucoup pour sa

famille, aller loin pour eux, aller ailleurs même. 185.Il avait

un tas d'amis, des amis de son enfance qui ont connu la même

jeunesse, toujours ensemble à errer dans les pâturages, toujours

ensemble à rêver d'ailleurs. 186.Ailleurs pour eux était le paradis,

ailleurs pour eux était la liberté. 187.Le voyage fut long, il dura

une semaine peut-être, un peu moins peut-être, il ne le savait pas.

188.Dans le bled, il était berger, il avait quelques vaches

qu'il aimait, chaque jour il allait aux pâturages. 189.Il n'avait

jamais connu de femmes, il n'avait jamais été trop riche. 190..Il est

une clarté qui rechauffe dans la pénombre,il est cette clarté

que la pénombre même pesante ne peut effacer. 191.. Tes mains ne

répètent pas seulement depuis longtemps,tes mains font grandir de

petites merveilles,semblables à un beau branchage, fleuri au

soleil printanier qui sera demain, dans ton regard. 192.. Beaucoup

meurent depuis longtemps,car depuis très longtemps,il n'y a pas eu de

nuages,gorgés de leur suc gans le ciel. 193..Beaucoup ne

regardent plus le ciel,ils regardent la terre,ils marchent sur la

terre,et leur chant vient des fibres de la terre,car depuis longtemps,

elle s'assèche,l'eau qu'elle a gardée dans ses mains

généreuses est aspirée à petites gorgées répétées,

répétées,répétées. 194. .Ils étaient plus petits,plus petits que ceux

qui sont partis,mais ils ont résisté,car ils n'ont pas oublié le chant

des

premières pluies,celui des longues récoltes et le chant du

village,au retour des pirogues sur le fleuve phosphorescent d'étoiles

lointaines. 195..Beaucoup ont résisté,car ils n'ont pas oublié, le

chant des enfants qui inventent des contes gais, le soir à la

lumière feutrée d'une lampe à pétrole. 196. .Ceux qui sont partis,sont

partis en procession un regard pour les enfants,et sur les

chemins leur mémoire a chanté en silence,un chant qui l'habite et

qui a grandi,depuis qu'elle connaît les lieux. 197..Depuis qu'elle

connaît les légendes qui veillent,son chant n'a pas cessé de

s'étaler pour l'agrandir, et parfois,la nuit,elle revoit plus beaux

tous les lieux qu'elle a sillonnés,comme elle les voulait pour demain.

198..La beauté de leur chant vient des fibres irriguées,

de halètements et de sueur de la terre,lorsque dans le ciel,quelques

nuages secs décorent comme un paysage qu'ils ne regardent plus. 199.

.Tout ce que tu ne sais pas écrire,tu me l'as appris,tu me

l'apprends et maintenant il n'y a pas une chose que j'ignore.

200..Maintenant je le vois sur les chemins,sur les arbres,sur les

murs,sur les toits,je le vois devant,loin devant. 201..Dans le chant

clair de sources que les siècles innombrables n'ont pas taries.

2.La fascination réciproque.

01.Je ne sais pas si l’étoile Que l’on voit la même au Loin éclaire

encore ta voix De son gai reflet lointain, Qui a fait briller ton

regard, Plus que d’habitude une fois, La nuit ou’ tu as su

raconter Amusée le conte en entier Pour la première fois. 02.Loin

aussi,il y’a des arbres Qui ont porté des fleurs cette Saison belles

les mêmes que Celles qu’il y’a là-bas,il y’a Leur ombre le

matin et celle Qui m’accueille pour un Instant sur le chemin. 03.Les

pierres qui jonchent jusqu’au loin le chemin n’ont Pas fait mal.Les

horizons gris Ont pris des couleurs de Chaque jour,presque à

chaque Pas et lorsque j’ai regardé Devant,lorsque j’ai regardé, Ce

qu’il y’a eu ressemble A une pensée pour toi. 04.Demain,tu verras je

pourrai Prendre ta main,enlacer ton Bras pour une randonnée,

Dans les champs que tu n’as vu Qu’une seule fois,pourtant Que tu as

aimés si bien. 05.Le chemin ne t’en fais pas Est plus beau à chaque

pas,mais je ne sais pas,si près de toi il Y’aura encore de

l’éxil dans Ma voix. 06.Tes yeux ont brillé une Fois debout avant de

rentrer, Les yeux au loin,vers les Horizons,vers leur fraîche Ombre du

matin,et les Couleurs qu’ils prennent Depuis quelques

jours Déjà. 07.Les pierres jonchent le Chemin,sur tout son long,

Jusqu’au loin,mais il y’a Aussi la terre,la terre douce A mes pas,la

terre matinale Recouverte de rosée qui connait La caresse de

mes mains. 08.Les routes que tu décrivais Etaient longues,aussi

longues Que les contes,chauds et Ensoleillés qui ont peuplé Les

nuits,loin très loin dans des Contrées ou’ pour la Première fois à

l’arrivée Le printemps s’était déjà Levé. 09.Demain,tu verras la

douceur De mon regard te rechauffera, Lorsque après une longue

Absence,enfin tu reviendras Et dans les soirées douces Qu’il y’aura

sous l’arbre,ou’ Tu aimes t’assoire,de temps A autre je te

raconterai gai, Les rêves faits depuis Longtemps pour toi. 10.Au

retour,lorsque tu Seras près de moi,lorsque Je te raconterai,une

partie

De mon chemin,je ne Sais pas si en parlant,il y’aura L’éxil vécu

dans ma voix. 11.Au retour ne t’en fais pas, Chaque nuit avant de te

prendre,je te raconterai,une partie de mon Long chemin et les

rêves faits, Prêts depuis longtemps pour toi. 12.Demain je viendrai

une Douce étreinte pour toi,une Fleur peut-être à la main, Demain je

viendrai peut-être Des rêves prêts pour toi,mais Je ne sais

pas,si près de toi L’éxil sera encore là. 13.Demain,tu verras toute

mon Etreinte sera là,devant tendre, Entière pour toi,tendre comme Le

jour ou’ longuement tu te Questionneras,là,la nuit,la Longue

nuit ou’ il a fait le Plus froid. 14.Je vois tes foulées les

Emprunter,les emprunter Sûre,à la rencontre de ces Contrées lointaines

et Souriantes gaies au soleil Printanier,sur les champs Sur les

vergers que tu as Toujours ignorés. 15.Ce matin,tu t’es levée tôt,

Ce matin je t’ai vue Contempler les lueurs à L’horizon et le ciel bleu

Encore,depuis notre arrivée, Une feuille à la main,tendre

et Couverte d’un peu de rosée. 16.Les routes que tu Décrivais

étaient longues,aussi Longues que les contes de Jeunesse,des soirs

entiers, Eclairés d’une lampe,à la Lumière humble et douce, Assis en

groupe les yeux Au loin devant grand-mère. 17.Ce matin,tu t’es levée

Tôt,ce matin je t’ai vue Contempler les lueurs à L’horizon et le ciel

bleu Encore,depuis notre arrivée,une feuille à la

main,tendre et Couverte d’un peu de rosée. 18.Le matin au réveil,il

y’a Des herbes douces à contempler Avant que le soleil ne soit Haut

dans le ciel,ce jour ou’ Partout dans les champs Des

bourgeons s’ouvrent Pour entamer leur chant. 19.Les nuits étaient

douces A ce moment et chacun des Mots gais prononcés me Rechauffe en

entier,un Regard long et silencieux Pour les braises chaudes

Assoupies sous un léger Duvet de cendre qu’aucune Brise n’a soufflé.

20.A ce moment,je me Souviens,chacun des mots Gais que tu prononces

Parfois amusée,un regard Long et silencieux pour Les

braises chaudes,assoupies Sous un léger duvet de Cendre me rechauffe

En entier. 21.Lorsque la lune est Pleine et haute dans le

Ciel,beaucoup se rendent D’un coin à un autre,à Côté en face,à

quelques Pas,lents pour une Longue veillée. 22.Les nuits étaient

douces, Autour du feu,ou’ beaucoup Parlent des jours ensoleillés Qu’il

y’aura à l’horizon sur Les champs et dans les Vergers que tu

connaîtras. 23.La nuit Je parle au pays, Je parle A ses racines.

24.Ce jour les bancs Sont restés vides,et les Salles

silencieuses,aucun Mot sur le tableau,aucun Mot dans les cahiers.

25.La cour

est apparue Soudain immense,immense Pour ces petits groupes, Ou’

personne ne parle,et Lorsque le soleil s’est Levé,beaucoup l’ont déjà

Quittée pour ne plus la Revoir. 26.Je repense A la terre

promise, Au pays Qu’il y’aura demain. 27.Chaque village traversé

Livre ses secrets,du pain,du Sel et de l’eau qui font de Chaque

toit,une voix amie Qui vit à l’air du Printemps. 28.Ce qui dort au

fond de La bâtisse se réveille en Sursaut,lorsque des appels

Parviennent de gens,assis A même le sol,avec devant Les mots sculptés

sur la Couche durcie. 29.Des semences S’entassent dans chaque

Sillon,que la charrue Trace avec amour. 30.Un oiseau s’élance Dans

les airs,les ailes Larges et légères comme Une brise remplissant de

Douceur les tendres Soirées d’été. 31.Des mots vivants

Regorgeant de ta Promesse que demain Pour toi éxiste. 32.Des mots

cheminent A travers des sentiers Escarpés et s’engouffrent Dans le

fossé qui mène A la grande vallée. 33.Un bras se tend vers La

fraîcheur de l’eau et Regagne de jeunes Plants qu’on vient de Mettre

en terre. 34.Parfois il monte plus Haut que le grand arbre Et se

transforme en point Blanc,de ce blanc pur Qui donne à

l’immensité Bleue un air de fête. 35.La faim éxiste sur tous Les

toits,je les ai vu en Parler autour du feu, Le soir,en hiver,le regard

Fuyant les enfants. 36On ne sait pas ou’,je les Ai vues une

fois,elles Poussent sous les sources A l’abri des arbres. 37.Elle

pousse tôt,aux Premières pluies,blanche Au soleil,blanche au Vent qui

l’arque un peu. 38.Je t’ai revue une seule Fois,marcher dans

la plaine, Une fleur à la main,personne A tes côtés,je t’ai revue

Seule,marcher d’un pas Décidé les yeux au loin, Comme si le printemps

était Devant,je t’ai revue baignée De lumière,et sur le

visage et Sur tout le visage ton sourire, Celui que j’ai toujours

Cherché,pour m’accompagner. 39.Je t’ai revue seule,une Fleur à la

main,marcher D’un pas décidé,tu ne le savais Pas,mais autour,à

côté,à ton Passage,il y’avait de tendres Oiseaux qui chantaient.

40.Il est là depuis les Premiers nuages,inhabituelle, Elle est comme

Un manteau aux Montagnes. 41.Brillante Au soleil Lorsqu’il

apparaît. 42.Tu regardais devant Et tu marchais,tu Montais une

grande Colline.Autour le paysage Etait tranquille, Plein d’arbres

devant Et le chemin. 43.Ce chemin chaque jour Je le traverse,ce

Chemin je t’apprendrai A le connaître,ce Chemin connaît mes pas, Il

connaît toute Mon enfance. 44.Cette fleur,je ne Connais pas son nom,

On ne me l’a jamais dit, Je ne sais pas si elle en a Un,je

sais qu’elle pousse Dans les champs. 45.Ailleurs,je la dessinais Sur

les feuilles, Je la dessinais Toutes les nuits. 46.Depuis longtemps

Déjà,la neige recouvre Les sommets,elle s’étale Jusqu’au bas

Des montagnes. 47.Elle s’étale blanche, Brillante au soleil

Lorsqu’il apparaît. 48.La nuit elle veille sur Son sommeil elle

regarde Longuement le ciel et les Etoiles.La nuit elle prie Dieu les

yeux

au ciel Pour que son mari revienne. 49.Le soir avec quelques

Compagnons il prend Son embarcation et s’en Va en mer. 50.Têtu il faut

que les enfants Mangent se dit-il il prend la Mer ni le vent,ni

la pluie ne Lui font changer d’avis. 51.Il faut que les enfants

Mangent se dit-il ils n’ont Pas d’autres personnes sur Son visage

rongé par le vent Et le sel il y’a comme une Flamme qui brille et

s’il Ne revient pas. 52.Parfois la tempête les Surprend en

mer,parfois Elle les empêche de revenir. Parfois ils ne prennent rien

Ils reviennent les filets vides. 53.Ce métier Hamid l’a Hérité de

son père tout Jeune déjà il allait en Mer tôt il avait appris à

Manier le filet. 54.La poussière se colle A la lumière,se colle à La

sueur,se colle à notre Peau. 55.Un présent aux feuilles

Ecrites,à la bouche qui Récite,aux gouttes asséchées Sur le

visage,au front brillant Au soleil,à l’habit que tu Changeras au

retour,au Sac que tu déposeras à côté. 56.Un présent lorsque L’enfant

viendra,le soir Parler des papillons colorés Qui voltigent et du mot

non Retenu,un présent le dessin Qu’il montre,un présent Son campagnon.

57.Le sahel s’étale aride, Pas un arbre, Pas une goutte

De pluie. 58.Létreinte,la caresse,le Regard,le présent dans la

Ligne,dans l’image,dans Le conte au matin,ancrés Au fond de ce qui

pousse, Baignant dans chaque Goutte regénératrice, Comme

d’interminables Battements,dans une Terre en fête. 59.Demain, Il

y’aura de l’herbe, Il y’aura de l’eau Pour les troupeaux. 60.Dans ta

voix,tu seras Comme une brise naissante Ou’ chaque petite vague

Volée à l’oued est un Cadeau pour celle qui Parlera peut-être demain

De son bien-aimé. 61.Il sera un chant à ton Age doré qui fait de

chacun De tes pas qui résonne Encore une présence en Face de

notre terre qui Assiste chaque jour Silencieuse,à la danse Des

ombres. 62.Le chant est dans ces Rêves,dans ton rire encore Ce matin

ou’ peut-être,tu Leur parleras des yeux de Ton bien-aimé qui se

sont Posés sur toi une fois Furtivement,avant de T’enfermer très

longtemps, Derrière une porte. 63.Il a parlé de toi comme de Cette

histoire racontée les yeux Fermés et lorsqu’il s’est tu, Tu as su

que ton doigt est un Peu mordu,car tout en toi a Tremblé

silencieusement De joie. 64.Des fleurs dans nos bras Des fleurs dans

nos yeux Des fleurs dans notre cœur Qui bat au rythme de tes Matins

silencieux ou’ Baigne encore le parfum Doux de quelque rêve

Inachevé. 65.Ah ces rêves inachevés Ils font de quelques Matins des

matins maussades Et même si l’on se rendort On ne les revit plus.

66.Ils restent penchés sur La terre penchés sur le dos Penchés sur

les autres Jusqu’au jour ou’ tu tends L’oreille pour que je te Les

raconte. 67.Une oreille attentive Aux rêves inachevés qui

Naissent enfants les nuits Ou’ il fait le plus sombre Comme les

jours pluvieux. 68.Demain tout sera là tes Airs hautains affichés

Gauchement devant nous A l’indifférence à notre Indifférence devant

une Chose étrange qui habite. 69.Il me rappélera des jours De

printemps,ou’ des oiseaux Frêles et gais se posent près D’un

ruisseau,se désaltèrent Au soleil doux,pour ensuite Entamer

tranquille,leur Tendre chant,il sera sur tes Lèvres pour m’égayer le

Jour ou’ pendant de longs Instants,ma main se posera Sur mon front,en

silence Les yeux fermés. 70.Demain,lorsque je serai

Loin,il sera dans le chant des Oiseaux qui resteront là,il Sera sur

les ailes de ceux qui Partiront pour quelques mois, Il naîtra chaque

printemps, Sur les branches,parmi les Fleurs dans les champs

gais Que tu verras en passant Sur les chemins. 71.Demain il sera

comme Une présence dans les terrains Vagues aux abords des Villes ou’

l’on a campé une Nuit,une saison avant de Reprendre le

chemin.Il sera Sur les chemins sinueux, Dans les sous-bois près de

Petits plants que personne N’arrachera. Marche poème 72.Comment ne pas

s’aimer Dans le camp,dans les ruines, Sur le sable ou au

bord de L’eau quand chaque cœur Le soir,un peu à l’écart d’un Feu

solitaire vit dans le Retour. 73.L’éxil ne t’en fais pas, On se le

partagera et chacun A sa part qu’il garde en Souvenir de

l’errance. 74.En souvenir des cris Douloureux que personne N’entends

plus,dans une rue Mise à mort,en souvenir Des caves qu’inonde la

Tristesse des sirènes et de La veine recherche d’un Objet cher

perdu,dans les Décombres qui prolifèrent, Comme les jours à

Attendre. 75.Ah ce beau pays qu’il Y’aura sur la terre notre,il sera

plein de routes et de vergers, Plein de villes et de montagnes. Il

sera grand,comme les rêves Que j’ai fait devant toi,une Berceuse à

ton enfance,et Demain je me promenerai,je Courrai dans l’herbe haute,

Tu verras je sais encore te Pincer et m’enfuire,et tu me

Poursuivras avec ton rire, Jusqu’à l’autre bout du Village pour me

toucher De ta main. 76.Ce beau pays,son nom M’obsède,de temps à Autre

je me retrouve la Nuit,étalé les yeux au Ciel,à le prononcer

à Voix haute,comme s’il Vivait en face de moi, En moi,toujours à me

Rappeler sa présence. 77.Sa présence,une lumière Dans les ténèbres qui

Guide les contes de grand Mère,chantés à mon Oreille

assoiffée d’écouter Les siècles revivre devant Nous leur pénible

avancée. 78.Une blessure immense Sur le corps,plus que le Corps de la

naissance au Grand âge,vivante comme Une étoile qui revient à

Chaque crépuscule.Je la Reconnais plus que les Autres,elle scintille

de ses Eclats qui vont jusqu’à Ce beau pays qu’il y’aura Demain sur la

terre ou’ Nous sommes nés. 79.Comment ne pas t’aimer Dans

le camp,ou’ les chemins, Les pierres,les toiles,les Toits vivent la

marche Poème,ou’ les cordes ne Ressemblent pas à celles Qui lient les

mains Là-bas. 80.J’ai mal de te voir Savoir dès ta

naissance, Que l’exil peut éxister A chaque moment pour Toi. 81.J’ai

mal de te voir Partir,rien dans les mains, Rien sur le dos,rien à

Traîner sur la terre qui Monte en quelques Poussières,en guise

d’adieu, Un adieu à la colline Bien-aimée,domptée Comme un animal

Difficile,un adieu à ces Poutres noircies,à ces Sentiers que je

connais Si bien,à ce ciel,à ces Oiseaux que je n’effraie Pas.

82.J’ai mal de te voir Partir ailleurs,comme Celui qui perd le

chemin, Partir vite sans cueillir Une gerbe de fleurs,à Mettre

quelques part,ou’ Je dois promettre de Revenir. 83.Ah ce beau pays ou’

Chaque chose porte en elle Une légende,je sais qu’un Jour je peux le

prendre et Le regarder le temps que je Veux,et ce jour ne finira

Pas,il sera long,très long, Plus long que toutes nos

Années,assises à se Raconter la marche poème. 84.Et ce jour ne

finira pas, Il ne s’éteindra pas,comme Ces feux noyés à la hâte à

L’approche de représailles Annoncées telle une fin,la Fin de ce

moment ou’ je Donne à chacun de tes Doigts un nom. 85.Tous t’ont

émerveillée, Le lendemain sans un mot, A la même heure,tu es Revenue

la main offerte. J’ai compris qu’il fallait la Prendre et

redonner à chaque Doigt son nom d’hier. 86.Il y’a le village que tu

Ignores,tu aurais pu naître Dans une de ses maisons Claires que

séparent des rues Larges ou’ les promeneurs se Retrouvent un peu

après le Coucher du soleil,pour voir Comme chaque jour l’horizon A

deux,voir l’horizon La rue large pleine. 87.Toi tu es née le jour Du

départ,tu n’as pas vu Sur les visages la peur de Voir le toit

s’affaisser Devant les moteurs qui S’approchent pour nous Dire de

cette voix comme Un grincement de partir Car ici,parmi vous se cache

Quelqu’un 88.Tu n’as pas vu comment On regarde la lampe,le

Brasier,la porte et le puits Dans la cour,tu n’as pas vu Comment on

embrasse Chaque objet qui restera Là,seul,jusqu’au retour. 89.Toi tu

es née le jour du Départ pour le village le Plus proche ou’

des moteurs S’approchent pour leur Dire,de loin,de cette voix Comme

un grincement de Partir,car là-bas parmi Eux se cache quelqu’un. 90.Il

n’y a que le chemin Qui ressemble aux rues Dans le

village,les mêmes Pierres,les mêmes pas qui Font s’arrêter et

debout, Les yeux au loin placer les Maisons en face.Lorsque Toutes

sont là,je les Regarde une dernière fois Avant de rejoindre les

Autres un paquet sur L’épaule,plein de ces Merveilles que je ne

quitte Pas. 91.Ici se cache quelqu’un Et chaque chemin ressemble A ces

rues larges ou’ les Promeneurs se retrouvent, Pour voir

l’horizon faire le Crépuscule.Ou’ alors partir ? Lorsque je sais que

le village Ou’ l’on arrive est celui Abandonné le jour du

Départ,lorsque toi tu es née. 92.Il y’a aussi les chants Parmi

nous,ils donnent au Pied la force de marcher Et font à eux seuls les

Longues veillées ou’ pour La première fois de la Journée,on se regarde

Longuement sans un mot. 93.Il n’y a que ces chants Dans

notre halte qui Accompagnent le crépitement De brindilles ramassées

sans Tâtonner sur le sol ou’ Beaucoup dorment bercés Par la chaleur

que porte Ta voix comme un écho Qui vient de la montagne

Habitée de contes infinis. 94.Je découvre en elle un Olivier,et à

côté au bord D’une rangée de pierres Alignées un palmier se dresse Sur

un lit d’oued asséché. 95.Les deux n’éxistent plus, Mais à

leur place grandissent Deux vergers :l’oliveraie pleine De rameaux

couleur d’herbe Qui font de l’été ici,une saison Bénie et la palmeraie

comme Sous le poids de grappes ciel Embrasé,son image

s’enfonce Dans l’eau que viennent puiser Chaque matin quelques

jeunes Filles,le rêve dans le rire Encore. 96.Ce rêve interminable sur

Tes lèvres à croire que chaque Rayon qui s’y dépose s’ajoute A

l’autre comme sur ce fruit Que j’aime goûter après L’avoir

légèrement effleuré Une fois mûr. 97.Et un peu plus tard Lorsque dans

chaque recoin De la brise viendra se mettre Le chant en douces

lumières, Il apparaîtra comme des Fleurs,comme d’innombrables Fleurs

sur tes joues Enflammées. 98.Ce rêve interminable à Croire que toutes

les mains Amassent en un seul tas ces Fruits qui

rempliront les joues Des enfants le soir comme ces Minces filets

d’eau qui se Donnent en entier à l’oued, Et ces bourgeons que nous

Verrons un matin donner Ses couleurs à toute L’étendue. 99.Demain

nous irons Voir tes pas, Nous irons Sillonner les chemins. 100.Nous

irons voir Les arbres Auxquels tu t’adossais Les jours de soleil.

101.Nous irons voir Leurs nids Et leur doux branchage A la

brise. 102.La liberté Leur a été confisquée, Il y’a des décennies.

103.Lorsqu’il s’est tu,ils Se sont tous observés et En plus de ceux

qui l’ont Ramené,plusieurs se sont Approchés et de chaque Côté

l’ont prise entre leurs Bras doucement. 104.Arrivés devant sa

Demeure,il les invita à S’assoire pour une longue Durée,alors que les

autres Sont rentrés déjà,silencieux En un groupe lent. 105.Ce

verger,grand père L’a planté avant Que tu ne viennes. 106.D’autres

debout,les Bras croisés sur la poitrine Grattent légèrement de Leurs

orteils,la surface De la terre durcie et font Un amas de

grains qu’ils Tassent par touches répétées, Sur tous les côtés.

107.Il l’arrosait Le matin et le soir L’eau il la ramenait De loin.

108.Il la ramenait D’une rivière, D’une grande rivière Lointaine.

109.De temps à autre Quelqu’un bouge,discrètement Sans toucher

personne,pour Se mettre à l’aise,sur l’autre Côté,en s’essuyant les

mains Après. 110.Un jet de salive à L’écart par-ci,quelqu’un

Tousse par là,un soupir Etouffé,un autre profond, Une mouche chassée

va de Visage en visage sans être Regardée. 111.On avait des haillons

Sur le corps, De vieux haillons Sur le corps. 112.L’un

pressait ses doigts, Ne les voyant même pas, L’autre baissant la

tête,les Mains sans tremblements, Caressant les cheveux. 113.Il y’a

des mois,la même Chose s’est passée et le soir Tous les

habitants ont en parlé. Le matin,il fallait ramener le Plus vieux

qui habite derrière Ces maisons,seul depuis Longtemps déjà,entre les

bras. 114.La famine pèse Sur nos yeux, Sur nos voix.

115.Beaucoup ont parlé Avec des gestes saccadés, Beaucoup écoutaient

des Regards furtifs pour un Côté,lui les écoutait. Lorsque les

regards,lorsque, Lorsque les gestes se sont Apaisés,lui écoutait

encore Puis il a parlé. 116.Nos mains,on ne sait Presque même pas

les Soulever,on reste là Dans cette chaleur A errer. 117.As-tu vu

leurs yeux Briller de peur, Lorsque les bottes Fracassent En

pleine nuit Les portes. 118.Puis il a parlé avec Ces gestes et ces

regards Qu’ils avaient dans les cours, Devant les portes,dans les

Lieux,au bas des sentiers Ou’ tous aimaient se Rencontrer.

119.Tous écoutaient les Mains jointes,et sur le Front,et sur le

visage une Ride apparue avant la Tombée de la nuit s’est creusée,

Creusée,dans l’attente du jour Qui se lève. 120.On ne savait pas

quand Est-ce que elle a commencé, C’était une nuit d’hiver,une Nuit

de pluie. 121.Quelques uns étaient assis, Avec dans la main,un bout de

bois Sec qui dessine une ligne sur le Sol,plus profonde à

chaque fois Qu’elle passe,et lorsqu’une Racine apparaît,elle est

caressée, Elle est caressée et recouverte Tendrement. 122.Novembre

Pour nous Est la liberté Promise. 123.L’eau a emporté maisons Et

récoltes,il ne reste Que vase et boue Dans les buissons.

124.Beaucoup sont restés Quelques instants étalés,puis Ils se sont

relevés avec de Légères égratignures sans Parler,les habits tachés de

Poussière qu’ils emportent Assez souvent chez eux. 125.Ils ne se

sont pas parlés, L’un était profondément desolé, Ne sachant quoi

dire,l’autre bien Etonné,de se retrouver Soudainement allongé,alors

Qu’il mesurait le chemin qui Restait à faire,au chant d’un Oiseau

quelquepart,qui se Rapproche, en airs qui se Succèdent. 126.Novembre a

été Pour nous La délivrance de la servitude Et du joug

colonial. 127.Si vous vous êtes arrêtés Pour toucher vos pieds

Endoloris,pour vous Rafraîchir un peu,pour Ingurgiter

quelquechose,pour une Gorgée,pour vous essuyer la Peau et penser à la

longueur à

Faire encore. 128.Quelqu’un venant,en Courant de derrière pouvait

Surgir,sans vous voir,vous Emporter et vous renverser,il Pouvait

tomber sur le visage. 129.Demain tout sera là, La trace de mes pas

Sur la terre Dans les contrées Que tu aimeras. 130.Des contrées Que

tu ne connais pas, Une terre Ou’ des fleurs poussent Depuis plusieurs

jours Déjà. 131.Les soirs des premières Chaleurs de Mai,ou’

sur une Natte large étalée dans le Houch, Des enfants apprennent à

Raconter,les contes qui ont Emerveillé un rire de temps à Autre sur le

visage. 132.Les soirs d’été ou’ après Un soupir que suit un

large Sourire,tu me parles des Récoltes longues et pleines de Chants

qui durent parfois Jusqu’à la tombée de la nuit. 133.Les mots se

succèdent,en Flot tendre infini,à ta main sur Ton front,les

yeux fixes et Brillants,au sol,durant de longs Instants. 134.Les

soirs tièdes ou’ sur Une marche à même le sol,nous Assistons au

sourire humble de La pleine lune,dans un ciel étoilé Qui caresse le

paysage dans le Doux silence de la nuit. 135.Les mots d’amour que je

Sais te dire,même lorsque ton Front se ride,lorsque tu fixes Mon

regard pour un instant. 136.Les mots simples pour te Décrire

demain beau,la voix Gorgée de cet espoir qui Rechauffe tes mains,les

bras Croisés sur la poitrine pour La presser. 137.La chaleur de mon

regard Adossé à un arbre,les yeux Devant,une longue pensée

pour Le beau rêve de la veille. 138.La chaleur de quelques Mots

inscrits à ta paume d’une Main amusée pour qu’après Le départ,au loin

tu te Rappelles. 139.Les moments ou’ en Parlant tu t’arrêtes un

instant Pour chercher rieuse Quelques mots et continuer Gaie parfois

pendant Longtemps. 140.Demain tout sera là, La chaleur de mon

étreinte,les yeux fermés,bercée par une Lampe aux reflets tendres

Partout autour. 141.Demain,lorsque tu passeras Sur le chemin

qu’effleurent les Rameaux,à la brise comme Une caresse,tu percevras le

Doux bruit feutré des fruits Qu’accueille la terre. 142.La

récolte est longue,et De temps à autre,le soir tu Sors pour

contempler un Instant le doux sommeil de La petite montagne.

143.Demain les fruits entassés Se mettront en cercle pour Scintiller

longuement de cet Eclat des joues enflammées A la douceur de la

flamme. 144.Et dans ta randonnée,tu Prendras à chaque fois une Poignée

que tu étaleras de Tes doigts brillants pour voir, Si un peu

de buée imbibe Leur peau. 145.Lorsque quelques rides

Apparaissent,lorsque des Rides se forment dans ton Regard,elles

s’habillent Entières de lignes de Lumière. 146.Les fruits sont plus

mûrs, Ils

attendent l’étreinte de la Paume,une longue étreinte Qui fait

briller les mains D’un doux éclat étalé. 147.On m’a pris dans la rue,

On a cherché dans mes poches, On a cherché dans toutes mes

Poches,on n’a trouvé aucun Papier. 148.On m’a fait monter Crosse au

dos, M’assoire serré Près de compagnons. 149.On avait la même couleur,

On avait les mêmes habits, On avait le même regard, Celui

qu’on avait sur lui. 150.Cette saison, Il a beaucoup plu, Des nuages

noirs Ont parcouru le ciel Toute la journée. 151.De grosses gouttes

Sont tombées,drues sur Les rameaux en fleur, Sur mon visage,

A l’abri, Loin des troupeaux. 152.Demain être libre De t’approcher,

De te regarder De serrer tes mains Pour assister à l’orgie De rayons

colorés Qui dessinent à l’horizon Proche Un monde né du

silence. 153.Il soulevait de grosses Vagues,il faisait tanguer Le

bateau,il nous menait Loin, Loin De notre pays. 154.Lorsque nous

arrivâmes, Il y’avait un peu De soleil, Un soleil encore froid,

C’était le printemps. 155.Le Sahel s’étale Jusqu’au loin, Aride

Brûlé de soleil. 156.Les autres aussi Rêvaient, Ils ne parlaient pas,

Ils ne savaient pas, Ce qu’ils trouveraient Là-bas. 157.Dehors

il y’avait Le bruit des vagues, Dehors les vagues Se formaient,

Blanches au loin. 158.Dehors Il y’a le vent, Il faisait froid, On ne

voyait personne, Dehors Le vent soufflait. 159.Qui fait briller

le visage, De cette lumière profonde que Trace la récolte qui

dure,qui Fait briller les pieds,qui fait Briller toute la paume.

160.Lorsque tu prendras Un tas pour le regarder, Tu verras les reflets

du Suc naître comme Quelques reflets dans Ton regard. 161.Demain

près du ruisseau, Au bord de l’eau,dans la Cuvette aux bords polis,

Aménagée amoureusement Lorsque tes mains s’assemblent Pour

effleurer l’eau Le suc naîtra. 162.Un suc au goût Ensorcelant,un suc

pur Dans tes mains assemblées Qui rempliront tout le jour, La jarre

jusqu’à son Goulot. Journal 163.Le tuteur se rendra compte

De ton existence,il ira Même vers toi,il te Parlera d’un langage

vague, De bribes de choses que Tu connais déjà. 164.La ville est

facinante, Pleine ce lumières,de Couleurs,d’immeubles,

D’escaliers,de gens Pressés que l’on finit Par aimer. 165.Un jour le

soleil Envahira de lumière ton Lointain grenier,et il le Débarassera

des ordures Déposées,là en passant Chaque jour depuis des

Années,sans que tu Le saches. 166.La mère ne mendie plus ,elle ne

tend plus sa main ,car le père est là. 167.Je te vois lumière,

Immensité de blondeur, Bel épis de blé rieur Qui me hâpe. 168.Je te

vois,le sourire Plein de ce rêve que j’ai Fait une fois,une seule

Fois,blessure logée au Plus profond de mon Espoir. 169.Ce matin tu

leur parlera Peut-être de cette joie dans ta Voix comme un lever

du jour Qui surprend la rosée couler Sur les grandes feuilles

Etalées en une caresse faite A ton sourire qui dure depuis Cette

fois,ou’ dans ton Rêve tu t’es demandée Comment je serai au retour.

170.Au retour,il y’aura Un chant dans mes bras Et un autre dans ta

voix,il sera aussi grand que ce beau pays Qui a grandi en moi,en.une

Nuit comme en mille siècles. 171.Le même chant sur Chacune de

nos voix,pour Nous accompagner dans notre Demeure délaissée pour un

Futur retour. 172.Le chant allonge ton Age tel un corps qui se Dilate

de bien-être et se Loge dans le retour.Je le Veux comme des

perles Au soleil sur ta peau,ou Des pensées qui font les Rêveries

quotidiennes. 173.Nous devons nous évader Dit Si Messaoud à ses

compagnons De cellule,qui l’écoutaient rêveurs. Nous devons

rejoindre les compagnons au Djebel,ils ont sûrement Besoin de

nous.Il paraît que les Dechras des environs ont été Bombardées par

l’aviation,toutes Les maisons ont été rasées et les Populations

ont prit ce qui restait Et sont parties.Il y’a eu beaucoup De

victimes,et parmi elles des Enfants.On ne les a même pas

Enterrées,elles sont restées sous Les décombres.Et nous à rester là

Entre

quatre murs,à manger Cette soupe infecte. 174.Le romancier s’isole

entre Des murs à la recherche D’histoires,d’images et de

Personnages.Il lui arrive de remplir Le papier et de recommencer,

Jusqu’à

la naissance d’une Histoire.Ses personnages sortent Toujours du

commun.Ils sont Le fruit de son imagination. Parfois,ils sont

irréels,et ne Ressemblent en rien à ce qui Existe.Parfois l’histoire

met des Jours pour naître.Plein de Papier et un tas de mégots Par terre.

3.La voix des légendes.

La voix des légendes. 04.. Ce matin il ne pleut pas le brouillard

étale sa blancheur à tout le paysage et partout ou je regarde partout

il ne fait pas froid 05.. Le brouillard

s'étale parfois fascinant fascinant en couche dense mais lorsque je

regarde lorsque je regarde bien lorsque je regarde longuement le

paysage apparaît dans toute sa grandeur plus beau Encore 06.. Je

vois même le soleil monter, je le vois monter,et tracer à l'horizon,

comme chaque matin une ligne de lumière, je vois les pousses frémir et

accueillir d'un sourire le nouveau jour, j'entends au

loin des chants d'oiseaux et les pas remplir les chemins. 07.. L'eau

qui s'écoule tranquille,c'est dans ton regard qu'elle miroite en fête

de lumière. 08.. Le matin,les chemins ne vivent que des

pas ,la lumière, les fleurs alignées,les branchages assoupis

s'étirent à l'approche des pas, et sur leur face, le premier sourire

n'apparaît qu'à la chaleur du regard..09..L'écorce des arbres,c'est

ta caresse en passant qui la fait naître. 10..Le paysage qui

somnole,c'est dans tes mains qu'il y'a des jours pour l'embellir.

11...Les chemins à parcourir,c'est les pas qui approchent le matin qui

les réveillent,la nuit,toute la nuit c'est les légendes couleur de

nuages qui veillent,mais le matin,le matin,c'est ton souffle,ton

souffle qui ravive la lumière qui somnole depuis

hier...12..Partout ou je regarde,il ne fait pas froid,c'est

étrange..13..C'est l'hiver et il ne fait pas froid, le ciel est plein

de nuages,ils ne sont ni bas,ni gros,ils sont gris,lorsque je

contemple longuement leur course effrenée,balayés par des vents

forts,à leur place apparaît plus belle encore toute une étendue bleue.

Le chant des rameaux 14.. C'est l'hiver,il pleut à

torrents,mais il ne fait pas froid,c'est étrange.Les ruisseaux qui

accueillent toute l'eau,tes mains les ont tracés il y'a très

longtemps,après les premières moissons,sans se dépêcher,pour que dans

l'oued les miroitements gais au soleil et les petites . 15.. Pour

que dans le puit,lorsque tu te penches pour remplir les fins et longs

canaux,à sa surface se dessine ta silhouette entourée de

lumière. 16.. C'est l'hiver,le vent souffle,mais il ne fait pas

froid,étrange.Maintenant derrière une ligne d'arbres qui se tordent

sans casse, il y'a un verger,un immense verger qui grandit pour

donner des fruits de toutes les saisons. 17..vagues à la brise

demeurent au-delà de la chaude saison 18..c"est l'hiver,le ciel est

gros, de grosses gouttes tombent,un vent fort souffle,mais il ne

fait pas froid,étrange. 19..L'eau qui s'écoule dans les ruisseaux,au

début est boueuse,elle est jaune,pleine de poussières déposées à

longueur de journées par des vents qui dessèchent parfois la

gorge,mais qu'il est tendre le bruit qu'elle fait sur les

cailloux,car c'est le chant d'un ruisseau qui renaît gaiement à la

vie,après une longue dormance. 20.. Il y'a eu des moments ou les

sources

se sont taries,en passant lorsque tu les regardes,ton front se

plissait,au printemps elles s'égouttent déjà péniblement,plus tard,il

n'est resté de la verdure qui les entoure que des touffes sèches

sans vie. 21..Le chant d'un ruisseau qui renait est un chant qui

rassure,il est là lorsque les vents hurlent,là lorsque les vents

s'apaisent.Plus tard lorsque les gorges se desséchent parfois,une

ligne de verdure tendre au toucher reste tracée, sur le sol sec et

poussièreux. 22.. Une ligne de verdure qui demeure jusqu'aux premières

pluies,qui étale ses racines dans la poussière sur le sol

sec,qui s'étale comme un tapis aux pieds nus,qui se répand pour

accueillir les feuilles qui tombent. 23.. L'eau qui s'écoule en un

chant qui demeure lorsque les vents s'apaisent rassure,car à sa

vue les gorges qui se sont desséchées une fois se désaltèrent,avec

autour de la verdure,ou de temps à autre apparaissent des fleurs. 24..

C'est l'hiver,les nuits sont longues,autour du feu,les

contes qui font les veillées sont si beaux,sont si pleins de cette

chaleur qui repousse le sommeil pour les allonger. 25..Ils sont si

pleins comme d"un rêve,mais d'un rêve plus grand,celui qui

parle des aieux,de leur jeunesse,de leurs chevauchées, de leur

marche,de leur joie le jour du marché,lorsqu'ils se rencontrent après

une 26..Celui qui parle de leur histoire,de leurs gestes,de

leurs beaux gestes,qui n"ont fait que grandir depuis l'enfance.

27..Les contes naissent parfois dans la mémoire le jour du marché,ils

naissent sur les chemins dans cette rencontre,de cette

rencontre après les longues absences,pour se répandre et remplir de

gaieté de chaleur les veillées des longues nuits d'hiver. 28.. C'est

l'hiver,les nuits sont longues,autour du feu,avant que la

douceur du sommeil ne commence à envelopper les paupières,il y'a

toujours une pensée pour demain. 29..Une pensée pour les chemins, pour

les champs, pour les bois,pour les lieux,pour les toits de

diss d'ou s'échappe un peu de fumée, ou sont nés les contes. 30..

Les contes naissent le soir dans la marche et grandissent sur les

chemins. 31.. Lorsqu'ils se répandent,ce n'est pas seulement, pour

habiter les veillées,quand dehors les vents rugissent,c'est aussi

pour qu'à ton réveil, lorsque tu regardes autour,tu découvres que dans

le matin quelquechose a changé. longue absence,après la

vente de la récolte. 32.. Qu'en toi,quelquechose a grandi,que ta

mémoire a grandi. 33..C'est vrai,ce n'est pas immense,mais à chaque

fois tu découvres que le matin a changé, que le matin a grandi,

qu'ils sont beaux ces matins. 34.. Qu'ils sont beaux ces matins,ou'

après les longues nuits gorgées contes ensoleillés,tu découvres

lorsque tu regardes autour,que ta mémoire a grandi. 35.. Sur la

terre noire bien gorgée d'eau par endroits,une nuée d'oiseaux blancs

se déplace légère d'un pas plein de vie,sans se presser, sans regards

furtifs autour,sans crainte de la pluie. 36..Autour les

rameaux se reposent,la cueillette est presque finie,maintenant ils

se reposent pour un instant. 37.. Dans leurs yeux,il y'a tout le

paysage,il y'a aussi les nuages,la course des nuages,qu'il est

beau leur regard,qu'il est beau ce regard qui porte la terre

noire,qui se gorge d'un peu d'eau par endroits pour accueillir une

nuée d'oiseaux blancs qui se déplacent sans se presser. 38..Les

rameaux se reposent pour un instant, dans les vents qui soufflent,il

n'y a pas leur chant.Leur chant,lorsqu'il se répand,il se répand dans

les vents pour qu'ils s'apaisent, pour qu'ils deviennent

dans leur marche,en marchant cette brise qui souffle gaie sur le

visage avant le coucher du soleil,en été. 39..Le chant des rameaux est

un chant qui ne cesse pas,il est un chant qui se répand, dans

les vents qui soufflent,à n'importe quelle saison,il est dans toutes

les langues,il est ce qu'il y'a de plus beau dans les saisons. 40.. Il

est dans toutes les langues,comme ce qu'il y'a de plus

beau dans les saisons,et dans ta voix,lorsque je l'entends,il est

les jours qui se lèveront pleins de promesses et de ces voeux que tu

fais,en marchant silencieuse,les yeux devant. 41.. Devant le

jour se lève,le chant des rameaux logé dans toute la voix,se répand

lentement sur la langue,comme ce qu'il y'a de plus beau dans les

saisons. 42..Les nuits d'hiver sont longues,et autour du feu les

joues s'enflamment d'émerveillement, devant les légendes qui

irriguent la mémoire de cette sève qui fait grandir. 43..Les légendes

naissent avant de partir,sur les chemins,dans les camps sans

clôture;avant l'étreinte des mains,avant l'étreinte des regards,à la

douceur de la flamme que ravive un chant d'amour lointain parfois.

44.. Les légendes naissent dans les clôtures,et lorsqu'elles

sortent c'est pour partir,mais avant de partir dans les espaces

immenses,elles répandent comme un doux souvenir qui transcende l'oubli

qui hante les mémoires. 45.. L'oubli dans la mémoire se

dissipe sur les chemins,dans les camps,dans les espaces réservés

lorsque le soir,tu fixes avant de partir le regard de longs instants

la douce flamme, pour écouter le chant d'amour,lointain parfois

qui se fraye un chemin,dans l'étendue glacée pour se rapprocher.

46.. Qu'il est beau ce chant d'amour qui se fraye un chemin dans

l'étendue glacée,pour se mettre le soir,autour du feu,à tes côtés

lorsque beaucoup se sont endormis,parfois les poings presque

serrés,car demain très tôt,dès le réveil,il faut encore marcher.

47..Demain,il faut se lever tôt,car il faut marcher encore, marcher

jusqu'au retour et là,tu pourras effleurer de près les légendes.

48.. Tu pourras les étreindre,les embrasser,et gaver ta mémoire du

tendre souvenir qui fait briller parfois,plus que d'habitude tes

yeux de l'éclat des étoiles,là chaque nuit dans le ciel. 49.. Le

chant des rameaux est un chant d'amour, ce n'est pas un cri de

guerre,c'est un cri d'amour,ce n'est pas un cri seulement, c'est un

flot de chaleur dans la voix qui transcende l'oubli qui hante les

mémoires au sommeil. 50.. Parfois lorsque les vents hurlent. de l'aube

jusqu'au soir,le soir il y'a comme une boule amère dans ma

bouche,une boule amère que je mâche,que j'avale, pour que sur ma

langue,il ne reste que ce chant,lointain parfois qui se rapproche.

51..Que ce chant sur la langue,à la douceur de la flamme pour

alimenter les étreintes des regards. 52..Qu'il est beau ce chant gai

sur la langue, lointain parfois qui se rapproche,qui se fraye un

chemin,dans l'étendue glacée qui se rapproche pour alimenter de

son flot de chaleur,l'étreinte des corps. 53.. Les nuits sont

longues,les rameaux se reposent pour un instant et l'orangeraie est en

fleur, toute en fleur,des fleurs blanches,blanches à la

pluie,blanches au soleil qui apparaît, habituées à te voir

passer,les regarder longuement,égayer le branchage sans les arracher.

54..C'est vrai,les fleurs d'orangers tu ne les arraches

jamais,avant,avant que les premières n'apparaissent,les toutes

premières,tu passais plus souvent entre les arbres,sur de longues

distances pour les voir respirer. 55.. Parfois,elles ont même habité

tes pensées, pendant de longues journées,maintenant que tu es

loin,que les nuits sont longues, que les rameaux se reposent pour un

instant, 56.. tu sais que les orangers sont en fleurs,des fleurs

blanches,des fleurs blanches dans le branchage,des fleurs blanches

que tu n'arraches jamais. 57..Parfois tu te vois les caresser,les

humer,les regarder avec des yeux humides et chauds. 58.. Parfois

devant la flamme,lorsque tu entends le chant lointain se

rapprocher,se frayer un chemin dans les étendues glacées,tu te vois

marcher les pas légers,les pas sûrs sous le. ciel gris,même quand il

y'a

de la pluie, entre les arbres sur de longues distances dans toute

l'orangeraie. 59.. C'est vrai,il y'a des fleurs que les mains

n'arrachent jamais,ce sont les fleurs des vergers, ce sont les fleurs

de l'oliveraie,de la palmeraie, de l'orangeraie,ce sont des fleurs

blanches que les mains laissent mûrir pendant de longues saisons.

60..Beaucoup ne sont pas partis,ils sont restés mais avant le

départ,ils ont parlé.Ils ont longuement parlé des vergers,de la

terre,de l'oued,des maisons aux portes laissées ouvertes, que les

vents font claquer les nuits de tempête. 61.. Ils ont parlé:au

retour ne vous en faites pas, les vergers auront grandi. 62..Ne vous

en faites pas,au retour entre les arbres, à l'ombre des feuillages

ensoleillés,vous pourrez courir,les mains tendrement liées Le

chant des rameaux(suite) 63..Maintenant dans les lieux,il y'a des

seuils ou' des poussières se sont déposées,ou' personne ne s'adosse le

soir,pour goûter à la fraîcheur des nuits d'été. 64..Devant

ces seuils,lorsque des gens passent,ils perçoivent sans cesse des

voix gaies,juvéniles se répandre,jusque dans leur conscience,jusque

dans les chemins empruntés au départ,pour chanter le retour.

65..Pour qu'au retour,tu chantes chaque soir la légende de la douce

flamme,née dans le camp sans clôtures. 66.. C'est l'hiver,il pleut

mais il ne fais pas froid,le sol est jonché des dernières

feuilles d'automne,même là ou' les arbres n'ont pas poussé.Hier

soir,le vent a soufflé,mais il ne t'a pas réveillé,car tu dormais

tranquille, les mains presque fermées. 67.. Cette nuit,tu n'as pas

rêvé,le matin tu as cherché,mais il n'y avait aucun rêve,aucun rêve

dans ta mémoire,car hier tu as beaucoup travaillé,une pensée de temps

à autre pour ceux qui sont partis,depuis longtemps déjà.

68.. Ils sont partis depuis longtemps,mais avant de partir,ils ont

longuement parlé.Sur le chemin ils ont parlé:au retour vous pourrez

vous asseoire à l'ombre des feuillages ensoleillés,vous

pourrez marcher, les mains tendrement liées,entre les arbres dans

toute l'orangeraie. 69..Avant de partir,ils ont parlé,et ces mots sont

restés vivants dans ma mémoire,qu'ils sont doux ces mots qui

restent vivants,longtemps,très longtemps après le départ. 70..

Parfois un long soupir s'élève,parfois à la douceur de la flamme,je

les vois venir,revenir et habiter les lieux. 71.. Parfois, je les

vois venir et tout remplir de leur voix,de leur regard,de leurs

gestes au matin,de leurs gestes quotidiens qui affectionnent les

lieux. 72..Qu'il est long le soupir,qui s'élève de temps à

autre,après le départ,demain la journée sera longue,il y'aura les

champs et le marché,il y'aura les seuils à dépoussiérer. 73.. La nuit

est longue,mais je sais qu'au réveil dans ma mémoire,il n'y

aura aucun rêve,s'il y'a un rêve,il sera de ces beaux rêves qui

restent longtemps,après l'aube,à égayer le regard,il sera de ces rêves

qui assistent longtemps aux premiers rayons du soleil. 74..

Demain la journée sera longue,il y'a les champs par endroits,inondés

d'eau à parcourir,il y'a le sillon à tracer,il y'a des branchages

encore à aérer,pour que lorsque apparaissent des rayons,même

s'ils sont froids,ils baignent de lumière les premières racines.

75.. L'eau ruisselle sur les flancs des toiles,en coulée

transparente,et forme des ruisseaux pour raviver la terre.Elle n'est

pas

sale,elle n'est pas boueuse,elle est jaunâtre,elle s'écoule en fins

filets longs qui s'assemblent au loin. 76..Lorsque tu sors recouvert

pour ramener du bois, il y'a toujours une pensée pour les

toits rouges, qui apparaissent les premiers,au moment ou' tu

rentres. 77..Le feu doux reste allumé toute la journée,quand les

enfants partent à l'école,tu commences à tisser de tes mains agiles,tu

moules des présents pour toute la planète,des présents qui se

répandent,au-delà des océans des présents qui ont comme une âme,née

loin dans la chaleur des toiles alignées. 78..Des présents pour

toute la planète,couleur des vergers au crépuscule d'été,couleur de

l'aube sur les eaux calmes à reflets d'or de l'oued,ou' les jeunes

filles viennent des petites jarres sur la tête, pour les

remplir la voix gaie,pleine de doux mots pour le bien-aimé. 79.. Ne

vous en faites pas,les étoiles dans le ciel qui recouvrent les nuages

brillent encore dans vos yeux, au retour sur le seuil

lorsque vous vous adosserez, sur la natte au mur repeint,de la même

couleur pour goûtter à la fraîcheur des soirs d'été, elles rempliront

avec leur gaieté habituelle tout votre regard. 80..

Maintenant il pleut,les nuits sont longues,et le vent souffle entre

les toiles,devant la douceur de la flamme l'espoir enfoui depuis des

millénaires renaît au grand jour. 81..Devant la douceur de

la flamme deux ombres se ramassent lentement,lentement en une ombre

dans un chuchotement à peine perceptible,dans le silence qu'habite la

chaleur le vent qui souffle ne s'entend pas. 82..Il ne

s'entend pas,lorsqu'il effleure les toiles,ce qui s'entend et habite

le silence de sa chaleur, c'est le chant des rameaux,loin qui se

rapproche, en se frayant un chemin dans les étendues glacées.

83.. Lorsque lentement les ombres se reforment,dans les yeux,le

regard est embrasé et les mains se serrent pour se lier

tendrement,toujours. 84..L'eau n'a pas emporté les dernières feuilles

d'automne,elles sont restées collées à la terre,sous les

arbres,comme pour la protéger,pour qu'aucun grain ne s'en aille,loin

des caresses répétées de chaque jour. 85..Au retour,de part et d'autre

du chemin,il y'aura des épis de blé blonds,à attendre la moisson,à

t'attendre pour la moisson de tes mains,de tes yeux qu'accompagne un

chant pesant d'exil. 86..Un chant gai,né dans les toiles

alignées,ou' la Nuit le vent qui souffle dehors ne s'entend pas, un

chant gai,chanté,avec dans les yeux brillants,une flamme qui a

grandi,chanté durant de longs instants,parfois les yeux fermés.

84..C'est vrai,l'exil a un goût amer,mais dans les pensées les rues

et la campagne n'ont jamais cessé d'être larges et fleuries,tu n'as

jamais cessé de les dessiner,pendant de longs

instants plus larges encore,plus belles. 85..Tu n'as jamais cessé de

décrire les paysages,et les lieux aux enfants,leurs noms,leurs âmes et

leurs légendes aux enfants,pour qu'au

retour,ils reconnaissent le premier chemin et les toits qui

apparaissent de loin. 86..Le retour est pour demain,c'est vrai l'exil

a un goût amer,mais ne t'en fais pas, nous le vivrons

ensemble.Le retour est pour demain,car ta pensée entière sait

embellir maintenant ce pays que tu ne connais pas encore 87.Elle se

répand dans sa mémoire,dans ses veines, dans son regard

ensoleillé,dans les pas parcourus, dans toute la main.La nuit peut

encore durer, mais au retour tu reconnaîtras tous les lieux. 88.Tu les

reconnaîtras dès le premier pas qu'accueille le sol,et

lorsque tu te reposes pour un instant,tu ne t'étales pas,tu

sillonnes les champs en fleur,le temps de cet air qui revient sur la

langue dans les rêves,au réveil dans le jour. 89.Qui donne à la

langue,une joie de vivre infinie que la boue,loin des villages

blancs n'a pas éclaboussés,que les vents qui soufflent dehors, sur les

routes toutes les nuits n'ont pas effacée. 90.Les vents

soufflent sur les routes d'à côté,toutes les nuits.Parfois,ils sont

si forts qu'ils collent les débris aux barrières,à leurs faces,dans

les fissures béantes des murs lézardés,sur les décombres des

murs tombés,en un fracas que personne n'avait entendu,parfois ils

demeurent longtemps avant de disparaître. 91.Les vents qui soufflent

passent au-delà des barrières, au-delà de toutes les

barrières,pour aller au loin, devant,devant pour déblayer et élargir

le chemin. 92.Sur ce chemin,il n'y aura personne pour te traîner,il

y'aura tes pieds pour marcher les yeux devant. 93.C'est

vrai,la marche sera longue,une longue marche,envoûtante qui te

paraîtra pénible parfois, lorsque tes paupières pèsent lourd,mais tu

verras,il y'a au-delà du premier horizon de la beauté qui s'étale

jusqu'à l'infini,jusqu'à l'infini entends-tu,jusqu'à l'infini.

94.Les vents soufflent sur les routes d'à côté,et vont au-delà des

barrières ou' des débris s'accrochent. 95.Lorsque le soleil n'est

pas apparu dans le ciel,les nuages qui courent ont porté sur leur

dos ses rayons. 96.La nuit,les légendes sont nommées,elles ne sont pas

nommées dans un chuchotement à peine perceptible,elles sont

nommées doucement,d'une voix amère parfois,restée chaude durant

toute la tempête. 97.L'éxil ne t'en fais pas,nous le porterons dans

notre regard ensemble. 98.Un jour il y'aura ses empreintes sur

mon front,mais dans ton visage,dans tout ton visage l'espoir aura

grandi. 99.Un espoir,aussi grand que les champs de blé restés vivants

dans ma mémoire,comme des rayons de soleil qu'une brise

légère adoucit. 100.Les nuits sont longues et le sommeil n'enveloppe

les paupières que tard. 101.Lorsque les yeux s'ouvrent dans le

noir,l'orangeraie dans toute sa grandeur apparaît au loin,et se

rapproche jusqu'à habiter toute la mémoire. 102.Lorsqu'ils se

referment,des rayons de soleil éclairent ses feuilles et ses fleurs

pendant de longues heures, parfois,de longues heures,des heures

entières, jusqu'aux premiers pas que l'on entend partir. 103.Cela

remonte à longtemps que l'oued est asséché,qu'il n'y a pas d'eau,que

les galets s'étendent sur toute sa longueur,maintenant il n'y

a que quelques flaques par endroits et des traces de pas sur un peu

de sable. 104.Beaucoup se sont déplacés,ils ont dit dans un sanglot

qu'ils reviendront,lorsqu'ils verront tomber les premières

pluies,ils sont partis sur les routes, les plus petits sur le dos,et

les autres derrière. 105.Les oliviers et les champs de blé n'ont pas

besoin de trop d'eau pour pousser,c'est vrai,sur la terre

asséchée par le soleil,les plants ne sont pas denses,mais il y'aura

quand même du pain et de l'huile sous le toit. 106.Il y'aura des mains

qui chercheront le coin d'ou' l'eau jaillira,pour abreuver

la gorge,pour abreuver la peau hâlée et brillante par des journées

entières sur les sillons tracés avec peine. 107.Il y'aura des sourires

sur la terre que le soleil calcine sur la terre ou' sur de

grandes distances, il n'y a pas de verdure. 108.Il y'aura des

sourires,et il y'aura la nuit des rires,des rires d'enfants pour

rendre moins pesant le silence. 109.Le silence de ces étendues,ou' il

n'y a plus aucun bouisson,ou' sous les arbres il n'y a plus d'ombre

pour ceux qui viennent de loin,se reposer quelques instants et

continuer leur marche. 110.Dans l'oued les galets s'étalent sur de

longues distances,il y'a un peu de sable,il y'a quelques traces de

pas durcis,des pas de pattes d'oiseaux,près d'un peu d'eau,et loin,

très loin,un chant comme un nuage grossit et s'étale à tout le

ciel. Le chant des rameaux(suite) 111. Un chant qui vient de loin,un

chant qui vient des forêts luxuriantes,des oasis,des fleuves

majestueux que sillonnent des pirogues frêles et gaies,chargées

d'hommes qui ne reviennent parfois que tard le soir.

112.Parfois,lorsqu'elles reviennent,pleines la fête a déjà commencé

dans le village:autour d'un grand feu de bois qui monte haut dans le

ciel,il

y'a un large cercle de voix et dans tous les yeux de petites flammes

éclairent dans toute sa grandeur une danse magique. 113.Une danse

magique ou' dans les yeux qui se ferment,dans les corps debout

en transe l'esprit se déverse,en mots infinis,pour honorer les

légendes qui peuplent le ciel. 114.L'esprit se déverse,sur la langue

en un flot que la danse libère,pour parler aux légendes des

enfants aux membres atrophiés,aux ventres ballonnés qui meurent de

temps à autre, à quelques lieux de là. 115.L'esprit se déverse pour

parler aux légendes de ceux qui partent,en procession,un

enfant dans un bras,dans l'autre un ballot,d'objets chers qui

rappellent les lieux et qui trouveront bien des bouts de bois,pour

allumer un grand feu,à la belle étoile. 116.Une danse magique,à la

belle étoile,ou' les yeux se referment,ou' dans les yeux à

demi-ouverts, la pensée se déverse en un flot infini,semblable au plus

beau paysage,pour s'emparer de toute la langue et

parler,parler,parler. 117.Parler longuement des champs de blé,de ce

beau paysage,parler des toiles,des arbres millénaires aux feuilles

alignées en un rameau. 118.Parler en un flot infini,en un flot

d'ou' naîtra le plus beau chant,un chant qui effleure tendrement les

feuilles tressées,les étendues de blondeur qui s'étale en un large

nuage dans le ciel,lorsque le soleil au loin, calcine la

terre. 119.Un chant qui transcende les déserts,qui transcende les

océans,qui transcende les barrières ou' des débris emportés par les

vents se collent dans des lieux abandonnés. 120.Qu'il est beau

cet enfant,debout à côté d'un troupeau des amulettes accrochées à

ses habits,un peu sales,qu'il est profond son sourire,qu'il est

profond son regard,lorsqu'il vous regarde, lorsqu'il vous parle de

demain,qu'il est beau avec ses habits sales. 121.Demain dit-il,avec

mes mains frêles,avec nos mains frêles,nous construirons des puits et

un grand canal,à ses rebords,jusqu'au loin, il y'aura de

grands jardins,avec de petits plants et des arbres sur cette bonne

terre qu'hier encore le soleil calcinait. 122.C'est vrai dit-il,demain

nos mains frêles feront revivre les champs et les

plantations,et lorsque tu viendras,il y'aura des fruits pour toi.

123.Qu'il est beau cet enfant,qu'il est profond son sourire toujours

là,lorsque vous partez cette promesse est dans votre regard,et

dès qu'il y'a un peu de silence,elle revient dans toute sa

grandeur,pour se répandre devant. 124.C'est la saison des pluies,et

aucune goutte n'est tombée,adossés à des arbres qui ne donnent plus

d'ombre,des hommes parlent,lorsqu'ils parlent,ils ne parlent pas de

la faim,ils parlent de ceux qui sont partis,de ceux qui ne reviendront

peut-être pas,ils parlent du fleuve, miroitant de petites

flammes,la nuit,qui coule majestueux et lent jusqu'au delta. 125.Ils

parlent des huttes accrochées aux collines,et de l'eau jaune des cours

jadis fertiles,ou' les troupeaux s'abreuvent,montée sur

le dos, dans les mains durcies pour irriguer les plantations.

126.Sur le visage,au regard lointain,il y'a quelques rides,et au coin

des lèvres,au coin des lèvres pincées brille comme un soleil une

gaieté éternelle. 127.C'est la saison des pluies,et aucune goutte

n'est tombée,debout près d'un troupeau, un enfant au regard profond

scrute l'horizon, un bâton à la main,un bâton fait de ses

mains,un bâton qui ne frappe pas,un bâton plein de dessins. 128.Son

visage est un peu sale,mais qu'il est beau son sourire,lorsqu'il vous

parle des puits, lorsqu'il vous parle des fruits qu'il

y'aura, lorsqu'il vous parle de demain,lorsque vous partez,devant

vous n'apparaît aucun mirage. 129.A' côté des hommes parlent,adossés à

des arbres, qui donnent plus d'ombre,lorsqu'ils ferment les

yeux dans un peu de silence,c'est pour faire vivre les ruisseaux qui

font les rivières,pour faire revivre les rivières,pour faire revivre

les champs et les vergers,pour qu'au retour,vous pourrez

courir gais sur de longues distances,entre les arbres,les mains

liées tendrement. 130.Ils ne savent pas lire,ils ne savent pas

écrire,ils n'ont jamais été à l'école,pourtant sur la soie,sur les

nattes,sur l'argile,ils ont fait les plus beaux dessins,que tu

apprendras,que tu transmettras à ceux qui viendront. 131.Ils sont

femmes et hommes,ils ne savent pas lire et écrire,ils n'ont pas été

à l'école,et durant de nombreux jours,un peu fatigués,au retour des

champs et des plantations,ils ont fait naître les plus beaux chants,en

silence,en marchant. 132.Des chants pour peupler le froid

de la saison qui s'étire,des chants pour accueillir la belle saison,

ou' toute la campagne refleurit,des chants pour la saison des

fêtes,des chants pour accompagner les moissons,sous le soleil

d'été. 133.Ils n'ont pas été à l'école,ils sont des femmes et des

hommes qui ne savent ni lire ni écrire, parfois ils nous rassemblaient

autour d'eux,en un demi-cercle semblable à une aube,habillée

d'un léger brouillard,d'un peu de brume,à l'horizon pour faire

revivre dans nos petites consciences,les légendes des siècles passées.

134.Ma peau est noire,sur mon visage que les vents assèchent

des rayons se rassemblent,se rassemblent en ondée de chaleur et

forment un soleil.Lorsque je regarde au loin,je sais que dans mon

regard,la petite flamme qui éclaire douce et humble ne s'éteindra

pas. 135.Les bras croisés,adossé à un grand arbre,je regarde le ciel

bleu,profond et limpide, s'enflammer au crépuscule,en une immense

fresque de lumière. 136.Lorsque j'ai fermé les yeux,pour

quelques instants, j'ai perçu sur les ergs dorés infinis,la légende

des hommes du désert qui remonte les siècles. 137.Chaque erg est un

pas de la caravane, chargée de sel qui connaît si bien le

chemin,en scrutant les étoiles,dans le ciel,pour aller transmettre

aux oasis les chants du désert. 138.Qu'il est beau cet enfant,le

visage un peu sale,des amulettes accrochées à ses habits,il a un

petit corps frêle et des membres atrophiés,car il a toujours

travaillé plus que son âge.Lorsqu'il me parle de demain,toute la

campagne refleurit, et dans la ville les boulevards s'élargissent.

139.Aujourd'hui il dormira tôt,le coeur plein de joie,car cette nuit

il a fait frais,demain il se lèvera à l'aube,avant que le soleil

n'apparaisse à l'horizon,et regardera le ciel pour voir s'il

y'a quelques nuages qui s'étalent dans l'immensité bleue,comme un

chant,qui s'élève au loin lorsque la terre a soif. 140.Qu'il est grand

le sourire mûri au soleil de cet enfant,au visage un peu

sale,lorsqu'il regarde au matin l'horizon,pour voir si quelques

nuages s'étalent dans le ciel. 141.Depuis longtemps,il n'y a pas eu

d'eau sur cette terre et les hommes sont partis,en processions

avant de chercher,ou' peuvent jaillir les puits pour irriguer les

champs et les vergers. 142.Maintenant le vent souffle,de temps à autre

sur le sable doré,et les ergs qu'il déplace sont un chemin

aux caravanes chargées de sel,qui vont transmettre aux oasis les

chants du désert. 143.Tout ton intérieur est dans tes gestes,il est

dans tes gestes saccadés et gracieux qui répètent et

grandissent. 144.Quelle beauté dans ces gestes,quelle grandeur dans

ces petites choses,dans ces choses qu'ils font chaque jour. 145.Tout

ton intérieur est dans tes gestes,il est une clarté dans tes

yeux,dans tes yeux qui regardent faire,qui regardent tes mains faire

la journée entière.

4.Au jour naissant.

01.Dans la mine, Il fait chaud, On respire à peine Et il fait sombre

02.Regard à tes leçons arrangées,sur la table dépoussiérée,ou’ à la

faible lumière,tu revois les épaules penchées quelques

lignes avant de t’endormir. 03.Lorsque tu rentres un présent

t’attend,là ou’ tu vas en premier,tu le prends et tu le Regardes,et

l’on te dira que c’est cette chose dont tu as parlé il y’a

longtemps. 04.Dans les yeux, Il y’avait Le souvenir. 05.Joies aux

premières paroles balbutiées,en un mot,à chaque fois nouveau,comme un

flot qui vient grandir le cours d’eau,d’une source qui

renaît,yeux ouverts au récit,ou’ les personnages sillonnent les

continents,pleins de trésors,dans de vieilles embarcations,aux voiles

gonflées au vent. 06.Le sahel croule Sous la chaleur, Pas de

troupeau, Aucune goutte d’eau. 07.Tôt le matin, Je t’ai vu partir,

Je ne sais pas ou’. 08.Un regard pour remplir toute chose,autour,que

tu toucheras,que tu regarderas,à laquelle tu t’adosseras au

moment ou’ tu as fini ce qui demain sera entamé. 09.Douceur à ton

retour de dehors,ou’ tu as effleuré la route d’un pas léger chaque

jour,quelques papillons devant qui voltigent jusqu’au soir.

10.Demain dit-il Nous construirons des puits et un grand canal.

11.Et un regard douceur à ton retour,douceurs à tes premières

paroles,à une histoire apprise,aux phrases que tu répètes,au coin ou’

tu déposes ce que tu rapportes,au geste qui les arrange,à tes mains

que tu laves ruisselantes d’une eau claire. 12.Nous planterons

beaucoup d’arbres et nous les arroserons du matin jusqu’au soir.

Bourgeons sur les chemins 13.Une caresse aux cheveux,au départ,au

retour de l’école,à emporter en cours de chemin,comme des lieux ou’

viendront se placer les noms des mers,des continents,des

oueds,des montagnes,des arbres,des villes,au visage comme une brise

un jour de chaleur,à l’épaule,en tapes tendres,à chaque mot écrit

difficilement,comme un corps qui grandira couleur des saisons.

14.Je te raconterai l’histoire de ces contrées,de longues histoires

pleines de légendes. 15.A mon cou ,je porte des amulettes,je sais

qu’un jour il y’aura là à côté un verger et de l’eau. 16.Goûter

à l’arome de l’étreinte,au moment,ou’ tu savait te donner,comme une

pousse qui s’offre au moment ou’ tu pouvais t’oublier,dans les pétales

des saisons,dans les grains qui s’y sont déposés,en

gouttelettes éparses dans la sève qui les fera renaître un printemps

à venir. 17.Demain Nous irons Voir tes pas. 18.Le vent emporte Tout au

loin, Il sèche ma peau Et mes mains. 19.Les instants de

demain qui coulent aux abords du chemin,dans chaque coin du chemin

fleuri,ou’ après toute la journée,le soir,l’on s’attardera un peu,pour

regarder devant et continuer. 20.Le vent est chaud, Toute

la journée il souffle Il souffle et emporte Tout. 21.La guerre a

pris Huit année, Huit année de solitude Et d’errance 22.La brume a

quitté les mots qui restaient debout hésitants,devant ce qui

s’étale à perte de vue.Devant toi,en eux,il y’a une lettre,comme un

cœur pour chaque moment qui s’imprime gracieusement en instants de

demain.Devant toi,en eux,il y’a une pensée comme une source

perchée à l’ombre qui coule aux abords du chemin fleuri. 23.Mes

vaches ont été emportées comme beaucoup d’autres,une année ou’ il n’y

a pas eu de pluie. 24.On ne savait pas Si un jour On

reviendrait. 25.Présence campagne des moments,ou’ chaque bruit est

un chant de lumière,à la parcelle qui se détend,à la parcelle aux yeux

ouverts qui n’écorche plus les oreilles.Chaque bruit vient

du jour levé,pour raconter au matin la brume partie,au loin des

visages en sourire. 26.On ne savait pas Combien Cela durerait 27.Pour

le pays Nous avons pris Les armes 28.Présence dans la nuit,qui

veille à ton souffle régulier,à tes rêves commencés qui auront une

fin,au rêve qui viendra,au rêve qui reviendra,grand comme toutes les

images,que tu admires jusqu’à l’oubli,au jour levé dans ta

voix. 29.Pour le pays, Nous avons pris Le maquis. Au jour naissant

30.Lorsque tu as allumé la bougie,après avoir un peu Tâtonné,dans le

noir,j’ai vu Tes yeux cernés et sur tes Lèvres plus de mots

nouveaux,ou’ Ton âge apparaît soudain pour la première fois.

31.Après l’avoir soufflé,et lorsque tu m’as regardée, Elle était

encore plus Brillante dans tes pupilles, Elle éclairait tes années.Et

Chaque moment qu’il y’a Dans tes mains jointes Ressemble à une eau,

A boire,car purifiée au Jour naissant. 32.Après,on sera libre, Cette

terre sera Un grand pays. 33.Après il y’aura Des villes Et

des écoles. 34.Au jour naissant,des Pupilles brillantes des Années

ou’ la cendre Du bout de bois Consumé n’a pas été Effleurée. 35.Au

jour naissant,un souffle les yeux fermés,fait s’envoler l’ombre

projetée sur un mur dégarni et dans l’intérieur pâli, apparaissent

vivants quelques carrés ou’ des couleurs ont été déposées un jour de

solitude. 36.Chaque jour,on s’engouffre par un trou,on ne

ressort que le soir,les mains et le visage sales. 37.Un souffle les

yeux ouverts,sur quelques regards vidés comme un long soupir devant

l’oubli d’un cadeau désiré,à la naissance des premières

pensées. 38.Des regards lointains,qu’aucune parole n’a pu Atteindre

pour approcher,comme si le chant qui accompagne toute éclosion ne

rappelle rien de ce qui a fait l’hymne aux étreintes

futures,comme si demain,il n’y aurait qu’un jouet,à regarder,après

une journée,ou’ dans le champ nôtre, Tout s’est réveillé,à la vue de

la rosée,à l’aube naissante. 39.On ne devait pas parler,on ne

devait pas regarder,on devait marcher les yeux au sol. 40.Au toucher

de la rosée,devant le jour levé,la main crispée s’empare de l’outil et

trace une ligne profonde,ou’ il y’aura,à chaque fois que

tu passes de quoi remplir ce qui autour de toi gît comme une outre

sèche,accrochée de longue date,à une branche qui vit des siècles.

41.La mine est profonde,il fait chaud et de l’eau s’égoutte de

la roche. 42.La guerre dure Et la famine Et le choléra Emportent.

43.A la branche tendre Au toucher,à laquelle Beaucoup se sont

Adossés,pour un peu De repos,lorsque Dehors seuls quelques Grillons

s’attardent à Narrer ce qui sous Leurs yeux a vibré Dans toute

l’étendue. 44.Lorsque la guerre A commencé,on N’avait rien à manger On

errait sur les routes Les pieds nus. 45.La guerre a duré Huit

année d’errance Et de solitude. 46.A la branche ramifiée, Comme des

chemins Ouverts,à la clairière Lointaine quittée pour Un voyage,et ne

revoir Qu’après longtemps,car Loin des lieux,ou’ le soir

Venu,des lumières Eclairent les gaies Veillées dans chaque Foyer.

47.Loin des voies Qu’empruntent le matin Multiple sourires qui se

Perdent dans le Silence,des arbres âgés, Nés sans fissures,autour

De cette plage Admirée à chaque fois. 48.La nuit on nous Réveillait

Des coups de botte A la porte. 49.Le matin une main S’accroche au

dos,tient Un bras,serre une épaule Dans un sourire gorgé Des

années à venir, Comme des surprises Réservées au jour ou’ Une voix

questionnera Le cœur en attente, Ruisselant d’attente, Comme un front

en sueur, Baigné de gouttes,bénies Au soleil présent dans

Chaque peine. 50.La nuit On nous secouait Pour nous faire Marcher

Dans la pluie. 51.Beaucoup sont partis Quelques haillons Et les

enfants A la main. 52.Chaque peine qui Marque chaque jour Est une

pierre que l’on Voit apparaître pour La première fois,dans Un cours

d’eau qui Vient des chaînes de Montagnes allongées Comme une certitude

Au fond des regards. 53.Chaque peine dans un Regard aux

alentours Paisibles ou’ le Frémissement perçu, Dans ce qui pousse

Est un écho porté comme Un air,au-delà de L’horizon. 54.Ton image est

à l’horizon, Au milieu de l’arc en ciel, Né en face de rayons

que Quelques nuages dispersés Laissent après un peu de Pluie.

55.Lorsque la main s’ouvre, Pour quelques instants de Répit,le corps

se recourbe Avec lenteur et découvre Des mottes,des feuilles,des

sacs pleins,auréolés de Senteurs assemblées pour nourrir le

souffle,pour Colorer les gouttes qui Seront accrochées aux

Epines,danse aux épines Qui n’écorchent plus, Danse aux mottes

redressées Pour

accueillir cette saison Les oiseaux venus de Loin. 56.La guerre N’a

rien épargné, Les mechtas Les maisons Et la récolte. 57.On ne sait pas

Ou’ils ont été amené, C’est dans des endroits, Loin pour

être interrogés. 58.La main prend le Récipient et goûte à la

Fraîcheur que porte l’Idouna, Les mains empoignent la Cruche et

abreuvent la Gorge aux fibres assoiffées, Assoiffées comme la motte,

Ou’

la goutte qui se répand Chasse une nuée de Moineaux des grains au

Bec. 59.Beaucoup ont été Pris la nuit, Ils étaient avec leur Femme et

leurs enfants. 60.La récolte a été Détruite Et les enfants

atteints Par la maladie. 61.Des nuages sont passés, Sans que les

têtes se Redressent,il n’y a que leur Forme qui avance lente,qui

Avance au gré du vent, Pour faire un peu d’ombre, Pour un seul

moment. 62.Beaucoup ont été pris La nuit et amenés dans des

Camions,certains ne sont Pas revenus. 63.Je repense A ses vergers A

ses villes. 64.Des gens sont passés, Chargés de sacs auréolés, Comme

cette saison ou’ dans La mémoire réapparaît l’âge De la récolte qui

dure,qui Dure un jour, Toute une saison,qui dure jusqu’au soir ,pour

voir ceux Qui sont passés,s’arrêter De gaieté et parler du

Vœu exaucé. 65.La guerre a fait rage, Des mechtas détruites, Des

familles parties On ne sait pas ou’. 66.L’eau, Il la ramenait De loin

D’une rivière. 67.Des vœux préparés à L’étoile qui passera,

dans Le ciel cet été,comme les élans tapis dans la pénombre De

l’attente. 68.Des mots non Prononcés,baignés encore Dans la bouche

fermée Qui les a donnés chaque Jour à l’enfance attentive Qui les

porte comme Un fardeau pesant. 69.Beaucoup sont partis, Car il n’y

avait Rien à manger. 70.L’eau aussi a manqué, Il faut parfois la

ramener De loin, De très loin. 71.Un fardeau pesant Qu’il faut

déposer,s’arrêter Et ouvrir pour aérer,pour Voir si un coin ranci

N’a rien altéré. 72.Des mots qui se mettent Debout,menaçants lorsque

Tu veux les prononcer et La nuit,ils crient aux rêves Qui les

donnent à tes lèvres, Ils viennent précipités, Comme une présence

affolée Pour en faire des contes Inachevés. 73.Il n’y avait Rien à

manger, Dans ces contrées Séchées par le vent. 74.Des contes que

tu ne Raconteras pas,à celui Qui restera silencieux,à chercher dans

la tête Baissée,ce qui ce matin Est inassouvi. 75.Des gestes érodés

Lorsqu’ils ont un peu Proliferé,à la brise Errante qui

ramasse Dans chaque pas L’emprunte laissée A ton toucher. 76.La

guerre a commencé Une nuit de novembre, Une nuit de pluie Et de vent.

77.Des gestes saccadés Qui jaillissent,comme une Eau qui a

monté,qui a Monté et soulevé la Trappe qui la contenait. 78.Des

gestes qui Demeurent,en milieu de Chemin,car devant un Tronc en

tombant a Repoussé ce qui passait. 79.Novembre pour nous Est la

liberté Perdue Depuis des années. 80.Une paume polie, A ta bouche

diseuse Qui se soulève et se remet Pour voir si à L’int érieur tout

est A point. 81.Quelques caresses à La chevelure,quelques Tapes

à l’épaule,d’avoir Compris que demain Devant ta porte,tu auras Déjà

grandi. 82.Il est la terre Qui m’a manqué, Qu’on m’a prise Un jour

d’été. Marche poème 3 83.Et l’on viendra se Mettre à tes

côtés,pour Te dire d’achever le Conte de chaque nuit,que Tu n’as pas

raconté Le matin. 84.Le matin pour ressembler A l’aimée partie,avec

dans Les mains un objet réservé, Qu’elle ne verra qu’après

Pour se consoler. 85.Il est la terre qui M’a manqué.Le vent Sèche

aussi notre peau, Nos visages. 86.Un paquet que tu Ouvrira seule,car

tu auras Déjà grandi,car Maintenant les rêves ne Seront pas

des contes Inachevés. 87.Car les matins seront Racontés et chaque

geste Erodé,saccadé,demeuré A l’écart du tronc tombé Saura repousser

la Paume qui aime se plaquer, Et chacune des choses Regardées

sera comme Un oiseau envolé. 88.Ma peau est noire, Elle est noire de

soleil, A mon cou je porte Des amulettes. 89.Seules quelques voix

Parlent de chose pour Toi,que tu ignores.Ce N’est qu’après

longtemps Après que tu les Entendras. 90.Elles seront alors,celles

Que tu n’as pas racontées, Celles qui sont un conte, A la présence

Dans la nuit. 91.Ma peau est noire, Elle est noire de soleil, A

ma main Je porte un bâton. 92.Tu les entendras Après,lorsque tout

autour Le silence repose sur Le feu assoupi,allumé Le jour ou’ une

Marque de froid Apparut. 93.Tu les entendras, Longtemps

après,dans Les feuilles qui frémissent Au jour levé dans ta Voix,à

la lumière des Rayons sur les petites Marques de froid. 94.Tu t’es

deshabillée Presque entièrement Devant moi,une main Entre les

cuisses,une autre Sur les seins. 95.Quand tu t’assois Sous

l’olivier,tu sais Regarder le jardin et Les mechtas éparpillées Sur la

verte montagne, Comme des semences Sur un sol préparé Au printemps.

96.Prend ce que le Lopin de terre,ce que Mes mains arrivent à

Donner,car tout devient D’une chaude hospitalité Qui fait du soleil

Matinal un prélude A l’éclosion. 97.De tendres élans, Aussi denses

que ce que Porte en lui le cœur De toute chose Qui mûrit. 98.Le

soir, nous Resterons sous le grand Arbre,témoins du Glissement de

L’ombre sur Les champs. 99.Dans la pénombre, Tu t’es approchée de

Moi,tu m’as regardé Dormir,tu as regardé Le rayon de lumière Entrer

par la fenêtre, Une main entre les Cuisses,une autre sur Les seins.

100.La nuit,on parle Sous les tentes Du retour. 101.La

nuit,on parle Longuement aux Enfants Du retour. 102.On a dormi Les

poings presque Fermés, Je ne sais pas Si on a rêvé. 103.On les laisse

Au silence Qui plane Sur le village. 104.Cette maison, Il a

fallu au début Beaucoup Pour la construire. 105.On dormait encore

Sous le vent, Dehors A la belle étoile. 106.Je ne sais plus Si les

fleurs Qu’on cueille En passant Poussent encore Au printemps.

107.Personne Ne les enlève, On les effleure Seulement en passant Du

regard. 108.Personne Ne les enlève, On les laisse au vent, A la

tempête. 109Je ne sais pas Si j’ai fait un rêve, Je ne sais pas

Si cette nuit tu étais Entière à moi. 110.Je ne sais pas Si j’ai

fait un rêve, Cette nuit j’ai aimé Ta bouche et tes sains. 111.Je ne

sais pas Si les mauvaises herbes Poussent encore Dans le

jardin. 112.Au loin une nuée D’oiseaux blancs suivait Un bateau,et

sur la route Des passants s’éloignent La voix gaie. 113.La voix gaie,

De cette gaité qui vous Laisse parfois rêver, D’elle,dans

toutes Les voix. 114.Plusieurs années Passées,et après t’avoir

Longtemps regardée, Je t’ai reconnue à ce que Porte ton regard,ton

sourire, Ta voix,que chaque Printemps a déposé Avant de partir.

115.Avant de partir, Le printemps a déposé Son nom,ses couleurs, Ses

senteurs Sur ton regard. 116.Sur ton sourire, Il a comme passé Sa

main,pleine De cette chaleur Qu’il porte en lui, Comme un

sourire. 117.Et sur ta voix, Il s’est déposé,et à force De le dire,à

force De le répèter,il ne fera Que revenir Pour s’y loger. 118.Pour

s’y loger Un peu plus,jusqu’au Moment ou’ il se mettra,

Chant devant toi, Chant à ta voix. 119.Sur ton regard Il s’est

étalé,comme Cet éclat de lumière Qui demeure jusqu’à L’aube naissante.

120.Sur ton sourire, Il s’est déposé Jusqu’au moment ou’ Ses

bourgeons sont Apparus rieurs Pour les réveiller. 121.Sur ton

regard, Je l’ai vu s’emparer De la lumière et la Répandre comme Un

jour nouveau. 122.Un de ces jours, Couleur des beaux Rêves que l’on

raconte Tôt le matin, Sans rien oublier. 123.De ces rêves couleur

d’un soleil qui se Couche,couleur d’une Fleur que je choisis, Que je

cueille,que je T’offre,la main Un peu tremblante. 124.Lorsque

tu la prends, Les pétales s’agitent Un peu,et dans leur danse D’un

instant,je revois La plaine,que sillonne Une légère brise,et sur Ses

chemins,les pas des gens Qui reviennent de loin. 125.Des gens

qui reviennent De loin,avec sur le visage La certitude grande, En

une marque Qui ne s’efface jamais. 126.Elle ne s’efface jamais, Car

elle est dans le souffle, Dans cet éclat Dans les yeux, Dans

les rides, Elle est partout dans chacun, Comme un hymne A la vie.

127.Un hymne né Avec chacun Et mûri au soleil, Mûri à la tempête, Mûri

au jour, A la nuit, Lorsque parfois Beaucoup ne dorment pas.

128.Beaucoup ne dorment Pas,et pendant des heures, Ils restent les

yeux fixés, A ces sourires Sur les visages D’enfants endormis, Qui

demeurent comme Un hymne à la vie. 129.La certitude alimente

Jusqu’à la plus lointaine Des fibres, Et sur leurs visages, Ces

sourires mûris Par l’âge. 130.La certitude Est dans ces sourires,

Mûris par l’âge, Qui à force de s’étaler Devant vous, Vous

enveloppent D’une légère sensation Qui enlace doucement, Jusqu’à la

plus lointaine Des fibres. 131.Jusqu’à la plus lointaine Des fibres,la

certitude bat Comme un cœur, Et autour ces sourires, En

une infinité de couleurs Dans toute la plaine, Dans toutes les

montagnes Et au-delà des montagnes. 132.Beaucoup Ne dorment pas,

Beaucoup ne dorment Que très tard, Pour accueillir les paroles, Les

plaintes,les chants Transmis par ceux Qui habitent au bas Des routes

qui longent Les grandes villes. 133.Qui rapiècent les toiles Qui

connaissent les tempêtes D’une main durcie qui Connaît la

chaleur du visage Qu’elle caresse. 134.Beaucoup ne dorment Que très

tard,et en eux,la Certitude bat comme un Cœur,de cette certitude que

Mûrissent les tempêtes et La chaleur d’un visage Caressé,par

une main qui Raconte tout le jour. 135.Tout le jour raconté en

Quelques instants,et dans Chaque instant que dure le Regard,aucune

marque de Douleur n’apparaît. 136.Ce qui apparaît,ne laisse Pas de

place à la douleur,il L’efface,il l’efface jusqu’à Ses racines les

plus Profondes. 137.Et à leur place,il dépose Quelques grains,prêts à

Germer déjà. 138.Et à leur place,il se Propage,en ce chant

que Transmet la terre,de loin, Au-delà de l’horizon. 139.A leur

place il demeure Pour que lorsque tu Reviennes,là ou’ se pose ton

Regard,il ne trouve que de L’amour,mûri par ce que Porte le

souvenir. 140.Aucune marque de Douleur n’apparaît,ce qu’il Y’a est

plus grand que la Douleur,il efface chaque jour La douleur,il est

l’espoir,il Est le bonheur,il est l’espoir Qui enlace le

bonheur. 141.L’espoir qui enlace le Bonheur,pour une danse au Son de

ce chant,au son de Voix qui se répand en un Jour qui efface la

douleur. 142.L’espoir enlace le Bonheur,pour une danse à

Deux,pour des instants d’une Nuit,ou’ les regards se Reconnaissent.

143.Ou’ les regards, Lorsqu’ils illuminent Deviennent une seule lueur,

Sur ce qui autour illumine. 144.Ou’ les regards

S’approchent,sans crainte Aucune et se reconnaissent, Pour des

instants ou’ la Vision s’étale à tout L’univers. 145.A tout

l’univers,le chant S’étale au son de nos voix, Qui se répandent pour

te

Reconnaître tout entière. 146.Toi entière,vous entiers, Nous entiers

dans tout L’univers ou’ le chant S’étale. 147.Au son de nos voix qui

Se répandent,un chant S’étale et enlace tout L’univers,pour

une danse Pour mille instants,pour le Bonheur qu’enlace l’espoir.

148.Pour une danse à deux, Et après la danse une Etreinte de mille

instants,et Puis un regard,un long Regard,aux quelques gouttes

Sur le front. 149.Pour une danse du Retour,ou’ en fermant les

Yeux,je revois les braises Calciner le froid et L’obscurité entre ceux

Qui parlent. 150.Pour une danse qui dure Toute l’absence,qui

dure la Longue marche,qui dure les Pas qui s’impriment à tout Le

jour,qui dure mille Instants,qui dure toute la Nuit. 151.Et partout

ou’ ils se déposent, Ils altèrent un peu la beauté de Chaque

chose,ils s’éparpillent, Ils s’éparpillent et toute chose Effleurée

est écorchée,d’une Légère égratignure pour Quelques instants.

152.Partout ou’ ils se déposent, Ils demeurent le temps d’un Regard

furtif,le temps d’une Main qui passe sur le front. 153.Le bruit de

porte que l’on Referme reste longtemps,à Résonner dans les oreilles,

En écho lugubre que tu portes les Yeux ouverts,que tu portes

Même dans le sommeil. 154.Et puis leurs pas qui S’éloignent dans le

noir, Lents en silence sans Paroles,et puis le silence, Un grand

silence qui Demeure pour s’emparer Lentement de tout le noir.

155.Pour s’accrocher aux Murs,pour s’accrocher à toi, Pour

t’accrocher à la Froideur du mur. 156.Et puis il s’empare de tes

Pensées,il s’accroche de ses Griffes à tes pensées,et de Chacune,il

fait

comme un Amas de débris,que sa main Lâche aux vents qui soufflent.

157.Dans le souvenir chéri, Dans la voix qui porte en elle Une

infinité de joies,dans le regard Têtu,dans la beauté que portent

Ses éclats. 158.Dans le regard,dans la Voix,dans le souvenir,dans Le

sourire que je voudrai voir, Inonder de sa douceur l’univers. 159.Tout

l’univers inondé de sa Douceur,et dans l’univers les

Etoiles,le soleil,la lune,la Terre.Et dans la terre les

Montagnes,les collines,les plaines, La mer,les oueds et dans leur

Eau,frais comme un reflet du Matin un chœur de voix. 160.Un chœur de

voix

que Portent les jeunes filles,comme Mille couleurs sur la langue,

Pour honorer l’aube naissante. 161.Cette aube naissante est Comme un

cœur qui m’alimente, Dans cette pénombre,ou’ l’écho De la

porte qui se referme Inonde ma mémoire. 162.Dans ma mémoire,l’écho

Inonde les marches le bas des Marches noir,le couloir étroit, Et le

parterre froid qui rapproche A chaque fois du mur. 163.Et dans

le silence dans le Noir,elle s’écoule altérée sur les Voix qui

parviennent de très loin, En flots assourdissants pleins de Débris

amassés durant une Infinité de saisons. 164.Un chœur de voix que

Portent les jeunes filles,comme Milles couleurs sur la langue, Pour

honorer l’aube naissante. 165.Cette aube naissante est Comme un chœur

qui m’alimente, Dans cette pénombre,ou’ l’écho De la porte

qui se referme inonde Ma mémoire. 166.Elle s’écoule pressée,comme

Pour vite s’assécher,sur toute Présence ou’ elle laisse une Marque

d’un instant,qu’elle S’empresse d’effacer. 167.Elle s’empare du

souvenir, Elle le tord,elle le lacère et le Lance,à la force des

vents qui Soufflent depuis des saisons déjà. 168.Les vents n’ont pas

cessé De souffler cette saison,ils Soufflent depuis la saison

passée, Depuis les saisons passées,et Chacune de leurs marques

Disparaît maintenant à la Lumière du jour. 169.A la lumière du

jour,chacune Des marques est effacée,et à sa Place il reste un lieu

que

la main Peut toucher sans crainte. 170.Sans crainte aucune d’être

Brûlée,d’être écorchée,sans crainte D’être salie,sans crainte d’être

Refoulée. 171.Les vents n’ont pas cessé de souffler,et dans ma

mémoire,ils ont déposé tous les débris que le chemin portait en

lui,à tous ses endroits. 172.Les débris jonchaient le Chemin,et à

certains endroits, Celui qui passe jette un regard Furtif,et s’en

va pressé sans Un regard derrière. 173.Dans le silence,ma mémoire Se

tord de douleur et sur sa Langue apparaissent à la place Du chant

quelques gémissements Et des débris de paroles qui s’élancent

affolés pour se Cogner au mur. 174.Et chaque mot s’empare d’un Peu

de silence,et ne le jette,et ne le Dépose que très loin,là ou’ chaque

Mur qui s’affaisse ne se relève Jamais. 175.Là ou’ la terre

engloutit les Murs,pour qu’au-delà d’une Mémoire qui perd sa voix,

Apparaisse la plaine,comme une Grande voix au plus haut de sa Beauté.

176.Une plaine ou’ tu sillonneras A ta guise les chemins,que

ton Passage quotidien trace dés l’aube, Des chemins ou’ il n’y a que

les Empreintes des pas. 177.Et dans ses nuits,à la place Du rêve des

images aux formes Bizarres apparaissent s’effacent Et

réapparaissent ,et demeurent Longtemps,parfois très longtemps Avant

de disparaître. 178.Ma mémoire est une voix qui Se perd dans son

éparpillement,en minuscules bouts de papiers, Comme des étoiles

dans le ciel. 179. Ma mémoire perd sa voix,et Dans le silence

qu’elle répand,des Mots s’écoulent silencieux,jusqu’à Ta voix,au-delà

des murs d’une Hauteur que j’ignore pour L’instant.

180.Des chemins ou’ les Empreintes des pas vous mènent A des

endroits,ou’ les gouttes de Sueur ne sèchent que

tard le Soir. 181.Lorsque la plaine dort de ce Tendre sommeil,que

rien n’altère Et que berce à la belle étoile une Infinité de faibles

lumières. 182.Une infinité de lumières qui Ne font pas mal aux

yeux,une Infinité de lumières que je peux Regarder pendant longtemps

Sans me lasser. 183.Car chacune porte en elle un Jour aux profondeurs

illimitées, Qui prend naissance d’un point D’une ère

lointaine. 184.Car chacune vous offre se Rayons,comme des rayons de

Soleil qui balaient le noir d’un Trait,là ou’ ils se posent. 183.Et

ou’ ils se posent,ils Déposent un peu de leur chaleur, De

cette chaleur qui sait repousser Le froid qui erre entre les murs.

184.Lorsque la plaine dort de ce Tendre sommeil,dors d’un tendre

Sommeil,car les gouttes de sueur Qui ne sèchent que tard dans le

Soir veillent. 185.Car une infinité de faibles Lumières éclaireront

ton chemin, Eclaireront vos chemins, Eclaireront le chemin qui mène

Plus loin que l’horizon. 186.Plus loin que l’horizon azuré,

Vers les horizons azurés,vers une Infinité d’horizons azurés,ou’

Chacun se reconnaît,comme une Goutte d’une limpidité inégalable.

187.Une goutte d’eau sur une Feuille inondée de lumière que je Fixe

longtemps au matin. 188.Une goutte d’eau comme Une larme qui

ruisselle chaude sur Un sourire qui tarde à venir. 189.Une goutte

d’eau Qu’accueillera un doigt,assoiffé De ton sourire,une goutte d’eau

Qu’accueillera une paume entière 190.Le sourire tarde à venir sur La

feuille inondée de lumière et Sur ses rebords,je perçois comme La

présence d’une légère brise Comme une larme qui ruisselle,

Chaude et qu’accueille une paume Entière,comme une larme

Qu’accueille un doigt,pour L’étaler sur la chaleur que porte Le

visage. 191.Car chacune s’offre à la Grandeur de l’univers et dans ses

Pensées,des pensées l’éclairent un Peu plus chaque jour. 192.Lorsque

la plaine dort de ce Tendre sommeil,dors d’un tendre Sommeil,car les

gouttes de sueur Qui ne sèchent que tard dans le Soir

veillent. 193.Car une infinité de faibles Lumières éclaireront ton

chemin, Eclaireront vos chemins, Eclaireront le chemin qui mène Plus

loin que l’horizon. 194.Plus loin que l’horizon azuré, Vers

les horizons azurés,vers une Infinité d’horizons azurés ou’ Chacun

se reconnaît comme une Goutte d’une limpidité inégalable. 195.Une

goutte d’eau,sur une Feuille inondée de lumière que Je fixe

longtemps au matin. 196.Une goutte d’eau,comme Une larme qui

ruisselle chaude sur Un sourire qui tarde à venir.

5.Sourire sur le visage.

01.Il est rentré des tapes Heureuses sur l’échine du Troupeau,un coup

de queue Sur le flanc,rien ne lasse,ni Ses pieds nus dans le chemin

Boueux,ni ses poils au visage De quelques jours,ni sa

marche Un peu précipitée,ni le sac Déversé lorsque tous assis en

Rond,seront là un peu courbés Et les cheveux défaits. Aujourd’hui que

le printemps Est là,le champ ne veut plus Perdre ses fleurs.

02.C’est vrai,le souvenir se Débarasse de l’horreur qui

L’habite,comme une Malédiction héritée.Chaque Moment,inscrit en

toi,résonne Au passage de la main qui Dépoussière le parterre, L’habit

et le

livre à lire. 03.Chaque image épouse l’autre, Sur de grandes

distances,restées A faire. 04.Tu étais Cette nuit, Toute à moi Entre

mes bras. 05.Je ne sais pas Si j’ai fait un rêve, Je ne sais pas Si

cette nuit Tu étais entière A moi. 06.Et l’empreinte de la semelle,

Au lieu de calciner comme un Fer des initiales sur un dos,la Folle

course dans les bois minés, Quelques aboiements derrière qui

Se rapprochent,guidés par les Halètements que se disputent Les

buissons,élève à la surface Le rêve,le même,né au coin du Feu

hier,lorsque à la place de ce Que tu vois,vivait un marais Lugubre,ou’

ce qui entre Disparaît à jamais. 07.Je ne sais pas Si j’ai fait un

rêve, Cette nuit J’ai aimé Ta bouche et tes seins. 08.Lorsque une main

serre Une autre main,le chemin Apparaît soudain plein de

pas Qui le tassent comme une Paume brillante,sur la pâte Légère et

collante,là prête à Attendre, une forme,un nom, Une part de ce qui

brille au Fond,dans tes yeux tel une Caresse portée avec

tendresse Sur les cheveux et les fronts Lisses. 09.Je ne sais pas Si

les mauvaises herbes Poussent encore Dans le jardin. 10.Je ne sais

plus Si les fleurs Qu’on cueille En passant Poussent encore

Au printemps. 12.Comme une conscience Blanche encore,inaltérée, un

Sourire juvénile sur les Pétales et le gai plumage d’un Oiseau sur un

nid,prêt à se Donner aux airs pour la Première fois. 13.Seul

rien ne se voit,même Pas la parade effrenée de la Feuille,à

l’annonce de la Brise qui peuple le soir les Randonnées et les

Chuchotements d’ombres Silencieuses. 14.Personne Ne les enlève, On les

effleure Seulement en passant Du regard. 15.Même pas l’eau miroiter

Sous le soleil,comme la plus Belle des pierres qu’un dos Ne peut

contenir,ou la nudité Imprimée aux abords faits de Pluie et d’un

suc limpide Comme un regard qui ruisselle, Sans à coups ni détours

depuis Longtemps de la montagne Paisible. 16.Personne ne les enlève,

On les laisse au vent, A la tempête. On les laisse au silence

Qui plane Sur le village. 17.Cette maison, Il a fallu au début

Beaucoup Pour la construire. 18.Pleine comme la lave Qui remonte

majestueuse Dans la terre,à la Recherche d’un cratère, Pour ajouter à

la place De la pente,une marque Sombre que tout ce qui Appartient à

la nature S’efforce d’envahir, Pour que demain,la Rosée accueille le

Matin. 19.On dormait Sous le vent, Dehors A la belle étoile.

20.La nuit, On parle Sous les tentes Du retour. 21.Une face qui

rougit d’une Merveille qu’emprisonne un Peu plus chaque moment,vécu

Dans le silence,lâchée d’une Cachette ou’ s’entassent

Immobiles,l’une sur l’autre Mille autres choses qui Font la mémoire.

22.Une bouffée d’air pour Balayer ce que le rayon Seul sait porter au

loin, Quand une haute lucarne S’efface,généreuse,le Temps

de lui donner Un peu de son existence. 23.La nuit On parle

longuement Aux enfants Du retour. 24.Parée comme une saison Qui

revient d’un long Voyage,à chaque fois le Même jour,pour donner une

Tape

la main ouverte sur Un lit de cendre songeur. 25.Une sensation,comme

Une dune polie,qui se Relève au vent de la nuit, Tout bas,en toi,en

nous, Fait de chacun,de ceux Qui passent,en face,sur La

route des êtres capables D’aimer,à n’en pas finir. 26.On a dormi Les

poings Presque fermés, Je ne sais pas Si on a rêvé. 27.La nuit est

tombée Comme une grande aile, Descendue plus bas que Les

griffes,pour remonter Ensuite,en un éclair,ou’ la Grâce telle une

coulée de Métal recouvre chaque Muscle qui se tend. 28.Pour toi,seule

la Marche compte,un jour Elle peut te donner de Cette joie

immense qui Accueille haletante devant Les portes ouvertes Ceux qui

depuis hier Font la moisson. 29.Je ne sais pas, S’il avait plu, Tu

étais Dans la pénombre, Toute à moi Dans mes bras. 30.Ville

libre comme La paix,que je vois flotter Sur les immeubles,ou’ les

Blessures remplissent Les décombres éparpillés Dans les rues

agitées,ville Au son féerique,de toi Naîtra la lueur du jour

Inachevé,promesse qui hante Les vents antarctiques, Les vents

pacifiques,espoir Dans le chant des oiseaux Blancs,qui te rapprochent

De chaque lieu ou’ existe Quelqu’un. 31.J’avais regardé

Longuement Dans la pénombre Ton sommeil. Sur ton visage, Il y’avait

mes caresses Et un rêves. 32.Je ne sais pas S’il avait plu, Dans la

pénombre Tu étais toute chaude A moi. 33.La nuit est tombée,

Comme une averse en Trombe,une gifle à la face, Suivie d’un

sursaut,une Chair que l’on pince,tel Du linge tordu qui perd Son

eau,elle a duré un Instant,le temps de fermer Les yeux et de faire Un

rêve oublié. 34.Cette nuit J’avais aimé tes seins, J’avais aimé ton

corps Jusqu’au matin. 35.Sur tes lèvres, Il y’avait mes caresses, Dans

ta main pliée, Il y’avait un présent. 36.Sur les dos plus

rien Ne pèse,tout ressemble A une conscience qui Brille

d’innombrables feux, La saison froide t’a Epargné,à croire que la

Tempête choisit le chemin, Que personne n’emprunte Et se déverse telle

une

Nuée de tonnerre,un amas De brume,entre une Infinités de mains qui

la Moulent,pour en faire des Formes rondes,droites, Etonnantes,que

l’on voit Défiler gaiement au gré D’une matinée ensoleillée.

37.Je ne sais pas S’il avait plu, Dans la pénombre Tout ton corps

chaud Etait à moi. 38.Chaque bouche donne Vie à un chant,que le Regard

colore et que Les sourires élèvent,plus Haut que l’arbre qui

fait L’ombre en été. 39.Chaque voix fait Frémir le feuillage,un peu

Pâle,en dormance et Chacune des foulées rappelle A la flaque

asséchée,à la Racine cachée,au sillon A tracer que demain,il Y’aura

peut-être les Premières pluies de L’année,de grosses gouttes Qui

soutirent une bonne Odeur à la terre. 40.Sur tes lèvres, Il y’avait

mes caresses, Sur tes lèvres Il y’avait Toutes mes caresses.

41.Ton nom connaît Les siècles et les mers, Ou’ un radeau va

Lentement de vague En vague sans s’arrêter Un instant pour souffler.

42.Ton nom est une orgie De couleurs,premiers pas D’un enfant,un

appel à L’aube,les petits poings Fermés sur un présent. 43.Sur tes

lèvres, Il y’avait mes mots, Il y’avait mes caresses. 44.Ton nom est

un toit D’où’ fusent l’une après L’autre des voix qui disent

Les rencontres un jour de Marché sur un long banc En bois. 45.C’est

cette ride qui Grandit et râcle la peau en Face de yeux enfiévrés,par

Le gémissement d’un passage Qui perd ses feuilles jeunes

Encore. 46.Dans la pénombre, Tu t’es approché de moi ; Tes lèvres

ont effleuré Mes seins, Ta tête était Entre mes bras. 47.Il fait

frémir comme Une brise,sur un amas de Plumes,mises à s’égoutter,

Pour mieux battre les airs Et s’envoler. 48.Ton nom,un sourire Qui

court en moi,un Rameau dans une main Et une pensée tendre Dans

l’autre. 49.La nuit, Dans la pénombre J’avais aimé tes seins

J’avais aimé ton corps Jusqu’au matin. 50.La nuit, Je ne sais pas

S’il avait plu, Je t’avais entière Dans mes bras. 51.Des mots d’amour

Bercent les corps meurtris, Par des rêves de gloire

Qu’enfante le sommeil, Un sommeil ou’ des Histoires naissent adultes

Déjà,prêtes à balayer,les Airs maladifs qui parcourent Tant de faces.

52.Peu arrivent à voir Le jour,comme ces insectes D’un

moment,ces monts Que je connais si bien,ou’ Des sentiers tracés

avant nous Par les années,demeurent Encore debout,le reste Tombe,tel

un fruit trop Mûr que la branche ne peut Plus retenir. 53.Je ne

sais pas S’il avait plu, Je ne sais pas, S’il y’avait du vent

Dehors. 54.On vit les siècles comme Un conte long,très long, Dépassant

l’horizon,porté Par chacun vers toi, Lorsque tu viendras. 55.Ton

teint ressemble de Plus en plus à un plant Qu’on irrigue par un

sillon Tracé,une seule fois,un Sillon que rien n’altère,même Pas un

grand pas grossier Qui vient se mettre de Travers,comme sur une

Poitrine qu’anime un Souffle. 56.Je t’ai écoutée parler, Les yeux

fermés Du pays Qu’il y’aura. 57.Tes mains sont dures Et savent

arracher les Herbes sangsues que l’on Jette au loin,un peu plus

Bas,pour qu’elles meurent Seules. 58.On ne les a pas serrées, On ne

les a pas regardées,on Les a imaginées asséchées, Comme un tronc

foudroyé,au Hasard d’une nuit d’hiver, Par leur quête

d’adoucir,pour Offrir ce que le soleil mûrit Pour eux. 59.Je ne

savais pas S’il avait plu, Je ne savais pas S’il y’avait du vent.

J’étais blotti Là à toi. 60.Je sais que la source Est profonde et

que sa Profondeur ressemble à la Pureté d’une eau qui sait Diluer et

guérir,chaque Mal,qu’elle efface comme Un doigt,sur un mot Déjà

oublié. 61.Chaque instant qui Passe ressemble à la Promesse

faite devant toi, A voix basse,presque en Un murmure,les deux Mains

présentes sur les Epaules. 62.J’avais aimé Ton corps, J’avais aimé tes

seins Presque jusqu’au matin. 63.Il ravive celui qui gît,

Adossé à la barrière, Epuisé de se débattre Comme un oiseau sans

Ailes,et donne au sol,là Ou’ se pose le pied,là ou’ Ce qui vit en

toi,s’assemble En un élan pour faire de ton Geste une image têtue.

64.J’étais blotti, Loin du froid, Là près de toi. Douce certitude

65.Je revois tes yeux Emeraude,fixer le sol Puis se refermer,comme Une

main qui presse de Bonheur. 66.Je revois ta main ouverte,

Vide comme quelquefois le Regard,étalée sur la table, Paume au ciel.

67.Ton corps me rappelait Le pays ou’ je suis né. Ton corps Dans la

pénombre Me rappelait Ces lieux que je connais. 68.3Loin de

ces lieux Que je connais, Je sais à peine Prononcer ton nom. 69.Je

revois les doigts, Comme un corps qui se Lève,arranger ta chevelure,

En un geste lent plein d’une Douce certitude. 70.En toi,la

certitude regorge De douceur,comme ce fruit Amer,ruisselant de son

suc, Miel aux rayons du jour. 71.Loin de ces lieux Que je connais, Je

sais à peine Te regarder. 72.Une présence qui rassure, Tes

nuits aux poings fermés, Le rêve ruisselant des yeux Pleins

d’obscurité et le Recouvrant chaudement,une Brise légère comme une

Goutte de fraîcheur qui se Disperse sur tes joues Enflammées. 73.La

nuit ton corps Etait en entier à moi. Ton corps était En entier à

moi, Presque jusqu’au matin. 74.Les oliviers,je les ai Laissés en

fleur,j’ai vu Même quelques abeilles Les butiner,les orangers

Aussi je les ai vus en Fleur. 75.Douce certitude Qui fait de tes

pas, Une fresque élevée A mon admiration. 76.Douce certitude dans Tes

pas,douce certitude dans Ton regard,ou’ toute la mer Se

ramasse,en une vague sans Ecume,projettant une barque Malmenée au

milieu de la Baie endormie. 77.As-tu vu Ces visages d’enfants Dehors

La nuit. 78.Les lampes blanches,dans Le village s’allument

tôt, Lorsqu’encore de joyeuses voix Juvéniles embellissent le

Silence,de leur éclat doré, Pour éclairer jusqu’au matin La sensation

que laisse planer Comme un souvenir,chaque Jour vécu à tes côtés.

79.As-tu vu Leurs larmes Lorsqu’on a pris Leurs parents. 80.As-tu vu

Leurs yeux Brillants de famine. 81.A tes côtés comme une Présence,le

soir ou’ le Silence de la nuit ricane à Ton angoisse,logée

au plus Profond de ta poitrine,quand Les hurlements dehors

Accompagnent la danse Funèbre. 82.A tes côtés comme une aile Qui

s’étale sur toute la contrée, A l’annonce de la plus grande Des

tornades,qui a fait de la Terre une fois,un marécage aux Formes

bizarres,ou’ rôde la Peur de la lumière. 83.Beaucoup Nous ont

accompagné, Le corps frêle Couvert de haillons. 84.A tes côtés comme

une Herbe suave,suave.Suave Et qui pousse à l’ombre du Grand

arbre,que connaît Seule la mémoire enfouie, Suave et pressée,en

gouttes Denses sur une plaie ouverte. 85.A tes côtés comme une Mémoire

enfouie depuis des Millénaires,dans chaque Fibre qui fait des jours

à Venir une perle accrochée A un rayon de soleil. 86.La nuit,on prie

Pour eux, Pour qu’ils Reviennent. 87.Dans chaque fibre,il

y’a Un oued aux eaux miroitantes, Et à ses rebords s’élève un

Feuillage ou’ les oiseaux Construisent chaque année Des nids de paille

au Même endroit. 88.Au même endroit,du Matin au soir,le bec

dépose Une brindille ramassée au Champ récolté,et l’arrange Sur

l’autre pour demeurer. 89.On prie longuement Pour eux Les yeux fermés

A la faible lumière. 90.Dans chaque fibre dans L’écorce un peu

sèche,il y’a Des sillons qui vieillissent, Et à chaque saison,ils se

Remplissent d’offrandes Pour celui qui viendra les Ramasser. 91.Dans

chaque fibre dans La peau,bat un cœur au Rythme d’une

longue Chevauchée,sur des dunes Qui s’étalent en amas Presque

infinis jusqu’à L’horizon. 92.Al’intérieur de la mine, On étouffe de

chaleur Et la poussière Colle à notre peau. 93.Dans chaque fibre

bat Un cœur au rythme du Bendir qui vogue dans les Siècles

tenaces,comme une Ile qui grandit dans la mer, Douce certitude. De la

grande route à la Colline 94.Tu reviens un peu abattu, Des traces de

sueur presque Sombres sur les lignes du Front,la veste accrochée à

des Doigts tuméfiés. 95.La récolte est difficile, Parfois on la fait

Les enfants accrochés Au dos. 96.La chemise aussi a collé A

la peau,et à chaque fois,des Grains de poussière se sont

Amassés,lorsque tu as Essayé de les éparpiller, Comme des insectes

chassés, Tu n’as fait que les étaler Un peu plus,que les tasser Un peu

plus,des insectes Qui reviennent,c’est vrai Un peu moins nombreux,

Quelques instants plus tard. 97.Parfois, Elle dure, On doit quitter le

foyer Pour longtemps. 98.Son bâton à la main, Il scrute

l’horizon Pour voir S’il y’a quelques nuages. 99.Qu’il est long le

chemin, De la grande route à la colline, Et lorsque j’arrive,je ne

vois Qu’une porte fermée et deux Arbres dans la cour,l’un en

Face de l’autre,comme à se Regarder. 100.Parfois,lorsque je me mets

Un peu à l’écart,il me semble Qu’ils parlent,les feuilles Comme sous

un vent fort,mais Aucune fleur n’est jamais tombée, Aucun

fruit n’est jamais tombé, Les fruits je les cueille

Amoureusement,pour qu’en Toi ne reste aucune cicatrice, Je les range

dans une corbeille Fleurie et je te les offre. 101.Je scrute chaque

matin

L’horizon Pour voir S’il y’a quelques nuages Dans le ciel. 102.Elle

est de ces portes Vieilles et dures,pleine de Points profonds,comme

Des cratères dans une Montagne,pleine de lignes Aux formes

multiples,des Dessins gais sur la face. 103.Lorsque je la pousse,

Elle se fend en deux,en Silence,comme pour me Entrer,prendre le seau

Quelquepart,au milieu D’innombrables objets, Entassés à leur

place,et Me diriger vers la source A côté. 104.Demain dit-il, Nous

planterons Un grand verger. 105.J’aime ce peu dans les Choses,ce peu

dans les mains, Ce peu dans les yeux,ce peu Dans les

cœurs,car je sais Qu’il peut un jour grandir Et faire du chemin,de

la Grande route à la colline,une Allée aux abords fleuris. 106.A ses

pieds, Il y’aura De l’herbe Et de l’eau. 107.Ce verger Fera

de l’ombre En été, Il sera là Pour notre repos. 108.Dans la

source,l’eau Est claire,l’eau est d’une Clarté que je n’ai vu qu’une

Fois,une seule fois,je ne Sais plus ou’,quelques Instants,restés

gravés en Moi,comme chaque jour Qui passe. 109.Deux mains assemblées

Se déposent lentement, Comme des becs d’oiseaux Qui voudraient ne plus

jamais Quitter ce lieu,et impriment A la tête,au visage,à

la bouche, Au bras,aux pieds la Fraîcheur de la source,à ce Moment

le chemin Poussiéreux reprend ses Couleurs. 110.La récolte dure Et on

est si peu, Parfrois nous avons Les enfants Accrochés au

dos. 111.Les couleurs de chaque Chose sont en moi,elles Sont en toi

quelquepart,il Suffit que chaque jour l’on Goutte à cette eau,pour Que

les chemins poussiéreux Reprennent leur couleur.. 112.Il

suffit que l’on vienne, Qu’un oiseau s’envole,que ce Branchage

frémisse légèrement Pour que le champ perce L’espace,en une Route très

longue,qu’on Longera ensemble. 113.Parfois, Il faut s’assoire A

l’ombre Pour un peu de repos. 114.Lorsque j’arrive,la porte Est déjà

ouverte,et devant elle, En face deux arbres attendent Le seau plein

qu’une main Leur tendra. 115.Chaque jour,chaque Racine

devient un peu Plus longue,et la fleur Un peu pâle,mais la

Terre,elle,se raffermit Comme si elle s’empare D’un souffle de vie.

116.Je ne sais pas Si demain, Tu seras là A mes côtés. 117.Ce que

prend la fleur Du pommier,ce que perd La fleur du poirier,je le Vois

sur une autre fleur, Qu’a donné cette terre ou’ Leurs racines

s’enfoncent. 118.Demain le fruit sera Plus tendre,il sentira notre

Soleil,il aura mille saveurs, Et toi tu reviens,la veste Accrochée à

des doigts Ecorchés par la vigueur Des épis qu’a enfantés le Champ,et

la chemise un Peu collée à la peau. Sourire sur le visage

119.Aujourd’hui le conte Ne fait plus peur,chaque Légende ressemble

à un Grenier ou’ aucun grain De poussière ne demeure. 120.Le conte est

une voix Lointaine que chacun porte En lui,comme une

lumière Etonnante de chaleur,comme La berceuse que chaque Mère a

chantée,à toute L’enfance,pour que dans Le sommeil un sourire Reste

perle sur le visage. 121.Que je remplis De mes mains, Que je

remplis Chaque saison De mes mains. Etoiles dans le ciel 122.Pour

toi les pensées, Lorsque la première étoile Apparaît grande dans le

Ciel,et que la lavande se Répand pour adoucir les Nuits,ou’ le

rêve raconte Chaque rencontre. 123.Pour toi la main qui Se tend,à ta

main ouverte, Gaie de henné,comme ces Fleurs d’olivier sur tes

Cheveux. 124.Si peu Pour la cueillette Qu’on ne verra jamais, Car

elle part Dans un bateau. 125.La nuit, Il fait sombre, Adossé à un

arbre Je repense au pays, A ses racines. 126.Pour toi les yeux ouverts

Dans la pénombre,ou’ des Images se succèdent de la Plus

petite,à celle qui te Charme en silence,comme Un filet d’une eau

paisible Qui coule indéfiniment. 127.Le chant à ta naissance

Bienvenue,la joie devant Tes premiers balbutiements, Le regard pour

tes

petits Pas,pour tes mains tendres Comme des pousses,et ton Corps qui

s’élance habitent Les lignes. 128.La récolte Dure une saison, Parfois

plus Et on est si peu. 129.Tête baissée à la feuille, Ta

bouche s’ouvre un peu, Quand la main qui presse le Crayon dessine

lentement Un arbre,et sur ses branches, Des fruits mûrs que tu aimes

Couverts d’un feuillage léger Rieur à la brise. 130.Les lignes

enfant,c’est Cette joie dans ta voix qui Remplit chaque maison,

Chaque rue,chaque jardin, Qui les fait naître. 131.La nuit, Les

étoiles Peuplent le ciel. 132.Ce matin de mai,ou’ Dans le ciel un

gros nuage S’empresse d’amasser les Autres et disparaître derrière

L’horizon,ils sont venus Tous,très tôt avec dans les Yeux un regard

obstiné Qui réveille,comme une Eau fraîche d’une nuit Sans

sommeil. 133.La nuit, La brise souffle Dans le feuillage. 134.Je

repense A la terre Qu’on a prise. 135.Ils sont venus avec dans Les

yeux,une flamme qui Brille plus que d’habitude,à Croire qu’à

force de scruter Dans chaque direction,un Chemin est apparu,un

chemin Qui vient de loin,emprunté Chaque jour pourtant,une Image

cachée,pâlie d’humidité Qui retrouve ses couleurs aux Reflets du

jour. 136.Je repense Aux miens, Partis Sans rien prendre. La voix

des légendes 137.Tout ce que tu ne sais Pas écrire,tu me l’as appris,

Tu me l’apprends,et Maintenant,il n’y a pas Une chose que

j’ignore. 138.Maintenant,je le vois Sur les chemins,sur les

Arbres,sur les murs,sur les Toits,je le vois devant, Loin devant.

139.Dans le chant clair,de Sources,que les siècles, Innombrables n’ont

pas Taries. 140.Longtemps,très Longtemps,tu as vu le Branchage

tendre se refléter, En un nid chaud,pour les Oiseaux qui viendront,

Lorsque tu as vu le bleu Du ciel remplir en entier Le fond,tu t’es

désaltérée. 141.Lorsque tu as entendu Le bruissement doux du Filet

transparent qui Scintille au soleil,comme Une feuille à la brise

Légère du soir,tu as goutté Trois longues gorgées. 142.Puis tu as

levé la tête, Et lorsque tu as vu les Premières fleurs apparaître

Sur tous les arbres alignés, Tu as su que la récolte est Pour bientôt.

143.Les sources ne sont pas Taries cette année,en été, il

Y’aura une enveloppe d’herbe, Couleur de pousses de petits Plants à

la terre qui veillera Jusqu’aux premières pluies. 144.Et dans la

chaleur de Midi,après le partage du Repas et un regard loin,à

Toute l’étendue,tu T’adosseras pour quelques Instants les yeux

fermés A l’ombre de l’olivier. 145.Parfois tu fais un rêve Et dès que

tes paupières Se relèvent,comme un matin Qui s’étire,il

disparaît dans L’immense clarté odeur de Moissons. 146.Une odeur de

moissons Qui baigne l’atmosphère,qui Enveloppe le visage d’une

Profondeur dans les yeux, Dans les traits,dans le Sourire,dans le

regard,qui se Contemple,qui se contemple Sans rien dire. 147.Qui se

contemple avec de Temps à autre un mot,un seul Mot jamais le même,car

à Chaque fois,il s’enveloppe D’une profondeur qui n’a

D’égal que la douce chaleur Que portent les jours. 148.Qui se

contemple,qui Se contemple puis arrache Au silence,un flot Majestueux

de mots,goût de Nectar sur la langue,mûrit Au soleil printanier.

149. La terre n’est pas Craquelée,elle ne porte pas Les halètements

de soif,elle Porte des rides,elle porte les Réveils matinaux,comme des

Sourires pour les enfants. 150.Le crépuscule porte à

L’horizon,des nuages aux Contours rougeoyants,la Brise souffle vers

la mer, Demain les gouttes de pluie Qui tomberont n’arracheront Pas

les feuilles et les bourgeons. 151.La nuit ne porte pas de

Coassements lointains,ni L’effleurement des vents sur Les murs,elle

porte le Langage des oiseaux,elle Porte la couleur du sable Désaltéré

et le doux silence Des moissons. 152.Et dans ce silence,

Adossé au mur sur une Natte,baigné de sève Lunaire qui laisse

éveillé Le paysage,tu cherches le Chant qui accompagne de L’aube

jusqu’au soir. 153.Tu cherches le chant, Dans cet air comme un

Sourire,sur les épis élancés, Pour s’emparer des rayons De lumière.

154. Dans les tiges qui Enlacent pour un instant Le vent,dans la

présence Des grillons,dans le dos De la main qui passe sur Le

front humide et brûlant. 155.Dans le doux silence Des moissons,ou’

le songe Aux couleurs qui fascinent Le regard dure longtemps,

Jusqu’aux premiers Frémissements. 156.Tu cherches le chant Dans le

souvenir du frisson Froid qui lacère l’échine, Un brusque coup de

vent, Qui ride pour un instant L’eau qui s’écoule Tranquille. 157.Là à

quelques pas,il Y’a un arbre qui manque, Comme une lueur

dans le Paysage. 158.Plus loin encore un Branchage attend un Regard

au passage,il Devient un arbuste qu’un Coup de vent en passant Dénude

presque en entier. 159.Demain un arbre sera Planté,comme

une nouvelle Lueur dans le paysage, Demain le feuillage sera Taillé

pour éclairer le Paysage,qu’ils sont beaux Les premiers frémissements

Maintenant. 160.Dans la fraîcheur Matinale,les feuilles ne

Sont pas couvertes d’une Couche blanche,elles ont Veillé toute la

nuit,elles N’attendront pas toute Une saison,elles n’attendront Pas

des saisons entières Pour se remettre. 161.Sur leurs pores,il

Y’a des gouttelettes,mais Elles ne ressemblent pas A celles qui

naissent sur Le front,celles qui naissent Sur le front,lorsqu’elles

Dégoulinent jusqu’au coin Des lèvres ont un goût salé. 162.Elles

ont le goût du Soleil de midi et des Halètements des dos Courbés qui

se relèvent Parfois difficilement. 163.Elles ont le goût des Mains

durcies et des Tendres pensées au retour Du marché,des

présents Aux gais couleurs dans les Bras pour les enfants. 164.Des

présents choisis sur Les étals,choisis longuement Sur les étals,des

présents Arôme des contes,nourris à La sève des racines de la

Montagne. 165.Les étals tu les nourris De tes mains,durcies au

Soleil de midi,et le jour du Marché,tu sais qu’il y’aura Au retour de

tendres pensées Pour ceux qui attendent un Conte gai sur la

langue. 166.Là à cet endroit ou’ la Sève lunaire se ramasse,en Fête

auréolée de l’immensité De la belle étoile,comme un Grand cercle de

lumière,il Y’aura les épis cueillis et Qu’assemble un épi.

167.La récolte sera longue Et la main qui empoigne les Tiges sera

une note dans le Chant puisé dans la sève Lunaire et dans la clarté

Dans les yeux,que dépose Le soleil de midi. 168.La récolte sera

longue Et tous les grains seront Ramassés,il y’aura un geste Pour

assembler les épis et Un autre pour entasser devant Les quelques

grains qui se Sont éparpillés. 169.S’il y’a un grain qui Reste

après les premières Pluies,lorsque le soleil s’étale A toute la

terre,les pousses Qu’il libère rieuses dès le Premier instant

ramollissent De leur effleurement,les mottes Durcies par les vents qui

Ont soufflé. 170. La récolte durera des Journées entières et dans

les Bouquets d’épis assemblés, Contemplés tendrement Entre les

mains,il n’y aura Pas de ces trop longues Herbes frêles qu’un coup

de Vent tord jusqu’à casser Parfois. 171.Ces herbes frêles

Attendront la venue des Troupeaux,d’autres seront Comme quelques

poussières Déposées que des gouttes de Pluie effaceront. 172.Lorsque

le

grand Cercle de lumière rayonnera Dans la plaine,à la brise Tiède

qui se lève,et Effleure les feuilles à son Passage,les grains seront

Lancés vers le ciel. 173.Et s’entasseront en un Roulement qui

rassure, Pour se reposer quelques Instants dans les grandes

Jarres,faites de terre noire Chaude et de brindilles d’or. 174.Plus

tard des poignées Répétées s’écouleront Lentement comme dans une

Gorge sèche,pour ranimer Les meules faites de la Pierre travaillée.

175.La récolte durera Longtemps,et de temps à Autre le soir,lorsque la

Faible lumière éclaire les Visages,un bras enlace les

Epaules,une main serre L’autre,pour contempler Tout le regard.

176.Pour parler parfois Longuement,sur la Langue des gouttes de ce Bon

miel,faibles lumières Gorgées de sève lunaire de Ce qui reste à

faire. 177.Ce qui reste à faire Sera l’œuvre de nos bras Qui

déposeront à chaque Instant du jour une ébauche Qui sait parler aux

lieux Pour demain. 178.L’œuvre de nos bras ne Détourne pas les

yeux,elle Regarde dans les yeux,elle Ne ferme pas les yeux à

L’immense clarté,elle Regarde devant,car devant Se lève le plus beau

jour. 179.Elle ne se détourne pas Des fresques gravées,des Ruines

debout encore,des Chants,des danses,des Paroles qui ont transcendé

Les siècles. 180.Elle se reconnaît dans Les palpitations de leur

Mémoire,elle sera comme Des arbres,comme un Sous-bois dans le

paysage. 181.L’œuvre de tes bras, Lorsqu’elle naîtra, Lorsqu’elle

s’étalera, Lorsqu’elle s’élèvera,tu verras Qu’elle porte un peu de

toi. 182.Et dans le paysage,dans Tout le paysage lorsque tu

Passeras,dans ce que tu Regardes autour,un éclat te Rassurera.

183.Un éclat au teint des Matins pluvieux,ou’ dans les Visages,cinglés

par les gouttes De pluie,le sourire n’a pas Disparu. 184.Un

éclat de brouillard au Matin,enflammé du soleil qui Monte à

l’horizon,un éclat de Neige embrasée sur les Hauteurs au crépuscule.

185.Un éclat chaud des matins D’été,ou’ en t’en allant,un peu De

sommeil à l’orée des yeux, Aucune ombre ne s’étale Derrière. 186.La

récolte sera longue, Les fruits tendres au Toucher,les rameaux les

déposent en un léger bruit feutré sur la terre. 187.Les fruits

frais,les doigts Les ramassent gaiement et les Etalent comme cette

couche De henné,à toute la paume. 188.Parfois,lorsque tu les

Regardes,il y’a un soupir qui S’élève devant leur couleur Noire,ou’

scintillent les Contours translucides du Brouillard aux premiers

Rayons du soleil. 189.Le soir ils seront entassés Pour un doux

sommeil,sur Le sol chaud encore,en Petite montagne,à l’abri Des

pluies..

6.Des jours à venir.

01.De ces promesses qui font Naître ta voix en moi,ma voix Dans celui

qui viendra,sa voix Sur les garçons qu’un jour la Terre entière

découvrira. 02.Sa voix naîtra de toi de moi Sa voix naîtra de

notre voix sa Voix sera plus belle et Lorsque la terre se lèvera le

Soleil sur ses horizons elle la Verra nommer les pousses. 03.Elle

verra les pousses Nommer les pousses du Verger sourire qui

rajeunit Aux premières lueurs sa Voix sera aussi belle que Notre

voix lorsque les Premières lueurs finissent De dissiper tout le

Sommeil. 04.Pour qu’ils sachent te Rechauffer de ces promesses Que

je vois comme un Soleil monter à l’écoute des Premiers pas lorsque

devant Le sommeil se dissipe encore. 05.De ces promesses qui Donnent

au souvenir les Couleurs qu’il ne possédait Pas les couleurs

qui N’existaient pas les Couleurs que cherche la Mémoire dans le

silence Qui berce la nuit pour Un instant. 06.Dans le jour qu’elle

Embellit pour que lorsqu’il Recouvre l’horizon pour Que lorsque

je regarde L’horizon je vois de ces Promesses fécondes qui Font

naître demain plus Beau. 07.De ces promesses que Je sens s’emparer de

ce qui En moi attend pour le Mettre dans mes bras pour Qu’il

libère mes bras pour Qu’ils sachent t’étreindre. 08.Pour se

reconnaître dans Les rides qu’elle efface chaque Jour et à leur place

mettre Comme en une certitude sa Tendre empreinte d’un Instant.

09Une empreinte de Toujours qui donnera une Poignée de fleurs en un

Jour une empreinte qui Donnera une infinité de Poignées que je

regarderai Que je prendrai que je Sentirai. 10.Pour que la plaine

Se reconnaisse dans cette Teinte amère logée dans La ride précoce

dans la Ride qui s’efface dans la Ride qu’elle efface dans Le jour qui

recouvre L’horizon. 11.Pour qu’elle se reconnaisse Dans les

rides précoces que Les nuits ou’ elle ne dort pas Tracent en lignes

en beaux Souvenirs pour demain. 12.Pour qu’elle se Reconnaisse dans

les rides Qui s’effacent lorsqu’elle Découvre aux yeux qui

S’ouvrent un sens qui Fait de cette journée Entière une promesse

Pour demain. 13.Lorsqu’elle découvre Un sens dans le pouce que Le

regard caresse pour un Instant pour le remplir de Toute une vie.

14.Il y’a une réponse dans Les bourgeons qui s’étirent Dans ton

regard dans les Couleurs que tu déposes sur Les pétales devant un peu

de Sueur qui ne s’efface pas Sur la terre. 15.Qui ne s’efface

pas sur La terre qui germe dans la Terre qui se lève au premier

Rayon de soleil pour éblouir Dans toute sa grandeur toute La plaine.

16.Pour que toute la plaine Se regarde pour qu’elle se

Reconnaisse dans les jours Qu’elle met entre ses bras Chaque matin.

17.Sur le chemin large Il n’y a pas de flaque d’eau Qui stagne il n’y

a pas D’épines pour faire mal Aux pieds nus il n’y a pas De

pieds nus il y’a une Réponse dans le sourire. 18.Il y’a une réponse

dans Le sourire juvénile sur la Route dans toute sa largeur Sur les

champs qui se sont Levés tôt pour voir les Bourgeons

s’étirer. 19.Il y’a une réponse dans L’épi de blé que tu Contemples

que tu caresses Longuement qui adoucit la Paume lorsque les grains

S’éparpillent pour donner Un nom à chaque contrée.

20.Maintenant que J’accompagne la mémoire Pour une longue marche

Chaque soir maintenant que Sur les pétales et dans le Pollen il y’a

beaucoup de Lumière je sais que ton Rêve est infini en moi.

21.Aussi infini que ce Tendre regard qui fixe Pendant de longs

instants Jusqu’à son fond toute la Flamme et se questionner Et se

questionner jusqu’à S’oublier. 22.A l’aube tu récitais une Prière

puis tu partais après Avoir tiré doucement la Porte derrière toi

dehors sur Les visages il y’a quelques Uns de tes traits que cette

Nuit a tracés. 23.Et sur le chemin sur La route sur les champs

Sur les murs sur les toits Sur les arbres sur les Bourgeons sur les

pétales Tu découvres que tout Appartient à cette terre. 24.Le bois tu

le ramassais Parfois de loin pour de Longues veillées et

Lorsque tu alimentes le Feu de bouts tu accompagnes La mémoire pour

une Longue marche à la Découverte de la plaine De ses pousses de ses

Vergers. 25.Sur le mur l’ombre que Projette la flamme n’est

pas Noire elle ressemble au Jour qui se lève qui projette Son ombre

au jour qui se Lève en une âme née partout Ou’ une longue nuit a

Déposé sa froideur. 26.Maintenant qu’il Rayonne dans tous les

Yeux qu’il demeure au-delà Du matin maintenant que la Soif n’existe

pas que la joie Est dans toute ma voix Je sais que c’est de toi Qu’est

né mon chant. 27.La joie est dans toute Ma voix en mots

pour Décrire le rêve en jour Dans la tempête déposé Dans ma main

ouverte et Chaude alors que je Dormais encore. 28.Tu as parlé parfois

la Gorge serrée tu as parlé Le front plissé mais chaque Mot

que tu prononçais est Une promesse pour demain La promesse que la

joie Règnerait. 29.Et dans tes quelques Silences d’un instant que

J’admirais lorsque tu Revenais je voyais une Chose une pensée qui

Grandirait un rêve qui Grandissait qui s’élevait Un immense sourire

le Plus grand sourire qui Naissait. 30.Tu savais que les nuits Ou’ tu

as parlé autour du Feu à la belle étoile à la Lumière douce

que la Profondeur du regard Amplifiait tu as fais naître De cet

espoir que chaque Moment grandit en Promesse qui irrigue la Mémoire

future. 31.Tu savais que dans le Silence qu’il y’a eu Pendant un

instant la Promesse naissait et Lorsque tu as entamé Un chant

ensemble il a Eté chanté. 32.Maintenant lorsque je Ferme les yeux

lorsque je Pars au matin lorsque je Marche je sais que là Existe la

beauté du Lendemain. 33.Ce rêve tu l’as élevé il Est grand il

nourrit la Mémoire entière de cette Promesse enfouie que tu As portée

dans toute la Longueur de la marche. 34.Elle était là déjà

Lorsque baissé ou debout Le geste sûr tu ne regardais Plus

furtivement aux Alentours et là ou’ ton Regard s’est étalé il ne S’est

détourné que Lorsqu’elle s’est déposée. 35.La promesse enfouie

était Déjà là plus grande encore Plus grande chaque jour et Lorsque

tu fermais les yeux Lorsque tu partais lorsque Tu marchais lorsque tu

Partais au matin tu n’avais Plus peur du lendemain. 36.Il

est né il y’a longtemps Il y’a des siècles il y’a une Infinité de

siècles très Longtemps et dans chaque Moment il est présent et Dans sa

présence apparaissent Comme un jour qui se lève Toutes les

moissons qu’il Y’aura demain. 37.Maintenant que les vents Froids

cessent maintenant Qu’ils ne font plus Frissonner j’enlace j’enlace

Fort j’enlace très fort J’enlace tendrement car Maintenant je ne

sais Faire que cela. 38.Il est né la nuit ou’ les Brindilles ont

manqué Pour rechauffer dans son Immensité l’atmosphère Que les vents

froids Faisaient frissonner et qu’à Cet instant il fallait

enlacer T’enlacer enlacer fort T’enlacer fort très fort Pour que la

flamme Ne s’éteigne pas. 39.Il est né le matin ou’ Le regard pour toi

a Duré et que ton sourire a Crée un agréable instant

D’oubli un instant Agréable ou’ tout dans L’être a lancé une pensée

Loin dans le fond fécond Pour que sur le visage Il ne s’efface pas.

40.Ce rêve que tu fais Naître il est en toi il est en Nous il

ne date pas d’un Jour ou d’une nuit il est Là au matin lorsque tu

Ouvres les yeux il est dans Ton regard et lorsque tu Regardes il

efface un peu De la fraîcheur de la veille. 41.Il est né le jour

ou’ en Marchant les pas sont Devenus soudain plus Lourds plus lourds

que D’habitude qu’en ces Moments ou’ ils Accompagnent la joie pour Une

randonnée dans la Plaine ensoleillée. 42.A chaque fois

que tu les Contemples elles paraîtront Plus belles aussi belles que

Le quotidien que tu vivifies D’une pensée d’un geste D’un peu de sueur

d’un Instant d’instants qui se Gravent. 43.Qui se gravent

en une vie En vies à venir qui Fertiliseront les siècles de Leur

pensée de leurs gestes De leur sueur des images Des lumières des

présents Dans tes mains que tu Embellis pour qu’ils Sillonnent les

ères en Moissons de demain. 44.Ils portent les chants des Longues

moissons et la bonne Odeur de la terre aux premières Pluies,ils

portent la joyeuse nuée D’oiseaux qui ne partiront pas Au loin

cette saison et Lorsque je te les raconterai,je Sais que tu les

aimeras,que tu Les apprendras,que demain Tu me les répèteras rieuse

Pour ne pas les oublier. 45.Je saurai te raconter Maintenant les

quelques Rêves que j’ai fait les yeux Fermés,en attendant le matin,

En attendant les lueurs,ces Douces lueurs qui donnent Au regard sa

chaleur d’antan. 46.L’exil est dans mes mains, Il est dans ma

voix,il a Accompagné mes pas sur Toute la longueur du Chemin et là

ou’ je regarde, Je le vois se déposer, Maintenant comme une Enveloppe

devant moi. 47.Il est dans la terre que J’ai aimée dans le

chant de Ses oiseaux,dans ses racines, Dans le chant de ses Moissons

qui se répandent Tôt,comme les premières Lueurs qui éclairent

L’horizon. 48.Dans tous les grains Qui lèvent tel de ton regard

Dans toute sa grandeur à Son retour apparaît déjà Immense le sourire

en un Hymne à la paix en joies Que tu alimentes de ta Chaleur. 49.De

ta chaleur naît L’immensité dans le Sourire qui apparaît

déjà En un hymne en un Hymne à la paix en un Chant qui sera dans ma

Voix dans toute ma voix Comme une infinité de Voix cet amour qui ne

S’épuise pas. 50.Cet amour qui ne finit Pas qui ne finit

jamais que Nourrissent les siècles de Leur sourire que tu fais

Naître radieux en déposant Un peu de chaleur à chaque Fois comme un

rayon dans Le jour demain. 51.Dans les jours de Demain que l’aube

Nouvelle verra annoncer La voix gorgée de joie Les moissons futures

que Tu contempleras pendant Des jours entiers sans te Lasser et à

chaque fois Elles paraîtront plus belles. 52.En un jour,ils

sont Venus de lieux que Beaucoup ne connaissent Pas encore pour

affluer Vers le cœur du carrefour Qui se continue très loin Sur

n’importe quel Chemin. 53.En un jour,j’ai vu Autant s’accompagner,et

Autour d’eux les baignant D’une profondeur que L’on cherche

longtemps A expliquer,l’avance Rajeunit à chaque fois La foulée. 54.En

un jour j’ai connu Ce qu’une existence a Ignoré ce qu’elle ne peut

Ignorer,j’ai vu ce qui dans L’être peut demeurer Malgré les

tempêtes. 55.Il sera présent dans les Yeux qui scrutent les

Montagnes,dans les yeux Eteints,dans les pieds Enflés,dans les mains

qui

Aident à se mettre debout, Dans le regard derrière Qui s’éloigne.

56.Il sera présent jusqu’au Crépuscule dans les feux Allumés,dans les

braises Qui tardent,il sera présent Dans la pénombre à

veiller, Et chaque matin,il se lèvera Grand à tous les horizons.

57.En un jour des horizons Aussi féeriques les uns que Les autres sont

parcourus Avec à chaque halte,un Regard pour eux,comme Une

promesse de retour. 58.En deux jours plusieurs Autres séparent du

Lointain départ,et déjà des Rêves se tissent nombreux A chaque endroit

ou’ une Blessure peut se déposer. 59.Au crépuscule des feux

S’allument aux premières Etoiles dans le ciel,le même Que l’on

regardait en Rentrant là-bas avec ses Etoiles que parfois deux

Plusieurs admirent Adossés aux orangers. 60.Ces routes désertes

Maintenant ont porté il y’a Quelques jours un flot que Chaque

carrefour grandit, Comme si le départ est Plus loin que plusieurs

Horizons. 61.Plusieurs horizons Parcourus et chaque visage Vous

empêche de le Questionner lorsque vous Le regardez par un sourire En

silence,car les horizons Qui suivent vous diront Qui il est. 62.Et

veiller comme sur ce Qui ne te quitte jamais ou Ce qui occupe

tes pensées Des instants du soir et de Ceux qui suivent au matin

Pour agrandir à chaque fois Un peu plus,avec ce qui en Toi peut être

donné,pour Que demain celui qui Viendra s’approchera sans

Crainte,pour la veiller et Lui imprimer ce qu’il y’a En lui de

grandeur qu’elle A fait naître. 63.Il te dira leur retour Sur les

routes désertes Pour voir les vergers Abandonnés ou’ Poussent de

longues Herbes non coupées Car personne n’était Là. 64.Ces jours

seront Eblouissants,mais ce ne Sera pas un éblouissement Qui te fera

détourner les Yeux,ce sera une chose Que tout en toi approchera

Sans peur pour aimer. 65.Pour toucher,car faite Minutieusement à la

Mesure de tes doigts pour Nettoyer à chaque fois Comme aux premières

Pluies sur des parois ou’ Quelques poussières se Sont

déposées en été. 66.Cette lourdeur qui t’a Empêché parfois de te

Mettre debout,tu l’as Ressentie plusieurs fois, Car elle revient de

temps A autre depuis longtemps, Et à mesure qu’elle pèse, En toi

naissent des forces Qui se préparaient à Ouvrir les yeux,le matin

Ou’ les premiers échos De la nouvelle saison Commencent à parvenir.

67.A mesure qu’elle pèse Il y’a comme quelquechose Qui

frémit,qui se regarde Un peu,qui regarde autour Qui regarde en

haut,et puis Se dirige vers un endroit Fait pour lui. 68.Un endroit

qui émerveille Chaque chose qu’il Comporte,et là il regarde

Autour,ce qui dans toute Pousse,puisé comme d’une Voix qui chante

les moments A venir fait des mains un Support ou’ viendront Chaque

jour s’ajouter ces Fruits couleur des rêves Les plus tendres.

69.Des rêves tendres Engendrés par la sueur Qui ruisselle,par le dos

Courbé qui fait parfois Mal,par la tête penchée Des heures,des heures

Durant les sens en Eveil pour te voir Sourire. 70.Plus que

cela pour te Voir sourire aux jours A venir,pour te voir Sourire les

jours à venir. 71.Il y’a un chant qui revient, C’est celui des oiseaux

qui Ont été jusqu’au loin,qui Reviennent gais,qui

connaissent Encore le chemin. 72.Un chant qui revient le Soir,au

retour car depuis le Matin,les branches vertes Maintenant vivent

l’étreinte De demain. 73.Un conte m’est revenu, C’est un conte des

siècles Que tu ne connais pas. Aujourd’hui,je me suis levé Tôt et le

soir au retour, Lorsque les étoiles Commencent à éclairer la Terre,je

te le raconte. 74.Je t’apprendrai le nom D’innombrables

lieux déserts De nos voix,des lieux ou’ la Verdure accueille pour

des Journées,ou’ l’herbe pousse Toute l’année,loin des sources Dans le

sous-bois humide. 75.Sur le chemin ton Souvenir me revient

encore A chaque pas,un souvenir ou’ Ton regard enflammé,même S’il

est loin maintenant,il Me rappelle encore les mots Prononcés à la

hâte, Quelques mots seulement Que tu voulais me dire Peut-être un

autre jour. 76.Lorsque les feuilles S’éclairent jusqu’au loin, Je te

vois alors songeuse Pour demain. 77.Beaucoup de sources Sont

taries,des sources ou’ J’ai bu en revenant des Longues

promenades,dans Le bois au printemps,des Sources limpides qui

Accueillent chaque jour La juvénile gaieté des Oiseaux. 78.Au retour

ne t’en fais Pas,je t’emmènerai sur le Chemin pour voir les Oiseaux

revenir des lieux Au loin ou’ la terre parle Au ciel bas des fleurs

A la main. 79.Lorsque les feuilles S’éclairent,il y’a ton Image qui

revient. 80.La nuit,je fais quelques Pas les yeux presque

Rêveurs vers le scintillement Des étoiles qui peuplent Encore le

ciel d’automne. 81.Et chaque lieu ou’ tu Passes portera quelquepart,

Une part de toi,comme un Peu de ton souffle à la Fumée qui

effleure le Paysage en passant. 82.Maintenant chaque détail Qui vit

au fond du paysage Est aussi clair qu’un jour De printemps,et à force

de Le fixer,la montagne apparaît Comme se rapprocher

Lentement. 83.La profondeur du Regard est une mémoire Dans le chant

de demain Et le chant de demain une Mémoire aux joies futures Qui

accompagnent les Moissons de l’aube Jusqu’à leur terme pour

Cette saison. Des jours à venir. 84.Demain tout sera là, Comme hier

tout là,rien N’aura changé en nous,il N’y aura pas de remords, Il n’y

aura pas de haine,il Y’aura des instants,tous Les instants

d’un jour Qui se vivent amplement, Car tous auront grandi. 85.Je

veux me reconnaître Dans ton regard triste et Profond,comme une eau

Paisible que l’on voit Bouger à peine sur le Visage,ou’ seules

des Pattes alignées disent une Présence. 86.Je veux qu’en toi tout

Renaisse de nouveau,une Autre fois et que chaque Fibre qui somnole

s’étire Longuement comme après Ce beau rêve qui revient Le

matin et se gorge Comme une joue d’un Sourire. 87.Le jour qui se

déplie Répand toutes ses lueurs Au plus profond de Chaque

conscience,en Promesses à l’horizon Qui se dégage sur tes Lèvres en

mots

gorgés D’amour. 88.En mots enflammés, En mots chuchotés, Parfois les

yeux fermés Devant l’éclat d’un Regard,ou’ toute la vie Se dessine.

89.Les mots chuchotés Appartiennent au jour et A la nuit,ils

ne surprennent Pas la nuit,car elle connaît Déjà les goûts,le goût

qu’ils Portent en eux. 90.Elle connaît leur saveur, Elle connaît

jusqu’ou’ le Silence les porte,accrochés A ses ailes immenses qui

Effleurent les visages Comme une brise douce. 91.Le silence les

porte,là Ou’ la chaleur torride tord Le jour jusqu’à lui soutirer

Quelques perles qui S’effacent sur la terre. 92.Les mots chuchotés,

Le silence connaît leur saveur lorsqu’ils l’effleurent longuement,

il connaît leur saveur lorsqu’ils cessent pour laisser le regard

remplir de son éclat un regard. 93.Lorsque le sommeil s’est

Dissipé lorsque le soleil Est sur les horizons Lorsqu’il rayonne

dans sa Voix en un air ou’ il se Reconnaîtra en un air ou’ La terre

entière se Reconnaîtra. 94.En un air ou’ je me Reconnaîtrai en

un air qui Remplira mon souvenir De couleurs qu’il a Cherchées des

nuits Entières de couleurs qu’il N’a pas possédées de ces Couleurs qui

n’existaient Pas. 95.De couleurs que tu Découvriras la nuit

ou’ le Silence d’un instant Berce le rêve ou’ Foisonnent les

moissons De demain dès l’aube. 96.Ton sourire qui rayonne Parfois

accompagné de belles Histoires que libère soudain Ton silence si grand

qu’il Allonge mes nuits. 97.Demain tout sera là Le sourire des mots

Errants dans la pénombre Lorsqu’ils se mettront au Soleil un jour

d’avril. 98.Le sourire sur ton Humble visage lorsque Après

quelques mots qui Reviennent beaux encore Ta main a un peu Tremblé

comme des Feuilles à la brise d’été Que nous avons aimée. 99.Le

sourire autour partout Autour qui n’a jamais cessé De rayonner

comme pour De temps à autre te Rappeler. 100.Le regard qui s’attarde

Un peu devant la clarté de Tes yeux pour irriguer le Visage d’une

tendre Ondée de chaleur. 101.Le regard en silence Dans un

doux silence Qui fixe devant comme Pour mieux voir les pas Sur le

chemin. 102.La chaleur de quelques Mots inscrits à ta paume D’une main

amusée pour Qu’après le départ au Loin tu te rappelles.

103.Les mots d’amour Que je sais te dire même Lorsque ton front se

Ride lorsque tu fixes Mon regard pour un Instant. 104.Les mots simples

Pour te décrire demain Beau la voix gorgée de Cet espoir

qui rechauffe Tes mains les bras croisés Sur la poitrine pour la

Presser. 105.Les mots se succèdent En flot tendre infini à ta Main sur

ton front les Yeux fixes et brillants Au sol durant de longs

Instants. 106Les soirs tièdes ou’ Sur une marche à même Le sol nous

assistons au Sourire humble de la Pleine lune dans un ciel Etoilé qui

caresse le Paysage dans le doux Silence de la nuit. 107.Les

mots ou’ en Parlant tu t’arrêtes un Instant pour chercher Rieuse

quelques mots et Continuer gaie parfois Pendant longtemps. 108.Demain

tout sera là La chaleur de mon étreinte Les yeux fermés bercée

Par une lampe aux reflets Tendres partout autour. 109.La chaleur de

mon Regard adossé à un arbre Les yeux devant une Longue pensée pour le

Beau rêve de la veille. 110.Le regard loin brillant D’un

jour nouveau vers ce Printemps qui se lève Partout gai et coloré

devant. 111.Les moments de silence De ce silence profond Assise sur un

banc en bois Les yeux aux paumes par Un beau matin d’été.

112.Les moments ou’ tu Parlais debout la main au Mur parfois pendant

Longtemps d’une voix Gorgée de la joie d’un Instant. 113.Les soirs des

premières Chaleurs de mai ou’ sur Une natte large étalée

dans Le houch des enfants Apprennent à raconter les Contes qui ont

émerveillé Un rire de temps à autre Sur le visage. 114.Les soirs d’été

ou’ Après un soupir que suit Un large sourire tu me Parles

des récoltes longues Et pleines de chants qui Durent parfois jusqu’à

La tombée de la nuit. 115.Demain tout sera là La trace de mes pas sur

La terre dans les contrées De mes rêves que tu Aimeras.

116.Des contrées que tu Ne connais pas une terre Ou’ des fleurs

poussent Depuis plusieurs jours Déjà. 117.La profondeur du Regard dans

le chant de Demain sera un songe Que libère le souvenir Dans

les yeux fermés Qui récitent une berceuse, Une paume au petit Corps

en caresses répétées. 118.Ele portera des pétales Enlacés,en cercles à

chaque Fois plus larges,plus larges Que l’horizon,larges à

L’infini,et au milieu des Pétales aux mêmes Couleurs que vit

l’étendue Aux quatre saisons. 119.L’étendue vit parfois Ses quatre

saisons en un Jour jusqu’au crépuscule Qui demeure toute la nuit,

Auréolé de ces pétales,ou’ Les étoiles déposent en Petits tas leur

lumière. 120.En petits tas,comme Des grains de pollen,elle Se dépose

légère jusqu’au Moment,ou’ comme des Mains assemblées restent

Colorées pour éclairer Jusqu’à l’aube. 121.Elle portera adossé Dans

un coin de sa Mémoire des éclats de joie Dans les voix aux baignades

Juvéniles,après tant de Cueillettes quotidiennes,qui

S’inscrivent en teintes Merveilleuses face aux Lieux ou’ tu passes

pour Un instant. 122.Dans la profondeur du Regard,il y’a l’oranger qui

Observe les herbes pousser A ses pieds et le puits qui

Eclaire les oiseaux d’un Chant de demain,pour que Demain leur chant

soit Infini. 123.La beauté du chant De demain,un chant puis Un autre

et entre les deux Un autre,pour que ce qui Manque à la

présence Vive,avec dans le cœur Et autour la voix de Celui qui

reviendra Bientôt. 124.De petits bouquets Qui embaument les rêves,

Plus que cela une certitude D’une clarté jamais vue, Comme les

racines de Cette terre quittée,ancrées Au plus profond de Chacun.

125.Ancrées en lumière Que rien ne peut Eteindre,à la tombée de La

nuit,elle est plus qu’un Clair de lune,dans un ciel Sans

nuages,elle est un Clair de lune qui baigne Dans la profondeur d’un

Regard qui tarde. Marche poème 3 126.Le poème élèvera les Mères vers

le plus haut De leur espoir,il ne salira Pas leurs mains

écorchées, Ni leurs humbles paroles, Il sera un hommage à Leur vie

de labeur. 127.Derrière une porte ou Dehors des lèvres récitent Des

mots imperceptibles Qui tarraudent ta Conscience comme une

Conscience fouettée. 128.Comment te parler Lorsque chaque jour les

Grilles sont astiquées Autour de ma pensée,en Un mur qui s’élève comme

Pour atteindre les nuages Gorgés et frêles qui Peuplent le

ciel. 129.Comment te dire de Tendres pensées lorsque Toutes mes

fibres sont Griffées pour se vider De ce flot que tu Aimais dans un

regard. 130.De tendres pensées Deviennent parfois

Méconnaissables.Ce N’est qu’après Longtemps après Lorsqu’elles

reprennent Leur éclat du jour Qu’elles reconnaîtront La main

innocente. 131.Car sur la main tendre Et innocente ont été Déposées

des

injures qui La recouvrent entière Maintenant. Famine au Sahel 132.A

ses côtés il y’aura Plein d’herbe Il y’aura de l’eau Pour arroser les

arbres. 133.Ses amulettes Accrochées à son cou Il regarde

longtemps Le paysage Son bâton à la main Plein de dessins. 134.Cela

fait longtemps Qu’il n’y a pas plus d’eau Que le sable recouvre

L’étendue soufflé Par le vent. 135.La mine a emporté Beaucoup

cette année Certains sont restés Bloqués Par les éboulis. 136.Le

soir Il y’a leur souvenir Il y’a leurs mots Il y’a leur départ Le

matin. 137.Les baraques Sont vieilles Et couvertes de poussière A

l’intérieur il n’y a Qu’une faible lumière Qui éclaire Les visages.

138.Le soir on parlera De la mine Le visage Encore presque Couvert de

poussière Que chaque jour L’on ramène. 139.Hamid est parti

en bateau, Dans un vieux bateau, Il avait peu d’argent Dans les

poches, Il vivait d’espoir. 140.Il partait Au loin, Là il avait espéré

Mais il n’avait Rien trouvé. 141.Il était jeune, Il voulait

chercher La vie ailleurs, Là il n’y avait Rien. 142.La nuit chez

lui, Il n’avait pas dormi, La nuit chez lui, Il est resté A rêver.

143.Il a revu Tout le monde, Il a revu son enfance, Le voyage

l’angoissait Mais il faut partir Quand même. 144.Partir loin, Là ou’

il y’a La vie, Partir loin Au-delà de la mer. 145.Le soir On ne sait

pas encore S’ils reviendront Le soir on les attend Jusque

tard Les yeux vers le ciel. 146.La mine a emporté Beaucoup cette

année Parfois c’est la roche Qui a cédé. 147.Combien de temps

Attendrai-je encore, Chaque soir Le même rêve Revient. 148.La nuit

C’est l’espoir De te voir Un jour revenir Comme pour La première

fois. 149.On parlera De ces enfants Qui ne reverront plus Peut-être

leur père Du trou Dans lequel On s’engouffre. 150.On parle du

bruit Qu’il y’aura De la poussière Qui montera De ceux Qui ne

reviendront Peut-être pas. 151.Le soir On prie pour eux On prie

longtemps Pour eux A la faible lumière Dans les cabanes. 152.Parfois

le

vent souffle, Il ramène plein de sable Et plaque le troupeau Parfois

il souffle toute La journée on ne sait Pas d’où’ il vient. 153.Il

traverse Peut-être Des contrées lointaines Personne ne le

sait. 154.Il souffle Dans mon visage Il souffle dans les arbres

comme s’il veut me parler. 155.Parfois Le feu reste allumé parfois

quelques uns veillent jusque tard. 156.Ils ramènent le bois de

loin, Ils le ramènent A plusieurs Sur le dos. 157.Toute la journée

on le met en tas De petits tas Polis par le vent. 158.Je ne sais pas

Ce qu’il y’a dans dans ton regard Je ne sais pas Ce que tu

penses Je sais seulement Que tu es à moi. Le verger de grand père.

159.L’automne a déposé Sur les feuilles Ses poussières L’automne a

déposé Sur la terre Ses poussières. 160.Des poussières Jaunes

Qui vont Jusqu’aux pâturages. 161.Le ciel gris Enveloppe Comme ma

mémoire. 162.En automne Les chemins sont couverts De poussière Au

passage Des troupeaux. 163.Tes pas s’impriment Chaque jour Tes

pas Je les connais Ils vont Jusqu’au loin. 164.Les pas Sur les

chemins Vont jusqu’aux Pâturages. 165.Le soir Je te vois revenir

Harassée Et couverte De poussière. 166.Ces arbres Font de l’ombre En

été, Ces arbres T’accueillent Pour une halte. 167.Ces arbres

Connaissent grand père, Il les a plantés Et arrosés. 168.Il en a fait

Un verger Ou’ maintenant Tu te promènes. 169.Dehors Il faisait

froid, Le vent soufflait Glacial Sur les faces. 170.Cet automne, Je

ne sais pas Si tu seras là, Je ne sais pas, Si tes pas Effleureront

les feuilles. 171.Ces arbres Tu les connais, Leurs oiseaux Tu

les connais. 172.Je te montrerai Un chemin, Celui que j’emprunte

Chaque matin. 173.Ce verger Grand père l’a planté, Il y’a longtemps,

Il avait deux seaux Pour l’arroser. 174.Il l’arrosait Le matin

et le soir, L’eau il la ramenait De la grande rivière. 175.Des

saisons Sous la pluie, A mettre En tas. 176.Demain Lorsque tu

viendras, Je ne sais pas Si tu me reconnaîtras. 177.Demain, Je te

ferai

visiter Les champs en fleur Et les chemins Que j’emprunte. 178.Je ne

sais pas Si tu reconnaîtras Le verger Et ma voix. 179.La plantation

Est grande, Et on est si peu, Si peu Pour la récolte Qui

dure des saisons. 180.La récolte dure Parfois des saisons, Des

saisons Sous le soleil. 181.La guerre A commencé Une nuit d’hiver, Une

nuit de froid. 182.J’avais perdu Ma maison, Ma terre Et mon

troupeau. 183.J’avais perdu Ma liberté, J’avais perdu Mon pays Que

mes aieux M’ont laissé. 184.On était Couvert de haillons Seulement Que

le vent emportait. 185.La plantation est grande, Parfois on

met Beaucoup de temps Pour aller Jusqu’au bout. 186.Parfois On met

des heures Pour aller Jusqu’au bout. 187.La guerre est destruction,

Rien n’est resté, Même pas Les forêts. 188.Tout A été brûlé,

Les récoltes Et les maisons. 189.On est resté A errer Sur les

chemins, A errer Presque nus. 190.Cette nuit Ou’ il a plu, Beaucoup

plu, Jusqu’au matin. 191.Novembre pour nous Est la liberté, Il est

pour nous La délivrance. 192.La délivrance Du joug colonial, De

cette nuit Qui a duré on ne sait Pas beaucoup combien. 193.Ces arbres,

Grand père les a plantés, Alors que j’étais petit. Il les

arrosait D’une rivière, D’une grande rivière Qui passait à côté.

195.La guerre A tout détruit Forêts Et villages. 196.La récolte aussi,

Ainsi que les maisons, Elle a duré Le temps d’un âge. 197.On

ne sait pas Quand est ce que Elle a commencé, Cela fait des années

Peut-être. 198.On ne sait pas Au début, Il y’a eu novembre, Cette nuit

d’hiver. 199.Ces sentiers Qui mènent Aux jardins étagés,

Ou’ l’on plante Des choses Pour toi. 200.Ces arbres, En automne Le

vent souffle Dans leur branchage. 201.En été, Elles font Beaucoup

d’ombre Pour ceux Qui passent. 202.J’avais perdu Ma liberté Et

mes terres, Celles que m’ont laissé Mes aieux. 203.J’avais perdu Mon

troupeau, Tout mon troupeau Dans les hautes plaines. 204.Lorsque tu

seras là, Je te ferai visiter Ces sentiers Que tu ne connais

pas. Fin. Titre : Des jours à venir. Genre : poésie. Sommaire : .

Des jours à venir. Famine au sahel. Le verger de grand père

7.L'hymne à l'amour

L'hymne à l'amour. 01.Chaque jour il me faut une feuille pour te fêter

et te parler de demain que la gaieté dans la voix sait si bien rendre

vivant. 02.Pour te raconter comment le sourire peut

s'étendre jusqu'aux coins les plus reculés jusqu'à l'infini. 03.Pour

te raconter comment de ton sourire naît demain plus grand qu'un rêve.

Pour te raconter. 04.Plus grand que les rêves que tu

cherches le matin dans ta mémoire. 05.Pour te raconter comment de

cet espoir têtu que tu portes en toi naît demain sur les cîmes

resplendissantes de lumière. 06.Pour te raconter une fleur à la main

la fête qu'il y'aura dans tous les lieux même dans ceux que tu ne

connais pas encore. 07.Dans ceux que tu ne connais pas encore tu

entends même dans ceux que tu ne connais pas encore même dans ceux

que tu ne connaîtras pas et qui peuplent tes pensées d'images

couleur du sourire qui sait rendre si vivant demain. 08.Et qui savent

raconter comment de l'espoir têtu de cet espoir si simple naît

sur les cîmes resplendissantes de lumière demain grand plus grand

qu'un rêve que la mémoire perd avant le matin. 09.Te parler de demain

est si beau que la gaieté s'empare de ma voix pour l'auréoler

de sa chaleur. 10.Te parler de demain la gaieté dans la voix est si

beau que je ne m'en lasserai jamais. 11.Car demain est ce jour qui se

déplie il est ce jour que tu déplies et là ou' il y'a une

ombre tu mets une lueur qui demeure la vie entière. 12.Qui ne

disparaît jamais qui grandit et en s'agrandissant met un peu de ce

qu'elle porte en elle là ou' il y'a une ombre qui a persisté. 13.Qui

s'est déposée là ou' aucun pas n'a été entendu depuis très

longtemps. 14.Lorsque l'ombre a inondé la plaine la lumière qui baigne

les pétales s'est vite logée dans le coeur des bourgeons qui

ouvriront les yeux à chaque saison. 15.Qui ouvriront les yeux pour

voir un rayon se déposer lentement un rayon déposer lentement ses

couleurs et les veiller jusqu'au crépuscule. 16.Pour voir des

rayons déposer leurs couleurs en arcs en ciel en un immense arc en

ciel sur toute la plaine. 17.Lorsque l'ombre a inondé la plaine une

fois et que les yeux des bourgeons se sont ouverts partout

des rayons se sont déposés en un immense arc en ciel. 18.Immense et

là ou' le regard se porte dans sa chaleur toutes ses couleurs se

déposent en un hymne à la vie. 19.En un hymne à la joie que le

geste que la voix porte en paroles de chaque jour. 20.Un hymne à la

joie que demain embellit déjà de sa présence logée au fond des

pupilles comme un coeur au regard. 21.Un hymne qui annonce la

grandeur que portent les siècles en une marche qui ne finit jamais

de tracer au passage une âme au grain. 22.Au passage au grain une âme

pour qu'à la levée un arôme de vie embaume jusqu'à ses

profondeurs toute l'atmosphère. 23.Un hymne que portent les siècles

en une flamme qui a sillonné des ères jusqu'aux âges ignorés sans

s'éteindre. 24.En une flamme dans tous les âges portée sans

s'éteindre comme un hymne à la vie jusqu'aux confins de l'univers.

25.Un hymne qui remplit les siècles dans toute leur atmosphère de

chants en choeur qui déposent leur chaleur en rayons de lumière.

26.En rayons dans la lumière lorsque les yeux s'ouvrent pour

accueillir le jour qui naît et le mettre à l'horizon. 27.Le jour qui

naît à l'horizon en rayons de lumière apporte de la profondeur des

âges la splendeur du renouveau en souffle infini aux siècles. 28.Qui

entonne déjà le chant de demain comme une certitude qui embaume tout

sur son passage d'une marque qui ne s'efface pas. 29.Qui ne

s'efface pas comme un soleil dans le ciel au jour de printemps le

plus beau lorsque l'atmosphère entière se pare d'un sourire. 30.Comme

une infinité d'étoiles qui remplit de sa douceur la nuit

d'été ou' la pleine lune dépose sur les feuilles les lueurs de

l'aube. 31.Comme le bleu de la mer qui se perd à l'horizon en une

ligne qui se continue tout le long du rivage. 32.Comme des rayons

dans l'olivier qui s'élèvent qui sillonnent la terre jusqu'à ses

profondeurs inconnues. 33.Comme un soleil qui rayonne dans le ciel

comme une nuit douce à la belle étoile comme le bleu de la mer

étalé sur l'horizon comme des rameaux d'olivier qui s'élèvent de la

terre pour porter dans leur sève la lumière. 34.Cette année les

rameaux se sont gorgés de fruits comme d'un sourire au passage

devant un palmier. 35.Et dans la brise qui les enveloppe de sa douce

étreinte un chuchotement naît tel le premier chant d'un hymne à

l'amour. 36.Un premier chant qui donnera un autre comme une

certitude qui remplit les paumes de demain d'une poignée de grains

lancée à toute la surface. 37.Les paumes de demain caresseront toute

la surface et de cette caresse naîtront des épis qui

parleront au soleil. 38.Ils parleront longuement au soleil avec sur

la langue sa lumière avec sur les lèvres sa lumière avec dans les yeux

sa lumière. 39.Ils lui diront l'hymne à la vie que trace

la petite flamme comme un sillon dans les ères. 40.Ils lui diront

longuement l'hymne à la joie présent dans le visage présent dans toute

sa grandeur comme la peau au visage. 41.Ils lui chanteront

l'hymne à l'amour qui les a engendrés lorsque les mains se sont

assemblées en une étreinte du futur. 42.En une étreinte alimentée par

un coeur qui bat au rythme des pensées de demain. 43.Ils

chanteront au soleil comment la lueur est née comment la lueur s'est

répandue comment la lueur s'est répandue et s'est déposée lorsque deux

mains se sont assemblées. 44.Lorsqu'elles se sont

assemblées dans le regard dans ce regard une promesse en une ondée

de chaleur s'est étalée à tout le visage. 45.A tout le visage et

pendant un moment il y'a eu comme un instant d'oubli une sorte

d'oubli une ondée de chaleur qui loge lueur dans chaque fibre.

46.Lueur dans chaque fibre lueur dans une fibre lueur qui grandit

lueur qui apprend à parler au soleil. 47.Qui parle au soleil qui

parle longuement au soleil qui chante au soleil le plus bel hymne le

plus bel hymne peut-être l'hymne à l'amour. 48.Un chant qui donnera

d'autres comme une promesse faite au départ de chaque matin

lorsque la fraîcheur de la veille ruisselle parfois en une petite

larme. 49.Lorsque parfois elle occupe tout le regard d'un éclat

bizarre de cet éclat étrange de cet éclat profond qui éveille comme

une fibre en dormance. 50.Lorsqu'elle recouvre les rides les mains

durcies les mains tendres comme une caresse comme une longue caresse

sur un sourire juvénile. 51.Comme une promesse qui éveille

après un long sommeil un très long sommeil ou' au fond une chose ne

s'est jamais éteinte. 52.Une chose qui n'a pas disparu sous le poids

des années une chose que rien n'a altérée une chose restée

vivante comme une saison qui revient plus belle. 53.Comme une saison

qui se lève qui avance habillée du jour dans toute sa grandeur.

54.Comme une promesse que rien n'a altérée que les gestes du

matin que les gestes du soir en joies du jour remplissent de vie un

peu plus à chaque fois. 55.Que le départ au matin lorsque la fraîcheur

de la veille s'efface à chaque pas dépose en une certitude

à tout l'horizon. 56.Que les gestes du matin que les gestes du soir

en une infinité de joies remplissent de vie cette couleur du jour pour

demain. 57.Pour demain dès l'aube pour les matins qu'il

y'aura pour les matins qui reviendront avec comme à chaque fois un

souffle au souffle. 58.Avec plus de lumière dans le regard avec plus

de lumière accrochée au passage avec plus de lumière pour les

regards qui éveillent le matin pour le mettre au dessus de

l'horizon. 59.Là ou' en passant le soleil étale sa lumière comme un

arc en ciel qui entoure tendrement chaque grain de la terre.

60.Qui loge dans chaque grain de la terre pour qu'à la levée il le

répande pour qu'il entoure tendrement chaque grain de la terre. 61.Qui

loge dans la voix du sourire en une voix pour le sourire

qui en s'élargissant rayonne dans tous les visages. 62.Qui loge dans

les gestes du matin dans les gestes du soir en joies d'ou' naîtra le

futur qui s'étalera en lumière du jour à tout l'horizon.

63.Comme un arc en ciel sur les pousses qui s'éveillent de leur

dormance pour contenir les rayons de tout le soleil. 64.Comme un arc

en ciel en éclats tendres qui recouvrent de leur caresse jusqu'à

ses recoins toute la dormance. 65.Jusqu'à ses recoins ou' des éclats

tendres enlacent d'une étreinte arôme du futur dans sa grandeur toute

la caresse. 66.Dans toute sa grandeur de caresse en un

rayon que le matin annonce en promesses du futur. 67.En promesses

nées de la beauté du rayon qui porte en lui une infinité d'images.

68.Des images qui donnent sa beauté au soupir des images qui

rayonnent de certitude de cette certitude que demain sera beau.

69.De cette certitude qui nourrit de couleurs les images que les

siècles verront s'embellir verront grandir pour leur donner un air

de fête. 70.De cette certitude dans la poitrine qui fait naître à

chaque instant un chant qui durera des siècles. 71.De cette certitude

dans des gouttes de sueur qui irrigue de sa chaleur pour que

dans leur présence qu'elles tracent en souvenir jaillisse un champ

de bourgeons. 72.De cette certitude couleur gaie de tous les pétales

qui offrent leur lumière à la main qui cueille une poignée et

la mettre dans l'autre. 73.Dans l'autre pour qu'elle l'accueille et

orne au printemps d'une fleur la chevelure sur tous ses contours.

74.Dans l'autre pour qu'elle l'arrange en auréole de lumière

hymne à la paix. 75.Dans l'autre pour qu'elle dépose sur les pétales

pour qu'elle dépose sur leurs couleurs quelques mots à chaque fois

nouveaux pour qu'elle parle aux pétales d'un langage ou' les

hymnes se succèdent. 76.Pour qu'elle parle à toutes leurs couleurs

du jour ou' elles se déposent dans toute leur splendeur en lumière sur

les feuilles et raviver de sa douceur ce que la dormance

berce. 77.Pour que demain lorsque les pétales parlent sur leur

langue se succèderont tous les hymnes en un jour immense fait de jours

ou' chaque matin voit le sourire grandir.

78. 79.Pour que demain leurs couleurs

donneront son véritable teint au jour à la nuit à la fraîcheur du

matin au matin au sourire au geste quotidien. 80.Pour que demain

lorsque leurs couleurs parlent dans la chaleur de la voix se lève

à chaque fois en promesses futures un jour nouveau. 81.Des promesses

que les départs quotidiens au matin sur le beau chemin plein de gaieté

dans la voix élèvent pour que le rêve que mûrit la marche

de sa caresse vivifiante naisse à chaque fois plus grand. 82.Ce rêve

le jour par sa présence la nuit par sa présence tout le jour par sa

présence a fait qu'il sillonne les ères pour nourrir la

mémoire de l'arôme envoûtant du futur. 83. 83.Ce rêve ne date pas

d'un jour il ne date pas d'une nuit il est là chaque matin dans le

sourire dans le regard sur les feuilles en paroles pour demain.

84.En paroles de demain qui déposent leur lumière en un hymne à la

vie jusqu'au fond des pupilles là ou' le jour n'existait pas. 85.En

paroles de demain ou' la lumière se dépose en aube qui

rayonnera en sensation si douce qu'elle donnera au geste dans toute

sa grandeur comme un rayon de la plus belle saison. 86.En paroles de

demain ou' la lumière dépose toute la beauté des saisons de

toutes les saisons en un hymne à la joie dans les grains qui lèvent.

87.Dans tous les grains qui lèvent tel de ton regard dans toute sa

grandeur à son retour apparaît déjà immense le sourire en un

hymne à la paix en joies que tu alimentes de ta chaleur. 88.De ta

chaleur naît l'immensité dans le sourire qui apparaît déjà en un hymne

en un hymne à la paix en un chant qui sera dans une voix

dans toute une voix comme dans une infinité de voix cet amour qui ne

s'épuise pas. 89.L'eau a tout emporté, même les petites pousses, il

n'est resté que vase jusqu'au loin. 90.La vase couvrait le

sol, jaune et visqueuse. 91.Ce soir, le vent a soufflé, il venait

d'un lieu que je ne connais pas. 92.Il venait de loin, de derrière les

montagnes. 93.La brume s'est collée aux collines presque

toute la journée, presque toute la journée, il a fait froid.

94.Froid à mes mains, froid à mes pieds qui savent marcher. 95.Au

loin,il pleuvait, le vent soufflait le vent soufflait dans les

branchages, il emportait les feuilles jusqu'au loin. 96.Les chemins

étaient pleins de boue et d'eau, pleins de mes pas. 97.Il était plein

des pas de chaque jour qui vont jusqu'au loin vers les

pâturages. 98.La famine a tout emporté, il n'est resté personne au

village, brûlé de soleil. 99.Troupeaux et hommes sont partis vers

d'autres horizons, point de source ici, point d'eau pour se

désaltérer. 100.Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu de pluie,

qu'il n'y a pas eu de nuage dans le ciel. 101.Maintenant, lorsque je

regarde au loin, je vois le ciel se dégager, je vois les nuages

courir et le vent souffler. 102.Je vois dans la plaine, l'eau

emporter la terre et ses petites pousses. 103.Je vois dans la plaine

l'eau emporter les arbres et leurs feuilles. 104.Cet hiver, il a

fait froid, il a neigé sur les sommets, il a neigé sur les sommets

au pied du ciel. 105.Il a neigé, loin devant moi, la neige couvrait

tout, même les branchages. 106.Il n'y avait pas d'oiseau, ni

de cri d'enfants, tous sont rentrés pour se chauffer autour d'un

feu. 107.Il a toujours les yeux vers l'horizon, vers le ciel pour voir

s'il y'a quelques nuages. 108.Dans ma mémoire, il y'a ton

sourire et chaque chose que tu aimais. 109.Il y'a tes promenades au

crépuscule, au bord de l'eau, il y'a tes pas dans le sable et le vol

d'oiseau dans le ciel. 110.Tes lettres, je les retrouvais

plus froides, à croire que tu avais oublié mes étreintes. 111.La

nuit, Je repense à toi, Je repense à tes mots, Pourrais-je alors

t'oublier. 112.Demain dit-il, Nous planterons Des vergers Qui feront

de l'ombre En été. 113.Il avait plu Toute la matinée, Le vent était

si fort Qu'il était parfois Impossible de marcher. 114.Le sol Etait

boueux, Tu ne savais presque Pas marcher. 115.Chaque jour, Tu

ramènes le troupeau, Loin aux pâturages, Il ne revient Que le soir,

Lent. 116..Cet hiver, Il a fait froid, Parfois il fallait Ramener le

bois De loin, On sortait en courant Et on marchait.

117..Sous la pluie, On amassait des bouts Qu'on mettait en tas.

118..L'oued en crue Emportait tout, Même la récolte, Ses eaux jaunes

Coulaient parfois Avec bruit Jusqu'à l'embouchure. 119..Ou' si

peut-être Qu'on leur a donné Un nom, Je l'ai jamais demandé

D'ailleurs. 120..Elles poussent Loin dans les champs Et se réveillent

la nuit, Elles poussent une fois, Une seule fois Au printemps

seulement. 121..Cette fleur, Je l'ai vu blanche Jusqu'au loin,

Blanche Dans mes rêves, Je ne sais pas Si elle a un nom, Je ne connais

Que son toucher. 122..Je l'ai vu Sous les arbres, Un tapis aux

arbres, Je l'ai vu Sous leur ombre, Cette fleur Est dans les près,

Elle pousse A chaque printemps. 123...Elle pousse tôt, Aux premières

pluies, Blanche au soleil, Blanche au vent Qui l'arque un

peu. 124..Cette fleur, Je ne connais pas Son nom, On ne me l'a

jamais dit, Je ne sais pas Si elle en a un, Je sais qu'elle pousse

Dans les champs. 125..Un jour Ou' il pleuvait A torrents, Un jour

ou' le ciel Etait couvert. 126..Tu étais partie Sans rien dans les

mains, Il y'avait dans ta tête Quelques idées Que tu râbachais. 127..A

croire Que tu avais oublié, Elles sont pleines De mots Pour

toi, Des mots que je choisis, Chaque jour Pour toi. 128..As-tu

oublié Nos nuits A la belle étoile, As-tu oublié nos nuits Sous la

pluie. 129..Des fois le vent soufflait Et tu ne le savais pas, Des

fois il pleuvait, Il pleuvait beaucoup Et tu ne le savais pas.

130..Tu marchais Les yeux devant, Loin devant, Il n'y avait en toi

Qu'un souvenir, Un vague souvenir Que tu as hésité De me dire.

131..Je t'ai priée De te regarder, Mais tu ne l'as jamais fait, Je

t'ai priée de penser A mes mots, Mais tu ne l'as jamais fait.

132..As-tu oublié Mes étreintes, La nuit A la belle étoile, As-tu

oublié Mes étreintes Sous la pluie. 133..Le soir, Je viendrai te

prendre Chez toi, Et te parler Du pays. 134..Au loin, Les nuages

montent Poussés par le vent, Des nuages bas et gros, Des nuages que

le vent Souffle Jusqu'au loin. 135..Pendant des journées, Le soleil

n'est pas apparu, Partout,il y'avait Des flaques d'eau, Partout il

y'avait Le froid. 136..Parfois On ne pouvait Même pas marcher,

On restait Chez soi cloîtrés Devant un feu. 137..Le vent poussait

Les vagues Vers le rivage, Elles faisaient quelques mètres Et venaient

finir Sur le rivage. 138..A chaque fois, Elles emportaient

Un peu de sable, J'ai vu cela depuis des années, Je me mets debout

Sur le rocher Et j'admire le paysage. 139..Le vent souffle Sur les pas

imprimés, Parfois, c'est l'eau Qui les emporte, Parfois le

vent Les efface et laisse Quelques dunes. 140..Cet hiver, Il a fait

froid, Il a fait partout froid, Parfois on ne savait pas marcher, On

restait cloîtrés, Chez nous Devant un feu. 141..Le feu

ravivait nos doigts Et donnait du sang A nos visages, De la fumée

Monte de la cheminée Toute la journée. 142..Sur les montagnes, Il

y'avait même de la neige, Cet hiver il a neigé même Sur les

chemins. 143..Elle est là Depuis les premiers nuages, Inhabituelle,

Elle est comme un manteau Aux montagnes, Brillante au soleil Lorsqu'il

apparaît. 144..L'oued regorge d'eau, Ses eaux jaunes

Occupent même la plaine, Elle recouvre les chemins Et empêche même

De marcher. 145..Des fleurs blanches Sont dans toute la plaine, Ce

printemps. Des fleurs blanches Que je connais, Des fleurs

blanches Que j'ai vu, Je ne sais pas ou', Peut-être dans l'oranger.

146..Ailleurs, Je la dessinais Sur tes feuilles, Je la dessinais

Toutes les nuits. 147..Depuis longtemps déjà, La neige recouvre

Les sommets, Elle s'étale jusqu'au bas Des montagnes. 148..Elle

s'étale Blanche Brillante au soleil Lorsqu'il apparaît. 149..Le feu,

On l'allumait très tôt, Le bois on le ramenait De dehors, On

sortait sous la pluie, Puis on s'engouffrait Dans la forêt, On ne

revenait qu'après, Les bras chargés D'un tas. 150..On restait Comme

ça, Pendant des mois, Jusqu'aux premiers rayons De soleil.

151..Lorsque le soleil apparaît, Nous sortons en grappe Vers la

plaine. 152..On remplit ses oreilles Et ses chemins, On remplit ses

près Et ses arbres. 153..Les chemins Connaissent tes pas, Ils les

voit chaque jour Aller loin. Chaque jour, Tu pars tôt, Tu ne reviens

Que le soir Un peu fatigué. 154..Il a plu Toute la journée, Les mares

d'eau Se sont formées Sur le sol, Elles ont couvert Tout

le chemin. 155..A côté, Il y'a des fleurs bleues, Des fleurs jaunes

Qui s'étalent au bas des arbres, Qui s'étalent à leur pied Comme un

manteau A leurs racines, Qui recouvrent leurs racines.

156..La plaine cet hiver Est recouverte d'eau, Une eau jaune Même

sur les chemins Qui empêche de marcher. 157..Je ne sais pas Si tu as

reçu mes lettres, Elles sont longues, Je les ai écrites La

nuit, Elles sont notre souvenir Commun. 158..Je ne sais pas Si tu te

rappelles, Les nuits dehors Dans le froid, A la belle étoile. 159..Je

ne sais pas Si tu te rappelles Notre coin, Personne ne le

savait, C'était notre secret. 160..Personne ne savait Ou' on allait,

Je t'appelais Et on sortait, Je t'enlaçais Et on partait, On restait

des heures Dans le froid. 161..On restait des heures, A la

belle étoile, Parfois jusque tard, Ensuite on revenait Se coucher.

162..Je ne sais pas Combien de mots Il y'a eu, Mille mots peut-être,

Je ne sais pas Combien de regards Il y'a eu. 163..Je ne sais

pas combien De souvenirs il y'a , Mis là, A l'écart, De longues

lettres Que je t'ai écrites La nuit Presque à l'obscurité. 164..Je ne

sais pas Si tu les lues, Tu ne le savais Peut-être pas, Tu

étais partie Sans le dire, Tu étais partie Au loin. 165..Un jour, on

me l'a dit alors qu'il faisait froid, tu étais partie, tu n'avais rien

dans les mains. 166..Je t'ai vu monter, je ne savais pas

ou' tu allais, tu avais les yeux devant vers le ciel. 167..Ce

printemps, il y'aura des fleurs que tu aimes dans les près, il y'aura

des fleurs pour toi dans les près. 168..Ce printemps son ciel sera

bleu, ce printemps tu pourras marcher sur les chemins jusqu'au loin.

169..Le temps qu'il fait, je ne le sais pas, tu étais partie sans le

dire, tu étais partie un jour de pluie. 170..Je te

regardais de loin, je te regardais marcher, le ciel était couvert de

nuages et un vent fort soufflait. 171..Tu regardais devant et tu

marchais, tu montais une grande colline, autour le paysage

était tranquille, plein d'arbres devant et le chemin. 172..Ce chemin

chaque jour je le traverse, ce chemin, je t'apprendrai à le connaître,

ce chemin connaît mes pas, il connaît toute mon enfance.

173..Il n'y avait pas ou' mettre les pieds jusqu'au loin. 174..Dans

les près, j'ai vu la pluie tomber, j'ai vu ses eaux tout emporter, il

n'est resté que vase jaune sur le sol. 175..Le chemin est

couvert des pas qui mènent aux pâturages, chaque jour, je l'emprunte

tôt le matin. 176..Chaque jour, je le prends comme beaucoup d'autres,

le visage au vent, le froid dans les mains. 177..En hiver,

le feu reste allumé toute la journée. De loin, on voit la fumée

monter des toits. 178..La neige s'est étalée sur les montagnes, toute

la saison, beaucoup d'arbres ont été emportés, la tempête a

duré des journées. 179..J'ai vu l'eau miroiter au soleil, j'ai vu

les flaques sur le sol. 180..Je t'ai vu longtemps marcher. As-tu

oublié nos nuits à la belle étoile et nos rêves d'enfance.

181..As-tu oublié ces nuits, ou' je te parlais du pays qu'il y'aura.

182..Ce pays, son nom m'obsède, chaque nuit, je me retrouve à le

prononcer, à voix haute, comme s'il était en face de moi.

8.Souvenirs.

Souvenirs. 01..froid glacial. Froid dans mes mains durcies froid sur

mes Joues rougies vent qui souffle dans mes cheveux Froid qui vient

des hautes montagnes. 02..printemps. Cette année le

printemps a changé de Manteau dans les près jusqu'au loin il Y'avait

des fleurs blanches jaunes Des fleurs bleues que j'ai cueillies.

03..Liberté. La liberté est ce mot écrit d'une encre Blanche

sur un mur écrit maladroitement Parfois sur un vieux mur. 04..Vent

de liberté. Vent qui souffle sur mon pays vent qui Souffle sur la

terre ou' je suis né qui me Réveille de ma somnolence qui a duré

des Années. 05..Ou' aller lorsqu'on sait que là ou' on arrive Mille

barrières se dressent imposantes devant nous. 06..Guerre On a connu la

faim on a connu le froid On a vu l'horreur jusqu'à la lie

on a vu La guerre dans les yeux des enfants on a vu la Guerre dans

les pleurs des mamans. 07..Un poème tes mains douces Chaudes Serrées

Contre mes joues. 08..Vent qui souffle Vent sur les toits

rouges, Vents sur les seuils Couverts de poussière Vent dans les

rues Désertes Maintenant. 09..Présence. Présence A mes côté Etre Rêve

enfoui Au plus profond De ma conscience. 10..Paysages du sud.

Sable ocre Rampant jusqu'au loin Et chaleur torride, Il n'y a qu'une

brise Qui rafraîchit De temps à autre L'atmosphère. 11..La guerre a

fait rage Que de souffrances Et de destructions Beaucoup ont

perdu La maison Beaucoup Ont pris le chemin Pour un autre lieu.

12..La guerre a fait rage Des années de destruction Et de famine Des

années Ou' on nous emmenait La nuit Des années Ou' l'on se

couchait Dehors Dans le froid Ou à la belle étoile. 13..Ville martyr

Aux rues couvertes De pierres Ville martyr Aux nuits agitées Ou' le

ciel S'embrase Jusqu'au matin. 14..Rues jonchées De débris,

Rues couvertes De pierres Ou' personne Ne passe Rues désertes Ou'

les moteurs Se sont tus Rues désertes. 15..Voyage. Voyage Comme un

oiseau blanc Battant des ailes Loin dans les cieux Voyage sans

retour Au-delà de l'horizon. 16..Ville sous les décombres. Décombres

Fumant encore Ville détruite, Pierres Jonchant le sol Enfant cherchant

En vain Quelque objet Cher. 17..Jardin enchanté Que je

connais Gros seins que j'ai caressés, Je me remémore A chaque fois

Comme au premier jour. 18..Neige sur les sommets, Pureté des hauteurs

Ciel bleu rempli de lumière et soleil qui monte haut pour

rechauffer la terre. 19..Qu'as-tu A ne pas savoir Qu'ici ou ailleurs

Il y'a du soleil Sur les montagnes. 20..Cours d'eau. Le cours d'eau

Qui traverse ma ville A ses racines Dans la montagne Il

longe rocaille Et forêt Jusqu'à la grande plaine. 21..Pureté des

hauteurs Vide limpidité Eau qui miroite Au soleil tranquille Eau jaune

Qui vient des montagnes Peuplées de légendes Pour habiter

Toute la plaine. 22..Eau qui vient Des montagnes Qui vient peut-être

D'une autre terre Eau jaune Qui vient des montagnes Pour habiter Toute

la plaine. 23..Ces jour-ci La nature a mis Son plus beau

manteau Partout ou' l'on regarde La nature s'étale Verte parfois

blanche. 24..Souvenirs d'enfance Regard sur la campagne Au printemps

Regard sur ses oiseaux Qui volent haut Dans le ciel Inondé de

lumière. 25..Souvenirs des jours Ou' je t'ai connue Pour la première

fois Souvenirs des jours Ou' je t'ai vue nue Entière Dans mes bras.

26..Souvenirs d'enfance, Images enfouies Dans la mémoire

Regard sur la campagne Au printemps Souvenirs enfouis Comme des

objets chers Jaunis par le temps. 27..Les mots me manquent pour te

dire de rester Malgré la tempête,et puis il y'aura le toit Pour

empêcher les mots de se perdre dans L'atmosphère. 28..Te laisser

partir seule crois-tu pouvoir trouver Le chemin,tes yeux pétillants de

fraîcheur ignorent Les embûches qui se dressent à chaque pas.

29..C'est vrai,tu ne voulais que vivre chaque instant, Chaque jour

comme pour vite partir,c'est vrai ta Voix,ton image,tout cela est en

moi,comme Une vague qui naît et disparaît tel l'éclair,il

n'est Resté que le ciel avec ses nuages. 30..Ce silence dans le

couloir,à croire que tous sont Morts,morts de froid comme des oiseaux

qu'une Bourrasque plaque au sol. 31..Tu savais aussi

parler,rien ne gênait même pas Ces petites bêtises qui s'ajoutaient

à tes idées et puis Tu savais attendrir.Je me souviens de tes

larmes,de Tes sanglots d'adolescente,elles coulaient de tes yeux

rougis De toute une année de gaieté,chaudes,immenses sur Tes

joues,et puis ils sont venus te chercher,des Hommes et des femmes

pleins de couffins d’où' s'échappent Quelques gateaux,les bras

brillants d'or et les souliers Astiqués. 32..Un homme ronfla toute

la soirée,il était Le dernier à s'éloigner des coufins et quand Il se

réveilla,il devait partir. 33..Ils sont partis sans

klaxons,sans rires, Seulement une grimace que la nuit cache et De

temps à autre un soupir. 34..Le lendemain adolescente tu n'as rien

dis, Les autres jours aussi,même pas un mot Pour moi,tu es

restée à revoir la Soirée et leurs manières de te regarder et Puis

les bracelets les colliers et les belles Bagues,très jaunes,très

propres scintillantes A te faire mal. 35..Et puis ils sont venus

te chercher des hommes et Des femmes pleins de coufins d’où'

s'échappent Quelques gateaux les bras brillants d'or et les Souliers

astiqués,,ils étaient alignés du portail Jusque chez toi,un sourire

forcé sur toutes les Lèvres.Ce soir,on étalera les coufins pour se

taire Ensuite,bizzare,ils étaient mille,mille à se Taire entre ces

murs ou' on sue. 36..Ils ne se regardent même pas,ils attendent

tard Le soir même ils sont partis courbés de tristesse Qu'on les

fasse attendre une femme pressée et Fatiguée de parler oublia ses

bijoux. 37..Consumer cette horreur la haine Accumulée comme des

années sur un Dos un peu voûté. 38..J'apprendrai aux enfants à se

Nourrir de racines et de petits fruits Mûrs,je leur apprendrai à se

Nourrir de mots tendres et d'étreintes. 39..Les mots me

manquent pour te dire de Rester malgré la tempête et puis,il Y'aura

le toit pour empêcher les mots De se perdre dans l'atmosphère. 40..Ils

partent tôt le matin le cœur Pressé quand les enfants

dorment encore, Ils partent au chant du coq,obsédés Par des images

cachées en souvenir,dans Un léger portefeuille délavé. 41..Ils partent

effrayés par l'homme De là-bas,meurtris par cette injuste

Destinée,ignorant leur sort celui de la Mère et des enfants,ils

partent Vieux et moins vieux enflammés de Courage dans un bateau

complice un Regard derrière. 42..La mère ne mendie plus elle ne tend

plus Sa main car le père est là. 43..Je te vois lumière immensité de

blondeur bel Epi de blé rieur qui me hâpe. 44..Je te vois le sourire

plein de ce rêve que j'ai Fait une fois une seule fois

blessure logée au Plus profond de mon espoir. 45..Le tuteur se

rendra compte de ton éxistence Il ira même vers toi,il te parlera d'un

Langage vague,de bribes de chose que tu Connais déjà. 46..La

ville est fascinante pleine de lumières de Couleurs d'immeubles

d'escaliers de gens pressés Que l'on finit par aimer. 47..Un jour le

soleil envahira de lumière ton Lointain grenier et il le

débarassera des ordures Déposées là en passant chaque jour depuis

des Années sans que tu le saches. 48..Dans la cité interdite,une flûte

répand son chant, Tard dans ce silence qui la fait taire.Un

silence lourd De leur sommeil,plein de cauchemars qu'ils font Chaque

jour. 49..Dans mes longues nuits,pleines de choses bizarres,je te Vois

quand je ferme les yeux,avec des pupilles pleines De vie

soleil dans un ciel bleu. 50..Le verger commence à mûrir,les

affaires à acheter Au gosse,la femme pour voir le médecin.Un jour,

Chaque jour une ride marque le front. 51..Demain tout le village sera

entassé dans le hangar,les Enfants et les femmes à

l'intérieur,angoissant de Chaleur et plein des pleurs d'enfants

malades.Les hommes Ressembleront à des bagnards regroupés sur la

colline d'en Face

d’où' l'on prendra une poignée chaque heure Et beaucoup ne

reviendront pas. 52..Il y'avait la flûte le jour et lui la nuit,petit

Et plein de toutes les promesses.Il faisait sa ronde sans rien

Recevoir,et quand la flûte et le rire se sont tus le jour, Il est

parti. 53..Dans la cité interdite,il n'y a qu'un qui chante un Air

gai,devant trois personnes tristes,sur la froideur de L'escalier

en marbre qu'ils ne ressentent plus. 54..L'amour qui reste en moi

peut remplir une Infinité de lettres.Aujourd'hui,je t'envoie,une,vide.

Demain si tu es là,je raconterai ma joie au pied du Bananier

quand les premières lueurs de la lune Envahissent le ciel. 55..Je

reviens les bras pleins de choses pour ta voix,de Très loin. 56..Le

matin quand tu te lèves,tu veux voir la beauté Que porte

l'aube,une ville presque vide,une mer en Sommeil et une terre

regorgeante de cette rosée qui Fait frémir.L'homme un peu reposé part

au Travail. 57..Le chantier est immense,des gardiens,des

planches, Des clous,de la boue et un bruit qui fait monter Les

murs.Il y'a aussi les étals à remplir,le Lait à livrer,il y'a mille

travaux à faire, L'eau manque pour les vaches. 58..Aujourd'hui

l'horizon ne porte pas le brouillard Qui aveugle les yeux et irrite

la gorge,il est Presque limpide,tel une journée de printemps ou' Les

vents dorment s'un sommeil qui rassure. 59..Quand un souffle

qui porte en lui la vie frappe En plein visage,il imprime une marque

Indélébile,un être qui prolifère pour ne rien Epargner. 60..La guerre

n'est qu'horreur,elle passionne et Détruit ce que

d'innombrables mains ont édifié Pendant de longues années. 61..Il ne

sera pas noir comme la grande nuit,ou' Les voix et les visages

s'effacent devant d'innombrables Aboiements,son chant ressemblera

à l'émerveillement Du regard devant la naissance du printemps.

62..Des mots cheminent à travers des sentiers escarpés Et

s'engouffrent dans le fossé qui mène à la Grande vallée. 63..De la

sueur

sous le soleil à tailler,de la Poussière pleine la gorge et ce vieux

chapeau qui Donne un peu d'ombre,un pantalon De longtemps Et un pull

presque en morceau. 64..Même la mort ne peut effacer ce

sourire Etalé comme une promesse qui étonne. 65..Liberté ce mot qui

t'écorche,qui te Traîne et t'offense. 66..Je reviens avec mes vers

plus chauds,tendres Couleurs de l'arc-en-ciel.Ils exhaltent

L'ironie de mon voisin,affichée chaque Matin devant ma demeure qui

l'a abritée Quand il avait faim et froid. 67..Il n'y a de temps à

autre qu'une haleine Chaude que dégage du bas de cette porte un

Paquet de haillons émoulé et froid. 68..Leurs racines remontent à

quelques endroits Plus loin et se font broussailles. 69..Chaque

jour,je passerai sur ton chemin Préféré,une canne à la main pour

imiter Ta vieillesse. 70..Ta main sûre ne sait pas frapper,elle ne

Connaît que caresses et l'humidité de la terre, Elle sait aussi

planter des grains de ce point à L'autre bout,même si l'eau ne

suffit pas,de Ce vieux puits encore debout,même si le champ Devient

le logis et finir avant les grandes pluies Qui ont baucoup dévasté

l'année passée. 71..Il nettoie l'odeur de sommeil qui inonde

la Maison,pleine aussi d'humidité qui fait Etonner à chaque réveil.

72..Le jour se lève plein de lumière qui agresse Les yeux et de chants

et de bruits dehors de Gens qui marchent,les yeux fixés

sur un Point devant,une chose vivante,fascinante, Souffle qui ranime

le sourire,flamme Lointaine dans une mer de ténèbres. 73..Parceque tun

parles du champ et de l'enfant, Parceque tu parles des

arbres et des trottoirs, Parceque tu parles du sel et du

pain,parceque Tu parles des oignons et des journaux,je te Résèrve à

moi,je te résèrve la montagne ou' Tu galoperas à ta guise sur la

rocaille que Fend le silence,je te résèrve un toit et un Feu qui

hantera ton sommeil,comme Une barrière mal faite,s'ouvrant pour

Laisser entrer. 74..Qu'as-tu à êtrte triste,tu portes en toi Les

germes de demain,mets en terre et Reviens plus tard,elles auront

mûri comme Ces fruits que tu aimes tant. 75..Eau jaune toujours en

vague,ou' pullulent Les poissons que la vase nourrit.Le jour se

Lève,ouvres tes yeux vers le ciel presque Bleu qui ne porte aucune

tempête,des eaux Que le vent,que le vent violent pousse pour Gifler

les récoltes. 76..Le jour se lève,plein de la dernière pensée

De la veille,une chose qui avance et s'étale, Elle embaume l'air de

cette grande ville aux Murs presque noirs de fumées d'usines,ou' on

Fabrique pour toi un futur. 77..Laisses moi dire ma joie de

voir finir le Cauchemar d'hier,laisse mes yeux voir Comment naît la

nouvelle saison,laisses moi Plaindre cet homme triste,debout depuis

Longtemps à attendre. 78..Moi,brûler la maison et la

récolte,moi Casser la porte et la cruche,moi t'insulter Et te hair

dans le noir.Non,sublime Chaleur,porte de zen,je n'aime que Lumière

irradiant cette barrière qui s'élève Chaque jour pour enlaidir

le paysage. 79..Je veux écrire ma douleur,la presser,la Froisser et

la rendre méconnaissable. 80..Mes yeux sur ma femme folle de vivre,mes

Instants de silence dans cette chambre muette, Mes larmes

qui refusent de couler et cette Poubelle gavée de saletés.Ces photos

errantes Qu'on colle sur un mur nu,ces corps Insignifiants,ces eaux

immobiles et ces hommes Fatigués,symboles de mes pensées.

86..Un poème,plus que tes ailes,c'est les toits Et ces montagnes qui

accueillent pour une Pause. 81..Et puis revient la nuit,la nuit comme

les Vagues,chaque jour rongent un peu plus le Rivage.

82..Le soleil est là,il rechauffe la voix et le Regard jadis

brillants. 83..Ce goût amer logé dans la langue,et qui Vient de temps

à autre rappeler la rigueur de L'hiver passé. 84..Et puis le

printemps ou' le ciel regorge de Nuages,bas,en fuite,fouettés par

des vents Glacés qui agressent les faces des passants,les Mains

enfermées dans les poches,pressés de Rentrer si tôt. 85..Un poème

ne fait pas oublier,il irrigue La mémoire comme le sang fait vibrer

Ton corps. 86..S'arrêter pour voir le gâchis et ne trouver Que des

feuilles,des lignes,quelques poèmes et Parfois des mots mal

écrits ou illisibles. 87..L'ignorance t'habite comme une tumeur,elle

Illumine l'image et la parole d’où' peu de Clarté se dégage. 88..La

maison ou' l'on tricote est vide comme La scène ou' l'on

joue,belle,couverte d'un Tapis de mousse,que cette eau qui stagne

Abreuve.Les instruments vieillissent et ne donnent Que des sons qui

s'effacent vite. 89..En face,la terre étouffe sous la grandeur

Des mauvaises herbes. 90..J'ai compris pourquoi l'autre soir,tu

étais Triste à faire pleurer. 91..Ton nom est un toit d’où' fusent

l'une après L'autre des voix qui disent l'arbre nu et presque

Eteint. 92..C'est cette ride qui grandit et râcle la peau Par le

gémissement d'un paysage qui perd ses Feuilles,jeunes encore. 93..Les

mers ou' un radeau va lentement de vague En vague sans

s'arrêter un instant pour Souffler. 94..Ton nom fait frémir comme

des plumes mises à S'égoutter,pour mieux battre les ailes et

s'envoler. 95..Appelle moi par mon nom,ma tête se relèvera Pour te

regarder dans les yeux chaudement. 96..Autour,tout devient large car

du scintillement Qui apparaît froid dans la pénombre,tu Extirpes un

éclat que tu fais naître au jour. 97..Comment te parler

alors,lorsque chaque matin Les grilles sont astiquées jusqu'à

devenir brillantes, Pour me faire oublier le bel éclat du jour.

98..Comment te parler,lorsque leur éclat rouillé Tord ma conscience

d'une douleur que ma Chair ne ressent plus,lorsque tôt,très tôt mes

Doigts pressent les tempes durant de longs Instants. 99..Avant que la

pénombre ne s'installe,des pensées Ont grandi,demain encore

elles iront vers les Halètements et la sueur insultés. 100..Autour

de ma pensée des mains ont élevé un Mur qui piétine ma conscience

jusqu'à ses profondeurs les plus intimes. 101..Depuis quand le

mur élevé ressemble-t-il,à ce Qui protège une cour d'école.

102..Depuis quand le crachat sur un visage se Réduit-il à un jet de

salive d'un animal. 103..Le poème élèvera les mères vers le plus haut

de Leur espoir,il ne salira pas leurs mains écorchées, Ni leurs

humbles paroles, Il sera un hommage à Leur vie de labeur.

104..Derrière une porte ou dehors des lèvres récitent Des mots

imperceptibles qui tarraudent ta conscience Comme une conscience

fouettée. 105..Comment te parler lorsque chaque jour les grilles sont

Astiquées autour de ma pensée,en un mur qui S'élève comme pour

atteindre les nuages gorgés et frêles Qui ,peuplent le ciel.

106..Comment te dire de tendres pensées lorsque toutes mes Fibres sont

griffées pour se vider de ce flot que tu Aimais dans un regard.

107..De tendres pensées deviennent parfois méconnaissables. Ce n'est

qu'après longtemps après lorsqu'elles reprennent Leur éclat du jour

qu'elles reconnaîtront la main Innocente. 108..Car sur la

main tendre et innocente ont été Déposées des injures qui la

recouvrent entière maintenant. 109..Demain, lorsque la sueur lavera

tes paumes aux Lignes régulières,tu naîtras enfin pour moi.

110..Dans la pénombre qui entoure ma vie,je Sais que le jour tant

rêvé naîtra. 111..Je ne sais plus ce que tu attends pour t'emparer De

la main tendre et la serrer comme autrefois, Au temps ou'

dans toutes mes pensées tu avais la Grande part. 112..Des lettres

tombent pesantes et tracent des lignes,mais A chaque fois,comme si

elles se renouvellent mes Mains deviennent plus lourdes.

113..Ton silence habite mes nuits,ton silence embellit Mes nuits,ton

silence allonge mes nuits. 114..La nuit des rêves,la nuit des

berceuses,la nuit Qui consume le peu de haine qui s'amasse dans

Les cœurs. 115..Et puis peut-on les obliger à contenir ce qui fait

Battre leur cœur,à chaque fois qu'ils lèvent les Yeux,en face,sur

d'autres yeux pour se reconnaître. 116..Grouilles-toi dit-il à

grand-mère,rien dans le Ventre et terrassé par une fièvre de trois

jours. Toi la belle,debout je m'en fous que tu sois Enceinte de

plusieurs mois.Celui-là cette masse De chair fait semblant d'être

aveugle,alors Qu'il connaît parfaitement le chemin rocailleux.

Embarquez-le,je veux rien savoir. 117..Non pas peinte et repeinte mais

libre de ces Dépôts qui finissent toujours par sentir un

Intérieur étouffé et immobile comme une ride Sur un front. 118..Tu

as oublié tes pieds,tes yeux,ta bouche.Une chose Reste là,présence

enfouie,à arracher,à déchirer en Morceau,à polir,à faire fondre

dans un fossé Solitaire,comme une haie qui ne sert plus à rien. Elle

est logée dans ta poitrine,prête à jaillir si Un mot tombe par oubli

des mains vides,si L'écho se retourne pour longer avec

l'eau la Rivière,des coassements qui habitent la nuit,le Silence.

119..La faim existe sur tous les toits.Je les ai vu en Parler autour

du feu,le soir en hiver le regard Fuyant les enfants. 120..Je

t'ai revue une seule fois,marcher dans la plaine, Une fleur à la

main,personne à tes côtés,je t'ai Revue seule,marcher d'un pas

décidé,les yeux au Loin,comme si le printemps était devant.Je t'ai

Revue baignée de lumière et sur le visage,et sur tout Le visage ton

sourire,celui que j'ai toujours cherché Pour m'accompagner.Je t'ai

revue seule,une fleur A la main,marcher d'un pas décidé,tu ne

le Savais pas,mais autour à côté,à ton passage,il Y'avait de tendres

oiseaux qui chantaient. 121..Toutes les légendes qui peuplent les

lieux depuis des Millénaires se réduisent à une présence,sans

chaleur dans Ma mémoire. 122..Un jour,tu viendras me dire sur le

visage un Large sourire qu'hier,devant toute la soirée ton Front n'a

pas cessé d'être brûlant et jusqu'à L'aube dans ton délire,les

yeux fermés,tu as Prononcé des mots que seul toi comprenait.

123..L'écho qui dévale reste plusieurs jours au Fond de chaque

pierre.Lorsque sept pierres Dévalent la pente,aucune goutte de

sueur,rien

ne Demeure pour le dos.Toi sur l'autre côté,à Dévaler la pente et au

devant de toi,s'étale Une rivière de lumière,couleur de galets polis

Par des sabots comme au seuil d'un abreuvoir. 124..Au

devant de toi s'étale une rivière de Lumière,profonde ou' se

désaltèrent à grand Bruit comme un troupeau quelques personnes

pressées De passer ces collines Que découvrent les hauteurs. 125..Sur

les

hauteurs,il y'a de grosses pierres ou' Tu t'adosses,une pierre ronde

sur chaque hauteur Qui dévale la pente lorsque chaque goutte de sueur

Aura seché.Le bruit en écho emprunte le Raccourci et s'en

va sous le feuillage dru jusqu'aux Autres. 126..Depuis,ils n'ont

plus chuchoté,ils se sont Contentés de se questionner et de sourire

une Main sur la bouche,aux mains agitées Et au front plissé de

quelques jours. 127..Plus tard lorsque les gestes sont devenus Plus

tendres,ils ont raconté comment leurs Rêves s'étalent dans la lueur

qui Baigne dehors le soir. 128..Il y'a un mois,chacun est

parti de son Côté le dire les mains agitées et le front Plissé

derrière une porte fermée. 129..Et à l'écart en un chuchotement,

Lorsque les moins âgés ont questionné personne ne Leur a

répondu,chacun s'est contenté de Hocher les épaules en pensant au

jour Ou' il sera compris. 130..Oui jamais égalée car les mots

prononcés S'écoulent doucement et prennent cette forme Qui revient à

la nouvelle saison comme Des pétales qui naissent et s'élargissent

Rieurs autour du nectar au goût tant Aimé. 131..Un goût aimé dans

chacun d'eux qui Rappelle les mains qui s'assemblent en passant

Pour se remplir de cette eau joyeuse qui Coule,qui coule avec à ses

bords des traces De pattes d'oiseaux qui se désaltèrent sans se

Presser et entonnent leur chant en Chœur pour ensuite s'envoler.

132..Avec en son sein le nid regagné ou' Des petits diront ces

moments ou' en battant Des ailes,ils arrivent à se mettre debout,et

Ces couleurs du jour qui se reflètent comme Un chœur à ce rêve.

133..Ce rêve ne ressemble pas au conte de chaque Nuit raconté par

grand-mère après avoir Enuméré les présents que nous rapportait Grand

père,il le porte en lui comme Un cœur qui bat pour ces images

qui se Succèdent plus ensoleillées à chaque fois. 134..A chaque fois

les personnages et les Paysages se rapprochent,se rapprochent Jusqu'au

moment ou' une tendre pensée Que chacun dira émerveillé à

l'autre Avant de s'endormir accueille le conte Qui suivra.

135..Lorsque je verrai tes lèvres s'assécher un Peu je continuerai ce

rêve ou' en plus des Cîmes azurées à l'horizon,il y'aura les Elans

restés blottis comme de futurs Bourgeons prêts à éclore. 136..Après

la saison de dormance,il Y'aura tous ces élans comme de Tendres

pousses qui prennent des Couleurs à la nouvelle saison,à La

saison que tu raconteras quand mes Lèvres s'assècheront un peu.

137..Il y'aura dans ta voix la nouvelle Saison que tu raconteras et

dans chaque Chose ou' elle se posera,chaque fibre Qu'elle

effleurera s'étirera un peu, Ecarquillera comme au matin,ou' le

Premier rayon. 138..L'écho des you-you. La plaine,les collines,la

montagne,la Rue était peuplée comme le ciel D'innombrables nuages

d'un gris clair Logés au fond des yeux. 139..La marche des nuages

sur les têtes qui Cherchent un peu de soleil est le Chant de décembre

qui s'accroche aux Flancs des vents,en you-you qui

Transcendent les horizons. 140..Il y'a dans son langage l'éclat de

Ce gris-clair dans le regard,le soleil Est dans tout l'univers,ses

rayons Auréolent chacun d'une enveloppe De lumière.Gouttez en

un peu,gouttez Mais ne touchez pas à cette terre. 141..Cette terre

porte des traces de sueur des rides Du front,des traces de lueurs

nouvelles un Matin,des traces chaudes de nuits qui S'étalent et

des traces de pas frais qui Ont sillonné toutes les contrées pour

Demeurer jusqu'à aujourd'hui. Les chants de l'aube. 142..Demain après

t'avoir regardée longuement Dans les yeux pour deviner ton

rêve que tu Me raconteras,je te prendrai par la Main,et nous irons

sur le sable doux Nous mettre en face de l'étendue bleue Ou' de

petites vagues se forment et viennent Rafraîchir nos pieds sur le

rivage. 143..Et là,lorsque tu t'apprêteras à me parler Du jour ou'

je suis venu un peu tard,je La serrerai,je la serrerai,et quand tu

Fermeras les yeux pour un instant, J'arrangerai d'une touche

tes cheveux A la brise qui nous fait parvenir,le Chant de quelques

enfants devant leur Mère attendrie. 144..Ensuite viendra ce rêve

récité d'une Voix gaie que j'écouterai attentivement et Chose

bizzare l'eau scintillante au soleil Apparaît à mesure qu'il grandit

d'une Clarté jamais égalée. 145..C'est pour quand ton retour,c'est

pour Quand mon bonheur,quand finira ma peur Des noms affichés

à la une dans les journaux Du matin. 146..Quand finira mon attente

dans ces endroits,ou' Une orgie de rats,d'odeurs et de soupirs errent

Comme des âmes en délire,entre les fissures d'un Vieux mur

que sa nudité embellit,que chaque Saison ronge encore. 147..Quand

finira mon attente qui dure dans ces Lieux ou' des lettres,des mots et

des cœurs sont Gravés en guise de souvenirs. 148..Gravés à

l'aide d'un pinceau usé,d'un bout De plâtre stérile ou d'un morceau

de charbon Qui ne rechauffe plus,par des mains douces et Tremblantes

d'enfants et d'adolescents,sur tout ce Qui rappelle un

tableau d'école. 149..Je suis né comprends-tu,je t'ai découvert une

Nuit ou' une monstruosité de désir qui naît et Qui meurt rongeait mon

expression. 150..J'ai découvert le ciel bleu,si bleu si

profond, J'ai découvert un sentier qui mène à la cîme, Je t'ai vu

marcher devant et moi écarquillant Les yeux,étonné de savoir si bien

monter,je Suivais derrière irrigué par la pureté des hauteurs.

151..Mon amour pour toi est dense,il nourrit ma Vision de belles

choses,de petites et très tendres Choses.Il rend notre vie,plus qu'une

fleur, Plus qu'une infinité de bourgeons,un soleil A l'aube

découvrant les splendeurs de la rosée. 152..De la rosée sur une

mémoire qui vient de S'éveiller,plus profonde que le lointain horizon,

Présence,témoin d'un univers en transe qui se Débarasse de sa

virginité. 153..Sur une colline en fête,deux arbres étalent Sans

pudeur leur branchage en hauteur,troncs Ondulés,étalage en

fusion.Leurs racines pénètrent Tendrement la moîteur de la terre et

arrivent Jusqu'au bout du monde. 154..Ce regard était une

promesse,une promesse sur Ton visage,un peu ridé de ton silence,une

Promesse que demain tu seras là,que demain Sera beau. 155..Les mots

que

tu soulignes ressemblent à ce beau Bout de bois,ramassé sur un

chemin L'automne passé et jeté dans le champ du Vieux qu'un tracteur

retourne. 156..Une pierre dévale la pente de la colline,beaucoup

Resteront là,debout à compter,à attendre que la Première

disparaisse. 157..Quelquefois,on se surprenait un pétale entre Nos

mains à évoquer les mots que donne sa couleur, Et avant de nous

quitter,chacun prend du Même plant une fleur qu'il ira mettre en

face D'un portrait. 158..Les tourments quotidiens…une erreur,la

Chambre humide en banlieue parisienne… Une erreur,une balle

perdue…une erreur, L'émigré une erreur. 159..La liberté dont je

parle n'est pas ce mot léger Que l'on trouve collé aux lèvres d'un

égaré,pris De fièvre un soir d'été. 160..La liberté dont je parle

est celle qu'on t'a prise Pour te mettre dans la cellule à attendre

ton Tour. 161..Le poème est en moi,sur la table,dans la Poche.Je ne

suis pas né pour porter la lourdeur Du silence. 162..Tuas

peur de ton enfance,de ton adolescence, Tu as peur de voir tes

pêchés étalés à l'aube sur La place du village,tu as peur du mensonge

qu'on T'invente comme ce monstre qu'on fait,tu as Peur de tout

cela,tu as peur de mourir dans Leur cœur,tu ne naîtras pas.

163..L'ignorance t'habite comme une tumeur,point Noir devant tes

yeux,elle illumine l'image et La parole d’où' peu de clarté se dégage.

164..On a rempli de sable ta voix et on a tassé,on A bien exposé ta

tête et on a lâché,on a Empoisonné le ruisseau et on a attendu,tu n'es

pas Mort. 165..Le poème froissé reste point vivant dans la

Mémoire. 166..S'arrêter pour voir le gâchis et ne trouver Que des

feuilles,des lignes,quelques poèmes et parfois Des mots mal écrits ou

illisibles. 167..Un poème ne fait pas,il irrigue la mémoire,

Comme le sang fait vibrer ton corps. 168..Je marche seul,je mange

seul,j'entends vos Lamentations seul,je parle seul. 169..Tes yeux

ressemblent à un soleil que je n'ai pas Revu depuis ma chûte.

170..Un vers,une idée,l'écrire,la dire quelle Différence.

171..Chaque jour,j'écrirai un vers,rayon de Soleil sur toi bourgeon.

172..Dans les pétales des saisons,dans les grains qui S'y sont

déposés,en gouttelettes éparses,dans la Sève qui les fera renaître

au printemps à venir. 173..Dehors un groupe d'enfants répand sa voix

Gaie à tout le chemin et donne au matin Son éclat des jours

ensoleillés. 174..Le printemps je te le dis est devant il est Comme

le soleil qui se lève chaque jour à L'aube,pour éclairer les horizons.

175..Il est dans tes yeux ouverts A la lumière, Dans tes

nuits Pleines parfois d'une douce insomnie. 176..Le printemps est

devant, Il est dans tes mains, Dans tes pas Sur le long chemin Que

chaque jour Voit se tracer. 177..Il est toute la plaine fleurie.

Parfois,lorsque le silence Enveloppe les contrées Et que la nuit

devient étoilée, Il donne au rêve Ses couleurs du jour,les meilleures,

De ce jour ou' tout paraît Si beau jusqu'au lointain.

178..Dans mes longues nuits pleines de ton innocence,je Te vois le

sourire plein de ce rêve que j'ai fait Une fois,une seule fois.Je te

vois revenir la Chevelure gaie,agressée par une tendre brise,

Grande,aussi grande que l'horizon qui me Vole à ma peur. 179..De

temps en temps je relis tes lettres,et à chaque Fois je les retrouve

plus froides,froides devant ma Passion et devant mes rêves.Ces

cadeaux que je Veux pour toi,je m'empresse alors de les ranger,et De

vivre tes premiers mots et tes yeux en fièvre, Virés sur cette orgie

de fleurs,amusés par la Gaieté de jeunes papillons qui ne

voient que moi. 180..Ce matin,tu es venue,tu n'as trouvé Personne

pour te dire bonjour,tu es venue Les yeux pleins de sommeil et le

visage un peu Pâle,car hier tu n'as pas dormi,tu N'as fait que

penser. 181..Ce matin,tu es venue,tu n'as trouvé Personne pour te

regarder dans les yeux,et Voir cette petite cicatrice que tu ne cesses

de Caresser.Tu as trouver sa chaise vide,tu as Regardé

autour de toi et tu t'es assise pour Attendre. 182..La terre connaît

leur saveur,car ils ont Sillonné jusqu'aux recoins ou' des fleurs

poussent Sans jamais entendre le bruit d'un pas. 183..Le jour

et la nuit connaissent leur saveur, Car au moment ou' les vents

froids cinglent Les visages,ils s'étalent en lueurs sur les Lèvres et

se logent dans la main,en une Douce chaleur. 184..Je ne sais

pas S'il avait plu, Tu étais dans la pénombre, Toute à moi Dans mes

bras. 185..J'avais regardé Longuement Dans la pénombre Ton sommeil.

186..Sur ton visage, Il y'avait Mes caresses Et un rêve.

187..Je ne sais pas S'il avait plu, Dans la pénombre Tu étais Toute

chaude A moi. 188..Cette nuit J'avais aimé Tes seins, J'avais aimé Ton

corps Jusqu'au matin. 189..Sur tes lèvres, Il y'avait mes

caresses, Dans ta main pliée, Il y'avait un présent. 190..Je ne sais

pas S'il avait plu, Dans la pénombre Tout ton corps Chaud Etait à moi.

191..Sur tes lèvres, Il y'avait mes caresses, Sur tes

lèvres Il y'avait Toutes mes caresses. 192..Sur tes lèvres, Il

y'avait mes mots, Il y'avait mes caresses. 193..La nuit dans la

pénombre J'avais aimé Tes seins, J'avais aimé Ton corps Jusqu'au

matin. 194..La nuit, Je ne sais pas S'il avait plu, Je t'avais

entière Dans mes bras. 195..Je t'avais Toute entière, Chaude Dans mes

bras. 196..L'histoire que je t'ai racontée t'avait plue c'était

Le soir alors que tout le monde dormait. 197..L'autre jour tu es

revenue à la même heure Nous nous sommes assis au même endroit pour Se

parler. 198..Tu m'as parlé d'une terre lointaine que tu

Ignorais tu m'as parlé d'un pays que tu Ignores loin au-delà de

l'horizon. 199..Hamid est parti en bateau, Dans un vieux bateau, Il

avait peu d'argent Dans les poches, Il vivait d'espoir. 200..Il

partait Au loin, Là il avait espéré Mais il n'avait Rien trouvé.

201..Il était jeune, Il voulait chercher La vie ailleurs, Là il n'y

avait rien. 201..La nuit chez lui, Il n'avait pas dormi, La nuit

chez lui Il est resté A rêver. 202..Il a revu Tout le monde, Il a

revu Son enfance, Le voyage l'angoissait Mais il faut partir Quand

même. 203..Partir loin, Là ou' il y'a la vie, Partir loin

Au-delà des mers. 204..Ce silence dans le couloir à croire que Tous

sont morts,morts de froid comme Des oiseaux qu'une bourrasque plaque

au Sol. 205..Tu savais aussi parler rien ne gênait, Même pas

ces petites bêtises qui s'ajoutaient A tes idées et puis tu savais

attendrir, Je me souviens de tes larmes,de tes sanglots

D'adolescente,elles Coulaient de tes yeux Rougis,de toute une année de

gaieté, Chaudes immenses sur tes joues. 206..Te laisser partir

seule,crois-tu Pouvoir trouver le chemin,tes yeux Pétillants de

fraîcheur ignorent les Embûches qui se dressent à chaque pas.

207..C'est vrai tu ne voulais que vivre chaque Instant,chaque jour

comme pour vite Partir,c'est vrai ta voix ton image Tout cela est en

moi comme une vague Qui naît et qui disparaît,tel L'éclair,il

n'est resté que le ciel Avec ses nuages.

9.Marche poème.

13.Comme un chant né des récoltes et qui demeure gai dans les voix

jusqu’au soir, en rentrant ensemble. 14.L’hymne à l’amour peuple la

plaine de bourgeons plus beaux ce printemps.

15.Sur les chemins jaunes,sur les chemins noirs, sur les chemins aux

pas couleur des nuages, j’ai longuement parlé,ta main chaudement

serrée. 16.Lumière,à force de t’aimer,tu donnes la vie aux

yeux pour qu’ils voient dans le village plein de voix qui fêtent le

printemps ,cette femme,une poignée à la main,distribuer des fleurs à

chaque passant. 17.Ta présence accompagne mes pas vers les

maisons perchées ou’ chaque matin avant de se répandre sur les

chemins ,des enfants partent au loin gais et chargés de seaux qu’ils

rempliront un peu plus bas. 18.Ta présence m’accompagne comme

un hymne à l’amour qui allège mes pas. 19.Il se répand dans les

chemins escarpés, que tu ne connais pas,qui viennent de la

terre,sinueux et pleins de légendes. 20.Il peuple les collines à un

endroit à l’ombre des montagnes ou’ elles s’enlacent en vagues qui

se répètent jusqu’au loin. 21.Et dans les arbres,sur les flancs en

pente légère,je le vois monter en pousses rieuses, plus

tendres ce printemps. 22.J’ai pris alors tes mains pour une

étreinte,une longue et tendre étreinte qui dure encore le temps de

l’absence si longue. 23.Ta présence qui m’accompagne sur les chemins

de terre aux abords aux pousses plus tendres,aux bourgeons plus

beaux,ce printemps allège mes pas 24.Sur les chemins tu t’es attardée

devant le chant de la récolte,comme si tu voulais lui

parler puis tu as fais quelques pas,silencieuse les yeux loin

devant. 25.Au retour tu as parlé du printemps, longuement parlé du

printemps comme si toutes ses couleurs étaient logées déjà au fond

de tes yeux. 26.Il raconte l’image comme une apparition qui s’est

formée en face de nous la nuit une fois dans le camp. Beaucoup de ses

couleurs,beaucoup de ses visages ressemblent à ceux

croisés sur le chemin,mais il y’a des champs en plus,à la place de

ces lieux ou’ lorsque l’obscurité inonde quelques animaux se

rassemblent en cercle Fermé devant un festin. 27.Comment ne pas

s’aimer lorsqu’en moi,tu es ce fruit ensorcelant égoutté

indéfiniment dans une gorge un peu sèche d’avoir longtemps chanté

l’hymne au retour qu’on reprendra en choeur dans les étendues que tu

ne

connais pas encore. 28.Reposes martyr dans la pensée qui a ton âge

entre de jeunes arbres pleins déjà de nids que personne ne touche.

29.Dans la pensée qui pousse tendre qui aime t’effleurer

de son regard à chaque fois qu’elle passe devant la colline fleurie.

30.Dans le silence des yeux fixes ou’ l’écho de tes pas qui

s’éloignent dans la pénombre résonne en paroles denses que vient

suivre ce long silence. 37.Et à la place du camp aux tentes alignées

tu refléchissais à l’école à construire,tu l’as même dessinée sur le

sol et de temps à autre tu ajoutais une classe sans

rien e fissurés envahis d’herbes que personne n’a coupé, que

personne n’a plus revus depuis le temps ou’ beaucoup sont partis,en

groupes éparses au- delà de l’horizon pour s’élargir à chaque

carrefour ou des lieux se sont vidés de leurs veillées,de leurs

contes du soir,des chants d’enfants sur chaque seuil éclairé.

39.Au-delà du carrefour lointain ou’ se rencontrent des gens qui

viennent de contrées ou’ les orangeraies s’étalent sur de grandes

étendues agrandies à chaque fois un peu plus lorsque un puits est

creusé. 40.Au-delà des maisons délaissées sans être regardées, la

nuit ou’ des coups ébranlent la porte,car dedans il y’a quelqu’un à

voir,il y’a un homme,il y’a une femme à voir,il y’a quelques mots sur

un papier plié,il y’a quelqu’un qui sortira les mains sur la

tête,car le jour il est passé sans avoir peur à côté des barrières

dressées. 41.Au-delà des barrières dressées autour des orangeraies ou’

beaucoup s’aimaient et chuchotaient à l’oreille,aux

yeux brillants,aux étoiles quelques mots qui seront demain débités

hésitants lorsque tous seront réunis. 42.Au-delà des puits ou’ nous

venions nous abreuver,ou’ nous laissions un peu pour les

oiseaux qui se poseront, au-delà de leur chant qui résonne encore

sur l’eau ou’ nous nous sommes vus quelquefois,au- delà du seau qui se

déverse dans les sillons et que l’on remplit de fruits le

soir en rentrant. 43.Au-delà des chemins que les pas quotidiens ont

tracés dans les clairières légendaires à travers oueds et maquis aux

racines qui vont loin jusqu’au coeur de la montagne

chérie. 44.Au-delà de ceux qui les ont empruntés,de ceux qui les

descendent pour aller en flots,chargés de quelques biens vers les

carrefours que tous connaissent comme le premier. 45.Chargés de

biens parfois très légers,un livre,une vieille lampe,une photo de

famille,une fleur des herbes dessechées,un habit non encore mis,un

objet offert un jour les yeux fermés,placé un peu à l’écart de

l’oreiller sur la table ou’ tu aimes travailler,des formes

minutieusement façonnées avec l’argile ramassée avant que le soleil ne

soit haut dans le ciel,près de la source,ou’en passant tu viens te

rafraîchir à l’ombre des roseaux. 46.Chargés de biens parfois

pesants,trouvés à la naissance brillants que l’on regarde longtemps en

silence à la lumière du feu que tu alimentes jusqu’aux

premiers songes. 47.Chargés de pensées,de soleil haut dans le

ciel,de la source qui coule à l’ombre des roseaux,de songes à la

lumière du feu.Chargés de chants qui naissent,à chanter au milieu du

camp, au-delà de l’horizon,lorsque tous seront réunis, dans les yeux

un éclat profond,comme un écho aux étoiles,infini. 48.Un éclat aux

fenêtres,après le coucher du soleil, aux portes ouvertes

à la fraîcheur nocturne dans chaque tente qui revit la lente

descente sur les sentiers,que l’on regarde un peu plus qu’avant, pour

ne pas oublier.. 49.Dans le camp qui revoit les yeux devant,chaque

bien quitté pour un retour présent,dans ton visage un peu bruni

d’avoir ausculté longtemps les horizons. 50.Dans tes joues

enflammées,lorsque tu sens la plus petite des choses vivre en

toi,comme

une promesse aux joies futures. 51.Dans tes quelques silences

profonds,ou’ parfois tout communie à chaque instant pour veiller sur

les lieux. 52.Parfois,ton silence est profond et ton regard

fixe devant revoit l’oued ou’ tu as lavé,ou’ tu t’es lavée,ou’ tu as

bu quelques gorgées,et puis regardé autour l’eau effleurer les

racines,les pierres,les murs repeints,les tuiles ou’ tu perçois

encore le doux bruit de la pluie,durer jusqu’à ton premier rêve.

53.Le bout de terre,la terre ou’ tu as appris à toucher les mottes,à

semer,à passer pour voir chaque jour si le grain a germé,à

récolter, vivre comme avant. 54.Parfois,tu les entends se

parler,parfois tu les vois regarder les étables se vider pour une

journée aux pâturages,tu les vois écouter les chants des animaux que

tu

as aimés là-bas,dans le pays que tu voulais grand,que tu voulais un

printemps,ou’ s’achève la dormance de la saison passée. 55.Un pays que

tu voulais comme chaque saison,au plus haut de sa

splendeur,comme une seule saison pleine des jours de moisson,ou’ dès

l’aube les portes s’ouvrent à des voix gaies qui descendent jusqu’au

bas de l’étendue pour un jour de chant. 56.Un jour,un chant

aux tiges dressées,longues pour porter les épis mûris au soleil et

la brise qui vient du large,avant le crépuscule des jours ou’ aucune

vague ne déferle sur le rivage,ou’ tu aimes t’assoire pour

contempler des heures durant des bateaux revenir à l’horizon d’un

long séjour en pleine mer devant le vol gracieux d’innombrables

oiseaux blancs. 57.Pleine de couleur qui ont germé sur les

arbres,pleine de mains qui mûrissent les fruits que tu verras plus

tard que tu toucheras demain,que tu prendras demain,lorsque tu

reviendras rieur et un peu courbé,les mains un peu tâchées,rieur au

seuil devant celui qui attend qu’on lui narre un moment de la

journée en conte du jour ou’ l’aube apparaît lointaine,lointaine et

couverte de rosée,de ses reflets aux couleurs qui se lèvent.

58.Pleine des nuages,des premières pluies,des feuilles qui

tombent,des rafales de vent qui accompagnent les écoliers le premier

jour. 59.Pleines de crues qui laissent éveillés ceux qui ont

entendu s’approcher les eaux passées à côté dans l’obscurité,le jour

ou’ pendant des heures la tempête cingla les visages glacés,veillant à

la plainte profonde,aux maisons en sommeil. 60.Pleine de

soirées ou’ le feu ne s’éteint jamais,ou’ les absences d’été

apparaissent pleines de rencontres qui ont élargi l’horizon aux

chemins nouveaux, ou’ tu erres longtemps parfois avant de les

reconnaître. 61.Et lorsque les façades finissent de s’éroder lorsque

parfois les grosses gouttes les ont rangées par endroits,tu vois la

sève monter,lente et baigner les pousses endormies qui

naîtront au premier rayon de soleil sur le pays que tu voulais

printemps en toute saison. 62.Sa mère le cherche à travers toutes les

rues de la ville,à travers toutes les villes ou’ un

fils,une fille peuvent se perdre,à travers les nuits tissées autour

de leurs noms,à travers les larmes qui ont coulé sur des places qui la

connaissent 63.La dernière fois qu’elle l’a vu,il était

plus pensif que d’habitude,et sur son visage décidé, il y’avait un

sourire qui ne voulait pas s’effacer comme une longue réponse aux

questions qu’elle se pose depuis longtemps en silence. 64.Une

réponse aux sons qui meurent au fond des gorges lorsqu’elle ne peut

pas s’arrêter pour parler de la fumée qui inonde les rues lorsqu’elle

ne peut reconnaître, lorsqu’elle doit s’immobiliser quand

quelqu’un qu’elle ignore passera. 65.Parfois de ton silence

profond,les yeux fermés s’ouvrent sur cet éclat obstiné d’un espoir

enfoui dans les paroles de celui qui est tombé jeune,lorsqu’il

est allé voir si quelqu’un retourne la terre,de celui qui n’est pas

revenu depuis quelques années déjà. 66.Une réponse aux craintes de la

nuit lorsque les portes sont défoncées à côté,lorsque le

bruit se rapproche chaque jour plus fort,plus long pour durer

parfois jusqu’aux premières heures de l’aube. 67.Une réponse au bruit

qui s’éloigne lorsque derrière la porte défoncée,il n’y a

personne pour parler des rues désertes au coucher du soleil et des

quartiers éloignées ou’ chacun chante le sourire qui ne veut pas

s’effacer dans ces visages obstinés. -26- 68.La dernière fois

qu’elle l’a vu la mère a cru percevoir comme beaucoup de gaieté dans

la voix de sa fille qui lui parle souvent de ce moment ou’ ils

viendront la chercher car dans la rue,elle s’est arrêtée pour

parler avec celui qu’elle connaissait, du chant parvenu le soir des

quartiers éloignés. 69.Car en marchant,elle a fixé les murs décorés,

des mots écrits à la hâte,au lieu de se mettre debout un

regard doux dans une face figée pour celui qui passe et qu’elle ne

connaît pas encore.. 70.Sa mère a questionné les passants,elle a

prononcé un nom,elle a prononcé des noms,et beaucoup l’ont

écoutée jusqu’au dernier mot,puis ils ont répondu longuement. 71.Ces

noms rappellent leurs noms,ils rappellent les nuits passées et les

maisons ou’ tout reste fermé, ces noms rappellent

demain qui germe,qui germe dans leur voix,dans les rues souriantes

qui mènent aux quartiers éloignés. 72.Ces noms portent des pensées

pour ceux qui sont partis à un moment du jour,en parlant des

injures que personne n’entendra les matins ou’ le sommeil baignait

encore des aires élargies remplies, embellies pour ceux qui viendront.

73.Larges comme le monde qui revient souvent dans les rêves

plein des horizons qui émerveillent. 74.Larges pour contenir les

mots prononcés en cachette, et l’écho des voix qui élève comme des

profondeurs ce qui fait la joie de chacun. 75.Sa mère a

frappé à des portes et personne n’a répondu lorsqu’elles se sont

ouvertes après un léger toucher à l’intérieur des rayons,de la lumière

du jour qui filtrent de toute part,empêchent toute poussière

de se déposer. 76.Aportée de la main sur une méida à quelques pas du

seuil,il y’a des feuilles et des objets ou’ rien n’est écrit,à celle

qui viendra chercher cette personne jeune qu’elle n’a pas

revu, depuis le matin,ou’ elle est sortie l’éclat des grands jours

au fond des yeux. -77.Ceux qui habitent cette maison sont partis,sans

rien prendre,car depuis quelques temps,le soir lorsque

les grands parents entament le récit,les enfants leur parlent de la

place jadis occupée par le frère qui aime rêver après le conte pour

les plus jeunes du printemps qui dure longtemps, le temps

des autres saisons. 78.Par la soeur qui aime décrire un mot qu’elles

ont un jour toutes effacé de leur cahier encore conservé près de

petits amas éparses dans le grenier. 79.Par le père qui s’en va

aux premières lueurs empaqueter,empiler,mettre dehors ce que

d’autres à côté façonnent minutieusement en gestes répétés, les mêmes

depuis des années. 80.Qui s’en va au champ sillonner les

parcelles aux mottes fendues,terminées hier,tard le soir lorsque

chaque grain a eu sa goutte lorsque partout dans l’étendue une odeur

monte de la terre comme aux premières pluies de l’automne.

81.Qui remplit une main que l’autre fait ruisseler sur ta

chevelure,sur tes joues enflammées en larmes retenues sur tes lèvres

sèches qui sauront maintenant me parler. 82.Par celle qui viendra

quelques gouttes encore sur le front essuyé s’asseoire à côté de

l’enfant qui dort et attendre effleurant les mèches défaites

l’allaitement du retour quand les yeux s’ouvrent dans ce sourire qui

grandit. 83.Par celle qui est partie à pied à la recherche de

quelqu’un,à l’autre village dans quelques logis qu’il aimait visiter

lorsque la route n’était pas coupée. 84.Ne t’en fais pas,un

jour lorsque tu ouvriras la porte,au réveil le matin,tu le verras

revenir,avec dans les yeux. 85.Lorsque tu auras franchi le seuil

dehors sur le chemin,ses bras s’ouvriront à tes sanglots pour

faire des bruits qui t’ont effrayée,chaque nuit un murmure né de tes

pas pour bercer. 86.Il te dira cette nuit,ou’ des individus sont

rentrés à grand bruit effrayant ceux qui se reposent de la

longue journée de travail passée à donner à toutes ces choses une

vie sur les continents. 87.A mettre sur les sens comme dans ces

soirées,ou’ pendant quelques instants,après avoir tout revu en

silence chacun s’empare gaiement de l’enfant pour l’embrasser.

88.Ils sont rentrés le visage dans la pénombre et ont apeuré même ces

enfants,il te dira tout ce temps passé aux côtés de gens jeunes

et plus grands qui rentrent en sueur,avec dans la main peu pour

remplir la paume. -89.Peu pour entasser ces gouttes de chaque jour qui

collent comme du linge à laver luisant de cet espoir que

demain,il y’aura un présent pour chacun. 90.Il y’aura un présent

dans les deux mains comme un sourire dans ce visage endeuillé

jadis,lorsque la nuit déjà des corps inanimés ont commencé à s’étaler

jusqu’au lendemain. 91.Jusqu’au lendemain et des jours durant les

larmes ont coulé,des jours durant tu n’as pas dormi dans ce silence

monté des décombres,un présent dans tes mains comme ton sourire

que tu découvres renaissant malgré leur lourdeur. 92.Elle verra des

fleurs sur la colline,des fleurs sur le grand rocher,des fleurs au

pied du chêne comme un habit à ses racines,elle verra sur

son passage un regard étrange comme une enveloppe discrète sur

chaque regard,une flamme qui connaît la suie, une flamme qui connaît

l’habit de deuil et le conte,une flamme qui ne brûle pas,étrange.

93.Des fleurs au pied du chêne comme un chemin doux à tes pieds

nus,étrange,des pieds nus, des pieds durcis,des pieds durs sous mes

doigts étrange, des fleurs sous le feuillage du chêne,autour du

chêne comme un grand cercle,un fête d’été colorée à la grande lune

ou’ chaque individu qui passe est l’invité du jour, des fleurs loin du

chêne,des fleurs autour du chêne d’en face,des fleurs à ses

pieds comme un habit à ses racines. -35- 94.Chaque matin

j’empruntais le chemin j’allais jusqu’au loin entre arbres et collines

le bâton à la main. 95.Plus tard dit-il, nous planterons beaucoup

d’arbres, et nous construirons un grand canal. 96.Que de temps, il

n’a pas plu, que de temps, il n’y a pas eu d’herbe. -36- 97.Beaucoup

sont partis, d’autres sont tombés malades, demain,il y’aura

peut-être du riz qui sait. 98.Le troupeau partait tôt le matin, il

empruntait les sentiers qui vont jusqu’au loin. 99.Le ciel était bleu

un soleil chaud, le parcourait. -37- 100.Cela fait fait si

longtemps qu’il n’avait pas plu, on ne sait pas depuis quand, sur

les chemins point de flaques ou de boue pour les pieds. 101.Qui

serrent fort pour me rappeler les endroits, ou’ nous allions,

lorsque personne n’est là. 102.Un poème, tes cheveux à la brise, les

jours ou’ il ne fait pas froid. -38- 103.De la brume recouvrait les

montagnes, elle recouvrait jusqu’à leur bas, toute la

vallée. 104.Ce matin,il a plu des torrents d’eau se sont formés et

râclaient le sol. 105.Ce matin,il a plu des torrents d’eau se sont

formés et râclaient le sol. -39- 106.Vieux souvenirs, objets

oubliés sur une table couverte maintenant de poussière. 107.Murs

rongés par le vent, herbe que personne n’a depuis longtemps coupée.

108.Solitude des hommes, pas sur le sable que les vagues

effacent. -40- 109.Paroles qui reviennent qui habitent la mémoire ,

le temps que tu reviennes. 110.Mots écrits sur un mur, illisibles

maintenant. 111.Je me souviens encore de tes chants, je les

entends parfois dehors. -41- 112.Je me souviens encore de ta voix,

que j’entends parfois, dans le silence. 113.De vieux souvenirs hantent

encore ma mémoire, ce sont ceux du départ précipité vers un

autre village. 114.Les vieux murs sont encore dans ma mémoire ainsi

que les rues désertes. -42- 115.Les portes maintenant sont fermées,

personne ne s’assoit sur les seuils. 116.Personne ne regarde

le soir, le soleil se coucher à l’horizon. 117.Cet hiver de la brume

recouvre les montagnes, mais il ne fait pas froid, c’est étrange. -43-

118.Le vent souffle presque froid, mais il ne pleut pas,

c’est étrange. 119.Le vent souffle presque froid je le sens chaque

matin sur mon visage. 120.Dans le camp sans clôture, la nuit on pense

beaucoup au pays. -44- 121.Dans les toiles, on s’aime à la

faible lumière jusque tard. Un peu de solitude 122.Le pays ressemble

aux lumières qu’il y’a la nuit dans le ciel. 123.Il ressemble au

silence qui s’étale sur les toiles, lorsque tout le monde

rentre. -45- 124.Le soir, à la faible lumière, je te narre

l’histoire de ce pays que tu n’as vu que petite.. 125.Je te raconte

ses hommes, ses rues étroites et ses longues rivières. 126.Ce pays son

nom m’obsède, parfois je me retrouve le soir à le prononcer. -46-

127.Je me retrouve à le décrire, comme si je ne l’ai jamais vu. 128.Je

me souviens encore de ses printemps, de ses fleurs qui

poussent dans les près. 129.Je me souviens de ses récoltes, de ses

longues récoltes qui durent parfois des journées. -47- Il y’avait

plein de bruit dans nos oreilles, on ne s’entendait pas

lorsqu’on parlait.(130) 131.Je me souviens de l’histoire que tu m’as

raconté dehors dans le froid alors que tout le monde dormait. 140.Le

pays était loin, je le voyais dans tes mains qui serrent

fort. -48- 141.Dans la mine il faisait chaud, on descendait le

matin, on ne revenait que le soir. 142.On revenait les habits et le

visage couverts de poussière. 143.A l’intérieur on suffoquait, on

devait ronger la paroi du matin jusqu’au soir. -49- 144.Il y’a eu

des moments ou’ il n’a pas plu, on est resté la tête au ciel à

attendre les nuages. 145.On attendait la faim dans le ventre, les

yeux vers les sources, il n’y avait que chaleur du matin au soir qui

rendait encore plus malade. 146.Il y’aura de l’eau et de l’herbe pour

les troupeau. -50- 147.La vie renaîtra à nouveau, il n’y

aura plus ceux qui sont partis. 148.Les silos seront pleins et le

sourire sur le visage de nos femmes. 149.Ce pays son nom est encore

dans ma mémoire, comme si je l’ai connu pour la première fois.

-51- 150.Je me souviens du jour ou’ je t’ai prise dans mes bras,

pour la première fois. 151.Je me souviens encore de ton corps, le soir

dans mes bras. 152.Ton corps est resté dans ma mémoire, des

nuits entières. -52- 153.Ton corps que j’ai aimé toute une nuit,

jusqu’aux premiers rayons du soleil. 154.As-tu vu leur silence, assis

dans leur coin à attendre l’arrivée des avions. 155.As-tu vu

comment ils regardent le lait, comment ils regardent le bol de riz.

-53- 156.As-tu vu leurs membres atrophiés et leur ventre ballonné.

157.Demain dit-il nous planterons beaucoup d’arbres et nous

construirons un grand canal. 158.Je me souviens de ces nuits ou’

j’ai effleuré tes lèvres, de mes lèvres comme pour te dire mille

pensées. -54- 159.Demain dit-il nous arroserons leurs racines

jusqu’à leur profondeur. 160.Demain,je ne sais pas s’il fera froid,

il y’aura peut-être une veillée et un feu de bois. 161.Tes prières

sont encore dans ma mémoire, tes longues prières, je les

revois le soir. -55- 162.Tes prières sont loin dans ma mémoire, tes

prières qui durent parfois des journées entières. 163.La plantation

est grande, et on est si peu, si peu pour la récolte au

soleil qui dure parfois une saison. 164Loin du pays, je veille près

de toi chaque soir. -56- 165.Ce pays, cela fait des années que je ne

l’ai pas revu, je ne sais plus depuis quand je suis là.

166.Je ne sais plus son nom, il est maintenant un souvenir vague

dans ma tête. 167.Chaque jour, je te cherche en vain dans ma mémoire.

-57- 168.Je te cherche dans les paysages, je te cherche sur

les chemins ou’ chaque jour j’allais jusqu’au loin. 169.Le ciel gris

habite ma mémoire comme ton souvenir. 170.Parfois, je me mets à

chercher ou’ tu es, je ne trouve aucune réponse. -58- 171.Le

ciel gris habite mes nuits, il habite mon regard. 172.Il ressemble à

ma solitude depuis que tu n’es plus là. 173.Il ressemble à cette

solitude dans ma mémoire que je vois sur le chemin, que je vois

sur les arbres. -59- 174.Le ciel est gris depuis je ne sais combien

de temps depuis peut-être ton départ.. Marche poème 2 175.Autour du

feu,ces soirs ou’ j’occupe la place qui reste vide à tes

côtés,je perçois dans ton souffle battre le coeur de ces lieux,que

tu n’as vu que petite. 176.Je t’entends sans un regard autour,retenir

un souffle et un autre,que tu débiteras ensuite lorsque au

souvenir,conservé dans chaque jour,s’ajoute ce que tu ignores dans

ces voix douces dans la nuit. -60- 177.Dans ces voix qui adoucissent

la nuit,il y’a tant d’années que tu vois avancer, bien avant

ce jour ou’ tu as su raconter un conte jamais entendu,devant

quelques uns éblouis. 178.Et tard,lorsque la dernière s’éteint, pour

que demain la première la continue, je te donne ma main,et en

l’ouvrant pour voir les doigts durcis,tu découvriras des images de

toi que tu ne connais pas -61- 179.Tu te verras partir au champ,dès le

matin, un outil trop lourd à la main,tu les observeras

faire avec,et à chaque fois qu’il est déposé,tu t’en empareras pour

caresser quelques mottes. 180.Tu verras après la sortie aux

pâturages,le seau que tiennent tes mains,se déverser en jets que tu

répètes,sur le sol que beaucoup nettoient,dans l’étable que tu

visites assez souvent maintenant. -62- 181.Et au moment ou’ elle

s’apprête à serrer la tienne,tu percevras ta silhouette pousser au

son des chaînes qui meurent, qui tombent en lambeaux,à tes pieds qui

savent marcher. 182.Les chaînes se repoussent,se tordent à cet endroit

rouillé puis chûtent par terre,en lambeaux défaits que

ronge la solitude. -63- 183.Et les mains s’exclament,en joie

retrouvée sur le visage,je les ai vues comme gorgées d’un

sourire,lorsque un pas,deux pas,lorsque des pas libérés éparpillent

les

morceaux,pour une longue danse. 184.Une danse à deux,une danse à

plusieurs, gorgés de ce sourire,dans ces visages,ou’ la douleur qui

reste ne se voit pas de loin. -64- 185.La douleur qui reste est

celle qu’il y’a dans mes doigts,qui serrent forts parfois,contenue

dans ma peau, dans mes halètements,dans ces rides si profondes.

186.Profondes comme de longues racines, ou’ loge le refus de

partir,devant les bottes nocturnes,sur les portes ou’ je me

reconnais,tels ces endroits qui demeurent à m’attendre. -65- 187.Ces

endroits,tu apprendras à les connaître,dans ma main qui s’ouvrira

chaque soir avant de nous lever pour quelques heures dans les

toiles, bercés par un air qui n’a pas cessé,comme depuis des siècles.

188.Un air qui berce les vents forts et qui accompagne les

visages,qui se rapprochent en une seule ombre, sur le sol,sur le

mur,au milieu de la toile en face d’une faible lumière. -66- 189.L’air

apaise cette faible lumière,il la ravive d’une dense chaleur

qu’il porte, en conscience enfouie,comme deux ailes, comme des ailes

blanches au soleil qui veillent. 190.Cet air alimente la paisible

lumière de ces mots,que l’on sait si bien prononcer là-bas,de

ces peines de tant de peines, lorsque le blé en poussant a déposé de

côté les pierres ou’ jadis les grains se fissuraient. -67- 191.Il

l’alimente des rêves faits,au moment ou’ dans chaque

maison,tout le monde est assemblé pour que dans ce qu’elle

projette,il ne se dessine qu’une seule ombre. 192.Sur le sol,il y’a

tes pas et chaque jour qui passe leur ajoute le jour,le matin,le soir,

les jours ou’ ta présence ne les a pas effleurés de son arôme

ensorcelant. -68- 193.Sur le mur il y’a quelques initiales pour ceux

qui viendront peut-être,et il y’a des coeurs alignés au bas de

couleurs qui lorsqu’elles sont regardées se mettent à flotter.

194.Sur la toile sur chaque côté,la faible lumière projette une image

colorée et autour,et au fond se répandent les fruits en étoiles

orangées du verger que je te ferai visiter, demain dès l’arrivée.

-69- 195.Dès l’arrivée,ne t’en fais pas,nous irons voir tes pas ou’

chaque jour,chaque matin, chaque soir,ou’ pendant tous les

jours qu’a duré ton absence une fleur a poussé la tige fière comme

un pétale d’avril. 196.Un pétale d’avril qui recouvre de sa douceur la

terre entière,ou’ portent les yeux,les vallées en fête,les

monts,les collines,ces vallées,ne t’en fais pas,nous irons les

sillonner une après une de l’aube au crépuscule. -70- 197.Nous irons

les sillonner et boire de leur eau,et emporter de leur eau,comme

des gouttelettes sur notre peau,dans notre peau que le soleil du

beau pays connaît si bien. 198.Une après une,nous réapprendrons à

prononcer tel un chant leurs noms, devant elles,devant elles,il

fusera plein semblable à l’étreinte du retour. -71- 199.Il ira

s’enquérir de toutes les veines restées blotties comme les

légendes,dans les arbres,dans les maisons,dans les sentiers,dans les

routes,

à battre dans la mémoire. 200.Il ira parler aux légendes,des

légendes nées au son de l’air qui berce la nuit,qui apaise les vents

glacés qui font mal aux petits corps. -72- 201.Il ira parler aux

arbres,aux maisons, aux sentiers et aux routes de leur sève, de

leurs tuiles,de leurs pierres,et devant chaque seuil,il commencera une

route. 202.Une route longue,aussi longue que le conte qui

enlace le rêve,que le rêve qui sillonne le souvenir,qui sillonne les

endroits que je narre,comme chaque matin,l’horizon. 203.Et à mesure

que je narre,je dépose dans tes pupilles,au fond de tes

yeux,dans tes mains, sur tes cheveux,dans ton regard le sourire qui

a longtemps manqué à ton visage. 204.Il y’a eu des journées,ou’ tu

n’as pas parlé à celui,à ceux qui marchent à côté de toi et

eux,ils étaient silencieux, car chacun cherchait dans quelques

pensées ces lieux,ou’ adossé,des grains dans les paumes,il regarde un

oiseau voltiger. 205.Il se pose non loin de vous et écoute

les bruits des moteurs s’approcher le premier,puis sur une branche

épaisse, il entonne quelques notes et sur le dos apparaît un frisson.

206.Un frisson inexplicable qui parcourt l’échine,étonnant

comme la paume qui se referme sur les grains qui seront mis à

l’écart avant leur arrivée 207.Et à notre arrivée,dès l’arrivée,nous

irons à l’endroit qui les veille,et dans chaque paume qui se

referme,qui serrera, nous déposerons quelques grains qui germeront

en notre présence. 208.Nous resterons en cet endroit que tu connais

déjà,car un jour,tu m’as parlé de la récolte qui attend,la

bouche qui l’embrasse,la paume qui la caresse comme une terre qui

porte ton souffle en guise de présence. 209.En guise de présence,tu

resteras en cet endroit,pour qu’il te reconnaisse, pour

qu’il reconnaisse dans ta voix le goût de ton absence et dans tes

mains,et sur ton visage la marque des grandes distances. 210.Sur ton

visage,le chant qui parvient chaque soir érode la marque qui

se dépose,de moins en moins colorée,à mesure que s’étalent les

distances. -77- 211.Et à mesure qu’elles s’étalent,chaque nom que

prend ta main au passage se rapproche et se colle à la langue pour

donner sa douce saveur au mot que chaque instant prononce. 212.La

marque des pieds qui s’écorchent, qui gémissent parfois aux pierres

qui jonchent le sol disparaît,à mesure que le jour parcourt sa

distance,au son des instants qui se vivent même dehors amplement.

213.Dans tes mains chargées lourdement, il y’a quelques

figures,quelques ustensils qu’elles ont portés,qu’elles retirent

doucement,qu’elles regardent longuement en marchant,puis enveloppent

et remettent presque amoureusement. 214.Et que serait alors,cette

marque des grandes distances sur ton visage, à côté des

figures qui gouttent quotidiennement à quelques uns de tes gestes.

37.Et à la place du camp aux tentes alignées tu refléchissais à

l’école à construire,tu l’as même dessinée sur le sol et de

temps à autre tu ajoutais une classe sans rien effacer. 38.Tu

reflechissais aux maisons sans toits,aux murs fissurés envahis

d’herbes que personne n’a coupé, que personne n’a plus revus depuis le

temps ou’ beaucoup sont partis,en groupes éparses au- delà de

l’horizon pour s’élargir à chaque carrefour ou des lieux se sont vidés

de leurs veillées,de leurs contes du soir,des chants d’enfants

sur chaque seuil éclairé. 30.Dans le silence des yeux fixes ou’

l’écho de tes pas qui s’éloignent dans la pénombre résonne en paroles

denses que vient suivre ce long silence. 31.Repose dans ma

douleur apaisée qui donne à mon sourire son teint des jours,ou’ au

réveil je ne sais qu’aimer. 32.Dans le souvenir vivant de ce moment

ou’ tu nous a tous embrassés et puis regardés,longuement en

silence avant de sortir laissant la porte ouverte derrière toi.

33.Depuis,elle est restée ouverte,et le soir lorsque tous se mettent

autour du feu,chacun entend comme ta voix,très proche entonnant

le chant commencé ici. 34.Chacun l’entend les yeux aux brindilles

qui se consument jusqu’à ce que les plus petits s’endorment la main

qui les a recouverts les pressant encore. 05..Il n’y a personne

à mordre,pas de silence entre nous à rompre,il n’y a rien à enfermer

et la foule rescussite comme l’étreinte. 06.La tempête a été forte,le

chien est mort en aboyant de détresse,le mur s’est

affaissé, laissant la rue arriver à la porte,et sur l’agave sont

apparues des pousses que l’on voit grandir sans cesse pressés de

fleurir. 07.Je ne te parle pas de ces poussières qui collent depuis

longtemps à ma peau,à mes habits,car j’ai peur qu’un jour en

marchant l’on t’accoste d’un air menaçant pour te parler de quelqu’un

que tu connais à la mine lointaine. 08.A ce moment,pendant

quelques instants, la tendre étreinte des regards a duré en silence

le temps de ces mots qui restent beaux et chauds dans la mémoire.

09.Maintenant que tu as bu du ruisseau clair, à même le sol,qui

va jusqu’au loin,dans la terre,je sais que chaque jour,tu es plus

près de moi. 10.Loin,là ou’ un rayon de soleil qui filtre se pose

quelqu’un est assis,devant lui une table ou’ quelques papiers

traînent,à siroter en silence. 03.La nuit,je t’ai vu dormir,après

m’avoir aimé,tu m’avais fortement serré,comme pour la première fois.

Marche poème 1..Depuis quelques jours,tu ressembles à un

enfant qui sait pour la première fois écrire son nom,une flamme

brille dans les yeux,à croire qu’une aube naît en toi. 02.Tu sais

marcher,les mains légères et le regard devant,parmi nous.

35.Reposes dans ces longues soirées,ou’ tu ne cessais de parler de

ce pays ou’ les blessures savent se cicatriser lorsque sur les routes

les décombres auront été déblayés. 36.Les routes que tu

décrivais étaient longues ,elles relient chaque pouce de terre aux

champs cultivés et chaque champ cultivé au village qui grandit, au

village grandi et à leurs rebords poussent des arbres devant

des maisons aux couleurs du jour..

10.La beauté de leur chant.

-01.. Il est une clarté qui rechauffe dans la pénombre,il est cette

clarté que la pénombre même pesante ne peut effacer.-02.. Tes mains ne

répètent pas seulement depuis longtemps,tes mains

font grandir de petites merveilles,semblables à un beau branchage,

fleuri au soleil printanier qui sera demain, dans ton regard.-03..

Beaucoup meurent depuis longtemps,car depuis très longtemps,il n'y a

pas eu de nuages,gorgés de leur suc dans le ciel.-04.. Ils étaient

plus petits. Beaucoup ne regardent plus le ciel,ils regardent la

terre,ils marchent sur la terre,et leur chant vient des fibres de la

terre,car depuis longtemps, elle s'assèche,l'eau qu'elle a gardée

dans ses mains généreuses est aspirée à petites gorgées répétées,

répétées,répétées.-05. .Ils étaient plus petits,plus petits que ceux

qui sont partis,mais ils ont résisté,car ils n'ont pas oublié le

chant des premières pluies,celui des longues récoltes et le chant du

village,au retour des pirogues sur le fleuve phosphorescent

d'étoiles lointaines.-06.. Beaucoup ont résisté. Beaucoup ont

résisté,car ils n'ont pas oublié, le chant des enfants qui inventent

des contes gais, le soir à la lumière feutrée d'une lampe à pétrole.

-07. .Ceux qui sont partis,sont partis en procession un regard pour

les enfants,et sur les chemins leur mémoire a chanté en silence,un

chant qui l'habite et qui a grandi,depuis qu'elle connaît les

lieux.-08. .Depuis qu'elle connaît les légendes qui veillent,son

chant n'a pas cessé de s'étaler pour l'agrandir, et parfois,la

nuit,elle revoit plus beaux tous les lieux qu'elle a sillonnés,comme

elle

les voulait pour demain.-09.. La beauté de leur chant. .La beauté de

leur chant vient des fibres irriguées, de halètements et de sueur de

la terre,lorsque dans le ciel,quelques nuages secs décorent

comme un paysage qu'ils ne regardent plus.-10. .Tout ce que tu ne

sais pas écrire,tu me l'as appris,tu me l'apprends et maintenant il

n'y a pas une chose que j'ignore. -11..Maintenant je le vois sur les

chemins,sur les arbres,sur les murs,sur les toits,je le vois

devant,loin devant. -185..Dans le chant clair de sources Que les

siècles innombrables N'ont pas taries. -12..Longtemps,très longtemps,

Lorsque tu as vu le branchage Tendre se refléter,en un nid Chaud

pour les oiseaux qui Viendront,lorsque tu as vu le Bleu du ciel

remplir en entier Le fond,tu t'es désaltérée. -13..Et dans ces

signes,je vois Quelques gouttes de sueur, Ruisseler,au cœur des

rides, Qui se relèvent d'un long Sommeil.- 14..D'un long sommeil,ou'

je Me lève pour te découvrir, Entière comme une lumière, Que je

regarde longtemps, Sans me lasser. -15..Dans ces signes,il y'a un

peu de Ta fatigue,de tes halètements,de Tes silences à donner des

formes, Comme une source intarissable,une Mémoire ou' je veux

m'abreuver.- 16..Elles se répandront sur les rameaux des Saisons,en

bourgeons étoilés qui brilleront, Comme la nuit des étoiles dans le

ciel.- 17..En bourgeons étoilés,sur les rameaux des Saisons qui

illumineront,comme un Sourire sur le visage. -18..En des fleurs dans

les pensées,en des Pensées qui naissent et s'éparpillent,en Grains de

pollen sur les contrées.-19..Sur les rameaux des

saisons,sont inscrites Les traces du vent,en signes colorés,ou' Je

me reconnais tout en entier.- 20..Et dans ces signes je vois la terre

apparaître, Sous son plus beau jour,comme si elle Renaît de

nouveau,mais aujourd'hui Pour toujours. -21..Pour toujours,car

d'elle monte le chant Qui accompagne,à la rencontre de chaque Lieu.

-22..Et toutes ces questions sur la langue Gaie des enfants,je te le

dis,elles sont Une réponse à aujourd'hui,elles sont Une réponse à

demain,puisque lorsque Tu reviens,tu les trouves dans ton

Etreinte,comme une certitude. -23..Une fois, tu as vu la pleine lune,

S'étaler à tous les horizons,et à L'endroit ou' l'eau est puisée.

-24..En un chœur,comme la rosée que Découvre chaque matin,son image en

Eclats demeure,jusqu'au moment, ou' Le chœur en passant

effleure le Chemin. -25..En un chœur comme la rosée,sur les feuilles

chaque matin,en un Chœur comme des fleurs,sur les Langues qui se

répandront.- 26..Comme une certitude,tes yeux brillant à la

Lumière,et toutes ces questions,qui rayonnent Sur ton visage,en

bourgeons futurs. -27..Et toutes ces questions,en petites rides,nées

le Jour,la nuit,nées en marchant le Regard devant,loin devant

vers l'horizon Azuré.- 28..Et toutes ces questions,je te le dis

aujourd'hui Est une réponse,demain est une réponse, Et demain une

autre réponse,puisque le Matin,tu pars tôt,et parfois tu ne Reviens

qu'au crépuscule,avec sur le front Les traces d'un peu de sueur.-

29..Et lorsque tu reviens au crépuscule,tu les Serres contre toi,et

dans ton étreinte,il Y'a cette certitude,comme un sourire têtu

Sur un visage.- 30..C'est un grand jour,que ce jour Ensoleillé

futur,qui loge en toi,en Un merveilleux espoir,comme une Poignée

auréolée de lumière.- 31..A ce qui en toi s'éveille chaque Jour au

matin,comme des yeux, Comme des mains,comme un Sourire aux jours à

venir. -32..A ce qui en toi éveille l'outil au Matin,en gestes

paisibles,comme Une caresse,aux jours ensoleillés Futurs.- 33..Comme

une certitude qu'aux jours à Venir,tu t'éveilleras au matin,avec Sur

la langue le chant qui apaise les Vents froids,qui soufflent sur les

toiles.- 34..Comme une certitude,ton image dans Ma

mémoire,s'embellit en un jour, Comme en une multitude de jours à

venir, Etoiles peuplant le ciel à la nuit venue.- 35..Pleins des

chants qui naissent le soir, Pour les jours ensoleillés qui se

lèveront Tôt demain,pour tendre la main,à Tout ce qu'il y'a en toi.

-36..A ce qui en toi attend,comme un grand Jour pour naître,et se

mettre en couleurs Sur les couleurs que porte la plaine. -37..Se

mettre en couleurs,parmi les couleurs que Porte la plaine,et loger

dans l'écho qui Va au-delà du printemps,pour loger Dans chaque

saison.- 38..Une odeur de rouille calcinée et de fer

Centenaire,embaume ce printemps l'atmosphère. Du fer

tordu,cassé,fondu par ma soif Millénaire de liberté,qui bouillonne

dans Mes entrailles,qui refuse de s'éteindre, Alimentée par ma

souffrance,mon

image Déformée,râturée,froissée,gorgée de mes Halètements et de

leurs pensées,étalée sur Ma langue,sur mon rire,sur mes plaintes, Sur

mes matins agités. Alimentée par ma Conscience lézardée,qui

refuse de casser,de S'éparpiller,de s'envoler,de disparaître Comme

de vulgaires morceaux de papier emportés Par les vents de n'importe

quelle saison. -39..Ce poème sera ton entêtement à faire

Pousser des fleurs,de n'importer quelle Couleur là ou' la terre

paraît ridée et Pâle. -40..Il ne sera pas ton image,il ne sera Qu'un

discours.Il ressemblera à tes élans, A ta chaleur,offerte à ceux

qui n'ont Fait que se plaindre dans l'empire de la Laideur,il sera

plein de tes mots,de tes Caresses.- 41..Il sera un hommage à ton

ignorance,un Présent,un sens à ton sourire,à tes larmes, A tes

rêves,à ton attente.- 42..La flamme qui anime son souffle erre,

Traquée par le cri qui l'a précipité dans Le gouffre de l'angoisse,au

son des Rebondissements des matraques sur les dos Voûtés par la

lourdeur des jours toujours Pareils,pareils à la laideur,pareils à

La terreur,pareils à la douleur.- 43..Il faisait chaud,tu m'avais

Longuement embrassé sur les lèvres,tu Voulais me dire

quelque chose,je ne Savais pas. -44..C'était peut-être un rêve que

tu Voulais me raconter,c'était peut-être Un conte que tu voulais me

raconter. -45..C'était peut-être le lointain pays Que tu te

rappelais,c'était peut- Etre ses maisons aux tuiles rouges que Tu

aimais.-46..Je t'ai vu entrer dans la pénombre Presque nue,de la

fenêtre entrait Un rayon de lumière qui éclaire Tes yeux.- 47..Je

t'ai vu Me caresser, Je t'ai vu M'embrasser Ensuite t'endormir.-

48..Tu m'avais entouré De tes bras, De la fenêtre Filtrait un rayon De

soleil.- 49.. Demain, Je te dirai Mille pensées, Cachées là A

côté pour toi. -50.Dans le jardin Qu'on a quitté Poussent des fleurs

Que tu connais. -51..Je te dirai Mille mots, Je te dirai Mille contes

Cachés pour toi. -52..Lorsqu'il fera noir, Je viendrai

t'attendre A la même heure, Dans notre coin.- 53..Demain , Je te

dirai Mille pensées Cachées là pour toi.- 54.Je te dirai Le chemin

qu'on a fait, Je te dirai Le pays qu'on a quitté.- 55..Lorsqu'il

fera noir, Je viendrai t'attendre Sous la pluie dans notre coin.

-56..Dehors, Il est difficile de marcher, Il fait froid Et la boue

Recouvre les pieds Presque en entiers. -57..Lorsqu'il fera noir, Je

viendrai t'attendre Dans notre coin. -58..J'ai mille mots A te dire,

Je sais Que tu les aimeras.- 59..Dans le camp, Il y'avait Plein de

froid Et de boue.-60..Il était difficile De se déplacer, L'eau

On la ramenait de loin.- 61..La nuit, Le conte accompagne Les

veillées Jusque tard. -62..On allait Plus loin Que l'horizon, Dans une

autre terre Inconnue.- 63..Léila ne savait pas Ou' on allait, Elle

était jeune, Comment pouvait-elle Le savoir.- 64..C'était un jour de

pluie, On était tous Dès le matin Partis.- 65..C'était un jour de

pluie, Elle avait mis tout Sur son dos Et elle a rejoint Les

autres.- 66..Elle ne savait pas Ou' elle allait, Elle était jeune,

Comment pouvait-elle Le savoir. -67..On allait loin, On allait Dans un

autre pays Là ou' il y'a un refuge Pour eux.- 68..Le pays

Qu'on a quitté Habite mes pensées Presque toute la journée.- 69..Son

nom m'obsède, Chaque nuit Je me retrouve Les yeux presque fermés A le

prononcer.- 70..Son nom est resté Dans ma mémoire, Son nom

Tu le connais.- 71..Un poème, Une image enfouie, Loin dans la

conscience, Un souvenir Vite oublié. -72..La nuit, J'ai beaucoup pensé

A toi.- 73..Je n'ai presque Pas dormi Jusqu'au matin, Ton souvenir

était là, Vivant.- 74..Il était là Comme les premiers temps, Là

comme le premier jour. -75..Ton souvenir m'habitait, Il ne cessait pas

De me harceler, Je ne pouvais pas Fermer l'œil. -76..Ton absence

avait duré, Je ne savais pas Quand est ce que Tu reviendras.

-77..J'étais là A attendre la nuit Sous les étoiles.- 78..La route Qui

mènera Au beau pays Sera longue. -79..Elle sera très longue, A ses

bords Il y'aura plein d'arbres Qui feront de l'ombre En été. -80..La

nuit, Nous irons parler Aux étoiles, Nous monterons haut Dans la

montagne Pour parler Aux étoiles. -81..L'éxil on se le partage,

Il y'aura toujours Dans nos cœurs Son souvenir.-82..Nous le vivrons

Dans le camp Plein la nuit De chants d'enfants.- 83..La nuit Dans le

camp, Je viendrai Te parler Du beau pays Qu'il y'aura.- 84..Je

viendrai te parler De ses arbres Et de ses oiseaux, Je viendrai te

parler De son long printemps.- 85..La nuit, Je le vois Dans ton

sommeil, Je le vois Dans tes ronflements, Dans tes rêves.- 86..Ce

pays Son nom m'obsède, Parfois je me retrouve Les yeux fermés A le

nommer. -87..Parfois Je me retrouve A le regarder, Comme s'il était

Devant moi. -88..Ce pays Son nom m'obsède, Parfois je me

retrouve Les yeux fermés A le nommer.-89..Parfois Je me retrouve A

le regarder, Comme s'il était Devant moi. -90..Ce pays Son nom

m'obsède, La nuit je me retrouve A le prononcer, A le chercher Comme

un précieux souvenir, Oublié.- 91..Je t'ai connue Dans le camp, Lors

de ces veillées Autour d'un feu.- 92..Le soir, Lorsque tous assemblés

Ferment les yeux Pour un instant.- 93..Lorsque quelques uns A

l'écart Dans la pénombre, Se disent Des mots d'amour.- 94..Quelques

uns presque collés Se disent en silence Des promesses Pour le futur.

-95..Je t'ai connue Dans le camp Les premiers jours.

- 96..Lorsque la boue Couvrait les pieds, Lorsqu'il n'y avait Pas

encore un toit. -97..Lorsque Pour avoir Un pain, Il faut aller Loin.-

98..La nuit, Tu m'avais parlé D'un village Que tu connais.

-99..Ses rues poussiéreuses Portent des arbres Alignés Qui font de

l'ombre En été. -100..Ce village Porte un nom Que tu aimes prononcer,

Qui te berce La nuit. -101..Ses chants Tu les connais, Ses

fruits Tu les connais.- 102..Ses fleurs Tu les connais, Dès

l'approche Du printemps. -103..La nuit, A la faible lumière Je t'ai

parlé Longuement du village Ou' je suis né. -104..Je t'ai parlé

Longuement de leurs joies, De leurs peines, De leur terre Qu'ils ont

quitté. -105..Ses fruits, Tu les connais A leur saveur. -106..Des

fleurs blanches, Des fleurs jaunes, Des fleurs bleues, Des

fleurs tendres Au toucher.- 107..La nuit A la faible lumière, Je

t'ai parlé Sous la pluie Du village, Ou' je suis né. -108..Il avait Un

nom Tout simple Que tu n'as pas Encore retenu. -109..Ce pays Un

jour, Je le verrai, Je verrai ses arbres Et ses écoles.-110.Je

verrai Ses rues Presque étroites Et ses villages Aux tuiles rouges.

-111..Léila ne savait pas Quand est ce que Elle a quitté Son

village. Famine au sahel.- 112..Mokhtar partit en bateau, Il avait

la couleur noire. Ce jour là,il était bien habillé, Il ne savait pas

ou' il allait, Il ne connaissait même pas Le nom de la ville

ou' il allait. -113..Il partait Fuir la maladie Et la famine, Il

partait faire vivre Ses gosses.- 114..Il en avait beaucoup, Il leur

promit de leur Envoyer dès qu'il arriverait, Il leur promit plus

tard De les amener avec lui.- 115..Mokhtar est parti Vivre en

ville,il n'a jamais Cessé de penser à ceux Qui sont restés, A la

famine la nuit, -185..Il revoit les enfants Malades et les adultes

Décharnés Au regard brillant.- 186..La ville, Le charma, Il s'y

installa Durant des années.-116..Safy elle est restée. Elle était

jeune Adolescente encore, Comme Camar, Elle n'a jamais été A

l'école, Comme lui, Elle n'a jamais connu Le bonheur.- 117..La

maladie l'a épargné, Comme beaucoup De son âge, Comme beaucoup De son

âge, Elle veut être aimée. -118..Mokhtar partit en ville. Il

trouva la ville Loin de l'angoisse Et du soleil, Il promit à tout le

monde De revenir, Il savait qu'il n'y aurait plus De pluie.- 119..Dans

cette chaleur La vie est dure. Camar n'a plus ses chèvres

Depuis longtemps, Les arbres ne poussent plus, L'herbe ne pousse

plus, Ou' les nourrirait-il.- 120..L'école,il ne la connaît pas,

Personne n'a pensé Construire une, Il n'y avait pas d'eau Pour

construire les murs Et personne pour donner Des cours.Il est resté

Ignorant comme beaucoup De sa génération. -121..Dans son lit, Mokhtar

ne dort plus, Ainsi que sa femme. Le sort des enfants Le

préoccupe,pour eux Il décide de partir,loin, Très loin là ou' existe

la vie.- 122..Sa femme aussi Ne dort pas,ses enfants Sont malades,elle

a déjà Perdu quelques uns,ils étaient Jeunes encore et

presque Personne pour les soigner. -123..Jusqu'au loin, Il n'y a que

famine Et maladie,aucune herbe Ne pousse,il n'y a qu'un sol Dur ou'

les pieds s'écorchent. -124..Le village brûle Sous le soleil,

Tous sont dans leurs huttes Affalés.- 125..Ce soir,il y'a Quand même

un repas, La terre a quand même Donné quelques grain Pour chacun.

-126..Affamé, J'erre du matin Au soir, A la recherche De grains.

- 127..La maladie, La chaleur Et ces avions Qui ne viennent pas.

-128..Avant c'était comme ça, Beaucoup partent Et ne reviennent

jamais, Ils partent en groupe. -129..Hommes, Femmes et enfants Dans le

dos, Ils partent A pied Tôt le matin. -130..Point d'espoir Pour eux,

Rien à l'horizon Pas même Une goutte d'eau. -131..Les plus vieux Se

réunissent Sous un arbre Chaque soir. -132..Ils parleront de

l'avenir De la tribu et des enfants Devant eux Une tasse de thé

Qu'ils siroteront. -133..Certains sont très âgés, Le visage ridé Et

séché par le soleil Ils connaissent les prairies Et les printemps

Qu'il y'a eu. -134..Demain Il y'aura Plein de riz Qui viendra du

ciel Plein de lait. -135..Ahmed a vu Partir beaucoup de sa tribu Les

moins jeunes sont restés Car ils ne savent pas marcher. -136..Ils

sont restés A errer inertes malades Les yeux brillants Et le ventre

ballonné. 137..Ahmed rêvait petit Et plein d'amulettes Attachées au

cou. 138..Il sait Que le lait a manqué Qu'il ne pleurera pas

Cette année. 139..Demain dit-il Il y'aura plein d'herbe Pour nos

troupeaux. 140..Il y'aura Un grand canal Qui viendra de loin Plein de

notre eau. 141..Ahmed a vu Beaucoup partir De sa tribu Ils

étaient plus jeunes Que ceux Qui sont restés. 142..Demain dit-il Il

y'aura un grand jardin Plein d'herbe Et d'eau. 143..Demain dit-il Il

pleuvra Il y'aura de l'eau Dans les mares Et des sources

Pour les troupeaux. 144..Devant les vieux Ils ont un jour décidé De

partir Cela fait longtemps Qu'il n'y a pas eu De pluie. 145..Cela fait

longtemps Que le ciel n'est plus Recouvert de nuages Qu'il

n'y a pas Une seule goutte de pluie Dans cette aridité. 146..Ses

amulettes accrochées A son cou Il regarde le paysage. Demain dit-il

Nous construirons Un grand canal. 147..Ils dormiront à côté Le

visage baigné De lumière Que le feu fait Dans la nuit. 148..La

maladie Les a presque Tous emportés Enfants et plus âgés Tous sont

partis On ne sait pas ou'. 149..Ils ont prit le chemin Le matin à

l'aube Avant que le soleil Ne se lève. 150..Ils prendront l'autocar

Qui les mènera loin, Vers la ville Ils sont à plusieurs On ne sait pas

S'ils reviendront. 151..Il souffle Entre les arbres Et

apporte A chaque fois Un peu de sable. 152..La nuit On allume un feu

A la belle étoile La nuit on parle De ceux qui sont partis. 153..De

ceux qui sont malades De ceux qui ne reviendront Peut-être

pas Partis loin. 154..Personne ne sait Ou' ils sont Le matin Ils ont

pris le chemin Qui mène vers la ville. 155..Le matin Ils prendront

l'autocar Pour la ville Les enfants sur le dos. 156..La nuit

on allume Un feu de bois Pour veiller A la belle étoile Les enfants

à côtés. 157..Les enfants Ecouteront le conte Jusque tard Parfois il

nous parlent Du soleil. 158..Parfois Ils nous parleront De

l'abreuvoir Du verger qu'il y'aura Arrosé Par le grand canal.

159..Le vieux Ali Se fait toujours accompagner De sa petite fille Il

ne voyait pas Il avait les cheveux blancs Et une canne A la main.

160..Il descend du bus Et prend sa place Sur le trottoir Toute la

journée Il a sa main tendue A ceux qui passent. 161..Tout le monde Le

connaît dans le quartier Cela fait des années Qu'il a prit

place. 162..Les vagues au loin Etaient blanches, Poussées par le

vent Vers le rivage. 163..Dans le ciel bleu, Volent haut nombreux Des

oiseaux blancs. 164..Parfois hamid Vient jusqu'au rivage Pour

voir S'il n'y a aucune vague Il reste des heures A scruter la mer

Même s'il la connaît. 165..Tu étais partie Sans rien dans les mains,

Il y'avait dans ta tête Quelques idées Que tu râbachais.

166..A croire Que tu avais oublié, Elles sont pleines De mots pour

toi, Des mots que je choisis Chaque jour Pour toi. 167..Ce nom je ne

sais pas Ou' je l'ai vu, Ecrit peut-être sur un mur Loin dans

le pays. Ecrit par une main d'enfant, Ecrit d'une craie blanche,

Ecrit sur un mur Que le temps a vieilli. 168..Ce printemps, Il y'aura

des fleurs, Que tu aimes Dans les près, Il y'aura des fleurs

Pour toi Dans les près. 169..Ce printemps, Son ciel sera bleu, Ce

printemps tu pourras Marcher sur les chemins Jusqu'au loin. 170..Le

temps qu'il fait, Je ne le sais pas, Tu étais partie sans le

dire, Tu étais partie Un jour de pluie, Un jour ou' il pleuvait A

torrents,un jour ou' Le ciel était couvert. 171..Les sources se sont

taries, Il n'y avait Même pas Quelques gouttes Pour les

oiseaux. 172..Il n'y avait pas Une poignée Pour ceux qui passent La

gorge sèche D'avoir beaucoup Marché. 173..Autour des vieilles maisons

Aux portes fermées Il y'aura des fleurs Qui pousseront.

174..Des fleurs Que personne Ne coupera Car tous Sont partis.

175..Ce printemps Tu cueilleras Quelques bouquets Que tu mettras Sur

la table D'à côté. 176..Tu laisseras les fleurs Pousser là, A côté

des vieilles maisons Pour ceux Qui sont partis. 177..Ce printemps Le

ciel sera bleu Des oiseaux Au plumage blanc Voleront haut Dans le

ciel. 178..Les sources Se sont taries, Il n'y avait même pas

Quelques gouttes Pour les oiseaux. 179..Ce métier hamid L'a appris

Alors qu'il était encore jeune Il allait avec son père Sur une petite

embarcation. 180..Parfois, Le vent est fort, Parfois on ne

revient pas. Le vent fort Pousse l'embarcation Jusqu'au loin.

181..Les vagues au loin Etaient blanches, Blanches au soleil, Blanches

au vent Qui les pousse Vers le rivage. 182..Tous trois Lancent

le filet Et attendent dans le froid. La nuit ils la passent A la

belle étoile Rien ne s'entend Il n'y a que le bruit Des vagues.

183..Pendant des heures Ils restent là A attendre Il n'y a que le

bruit Des vagues Qui revient A chaque fois. 184..Au loin, Rien ne se

voit. Lorsqu'il y'a Beaucoup de vent On attend à l'intérieur Lorsque

le filet Est enfin plein On le retire. Presque chaque jour

On fait les mêmes gestes Puis on revient.

11.L'absence si longue.

L'absence si longue. 01..Le grésillement de la flûte s'entend de loin,

Devant les flammes dansent,une de ces danses Effrénée et gracieuse,qui

fait briller le Visage gorgé de soleil 02..La nuit la

cordillère ne dort pas,elle implore Le jour de se lever,à la sève

lunaire,et Chante un air qui fait frémir la plaine.Un Air que je

verrai demain en passant sur le Trottoir,rayonner dans ton

regard,lorsque tu Ne pourras pas t'arrêter pour me parler. 03..Qu'il

est beau son geste,lorsqu'il hôte Lentement son chapeau de

paille,alors que Tous dorment depuis longtemps déjà,il ne Le fait

qu'une fois,une seule fois,après Avoir contemplé les étoiles.

04..C'était peut-être Un rêve que tu voulais Me raconter, C'était

peut-être Un conte que tu voulais Me raconter. 05..La blancheur des

quatre murs s'offre au Soleil timide,de ce matin d'hiver,et Entonne

un chant qu'aucune oreille ne Répugne,du haut de sa cachette.Elle est

Un souffle qui ravive la combustion du Bout de bois,ramassé

hier. 06..Il faisait chaud, Tu m'avais longuement Embrassé sur les

lèvres, Tu voulais me dire quelquechose, Je ne savais pas. 07..C'était

peut-être Le lointain pays Que tu te rappelais, C'était

peut-être Ses maisons aux tuiles rouges Que tu aimais. 08..L'agave

s'élance au milieu de la cour, Et étonne par sa forme,le chien qui

frôle La muraille,quand du grand jour,ne reste Que la flamme

tendre d'une bougie qu'on Allume cérémonieusement. 09..C'était

peut-être Les fleurs des champs Que tu cueillais, De temps à autre En

passant. 10..Il était Dans tes yeux Qui m'ont longuement

Regardé. 11..L'être est une ombre qui avance dans un Espace

étroit,dans un endroit qu'il évite De regarder longtemps.L'empreinte

des pas Disparaît dans un léger bruit feutré,de Feuillage qui se

débat.Quand la porte se Referme,elle ajoute un peu de silence à la

Faiblesse de la lumière. 12..Le lointain pays Etait dans tes bras,

Lorsque tu m'avais serré, Il était dans tes lèvres,

Chaudes,lorsque tu m'as embrassé. 13..Le lointain pays Etait dans

tes bras, Lorsque tu m'avais serré, Longuement Pour la première fois.

14..Le reste d'un écran de fumée,odeur d'encens Enveloppe

tendrement chaque personne,et donne Au visage la couleur du feu

tranquille,qu'une Main caresse amoureusement. 15..La parole dorée de

l'arôme du respect redresse Les regards,pour les mettre l'un en

face de L'autre,à se reconnaître,dans cette soirée qui Semble sortir

du rêve,à découvrir que la ville A son âge: chaque jour une maison

ronge Un peu de la solitude de l'espace,et le Remplit de vie.

16..La nuit, Je t'ai vu dormir Un sourire sur le visage, C'était

peut-être Un rêve. 17..Des boîtes vides jonchent les coins nus,et

Changent de place quand le regard se pose Sur elles. 18..Des

choses usées,vidées des couleurs courbent les Etagères et apaisent

la douleur,née bien Avant la première écorchure par le fer. 19..Tel un

cœur qui bat d'innombrables brindilles Eprises de la flamme

grésillent joyeusement. 20..Laissant derrière nous la maison,la

marche Nous déverse dans la grande rue,bruyante, Colorée et pleine de

beaucoup à donner. 21..C'était peut-être Le pays Que tu te

rappelais. Tendres gestes. 22..Longtemps,très longtemps,il n'y avait

Qu'un chemin ou' un seul peut être Ecorché,par un branchage non taillé

Et des buissons qui ont proliféré. 23..Si vous êtes

debout pour un moment de repos, Pour un moment

d'émerveillement,devant Un chant qui vient d'un endroit que vous

Cherchez sur la pointe des pieds le cou allongé. 24..La guerre a duré

Huit années,

Des années de souffrance Et d'errance. 25..Cela fait des années que

nous attendons les sacs De riz,cela fait des mois que nous attendons

Le lait pour les enfants. 26..La fête est pour demain,demain

nous irons D'un pas léger,les deux à la rencontre de ce Qui a peuplé

les veillées d'hier. 27..Demain sera un jour des promesses faites,une

Main dans l'autre,sous un clair de lune Qui se dépose

doucement,dans chaque recoin Sur chaque chose. 28..Demain dit-il, Il

y'aura quelques puits Et des arbres. 29..Demain,lorsque je

viendrai,c'est pour prendre Ta main pendant de longs instants,pour

une Promenade ensoleillée,ou' je te dirai mille pensées, Cachées au

fond de ma mémoire,pour toi. 30..Son troupeau, Cela fait si longtemps

Qu'il l'a perdu. 31..Il erre Maintenant Les yeux au ciel,

Le bâton A la main. 32..Adossé à un tronc d'arbre,une brindille

entre les Lèvres,les bras croisés sur la poitrine,il contemple Le

paysage sans brume,clair. 33..Le paysage du jour sans nuage,qui

gorge la Pensée de temps à autre d'un visage aimé. 34..Chaque matin,

Il scrute l'horizon Pour voir S'il y'a quelques nuages. 35..Le paysage

du jour qui rappelle des paroles,des paroles Qui

s'emparent de toute leur force,qui s'emparent Des rayons du

soleil,pour les accrocher,pour les Etaler,pour les planter,là ou'

l'ombre rêveuse Assoupit. 36..Chaque matin, Il se met Sous le grand

arbre, Pour voir s'il y'a Quelques nuages Dans le ciel. 37..Ton

corps Que j'ai pris Entre mes bras Toute une nuit. 38..La boue sur le

chemin est collante,mais elle N'empêche pas de

marcher.Emmitouflé dans Un habit chaud,il se dirige d'un pas Presque

léger vers le lieu de travail dans le Regard le vœu d'un enfant.

39..Il est né hier Dans mon esprit, Tes caresses aussi Je ne

les ai pas Oubliées. 40..Demain, Je ne sais pas Si tu te rappeleras

Mon nom. 41..Parfois,il se dirige d'un pas presque pressé,une Pensée

pour un visage,une pensée caresse à ce Visage,car,avant041que

le soleil ne soit haut Dans le ciel recouvert de nuages,il commence

La journée. 42..Demain, Je te rappelerais Lorsque tu reviendras Mon

nom. 43..La nuit, Les vieux parlent Les yeux rivés au ciel,

Aux légendes. 44..Dans le chemin à parcourir,il y'aura ce qui

Rayonne maintenant en toi,il y'aura des Rêves,d'innombrables

rêves,cachés,comme pour Un jour surprendre gaiement. 45..Des rêves

blottis

dans la mémoire,qui n'attendent Depuis longtemps que l'envie

d'étreindre pour S'ouvrir au jour. 46..Ils leur parlent De l'endroit

Ou' l'eau Peut être. 47..Lorsque la vague présence qui pèse au

fond de la Gorge qui pèse sur les paupières,s'effacera,tu Les diras

les yeux rieurs. 48..Dehors un groupe d'enfants répand sa voix gaie A

tout le chemin,et donne au matin son Eclat des jours

ensoleillés. 49..Ils leur parlent Lorsque le silence Se fait

partout, Lorsque tous dorment. 50..Au loin des hommes aux gestes

paisibles retournent La terre,ils sont sortis bien avant ton Réveil et

resteront là,très longtemps,jusqu'au Soir peut-être. Grain qui

s'éveille. 51..Il n'y a qu'une parcelle d'irriguée,l'eau n'a Pas

suffit et autour,tout autour les petits Plants sont rabougris. 52..La

dernière fois, Tu portais au visage Des couleurs Que j'aime. 53..La

pluie est tombée pendant des mois entiers, Pendant plus d'une

saison.Cette année,l'eau Coulera dans les oueds jusqu'aux premières

Feuilles qui tombent. 54..Cette année,il y'aura de l'eau dans les

oueds Au moment de la moisson,et après ton repas Pris à même le sol,à

l'ombre de l'olivier Tu pourras aller te désaltérer. 55..Des

couleurs Que chaque printemps, Je vois Dans les champs. 56..Il a plu

pendant des mois entiers,et maintenant Des pousses d'un vert tendre

sont apparues, Comme des rayons juvéniles sur tes mains.

57..Lorsque le dernier sillon est né,tu t'es arrêté Un peu pour les

voir,debout,en face.Et dans Leur longueur,il y'avait comme ces

interminables Matins ou' tu arrivais d'un pas sûr,pour Eveiller

chaque grain somnolent de la terre,avant Que la lumière ne se

répande. 58..Le printemps Est déjà là Avec ses couleurs Et ses

senteurs. 59..Et chaque grain qui s'éveille se répand pour Peupler

l'ombre de lumière qui fait le jour. 60..Le dernier sillon est né

après les premières pluies, Lorsque les oiseaux regagnaient encore les

branches, Le bec plein et dans sa longueur,il y'a la

Profondeur du regard,gorgé de pensées pour ceux Qui partiront,rieurs

sur les chemins dans le Silence doux du matin. 61..Des papillons

voltigent Sous le soleil, Sans se presser D'une fleur à une

autre. 62..Il y'a les rides que chaque âge voit plus profondes Sur

le visage hâlé,regorgeant de soleil,et des Traces de vent et de gel

sur la peau,recouvertes De quelques poussières qu'humectent

légèrement des Gestes lents,qui puisent d'une jarre limpide avant De

rentrer le soir. 63..Au retour Je ne sais pas Si tu reconnaîtras A ses

mots Ma voix. 64..Ma voix te veillera Chaque soir, Elle

te chantera Jusqu'au retour. 65..Il y'a la récolte qui dure des

mois,ou' des Arbres,ou' des arbustes s'alignent sur l'immense

Cuvette,s'alignent sur la frêle colline,au Soleil de midi,et qui

durcit

les mains douces Et qui brunit le visage gai un peu ridé,de Femmes

portant parfois,des enfants attachés D'une étoffe légère et colorée

sur le dos. 66..Demain, Je ne sais pas Si tu me reconnaîtras,

Il ne reste qu'un souvenir, Un vague souvenir Lointain. 67..La

guerre A pris huit années, Huit longues années. 68..Lorsque

devant,toute l'étendue s'est mise à S'étirer,comme après un long

sommeil,un Long et beau sommeil,tu as regardé autour. Autour des

arbres chauffent leurs branches au Soleil dans le ciel,des nuages

blanchâtres et Jouflus défilent,légers vers l'horizon.Et à tes

Pieds,à tes pieds jusqu'au loin,et dispersées, Les fines herbes

sèches reprennent des couleurs. 69..On ne savait pas Quand est ce que

Elle allait Se terminer. 70..La récolte A été détruite, A été

complètement détruite, Alors qu'on n'avait Pas encore mangé. 71..Les

herbes frêles,lorsqu'elles reprennent des Couleurs et prolifèrent

rabougrissent les plants Aux feuilles tendres,mis longuement

en terre, En lignes qui demeurent longtemps jusqu'aux Premières

pluies. 72..Il n'y a que tes pas qui arrivent réguliers Chaque

matin,pour leur donner toute Leur beauté. 73..Je ne sais pas Quel nom

il portera, Il ressemblera A mes rêves. 74..Chaque grain somnolent

de la terre que tu Eveilles connaît tes mains,connaît ton regard Comme

il connaît le goût des rayons de soleil Fleurira.

87..Chaque jour, les élans qui viennent de toi ont Leur chemin dans

les rêves,loin dans les grands Rêves qui donnent à la nuit cet arôme

d'un Jour gai qui se lève. 88..Des mots doux Préparés Et mis

à côté Pour toi. 89..Dans la mine, Il fait chaud, Dans la sueur

qu'il y'a Sur mon corps Colle la poussière. 90..Lorsqu'ils

s'élèvent,ils ressemblent à un chant, Pleins au loin,dans le doux

silence,dans ce Beau silence qui berce tes rides,qui berce tes

Lèvres d'un hommage aux mains durcies. 91..Demain, Je ne sais pas Si

tu reconnaîtras Mes pas Loin Dans le chemin. 92..Des mots

x feuilles assoupies,

Briller au jour gris,longtemps avant de Tomber. 93..Un jour tes yeux

rivés au loin,et gorgés d'un Sourire verront sur les branches des

gouttes d'eau, Perles transparentes,accrochées aux feuilles assoupies,

Briller au jour gris,longtemps avant de Tomber.

94..Le sahel s'étale Sur de grandes distances, Pas une touffe d'herbe,

Pas une goutte d'eau. 95..Demain,le matin peut être gris,maussade

Même,mais il

fera jour. 96..Toute la nuit,le vent a soufflé,mais dans La douce

pénombre qui s'est tôt installée,il N'y a eu que des hurlements pour

égayer le Feuillage,et une caresse sur un visage. 97..Les

puits sont secs Depuis des mois, Car depuis des mois Il n'a pas plu.

98..Ou' est la beauté des lieux,la beauté dans Les lieux,dans tous les

lieux,lorsque les Légendes millénaires,qui ,les ont

remplis de Vie s'effacent. 99..Parfois,lorsque je relève la tête

pour Regarder devant,des couleurs qui s'assemblent, Dans le

paysage,une pensée naît pour toi. 100..Les vieux veillent La nuit, Ils

veillent Autour d'un feu, Une berçeuse Pour les enfants. 101..Demain

Te parler d'amour, Te parler longuement De cette absence. 102..Devant

sans vaciller,la douce flamme Eclaire humblement,et dans

le doux Silence nocturne qu'elle remplit,des Pensées tendres,saveur

de tes paroles Naissent pour toi. 103..Ton absence a duré Je ne sais

combien, Je suis resté là A attendre Que tu reviennes.

104..Je t'ai cherché Dans beaucoup d'endroits, J'ai questionné

Beaucoup de passants, Mais personne Ne m'a répondu. 105..Il fait

beau,et sur les branches Sont apparus des bourgeons aux Pousses

tendres,mais je ne sais si La journée ensoleillée étale un seul De

son sourire à ton visage. 106..Je ne sais plus Depuis quand Date ton

départ, Je ne sais plus Quand est ce que Tu es partie, Cela

fait des années Peut-être, Je ne m'en souviens plus. 107..Parfois

j'oublie même tes mots,parfois J'oublie même ton visage,il ne reste

que Quelques souvenirs vagues qui te rappellent. 108..Les

petites maisons bordées d'arbres,les Arbres alignés,les trottoirs

balayés Portent l'empreinte des mains,qui se Ferment dans les

poches,debout dans La cité qui veille,les yeux au loin Vers ces

quartiers interdits,ou' derrière Des murs,des fronts se rident

depuis Des années. 109..Ce verger Grand père l'a planté Alors que tu

étais Petite. 110..Il avait chaque jour Deux seaux à la main Et

chaque matin, Il l'arrosait. 111..Dans l'immense cité,les arbres se

parent Pour le printemps,et dans le silence Des trottoirs mal

éclairés,je perçois Des visages humbles et familiers qui

Transcendent les quartiers interdits, Pour rechauffer chaque foyer.

112..Il apportait l'eau De loin Et l'arrosait. 113..Sur tous les

arbres,il y'a des Feuilles tendres et des bourgeons en Fleurs,à

croire que la nature Entière se pare pour la fête.Mais Je ne sais,si

des nuages qui courent Encore,il y'a quelques gouttes,de Leur eau pour

tes mains. 114..Chaque matin, Il s'en allait Avec ses

seaux Au loin,ramener de l'eau. 115..Il apportait l'eau De loin,

D'une rivière claire Et l'arrosait. 116..Demain Je ne sais pas Si tu

te rappeleras Mon nom. 117..Il y'a eu des moments,ou' sur les

Visages,il y'avait une flamme qui Allait s'éteindre,s'éteindre comme

des Braises,des braises chaudes,un jour de Froid ou' des arbres

dégarnis ruisselants Frissonnent. 118..Je ne sais pas Si tu te

rappeleras Ma voix. 119..Ton absence A duré des années, Elle est

longue, Elle a duré De longues années. 120..Et lorsque assis suir une

pierre,au bord du Chemin,devant,le rêve a pris forme,un

Sourire,plume blanche sur la peau a pincé De sa beauté le coin de

tes lèvres. 121..Dans ton regard,j'ai vu alors une lumière Au

loin,renaître,une lumière renaître, Et dans ses éclats la douce

chaleur de L'étreinte d'une large poignée de mains Qui se pressent.

122..Ce verger Son ombre T'accueillera Lorsque tu reviendras. 123..Des

rafales de vent balaient le chemin,ou' Quelques promeneurs

se sont attardés,en un Tourbillon qui hâpe de feuilles sèches et De

poussière le visage.Et dans le ciel,sans Battre des ailes,une nuée de

corbeaux se laisse Voguer au gré des airs pour annoncer de

Son chant la pluie qui tombera. 124..Il a été planté Alors que tu

étais petite, Chaque matin Grand père l'arrosait. 125..Il avait deux

seaux, L'eau il la ramenait De loin, D'une rivière. 126..La

pluie qui tombera sur les mottes,qui Naissent,au passage,sur de

longues Distances et s'étirent presque joyeusement, Loin dans la

vallée,comme pour Saluer ce jour même maussade qui les A vu naître.

127..Tes lettres, Je les lis chaque jour, Ecrites d'une encre Que je

connais Maintenant. 128..Mon amour pour toi Date de longtemps, Il ne

date pas D'un jour. 129..Ne t'en fais pas,demain,il fera

Beau et nous irons ensemble parcourir Le long chemin,pour voir les

bourgeons Et les feuilles tendres,en fête sur les Arbres. 130..Ton

absence a duré Des cannées, Elle est longue, Elle a duré De

longues années. 131..Ce verger Son ombre T'accueillera Lorsque tu

reviendras. 132..Chaque jour,il me faut des Feuilles pour te fêter et

les Instants que je narre sont ce Qu'il y'a de plus beau dans

Ton souvenir. 133..Il a été planté Alors que tu étais petite, Chaque

matin Grand père l'arrosait. 134..Je n'ai rien oublié, Ni tes lettres,

Ni tes mots, Certains Je les ai même soulignés. La fête

du printemps. 135..Sur toute la colline,il n'y a Que des fleurs et

j'ai mis Longtemps à t'assembler un Bouquet,car je voulais les

Meilleures pour toi. 136..Il est là Depuis la première Rencontre,

Il est là Comme avant. 137..Certains Je les ai appris, Chaque jour,

Je les reprends Lorsque tous dorment. 138..Les meilleures fleurs pour

toi, Car lorsque tu auras fermé les yeux, Un sourire amusé

au coin des lèvres, Debout devant moi,je mettrai Quelques unes pour

orner ta Chevelure,ensuite mes paumes Ouvertes à tes joues,je

t'embrasserai Tendrement sur le front.Et Lorsque tu les ouvriras,tu

verras que Nous avons fait déjà quelques pas Ensemble.

139..Aurais-tu oublié Que je pense à toi, Que chaque jour Je pense à

toi. 140..Ton souvenir Est resté vivant Dans ma mémoire, Un souvenir

Le

seul. 141..Et de loin,nous parviennent Comme ces rayons d'un doux

Soleil,répandus à tout le Paysage,les chants qui Accueillent le

printemps Aujourd'hui. 142..Dehors Il fait froid, Il n'a pas cessé

De pleuvoir Toute la journée. 143..Le ciel était couvert, De gros

nuages Et le vent soufflait Dans le feuillage. 144..Toi qui marche sur

le sable,qui est Dans le camps réservé,qui attend Aux bord

du fleuve,les yeux à Tous les horizons,depuis des mois. Toi qui ne

verra peut-être pas L'éclosion des bourgeons et les tendres Pousses

rieuses,au soleil qui revient, Il y'aura aujourd'hui,une

pensée,en Silence,les yeux au loin,pour toi. 145..Les arbres en fête

ce printemps,tu aimes les Regarder,ils font un peu d'ombre pour te

Rafraîchir en été,et lorsque leurs fruits sont Mûrs,tu veux

bien les goûter. 146..Parfois,je cueille une petite poignée, Une

bonne petite poignée que l'on Mettra sur une table devant,pour Une

longue veillée,ou' de temps à Autre quelqu'un chantera les yeux

Brillants ceux qui sont partis. 147..Je les ai plantés sur les

trottoirs et Partout autour des petites maisons bien Avant ton

arrivée. 148..Je les ai plantés dans les champs,j'ai planté Les mêmes

dans la cité,et au printemps J'assiste émerveillé à la fête dans

leur Branchage renouvelé. 149..Ces fleurs sur les chemins,tu les

caresses Tendrement du regard,chaque jour en Passant,parfois tu

cueilles une petite Poignée,pour celle qui attendra sur le Seuil le

soir,un enfant sage dans Les bras. 150..Ces fleurs, je les regarde

presque Furtivement au passage,elles Poussent comme ici,dans

la cité,et Connaissent la chaleur de mon regard,sur Leurs pétales

colorés. 151..Les oiseaux gais qui s'envolent sans crainte,à Mon

passage ont fait leurs nids,sur les arbres, Sur leurs

branches,autour des petites maisons. 152..Ils ont fait leurs nids

sur les branches Dans la cité,et lorsque je les regarde, Sans crainte

s'envoler,lorsque je te regarde Les contempler,je remarque

que tu es Emerveillée. 153..Parfois en marchant,je les vois se

déposer Sur la paume,je vois ma main caresser Leur plumage coloré pour

qu'ils Transmettent,au loin la caresse encore Chaude à la

bien-aimée. 154..L'eau monte dans la mine,par endroits il Est

difficile de respirer et chaque jour,je ronge La paroi de mes mains,et

lorsque je parle un Regard menaçant se pose sur moi.

155..Loin,il y'a la mine et les baraques,il Y'a les champs et les

baraques,presque Alignées et recouvertes en toute saison D'une légère

couche de poussière. 156..Il y'a des fleurs,semblables à

celles Que tu cueilles pour celle qui attendra, Sur le seuil un

enfant dans les bras. 157..Lorsque je marche,je ne dois pas regarder

le Grillage,et les quelques mots,collés les mêmes Sur de longues

distances. 158..Il y'a des arbres semblables à ceux qui Poussent

devant les petites maisons sur le Trottoir. 159..Il y'a des nids

doux,construits depuis Longtemps sur leur branchage. 160..Toi tu

les regardes,et lorsque tu les vois,j'ai Remarqué à chaque fois que

ton front se Ride. 161..Mais à ces fleurs,à ces arbres,à ces Nids,il

manque ta présence. 162..Il y'a des pétales colorés,il y'a

Des bourgeons sur les arbres,il y'a des Oiseaux qui volent haut dans

le ciel, Mais il leur manque ta présence. 163..Ma couleur ressemble à

ces baies mûres, Cueillies l'autre jour et offertes

tendrement en Bonne poignée dans ta main. 164..Il y'a des

bourgeons,il y'a des Pousses,tendres sur les arbres,il y'a Le chant

des oiseaux qui t'émerveille En silence,mais il me manque ta présence.

165..Loin,il y'a les champs,il y'a la Mine et les baraques,et à

mesure que le Temps passe,je te sens chaque jour, Un peu plus près de

moi. 166..La paroi souterraine,je la ronge de mes Doigts,une

petite lumière accrochée à mon Front pour que les éclats de la

pierre t'émerveillent,à la lumière du jour et lorsque je Parle de

diamants,ton regard menaçant se pose Sur moi. 167..loin,il n'y a

pas de pancartes,il y'a Une clôture et des baraques. 168..Il y'a des

bourgeons,il y'a des Pousses,il y'a de beaux chants d'oiseaux Qui

émerveillent en silence,mais il leur Manque ta présence.

169..Car ta peau est sur ce papier,que tu Présenteras de temps à

autre,à chaque coin de Rue parfois,car ma peau est sur mes mains,sur

Mon visage,dans mes yeux,dans mon regard Toujours chaud qui a

soif d'aimer. 170..La poussière est sur quelques livres,la Poussière

a collé au bois,elle est sur La lampe et lorsque je me lave,je la Vois

ruisseler en fin filet ocre sur ma Peau. 171..Le soir,la

lumière n'est pas forte,et Chaque jour pour quelques instants des

Hommes contemplent les étoiles assemblées Dans le ciel. 172..Le

soir,avant que la veillée ne commence,je Sors dehors et m'adosse

aux réverbères,au mur en Bois,recouvert de cette poussière,que je

connais Si bien. 173..Lorsque la nuit s'éclaire,j'assiste de Derrière

la vitre,les yeux au loin,pendant Des instants,de longs

instants parfois,au Doux assoupissement du paysage. 174..J'assiste

les yeux au loin,à la levée des Etoiles.Lorsque toutes sont dans le

ciel,je Sens ma main presser tendrement ton épaule. 175..Je

contemple à beaucoup de moments de la Veillée,je contemple au jour

qui se lève,les Fleurs,les arbres et les oiseaux que tu aimes Caresser

de ton regard. 176..Je te revois regarder,regarder loin

Devant,le chemin,ses pas,ses ronces, Ses baies noires mûries au

soleil,comme Si tu voulais me parler. 177..Tes mots sont restés beaux

dans ma mémoire, Comme ce jour ou' tu as accepté de boire De

mes mains assemblées. 178..Avant que la veillée ne commence,à la

faible Lumière,je contemple longuement les étoiles Assemblées dans le

ciel,que tu aimes voir dans La cité. 179..Je te vois les joues

gorgées d'un sourire, A l'ombre,une brindille entre les lèvres,

Cueillie fraîche aux pieds de l'olivier. 180..Je te revois offrir tes

paumes,au vol D'oiseaux,comme si tu voulais Tendrement leur

parler. 181..Ensuite, étalé pour quelques heures,d'un Doux

sommeil,je te revois marcher,marcher A mes côtés sur le chemin,et

imiter de Temps à autre,amusée les pas tracés. 182..Ces mots sont

restés

beaux et chauds Dans ma mémoire,comme ce jour ou' Ta main a offert

une bonne poignée, De ces baies noires mûries au soleil,les

Meilleures. 183..Comme ce jour ensoleillé,ou' après la Cueillette,tu

as offert un petit bouquet, J'ai pris alors une marguerite,et j'ai

Orné d'un geste lent ta chevelure. 184..L'hymne à l'amour peuple les

rues solitaires, Peuple leur silence après une journée

légendaire, Ou' chaque pouce a été jonché de débris et De papiers de

toutes couleurs. 185..Le chant qui se répand sur les chemins

Escarpés,sur la montagne est un Hymne à l'amour qui vient de la

Terre. 186..Il est sur le visage humble et dans la Chaleur du regard

qui fixe devant,de Temps à autre,loin devant comme pour Voir clair.

187..Le chant qui se répand vient de l'escarpement Des

chemins,dans la montagne.Lorsqu'il Parvient le soir,dans les maisons

en tôle Eclairées d'une vieille lampe à ,pétrole,il Redresse mon

regard pour te rechauffer jusque tard. 188..Il est un hymne à

l'amour,sur Les visages humbles qui parlent de Gais lendemains à

leurs enfants,lorsque Dehors,dans les rues personne ne Circule.

189..Le chant qui se répand,vient de la chaleur Du regard,des mains

qui se serrent tendrement, Qui se serrent plus fort,dans les maisons

en Tôle,à la lumière de la lampe à pétrole. 190..Je t'ai parlée de

ceux qui marcheront,les Mains vides tombantes sans un regard

autour. 191..Dans les rues mal éclairées,les portes et Les fenêtres

sont restées fermées,jusqu'aux Premières lueurs à l'horizon.

192..Pendant ces nuits,je me souviens,je t'ai Longuement parlée

autour d'un feu Doux qui éclaire tranquille ton visage. 193..Je t'ai

parlé de ceux qui iront travailler,les Yeux au loin,le front

ridé,comme si Depuis toujours,il n'a porté qu'un fardeau. 194..Dans

les rues éclairées,les portes et les Fenêtres sont restées

fermées,personne N'a circulé jusqu'aux premières lueurs, Apparues à

l'horizon. 195..Avant une tendre étreinte,lorsque les yeux Ont

brillé,tu t'es rappelée les bourgeons Qui poussent partout,ce

printemps,qui Poussent jusqu'au loin,pour être cueillis. 196..Le chant

vient des pas qui disparaissent Soudain sur les chemins,il vient

de tes pas, Aux contours doux et frais que je connais si Bien.

197..Et pendant des heures ces nuits,tu as Parlé des lendemains gais

pour les enfants, Et des pousses qu'il y'a partout Ce printemps.

198..Tu as longuement parlé,dans les maisons En tôle,qu'éclaire la

vieille lampe à Pétrole,qui se lève belle,gorgée de rosée.

199..Tendrement enlacée par instants,sur le Chemin,ou' de temps à

autre

quelqu'un passait, Les yeux devant et les pas effleurant la terre

Vivants. 200..Le chant vient des pas qui disparaissent Soudain sur les

chemins,il vient de tes Pas,aux contours doux et frais que

je Connais si bien. 201..Je me souviens,nous nous sommes arrêtés

Pour un instant,devant les pas qui ont Soudain disparu,comme si nous

voulions Leur parler. 202..Ensuite,nous avons continué le

chemin,devant, Loin devant,avec une fois,je me souviens Un tendre

chuchotement à ton oreille. 203..Il descend les chemins à ta

rencontre,et A ta rencontre,il s'empare tendrement De la chaleur de

tes mains. 204..Il descend les chemins,dans la voix,à Tes côtés,le

pas léger et gai,de temps à Autre l'épaule chaudement enlacée. 205..De

temps à autre,tu t'attardes Devant un olivier,tu

t'attardes,comme si Tu voulais parler à ses rameaux,denses et clairs

Cette année,que seule une brise légère caresse pour Qu'ils te saluent.

206..Tu les as vus gais voltiger et se mettre Sur une

branche à côté,comme pour Te laisser passer. 207..Tu les longtemps

regardés,tu les as Regardés émerveillée,pour qu'un jour, Même si tu es

loin tu sauras les Chanter. 208..Les chanter et te laisser

bercer par leur Chant,le même dans toutes les contrées. 209..Je te

revois cueillir d'un geste tendre des Marguerites,une bonne poignée de

marguerites Que tu mettras peut-être dans un verre,à Demi

plein d'eau,devant toi,sur la Petite table ou' tu travailles au

retour. 210..Devant le ruisseau qui coule clair,tu t'es Attardée pour

voir quelques oiseaux,que tu N'effraies pas se désaltérer.

211..Tu as regardé,les eaux de l'oued devant Toi miroiter au

soleil,dans le ciel avant de Se coucher. 212..Tuas assemblé tes

mains,tu les as Remplies puis tu as goutté,rieuse une Gorgée.Et la

tête

redressée,les yeux Fermés,tu as étalé le reste sur ton Visage.

213..Lorsque tu as ouvert les yeux,les gouttes Sur tes doigts,tu les a

lancées,amusée A mon visage. 214..Au retour tu avais soif,soif

de boire De la source du ruisseau qui coule long et Clair jusqu'au

loin sur la terre. 215..Quelle fraîcheur dans ces gouttes,qui viennent

De tes mains,d'un geste tendre,car elles Eveillent comme

des fibres sur les joues qui Ne sont pas enflammées depuis longtemps

Sur le visage. 216..Les baies étaient noires,mûres sur les ronces,

J'ai cueilli alors sans compter les meilleures, Une bonne

poignée pour te les offrir. 217..Lorsque je me suis retourné,j'ai vu

Dans tes mains,une bonne poignée des Meilleures,offertes. 218..Et à

mesure que le temps passe,je Vois ma main caresser le

plumage Coloré d'un oiseau qui se dépose,sans Crainte sur la

paume,pour qu'il Traverse des contrées et transmettre la Caresse

encore chaude à la bien-aimée. 219..Tu as étendu ta main,paume au

Sol,tu as ajouté quatre doigts paume Au ciel,puis tu t'es penchée,tu

t'es Un peu regardé te refléter,puis tu as bu. Lorsque tu as

terminé,ton air gai, Amusé était plus beau encore. 220..Longtemps

après,un peu fatigué,tu t'es Adossé à un chêne,paumes derrière le

Dos,à son écorce de liège. 221..A mesure que le temps passe,ce lieu si

Lointain qui m'a été réservé me rapproche Chaque jour un peu

plus de toi. 222..Dans la mine,l'eau monte,l'eau S'égoutte en

gouttes régulières des parois Dans toute la galerie,et par endroits,

Il est difficile de respirer. 223..Le chant se répand,à la pensée

du Beau petit pays,qui s'est levé tôt ce Matin,pour faire sa

toilette du Printemps. 224..Au retour ne t'en fais pas,il Y'aura une

longue marche sur les Chemins ou' les pas s'alignent depuis

Longtemps déjà. 225..Au retour,il y'aura tes quelques silences Doux

et profonds,au retour tu T'attarderas devant l'olivier,devant Ses

rameaux persistants comme si tu Veux leur parler. 226..Et dans

chaque mot prononcé qui Dure encore maintenant,il y'a une Tendre

promesse de retour. 227..Une de ces promesses qui ressemble à ta

Présence,à mes côtés qui ressemble à Ces mots,à tous ces mots

restés beaux Dans ma mémoire. 228..Et dans quelques mots prononcés

les yeux De temps à autre à ton profil,j'ai Remarqué qu'il y'a à

chaque fois l'éclosion De bribes d'un bel hymne à l'amour.

12.Les rizières infinies.

01.Dans les paysages, Il y’a comme quelques Unes de tes histoires.De

Ces belles histoires Racontées pendant Quelques jours,les yeux

Enflammés avant ton

Départ.; 02.Elles ressemblent à Des contes d’enfants,mais Il y’a en

plus l’image de Ta tendresse,l’image D’une étreinte,née il y’a

Longtemps,comme une Promesse pour le futur.03.Les chants me manquent.

Les chants qui bercent la Nuit,qui accompagnent Les rêves de

retour,ceux Qui donnent au village Un air de fête de temps à Autre.

04.Dans le paysage,sur Les routes,les longues Routes

sillonnées,dans Le sourire sur des Visages,il y’a ce qui me Manque de

ma terre.

05.Ce poème sera ton Entêtement à faire Pousser des fleurs,de

N’importe quelle Couleur là ou’ la terre Paraît ridée et pâle. 06.Cet

hiver il

a beaucoup Plu.Les nuits ont parfois Eté froides et les cours D’eau

se sont remplis.Le Vent a soufflé et a tordu Quelques fois les arbres.

Quelques branches ont été Même cassées et des Flaques d’eau ont

couvert Le sol pendant longtemps.

07.Parfois sur les chemins On ne pouvait pas Marcher.On se déplaçait

Difficilement au risque De tomber.Les soirées Elles étaient chaudes,

Pleines de contes et de Lumière.Chaque nuit,

C’était un qui disait Son conte,ensuite on Dormait tranquille,les

Poings presque

fermés.

08.Demain être libre De t’approcher,de te Regarder de serrer tes

Mains pour assister à L’orgie de rayons Colorés qui dessinent A

l’horizon proche Un monde né du

Silence.;09.Etre libre de rester A tes côtés,pour te Raconter mille

sourires Restés au fond des Yeux. 10.Elles se sont Epanouies,elles se

sont

Fânées,personne ne Les a jamais regardées. 11.Ils sont rentrés avec

Fracas,ils ont

pris des Victuailles,ils ont violé des femmes et sont partis en

chantant. 12.Les portes sont Restées ouvertes toute La nuit,car les

soldats Ont ordonné de ne Pas bouger. 13.Dehors,c’est le

Silence,personne ne Circule,tous sont Rentrés pour parler du Chant

venu aujourd’hui Du vieux quartier. 14.La nuit,la fôret Parle au

étoiles des Légendes nées dans Mon pays. 15.Ils sont venus En bateau,de

loin,ils Ont pris plein de bois Et mis des barrières. 16.Sur cette

terre Brûlée de soleil sont Nées les légendes De mon pays. 17.Cette

nuit la cité Pleure ses enfants Tombés dans les rues D’à côté. 18.Ils

connaissent les Sentiers qui mènent aux Maisons

perchées.Ils Connaissent les maisons Perchées,ou’ à la nuit Tombée

on s’assemble Pour une longue Veillée.Ces chants me Reviennent,les

nuits Froides dans le Silence,ils me Rappellent des contes De

tendre enfance.Ces Chants je les veux dans Ta voix pour qu’au

Retour,lorsque je te Regarde dans les yeux, Ils me rappellent ta

Longue absence. 19.La casbah est un Maquis, mon frère.Un Jour lorsque

tu seras De passage en ville, N’hésites pas de T’attendrir un

instant Sur ces vieilles Maisons,presque en Ruine parfois. 20.Nos

ancêtres n’avaient Pas faim mon enfant, Rassures-toi.C’est dans Les

moments d’intense Bonheur,qu’ils nous ont Laissé leurs paroles les

Plus belles,celles que tu As maintenant dans la Voix. 21.Je suis libre

mais je Ne te connais pas.Que De temps est passé,depuis

L’instant ou’ tu m’as Pris,comme un Bourgeon dans tes bras.

22.Certains sont très Agés le visage ridé Et seché par le soleil Ils

connaissent les Prairies et les sources Qu’il y’avait. 23.La nuit

C’est le silence Avant de fermer Les yeux dehors Je regarde les

étoiles. 24.Je regarde Leur lumière Je regarde longuement Leur lumière

Dans le ciel Sans nuages. 25.Ils se sont baignés Dans les

sources Et ont bu De leur eau. 26.Ma peau est noire Elle est gorgée

de soleil A ma main Je porte un bâton Plein de dessins. 27.Je porte au

cou Des amulettes Et dans les yeux Ce rêve qui revient

Chaque nuit. 28.Parole Dans la bouche Des aieux Loin dans le ciel

Qui berce mon sommeil. 29.Pour que l’histoire Se rappelle,voila pour

Toi une fleur et un Livre,du pain et une Terre. 30.Il n’y a

même pas Quelques vers dans Cette solitude,entre les Barrières qu’il

faut Franchir,pour ramener Un pain. 31.La nuit était belle Pourtant il

fallait partir Jusqu’au loin,dans le Silence avant

l’aube, Pour rejoindre les Campagnons. 32.Dans le rêve j’ai vu Des

campagnons revenir, Des gosses,des femmes Dans les bras,les yeux

Pleins de larmes.J’ai vu Mon pays grandir comme Il ne l’a jamais

été. 33.Ecrire des sentiments Pour la mémoire devient Pénible,pour

te souvenir Qu’un jour tu as aimé, Pour ne pas vite oublier, Pour que

le pain que tu As promis,nourrisse les Bouches rieuses que

tu As pincées de tendresse. Pour que tu te rappelles Que des voix

juvéniles, Que des rêves dans les Regards d’enfants,ont Fait naître un

futur. 34.A quand mon soleil, Le matin à l’horizon, Comme un

sourire pour Eclairer ton visage.Je ne Sais plus le temps qu’il

Fait,je ne me rappelle Plus ton nom,il ne reste Que ton souvenir pour

Te reconnaître parmi Mille. 35.Que veux-tu, même aux Premières

heures de la liberté,il fallait encore te convaincre que ce n’est ni

toi,ni moi,qui ont dressé ces barrières.Il y’a eu la nuit coloniale et

ton ignorance,et ma faim d’un jour.Il y’a la récolte tue

avant de faire naître un soleil,qui t’ont appris que les hommes

peuvent se ressembler. 36.Plus tard nous serons Comme les colons,nous

Aurons un transistor et de L’électricité.L’hiver ne sera Pas

long.Il y’aura la route, Et ta sœur aura même un Métier.A

l’indépendance, Nous serons heureux,après L’averse,nous n’auront pas A

tout recommencer. 37.Un paysage,des étoiles Qui brillent en été dans

le Ciel,du soleil plein la terre Et des arbres pleins de Fleurs en

avril. 38.Un paysage des chants D’oiseaux sur les chemins, Et des

vaches tranquilles, Loin,tranquilles dans le Pâturage. 39.Dans

le camp sans Clôtures,les enfants jouent Aux mêmes jeux qu’il y’a

Dans le pays délaissé.Il Font les mêmes gestes et Ont le même

sourire.Ils Chantent jusque tard les Mêmes chants,à la Lumière,devant

les portes Ouvertes,ceux de l’exil. 40.Etre libre de rester A tes

côtés pour te Raconter mille sourires Restés au fond des Yeux.

41.Elles se sont épanouies Et se sont fânées, Personne ne les a

Jamais regardées. 42.Te souviens-tu des Moments ou’ il a Fallu

marcher côte à Côte,sans se parler Les yeux au loin Vides ou baissés.

43.Et au matin en chœur, L’hymne au retour, L’hymne né avant le

Retour,avant l’aube Naissant à la chaleur Du brasier. 44.La chaleur

du brasier, Tu l’alimentes de tes Tendres poignées de Brindilles,que

tu Apportes parfois de très Loin,et à certains Moments,tes

mains Etaient presque gelées Mais tu ne le disais pas. 45.Tu ne le

disais pas, Et tu t’asseyais à ce Moment,je te vois Pleine,pleine de

cette Flamme qui se Ramasse,qui se Ramasse pour calciner

L’obscurité entre ceux Qui parlent. 46.Un jour,on viendra Dans le

noir,on te fera Marcher dans le noir, Tu descendras un Escalier dans

le noir, Et dans ta marche,tu Te cogneras à un mur, Humide ou’

quelques Dessins,quelques Lettres brillent. 47.Tu te cogneras à un

Mur noir,et une flambée De douleur se répandra, Se répandra lentement

Et puis s’évaporera. Lorsque tu te retourneras, Tu ne

découvriras qu’un Cliquetis dans le noir. 48.Un vague cliquetis, Un

bruit de porte que L’on referme,un bruit Qui reste longtemps, Comme un

écho Lugubre,accroché aux Murs,dans le noir à Résonner.

49.Dans le camp sans Clôtures,les enfants jouent Aux mêmes jeux

qu’il Y’a dans le pays Délaissé.Ils font les Mêmes gestes et ont le

Même sourire.Ils chantent Jusque tard les mêmes Chants,à la

lumière, Devant les portes ouvertes, Ceux de l’exil. 50.Lorsque nous

Retournerons au pays, Nous irons voir les Ancêtres des fleurs à La

main,nous irons Boire de leurs sources Et nous monterons

Jusqu’en haut de la Montagne. 51.La maladie et le Froid ont presque

tout Décimé,et le pain a Manqué aux enfants. 52.Lorsqu’ils étaient

Venus,c’était dans Plusieurs bateaux, Lorsqu’ils avaient

Débarqué,on ne savait Pas que c’était pour Longtemps. 53.Le chant

qui revient Pour accueillir le Printemps est un chant Gai que des voix

Presque juvéniles Entonnent jusqu’au Crépuscule. Bonne

Espérance. 54.Lorsqu’elle monte Dans le ciel,sur l’horizon Apparaît

une ligne d’or Qui s’élargit,qui S’élargit et s’étale,en Une douce

sève lunaire A tout le paysage. 55.La lune est froide, Le sol

est froid,la Pénombre est froide, La nuit,le jour lorsque Je ferme

les yeux, Lorsque je les ouvre, Je découvre à chaque Fois que le monde

est Plus grand dans ma Pensée. 56.Devant la lucarne, Debout

les mains dans Les poches comme un Arbre qui s’assèche je Ne vois

qu’un bout de Ciel bleu et quelques Nuages qui passent. 57.Le paysage

je te le Dis est très large,il n’est Pas seulement un bout De

ciel bleu ou quelques Visages qui passent. 58.Dans tes yeux, Lorsque

tu ne peux pas T’arrêter pour me Parler sur le trottoir, Le chant

d’amour des Forêts impénétrables Rayonne. 59.Il est ce chant

que J’ai vu,sur les lèvres De ceux qu’on enlève A leur terre. 60.De

ceux qu’on brutalise Lorsqu’ils se taisent,la Nuit ou’ la botte

fracasse La porte,et que les enfants Se réveillent en sursaut.

61.La nuit,lorsque le Ciel est peuplé d’étoiles, La lune projette

sur le mur Froid une lucarne de Rayures. 62.Plus loin que les rêves De

jeunesse que les Images gardées pour Rappeler le chemin

Parcouru. 63.Des mois ou’ soudain Se revoit chacun des Tendres

instants ou’ après La plantation l’on se Regarde avec passion.

64.Plusieurs longs mois Passés dans le silence Que laisse ton départ

Près de quelques objets Oubliés que les années Vieillissent un peu.

65.Plusieurs mois depuis Ton départ et à chaque Fois tu écris d’un

autre Lieu plus loin encore. 66.Ma cité a la couleur Des mines

elle est grise Et couverte de poussière Que ramènent les Hommes sur

leur corps Mais elle n’a jamais Possédé un diamant. 67.Ma cité tu

l’ignores Tu ignores ses enfants Et ses écoles tu ignores Ses

fêtes de chaque Jour ou’ ma main qui Te fait peur invite à la Danse

ou’ ma bouche Que tu crains chante Jusqu’à l’aube le bout De ma terre

épargné. 68.A cause de ma couleur Tous les cheveux de

Grand-mère ont blanchi Au soleil de ma terre Laissée comme une

Réserve ou’ dans chaque Rêve il y’a une grande Route qui mène à Bonne

espérance. 69.Des saisons que la Mousson n’apeure plus Que le

regard dur N’existe plus que l’on Plante les pieds dans L’eau claire

le dos un Peu plus courbé. 70.Des saisons que Seule une brise légère

Caresse le sable doré Des saisons que les Pas auxquels il

est Habitué ne l’ont pas Foulé au coucher Du soleil. 71.Ma couleur

est Collée à ce papier et à Cause d’elle une flèche Indique mon chemin

Ma chaise et les heures De fermeture que je Ne connais pas.

72.Quelques pétales Recroquevillés pesants De poussière qu’aucune

Main ne se penche Pour effleurer la main Tient un papier qui Sera à

chaque angle Présenté. 73.J’emprunte un Chemin que tu regardes

Quand je ne suis pas là Tu regardes les débris Qui jonchent mon

Passage pressé et tu T’en vas un grillage Au fond des pupilles. 74.Une

route large Ou’ il n’y a pas de Pancartes accrochées Au grand

grillage Une route ou’ il y’a Un nom pour deux Ecrit d’une encre qui

Nous ressemble. 75.Je les vois comme Bonne espérance que Je n’ai pas

vu et qui Monte en moi pour Savourer la pleine Lune dans ma

cité je Les vois parfois Sortir et aller à la Rencontre des miens.

76.Je les vois marcher Le long des rues Eclairées et s’assoire En des

endroits que je Regarde furtivement Le jour en passant Ma

couleur dans ma Main moîte serrée. 77.Cette année la mousson N’a pas

détruit la récolte, Et les cabanes qui s’élèvent Sur le sable doré,les

Cabanes sur pilotis Regardent les vagues Déferler,comme

L’himalaya translucide au Soleil regarde la grande Muraille. 78.

78.Cette année ,il n’y aura Pas de morts sur les Frontières

escarpées,il Y’aura une rizière Infinie,ou’ l’eau claire N’écorche pas

mes pieds Nus et un peu décharnés. 79.La mousson n’apeure Plus les

îles semées,ou’ Grouillent ceux qui Parfois sont coupés du

Continent,une route Avance et se tend Comme une main pour Rassurer.

80.Parfois les portes Restent ouvertes Lorsque le vent emporte

Quelques pancartes et Caresse les pétales Recroquevillés parfois La

peur meurt dans la Cité chacun découvre Un amas de poussière Ou’ à

côté des petits Pas imprimés brunissent Des débris dans une Vieille

flaque d’eau ou’ Quand je me penche Je ne me vois pas. 81.La légende

de mon Pays ressemble au Soleil caché dans Chacun qui naît

et à Chaque fois que le Vent souffle du Bout du monde elle Réveille

toute la Savane. 82.Sur le chemin Il n’y a plus de pousses Il y’a

quelques traces D’abeilles et quelques Pétales recroquevillés

Devant la flèche tracée Pour moi tracée au Seuil de ma cité

Surpeuplée tracée sur Les arbres que j’ai Plantés bien avant Ton

arrivée. 83.Quelquefois on se Surprenait un pétale Entre nos mains à

Evoquer les mots que Donne sa couleur et Avant de nous quitter

Chacun prend du Même plant une Fleur qu’il ira mettre En face d’un

portrait. 84.Ma couleur n’a pas Changé le chemin N’était pas si

étroit Il était même fleuri On aimait s’arrêter un Peu et même si on

ne Se regardait pas Longuement on se Souriait. 85.On se regardait On

savait qu’un jour On s’attarderait à Admirer un bourgeon

Une pousse une Abeille butiner. 86.Dehors la ville Vit dans le

silence Personne ne flâne Personne ne s’adosse Aux réverbères tous

Sont rentrés pour Raconter d’où’ vient La peur du chant De la terre

laissée et Le grillage qui vit au Fond des pupilles. 87.Parfois

lorsque tu Rentres chez toi tu Racontes les débris du Chemin ou’ ton

nom N’existe pas tu Racontes le bruit dans La mine tu racontes

Les veillées dans la Cité et cette poussière Que tu connais si bien.

88.Dehors la ville vit Dans la nuit dehors C’est le silence ils

Rentrent chez eux Recouvrent l’enfant Endormi et enlacent Leur

femme pour Regarder les murs A deux. 89.Parfois lorsque tu Rentres

chez toi tu ne Parles à personne tu T’assois en face de ta Femme tu

recouvres L’enfant endormi et Tu observes les murs. 90.Pour me

rassurer Aux bords du grand Fleuve,qui coule Majestueux que la Fleur

sauvage que je Lui lance poussera En face. 91.Cette année,il n’y Aura

pas de morts sur Le sable doré,il y’aura Le lisse arbre

frêle, Penché sur la cabane, Et adossé pour un peu De joie,une femme

Décortique des grains, Au rythme de sa Première chanson. 92.A celui

qui ne Sait pas écrire pour Leur dire la profondeur Du

chantier qui peut Un jour s’ébouler pour L’emporter. 93.A celui qui

ne sait Pas lire les lettres qui Décorent les murs et Qui parfois

hésite avant D’entrer hésite à parler Hésite à demander le

Présent qui leur sera Envoyé avant le retour. 94.Plus loin que ma

Réserve quelques portes Restent ouvertes je Perçois alors des rêves

Souriant aux réverbères Qui agrémentent la Nuit. 95.Ma couleur

ne change Pas elle vit très loin plus Loin que ce que mes yeux

Voient au cœur de chaque Mémoire dans chaque Goutte de mon sang Dans

la sève qui abreuve Jusqu’à sa crête la Forêt de mes aieux. 96.Ma

couleur dans Ma peau ma couleur Sur mes habits dans Mes poches ou’

je Mets parfois un Paquet pour ceux Qui attendent au Seuil de la

périphérie. 97. Je les vois songer A ceux qui parlent aux Etoiles

à ceux qui Lisent un livre caché Lorsque la pleine Lune les dessine

sur Ma terre épargnée à Ceux qui attendent Adossés dans la Tiédeur

nocturne la Chanson qui redresse Les crinières. 98.Des saisons

que l’on S’assoit aux bords du Grand fleuve pour voir Si la fleur a

poussé de L’autre côté et attendre Sur les quais encombrés Les bateaux

qui Reviennent chargés des Lieux que tu connais

Maintenant. 99.A cause de ma couleur J’emprunte un chemin Ou’ mon

nom pend au Grillage qui nous Sépare. 100.Ma cité est loin Des maisons

apeurées Elle côtoie les mines Et connaît le fracas Des

éboulements qui Emportent à chaque Fois quelques uns. 101.Cette

fleur je ne Connais pas son nom, On ne me l’a jamais Dit,je ne sais

pas si Elle en a un,je sais Qu’elle pousse dans Les champs.

102.Ailleurs,je la Dessinais sur les Feuilles, Je la dessinais

Toutes les nuits. 103.Depuis longtemps Déjà,la neige recouvre Les

sommets,elle S’étale jusqu’au bas Des montagnes. 104.Elle s’étale

Blanche, Brillante au soleil Lorsqu’il apparaît. 105.Elle est là

Depuis les premiers Nuages,inhabituelle, Elle est comme Un manteau Aux

montagnes. 106.Brillante Au soleil Lorsqu’il apparaît. 107.Tu

regardais devant Et tu marchais, Tu montais Une grande colline.

Autour le paysage Etait tranquille, Plein d’arbres Devant Et le

chemin. 108.Ce chemin Chaque jour Je le traverse. 109.Ce chemin Je

t’apprendrai A le connaître. 110.Il connaît Toute mon enfance, Ce

chemin Connaît mes pas. 111.La faim existe Sur tous les toits, Je les

ai vu En parler Autour du feu, Le soir, En hiver, Le regard

Fuyant les enfants. 112.On ne sait pas ou’, Je les ai vues Une fois,

Elles poussent Sous les sources A l’abri des arbres. 113.Elle pousse

tôt, Aux premières pluies, Blanche au soleil, Blanche au

vent Qui l’arque un peu. 114.C’était peut-être Ses rues étroites Et

ses jardins. 115.La nuit, Je t’ai vu dormir, Après m’avoir Aimé.

116.Tu m’avais Fortement serré, Comme pour la première Fois.

117.Tu t’es deshabillée Presque entièrement Devant moi, Une main

Entre les cuisses, Une autre Sur les seins. 118.Tu as regardé Le rayon

de lumière Entrer par la fenêtre, Une mains Entre les

cuisses, Une autre Sur les seins. 119.Dans la pénombre, Tu t’es

approchée De moi, Tes lèvres ont effleuré Mes seins, Ta tête était

Entre mes bras. 120.Tu étais Cette nuit, Tout à moi Entre mes

bras. 121.Au jardin, Ou’ jadis L’on se rencontrait. 122.Des mots

d’amour Cachés, Là à l’écart Depuis longtemps Pour toi. 123.Dans le

jardin Qu’on a quitté Poussent des fleurs En toute saison.

124.Je te dirai Les nuits Qu’on a passé Dehors ensemble. 125.Je te

dirai Mille mots cachés, Là à l’écart Depuis longtemps Pour toi.

126.Des mots d’amour Du village Qu’on a quitté. Famine au sahel.

127.Beaucoup la Regardent dans cette Aridité,beaucoup L’admirent,son

père Pense la donner,dès Qu’elle grandirait au Fils du chef du

village. 128.Le soir, On danse A la lumière D’un grand feu.

129.Le soir, On médite A l’écart Au lendemain. 130.Beaucoup ne

Parlent presque Jamais, Beaucoup attendent Le regard Presque honteux.

131.Après,il les a Perdu,mortes,un Jour il les a trouvé Gisant

par terre,son Bâton il ne l’a pas Quitté. 132.Maintenant Safy A

grandi,c’est devenu Une adolescente,elle a Echappé à la maladie.

133.Maintenant comme Beaucoup de son âge, Elle veut être aimée.

134.Il est parti avec Dans les yeux Le souvenir De cette terre

Inculte. 135.De cette terre Brûlée de soleil Ou’ rien ne pousse.

136.Il trouva ou’ crécher, Il trouva de l’embauche Et leur envoya

Leur première lettre. 137.Camar avait ses Vaches,il les amenait

Jusqu’au loin,là ou’ Un peu d’herbe Poussait Là ou’ quelques flaques

D’eau se formaient. 138.Il était noir, Le visage gorgé De

soleil,il avait Dans les yeux le Souvenir de ceux Qu’ils a laissé Là

à attendre. 139.Là à prier Pour que la pluie Tombe. 140.Pour que

l’avion Vienne chargé De sacs,chargé de riz Pour les enfants.

141.Le lait A manqué Aux enfants. Le lait et le riz, Rien à manger,

Ils sont restés A attendre Les yeux au ciel. 142.Dehors Il fait froid,

Il n’a pas cessé De pleuvoir Toute la journée. 143.Le ciel

Etait couvert, De gros nuages Et le vent soufflait Dans le

feuillage. 144.Sur le chemin Des flaques Se sont formés, L’eau a

rempli La terre jadis Chère sèche. 145.Les feuilles Jonchent le sol,

Les

feuilles Que tes pas Caresseront. 146.Les feuilles Qui connaissent

Tes pas,les feuilles Les mêmes Qui nous ont Accueilli L’année passée.

147.La nuit Les vieux parlent Au ciel Angoissés par le sort

Des enfants. 148.La nuit, Ils prient longtemps Les yeux au ciel.

149.Parfois, Ils restent silencieux Dans la pénombre. 150.Le ciel Est

plein d’étoiles, Ils les connaissent Une après une, Chaque

jour, Ils lisent Dans leur lumière. 151.Ils parlent Aux légendes,

Ils parlent longuement Aux légendes. 152.La nuit est peuplée D’étoiles

Qui connaissent Les sources, Qui connaissent Ou’ peut être

Le bien- aimé. 153.La nuit, On leur parle, On parle A leur lumière

De l’absence Du bien-aimé. 154.La nuit, On parle longuement A leur

lumière De l’absence Du bien-aimé. 155.Mokhtar est parti, On ne

sait pas ou’, Sans se faire voir, Il avait promis Un tas de cadeaux.

156.Au loin, Aucune lumière N’apparaît, Au loin, C’est le silence.

157.Un silence pesant Dans cette aridité, Un silence Entre les

vieux, Lorsque parfois Les enfants Ne dorment pas. 158.Dans leurs

dires, Il y’a la famine, Le jour Dans leur rire Il y’a la famine.

159.Parfois, Ils se mettent en cercle Et parlent aux étoiles.

160.Parfois Ils se mettent En cercle Et parlent Au ciel. 161.Porté

en un regard, Sur le chemin,sur la route Bordés d’arbres,sur le

Chemin,sur les pierres, Sur les murs,sur les Toits,sur le visage

ou’ Il y’a un sourire,sur un Visage ou’ est frayé un Chemin,pour un

Sourire sur un visage. 162.Un chant récolté Sur un chemin,sur un

Visage,sur un chant Qui n’a pas cessé, Tout le temps qu’a Duré

l’absence si Longue. 163.Un chant récolté Dans ton regard,en un

Instant,en un jour,et Qui dure au-delà de L’absence si longue, Comme

des jours Ensoleillés futurs. 164.Et devant toi Apparaît alors

ce Chant,fleurs à tes Mains,que quelqu’un Accrochera à tes Cheveux.

165.Puis de tous les Lieux,de tous les Endroits que tu Connais

maintenant, Il fusera pour T’accueillir,et T’enlacera pour

Quelques instants. 166.Il t’enlacera de cette Etreinte,de cette

chaleur, Car pendant longtemps, Les nuits ont été froides, Car pendant

longtemps Le vent a soufflé,et il N’y avait que cette Voix

dans la nuit pour L’apaiser. 167.Le vent a longtemps Soufflé sur les

toiles, Il était froid,et pour se Rechauffer,chacun Regardait

longuement, La faible lumière parfois Jusqu’au matin. 168.La

faible lumière Dans tes yeux est cette Lumière qui baigne Dans la

toile,au son De cette voix qui S’élève au crépuscule. 169.Parfois tu

la Regardes longuement, En silence,de ce Silence merveilleux

D’un espoir qui recouvre Un peu plus chaque Jour ces petites rides

Apparues,les nuits Ou’ tu n’as fais que Te questionner. 170.Parfois,tu

la Regardes très Longtemps en silence, Et là ou’ naît la

Flamme,tu vois naître Des pétales,des pétales Entourés d’un grand

Cercle de lumière. 171.Parfois,là ou’ naît La flamme,tu vois naître,

Comme une voix Juvénile qui rayonne Au soleil,comme ces Voix

juvéniles qui Rayonnent dans le Beau pays qu’il y’aura. 172.Une fois

tu as vu Les horizons se dégager, Et sur les montagnes,et Au-delà des

montagnes, Et plus loin encore,les Fleurs que porte

l’étendue, Ont inondé tout sur la Terre. 173.Tout sur la terre A

porté leurs couleurs, A porté leurs senteurs, Comme une lumière,

Auréole à ta chevelure. 174.Une fois,tu as vu Le beau pays que tu

Ne connais pas,jusqu’à Ses moindres recoins Se construire,et sur les

Routes beaucoup Passaient au matin. 175.Et beaucoup passaient Avec

dans la main, Empaqueté minutieusement Au matin,le repas de

Midi,que tous se Partageront,à l’ombre D’un arbre,adossés à Un mur,à

même le sol. 176.Tout sur la terre A porté l’empreinte De l’étendue de

la Plaine,et son tapis Fleuri,a recouvert D’une auréole

de Lumière,toute la Montagne,au-delà de La montagne,et plus Loin

encore. 177.Une fois alors qu’un Vent froid soufflait sur Les

toiles,tu t’es vue Sillonner jusqu’à ses Moindres recoins le Beau pays

que tu ne Connais pas. 178.Et là ou’ tu arrives, A chaque endroit,

Chaque personne que tu Questionnes effleure de Sa main chaude,en une

Tendre caresse ta Mémoire. 179.Une tendre caresse A ta

mémoire,en un Frémissement de chaque Fibre en toi,en un Frisson,fait

naître sur Ta langue,dépose sur Ta langue le chant qui Apaise la nuit

venue, Les vents froids qui Soufflent sur les toiles.

180.Une fois,tu as vu Un enfant tendre les Mains,alors tu as Cherché

en toi,tu as Cherché en toi et sur Chaque doigt,tu as Déposé une

fleur,de ces Fleurs cueillies dans La plaine au matin. 181.Tu

as cherché En toi,puis sur chacun De tes doigts,tu as Déposé un de

tes doigts, Alors de derrière L’horizon est monté Le jour ensoleillé

Futur le plus grand. 182.C’est un grand Jour,ou’ une infinité

De jours,aux couleurs Que donne la plaine,en Poignées

rieuses,brillent Comme cette infinité D’étoiles,qui peuplent La

nuit,le ciel. 183.Le jour ensoleillé Futur le plus grand est Un grand

jour,ou’

Lorsque le jour se lève, Il découvre les chemins Pleins déjà des

pas,qui Les portent chaque matin. 184.Il découvre les Chemins,il

découvre Les routes éveillés déjà, Eveillés depuis Longtemps

déjà,pleins Des chants qu’ils Portent chaque matin. Un peu de

solitude. 185.De grosses vagues Que le vent Soufflait, Blanches Qui se

forment Au loin. 186.Hamid monta Dans le bateau,grand Avec

quelques Compagnons,ils se Saluèrent et firent Le voyage ensemble.

187.Dehors, On entendait la mer, Dehors on entendait Les vagues.

188.Le lendemain, Il embrassa tout le Monde et sortit,sa Valise à

la main,seul Dans la rue déserte. 189.Le voyage l’angoissait, La mer

l’angoissait,mais Il le fera quand même. 190.La mer était Agitée,ce

jour de Grosses vagues se Formaient,blanches Au loin. 191.La

nuit, avant de Partir il pensa à sa Famille,comment Seront-ils en

son absence Tout seul. 192.Comment Vivraient-ils En son absence Tout

seul. 193.Le voyage l’angoissait, En plus il était jeune,

Là-bas trouvera-t-il Quelquechose. 194.La mer l’angoissait, Ce pays

ou’ il allait L’angoissait que Trouverait-il là-bas. 195.Il ne

connaissait Pas leur langue,il Ne connaissait pas Leurs coutumes.

196.Il avait peur D’aller loin ,plus Loin que la mer Dans un bateau.

197.Te souviens-tu Des moments,ou’ il a Fallu marcher côte à Côte,sans

se parler Les yeux au loin vides Ou baissés. 198.Un

paysage,des Etoiles qui brillent En été dans le ciel. 199.Un paysage

des Chants d’oiseaux sur Les chemins. 200.Le romancier est un Etre

toujours isolé,dans Son silence,avec plein de Feuilles sur la

table,à la Recherche de mots,de Phrases qu’il efface après. Son

cendrier est toujours Plein.Parfois,il allume Sa cigarette et ne la

Retouche que lorsqu’il Remarque qu’elle est Eteinte.Parfois,il se

lève, Marche dans la chambre Les mains derrière le dos, Puis il

s’assoit et s’empare De ses feuilles.Parfois Il ne relève la tête que

Lorsqu’il a rempli toute Une feuille. 201.La nuit,la forêt

Parle aux étoiles Des légendes nées Sur cette terre. 202.Ils sont

venus en Bateau,ils ont pris Plein de bois et Construit leurs maisons.

203.Sur cette terre Brûlée de soleil,sont Nées les légendes

De cette terre. 204.Le romancier est un Etre isolé.Sur sa table,

Dans sa chambre des Feuilles blanches traînent, Parfois pleines

d’écritures, Parfois froissées et pleines De ratures.Il est là

Pendant des heures,à la Recherche d’une Histoire,la plume à la

Main,souvent dans la Pénombre.Son cendrier Est toujours plein de

Mégots.Il est là,à la Recherche de l’idée,du Mot qui lui fera remplir

la page.

13.Chant d'exil.

Chant d'exil 01.Le sourire tarde à venir sur la feuille inondée de

lumière,et sur ses rebords,je perçois comme la présence d'une légère

brise,comme une larme qui ruisselle chaude et qu'accueille

une paume entière, comme une larme qu'accueille un doigt pour

l'étaler sur la chaleur que porte le visage. 02.Le sourire tarde à

venir sur la feuille inondée de lumière,il erre sur les sentiers

oubliés ou' l'obscurité donne aux buissons des formes bizarres.

03.Il erre sur les sentiers oubliés ou' à la fin de chaque saison,des

fruits aux couleurs du jour jonchent le sol qu'aucun pas n’a

foulé. 04.Il tarde à venir et sur la feuille miroitent les couleurs

du jour sous une brise,que je perçois comme dans un rêve. 05.Comme

dans un rêve,ou' les couleurs du jour inondent chaque feuille

de lumière,ou' chaque couleur du jour est un sourire aux racines,

infinies. 06.Le sourire tarde à venir et dans cette longue

attente,dans le noir,je ne le vois pas venir. 07.Il tarde,et en

scrutant

les horizons,je ne le vois nulle part. 08.Peut-être qu'il est là en

face dans toutes ces choses qu'enveloppe le noir. 09.Peut-être qu'il

est là ,à côté de ma Main qui tâtonne,peut-être qu’il est Là

dans ma main qui tâtonne. 10.Il est peut-être dans ma mémoire,dans

ma mémoire qui ruisselle comme une eau d'une fontaine,au goût

ensorcelant,un goût le même depuis des millénaires. 11.Il ruisselle

peut-être de ma mémoire et s'éparpille en flots,loin sur des terres

que j'ignore. 12.Le sourire tarde à venir,et à mesure que j'en

parle,je vois le noir l'envelopper un peu plus à chaque fois.

13.Et à chaque fois le jour du retour s'efface un peu plus de ma

mémoire. 14.Le sourire tarde à venir sur la feuille inondée de lumière

et dans cette longue attente le silence glisse en un long

fardeau sur les paupières. 15.Le silence glisse sur les paupières et

de cette lumière qui subsiste se forment quelques images colorées,ou'

des moments s'impriment,en une histoire qui se raconte.

16.Des images que le temps n'altère pas et lorsqu'elles reviennent

en procession d'autres moments se sont gravés,d'autres

couleurs,d'autres pensées qui peupleront chaque soir d'un conte

infini.

17.Et lorsque le silence glisse sur les paupières, c'est pour qu'au

matin la vie aux couleurs du nouveau jour se répande. 18.C'est pour

que de cette lumière qui subsiste naissent des rêves qui

verront le jour,des jours qui grandiront pour ceux qui viendront,des

jours que ceux qui viendront embelliront,des jours arôme des saisons.

19.Le silence glisse sur les paupières et des images que

le temps ne peut altérer,remplissent de vie les nouveaux jours,qui

viendront embellir chaque jour. . 20.Sur la feuille inondée de

lumière,des images défilent tel un chant ou' je me reconnais,dans

chaque note que porte la voix et s'impriment en lignes,en lettres,

en traits,en points que chaque main sait tracer gaiement. 21.Sur la

feuille inondée de lumière,un choeur de voix se répand en un

chant,en une infinité de chants,ou' chacun puisera de l'autre cette

joie de vivre qui le fera naître. 22.Un choeur de voix envoûtant,que

parfois je découvre résonner en moi,dans la poitrine,au fond

de la gorge,sur la langue,sur les lèvres,devant en une lumière,en

une infinité de lumières qui éclairent le chemin. 23.Qui éclairent la

route,et la rendent large et la rendent plus large qu'une

infinité de routes assemblées,qui invitent à une marche à deux,à une

marche ensemble,à des joies à deux,à des joies ensemble,à des joies

infinies que rien ne peut altérer. 24.Ces joies rien ne peut

plus les altérer,le souffle qui les alimente est un souffle qui ne

sait pas éteindre les flammes,les petites flammes qui se dressent

rieuses à l'obscurité, il est dans leur couleur. 25.Il est dans

leurs couleurs qui se répandent jusqu'au loin,en une seule

couleur,que les vents les plus forts,que les vents les froids ne

savent pas effacer. 26.Sur la feuille inondée de lumière,un choeur de

voix envoûtant éclaire les chemins assemblés en une route infinie,et

dans sa grandeur au doux reflet,il découvre une immensité de joies,un

univers de joies que rien ne peut plus effacer désormais.

27.Parfois lorsqu'un froid glacial me ride de quelques frissons,il

apparaît silencieux en moi,en une ondée de chaleur qui monte comme

pour déposer dans chaque fibre de la sève. 28.De cette sève

nourrissante qui balaie les frissons, pour des saisons entières,qui

balaie le froid glacial,et à sa place dépose comme de cette chaleur

que porte ton regard. 29.Parfois ce choeur de voix s'approche

dans le silence du soir et remplit de sa voix,toute cette

existence,qui s'étale jusqu'à l'horizon, pour s'étaler à tous les

horizons. 30.Je ferme alors les yeux et je pense au lendemain, je

pense à

tous ces lendemains qu'il porte en lui, en une certitude qui fait

rêver de longs instants 31.Une douce certitude qui fait rêver à de

grands instants,à de grands moments qui feront du sourire sur

les visages une lumière que rien ne peut éteindre. 32.Une douce

certitude que j'agrandirai un peu plus chaque jour,que j'étreindrai

tendrement, que j'étreindrai de toute la force que portent en eux

mes bras. 32.Une douce certitude que j'agrandirai un peu plus chaque

jour,que j'étreindrai tendrement, que j'étreindrai de toute la force

que portent en eux mes bras. 33.Que j'étreindrai jusqu'à

n'en plus finir, chaque jour,que j'agrandirai,que je veillerai des

nuits,que je veillerai des jours,que je veillerai toute une vie.

34.Une douce certitude,la plus grande des certitudes qui rayonne

comme un choeur de voix,lorsque les yeux sont fermés. 35.Lorsque au

soir,le jour se déroule en images,ou' je vois ruisseler des

gouttes,ou' je revois des regards,ou' je revois des mains au travail.

36.Je revois des lumières que rien ne peut éteindre et un sourire

qui leur parle des lendemains,qui portent en eux la plus grande des

certitudes. 37.Je revois des étreintes auréoler le choeur de

voix de toute la force qu'elles portent en elles,pour donner au

futur,un teint qui ne porte que la joie. 38.Un teint du jour,le teint

de la nuit,le teint des étoiles qui peuplent le ciel,le teint

du jour ou' lorsque mes yeux s'ouvrent,ils voient toute la vie

s'étaler à perte de vue. 39.A perte de vue,jusqu'aux coins les plus

reculés, la vie apparaît,comme un jour que je vis. 40.Comme des

jours que je vivrai,comme des jours vécus,avec pour toi les pensées

les plus tendres. 41.Les plus grandes pensées pour tes rêves qui

verront le jour,que je veillerai toute une vie,que j'étreindrai

tendrement de toute la force que portent en eux mes bras. 42.Que je

veillerai des nuits,que je veillerai les yeux ouverts,que je veillerai

les yeux fermés,que je veillerai au son du choeur de

voix,qui monte en une ondée de chaleur,qui éclaire sur les chemins

assemblés ma voie. 43.Je revois des lumières et un sourire sur les

visages qui m'appelle qui m'invite à des joies ensemble. 44.Je

revois un rêve qui dure de longs instants, parfois des soirs entiers

que mûrit cette existence qui s'étale à tous les horizons. 45.Une

existence à tous les horizons,à perte de vue débarassée du

sommeil que porte les yeux,les mains,les visages longtemps après le

sommeil. 46.Après ce très long sommeil qui a duré un jour,un mois,un

siècle,des jours,des siècles,des siècles entiers ou' la

conscience pour vivre devait s'enfoncer à chaque moment un peu plus.

47.Elle devait s'enfoncer à chaque instant un peu plus,pour qu'au jour

qui se lève,elle s'élève en rayons qui reflètent toutes

les lumières, en reflets qui mûrissent les chants. 48.Qui mûrissent

le poing fermé sur l'outil, et la main qui serre une autre main,pour

que demain de cette étreinte d'aujourd'hui naissent des épis

que tu regarderas gais à la caresse de la brise tendre. 49.La

caresse de la tendre brise sera dans ton regard cette flamme qui ne

s'éteindra pas de toute la nuit,pour que toute la nuit tu vives

entourée de ces belles couleurs dans l'attente du jour qui se lève.

50.Pour que dans la nuit,tu découvres les chants qui ne cessent

pas,les voix qui accompagnent ta voix, les voix qui s'assemblent

à tes rêves,pour qu'aux premières lueurs le rêve naisse dans la

voix,le chant infini. 51.Le chant infini est le chant de l'existence

qui s'étale à tous les horizons,il est ce chant que portent les

langues au matin de la moisson. 52.Il accompagne la moisson et dure

jusqu'aux premières gouttes,pour boire à même la goutte, pour voir la

terre comme s'éveiller à la fraîcheur qui revient. 53.Il

accompagne la fraîcheur qui revient et dans sa marche à ses côtés,il

lui narre la soif des grains que le soleil a caressé pendant de très

longs instants. 54.Il accompagne les moissons et leur

narre les soifs qui ont peuplé les esprits,les nuits ou' tout le

jour se déplie,devant les yeux ouverts dans la pénombre. 55.Devant les

mains ouvertes ou' loge l'effort en quelques rides en

points,en douceur,devant les mains qui se referment jusqu'au matin.

56.Il leur narre la soif de peupler le jour qui se déplie,de vivre le

jour qui se déplie, de fixer des yeux pendant des

heures,les lueurs du jour qui se déplie. 57.Je me souviens,je

travaillais et je repartais, et lorsque je repartais,parfois,je

n'avais rien dans les mains,rien en poche pour ceux qui attendent.

58.Je me souviens que je travaillais sous un regard menaçant qui ne

pouvait fixer mes yeux jusqu'à leur profondeur,jusqu'à ma conscience

enfouie comme une douce lumière. 59.Je me souviens pourtant

que je travaillais et lorsque je repartais le soir,je n'avais rien

dans les mains pour les autres. 60.Pour eux,il y'avait toute la

lumière, enfouie dans ma conscience. 61.J'ai travaillé pendant

plus d'un siècle ,plus de deux siècles,pendant plusieurs siècles,et

le jour pour l'admirer,il fallait ouvrir les yeux dans la pénombre

pour le voir s'étaler timidement. 63.Pour eux,il y'avait ma

conscience,pour moi,il y'avait un éclat dans les yeux,que je voyais

plus grand à chaque fois,plus rechauffant partout ou' je passais.

64.Il s'étalait timidement comme si mes mains ne portaient

aucune trace,comme si la rouille ne couvrait pas mes poignés,comme

si la pénombre devait durer plus d'un siècle, un siècle,des mois,des

siècles. 65.Partout ou' je passais,je vois sur les poignés la

rouille de plus d'un siècle qui ressemblait à celle que portaient

mes poignés. 66.Partout ou' je passais,je voyais toute la lumière

enfouie comme un jour qui ne se déplie qu'à la pénombre dans la

conscience. 67.Dans la conscience qui n'a pas disparu depuis plus

d'un siècle,dans la conscience qui n'a pas disparu . 68.Dans la

conscience qui s'est libérée,lorsque le jour s'est déplié,à la

lumière du soleil,j'ai vu des gens passer avec sur la langue

beaucoup de gaieté. 69.De cette simple gaieté,de la plus grande,si

grande,si simple et si tendre,comme une petite lumière qui se répand

aux alentours. 70.Qui se répand jusqu’au loin,parfois jusqu’au

loin,tel un jour qui se déplie,pour être vécu dans toutes ses lueurs.

71.De ces lueurs fixées en passant,et que l'eau qui a ruisselé

sur les toits a embelli un peu plus 72.Le jour qui se déplie est une

lumière qui se répand aux alentours,les plus reculés ou' apparaît si

grand et si simple un vécu. 73.Un vécu comme une petite

lumière,une tendre lumière qui se loge au plus profond de la

conscience en un coeur qui bat. 74.Au plus profond de chaque

conscience un coeur bat comme une tendre lumière,vécu de tous,vécu de

toutes,vécu.Vécu ou' demain se lève promesse à l'horizon. 75.Une

promesse à l'horizon comme un sourire sur ton visage bourgeon,comme un

sourire aux pétales inondés de couleurs,comme des mots gorgés

d'amour,étalés sur tes lèvres. Chant d’exil 76.Demain ne t'en fais

pas la douceur de mes mots reviendra,lorsque tous les pétales

s'ouvrent au soleil d'avril et des randonnées sur les chemins aux

abords fleuris de champs,il restera des instants les plus beaux dans

ta mémoire. 77.Demain,tu verras la douceur de mon regard te

rechauffera,lorsque après cette longue absence, enfin tu reviendras

et dans les soirées douces qu'il y'aura sous l'arbre,ou' tu aimais

t'assoire,de temps à autre.Je te raconterai gai, les rêves faits

depuis longtemps pour toi. 78.Demain,ne t'en fais pas la chaleur

de mon étreinte sera là,prête à t'entourer même lorsqu'il ne fait

pas froid et après quelques chuchotements doux,les yeux fermés,il

y'aura les instants d'oubli tendres qui ont manqué. 79.Les routes

que tu décrivais étaient longues ,aussi longues que les

contes,chauds et ensoleillés qui ont peuplé les nuits,loin très loin

dans des contrées ou' pour la première fois à l'arrivée,le printemps

s'était déjà levé. 80.Les nuits n'étaient pas froides,autour du feu,

un enfant endormi dans les bras,elles étaient douces, aussi douces que

les mots que tu prononces de temps à autre,les joues

enflammées à mes côtés. 81.Autour lorsque la lune est pleine et

haute dans le ciel,beaucoup se rendent d'un coin à un autre,à côté en

face,à quelques pas,lents pour une longue veillée. 82.Les

nuits étaient douces,autour du feu,ou' beaucoup parlent des jours

ensoleillés qu'il y'aura à l'horizon sur les champs et dans les

vergers que tu connaîtras. 83.Les nuits étaient douces à tes

côtés,parfois je me souviens,on restait les derniers près du feu qui

a consumé toutes les brindilles,lorsque tous sont partis,lents après

un salut pour se coucher. 84.A ce moment je me souviens,

chacun des mots gais, que tu prononçais parfois amusée,un regard

long et silencieux pour les braises chaudes,assoupies sous un léger

duvet de cendre me rechauffe en entier. 85.Les mots gais que tu

prononces rechauffent mes bras,pour une tendre étreinte,future au

retour retrouvé et dans les pas que je fais à tes côtés,j'apprends à

serrer tes mains, avant de fermer les yeux,pour une nuit aux

rêves humbles et colorés. 86.Les nuits étaient douces à ce moment et

chacun des mots gais prononcés me rechauffe en entier,un regard long

et silencieux pour les braises chaudes assoupies sous un

léger duvet de cendre qu'aucune brise n'a soufflé. 87.A ce

moment,dans les pas que je fais,j'apprends à marcher à tes côtés,avant

de fixer tes yeux pour un bel instant et te dire ces quelques mots

que je sais si bien prononcer. 88.Le matin au réveil,il y'a des

lueurs à l'horizon, douces à contempler avant que le soleil ne se

lève,haut dans le ciel,ce jour ou' partout dans les champs des

bourgeons s'ouvrent pour entamer leur chant. 89.Il y'a une lueur

douce,sur les feuilles couvertes de rosée, chaude au soleil,avant de

sécher,une lueur dans tes yeux brillants,une lueur que je n'ai

pas vu ruisseler, ta main serrée,en partant tôt pour quelques jours.

90.Ce matin,tu t'es levée tôt,ce matin je t'ai vu contempler les

lueurs à l'horizon et le ciel bleu encore,depuis notre

arrivée,une feuille à la main, tendre et couverte d'un peu de rosée.

91.Ce matin tu étais dehors encore,lorsque j'avais fait quelques

pas,lorsque j'étais loin,tu es rentrée, lorsque le soleil était

haut dans le ciel,lorsque les champs jusqu'au loin se sont

étirés,après une douce nuit,pensive les yeux devant. 92.Les routes que

tu décrivais étaient,aussi longues que les contes de jeunesse,des

soirs entiers,éclairés d'une lampe,à la lumière humble et

douce,assis en groupes les yeux au loin devant grand mère. 93.Le soir

assis,les mains assemblées sur les jambes,étalées et croisées dans le

silence de ces nuits,ou' la lune souriante monte lente vers les

étoiles semées,je vois tes foulées grandir pour les emprunter. 94Je

vois tes foulées les emprunter,les emprunter sûre à la rencontre

de ces contrées lointaines et souriantes gaies au soleil

printanier,sur les champs sur les vergers que tu a toujours ignorés.

95.Je te vois assise à mes côtés,je te vois silencieuse les yeux

fermés,je te vois parfois me regarder et dans ton silence,dans ton

regard,dans tes mains enlacées, j'ai vu à chaque fois que la promesse

a germé. 96.Demain,tu verras toute mon étreinte sera là,là

devant tendre,entière pour toi,tendre et chaude le jour ou'

longuement tu te questionneras,là,la nuit,la longue nuit ou' il a fait

le plus froid. 97.Demain,au retour assise tranquille les yeux au

loin, je viendrai lentement me mettre sans bruit près de toi,à tes

côtés pour une longue veillée et lorsque tu te pencheras,lorsque tu me

verras,un rêve naîtra peut-être pour toi. 98.Demain je

viendrai une douce étreinte pour toi,une fleur peut-être à la

main,demain je viendrai peut-être des rêves prêts pour toi,mais je ne

sais pas,si près de toi l'exil sera encore là. 99.Demain près cde

toi,je ne sais pas si l'exil sera encore là,lorsque la nuit ou' il a

fait le plus froid,lorsque chaque nuit je prendrai tes mains pour te

raconter souriant une partie de mon long chemin. 100.Au

retour,lorsque tu seras près de moi,lorsque je te raconterai,une

partie de mon chemin,je ne sais pas si en parlant,il y'aura l'exil

vécu dans ma voix. 101.Au retour ne t'en fais pas,chaque nuit

,avant de te prendre dans mes bras,je te raconterai,une partie de

mon long chemin et les rêves faits, prêts depuis longtemps pour toi.

102.Je te raconterai les horizons ensoleillés qui ont bordé

sur toute sa longueur le large chemin et les bourgeons,les frêles et

tendres bourgeons qui se sont ouverts en quelques mois. 103.Au

retour,tu verras je saurai prendre ta main, pour quelques pas,des

pas sur le long chemin,que tu découvriras plus beau à chaque fois.

104.Le chemin ne t'en fais pas est plus beau à chaque pas,mais je ne

sais pas,si près de toi il y'aura encore de l'exil dans ma

voix. 105.L'éxil est dans mes bras,chaque nuit il prépare un rêve

qu'il met de côté pour toi,comme une douce étreinte qu'il y'aura au

retour qui naîtra. 106.Les pierres qui jonchent jusqu'au loin

le chemin n'ont pas fait mal.Les horizons gris ont pris des couleurs

chaque jour,presque à chaque pas et lorsque j'ai regardé

devant,lorsque j'ai regardé ce qu'il y'a eu ressemble à une pensée

pour

toi. 42-107.Autour,les champs se sont levés des pousses et des

Bourgeons à la main,jusqu’à l’horizon qui accompagne,jusqu’au loin

rieur à chaque fois,et dans Leur sourire,caresses sur les

feuilles légères,de la brise Qui revient,j’ai vu grandir la

promesse,la belle Promesse faite un jour tout bas. 108.Les pierres

jonchent le chemin,sur tout son long, Jusqu’au loin,mais il y’a aussi

la terre,la terre Douce à mes pas,la terre matinale recouverte de

rosée Qui connaît la caresse de mes mains. 109.Il y’a la terre douce

ou’ les champs se lèvent tôt, Des pousses et des bourgeons

frêles à la main,et dans Mon souvenir tendre,beau encore pour

toi,lorsque Je regarde au loin,il y’a le soleil qui s’est mis Partout

à l’horizon déjà. 110.Tes yeux ont brillé une fois debout avant

de Rentrer,les yeux au loin,vers les horizons,vers leur Fraîche

ombre du matin,et les couleurs qu’ils Prennent depuis quelques jours

déjà. 111.Avant de t’assoire,tu as regardé longuement le Ciel et

pendant de longs instants,tu n’as pas Vu ses étoiles qui

apparaissent parfois tôt,après le Coucher du soleil,tu as vu des

cigognes qui Reviennent. 112.Loin,il ne fait pas froid,mais il y’a

encore

Des nuages dans le ciel,des nuages qui ressemblent A ceux qu’il y’a

là-bas et des chants d’oiseaux, Beaux les mêmes qui émerveillent

113.Loin,lorsque le jour se lève,je suis depuis Longtemps sur le

chemin,à la rencontre de chaudes Contrées que demain tu verras,tu

aimeras,que tu Connaîtras un printemps dans les mains. 114.Loin,il y’a

des moments ou’ je m’assois presque Rêveur,une pensée pour

toi et lorsque je regarde La longueur du chemin,lorsque je regarde

la Campagne,entière revivre au printemps qui Revient,je me lève

tranquille pour allonger un Peu plus mes pas. 115.Demain,je sais tu

seras là,tu seras là quelques rides Sur le visage et de l’espoir

pleines les mains et dans les Longues veillées qu’il y’aura,tu verras

quelques uns de Mes pas,mais je ne sais pas si tu les

reconnaîtras. 116.Demain,tu verras peut-être mes pas,quelques uns de

mes Pas,de mes longs pas qui sont allés jusqu’au loin,dans Des

contrées chaudes,ou’ parfois pendant longtemps,il a Fait si

froid. 117.Demain peut-être tu les verras assises sur une colline,

Tout le long du chemin,humbles les yeux au loin,vers ces Prairies aux

feuilles tendres qui se lèvent tôt le matin,et Lorsque en

marchant le sourire te reviendra,ne t’en Fais pas,tu les

reconnaîtras à la bonne première Poignée de main. 118.Demain,je ne

sais pas si tu seras là,à mes côtés sur Le chemin,je ne sais pas si tu

reconnaîtras mes pas,à La rencontre de ces contrées,ensoleillées

cette saison,ou’ Parfois il a fallu aller loin,très loin,à la

recherche De quelques bouts de bois pour une veillée en Attendant

demain 119.Loin,il y'a des contrées chaudes ou' parfois pendant

longtemps il a fait froid,si froid qu'il a fallu aller loin,à la

recherche de brindilles pour une veillée qu'éclaire un petit feu de

bois,pour que le rêve qui revient tendre à chaque fois ne s'oublie

pas au matin. 120.C'est vrai ,ces contrées tu ne les connais pas,elles

renaissent au printemps seulement,car les mêmes pierres

jonchent depuis longtemps leur chemin.Et lorsqu'elles

renaissent,elles se mettent sur les collines tendres et rêveuses les

yeux au loin. 121.Les routes que tu décrivais étaient longues,plus

longues

que le chemin qui disparaît au loin,pour se continuer au-delà de

l'horizon,gai chaque jour cette saison,accompagné de champs

enlacés,qui se lèvent ces matins tôt pour éveiller les premiers

bourgeons. 122.Les écoles que tu dessinais d'un bout de bois ramassé

à côté,personne ne les effaçait,tu les voulais aux façades blanches et

aux murs colorés d'images et de lignes juvéniles,que les

petites mains savent si bien tracer. 123.Les fleurs que tu traçais

amusé d'une plume légère,sur les paumes des enfants ressemblent à

celles qui poussent au printemps,belles dans tous les champs

qu'au retour tu as promis de leur montrer. 124.Et les contes que tu

débitais le soir lent savaient nous rechauffer,dans ces nuits

faiblement éclairées malgré la marche de toute une journée.Avant de

s'endormir les yeux brillant d'une petite flamme retrouvée,et dans

le sommeil chacun voit le pays, beau ou' il est né que le matin,il

racontera émerveillé. 125.Le soir venu,à la belle Etoile

maintenant,je ne Ferme pas les yeux pour te Rêver,je regarde au loin

Pendant longtemps,et lorsque tout le souvenir s’est Assemblé,tendre

dans mes mains qui l’ont accueilli, Je le caresse jusque

tard parfois pour que demain Aux premières lueurs à l’horizon,je

n’oublie pas. 126.Au retour tu le verras,beau comme ta voix dans Mes

mains,tu le verras accompagner mes pas sur Toute la longueur du

chemin,tu le verras te Ressembler dans ma voix lorsque pour de

longues Veillées,tu seras enfin,là près de moi,à mes côtés. 127.Au

retour je ne sais pas,si tu seras là,je ne Sais pas s’il te

ressemblera,dans ces quelques instants De silence,pour une étoile

dans le ciel,que l’on Voit la même au loin. 128.Je ne sais pas,si

toujours tendre tu le reconnaîtras Dans mes mains qui auront

aussi cueilli,de ces Fleurs douces,dans les champs souriants qui se

Lèvent tôt le matin cette saison. 129.Je ne sais pas si tu sauras

l’accompagner,tout Le long du chemin qui mène au-delà de

l’horizon Depuis longtemps déjà,gaie comme autrefois un Bourgeon ou

une pousse tendre à la main. 130.Au retour,je ne sais pas,si tu leur

ressembleras Tendre et beau encore dans ma voix qui a Parlé

une fois des longues veillées qu’il y’aura,près De cet arbre que tu

aimes,lorsque la belle étoile Sera là. 131.Au retour,il y’aura sa

beauté et l’exil dans Ma voix,mais je ne sais pas,si en le

voyant enlacer Une fleur cueillie ce printemps,dans mes mains tu le

Reconnaîtras,je ne sais pas,si doux encore dans ma Voix tu

ressembleras,si pour un seul instant ton Front se ridera. 132.L’éxil

sera là pour accompagner mes pas tout au Long du chemin,il aura la

couleur des fleurs qui Poussent ce printemps en un bouquet dans mes

mains, Mais je ne sais pas,si dans ma voix qui a parlé Pour te

rechauffer les nuits ou’ il ,a fait le plus Froid,tu le

reconnaîtras. 133.Je ne sais pas si l’étoile que l’on voit la même au

Loin éclaire encore ta voix de son gai reflet lointain, Qui a fait

briller ton regard,plus que d’habitude Une fois,la nuit ou’ tu as su

raconter amusée le Conte en entier pour la première fois. 134.Loin,il

y’a le chemin long encore,que tu voulais Emprunter

silencieuse une fois.Il y’a les horizons Qui s’ensoleillent

lentement chaque matin,il y’a Des arbres qui s’étalent comme les

vergers qu’il y’a Là-bas pour nous accueillir sous leur ombre,en Eté

demain à l’arrivée. 135.Loin aussi,il y’a des arbres qui ont porté

des Fleurs cette saison belles les mêmes que celles qu’il Y’a

là-bas,il y’a leur ombre le matin et celle Qui m’accueille pour un

instant sur le chemin. 136.Il y’a des rêves qui reviennent la

nuit,doux dans Mes yeux le matin,lorsque quelques uns de tes mots

Prononcés une seule fois,un jour devant moi, Enlacent la pensée que

je garde pour la veillée pour Toi. 137.Demain je serai loin pour

quelques jours ou pour Quelques mois,mais je sais que tes mots,ces

mots Prononcés un jour tout bas,beaux encore,je ne les Oublierai

pas,ils accompagneront mes pas,ils seront A côté de moi sur le

chemin et devant,ils seront Dans les champs,des fleurs que tu as tant

aimé Avoir dans les mains. 138.Loin je le sais,il ne fera pas

froid,je me Lèverai tôt chaque matin,pour contempler avant De m’en

aller les premières lueurs,chaudes comme Un sourire à l’horizon.

139.Et au retour,il y’aura plus qu’un présent pour toi, Il y’aura

toute mon étreinte dans tes mains et Quelques mots,quelques mots

seulement que je prononcerai Tout bas,avant de te prendre dans le doux

silence Qui suivra pour quelques instants dans mes bras.

140.Tu verras,je saurai encore parler de demain,je Saurai parler de

ces joies,de ces douces joies du printemps Qu’il y’aura,lorsque dans

la campagne en fête Jusqu’au loin la première pousse

tendre,le premier Bourgeon rieur naîtra. 141.Je saurai te parler de

demain et des nuits ou’ il a Fait le plus froid,des nuits ou’ les

vents ont hurlé Jusqu’au matin,des matins ou’ au lever du

jour, L’horizon était couvert de nuages presque clair et Bas. 142.Ne

t’en fais pas,je saurai te raconter les contes nés Sur le chemin,ces

contes tu ne les connais encore pas, Ces contes portent la

lumière du jour et les marques de Froid,ils portent les pousses et

les bourgeons apparus dans Les champs pour la première fois. Beau

petit pays 143.Le chant naît à ta pensée beau petit Pays aux

sillons fertiles que tes mains Allongent devant mes yeux,aux plages

Au sable doré que de frêles barques Quittent pour affronter les vagues

pendant Plus d’une saison. 144.Mes yeux s’ouvrent à tes

chants de la Récolte,à tes chants des longues récoltes Beau petit

pays. 145.Il connaît les pouces de terre perchée,ou’ L’eau monte d’un

ruisseau,ou’ l’eau Monte d’un puits,à dos d’hommes à la peau

hâlée. 146.Sur les chemins de terre effleurés chaque Matin,il y’a

maintenant ta présence Qui accompagne mes pas. 147.Il y’a ta présence

qui accompagne mes Pas sur les terres perchées,sur les

Jardins le long de la montagne ,ou’ Des mains durcies irriguent les

pouces de Plants juvéniles. 148.Il connaît les villages perchés,qui

l’ont vu Naître et les branches ondulées,aux pousses

Juvéniles des arbres millénaires. 149.A tes chants de la récolte qui

élèvent des Voix d’enfants aux visages souriants. 150.A tes chemins de

terre,à tes chemins que Mes pas savent effleurer si bien.

151.A tes légendes que je connais si bien,à Tes légendes qui

veillent sur les seuils Lointains qui veillent douces sur les chemins

Les jours ou’ il fait le plus froid. 152.Décrire les visages

d’enfants assis à regarder Le ciel,ou’ des nuages

s’amoncellent,décrire Le chant qui accompagne la moisson et Les

gouttes de sueur qui ruissellent des fronts, Décrire pour que tu

saches que cela

existe. 153.Il connaît les forêts,les grandes forêts aux Arbres

élancés ou’ parfois on défriche pour Ne pas partir. 154.Il connaît les

plages,les frêles et belles plages Qui s’étirent sur de

longues distances Ou’ pendant des saisons entières,il n’y a Que de

légères barques pour affronter les vagues. 155.Il y’aura les chants

des oiseaux qui se Mettront sur les branches,à côtés des

ruisseaux, Il y’aura ton regard,ce long et tendre Regard comme si tu

veux leur parler. Paysages d’hiver 156.Ma voix Se perd parfois Dans le

noir De la nuit 157.Nuit noir, Nuit qui me rappelle Mon

enfance Pleine de guerre et d’errance. 158.Parfois tes images

S’effacent Dès que je me Les rappelle. 159.Images cachées, Images

ressassées, Souvenirs que j’ai gardé De toi. 160.Douce certitude dans

ma voix A tes premiers pas, A ta voix qui sait si bien Me chanter.

161.Doucecertitude Dans ma voix A tes premiers pas Que je vois devant

moi. - 162.Depuis Que tu n’es plus là Il enveloppe Toute ma

mémoire. 163.Parfois je ne cesse De penser à toi, Parfois je ne

cesse pas De me remémorer tes mots. 164.En automne Je vois dans le

ciel Monter les nuages Je les vois comme Poussés par le vent. -

165.Je les vois Comme transmettre des messages En automne je vois le

chemin Se couvrir de poussière Au passage des troupeaux. 166.Troupeaux

s’abreuvant Dans la rivière, Eau qui miroite bleue Et

claire au soleil. 167.Paysages de campagne Dans mon regard fatigué

Au passage des troupeaux. 168.Campagne de l’enfance, Arbres hauts

couverts de feuilles Qui ont vieilli. 169.Sable sous mes pieds

Ou’ ma main A écrit des mots Que les vagues emporteront. 170.Il

était d’un gris clair, Je me suis assis Sur la colline Et j’ai

contemplé le paysage. 171.Je ne sais Même pas S’il a fait Froid.

172.Cet hiver Il a peut-être Fait froid, Je ne le sais pas 173.Il

manquait ta présence, Ta présence A mes côtés. 174.Ils sont là chaque

jour Dans ma mémoire Lorsque le vent les emporte. 175.Chaque

jour le vent Transporte les quelques poussières Qu’il y’a sur le

chemin, Celles qui me rappellent ta présence. 176.Celles Qui me

rappellent Ton départ Le matin. 177.Le ciel était gris, Il faisait

sombre Et le vent soufflait. 178.Sur le chemin,il y’a Tes pas

imprimés dans le sable Qui vont chaque matin Au loin vers les

pâturages. 179.Sur le chemin, Il y’a tes pas imprimés Et notre regard,

Il

y’a un gros cœur Que tu as dessiné. 180.Il y’a quelques mots Que tu

n’as jamais cessé De me répéter,ils sont là Chaque jour dans ma

mémoire Lorsque l’eau les efface. 181.L’autre fois ton silence A

habité mes nuits C’est comme si tu allais partir, Partir loin Pour

ne jamais revenir. 182.Nuits sans sommeil, Nuits pleines de rêves

lugubres, Nuits noires qui enfantent Des souvenirs. 183.Le

chemin Va jusqu’au loin, Couvert de tes pas Jusqu’aux pâturages.

184.Il était presque toujours mal habillé C’est normal se dit-il avec

la cherté De la vie,on ne peut rien s’acheter. 185.La petite

Nawal aussi, Elle est presque toujours mal habillée Et la figure

presque sale,à Croire qu’elle ne se lave même pas. 186.Elle reste avec

lui Jusqu’au soir Puis le raccompagne.. 187.Le vieux Ali

habite une vieille maison Dans la banlieue Couverte de poussière Et

à proximité du bruit. 188.Lorsqu’il n’a pas ramassé Beaucoup d’argent

il mendie La nourriture il rentre parfois Chez quelque

épicier et sort Les mains pleines. Autres poèmes 189.Chez lui c’est

pauvre il n’y a Presque pas de meubles.Le vieux Ali Avait beaucoup

d’enfants des garçons Et des filles mais tous sont jeunes

Quelques uns vont même à L’école mais aucun ne travaille. 190.Chaque

jour,on le voit Devant sa maison à rapiécer Son filet un vieux filet

Qu’il n’a pas changé. 191.Assis à même la terre L’aiguille

à la main Il passe des heures seul Un café à côté parfois accompagné

De ses enfants. 192.Khadidja son épouse l’aimait Beaucoup ses enfants

elle s’en occupait Son repas elle le lui prépare Avant

qu’il ne parte. 193.Les vagues au loin étaient blanches, Blanches au

soleil, Blanches au vent qui les pousse Vers le rivage. 194.Les vagues

déferlaient Froides sur le rivage,au loin Des oiseaux

blancs suivaient des embarcations. Le rivage est habitué à toi

Chaque jour il y’a marqué Sur son sable tes pas. 195.Hamid habitait Un

village de pêcheur Un petit village fait d’une rue Aux maisons

blanches Et coquettes.

14.Grain qui s'éveille

Grain qui s'éveille. 01..Lorsque je l'ai serrée,j'ai vu comme Une

ligne,une longue ligne,une Très longue ligne se tracer sur le

chemin.Une ligne dans tout le Chemin,une ligne et dans toute Sa

largeur de la gaieté grande sur La langue. 02..Dans le jardin Qu'on a

quitté Poussent Des fleurs Que tu connais. 03..Des fleurs blanches,

Des fleurs jaunes, Des fleurs bleues Que tu as déjà cueillies. 04..La

matinée était belle,elle était de celles Ou' dans tout le paysage,la

lumière S'étale partout jusqu'aux premières racines. Ce jour là,je me

souviens,je t'ai regardée Longuement dans les yeux puis j'ai pris Ta

main. 05..Sous le vent, Sous la pluie, Je te dirai Mille mots Pour

toi. 06..Des mots cachés Là pour toi, Qu'on dit Seulement La nuit.

07..C'est l'automne et aucune feuille N'est tombée,étrange.Autour un

Chant se grave tel un souvenir Que chaque jour embellit. 08..Il se

grave sur les feuilles,sur les Lignes,sur les contours,sur les Bords

de ma mémoire ou' je Cherche ton image. 09..Des mots Qu'on dit

seulement la nuit, Lorsque l'on se rappelle Le village Ou' nous sommes

nés. 10..Chaque soir,je te fête à la faible Lumière,lorsque l'arome du

jour, Couleur s'empare de ma plume. 11..Aujourd'hui,je n'ai pas vu les

feuilles Tomber.C'est l'automne et aucune Feuille n'est tombée.Partout

il y'avait Comme une saison qui s'est levée tôt Pour faciner les yeux

qui s'ouvrent. 12..Des mots Que je te dirai Dehors, Dans notre coin

Sous le vent Et la pluie. 13..Le vent A soufflé Toute la nuit Sur le

camp, Mais il ne nous A pâs réveillés. 14..Et pendant quelques

instants,je revis Dans ta présence,en jours qui Défilent,pleins de ce

tendre éclat Qui demeure des années. 15..Aujopurd'hui il n'a pas

plu.Le soleil A brillé sur la terre toute la journée Et les nuages

n'étaient pas bas.La Lumière les a habillé tous de sa Couleur comme

d'une fusion de toutes Les couleurs. 16..On a dormi Les poings Presque

fermés, On a dormi Presque gais. 17..Il est tes joies,il est dans ta

vie Entière,ta vie le connaît,regardes Autour,regardes en toi,il est

dans Cette immensité de lumière. 18..Je cherche ton sourire,ta

voix,ton Regard parfois pendant très longtemps, Et lorsque je les

retrouve,je ferme les Yeux pour quelques instants. 19..On a dormi

Bercés par le vent, Qui nous Rappelle Le village Qu'on a quitté.

20..Ils ne s'envolent pas,ils chantent Lorsque des enfants passent à

côté,avec Dans la voix toutes les couleurs du jour Assemblées.

21..Aujourd'hui il n'a pas plu,et la Plaine s'est réveillée tôt le

matin Pour une toilette de ces jours ou' tout Paraît si grand.

22..Dans la plaine une brise légère effleure Les mottes ou' des

oiseaux s'y déposent, Pour les recouvrir de toutes les couleurs Que

porte leur chant. 23..De tendres oiseaux qui ne s'envolent Pas,lorsque

des enfants aux voix gaies Passent à côté. 24..La rosée était Sur les

feuilles, Ce matin, Elle était en gouttelettes Translucides Sur les

feuilles. 25..Dans l'oued Coulait Une eau tranquille, Jusqu'à

L'embouchure. 26..Que la voix donne en ce sourire,qui Précède quelques

moments d'oubli.Un Moment qui me projette dans un Univers ou' je

disparais dans la Lumière. 27..Une vie sans l'oublier,et lorsque je

T'ai regardée longuement,c'est Pour que le jour,ou' le souvenir est

Présent,ton regard me le rappelle. 28..Cette nuit, Il avait plu, Il

avait beaucoup plu Sur les collines. 29..De ces jours,ou' dans les

yeux,sur les Lèvres,il y'a un chant que je Peux répèter toute une vie

sans me Lasser. 30..Toute une vie sans l'oublier,et à Chaque fois,lui

ajouter un peu de Cette gaieté que la voix sait toujours Si bien

créer. 31..Ce matin, Il y'avait de la brume Qui s'étalait Jusqu'au

loin Sur les collines. 32.. Aujourd'hui les orangers sont en fleur, Et

je t'ai vu apparaître dans tous leurs Pétales en une image qui n'a

duré Qu'un instant. 33..Qui a duré le temps d'un pas,moins D'un regard

furtif,pour laisser à la Mémoire le soin de la peindre. 34..Elle était

En couches blanches Qui s'étalait Sur les collines. 35..Sur les

rameaux,les fruits sont mûrs, Quelques uns sont déjà tombés et

Attendent adossés à la terre,au pied De l'olivier. 36..Lorsque tes

mains qui savant si bien Faire les amasseront,ils te parleront De la

chaleur,que porte en elle la Terre entière. 37..Ton image a duré le

temps d'un Pas dans la longue marche que Peint la mémoire. 38..La

mémoire peint d'une plume Offerte par le chemin qui sait tailler Les

buissons. 39..Dans l'oued coule Une eau tranquille Qui miroite au

soleil, Qui va lente Jusqu'au loin Vers l'embouchure. 40..La plume

peint d'une couleur que tu Aimeras,car dans ses contours rieurs, Il

y'a l'œuvre de tes doigts. 41..L'œuvre de tes bras est une marque

nouvelle, Dans le jour qui viendra,car elle t'apprendra A nommer tout

dans ce qui naîtra. 42..L'eau n'a pas Emporté cette année Les maisons,

Le vent n'a pas Arqué les arbres. 43..Cette marque tu sais la

nommer,je sais La nommer,car tu lui as donné,le nom Le plus simple.

44..Un nom le plus simple,le plus beau,aussi Beau que l'œuvre de tes

bras,qu'ils font Naître,de l'aube au crépuscule. 45..Les chemins Sont

restés pleins Des pas Qui les remplissent Chaque matin. 46..L'œuvre de

tes bras ne se lit pas,elle est Cette marque,cette lueur qui embellit

le Jour qui viendra. 47..Elle est dans toutes les lignes,elle nourrit

la Mémoire de cette substance couleur du jour Ensoleillé. 48..Dans

l'oued Coule une eau tranquille, A sa surface Je mettrai quelques

fleurs. 49..Elle est dans toutes les lignes,à la recherche D'une

mémoire pour assister tranquille,à L'éclosion des siècles 50..Elle est

sur les chemins,à leurs bords,parfois A attendre,à parler à celui qui

,passe Pour grandir 51..Des fleurs blanches que je cueillerai dans Les

près que tu connais déjà. 52..Ce qu'elle lui dit se résume à Quelques

mots,qui grésilleront longtemps, Lorsque le regard fixe,vide le

lointain. 53..Elle est sur les chemins,à la recherche Des lignes,pour

se loger dans le regard, Elle se reconnaît à ses dessins,couleur de

Lumière ramassée de la terre. 54..Je les cueillerai de mes mains et je

te les Enverrai ce matin. 55..L'eau s'écoule tranquille,à sa surface,

Je jetterai des fleurs. 56..Elle se reconnaît à ses couleurs,aussi

gaies Que les sources,qui accompagnent la joie Des doigts,pour une

ligne sans fin,qui Découvre un cercle qui s'élargit au Regard. 57..Le

cercle s'élargit au regard.Le cercle Est une ligne sans fin qui

s'élargit au Regard,pour contenir toiute la limpidité Que porte en

elle la source. 58..Elle se reconnaît à ses mots,à ses rythmes Qui

bercent la nuit,le jour,ou' le Vent tord les branches sans les casser.

59..Ou' le vent fait voler les feuilles,mûries Au soleil,pour qu'elles

recouvrent un Peu plus loin la terre,pour qu'aucun Grain ne soit

emporté. 60..Des fleurs blanches Que je cueillerai Demain Pour toi.

61..La rosée Etait en gouttelettes denses; Sur les feuilles Ce matin.

62..pour embellir les veillées,pour que ton Regard ne se perde

pas,pour que toutes Les lignes tracées rappelent l'œuvre des Bras.

63..La marque nouvelle,tu sais la nommer Car dans ses traits

alignés;il y'a les Plus belles images,cherchées le front Plissé,les

yeux au loin parfois les yeux Fermés. 64..Hier, Je n'ai pas dormi, Ton

souvenir Me revenait, C'était ta présence A mes côtés. 65Car dans les

images qu'elle reproduit,il Y'a mles rêves les plus enfouis.Ces rêves

qui Reviennent au-delà d'un matin,qui Accompagnent ta marche,comme un

Cœur à tes pas. 66..car sur son visage,il y'a le csourire que Tu n'as

pas vu rayonner sur ton visage. Il y'a ton sourire,celui que tu as

Oublié,tu étais si jeune. 67..La rosée était En gouttelettes

translucides, Sur les feuilles Ce matin. 68..Dans ses formes,il y'a

toute la tendresse Que récolte le regard,dans la chaleur que Contient

en une âme chaque paysage. 69..L'œuvre des bras est immense,elle est

faite De petits moments,comme des mains qui Enlacent,pour former une

rangée infinie,ou' Une lumière éclaire sans cesse. 70..Elle est faite

d'instants ou' une lumière Eclaire comme une main qui repousse, Au

loin,un poids là pour l'encombrer. 71..Elle est faite de cette lumière

qui éclaire le Geste,jusqu'à la dernière touche qui fait Soupirer

d'émerveillement. 72..Un poème, Des mots que tu disais Rieuse devant

moi. 73..Hier,tu étais entrée,tu n'avais presque pas D'habit sur le

corps,il faisait presque Sombre,tu m'as regardée dormir,puis tu T'es

couchée à mes côtés. 74..Elle est si simple et rayonne chaque jour

Pour s'élever,pour s'étaler au grain Oublié,pour que tu la retrouves

au Matin. 75..Dans ses traits,dans ce qui brille,dans ce Qui est là

vivant,tu te reconnaîtras,à ce Moment tu souriras. 76..Il n'y avait

presque pas D'habit sur ton corps, Je t'ai prise dans mes bras, Puis

on s'est couché. 77..A ce moment même tu souriras,et tu Le

répèteras.Tous les matins sont clairs Même si les nuages sont bas et

gros. 78..Même si les nuages effleurent la terre,même S'ils effleurent

ses cîmes enneigées,tu le Répèteras.Les matins sont clairs,car ils

Brillent d'une lumière ou' tu te Reconnais. 79..Ton corps me rappelait

Un vieux souvenir, Je ne sais pas lequel, Un souvenir qui berce Chaque

jour ma mémoire. 80..Elle est si simple,elle ressemble à un Sourire

d'émerveillement,qui rayonne Longuement sur tout le visage.

81..L'œuvre des bras est si simple,elle brille D'une lumière qui ne

fait pas mal Aux yeux.Elle émerveille car d'elle Emane le jour qui se

lève. 82..Je ne sais plus Si les pierres ont changé D'endroit,je ne

sais pas Si les arbres ont grandi Dans le jardin. 83..Car d'elle émane

ce jour que tu Veux plus beau,que tu veux remplir De ce qui n'existe

pas encore. 84..Parfois tu parcours le rêve sur de Longues

distances,pour voir les pousses Que la lueur a enveloppé entièrement.

La douce certitude 85..Je ne sais pas Si les ronces Bordent encore Le

chemin. 86..Et au retour tu t'attardes un peu, Devant celles ou'

rayonne déjà,dans Toute sa gaieté un éclat futur. 87..Parfois tu

t'attardes un peu,la Distance est longue,et au retour sur Le

visage,une certitude illumine au Passage. 88..Car tu vois Les pousses

que demain Enveloppera entièrement De sa lueur. 89..Car tu vois déjà

les pousses ou' rayonne Gaiement un plein éclat futur,comme Une

certitude qui illumine tout le Paysage. 90..Les oiseaux qui viennent

S'abreuver du puits, Leur chant est encore Dans ma voix. 91..Je ne

sais pas Si les ronces bordent encore Le long chemin Qui mène Aux

pâturages. 92..Une certitude que tu sèmes,sur les branches En

bourgeons en fête,qui s'emparent de la Lumière,pour la refléter

entière jusque dans Tes yeux. 93..Une certitude que tu sèmes dans les

lointaines Prairies,pour qu'en un seul jour,la Dormance de toute une

saison s'oublie. 94..Je ne sais pas Si les arbres Dans le jardin Ont

eu leur eau Chaque matin. 95..Une certitude que tu sèmes dans le pas

Qui accompagne les couleurs du jour,dans La rue,pour que sur le visage

dans le Sourire la douce lumière chaque matin Grandit. 96..Une douce

certitude que tu sèmes dans tout Le paysage,car d'elle émane la beauté

Que peut porter en lui,le jour qui se Lève. 97..Les oiseaux qui

viennent S'abreuver du puits, leur chant est encore dans toute ma

voix. 98..La douce certitude est née les nuits ou' les Lourdes gouttes

de sueur défilent accompagnées Du geste qui se refait comme un élan au

Plus haut de sa pureté. 99..Elle est née de ce sourire que tu

connais,que Tu as vu grandir pendant des années,qui T'accompagne comme

un peu de ta chaleur, Que tu retrouves là,pour te rassurer. 100..Je ne

sais pas Si les arbres Dans le jardin Ont eu leurs fleurs, Ont eu

leurs leurs fruits, Pour toi. 101..Elle est née au moment ou' tu

marchais, Les yeux loin devant pleins d'images qui Germaient,pour

remplir ton silence de Sa gaieté. 102..Elle est née,elle est là

partout sans être Récitée,et dans sa présence,il y'a une Lumière qui

éclaire,ces moments ou' tu Attendais. Une lumière 103..Les oiseaux Qui

viennent s'abreuver Dans le puit, Leur chant est loin Dans ma voix.

104..Une lumière comme une promesse dans Le rêve têtu qui sillonne les

nuits,les Yeux ouverts pour aller au-delà des Horizons que le matin

trace. 105..Une lumière dans le rêve têtu qui Ramasse les lumières

éparses en coupe ou' Les rayons s'enlacent pour une danse de

Demain,ou' la joie chantera le plus bel Air. 106..Ce nom, Je le

cherche Chaque matin, Celui du pays lointain. 107..Le plus bel air cet

air,couleur de gouttes De miel dans un cercle de pétales qui Scintille

de petits rayons de soleil dans toute La voix. 108..Un air gai qui ne

connaît pas la Tristesse,qu'annonce toute la tendresse Ramassée jouir

après jour,et mise là ou' Le regard ne peut l'ignorer. 109..La récolte

Durera sous le soleil Toute une saison. 110..Un air gai dans la

fraîcheur nocturne Qui rechauffe pour donner au visage Ces traits aux

contours purs qui apparaissent Les grands jours pour ne plus

s'effacer. 111..Un air gai dans le silence pour l'adoucir, Pour qu'il

ne demeure pas au-delà d'un Instant,ou' tout dans l'image qui se forme

S'habille de chaudes couleurs. 112..je t'ai vu entrer, Tu étais

presque nue Dans la pénombre, Tu t'es avancée Vers moi, La main

tendue. 113..Un air qui ne connaît pas la tristesse des Matins

maussades,ou' les yeux fixent le sol Avant de découvrir que devant

l'espace est Infini. 114..Que devant,dans la lumière qui se dépose

Lentement,il y'a dans la vie qui se lève, Comme un éclat doré qui

accueille l'aube Nouvelle. 115..Tu m'as regardé dormir,tu m'as presque

Serré contre toi,puis tu t'es mise à Mes côtés. 116..Devant,sur les

routes,sur les chemins,sur la Terre,sur les toits la vie se lève,comme

Ces premières paroles regorgeant d'un suc éblouissant. 117..Comme de

premières paroles,prononcées à L'ombre d'un olivier,en chuchotements

Que le crépuscule irradie de ses couleurs Etalées à l'horizon.

118..Déposée sur tout l'horizon,pour lui donner Ce teint ou' tout

paraît si beau,si grand, Ou' tout invite à s'aimer. 119..Des paroles

de chaque jour,des paroles des grands Jours,ou' tout paraît si plein

de cette douce Chaleur que porte en elle la lumière. Des chemins…

120..J'ai caressé Tout ton corps, Ensuite j'ai caressé Tes seins

flasques Dans mes mains. 121..Des paroles auréolées d'une ligne gaie

de Lumière qui tracent des chemins,ou' les Pieds ne s'écorchent pas

dans les nuits les Plus sombres. 122..Des chemins boueux en

hiver,poussiéreux en Eté au passage des troupeaux,des chemins Semés de

légendes,qui dorment d'un sommeil D'ange,le sourire peuplant le

silence Jusqu'aux premières lueurs. 123..Des chemins aux pas

jaunes,ou' dans les Flaques limpides,le branchage des arbres S'enfonce

comme des racines. 124..Des chemins aux pas noirs,ou' dans L'eau qui

tombe du ciel,odeur de Nuages quelques pétales et des chants D'oiseaux

se dessinent sur le ciel. 125..Des chemins odeur de nuages,aux pas

Innombrables et sales,ou' tard dans le Soir tiède les légendes se

lèvent pour veiller Sur les lieux. 126..Des chemins ou' les légendes

se lèvent pour Nommer les lieux et parler au non qui Ornait les

bouches.C'était le seul soleil à Se lever. 127..Pour épeler les pas

odeur de nuages,qui Recouvrent les grains d'une mince caresse,

Enveloppe de terre,regardée pendant si Longtemps qu'elle habite les

yeux. 128..Enveloppe de terre,enveloppe de terre presque Noire,terre

habillée du jour ou' tout Le paysage est en fête,regardée pendant Si

longtemps qu'elle habite les yeux. 129..Paysage en fête,enveloppe à la

terre, Pétales blancs,feuilles blanches,regardées Pendant si longtemps

qu'elles habitent Les yeux. 130..Des chemins odeur de nuages,les

légendes Se lèvent tard dans le soir tiède,pour Parler des couleurs

qui ramassent le Regard et le répandre en grains à toute la Plaine.

131..Dans tes yeux,il y'a la couleur de la Terre gorgée d'eau,sous un

ciel sombre, Ou' des oiseaux noirs bercent le vent. 132..Dans tes yeux

il y'a la terre,ou' le ciel Limpide se reflète,pour enfoncer ses

racines Sans écume. 133..Il y'a dans tes yeux une terre arrosée de

Gouttelettes de soleil,ou' mûrissent les pousses Qui verront le

printemps. 134..Dans tes yeux la terre se lève habillée d'un Printemps

aux premiers rayons qui reviennent, Avec dans les mains encore

froides,un oiseau Au plumage étonnant de blancheur. 135..Avec dans les

mains la profondeur d'un Bleu clair que les rayons qui reviennent

N'ont pas encore rechauffé. 136..De cette profondeur qui donne aux

rayons, Leur transparence des jours ou' la Parole est si simple.

137..Des jours ou' le rire est si simple, Qu'il regorge d'un goût que

Connaissent tous les âges. 138..Des chemins aux pas jaunes,les

légendes Se lèvent dans la tièdeur du crépuscule Pour parler des

rayons qui reviennent. Comme une première parole. 139..Des rayons qui

reviennent,comme de Tendres feuilles nouvelles penchées aux

Bourgeons,adossés aux bourgeons Pour rechauffer les seuils. 140..Pour

t'accueillir le matin,comme Une première parole qui invite à la

Parole,qui regorge d'une transparence, Que connaissent tous les âges.

141..Qui invite à une première parole,qui Regorge d'une transparence

qui apparaît Dans toutes les paroles que fait naître le Jour. 142..Qui

apparaît aussi profonde que l'éclat De tes yeux,après cet instant ou'

lorsque la Larme a fini de couler,tu fixes un point Devant. 143..Tu le

fixes pendant un instant,puis Tu te lèves.Demain lorsque le soleil se

Lèvera,il te verra loin déjà à marcher, D'un pas décidé. 144..D'un pas

décidé sur qui rien ne peut Peser,car dans la vie qui se lève,devant

Il y'a comme un cœur aux nuits ou' Le sommeil n'est revenu que très

tard. 145..D'un pas décidé,plein de l'éclat vivant Dans chaque

fibre,qui ouvre les yeux pour Se remplir des rayons qui reviennent.

146..Les rayons qui reviennent de loin ne sont Pas froids,ils ne

s'emparent pas du grain, Ils l'enveloppent jusqu'à demain d'une Tendre

étreinte. 147..Pour que lorsqu'il se lève,lorsqu'il Regarde,il se

reconnaisse dans la chaleur De toute cette transparence autour.

148..De cette profondeur dans la transparence qui N'étonne pas,qui est

là comme un Visage à tout le paysage. lignes de demain 149..Un visage

aux feuilles,à leurs couleurs,un Visage aux racines,à leur teint comme

un Fruit mûrit au soleil. 150..Un visage aux murs,un visage aux toits,

Un visage aux chemins,un visage aux pas Jaunes,aux pas noirs,aux pas

aux couleurs Bizarres couleur de nuages. 151..Un visage aux légendes

qui se lèvent au chant Du crépuscule tiède,pour veiller sur les lieux,

Jusqu'aux premières lueurs,comme une terre Pour l'horizon. 152..Un

visage à l'horizon,au jour,un visage à La lumière,un visage dans la

profondeur de La transparence des rayons qui reviennent d'une Nuit aux

rêves colorés. 153..Les légendes ont parlé,la nuit lorsque les Rêves

finissent de se colorer le jour Apparaît. 154..Et le jour ou' les

matins sont gris,il y'a Une étreinte tendre qui enveloppe les grains

Adossés aux racines du grand olivier. 155..De cette profondeur dans la

transparence qui N'étonne pas,qui est là la même devant, Dedans.

156..La même devant,la même dedans,comme Un espace infini,qui ne

s'arrête pas au Premier horizon. 157..De cette transparence dans la

profondeur Des rêves qui occupe de ses senteurs comme Une tendre

pensée lointaine,au matin. 158..De cette transparence partout

devant,ou' L'élan des pas décidés,a tracé un Chemin couleur des lignes

de demain. 159..Un chemin aux pas jaunes,ou' les chevilles Ne se

foulent pas,ou' jamais un pied ne S'est écorché,un chemin qui effleure

les Pas,pour les porter loin au-delà du Premier horizon. 160..Les

légendes ont parlé,les lignes naissent de toi Et grandissent de tes

mains.Un jour en Regardant tu verras qu'elles ont donné à tes Yeux le

plus bel éclat. 161..De cet instant triste qu'il n'y a pas A

l'horizon,pour peupler l'espace Infini. 162..Les légendes ont

parlé,les matins gris ne sont Pas maussades,même s'ils portent des

Nuages bas et gros.Dans leur voix il n'y a Que la joie pour parler des

instants tristes. 161..Le plus bel éclat,celui qui accompagne Les

dires dans les veillées,pour leur Donner une âme qui fait entrevoir

les Lendemains. 162..Des lendemains ou' les matins ne sont pas

Maussades,des lendemains ou' les matins Peuvent être gris,des

lendemains qui Parleront d'une voix gaie de cet Instant triste.

163..Il y'a eu des instants tristes,ou' les mains Chaudes ont baigné

dans le silence,et Lorsqu'elles se sont assemblées de leurs

Chuchotements est né un soupir. 164..Il y'a eu ces instants,ou' les

yeux se sont Fermés pour un long voyage dans les Contrées les plus

éloignées,et lorsqu'ils se sont Ouverts le soleil était déjà haut dans

le Ciel. 165..Il y'a eu des instants presque tristes ou' Dans le

silence qui rechauffe de sa Tendresse un soupir,les yeux regardaient

Loin devant,comme pour entrevoir le Matin. 166..Il y'a eu des instants

ou' les yeux se sont Fermés pour un long voyage dans des Contrées très

éloignées ou' tout a la forme Du rêve. 167..Et lorsque les yeux se

sont ouverts,le Soleil était haut dans le ciel..Sur Les feuilles,les

gouttes de rosée déposées la Veille se sont effacées. 168..Les

légendes ont parlé,cette tendresse qui Rechauffe dans le soupir,ce

sont ces fleurs Qui habitent les bords des chemins,petits Soleils dans

la pluie et les vents. 169..Ce sont ces fleurs qui accompagnent les

Chemins,dans leur escarpement,dans leurs Sinuosités,petits sourires

dans l'écoulement Des eaux tranquilles. 170..Ce sont ces fleurs

qu'arquent les vents nocturnes Et qui se relèvent au matin,comme pour

vous Regarder dans les yeux et vous dire les longues Veillées sur la

terre. 171..Ce sont ces petits soleils aux abords des Chemins,que ne

cabrent pas les lourdes Gouttes qui tombent du ciel. 172..Elles

tombent et ruissellent,en un filet Clair sans murmure sur tout le

pourtour, Jusqu'aux premières racines pour déposer Quelques

poussières,des poussières âgées de plus D'une saison. 173..Des

poussières sur les feuilles,que connaissent Les chemins,qui parlent

aux chemins le Visage presque sale. 174..Les légendes ont parlé les

pas aux couleurs Bizzares sales,couleur de nuages sont un Feu

d'artifice dans le ciel,dans une légendes ont parlé les pas aux

couleurs Bizzares sales,couleur de nuages sont un Feu d'artifice dans

le ciel,dans une nuit Etoilée. 175..Et lorsque dans le doux silence

qui berce Les paupières,il embrase la tiède pénombre, D'un chant

enfoui dans les étoiles,le rêve Libère le rire logé au fond des yeux.

176..Le rire vit au fond des yeux,il; est le chant Qui sommeille dans

les étoiles,depuis des Millénaires,comme des racines pour les Lignes

de demain. 177..Le chant enfoui dans les étoiles,tu l'as Cherché

durant de longues années,dans le Doux silence de la tiède pénombre,les

yeux Levés vers cette fête de lumière qui baigne Tout l'univers.

178..Tu l'as cherché pendant longtemps,car Tu savais,lorsque le doux

silence lève son Voile l'aube apparaît. 179..Le chant dans toutes les

étoiles est en toi, Il est en nous,il dort d'un tendre Sommeil que

bercent les années. 180..Il est en nous enfoui,comme dans des

Etoiles,yeux aux légendes lorsqu'il étale Sa faible lumière aux

chemins. 181..Il est en nous,il est là,il sommeille Comme un jour qui

se lèvera à l'aube. 182..Il est là depuis des millénaires et le jour

Qui se lève est une lueur,une de ses Lueurs infinies,qu'il met à

l'horizon, Avant que tes yeux ne s'ouvrent. Titre: Grain qui s'éveille

Genre: poésie Nom d'auteur: jefferson jessica et boulegriet m. Email:

[email protected] nuit Etoilée. 175..Et lorsque dans le

doux silence qui berce Les paupières,il embrase la tiède pénombre,

D'un chant enfoui dans les étoiles,le rêve Libère le rire logé au fond

des yeux. 176..Le rire vit au fond des yeux,il; est le chant Qui

sommeille dans les étoiles,depuis des Millénaires,comme des racines

pour les Lignes de demain. 177..Le chant enfoui dans les étoiles,tu

l'as Cherché durant de longues années,dans le Doux silence de la tiède

pénombre,les yeux Levés vers cette fête de lumière qui baigne Tout

l'univers. 178..Tu l'as cherché pendant longtemps,car Tu

savais,lorsque le doux silence lève son Voile l'aube apparaît. 179..Le

chant dans toutes les étoiles est en toi, Il est en nous,il dort d'un

tendre Sommeil que bercent les années. 180..Il est en nous

enfoui,comme dans des Etoiles,yeux aux légendes lorsqu'il étale Sa

faible lumière aux chemins. 181..Il est en nous,il est là,il sommeille

Comme un jour qui se lèvera à l'aube. 182..Il est là depuis des

millénaires et le jour Qui se lève est une lueur,une de ses Lueurs

infinies,qu'il met à l'horizon, Avant que tes yeux ne s'ouvrent.

Titre: Grain qui s'éveille Genre: poésie Nom d'auteur: boulegriet m.

15.Crépuscule d'été

Crépuscule d'été 01..Tout ce que tu ne sais pas écrire,tu me l'as

Appris,tu me l'apprends et maintenant,il N'y a pas une chose que

j'ignore. 02..L'absence est si longue et beaucoup reviennent, D'un pas

sûr,sur le visage quelques traces de Fatigue et l'ardeur des

retrouvailles futures. 03..Ils reviennent le pas sûr,vers la

demeure,avec Dans les mains,et marchant à côté,marchant Derrière des

enfants frêles,aux yeux ouverts Que rien autour

n'étonne. 04..Maintenant,je les vois sur les chemins,sur Les

arbres,sur les murs,sur les toits,je le Vois devant,loin devant.

05..Quelques uns s'avancent un bras dans l'autre, De leurs petits

pas,sur le visage et dans la Voix,la grande joie de reconnaître ce

chemin Pour la première fois. 06..A l'écart,beaucoup

attendent,debout,assis Sur les pierres qui restent des décombres,dans

Les yeux,le même éclat de l'absence si longue. 07..Dans le chant clair

de sources,que les siècles Innombrables n'ont pas taris. 08..Assis sur

les pierres,parfois des regards se croisent Et lorsqu'ils

s'attardent,les sourcils se froncent, En quelques rides qui

s'enfoncent dans un sourire Qui effleure les lèvres. 09..A même le

sol,sur un papier dépoussiéré,un Peu usé,trouvé à côté,à

errer,quelqu'un, Les paumes aux joues frédonne un chant qui a Fait

briller les yeux dans le silence. 10..Lorsque tu as entendu le

bruissement doux du Filet transparent qui scintille au soleil,comme

Une feuille à la brise légère du soir,tu as Goutté trois longues

gorgées. 11..Un chant que beaucoup connaissent,car des nuits

Durant,étalé,les mains ouvertes,entrecroisées sous La nuque,il a

accompagné les yeux ouverts,au Loin qui se sont fermés tard pour

quelques heures D'un doux sommeil. 12..Longtemps,très

longtemps,lorsque tu as vu le Branchage tendre se refléter,en un nid

chaud Pour les oiseaux qui viendront,lorsque tu as vu le Bleu du ciel

remplir en entier le fond,tu t'es Désaltérée. 13..Le soir,ils seront

entassés pour un doux Sommeil,sur le sol chaud encore,en petite

Montagne,à l'abri des pluies. 14..Lorsque beaucoup reviennent de

loin,les Têtes se redressent et quelques uns se lèvent, Ils ouvrent

les bras pour une tendre Etreinte et partent sur une courte distance,

Un long salut pour ceux qui restent. 15..A l'abri des vents,à l'abri

de la poussière, Sur le sol chaud encore portant le jour Dans ses

racines,Ils dormiront d'un doux Sommeil jusqu'au matin.

16..Maintenant,entre les arbres une brise légère Souffle,d'un chant

qui gorge les branches Inondées de lumière,d'un sourire qui durera Des

saisons. 17..Quelle beauté,dans la tendresse de cette Etreinte,dans la

chaleur de ces regards Qui durent,pleins de l'absence si Longue en

silence. 18..Lorsque le soir,personne ne passe plus sur Le chemin,ceux

qui attendent cherchent Dans leur mémoire le lieu ou' beaucoup Encore

peuvent être. 19..La marche défile paisible et pleine de pensées

Ensoleillées,et dans ses yeux devant,décidés,je Revois le visage de

celles qui n'ont pas dit Leur fatigue,sur de longues distances,un

Enfant endormi sur le dos. 20..Les horizons défilent beaux et chacun

regardé Me parle rien dans les mains,à me donner, En

silence,longuement et dans chaque parole, Dans chaque parole,apparaît

plus près le retour. 21..Car les horizons ne veulent pas se vider,car

les Horizons se sont habitués à ceux qui ont Marché sur les chemins et

donné un nom,au Carrefour ou' ils se sont rencontrés pour la Première

fois. 22..Et sur chaque pouce de terre,recouverte de Feuilles,partout

entre les courtes herbes,il y'a Comme la voix des enfants qui

résonne,fière D'avoir les mains assemblées,pleines. 23..La marche

défile lente et plus éclairée, Ensuite le carrefour avant le premier

horizon, Et celui ou' je t'ai rencontrée,accompagné De tendres

paroles,restées gravées sur les visages, Sur le chemin,sur les

pierres,sur les Sourires à ce moment regardés. 24..Pleines de fruits

murs,noirs,tendres au Toucher,brillants des éclats d'une étendue De

neige au soleil. 25..Je vois tes yeux briller,tes joues Enflammées et

tes lèvres un peu sèches D'avoir beaucoup marché. 26..Le soir,je te

revois assise les mains Assemblées,un peu pensive,mais rassurée Comme

si les horizons t'ont parlée,en Silence du jour dans chaque parole,

Qui rend le retour si près. 27..Je revois ces enfants qui parlent de

Temps à autre,de leur air gai que Chaque foulée fait grandir,et

lorsque Je te regarde,je vois de petites gouttes De sueur,se former

sur ton front. 28..Je te revois assise,les yeux vers ces flammes,

Etoiles dans la nuit et après un soupir, Tu prononces,quelques

mots,restés beaux Dans ma mémoire. 29..Lorsque tu te tais,le regard

humble et Plus chaud encore,je remarque que ta Pensée est déjà loin.

30..Cette nuit,le ciel ne porte pas de nuages, Et dehors la fraîcheur

enveloppe les visages. Lorsque la sève lunaire a recouvert le passage,

La douce pénombre s'est dissipé. 31..Demain,lorsque tu passeras sur le

chemin, Qu'effleurent les rameaux,à la brise comme une Caresse,tu

percevras le doux bruit feutré des Fruits qu'accueille la terre.

32..Ils rentrent,les yeux devant,et le pas Léger,après un regard

ensoleillé,après un Sourire en silence,après une chaude poignée De

mains,car demain,ils seront là,dès L'aube,ensemble à attendre.

33..Demain les fruits entassés se mettront en cercle, Pour scintiller

longuement de cet éclat des Joues enflammées,à la douceur de la

flamme. 34..cette nuit le vent a soufflé,il n'était pas Fort,et des

feuilles se sont accrochées à ses Ailes,comme pour accueillir la

lumière qui Monte à l'horizon,demain il ne fera pas froid. 35..Loin

dans les contrées,dans les pâturages, Dans les rues qu'au retour tu

verras, Se remplir de ces jours doux ensoleillés, Aimés en silence.

36..Lorsque le soir,personne ne passe sur le Chemin,ceux qui attendent

rentrent après Avoir cherché dans leur mémoire,le Lieu ou' beaucoup

peuvent être encore. 37..Et dans ta randonnée,tu prendras à chaque

Fois une poignée,que tu étaleras de tes doigts Brillants,pour voir si

un peu de buée Imbibe leur peau. 38..Demain dès l'aube,ils seront

peut-être Plus nombreux,car parmi eux,il Y'aura quelques uns,de ceux

qui sont Déjà revenus,revenus sans trouver une Personne pour les

accueillir,les bras Ouverts,devant le seuil dépoussiéré. 39..Lorsque

quelques rides apparaissent,lorsque des Rides se forment,dans ton

regard,elles S'habillent entières de lignes de lumière. 40..Les fruits

sont plus mûrs,ils attendent L'étreinte de la paume,une longue

étreinte Qui fait briller les mains d'un doux éclat Etalé. 41..Le soir

devant un feu doux,les mains Assemblées,je revois la marche paisible

Et les horizons s'ensoleiller. 42..Je revois les étoiles regardées,je

revois les Etoiles assemblées,que tu aimais contempler Et les matins

ou' il fallait encore Marcher,partir presque gais,avant que La

fraîcheur de la veille ne se dissipe. 43..Qui fait briller le visage

de cette lumière profonde, Que trace la récolte qui dure,qui fait

briller Les pieds,qui fait briller toute la paume. 44..Les horizons

défilent ensoleillés,et lorsque Je les regarde longuement,c'est pour

Leur donner des couleurs qu'au retour, En les effleurant,je les verrai

porter. 45..Les carrefours défilent vivants maintenant, Car à chacune

des rencontres,pour la Première fois,nous leur avons donné Un nom,un

nom pour naître,pour Qu'au retour,tu les reconnaisses,tu Les vois

toujours vivants. 46..Lorsque tu prendras un tas,pour le regarder Tu

verras les reflets du suc naître,comme Quelques reflets dans ton

regard. 47..Les horizons défilent paisibles,et lorsque Je les

revois,sur leurs branches leurs Nids,sur leurs pousses,leurs fleurs,

Sur leurs clairières,leur verdure S'accrochent d'un geste tendre et

lent Quelques uns de tes mots,restés beaux Dans ma mémoire,pour qu'au

retour Tu n'oublies pas les pierres qui jonchent, Et les pas des pieds

nus sur les chemins. 48..Demain près du ruisseau,au bord de l'eau,dans

La cuvette aux bords polis,aménagée amoureusement, Lorsque tes mains

s'assemblent,pour effleurer l'eau, Le suc naîtra. 49..Cette fleur dans

tous les champs,après plusieurs Horizons,tu voulais la regarder de

plus près,et La mettre ensuite à côté de quelques photos,dans Le livre

qui ne te quitte jamais. 50..Cette fleur tu la voulais,mais ce n'est

qu'après L'avoir vue dans tous les champs que tu en As parlé. 51..Je

te revois marcher et regarder les champs en Fleurs,comme si tu voulais

leur parler. 52..Ce n'est qu'après plusieurs horizons que tu as

Parlé,de cette fleur qui pousse rare,dans tous Les champs qui

accompagnent les chemins. 53..De temps à autre,aux bords des champs,

Loin des chemins,je revois sous un arbre Solitaire,une élévation de

terre,entourée De verdure et recouverte de quelques fleurs

Eparpillées,ou' quelqu'un se repose,dans Un endroit ou' personne ne

vient. 54..Maintenant ,après plusieurs horizons,tu l'as Voulais dans

tes mains,la sentir et Tendrement la caresser,ensuite la mettre Dans

ce livre que tu as tant aimé. 55..Maintenant,je me souviens de

l'enfant Qui a dévalé la pente légère,gai pour Te la ramener. 56..Un

suc au goût ensorcelant,un suc pur Dans tes mains assemblées,qui

rempliront tout Le jour,la jarre jusqu'à son goulot. 57..Il l'a

tendrement cueillie,pour ne pas L'abîmer et te l'a offerte,juste après

Avoir entendu,qu'elle poussait rare,qu'elle Poussait dans tous les

champs. 58..Le soir,je te vois longuement la regarder,se Reposer

paisible,puis fixer devant en silence, Les flammes étoiles dans la

nuit. 59..La porte s'est refermée avec fracas et lorsque La porte

s'est refermée les yeux se sont Soudainement ouverts,et lorsque les

yeux se sont Ouverts la première larme a coulé. 60..Suivie d'autres

qui se sont déversées,contenues, Contenues,contenues puis se sont

déversées,en un Flot qui a emporté ce qui gisait depuis longtemps

Enfermé. 61..Lorsque tu parles,tu prononces le jour dans Les dires,en

silence des horizons ensoleillés, Puis tu nommes dans un sourire amusé

tous Les lieux que tu te rappèleras au retour. 62.Le lendemain,ils

étaient beaucoup plus à Attendre,beaucoup plus qu'hier à Attendre,car

parmi eux,il y'a quelques uns De ceux qui sont déjà revenus.. 63..Car

depuis longtemps des débris gisaient,comme Dans un grenier oublié,car

depuis longtemps Des débris gisaient au vent qui les emportait,au Vent

qui les émiettait. 64..Ils ont trouvé les seuils propres et devant,

Personne pour les cueillir,lorsqu'ils Ont passé la porte,ils ont vu un

large Rayon de soleil filtrer de la fenêtre, Pour éclairer chaudement

tout l'intérieur. 65..Au vent qui les arrachait,au vent qui les

Déplaçait,au vent qui les émiettait car Depuis longtemps des débris

gisaient aux abords Du chemin fleuri. 66..Ils n'ont trouvé aucun mot

écrit,déposé Sur la méida,sur la table,tout était A sa place,il

y'avait même la place, Laissée vide,des petits objets chers,pris à la

Hâte,un peu avant le départ. 67..Je te revois, assise,pensive les

mains Assemblées,regarder les feux,étoiles dans La nuit comme pour les

chanter. 68..Je te revois regarder longuement les étoiles Dans le

ciel,comme pour leur parler. 69..Et à mesure que le temps passe,je te

Revois dans la marche,dans les carrefours ou' Beaucoup se sont

reconnus pour la première Fois,pour leur donner un nom dans les

Horizons,dans le jour,dans leurs dires en Silence ensoleillés qui

défilent paisiblement. 70..Le lendemain,ils se sont avancés pour

Attendre,personne n'était à l'écart,comme Hier,car beaucoup reviennent

encore sur Les chemins. 71..Car ceux qui sont revenus parlent

maintenant, Avec un sourire et un peu de fatigue encore Sur le

visage,de ceux qui accompagnent les Chemins,les pensées ensoleillées

paisibles. 72..La nuit est douce,elle est de ces nuits qui Remplissent

tes mains fermées,de beaux rêves que Tu raconteras lorsque l'aube se

lèvera à tous les Horizons pour s'étaler aux quatre coins de chaque

horizon. 73..Je te revois assise,les yeux devant en Silence me

regarder comme si tu savais Que l'absence allait durer de longues

Saisons. 74..Je te revois pour quelques instants,faire des Pas dans

les champs,à la recherche d'épis Que tes mains décortiquent,en

marchant Amusée. 75..Beaucoup sont partis loin,lorsque les Décombres

ont commencé par joncher les Trottoirs. 76..Ils sont partis loin,dans

des contrées qu'ils Apprendront à connaître peut-être,pour Un peu de

temps. 77..Les nuages courent encore,ils ne sont pas Menaçants,ils

courent encore et de leur Course effrénée est apparu le soleil.

78..Longtemps après,quelques uns marcheront sur Les routes;les yeux

vers les plaines autour,pour Se rappeler les champs. 79..Ils

s'arrêteront pensifs,devant le branchage Des arbres pour un

instant,pour écouter Le doux chant des oiseaux de la terre Quittée.

80..C'est vrai,il a fait un peu mal aux yeux lorsqu'il s'est emparé

timidement de la fraîcheur piquante au visage,qui s'est ramassé,mais

il est apparu. 81..Beaucoup reviendront avec dans les mains, Des

rameaux cueillis en cours de chemin. 82..Ils reviendront une pensée

dans les mains,pour Ceux qui sont restés peut-être,pour ceux qui Sont

restés,pour ceux qui ont longuement Parlé,des champs de blé et des

orangeraies Au départ. 83..Il est apparu,car hier au crépuscule le

ciel Etait flamboyant,et la chaleur qu'il a portée a Demeuré le temps

de la pénombre qui a enveloppé les Paupières pour quelques instants.

84..Aux pieds du verre flamboyant gisent des débris, C'est une pensée

qui vient ,qui naît,qui remplit Le regard qui va loin,au-delà des

océans, Dans des contrées que tu ignores. 85..Ils reviendront une

pensée dans les mains Pour ceux qui ont parlé,des longues Promenades

entre les arbres,les mains Tendrement liées,pour le seuil,pour Les

toits,pour l'intérieur qui a Beaucoup manqué. 86..J'ai vu dans tes

yeux deux rameaux entourer La mémoire entière d'une auréole de lumière

qui Rayonne maintenant dans ma pensée,pour éclairer La route,la longue

route qui mène au beau pays. 87..Au beau pays que j'ai hâte

d'étreindre,d'une Etreinte farouche,millénaire,logée dans mes bras,

Dans ma poitrine,dans toute ma langue,comme Des rayons de soleil qui

effleurent tendrement un Paysage de printemps. 88..Par endroits,il y'a

encore des débris,des décombres Qui jonchent les trottoirs,et dans les

mains de Quelques uns,de ceux qui reviendront,il y'aura Des rameaux

,cueillis encours de chemin. 89..A mesure qu'ils reviennent,sur le

chemin, Je ma rappelle ta tête levée à regarder les Etoiles que l'on

voit de tous les lieux assemblés. 90..Des lettres tombent pesantes et

tracent des lignes, Mais à chaque fois,comme si elles se renouvelent,

Mes mains deviennent plus lourdes. 91..Le soir lorsque je les

regarde,lorsque je Les revois,pensif et la tête levée,je Sens ta

présence,là,près de moi,pour Quelques instants,à mes côtés. 92..Le

fleuve coule vaste au loin et limpide. J'ai bu de son eau,toute ma

peau a Bu de son eau,de claires et tendres gorgées, Les mains

assemblées et pleines et l'absence Dure encore. 93..Des lettres

s'étalent,et dans les lignes qu'elles Tracent naît une pensée dans ta

voix. 94..J'ai lancé à sa surface vivante et Tranquille des fleurs,de

belles fleurs Blanches,cueillies ce matin dans le bois Le plus proche

et j'ai attendu,les yeux Au loin. 95..Des lettres tombent,pesantes,se

disposent et se Gravent en images qui demeurent au-delà de l'empreinte

des années. 96..lorsqu'elles ont atteint l'horizon,je t'ai sentie sur

les marches,à mes côtés,la peau resplendissante de cette eau bénie.

97..Les mains s'assemblent,se remplissent et S'étalent sur la

chevelure,sur le visage, Le soir au départ,on emmènera un Récipient

plein,joie pour les enfants. 98..Ce jour-là,tes yeux s'ouvriront pour

voir mon Sourire accueillent et dans chaque mot,le même Que je

prononcerai,il y'aura un nom à ta mémoire. 99..Quelqu'un les pieds

croisés,sur un tapis de Verdure,après une journée dans la rizière,dans

Le champ infini regarde au loin. 100..A l'horizon,il y'a

d'innombrables réponses,les Mêmes qu'il y'a dans les champs qui ne

Sont pas hantés. 101..Autour,tout autour rien ne te rappelle,il n'y a

Que des arbres qui perdent leurs feuilles en plein Automne. 102..Rien

ne me rappelle les matins,car lorsque tu te Réveilles pour partir,mes

yeux déjà ouverts depuis Longtemps commencent à s'envelopper d'un

Brouillard. 103..Des chants ,ou' de douces légendes veillent la

Nuit,des champs pleins de pousses rieuses et D'eau qui connaissent la

présence de mes Pas réguliers. 104..A l'horizon,il y'a des

réponses,comme Celles qu'il y'a dans les champs gorgés d'eau Infinis.

105..Et lorsqu'il les a enlacés de toute sa douceur, J'oublie tout un

rêve,un beau rêve qui revient Presque chaque jour,depuis plusieurs

mois déjà. 106..Dans les champs qui connaissent mes pieds, Qui

inondent mes pieds,presque jusqu'aux Mollets,parfois toute la journée.

107..La tempête n'apeure plus maintenant,car Tôt lorsque le soleil

baignait encore le Ciel,les hommes ont tracés des sillons, Un long

sillon qui parcourt la terre, Jusqu'à la grande rivière. 108..Avant

que la pénombre ne s'installe des pensées Ont grandi,demain

encore,elles iront vers les Halètements et la sueur que je connais.

109..Dans les champs,il y'a une réponse Qui se met dès l'aube,chaque

jour A l'horizon.Elle est dans les pas tracés, Réguliers à travers

l'eau claire dans La terre tendre. 110..Mais que sera la pénombre

lorsque demain,en Te levant tu verras dehors des lignes se tracer

Encore. 111..Quelques jours sont passés depuis des mois et Les

prairies ne deviennent que plus belles. 112..Le soir en rentrant

adossé à un Mur,les yeux au loin,une brindille A la main,je prie

encore pour que la Tempête n'emporte rien. 113..Pour que les pousses

grandissent,pour que La récolte dure une saison,dure toute Une

saison,dure le temps du chant Le plus long. 114..Demain,lorsque la

sueur lavera tes paumes,aux Lignes régulières,tu naîtras enfin pour

moi. 115..Pour que les enfants ne parcourent pas De grandes

distances,frêles en haillons,à La recherche d'un bout de pain dans Les

rues. 116..Parfois,je passe toute la journée dans Les champs

larges,car chaque jour,il Y'a une réponse qui se met à l'horizon.

117..Maintenant,il y'a un souvenir qui s'arrache Péniblement à la

flasque torpeur d'un Vague brouillard qui ne se dissipe que lentement.

118..Je passe toute la journée ,dans les champs Infinis,pour qu'à ton

retour,tu ne Partes plus,car à mesure que le temps Passe l'absence

devient si longue. 119..Les champs sont larges,larges jusqu'à

L'horizon,et à mesure que je les Parcours,les pieds nus,je vois le

sourire Grandir sur le visage des enfants,un bol de riz chaud à la

main. 120..Ce sont des fruits que tu ne mangeras Peut-être pas,ils

sont sur des arbres, Dans leur écorce,sur des arbustes qui S'étalent

jusqu'au loin. 121..Sur les collines enlacées jusqu'au loin,il y'a Des

arbres,il y'a des arbustes,aux fruits Que tu ne connais pas. 122..Ils

ne ressemblent pas,aux fruits colorés que Donne la terre à tes mains

assemblées. 123..Un vague brouillard qui se dissipe lentement pour

Laisser la plaine s'éclairer entière,et donner Au souvenir toute sa

beauté de quelques jours. 124..Ces fruits,tu ne les verras peut-être

pas, Car ils partent au loin dans des caisses En bateau,sur le fleuve

ou' jadis tu T'es baigné. 125..Sur ce fleuve,ou' tu t'es baigné

rieur,à Côté de femmes gaies,occupées à laver du Linge. 126..Dans la

pénombre,je sais que le jour tant Rêvé naîtra,et dans ses doux

scintillements qui Foisonnent,je reconnaîtrai à sa tendresse d'un

Regard,un éclat de tes yeux. 127..Sur ce fleuve limpide,ou' jadis

avant de Rentrer,le troupeau venait s'abreuver. 128..Maintenant,sur

les collines enlacées,il y'a Une route qui s'allonge pour mener

Jusqu'aux villages les plus éloignés. 129..Lorsque le ciel est plein

de nuages,les lumières Semées loin dans les montagnes éclairent comme

des étoiles Qui s'effacent ensuite,l'une après l'autre Presque à

chaque instant de la nuit. 130..Il y'a une route qui avance sur la

Montagne élevée,comme un salut,un Tendre salut aux maisons perchées.

131..Il y'a une route qui s'allonge,il y'a Une route qui avance dans

la montagne Elevée et un jour quelqu'un l'empruntera Pour venir te

parler des beaux rêves,faits Pour toi. 132..Sur la natte couleur de

tes pensées que tu Confectionnes maintenant,tes mains sauront Dessiner

plein d'étoiles,comme celles qu'il Y'a dans un ciel d'une belle nuit

d'été. 133..Le bateau qui passe, en silence sur le Fleuve large et

limpide jusqu'au loin a Emerveillé les enfants,car ils ne savaient pas

qu'il est plein de caisses qui vident chaque jour mes mains. 134..Trop

haut,trop haut je le vois aspirer L'énergie et faire de l'ombre à

quelques endroits. Parfois,il faut attendre longtemps pour avoir un

Peu de soleil.J'ai vu des bourgeons fermer les Yeux de bien-être

pendant un instant.J'ai Vu des bourgeons mettre un habit,ouvrir grand

les Yeux pour attendre un peu. 135..Un habit qui n'a pas de couleur.Il

n'est pas Noir,il n'est pas blanc,il n'est pas sourire Du soleil qui

s'étale dès l'aube pour effleurer Les chemins d'une caresse

légère.J'ai vu les Bourgeons le mettre et lorsqu'ils ont ouvert les

yeux Pour attendre un peu,leur front s'est ridé. Ils ne savent pas

qu'il est plein de fruits Qu'ils ne connaissent pas,qui vident mes

Mains,qu'ils ne goutteront peut-être pas. 136..Leur front s'est ridé

et dans leurs rides, Parfois je vois des lignes de pétales marcher

dans Les chemins.Dans leurs rides,je vois le grand Chêne construit en

une nuit.Je vois dans leurs rides De petits soleils orner tout leur

front. 137..Leur front s'est ridé dans l'ombre de ces endroits Ou'

pour goutter à un peu de soleil,il faut Parfois attendre

longtemps.Attendre parfois toute Une vie,au-delà d'une vie,pour

goutter à La caresse du soleil.Trop haut ,je le vois aspirer L'énergie

et faire de l'ombre dans ces endroits qui Aiment le soleil. 138..Plus

tard,bien plus tard,ils n'ont Pas vu le bateau immense passer,ils Ont

regardé les collines plantées d'arbres et D'arbustes alignés. Ils ont

regardé boire,et ses fruits doux Colorés. 139..Il semblait trop haut,à

cette pensée une Teinte d'ironie pinça le coin de mes lèvres, Car ce

que j'ai vu plus tard m'a fasciné:à Mesure que je marchais,ce qui

semblait trop haut Se réduisait à un point au loin qui disparaît.

140..Ils ont revu l'eau bénie et les endroits clairs, Ou' jadis,ils se

baignaient à côté de femmes Qui lavaient. 141..Non loin de là,elles

venaient remplir des jarres, Lorsqu'encore le sourire porte le rêve du

Matin et un peu plus bas,les troupeaux Venaient s'abreuver,le soir

avant de Rentrer. 142..Le chant ensemble est beau,ses racines portent

A leur bout la couleur d'un crépuscule D'été comme de petits

soleils,pour qu'au soir Ils se déposent sur toute la silhouette en

ligne Dorée. 143..Le fleuve coule vaste jusqu'au loin,et à Sa surface

vivant et tranquille,j'ai Jeté des fleurs blanches,cueillies ce matin

Du bois le plus proche. 144..Maintenant j'attends,dans les

rizières,dans Les champs infinis,ou' parfois je passe Toute la

journée. 145..Une ligne dorée sur les cheveux,sur les épaules, Sur les

bras,sur les jambes,sur tout le profil, Sur le regard,pour qu'il trace

dans la nuit Un chemin de lumière que tu prendras sans Jamais te

perdre. 146..Les champs sont larges,les collines s'enlacent Et les

montagnes sont hautes.Parfois,je les vois Se vider pour quelques

jours,le temps d'un Départ,pour peupler les rues et se remplir

Ensuite,à nouveau. 147..Je les vois se vider,le temps de quelques

Jours,pour peupler les rues à la recherche De couleurs qui ont

toujours manqué,sur Les visages des enfants. 148..Le chant ensemble ne

s'épuise pas,dans ses Racines vivent de petits soleils qui donnent aux

Gouttes qui ruissellent du front,sur les joues et Jusqu'au bord des

lèvres,la saveur de la terre,à Ses jours les plus beaux. 149..Je vois

mas mains se vider et le soir je Prie,pour qu'à ton retour,je sache

Etreindre encore. 150..Pour te parler au retour,du bol de riz Chaud

qu'il y'a chaque jour entre les Mains des enfants maintenant. 151..Les

jeunes filles se sont tues,elles attendent de Voir briller le visage

des vieux pour entamer Leur chant,seules quelques voix gaies

parviennent De l'oued ou' les gosses se rafraîchissent. 152..Je vois

les collines se vider et partir de Temps à autre,un bateau chargé de

Caisses d'un port sur le fleuve large, ou' jadis les troupeaux

venaient s'abreuver. 153..Des couleurs que je n'ai pas vu sur la Terre

depuis longtemps,des couleurs qui Faisaient son printemps,des couleurs

que Je n'ai pas vu sur les rizières,sur leurs Pousses,dans leur eau

claire,car mes Pieds étaient un peu écorchés. 154..Quelques gouttes de

sueur se forment sur les fronts Et coulent lentement sur les joues

enflammées. 155..Pour te parler longuement les yeux au loin Et le

sourire retrouvé des couleurs qu'il Y'a sur les visages des enfants

maintenant. 156..Pour te parler du chant des rizières ,maintenant, Du

printemps qui vient des champs larges,lorsque Chacun est parti pour un

jour,vers les rues Surpeuplées. 157..Ils sont revenus,pour revoir les

jardins ou' Des herbes folles envahissent les troncs fragiles Des

arbres fruitiers. 158..Le fleuve coule large,vivant et tranquille, A

sa surface,sur cette eau qui va Jusqu'au loin,j'ai jeté des fleurs et

je les ai Suivies pendant longtemps,pensif,du Regard. 159..Tout à

l'heure,je retournerai vers les Champs infinis,vers leurs pousses

printanières Qui connaissent la présence de mes pas. 160..Derrière

cette chaîne de montagnes,dans une Forêt ou' les arbres s'élancent

dans le ciel, on construit des salles,une cour et une cantine pour

qu'à midi,tu manges un bout de viande. 161..En rentrant le

soir,quelques uns rempliront Des récipients pour le bain des

enfants,qu'ils Prendront avec joie. 162..Tout à l'heure,je retournerai

vers les rizières, Vers leur eau claire qui connaît la chaleur De mes

mains. 163..La nuit,il a beaucoup plu,les rues sont Propres et presque

désertes. 164..Je les parcourerai jusqu'au soir et dans La

pénombre,adossé aux planches qu'effleure Le long arbre,lisse et

frêle,aux feuilles Légères,je regarderai la lune monter parmi Les

étoiles. 165..Ta main sûre ne connaît que caresse et L'humidité de la

terre,elle sait aussi planter Des graines de ce point à l'autre

bout,même si L'eau ne suffit pas,et finir avant les grandes Pluies qui

ont beaucoup dévasté l'année passée. 166..Le jour se lève sur la place

du village, Coquette encore,tout à l'heure quelqu'un viendra. Il

s'assoira sur une chaise et attendra le car,il Ne reviendra que le

soir un peu fatigué. 167..Je verrai son visage humble,lorsqu'elle est

Pleine,éclairer le paysage parmi les Etoiles. 168..Je verrai son

visage humble et son sourire Eternel,aller vers les

étoiles,lorsqu'elle est Pleine,pour éclairer la nuit le paysage.

169..Le jour se lève sur le fleuve discret,brillant Et pur pour ta

soif,il coule grandiose,sans Hâte entre chênes et oliviers jusqu'à

l'embouchure. 170..Le soir,adossé aux planches de la Cabane

qu'effleurent les longues feuilles Légères d'un arbre lisse et

frêle,je découvre les yeux au loin,la beauté qu'il y'a dans le chant

des rizières. 171..Le jour se lève,odeur de champs fertiles au

Printemps,fleurs ,nectar et papillons,fleurs, nectar et

papillons,fleurs,nectar et papillons Sur d'infinies étendues.

172..Maisons alignées et bancs devant les portes,le Village fait face

à la mer et le port accueille Des oiseaux blancs que rien n'apeure.

173..Je vois plus beaux les pieds nus dans son Eau claire,je vois

rieuses les pousses Printanières,je vois plus douce,pour mes

Mains,pour mes pieds son eau claire,et A mesure que la journée dure,je

vois plus Proche ton retour. Crépuscule d'été. 174..La rue est propre

et pleine d'une brise qui Sent les algues.Un pêcheur les pieds

allongés Sur un vieux filet manie une grosse aiguilles. Vol blanc dans

un ciel bleu,grace,pureté. 175..Le berger caresse la flûte et remplit

tout De son souffle,lorsque le dernier mouton Baisse la tête,il

s'adosse à l'arbre et ferme Les yeux. 176..Le chant des rizières est

né des journées entières Dans les champs infinis,il est né des prières

Faites en silence pour qu'ils reviennent. 177..Il est né des mains,des

pieds dans l'eau Douce et claire,il est né des pousses Printanières.

178..En hiver chaque vague,chaque jour ronge Un peu plus le rivage.

179..Il est né des légendes qui veillent sur les Etendues,la journée

et la nuit entière, Il est dans la route,dans la longue route qui Se

fraye dans la montagne. 180..Quelquesfois,quelquesfois seulement une

étoile Surgit et miroite dans le ciel le temps D'un soupir. 181..Un

jour reviendra la beauté dans les choses Et l'amour pour toi bourgeon.

182..Le chant des rizières est un chant d'amour Qui demeurera au-delà

du retour,il est Ce chant né pour qu'un jour tu Reviennes. 183..Pour

qu'un jour tu reviennes voir le Sourire,voir ce sourire qui ne veut

plus S'effacer dans les rizières,voir le chemin, La route qui se

fraye,longue dans la Montagne. 184..Un poème,plus que tes ailes,c'est

les toits Et ces montagnes qui accueillent. 185..Lorsqu'il se met

gai,tendre sur les collines, La tête se redresse,fière pour ignorer la

Menace du regard. 186..Le chant des rizières est un chant d'amour Qui

connaît les pieds pendant une journée, Dans l'eau parfois froide,mais

claire,il Est un chant que connaît la main,chaude Sur les pousses

tendres printanières. 187..Un poème,c'est tes mains,c'est ta bouche,

C'est ton cœur pour aimer les choses. 188..Et lorsqu'il est sur le

sable,sur ses pas,en Face de l'île de la mer,il ressemble à Une brise

douce et légère,qui caresse de Temps à autre la chaude étreinte des

Regards. 189..Qu'as-tu à ne pas savoir dessiner ce village De

pêcheurs,chanter sous la lumière,boire De la source à même le

sol.Qu'as-tu à Ne pas savoir qu'ici ou là-bas,la tendresse Dans les

hommes est la même. 190..Partout ou' je passe une image amie,une Voix

chaude éclaire humble mon chemin. 191..J'ai compris pourquoi l'autre

soir tu étais Triste,alors que le printemps est toujours là, Avec sa

voix qui monte jusqu'au ciel et Explose comme des feux d'artifice,la

nuit. 192..Il n'y a que la tristesse pour meubler les Mauvais

jours.Sur une chaise,dans le noir, Les yeux au sol,il y'a la lumière

qui Balaie la froideur que peut porter chaque chose. 193..Le

poème,c'est ce pinceau,c'est ces couleurs Qui engendrent la toile,une

place publique, Un paysage de campagne,un ciel sans nuages Ou' le

soleil est passé. 194..Le soir la gaieté précède le conte,autour d'un

Feu qui fait briller les yeux et donne aux Joues leur couleur,le conte

est infini,on le Retrouve même dans tous les rêves. 195..De temps à

autre tu regardes les pas réguliers De chaque jour,tracés au passage.

196..Je te revois les pas surs,sur les chemins couleur De la

terre,d’où' montent quelques poussières au Passage des troupeaux.

197..Je t'ai priée de voir la ville,les bans Et les passants,de voir

les pas et ces bateaux Gais qui arrivent.Je t'ai priée de te regarder,

De te reconnaître,tu t'es enfouies dehors,car Tu ne peux attendre que

mes bras se détendent,tu Ne peux attendre ce pain que chacun pourra

T'offrir. 198..Pourtant au début à l'aube peut-être,tu Savais rire,des

éclats d'un rire joyeux,dans La cour ou' une rangée d'arbres renait à

L'hiver. 199..Le matin quand tu te lèves,tu veux voir La beauté que

porte l'aube. 200..Quelques unes de tes paroles,restées chaudes,douces

Dans ma mémoire sont un hymne à l'amour Qui m'accompagne,pour te

revoir,les yeux Ouverts,tard le soir. Fin Titre: Crépuscule d'été.

Genre:poésie

16.Paysages d'hiver

Paysages d'hiver. 01..On avait la même couleur,on avait Les mêmes

habits,on avait le même Regard,celui qu'on avait sur lui. 02..Cette

saison il a beaucoup plu,des Nuages noirs ont parcouru le ciel toute

La journée. 03..De grosses gouttes sont tombées,drues sur Les rameaux

en fleur,sur mon visage, A l'abri loin du troupeau. 04..Cette nuit,la

cité pleure ses enfants Tombés dans les rues d'à côté. 05..On m'a pris

dans la rue,on a cherché Dans mes poches,on a cherché dans toutes Mes

poches,on n'a trouvé aucun papier. 06..On m'a fait monter,crosse au

dos, M'assoire serré près de campagnons. 07..Un peu de cendre recouvre

les feuilles,je ne Sais pas d’où' vient cette cendre,je sais qu'elle

Recouvre les pores des feuilles,qu'elle recouvre les Feuilles,qu'elle

embellit les feuilles,qu'elle donne Aux feuilles un air de printemps.

08..Je ne sais pas s'il me restera un peu D'enthousiasme pour vivre au

soleil de la Liberté. 09..Ils sont beaux les arbres ou' une grappe

d'enfants S'abrite à l'ombre du soleil d'été. 10..Demain nous irons

sur les chemins,cueillir ces Fleurs que tu aimes. 11..Ces fleurs qu'il

y'a dans nos près jusqu'au Loin,ces fleurs que tu as déjà vu une fois.

12..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,je Marche sans savoir ou'

aller,je suis comme une Barque dans la mer. 13..J'attends depuis

longtemps ton retour,je ne sais Pas quand est ce que tu

reviendras.Dans tes lettres Tu me l'avais dit,tu me l'avais longuement

Dit. 14..L'eau a tout emporté,même les petites Pousses,il n'est resté

que vase jusqu'au Loin. 15..La vase couvrait le sol,jaune et

Visqueuse. 16..Ce soir,le vent a soufflé,il venait D'un lieu que je ne

connais pas. 17..Il venait de loin,de derrière les Montagnes. 18..La

brume s'est collée aux collines Presque toute la journée,presque toute

La journée,il a fait froid. 19..Froid à mes mains,froid à mes pieds

Qui savent marcher. 20..Au loin,il pleuvait,le vent soufflait Le vent

soufflait dans les branchages,il Emportait les feuilles jusqu'au loin.

21..Les chemins étaient pleins de boue et D'eau,pleins de mes pas.

22..Il était plein des pas de chaque jour Qui vont jusqu'au loin vers

les pâturages. 23..La famine a tout emporté,il n'est Resté personne au

village,brûlé de Soleil. 24..Troupeaux et hommes sont partis vers

D'autres horizons,point de source ici, Point d'eau pour se désalterer.

25..Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu De pluie,qu'il n'y a pas eu

de nuage Dans le ciel. 26..Maintenant;lorsque je regarde au Loin,je

vois le ciel se dégager,je Vois les nuages courir et le vent souffler.

27..Je vois dans la plaine, l'eau emporter La terre et ses petites

pousses. 28..Je vois dans la plaine l'eau emporter Les arbres et leurs

feuilles. 29..Cet hiver,il a fait froid,il a neigé Sur les sommets,il

a neigé sur les Sommets au pied du ciel. 30..Il a neigé,loin devant

i,la neige Couvrait tout,même les branchages. 31..Il n'y avait pas

d'oiseau,ni de cri D'enfants,tous sont rentrés pour se Chauffer autour

d'un feu. 32..Il a toujours les yeux vers l'horizon, Vers le ciel pour

voir s'il y'a Quelques nuages. 33..Dans ma mémoire,il y'a ton sourire

Et chaque chose que tu aimais. 34..Il y'a tes promenades au

crépuscule,au Bord de l'eau,il y'a tes pas dans le Sable et le vol

d'oiseau dans le ciel. 35..Tes lettres,je les retrouvais plus froides,

A croire que tu avais oublié mes étreintes. 36..La nuit je repense à

toi,je repense à Tes mots,pourrais-je alors t'oublier. 37..Demain

dit-il,nous planterons des Vergers qui feront de l'ombre en été.

38..Il avait plu toute la matinée,le vent Etait si fort qu'il était

parfois Impossible de marcher. 39..Le sol était boueux,tu ne savais

presque Pas marcher. 40..Chaque jour,tu ramènes le troupeau, Loin aux

pâturages,il ne revient que Le soir,lent. 41..Cet hiver,il a fait

froid,parfois il Fallait ramener le bois de loin,on Sortait en courant

et on marchait. 42..Sous la pluie,on amassait des bouts Qu'on mettait

en tas. 43..L'oued en crue emportait tout,même La récolte,ses eaux

jaunes coulaient parfois, Avec bruit jusqu'à l'embouchure. 44..Ou' si

peut-être qu'on leur a donné Un nom,je l'ai jamais demandé D'ailleurs.

45..Elles poussent loin dans les champs et se Réveillent la nuit,elles

poussent une fois,une Seule fois au printemps seulement. 46..Cette

fleur ,je l'ai vu blanche jusqu'au loin,blanche dans mes rêves,je ne

sais Pas si elle a un nom,je ne connais que son toucher. 47..Je l'ai

vu sous les arbres,un tapis aux Arbres,je l'ai vu sous leur

ombre,cette Fleur est dans les près,elle pousse à chaque Printemps.

48..Elle pousse tôt,aux premières pluies,blanche Au soleil,blanche au

vent qui l'arque Un peu. 49..Cette fleur,je ne connais pas son nom, Je

ne sais pas si elle en a un, Je sais qu'elle pousse dans les Champs.

50..Un jour ou' il pleuvait à torrents,un Jour ou' le ciel était

couvert. Tu étais partie sans rien dans les mains. 51..A croire que tu

avais oublié,elles sont Pleines de mots pour toi,des mots que je

Choisis,chaque jour pour toi. 52..As-tu oublié nos nuits à la belle

étoile, As-tu oublié nos nuits sous la pluie. 53..Des fois le vent

soufflait et tu ne le savais Pas,des fois il pleuvait,il pleuvait

Beaucoup et tu ne lke savais pas. 54..Tu marchais les yeux devant,loin

devant, Il n'y avait en toi qu'un souvenir,un Vague souvenir que tu as

hésité de me Dire. 55..Je t'ai priée de te regarder,mais tu ne l'as

Jamais fait,je t'ai priée de penser à Mes mots,mais tu ne l'as jamais

fait. 56..As-tu oublié mes étreintes,la nuit à la Belle étoile,as-tu

oublié mes étreintes sous La pluie. 57..Le soir,je viendrai te prendre

chez toi,et Te parler du pays. 58..Au loin,les nuages montent poussés

par le Vent,des nuages bas et gros,des nuages que Le vent souffle

jusqu'au loin. 59..Pendant des journées,le soleil n'est pas apparu,

Partout,il y'avait des flaques d'eau,partout Il y'avait le froid.

60..Parfois on ne pouvait même pas marcher,on Restait chez soi

cloîtrés devant un feu. 61..Le vent poussait les vagues vers le

rivage,elles Faisaient quelques mètres et venaient finir Sur le

rivage. 62..A chaque fois,elles emportaient un peu de Sable,j'ai vu

cela depuis des années,je Me mets debout sur le rocher et j'admire Le

paysage. 63..Le vent souffle sur les pas imprimés,parfois, C'est l'eau

qui les emporte,parfois le vent Les efface et laisse quelques dunes.

64..Cet hiver,il a fait froid,il a fait Partout froid,parfois on ne

savait pas Marcher,on restait cloîtrés,chez nous Devant un feu. 65..Le

feu ravivait nos doigts et donnait Du sang à nos visages,de la fumée

Monte de la cheminée toute la journée. 66..Sur les montagnes,il

y'avait même de la neige,cet hiver il a neigé même sur les chemins.

67..Elle est là depuis les premiers nuages,inhabituelle, Elle est

comme un manteau aux montagnes, Brillante au soleil lorsqu'il

apparaît. 68..L'oued regorge d'eau,ses eaux jaunes occupent Même la

plaine,elle recouvre les chemins et Empêche de marcher. 69..Des fleurs

blanches sont dans toute la plaine, Ce printemps.Des fleurs blanches

que je Connais,des fleurs blanches que j'ai vu,je Ne sais pas

ou',peut-être dans l'oranger. 70..Ailleurs,je la dessinais sur tes

feuilles,je La dessinais toutes les nuits. 71..Depuis longtemps

déjà,la neige recouvre les Sommets,elle s'étale jusqu'au bas des

Montagnes. 72..Elle s'étale blanche,brillante au soleil Lorsqu'il

apparaît. 73..Le feu,on l'allumait très tôt,le bois on Le ramenait de

dehors,on sortait sous la Pluie,puis on s'engouffrait dans la forêt,

On ne revenait qu'après,les bras chargés d'un Tas. 74..On restait

comme ça,pendant des mois, Jusqu'aux premiers rayons de soleil.

75..Lorsque le soleil apparaît,nous sortons en Grappe vers la plaine.

76..On remplit ses oreilles et ses chemins,on Remplit ses prés et ses

arbres. 77..Les chemins connaissent tes pas,ils les voit Chaque jour

aller loin.Chaque jour,tu Pars tôt,tu ne reviens que le soir un peu

Fatigué. 78..Il a plu toute la journée,des mares d'eau Se sont formées

sur le sol,elles ont couvert Tout le chemin. 79..A côté,il y'a des

fleurs bleues,des Fleurs jaunes qui s'étalent au bas des Arbres,qui

s'étalent à leur pied comme Un manteau à leurs racines,qui Recouvrent

leurs racines. 80..La plaine cet hiver est recouverte d'eau, Une eau

jaune même sur les chemins qui Empêche de marcher. 81..Je ne sais pas

si tu as reçu mes lettres,elles Sont longues,je les ai écrites la

nuit,elles Sont notre souvenir commun. 82..Je ne sais pas si tu te

rappelles,les nuits Dehors dans le froid,à la belle étoile. 83..Je ne

sais pas si tu te rappelles,notre Coin personne ne le savait,c'était

notre secret. 84..Personne ne savait ou' on allait,je T'appelais et on

sortait,je t'enlaçais et On partait,on restait des heures dans le

Froid. 85..On restait des heures ,à la belle étoile, Parfois jusque

tard,ensuite on revenait Se coucher. 86..Je ne sais pas combien de

mots il y'a eu, Mille mots peut-être,je ne sais pas combien De regards

il y'a eu. 87..Je ne sais pas combien de souvenirs,il y'a, Mis là,à

l'écart,de longues lettres que je T'ai écrite la nuit presque à

l'obscurité. 88..Je ne sais pas si tu les as lues,tu ne le Savais

peut-être pas,tu étais partie Sans le dire,tu étais partie au loin.

89..Un jour,on me l'a dit alors qu'il Faisait froid,tu étais partie,tu

n'avais Rien dans les mains. 90..Je t'ai vu monter,je ne savais pas

ou' Tu allais,tu avais les yeux devant vers Le ciel. 91..Ce

printemps,il y'aura des fleurs que tu Aimes dans les près,il y'aura

des fleurs Pour toi dans les près. 92..Ce printemps son ciel sera

bleu,ce Printemps tu pourras marcher sur les Chemins jusqu'au loin.

93..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,tu Etais partie sans le

dire,tu étais partie Un jour de pluie. 94..Je te regardais de loin,je

te regardais Marcher,le ciel était couvert de nuages Et un vent fort

soufflait. 95..La haine Comme une tumeur Ne cesse de me pénétrer, De

s'enraciner, De m'enlaidir, D'envahir de ses tentacules dévastatrices

Mes alvéoles, Mes larmes, Mon voisin, Mon frère. 96..l ne reste que

toi,mon dieu Et l'éxode, L'éxode avec dans le coeur Des battements

alimentés par ma souffrance Qui refusent de s'eteindre, Un espoir

caché, Qu'ailleurs,loin de la dechra Loin de moi Existent quand même

Un toit et du pain. 97..Je cherche dans ma mémoire L'image, Le geste

Ou le mot Qui a troublé Aveuglé Et tordu même ma conscience Jusqu'à la

casser peut-être, Je ne découvre qu'un arrière goût amer Qui m'étreint

la poitrine Qui me serre la gorge Déposé à longueur d'années Comme des

grains de poussière Dans un grenier oublié. 98..Un éclair transperça

la nuit Faite de mille nuits Entassées, Pressées Comme pour ne laisser

aucun rayon s'infiltrer Il illumina les arbres nus Ruisselants Dressés

comme des fantômes Sans vie. 99..Tu regardais devant et tu marchais,tu

Montais une grande colline,autour le Paysage était tranquille,plein

d'arbres Devant et le chemin. 100..Ce chemin chaque jour je le

traverse ce Chemin,je l'apprendrai à le connaître,ce Chemin connaît

mes pas,il connaît toute Mon enfance. 101..Il n'y avait pas ou' mettre

les pieds Jusqu'au loin. 102..Dans les près,j'ai vu la pluie

tomber,j'ai Vu ses eaux tout emporter,il n'est resté que Vase jaune

sur le sol. 103..Le chemin est couvert des pas qui mènent Aux

pâturages,chaque jour,je l'emprunte Tôt le matin. 104..Chaque jour,je

le prends comme beaucoup D'autres,le visage au vent,le froid Dans les

mains. 105..En hiver,le feu reste allumé toute la Journée.De loin,on

voit la fumée Monter des toits. 106..La neige s'est étalée sur les

montagnes,toute La saison,beaucoup d'arbres ont été Emportés,la

tempête a duré des journées. 107..J'ai vu l'eau miroiter au soleil,

J'ai vu les flaques sur le sol. 108..Je t'ai vu longtemps marcher.As_

Tu oublié nos nuits à la belle Etoile et nos rêves d'enfance.

109..As-tu oublié ces nuits,ou' je te Parlais du pays qu'il y'aura.

110..Ce pays son nom m'obsède,chaque Nuit,je me retrouve à le

prononcer, A voix haute,comme s'il était en Face de moi. 111..La

nuit,il a fait beaucoup froid, La nuit,je t'avais dans mes bras.

112..La nuit,il avait plu,de grosses Gouttes que j'ai vu perler sur

ton Visage. 113..De grosses gouttes tombaient sur la terre, De grosses

gouttes pour arroser les champs Que l'on connaît. 114..La campagne est

belle ce printemps,ses Près sont tous fleuris,ses forêts sont Pleines

de pousses. 115..Sur la montagne,il y'a la neige qui S'étale blanche

au soleil,qui s'étale Depuis quelques jours déjà blanche au Soleil.

116..La nuit le vent a soufflé,il était Glacial,glacial à mon visage.

117..Ce pays,je ne sais pas quel nom il Portera,ce pays,je ne sais pas

quel Nom tu lui donneras. 118..Tu lui donneras peut-être ton nom, En

guise de souvenir,tu lui donneras Peut-être ton nom pour ne pas

L'oublier. 119..Demain,je te ferai visiter les champs D'un vieux que

j'ai vu travailler. 120..Demain,nous irons sur les chemins, Cueillir

ces fleurs que tu aimes. 121..Ces fleurs qu'il y'a dans nos près

Jusqu'au loin,ces fleurs que tu as Déjà vu une fois. 122..On ne sait

pas ou',je les ai vues une Fois,elles poussent sous les sources à

L'abri des arbres. 123..Elles sont blanches et belles à regarder, Je

ne connais pas leur nom. 124..Comment elles s'appellent,je ne le sais

pas, Elles n'ont pas de nom peut-être. 125..Parfois,on ne savait pas

ou' mettre Les pieds,parfois on devait rebrousser Chemin. 126..J'avais

pensé à ce que tu m'as dis L'autre nuit,alors qu'on était Ensemble.

127..Le ciel était bas,le vent soufflait Devant lui les nuages qui

disparaissent Derrière l'horizon,je les ai longuement Regardé de la

fenêtre.Je les ai regardé Puis je suis rentré. 128..De ma fenêtre,j'ai

vu le vent tordre Les arbres,je l'ai vu emporter les feuilles Jusqu'au

loin. 129..Le ciel était gris,il faisait presque Sombre et le vent

soufflait. 130..Je voyais les passants,je voyais l'eau couvrir La

rue,presque personne ne circulait,le Vent soufflait froid. 131..Dans

cette solitude,j'ai pensé à toi,je Savais que tu étais loin,tu étais

même Très loin. 132..Je ne savais pas,si je te trouverai,j'avais Pensé

à ce que tu m'as dis,l'autre fois. 133..Je t'ai appris à marcher,je

t'ai appris A parler et qu'est ce que tu me réponds, Maintenant.

134..Je t'ai même appris à me serrer les mains, A te voir marcher la

nuit. 135..Je t'ai vu marcher dehors,dans la Tempête,les yeux

devant,je t'avais Appelé et tu ne le savais pas. 136..Je ne sais pas

si tu m'avais entendu,tu Marchais les yeux devant dans la tempête.

137..Je ne sais pas si tu le sais,j'ai cueilli Des fleurs pour

toi.Chaque jour,je te Les offre et qu'est ce que tu me réponds.

138..Chaque jour ,je les choisis minutieusement Pour toi.Je choisis

les meilleures et je les Met à côté,les meilleures pour toi. 139..Ces

fleurs,je les ai cueillies ce matin dans Les champs pour toi.

140..Elles sont blanches,bleues,jaunes,elles Ressemblent aux couleurs

que tu aimes. 141..Elles ressemblent aux couleurs qu'il y'a Sur ton

visage.Ces fleurs,je te les mets A la main,elles viennent de champs

Que tu ne connais pas. 142..Ils sont loin,derrière ces montagnes,des

Champs pleins de fleurs au printemps. 143..Dans le camp,le vent a

soufflé toute la Nuit,il ramène papiers et poussières et les Pousse

jusqu'au loin. 144..Dans le camp, la nuit c'est le silence,personne Ne

circule,il n'y a que quelques voix qu'on Entend dans la pénombre.

145..Le sol était boueux,car il a plu toute La nuit,il y'avait des pas

dessinés que L'eau a recouvert. 146..Toute la nuit,tu as pensé au pays

qu'il Y'aura,à la lumière de la flamme. 147..Dehors,il faisait

froid,froid plus que D'habitude,le vent a même soufflé. 148..Je ne

sais pas s'ils sont pour moi,tes Rêves,je les connais,je les vois dans

tes yeux. 149..Je les vois me ressembler,sur le rivage viennent Finir

chaque jour les vagues. 150..Des vagues hautes,parfois plus que moi

qui Viennent ronger un peu plus le rivage. 151..Tes rêves,je ne les

connais pas,tu ne me les A jamais dit,je ne sais pas pourquoi Tu les

caches,je sais que tu as honte de Me le dire. 152..Elles emportent

beaucoup de sable et effacent Tes pas que tu laisses en passant au

crépuscule. 153..Au crépuscule,je me mets sur le rocher et J'observe

les vagues.J'observe le coucher du Soleil,j'observe le ciel bleu.

154..Au coucher du soleil,j'imprime mes pas Sur le sable,je les

imprime aux côtés de Tes pas. 155..Le sable est doux sous nos pas,je

te prenais Par la taille et on marchait.C'était Au crépuscule,alors

qu'il n'y avait Presque personne. 156..Il y'avait quelques personnes

devant,que L'on regardait de loin,elles étaient assises Ou à jouer.

157..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,je Suis comme une nuit

froide sans Etoile. 158..Je suis comme un enfant qui sait à peine

Marcher,qui sait à peine tâtonner,qui Ne sait pas encore parler.Je

suis comme Quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il fait. 159..Je ne sais

plus le temps qu'il fait,les Années ont passé,depuis que tu étais

Partie,ce temps je l'ai passé tout seul. 160..Tout seul à rêver.La

nuit je rêvais,le Jour je rêvais,il n'y avait que toi dans Ma mémoire.

161..Il n'y avait que tes mots dans ma mémoire, Pendant tout ce temps

j'essayais de me Rappeler des images de toi,des mots de toi.

162..J'essayais de me rappeler ta présence,ta Présence à mes côtés.

163..J'essayais de revoir ton sourire,tes paroles, J'essayais de

revoir tes rêves. 164..Tes rêves sont encore dans ma mémoire, Chaque

nuit,je les revois,les yeux ouverts Dans la pénombre. 165..Sur le

sable,il y'a tes pas que l'eau N'a pas encore effacé,il y'avait les

Endroits ou' au crépuscule l'on s'asseyait. 166..Il y'avait les

endroits ou' l'on s'asseyait, Pour voir le soleil se coucher. 167..Au

loin,on voyait des gens marcher, Marcher l'un à côté de l'autre,on

Voyait des gens assis,à regarder les vagues Venir. 168..On voyait les

vagues venir vers le rivage, L'une après l'autre,blanches. 169..On

voyait les vagues venir vers le rivage, L'une après l'autre,blanches

et emporter Un peu de sable. 170..Au loin,on voyait les vagues venir

et Tout emporter.Leur écume blanche Arrivait jusqu'à mes pieds.

171..Ces fleurs que je t'offre poussent dans les Vergers,elles

poussent dans les champs que Tu connais. 172..Elles poussent entre les

arbres et les ruisseaux, Ces fleurs,je les cueille chaque année et Je

les mets de côté pour toi. 173..Le temps qu'il fait,je ne le sais pas,

Je suis comme quelqu'un perdu dans La tempête. 174..Comme quelqu'un

qui cherche son chemin, Je ne sais plus s'il neige ou s'il pleut.

175..Je regarde le ciel les yeux vides,parfois je Regarde loin,comme

celui qui ne voit pas. 176..Depuis le temps que j'attends tes lettres

Et elles ne viennent pas,je ne sais plus Pourquoi. 177..La pluie n'a

rien laissé,elle a tout Dévasté.L'oued en crue n'a laissé Que vase

dans les champs.De la vase Jaune qui recouvre les buissons. 178..Le

vent a soufflé toute la nuit,je ne Sais pas d’où' il vient. 179..Il

vient peut-être de ce pays que j'ai Quitté je ne sais pas,cela fait

une Saison qu'il souffle. 180..Parfois,il souffle toute la

nuit,parfois Il souffle froid jusqu'au matin. 181..Lorsqu'il

souffle,il emporte papiers et Poussières jusqu'au loin. 182..Il tord

les arbres et emporte leurs Feuilles.Le vent soufflait froid,il

Soufflait jusqu'au loin. 183..Tous sont à l'intérieur,autour d'un Feu

pour parler du pays qu'il y'aura. 184..J'ai rêvé de ce pays

longtemps,je lui ai Même donné un nom,ce nom je ne sais Pas ou' je

l'ai entendu. 185..J'attends depuis longtemps ton retour, Je ne sais

pas quand est ce que tu Reviendras. 186..Dans tes lettres tu me

l'avais dit,tu Me l'avais longuement dit. 187..Ce nom,je ne sais pas

ou' je l'ai vu, Ecrit peut-être sur un mur,loin Dans le pays.

188..Ecrit par une main d'enfant,écrit D'une craie blanche,écrit sur

un Mur que le temps a vieilli. 189..Le temps qu'il fait,je ne le sais

pas, Je marche sans savoir ou' aller. 190..Une voix comme un tonnerre

Une flamme comme un éclair Illuminent le ciel D'un rayon de soleil

Semblable aux étincelles Jaillies des profondeurs D'un volcan déchaîné

C'était ce jour, Ou',sur tous les visages Se lisait le refus Comme une

sorte de message Ce jour là,c'était l'aube. 191..La place du village

Est peuplée de visages Rongés jusqu'à la dernière fibre Brillants d'un

embryon d'espoir Les yeux s'accrochent A ces maisons solitaires Que

les paras réduiront en cendre Après sept heures Du loin, De derrière

la montagne Jaillissent Semblables aux you-you de décembre Des

détonations Qui A travers leur écho Nous transmettent Des mots imbibés

d'amour Et un chant de liberté. 192..…Mettre les casques coloniaux

Dans une cage de zoo Que tu visiteras Toutes les fois Qu'un épais

brouillard Agresse ta foi Et tes prières du soir… 193..La guerre est

finie! Entends-tu mon enfant La guerre est finie! Finis les bains

glacés Et les chocs électriques Dans les caves qui puent l'agonie

Finis les camps Fini le couvre-feu Fini le laisser-passer Finie

l'injure, Fini le crachat Lancé à bout portant Comme un jet de foudre

A la face de la liberté. 194..Du lointain horizon jaillit un nuage Une

teinte grise enveloppa le ciel Et une bande infinie de criquets

s'abattit sur la terre Tout fut précipité dans un tourbillon ravageur

Dans une tempête de canons en folie. Dans un enchevêtrement

inextricable de sabres aveuglés Dans un monde en effervescence plein

d'agonie Dans un oued de sang et de cadavres caillés Vidés de toute

humanité. Fin. Genre:poésie Titre: paysages d'hiver Auteur:boulegriet

m. Email: [email protected]

رسائل الى فتاة..17

رسائل الى فتاة _-لا ادرى هل النسيان ام الحنان انثظرتك سنين طويلة و ما

الجواب اليوم يوم لفاء كانت قي ايدي زهور اتت من الحقول زهور هدا

الربيغ اتت من الحفول راتك ماشية بعيدا بعبدا كالوطن البارحة كان يوم

لقاء لقاء بعد الفراق _دهبت من الوطن و انت صغيرة غدرت جباله غدرت حقوله

غدرت ربيعه دهبت من الوطن مند سنين لم ترى كيف عاش الوطن بعيدا رايته

في احلامي بعيدا لا ادري متى رايته لا ادري كيف لون اشجاره كل رسائلك

قراتها هل تعرفبن هدا لا ادري _نسيت اسمه نسيت وروده نسيت حقوله

المستعمر اخد الارض و الوطن ما بقا لي الا الدهاب الدهاب بعيدا وحدي

كنت بعيدة سنبن طويلة كل رسائلك وصلتني الحرب دامت اعوام كاملة ومازلت

احبك الحرب انتهت ومازلت احبك _الحرب دامت سنين طول حيتنا طول ليالينا

_لا ادري ادا قراتي هته الرسائل لا ادري ادا وصلتكي هته الرسائل.

المستعمر اخد الارض والوطن واصبحت لم اراكي بعيدة اشجارك حقولك طروقك

تعرف المستعمر رسائل طويلة كتبتها قي الليل قبل ان انام احلامك لياليك

يديك تعرف المستعمر الحرب في ارضنا الحرب في وطننا الحرب فراق لنا كيف

انام وانت بعيدة كيف انام وانت وراء تلك الجبال _هته الابيات ابيات حب لك

لتقرئها قبل ان تنام _رسائلك الطويلة اقراها مند زمن طويل اقراها كل ليلة

بعيدة كالوطن وراء تلك الجبال سالتك مرة واحدة لم تجيبني سالتك مرة

ثانية لم تجيبني ففهمت جوابك _هدا الفصل الربيع كجمالك لون الزهور يشبه

شفتيك و السماء الزرقاء والحقول فراش لاحلامنا _لا ادري ادا اراك يوم من

الا يا م لا ادري ادا يوم من الا يام تكوني هنا _الربف يحبني اشجاره

ووروده ولمعان مياهه _عمر يحبك وانا كدالك يسال دائما عليك وانا كدالك و

في الليل يحلم بك وانا كدالك. _سالتك مرة واحدة لم تجبني سالتك مرة ثانية

لم تجبني ففهمت جوابك _هدا الفصل الربيع كجمالك لون الزهور يشبه شفتيك و

السماء الزرقاء و الحقول فراش لاحلامنا _لا ادري ادا اراك يوم من الا يا

م لا ادري ادا يوم من الا يام تكوني هنا. _سالتك مرة واحدة لم تجبني

سالتك مرة ثانية لم تجبني ففهمت جوابك _اسمك حب وشفتيك حب وكلامك ايضا

_رسائلك الطويلة لن تصلني مند وقت طويل لا اعرف لمادا هل النسيان ام

الحنان في الربيع اراك في الحقول بعيدة مع الورود. سالتك مرتين لم

تجبني كلمتك مرتين لم تجبني نضرت عينيك مرتين لم تراني. _يوم الاثنين كان

عيد العشرين من عمرك ظننت انك اكثر من هدا وبكثير _في داكرتي شيئان حرارة

شفتيك وجمال جسمك _احب هدا الوطن لانه وطنك افخر به لانه وطنك اضحي من

اجله لانه وطنك _الهجرة طويلة والليالي طويلة انتضرك مند شهور كل ليلة

تلك الليالي وجسمك كاملا بين يدي اتتدكرين اتتدكرين تلك الليلة التي لم

تنام فيها حتى الصباح _سالتني مرة واحدة اجبتكي تكلمتي معي مرة واحدة

كلمتك تضرتي عيني مرة واحدة رايتك _وعلى صفحة بيضاء الوان احلامه ودموع

لون احلامه ودموع الوان كاحلامه _انت التي احببتها انت التي احببت جسمها

حتى الصباح انت التي اعطت لي جسمها كله _رسائلك لم تصلني انتضرت فصلا

كاملا ورسالة واحدة لم تصلني _هدا الربيع الزهور تشبه شفتيك العصافير

تشبه شفتيك والاشجار تشبه شفتيك _كانكي نائمة لمست جسمك وقت طويل و لم

تستيقضي يوم الخميس يوم عطلة يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق. غدر

الريف هو و اولاده ناسيا جاره واحبائه. _تاريخ بلادي رسوم ايديك واحلامك

على كرارسي تاريخ بلادي دموع وبطولات وحروب. واحلامه صوت في انشودة

الكبار صوت لانشودة الكبار انشودة للكبار كضحكة على وجهه اكثر جمال كل

صباح. _رايتك جالسة تحت شجرة رايتك تنتضري رايت احلامك رايتك خائبة

تاريخ بلادي مكتوب بحبر على اوراق بيضاء في كرارسي غدر فلاح هو و

امراته الريف من المستعمر الى المدينة _هدا الكتاب كتابك فيه مرسوم ايديك

واحلامك رايتك صامتة يديك على خديك كانك لم تنامي طول الليل. نوفمبر

هدية لك نوفمبر حريتك نوفمبر ليلة شتاء ليلة رياح لون احلامك. _تاريخ

بلادي مكتوب بحبر اسود على وجهي تاريخ بلادي جمالي تاريخ بلادي مكتوب في

كرارسي. _هدا الكتاب مرسوم فيه جسمك مرسوم فيه احلامك مرسوم فيه لياليك.

_و على صفحة شمس ومدرسة رسمت و على صفحة نور كنور في النوافد استقبل مند

الصباح. هدا الكتاب كتابك فيه مرسوم ايديك واحلامك. رايتك صامتة يديك

على خديك كانك لم تنامي طول الليل. _نوفمبر هدية لك نوفمبر حريتك نوفمبر

ليلة شتاء ليلة رياح لون احلامك. _شفتيك في احلامي كل ليلة جسمك في

احلامي كل ليلة وعندما اكلمك لم تجبني. _هدا الربيع الورود تشبه بسمتك

غناء العصافير يشبه بسمتك الاشجار تشبه بسمتك. _المستعمر اخد الارض مدة

قرن وانا لم اراك مدة قرن ولم اكلمك مدة قرن. _غادر فلاح هو واولاده

الريف غادر جاره غادر بلاده من المستعمر الى المدينة. _يوم الخميس يوم

لقائنا يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق الدي دام سنين طويلة. _المستعمر

اخد الارض واخد الحب كنت احب اجلس بجانبك في الحقول كنت احب حرارة شفتيك.

_ تاريخ بلادي بعيد في احلامي تاريخ بلادي دموع و بطولات تاريخ بلادي

دموع. رايتك جالسة رايتك تنتضري رايت في اعينك لياليكي بجانبي. رسائل

كتبتها الى فتاة رسائل طويلة كتبتها لها قبل ان انام. _البارحة بوم

الخميس البارحة يوم لقائنا انتضرتك وقت طويل انتضرتك ثم دهبت. _الارض

اصبحت في احلامي الارض اصبحت بعيدة كالوطن. _اكتب اسمك على حائط واكتب

شفتيك و اكتب كدالك الليالي مع جمال جسمك. _المستعمر اخد الارض والوطن ما

بقي لنا الا الفراق ولسنوات. _هدا الربيع الورود تشبهك العصافير تشبهك

لون السماء يشبهك _يوم نوفمبر كان شتاء و رياح على ارضنا كان يوم

ازديادك. المستعمر اخد الارض والوطن مابقي لي الا الهجرة وبعيدا سالتك

مرة واحدة لم تجبني سالتكي مرة ثانية لم تجبني تلك الليلة لم انام.

كتبتها لها في الليل رسائل طويلة رسائل لها لتقرئها. تلك الليلة لم

انام بقيت في الظلام عيني الى السماء. _هدا الربيع الجمال في الورود

الجمال في غناء العصافير و في الاشجار. _رايت الحرب في عينيك الزرقاء

كالبحر و امواجه في يديك التي تعرفني في جسمك الدي احلم به حتى الان.

_اليوم يوم لقائنا اليوم يوم لقائنا بعد الفراق انتضرت مدة طويلة انتضرت

ساعات مند الصباح. _الحرب دامت اعوام والحلم كدالك كانك بجانبي وكل ليلة.

رايتك تحت شجرة جالسة رايتك تحت شجرة تنتضري. لا ماء ولا خبز كنت في

السجن جالسا في الظلام مع اصدقاء لي افكر فيك. _كتبت اسمك على حائط كتبت

احلامك على حائط لكي لا انساها. _كنت ماشيا كنت انتضرها كنت مند الصباح

انتضرها. رايت الحب في عينيك رايته في يديك رايت الحب في جسمك. رسمت

جسمك على لوحة بالوان احبها رسمت شفتيك بالوان احبها رسمت ليالينا بالوان

احبها. رايته على شفتي امي رايتهفي كلامها عندما كنت صغير. يوم الخميس

يوم عطلة يوم الخميس يوم لقائنا بعد الفراق. _رايتك نائمة بجانبي رايت

احلامك رايت جسمك في الظلام. _رايته عائش وراء تلك الجبال كيف اسمه لا

ادري. ليس لنا وطن وليس لنا ارض جاء المستعمر واخدهما. الوطن بعيد

والحب بعيد. اليوم يوم لقاء انتضرتك حتى المساء انتضرتك ثم دهبت. سهرت

معنا النجوم ليلة كاملة عندما اخرجنا المستعمر من بيوتنا _طول الحرب جلست

بجانبك والان تتركني. _و المسافة كضحكة على وجهه اكثر جمال على وجهه كل

صباح. لسانك حلم شفتيك حلم وجسمك حلم الريف يعرفك اشجاره وعصافيره

ووروده _وعلى صفحة بيضاء رسمت يد طفل سنبلة كصباح في عينيه طلع من وراء

الجبال القريبة. _تاريخ بلادي على شفتيك تاريخ بلادي في جسمك تاريخ بلادي

في اعينك احببت امراة احببتها ليالا كثيرة حتى الفجر تاريخ بلادي حرب

دامت سنين طويلة _الوطن بعيد رايته في احلامي بعيدا وراء تلك الجبال

رايته عائش بعيدا رايت منازله رايت طرقه بعيدا _قصيدة كبيرة كتبتها لك

قصيدة حب طويلة كتبتها في ليلة كاملة وانت نائمة الوطن بعيد انه في

احلامك انه بعيدا انه في ايديك كطفل ازداد اليوم _الوطن بعيد هل هو وراء

هته الجبال هل هو موجود لا ادري _كتبتها على ورقة بيضاء كتبتها طويلة

الجوع و المرض طول شبابنا الجوع والمرض طول حياتنا رايت الجوع والمرض

في عينيك كالمستعمر رايت الجوع و المرض على شفتيك كالمستعمر _كتبتها بحبر

اسود كتبتها على طاولة _الوطن بعيد ربما هو هنا لا ادري رايته في احلامي

كبير رايته بعيدا وراء تلك الجبال رايته بعيدا عائش _الوطن بعيد رايته

وراء تلك الجبال يشبه ورود بساتين قرائنا يشبه السماء وغناء العصافير

مند شهور احلم لاكتب لك رسالة الوطن بعيد تركناه ولن نرجع اليه تركناه

مند سنين تركناه بعيد رايته في احلامي وراء تلك الجبال عائش رايته كبير

رسائل طويلة رسائل بسيطة سهلة الفهم كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة

بالسحوب وكان البرد قارس _الوطن بعيد بعيد كالربيع وحقوله وعصافيره

_الوطن بعيد بعيد كالربيع و حقوله و عصافيره بعيد وراء تلك الجبال بعيد

لا تعرفينه كنت صغيرة لا تعرفي منازله لا واحد في الطريق لا واحد امام

المنازل كان المطر ماشيا معنا _سالتك عن الوطن لم تجبني لا تعرفين الوطن

وراء تلك الجبال بعيد سالتك عن اسمه لم تجبني لا تعرفين اسمه في احلامي

كان المطر فوق رؤوسنا كان امامنا بعيدا امامنا هطل المطر كل النهار

والسماء كانت مغطاة بالسحوب كل النهار _رايتك ماشية بعيدا رايتك كما في

احلامي ماشية بعيدا _هدا الفصل الربيع الوان على وجهك الوان على شفتيك

عرفتهم ليلة واحدة عرفتهم لحظة واحدة بقوا في داكرتي _بقوا في داكرتي

سنين طويلة بقوا في داكرتي _عرفتهم ليلة واحدة وبقوا في داكرتي سنين

طويلة _جسمك كدالك جسمك كدالك بقىا في داكرتي عرفته ليلة واحدة وبقىا

سنين في داكرتي _هدا الفصل الربيع وضع الوان على وجهك الوان كثيرة على

وجهك وضع الوان على شفتيك الوان كثيرة رايت حقوله مملوءة بالورود رايت

حقوله مملوءة بالعصافير _الوطن بعيد سنين لم اراه سنين لم اراء وجهه

رايته كلام بين شفتيك رايته بعيدا لا ادري ادا اراه يوم من الايام لا

ادري ان انام في حقوله لا ادري ادا اعرف غناء عصافيره _اسمه لا ادري كيف

اسمه دهبت و انا صغير سمعته في كلامي امي ولكن لا ادري كنت صغير رايته

بين شفتيها وراء تلك الجبال عائش رايته في كلامها رايت اسمه _اسمه ورود

اسمه دائما في احلامي اسمه الوان على شفتيك _الوانه اعرفها عصافيره

اعرفها حقوله اعرفها _اسمه لا ادري دهبت وانا صغيرا رايته فقط على شفتي

امي رايته في دموعها _الوانه اراها دائما في الحقول اعرفها جيدا اعرفها

كما اعرفك رايتك ماشية داهبة لا اعرف الى اين تسائلت مدة طويلة لا واحد

معك لا واحد بجانبك ماشية وحدك _لا ادري ادا رايتني كنت انتضرك كنت مند

الصباح انتضرك وهل تعلمين لا ادري رايتك ماشية وحدك تسائلت كتبت لك

رسائل كثيرة لم ابعث أي واحدة منها _الوطن بعيد رايته في احلامي عائش

وراء تلك الجبال رايته يكبر وينضج وراء تلك الجبال رايته حلم سماء وراء

تلك الجبال رايته ربيع رايته عصافير وراء تلك الجبال رايته ورود رايته

الوان على شفتيك _اسمه في كلامي اسمه في دكرتي ولكن لا ادري ادا تعرفه

_رايتك ماشية رايتك بعيدا اردت ان اكلمك اردت ان اسئلك و لكن كنت بعيدة

لا ادري متى لقيتك المرة الاخيرة لا ادري اين لقيتك المرة الاخيرة

رايتك ماشية غزالة جارية رايتك بين الزهور في الحقول _رايتك تحت

الاشجار تحت العصافير الوطن بعيد اسمه في داكرتي بعيد في داكرتي لا

ادري اسمه يشبه كلامك اراه كل يوم في كلامك مختفي في احلامك رايته ليلة

واحدة على شفتيك رايته عسل على شفتيك الوطن وراء تلك الجبال لا ادري

كيف اسمه لا اعرف وجهه عندما دهبت كنت صغير البرد كان قارس لا واحد في

الطريق لا واحد امام المنازل _المطر كان ماشبا معنا السماء فوق رؤوسنا

كانت مغطاة بالسحوب كنت انتضر انتضر رسائلك الطويلة انتضر كلامك انتضر

حروفك كنت دائما انتضر انتضر سنين سنين طويلة لا واحد بجانبي البارحة

كان يوم الخميس البارحة كان يوم لقائنا بعد سنين من الفراق _سنين فراق

بعيدا من الوطن وراء تلك الجبال _احلم دائما بجسمك اراه بين يديا كل ليلة

بين يديا اراه فراش ليديا اراه كل ليلة فراش ليديا كان المطر يهطل كنت

ماشيا وحدي لا احد بجانبي _السماء كانت مغطاة بالسحب البرد كان قارس كنت

ماشيا لا احد بجانبي _الفراق دام سنين لا ادري كم سنين طويلة لا ادري كم

ثلاثة ام اربعة لا ادري سنين فراق بعيدا من الوطن وراء تلك الجبال احلم

دائما بجسمك اراه بين يديا كل ليلة بين يديا _اراه فراش ليديا اراه كل

الليالي فراش ليديا _انتضرت وحدي لا واحد بجانبي انتضرت سنين طويلة

الريف كان بلا حضورك فارغ طروقه و حقوله اتعرفين هدا لا ادري كنت بعيدة

بعيدة عن الوطن وراء تلك الجبال كنت بعيدة هل تعرفين هدا لا ادري _انتضرت

وحدي لا واحد بجانبي انتضرت تحت المطر سنين طويلة _انتضرت بعيدا عن منزلي

في الطريق بعيدا في الطريق لا واحد بجانبي _الربيع وضع الوان على وجهك

وضع كل الوانه على وجهك _وضع على شفتيك زهور الربيع وضع على شفتيك زهور

بقي جسمك في داكرتي بقي الا هو في داكرتي بقي جسمك في داكرتي بقي الا

هو في داكرتي بقي جسمك في كلامي بقي الا هو في كلامي اتتدكرين تلك

الليالي وانا بجانبك طول الليل بجانبك _جاء المستعمر واخد الارض و الوطن

ما بقي لنا الا الدهاب وبعيدا _جاء المستعمر واخد الارض اخد الارض و

الوطن اخد الزهور واخد الاشجار ما بقي لنا الا الدهاب و بعيدا اخد

الاشجار و الحقول ما بقي لنا الا الدهاب و بعيدا _بعيدا عليك بعيدا عن

الريف بعيدا عن الوطن _جسمك عرفته ليالا طويلة ليالا كاملة حتى الصباح

بقي في داكرتي بقي الا هو في داكرتي جسمك في احلامي الا هو في احلامي

الان جسمك في احلامي الا هو كل ليلة في احلامي الحرب دامت سنين ما بقي

من القرية كلنا دهبنا و بعيدا _دهبنا الى بلاد اخر ما بقي من الاسرة كلنا

دهبنا و بعيدا الربيع وضع هته السنة الوان على وجهك ..وضع غناء عصافيره

على شفتيك وضع هته السنة الوان على جسمك لمستها كاملة ليلة طويلة

..لمستها في الظلام حتى الصباح ..كانت السماء مغطاة بالسحوب كنت ماشيا

تحت المطر لا ادري ادا كان المطر يهطل كنت وحدي لا احد بجانبي _..السماء

كانت مغطاة بالسحوب مند الصباح كانت الرياح تهب في الاشجار كنت ماشيا لا

واحد بجانبي _..البحر وضع الوانه في عيونك البحر و امواجه البحر وضع

الوانه في عيونك ..رسائل طويلة كتبتها لك بحبر اسود .كتبتها لك ليالا

طويلة كتبتها لك في الظلام _.البارحة كان يوم لقاء لقائنا بعد الفراق

.البارحة كان يوم عطلة كان لقائنا بعد الفراق ..فتيات بلادي كالورود في

الحقول _..عرفتهم عندما كنت صغيرا اعرفت ابتساماتهم عندما كنت صغير

..فتيات بلادي كالورود تضهر في الحقول عند الربيع ..البلاد بعيد اراه

في احلامي كل ليلة اراه وراء تلك الجبال _..اراء قراءه وطروقه اراء حقوله

حتى البعيد ..تلك الليلة كان الظلام اخدنا المستعمر من نومنا ..كان

المطر يهطل وكانت السماء مغطاة بالسحب _..اخدنا في الليل من نومنا امراتي

تركتها وحدها لا تعرف الى اين انا داهب _..اخدنا في الليل خرجنا من

بيوتنا تحت المطر كانت ليلة مظلمة و البرد قارس _..مند الصباح كانت

الرياح تهب في الاشجار ..الريف كان فارغا بلا حضورك كان فارغا ..دهبنا

الى بلاد اخر دهبنا الى بلاد لا اعرفه لا اعرف اشخاصه _..لا اعرف طرقه لا

اعرف ما مكتوب في حيوطه _..دهبنا الى بلاد اخر اجهله لم اعرفه حتى الان

..اجهل لغته واجهل اشخاصه بلاد بعيد ..الفراق دام سنين سنين طويلة لا

ادري كم ..دهبنا الى بلاد اخر بعيد لا اعرف اسمه ..سقط المطر طول

النهار سقط على الاشجار سقط على اوراقها _..الحرية اصبحت كلام فارغ في

فمي اصبحت احلم بها اصبحت احلم بوطن _..هدا الكتاب هدية لك هدا الكتاب

فيه صور وكلام لك _..هدا الكتاب فيه مكتوبزمكدططننم بحبر اسود تاريخ

بلادي ..اليوم يوم لقاء انتضرتك مدة طويلة انتضرتك تحت المطر ..البارحة

كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة بالسحب كنت انا ماشيا _.كنت ماشيا وحدي

لا ادري اين داهبا _.كنت ماشيا لا واحد بجانبي كان الريح يهب في الاشجار

.البارحة انتضرت انتضرت حتى المساء ثم دهبت .هدا الكتاب فيه مكتوب على

اوراق بيضاء تاريخ بلادي _.البارحة كان المطر يهطل كانت السماء مغطاة

بالسحب كلها مغطاة بالسحب _.البارحة كان المطر يهطل البارحة كنت ماشيا

تحت المطر السماء كانت مغطاة بالسحبا _.البارحة كان المطر يهطل كنت ماشيا

لا واحد بجانبي .كم ليلة احببت جسمك كم ليلة احببت جسمك حتى الصباح .كم

ليلة احببته في الظلام حتى الصباح _.البارحة كنت ماشيا وحدي لا واحد

بجانبي كان المطر يهطل كانت الرياح تهب في الاشجار _.كانت الرياح تهب في

الاشجار كانت تهب مند الصباح في الاشجار _.كم ليلة احببته في الظلام حتى

الصباح _.بقي الا هو في داكرتي بقي الا هو في احلامي بقي كل ليلة الا هو

في احلامي _.كانت الرياح تهب كانت تهب مند الصباح كان المطر يهطل كنت

ماشيا وحدي لا واحد بجانبي _.الحرب دامت سنين سنين طويلة سنين طويلة لم

اراك .لا ادري اين دهبت سنين طويلة لم اراك .لا ادري اين دهبت لا ادري

الى أي قرية دهبت .الحرب دامت سنين سنين عطش و مرض .سنين فراق لا احد

بجانبي مند دهابك .كل ليلة انام بجانبك كل ليلة اكتب لك رسالة .رسالة

طويلة اكتبها لك في الظلام لتقرئها عند رجوعك _.رسالة طويلة فيها كلام لك

فيها كلام حب لك .رسالة طويلة فيها كلام لك لتقرئها عند رجوعك .الحرب

دامت سنين سنين طويلة لا ادري متى دهبت لا ادري اين دهبت نسيت _.تاريخ

بلادي بطولات تاريخ بلادب بعيد لا ادري متى بدا _.احببت امراة احببت

كلامها احببت اسمها _.جاء المستعمر و اخد الريف و اخد كل الريف اخد القرى

.اصبحت احلم بالحرية اصبحت احلم بالارض جاء المستعمر و اخد ارضنا .بقيت

عينيا مفتوحتان في الظلام انتضر رجوعك _.بقيت انتضر لا ادري سنة ام سنتين

لا ادري .رسالة اكتبها لك في الظلام كلام لك في الظلام .تاريخ بلادي

مكتوب بحبر اسود في كرارسي _.الربيع هته السنة وضع الوانه الجميلة على

وجهك .وضع سمائه في اعينك ووضع وروده على شفتيك .بقي جسمك في كلامي هو

فقط في كلامي .ليلة واحدة بقت سنين طويلة في داكرتي .ليلة واحدة بقيت

مكتوبة على اوراق .الريف يعرفني طرقه و حقوله واشجاره .كنت كما بجانبي

من الصباح الى المساء في احلامي _.الحرب اصبحت كلام فارغ في فمي اصبحت

احلم بها اصبحت احلم بوطن _.هته الارض لا ادري لمن ربما هي وطننا لا ادري

_.كنت ماشيا لا واحد بجانبي كانت السماء مغطاة بالسحب كانت كاملة مغطاة

بالسحب كنت ماشيا كنت انتضرك كنت انتضر رجوعك _.عند الاستقلال رايت راية

ترفرف في يديك سمعت الزغاريد في الطريق _.الحرب دامت سنين سنين طويلة

سنين بعيد عنك _.كنت دائما في احلامي من الصباح الى المساء في احلامي

.عند الاستقلال رايتك ماشية في الطريق بجانب اصدقاء .اصدقاء لك كانو

بعيدا في وطن اخر .وطن لا يعرفونه وطن جديد وطن لا يعرفون اسمه .عند

الاستقلال رايت راية في يديك والحب في فمك رايت راية ترفرف في يديك و

الحب في فمك .تدكرت كلامك تدكرت رسائلك لم انام طول الليل .عند

الاستقلال رايت بسمة على وجهك بسمة لم اراها قبل _.عند الاستقلال رايتك

تغني رايتك مع اصدقاء تغني _.رايتك تتكلم على بلاد كبتر رايتك تتكلم على

وطن .كل ليلة احلم بجسمك في الظلام حتى الصباح .كم ليلة احببت شفتيك

كان يدي في جسمك كان في كل جسمك _.الوطن بعيد لا ادري متى اراه متى اراء

منازله _.الوطن بعيد غدرته مند ثلاثة سنوات او اربعة لا ادري لاادري متى

اراء منازله .الوطن بعيد غدرته مند سنوات لا ادري متى ارجع اليه .حقوله

بقت معي اشجاره بقت معي عصافيره بقت معي _.ازهاره اراها كل يوم في الحقول

سماءه هو كدالك اراه كل يوم _.كان المطر يهطل كانت الرياح تهب في الاشجار

كنت ماشيا لا واحد بجانبي _.قريتي بقت فارغة لا طفل في طروقها دهبوا هما

كدالك الى بلاد اخر _.الحرب دامت سنين سنين طويلة دامت طول حبنا و الان

نسيتني .نسيت اسمك و نسيت لون شعرك نسيت اسمك و نسيت كلامك .عند

الاستقلال رايتك ماشية مع اصدقاء احلام كثيرة في كلامك _.الحرب دامت سنين

طويلة ما بقي....... هاجرو الى بلاد اخر _.بلاد يختلف عن هدا البلاد بلاد

لا اعرف اسمه .قريتي بقت فارغة لا احد فيها لا احد في طروقها .منازلها

بقت فارغة لا احد فيها كلهم دهبوا الى بلاد اخر _.الريف مند صغري يعرفني

طروقه و حقوله .الريف هده السنة لبست الوان جديدة .الريف هدا الربيع

لبس الوان جديدة الوان تحبها _.الريف يعرفني زهوره تعرفني عصافيره تعرفني

.بقي جسمك في كلامي كالوطن بقي في احلامي كالوطن .بقي جسمك في احلامي

كالوطن بقي في داكرتي طول الليل النهاية. النوع شعر العنوان رسائل الى

فتاة الكاتب بولقريط م.

Nom: boulegriet

Prénom: mohammed

Adresse: place des martyrs el-milia w.jijel 18300 algérie.

Genre:poésie

Titre:terre qui veille.

Email:[email protected]